Comme à l’accoutumée, l’homme de culture africain que l’on ne présente plus, Yé Lassina Coulibaly, a exprimé ses vœux à l’occasion de la nouvelle année 2026. Des vœux qui puisent leur essence dans nos trésors culturels intemporels. Lisez plus tôt !

«Au nom de la Nature et de l’Humanité
Vœux pour l’année 2026
Au nom de la grandeur de Dame Nature, de nos Grand-Mères et Grand- Pères, forces originelles où s’accordent – dans une harmonie cosmique et silencieuse, l’Eau féconde, la Terre nourricière, l’Air inspirant et le Feu vivifiant – la famille Coulibaly formule, avec la solennité que requiert l’instant et la sincérité qui lui est due, ses vœux les plus fervents de bonheur, de prospérité et, par-dessus tout, de santé.
Que l’an deux mille vingt-six s’ouvre sous le signe d’une tonalité majeure : celle d’une paix retrouvée, d’une sagesse partagée, et d’une fidélité inaltérable aux valeurs cardinales de solidarité, de fraternité et de transmission.
Une pensée profonde, respectueuse et fraternelle s’adresse à toutes les personnes en situation de handicap — aux personnes aveugles, aux personnes autistes, bipolaires ou atteintes de schizophrénie, à celles vivant avec un handicap physique ou mental, ainsi qu’aux personnes touchées par la maladie d’Alzheimer — dont le courage discret, la dignité constante et la force intérieure forcent l’admiration et appellent un hommage sincère.
Nous adressons également une pensée solennelle à toutes celles et à tous ceux qui ont consenti le sacrifice suprême pour la libération de l’Afrique. Leur mémoire demeure vive dans le cœur de celles et ceux qui aiment ce continent. Leur courage, leur combat et leur engagement continueront d’être honorés aujourd’hui, demain, et tant que subsistera le souffle de la liberté.
Car c’est le cycle immémorial de la Nature — vaste partition où chaque élément répond à l’autre sans heurt — qui nous invite à célébrer cet instant de joie à la fois sobre et profonde, où les générations se rejoignent dans une même espérance, accordées telles les voix d’un chœur ancien vibrant à l’unisson.
Chaque être humain est dépositaire d’un double héritage : celui du jardin familial, sanctuaire des gestes transmis de génération en génération, et celui du jardin intérieur, où mûrit une conscience attentive au souffle du monde.
Nos ancêtres nous ont légué le souci de l’autre — accueillir le voisin et l’étranger, soutenir l’ami, entourer la famille dans l’épreuve — et leur sagesse nous enseigne que ce don, semblable à une source vive et inépuisable, n’appauvrit jamais celui qui l’offre ; il l’enrichit, au contraire, d’une paix intérieure et d’une sérénité qu’aucun bien matériel ne saurait égaler.
À leur suite, nos parents nous ont transmis le sens du partage, cette lumière discrète qui jaillit lorsque l’on se libère du carcan étroit de l’individualisme. Ce combat humble et quotidien, chacun peut le mener à sa mesure, dans la discrétion des actes justes, tel un fil continu soutenant la symphonie collective de l’existence.
Que cette nouvelle année soit aussi celle de l’espérance — non d’une espérance naïve, mais d’une conscience lucide, patiemment construite, en des jours meilleurs pour l’humanité, pour nos nations, nos familles et nos peuples.
Dans un monde traversé par les crispations identitaires, les conflits larvés et les tensions multiples, la création artistique conserve une vertu singulière : elle parle sans exclure, relie sans contraindre et apaise sans nier. Elle demeure l’un des derniers langages véritablement universels, capable de restaurer les liens rompus, de panser les blessures invisibles et de rappeler aux peuples leur commune appartenance au vivant — tel un chant porté par l’Air, franchissant frontières et silences, traversant le temps et les mémoires.
De cette conviction profonde, nourrie à la fois par l’héritage immémorial des civilisations et par l’urgence pressante du présent, émane une vision : insuffler au monde contemporain un souffle régénérateur, une respiration nouvelle, en convoquant des symboles partagés capables de dialoguer au-delà des frontières, des langues, des croyances et des cultures — à l’image des éléments naturels qui se répondent sans jamais s’opposer et qui, par leur harmonie silencieuse, enseignent la continuité et la sérénité.
Figures à la fois familières et mythiques, porteuses de mémoire, de sens et de transmission, les arbres, à mes yeux tous sacrés, nous enseignent la résilience, la complémentarité dans la diversité…
Le baobab, colosse ancestral, recueille l’Eau dans son ventre et conserve l’histoire des hommes dans ses cercles silencieux, battements lents d’un cœur millénaire.
Le chêne enseigne la patience et la droiture face aux tempêtes ; l’olivier distille la paix avec une obstination douce et féconde ; le cèdre, souverain des hauteurs, parfume les sanctuaires et nourrit l’imaginaire des peuples de sa résine sacrée.
