Sankara fait encore l’actualité depuis quelque temps dans son pays via l’innovation en transfert mobile d’argent du jeune Burkinabé de 26 ans vivant aux USA, Jules Kader Kaboré. Dramane Kiendrébeogo, directeur général de SANK Business nous en parle, depuis leur siège à Ouagadougou.  Entretien exclusif.

Dramane Kiendrébeogo, directeur général de SANK Business

Burkina Demain : Qu’est- ce que c’est que SANK ?

Dramane Kiendrébeogo : SANK est une application de transfert d’argent développé par un jeune Burkinabé vivant à Californie aux USA. SANK est la réponse tant attendue du Burkina Faso en termes de transaction d’argent puisque le dépôt et le transfert sont gratuits. Nous facturons seulement le retrait à hauteur de 1% du montant. Par exemple pour un retrait de 5000 FCFA, vous ne payez que 50 FCFA. Nous nous réclamons de Sankara même si nous ne l’avons pas connu. C’est notre apport pour le développement du pays des hommes intégrés.

Comment cela fonctionne ?

Il faut d’abord la télécharger sur Play store ou App store, s’inscrire pour l’ouverture de compte. Il y’a cependant 2 types de compte : le compte SANK Business ou le compte commercial et le compte ordinaire ou compte client. Pour le compte ordinaire, vous n’avez pas besoin de vous déplacer, il suffit de télécharger l’application sur Play store et App store et avec votre CNIB vous scannez et vous suivez les instructions. Quant au compte SANK Business, vous pouvez le créer seul mais il faut se déplacer à SANK Business pour la validation du compte c’est-à-dire que vous apportez la photocopie de la CNIB et un montant minimum de 10.000 FCFA. Après quoi, nous vous donnons du matériel pour commencer à travailler.

Quels sont les avantages de SANK par rapport aux autres mobile money qui sont déjà présents sur le marché ?

Vous parlez des avantages ? Mais c’est évident Monsieur. J’ai parlé tantôt de 1% au retrait, nous ne sommes pas dans les histoires de grille tarifaire. Quel que soit le montant, c’est 1% qui est facturé au retrait. Au vu de ceci, SANK est au-dessus de tous les autres moyens de transfert électronique au Burkina Faso.

Est-ce que SANK est fiable et sécurisé ? N’y aura-t-il pas un bug à un moment donné ?

Même si toute l’Afrique décide d’utiliser SANK, il n’y aura pas de problème. Vous savez, en ce qui concerne les plateformes de transfert d’argent, il y a souvent un boom dû au téléchargement, et nous avons tenu compte de cela. Nous avons pris 12 mois pour travailler sur ça. Quand nous avons commencé en janvier dernier, nous avons fait appel à plus de 30 informaticiens pour tester la plateforme et déceler les problèmes futurs. Ils l’ont fait durant 4 jours sans y parvenir. Quant à la sécurité de la plateforme, nous avons fait appel aux experts du domaine. Le burkinabé n’a pas à craindre à ce qui concerne la fiabilité et la sécurité de la plateforme. Ce que nous déplorons c’est la qualité du service internet dans certaine partie du pays ; mais cette anomalie n’est pas de notre ressort parce que ce n’est pas une question de sécurité de la plateforme mais une question du service internet.

A ce jour, vous avez combien d’utilisateurs ?

Nous avons environ 10.000 utilisateurs mais ceux qui travaillent SANK permanemment sont environ 5000. En 8 mois d’existence, je pense que c’est satisfaisant.

Vous êtes présents dans combien de villes au Burkina Faso, à ce jour ?

Nous sommes actuellement dans 16 villes et nous sommes en train de travailler et d’ici la fin du mois de septembre, nous nous installerons dans d’autres zones ou villes du pays. Notre objectif à court terme,  c‘est d’installer SANK dans tout le territoire burkinabé d’ici mi-2022.

Quels sont vos rapports avec les autorités ?

Sans vous mentir, quand nous avons débuté nous sommes allés voir la ministre de l’économie numérique et nous avons échangé avec elle mais rien de concret n’est sorti de nos échanges. Donc, nous à SANK business nous avons jugé bon de nous installer, de travailler, d’avoir des racines, des bases solides avant de retourner les voir.

Est-ce que votre activité est reconnue ?

Oui évidemment, nous n’avons pas de problème. Nous existons depuis juillet 2020 mais nous avons commencé à fonctionner depuis janvier 2021.

Voudriez-vous ajouter quelque chose qui serait resté sur le cœur ?

Je voudrais dire au peuple Burkinabé que SANK n’est pas une affaire de Jules Kader Kaboré ni de Dramane Kiendrébeogo. Non ! SANK c’est pour tout le monde. Il faut que nous nous donnions la main pour la faire grandir car notre objectif n’est pas de rester au Burkina seulement. Et c’est le Burkina Faso qui gagne. Je demande à tout le monde d’avoir confiance en nous, de ne pas regarder notre âge mais de regarder à la vision qui se trouve derrière SANK. C’est un produit fluide, hyper sécurisé et les coûts d’utilisation sont moins chers et adaptés pour les Bburkinabé. Je dis souvent que le goût d’une bonne nourriture ne se reconnait pas à la bouche d’autrui et il faut souvent aller goûter soi-même. Cela ne vous coutera rien d’essayer. Installez au moins l’application et essayez une transaction et vous verrez vous-même que SANK est la meilleur.  Je peux même dire que c’est la meilleur parmi les autres plateformes de transfert d’argent au Burkina Faso. SANK, c’est le peuple, rien que pour le peuple.

Entretien réalisé par Hioua Eric Bassolé

Burkina Demain

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