En prélude à la Conférence des ministres des finances, de l’économie et de la planification de la CEA 2022 (CoM2022) prévue les 16 et 17 mai 2021 à Dakar, au Sénégal ; le Bureau sous régional pour l’Afrique de l’Ouest de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA) a organisé, ce mardi 19 avril un Dialogue virtuel pré-CoM2022. Ce Dialogue virtuel de haut niveau a permis de stimuler les réflexions sur le thème de la CoM 2022  » Financement de la Relance de l’Afrique : Trouver des solutions innovantes « , en se concentrant notamment sur les besoins de financement spécifiques des pays d’Afrique de l’Ouest et du Sahel, et sur les solutions innovantes pour y répondre.

La directrice du Bureau sous régional pour l’Afrique de l’Ouest de la CEA Ngone Diop

Parmi les questions majeures abordées ce mardi 19 avril 2022 lors du Dialogue virtuel pré-CoM2022 organisé depuis Niamey par le Bureau sous régional pour l’Afrique de l’Ouest de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA) figuraient les dettes africaines, le gros obstacle qu’elles constituent dans les efforts de mobilisation des ressources financières pour financer le développement.

En effet, alors que les déficits de financement du progrès sur le continent ne cessent de se creuser-  entre 130 et 170 milliards de dollars par an pour les infrastructures, 66 milliards de dollars par an pour la santé, 39 milliards de dollars par an pour l’éducation- ; des créanciers attendent toujours des pays africains qu’ils assurent le service de la dette.

Solutions qui conviennent au mieux aux préoccupations de financement

Bartholomew Armah, économiste principal Division Macroéconomique et Gouvernance de la CEA

Des remboursements de dettes qui se font à des taux élevés (5-6 pour cent). Alors que d’autres pays en développement, à l’image de la Grèce ne le font seulement qu’à 1%, relève dans son exposé Bartholomew Armah, économiste principal Division Macroéconomique et Gouvernance de la CEA.

Face à cette situation intenable dans le contexte de Covid-19, Bartholomew Armah préconise la mise en place d’une plateforme qui permet de réunir tous les acteurs du financement, y compris les créanciers privés afin de trouver ensemble les solutions qui conviennent au mieux aux préoccupations de financement des pays africains.

Et la directrice du Bureau sous régional pour l’Afrique de l’Ouest de la CEA Ngone Diop, de reprendre le plaidoyer des dirigeants africains en vogue au temps fort de la pandémie à coronavirus, à savoir l’instauration d’un moratoire sur le remboursement des dettes africaines.

‘’Pas de crise de liquidité’’

Ahmadou Abdoulaye Diallo, directeur général du Fonds de solidarité africain

Plus optimiste, Ahmadou Abdoulaye Diallo, directeur général du Fonds de solidarité africain (FSA) pense qu’il n’y a pas lieu de désespérer, parce qu’il n’y avait pas, dit-il, une crise de liquidité, évoquant le rôle que peut jouer le FSA dans la mobilisation des financements destinés aux investissements.

Parlant d’investissements, Liliane Alapini, représentante au Niger de la Commission des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a rappelé les efforts consentis malgré le contexte difficile, citant la réalisation à hauteur de 94 pour cent du Centre international de coordination du West african power pool (Wapp) à Akassato dans la Commune d’Abomey-Calavi, au Bénin.

Véritable  dialogue multi-acteurs de haut niveau

Bref, à écouter Hanan Morsy, secrétaire exécutive adjointe de la CEA, présidente du présent Dialogue virtuel pré-CoM2022, l’initiative a atteint pleinement ses objectifs.

Ce Dialogue virtuel a réuni, faut-il le rappeler, des décideurs politiques de haut niveau, des experts en finance et en développement, des représentants des communautés économiques régionales (CER), des coordinateurs résidents des Nations unies, de l’équipe de pays des Nations unies en Afrique de l’Ouest, des directeurs régionaux, du secteur privé, des institutions financières, des représentants des médias et d’autres acteurs du développement. Un véritable dialogue multi-acteurs de haut niveau et dont les résultats  seront intégrés dans les travaux de la Conférence des ministres des finances.

Grégoire B. Bazié

Burkina Demain

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