Le figuier dissimule la sagesse sous la pudeur de ses feuilles ; le palmier dattier offre la douceur là où la vie semble se retirer ; le bouleau annonce la renaissance par sa clarté ; le hêtre veille sur les forêts silencieuses ; le tilleul apaise sous son ombre bienveillante ; le pin affronte les vents tel un archet tendu ; le sapin se dresse comme une prière immobile ; le séquoia défie l’oubli par sa permanence ; le cyprès relie la Terre des vivants à celle des absents dans une verticalité grave et solennelle.
Des arbres nourriciers aux arbres médicinaux, des arbres sacrés aux arbres humbles, tous incarnent la durée, la résilience et la continuité des civilisations. Enracinés sur tous les continents, ils sont autant d’échos des paysages et des mémoires collectives, rappelant à l’humanité le rythme fondamental de la vie et le lien indissoluble qui l’unit à la Nature — vaste orchestre où chaque être joue sa note et contribue à l’harmonie universelle.
Les oiseaux n’enchantent-ils pas les passants de leur chant, à l’abri de la frondaison des arbres?
Parmi toutes les formes d’expression, la musique — à l’instar du chant des oiseaux — constitue la matrice première de toute harmonie. Avant que l’homme ne nomme le monde, l’oiseau le chantait déjà. Son chant ne divise pas : il relie.
À ce chant primordial répond l’hommage rendu aux grandes consciences africaines et universelles qui ont élevé la voix pour défendre la dignité humaine :
Nelson Mandela, Miriam Makeba, Cheikh Anta Diop, Martin Luther King, Aimé Césaire, Birago Diop, Patrice Lumumba…
Leur parole, telle une musique profonde et persistante, continue d’éclairer les chemins de la liberté, de la connaissance et de l’espérance.
C’est dans cette filiation — à la fois célébration et cérémonie — que s’inscrit mon œuvre artistique : faire de la musique un lieu de convergence entre mémoire ancestrale et conscience contemporaine. Mon art ne se contente pas de divertir ; il instruit, relie et élève, telle une flamme maîtrisée qui éclaire sans brûler, offrant à chacun la possibilité d’une ascension intérieure.
L’Art, souffle cardinal de la liberté et médiateur silencieux de la paix, ne saurait être dissocié, en ce seuil décisif de l’année 2026, de l’impératif supérieur qui s’impose désormais à la conscience humaine : la sauvegarde du vivant.
Que chacun, dans la forêt commune comme dans l’intimité de son jardin, plante un arbre — geste simple, presque ancestral — devienne non seulement un acte de salut pour la Terre, mais aussi une offrande de reconnaissance adressée à nos aïeux et à nos parents, à ces générations dont le courage, la sagesse et la patience silencieuse ont façonné les conditions mêmes de notre présence au monde.
Préserver la liberté d’expression par l’entremise de l’art ne relève plus, en notre époque troublée et fragmentée, d’un choix parmi d’autres — moral, esthétique ou philosophique — mais s’impose comme une nécessité vitale, presque organique, tant elle conditionne la respiration même de l’humanité contemporaine. À mesure que s’effacent les repères symboliques, culturels et spirituels, l’art demeure l’un des derniers territoires où la parole conserve son amplitude, où la pensée circule sans entrave, et où l’âme collective peut encore se reconnaître, se dire et se rassembler.
Là où l’oiseau chante, l’arbre écoute.
Là où l’arbre s’enracine, l’homme apprend.
Et là où l’homme plante, l’avenir respire.
La vie, riche de surprises, nous invite à souffler sans relâche sur les braises de l’âme afin qu’elles s’embrasent à nouveau ; à accueillir les retours inattendus, les rires partagés, les éclats de lune qui percent chaque matin sans que nul ne s’en aperçoive.
Les feuilles, manuscrits du cosmos, murmurent leurs secrets ; et dans la simplicité de la rivière, l’Eau chante, la Terre se souvient, l’Air transporte, le Feu éclaire — unis dans l’éternelle leçon du vivant, qui nous exhorte à honorer, par chaque geste, la grandeur et la fragilité de notre monde.
Depuis l’aube des temps, la musique accompagne l’humanité tel un héritage sacré transmis de génération en génération, destiné à traverser l’éternité…
Que chacun, d’où qu’il vienne, qui qu’il soit, contribue à pérenniser et à faire vivre ce lien indispensable entre l’art, la musique et l’humanité !
C’est l’art, la musique et mon parcours artistique, au croisement des civilisations et en recherche d’ouverture et d’harmonie universelle qui me poussent à partager ma curiosité et mes réflexions…
Puissent ces lignes susciter l’envie d’échanger et de me contacter !
Yé Lassina Coulibaly
Artiste auteur-compositeur sur la scène internationale.. »

































