La présidente de l'ARSE, Mariam Gui Nikièma (au milieu), entourée du directeur Léonard Sanou (à gauche) et du directeur Yaya Soura (à droite), face à la presse ce vendredi 30 janvier 2021 à Ouagadougou

La production énergétique a connu une augmentation de 7% en 2019.  C’est l’une des informations capitales du rapport annuel d’activités 2019 de l’Autorité de régulation du secteur de l’énergie (l’ARSE).  Le rapport présenté à la presse ce 29 janvier 2021 à Ouagadougou par la structure fait ressortir que 2019 a été meilleure à 2018.

La présidente de l’ARSE, Mariam Gui Nikièma (au milieu), entourée du directeur Léonard Sanou (à gauche) et du directeur Yaya Soura (à droite), face à la presse ce vendredi 30 janvier 2021 à Ouagadougou

Chaque année, conformément à l’article 34 du décret n°2017-1016/PRES/PM/ME/MCIA/MINEFID du 26 octobre 2017 portant attributions, organisation et fonctionnement de l’ARSE, l’autorité de régulation produit un rapport de ses activités qu’elle adresse au premier ministre.  Pour le compte de l’année 2019, c’est le 26 janvier dernier que la délégation dirigée par la présidente, Mariam Gui Nikièma, a été reçue à la primature. Ainsi, du rapport, réparti en quatre parties, de ladite année, il ressort que :<<l’année 2019 a été meilleure comparativement à 2018>>.

A en croire les chiffres, la production énergétique de l’année a augmenté de 7%. Cette augmentation, selon Mariam Gui Nikièma, est le fruit des réformes engagées par le gouvernement, lesquelles ont abouti à l’adoption de la loi 014 du 20 avril 2017.

Les résultats obtenus

Au cours de l’année 2019, la production énergétique a connu une augmentation, passant de 1858 GWh en 2018 à 1989 GWh, soit un taux de 7%. L’ARSE dit avoir enregistré une réduction des pertes globales, passées de 15,61% en 2018 à 15,24% en 2019, soit 0,37% de taux global de pertes. Selon le rapport de 2018, le taux d’électrification nationale était estimé à 43,2% ; alors que 2019 connaît un taux de 45%. Toutefois, la production nationale, quant à elle, a connu une baisse de 26%, passant de 1016 GWh en 2018 à 748.

Un fait qui s’explique par <<l’augmentation des importations et de la contribution d’AGGREKO>>. A en juger ces chiffres, il est aisé de constater que le secteur de l’énergie a enregistré une amélioration en 2019, comparé à 2018.

Cependant, la présidente de la structure a reconnu que, en dépit du travail abattu, le résultat demeure insuffisant. <<Ces résultats traduisent une qualité de service insuffisante et ne sont pas en bon signal pour le climat des affaires>>, a-t-elle affirmé.

Les réalisations en 2019

Le rapport produit par l’ARSE fait ressortir, pour le compte des activités réalisées, la mise en examen de plusieurs dossiers sur le fonctionnement des services, notamment cinq avis conformes et trois avis simples émis.

L’autorité de régulation a également fait savoir que le dossier de la coopérative d’électricité de Solenzo (COOPELSO), soumis en juillet 2018 pour un <<arbitrage final>> sur le différend l’opposant à la commune de Solenzo a connu une suite de traitement en 2019.

Les faiblesses et difficultés rencontrées

La présidente de l’ARSE, Mariam Gui Nikièma n’a pas occulté les difficultés de son institution lors des échanges avec les journalistes

L’ARSE connaît des faiblesses ainsi que des difficultés qui impactent l’atteinte de ses objectifs.

En termes de faiblesses, la structure a relevé l’insuffisance des investissements, l’absence de réserve de production, la forte dépendance à l’égard des énergies fossiles importées, le coût élevé du KWh d’origine thermique diesel, la faible valorisation des ressources énergétiques endogènes.

Pour ce qui est des difficultés, Mariam Gui Nikiéma a souligné l’insuffisance des ressources financières et les lourdeurs des procédures de gestion financière et comptable.

Recommandations et perspectives

Afin de progresser vers de meilleurs résultats, l’Autorité de régulation du secteur de l’énergie a formulé des recommandations. Il s’agit, à l’endroit du gouvernement, entre autres, de mettre à sa disposition, «de ressources suffisantes pour les activités de régulation>> ; le pouvoir de fixation des tarifs de l’électricité.

«Au regard des difficultés de recouvrement de cette redevance par l’ARSE et afin d’assurer une efficacité de l’indépendance du régulateur tel que définie par le législateur, il serait souhaitable que le financement des activités de régulation soit consacré par une redevance spécifique destinée à l’ARSE que l’on pourrait qualifier de «redevance de régulation», relève le rapport 2019 de l’ARSE dans sa partie recommandations adressée au gouvernement.

À l’endroit des opérateurs du secteur de l’énergie, notamment l’opérateur historique qu’est la SONABEL, l’ARSE recommande l’effectivité de <<la séparation comptable de la SONABEL afin de mieux appréhender les coûts>>.

«La nouvelle législation a réaffirmé la séparation comptable de la SONABEL qui n’est pas encore effective, il est souhaitable d’envisager une séparation fonctionnelle en vue d’améliorer davantage les performances de l’opérateur historique».

En outre, le rapport 2019 de l’ARSE a recommandé le paiement effectif et en intégralité de la redevance énergétique par les opérateurs du secteur.

Nécessité de la poursuite des réformes

Par ailleurs, compte tenu des résultats engrangés et afin de <<corriger les faiblesses qui marquent le secteur>>, les conférenciers ont souligné la nécessité de la poursuite des réformes. Car, assurent-ils, <<les réformes engagées par le gouvernement en 2017 en vue de la dynamisation du secteur de l’énergie électrique commencent à attirer les investisseurs privés>> d’ici et d’ailleurs.

Pour rappel, l’ARSE est une autorité administrative indépendante dotée de la personnalité juridique et l’autonomie de gestion. Principalement, ses missions sont de veiller au respect de la réglementation régissant le secteur de l’énergie, de préserver les intérêts des usagers du service public de l’énergie, de protéger les droits des acteurs du secteur de l’énergie, de proposer à l’État des tarifs applicables dans le secteur de l’énergie, de régler les litiges dans le secteur de l’énergie, de veiller à l’équilibre économique et financier du secteur.

Aziz Yoda

Burkina Demain

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici