Un nouveau rapport de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) lancé ce mercredi 13 juillet à Addis Abeba, souligne le rôle de premier plan des villes dans la libération des gains économiques rendus disponibles grâce à l’intégration économique régionale, en particulier dans le cadre de l’Accord de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

«Un nouveau rapport souligne le rôle de premier plan des villes dans l’intégration économique régionale de l’Afrique

Addis-Abeba, 13 juillet 2022 (CEA) – Un nouveau rapport de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) souligne le rôle de premier plan des villes dans la libération des gains économiques rendus disponibles grâce à l’intégration économique régionale, en particulier dans le cadre de l’Accord de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). 

Lancé hier, le rapport est le premier élément d’une recherche approfondie visant à évaluer les liens entre la transition urbaine rapide de l’Afrique et l’intégration commerciale régionale. Il cherche à répondre à plusieurs questions essentielles, notamment comment les villes africaines peuvent bénéficier de la ZLECAf, quels investissements stratégiques sont nécessaires pour que les villes stimulent l’intégration commerciale régionale accélérée et comment la ZLECAf peut transformer les villes et le développement spatial à travers le continent.

En réponse à ces questions, le rapport propose des mesures concrètes pour une politique plus axée sur l’investissement dans les villes africaines afin de réaliser le plein potentiel économique de la ZLECAf, stimulant ainsi la croissance économique, réduisant la pauvreté et favorisant l’inclusion.

Principales conclusions

Selon le rapport, l’intégration commerciale régionale a le potentiel d’élever le niveau de vie en reliant les villes à de nouveaux marchés, améliorant ainsi l’accès à une variété plus large et moins chère de biens et de services. Les effets spatiaux du commerce régional peuvent transformer les corridors urbains de l’Afrique, contribuant également à l’essor des villes petites et intermédiaires et des pôles régionaux, et à une meilleure connectivité urbaine-rurale.

Le rapport révèle également que la consommation urbaine peut transformer l’Afrique si la demande est satisfaite par la production et le commerce intra-régionaux. Il note que les villes ont besoin d’une attention en matière de politiques et d’investissements accrus pour libérer tout leur potentiel de pôles pour les biens et services échangés au niveau régional, tout en soulignant qu’une meilleure connectivité entre les villes est nécessaire pour développer les chaînes de valeur régionales dans le cadre de la ZLECAf.

Dans son allocution lors de l’évènement consacré au lancement, auquel ont participé des représentants des gouvernements nationaux et locaux, des agences des Nations Unies, des institutions universitaires, des organisations commerciales, des groupes de défense et des organismes intergouvernementaux, Mme Edlam Yemeru, Directrice par intérim de la Division du genre, de la lutte contre la pauvreté et de la politique sociale de la CEA, déclare que l’intégration commerciale régionale de l’Afrique se déroule dans un contexte de transition urbaine rapide.

Elle ajoute : «La manière dont les villes sont planifiées et gérées aura une incidence sur l’intégration commerciale régionale. De même, l’intégration commerciale régionale conduira à la croissance des villes existantes et nouvelles, tout en ayant une incidence sur le bien-être des citadins. Il est donc essentiel d’intégrer une optique urbaine dans les stratégies nationales et régionales pour que la ZLECAf tire parti des opportunités émergentes ».

Prenant la parole à l’évènement, Mme Mama Keita, Directrice du Bureau sous-régional de la CEA pour l’Afrique de l’Est, souligne que l’urbanisation et l’intégration économique régionale sont à elles seules des moteurs de la croissance et de la transformation économiques de l’Afrique. Cependant, les combiner dans des politiques et des investissements, ajoute-t-elle, peut avoir une incidence plus importante que la somme des parties séparées.

Dans son allocution d’ouverture, M. Ishaku Maitumbi, Conseiller technique principal à ONU-Habitat, note que le rapport apporte une « contribution vitale » à l’important phénomène d’urbanisation et d’intégration commerciale régionale en Afrique. Il déclare que le rapport montre clairement que la transformation économique de l’Afrique peut être réalisée lorsque nous nous concentrons sur la consommation urbaine, le commerce régional et l’aménagement du territoire.

Principales recommandations

Pour tirer pleinement parti de la transition urbaine rapide de l’Afrique et de l’intégration économique régionale, le rapport présente quatre propositions clés que les pays pourraient adopter pour débloquer les opportunités inexploitées présentées par la ZLECAf.

Premièrement, les gouvernements doivent mettre en œuvre des cadres commerciaux en pensant aux villes, en particulier lors de la conception et de la mise en œuvre de leurs stratégies nationales par rapport à la ZLECAf. Deuxièmement, les investissements doivent être réalisés dans les villes en fonction de leur rôle dans le commerce régional, en veillant à ce que les petites, moyennes et grandes villes atteignent leur plein potentiel économique. Troisièmement, les gouvernements doivent veiller à ce que les villes soient prêtes à tirer pleinement parti des opportunités commerciales émergentes. Enfin, le rapport appelle à une prise de décision solide en matière de politique commerciale en utilisant des données spatialement et ventilées par sexe.

L’évènement a également comporté une table ronde au cours de laquelle M. Ivan Turok (Chercheur, Programme de recherche sur le développement économique inclusif, Conseil de recherche en sciences humaines, Afrique du Sud) affirme que la ZLECAf créera probablement des situations de gagnants et de perdants, d’où la nécessité d’investissements complémentaires dans les zones urbaines. En outre, Mme Astrid Haas (Économiste urbaine) s’est concentrée sur les énormes déficits de financement qui existent, principalement en ce qui concerne les infrastructures dans les villes secondaires et intermédiaires d’Afrique, qui doivent être résolus pour que les avantages du commerce amélioré soient réalisés.

Contribuant à la discussion, le Conseiller technique principal du Secrétariat de la ZLECAf, M. Prudence Sebahizi, souligne le pouvoir économique des villes, notamment en termes de capacité de production et de consommation, ainsi que leurs opportunités d’investissement et d’affaires. Dans le même ordre d’idées, du point de vue d’un participant d’un État membre, M. Konyango Charles Otieno (Directeur du développement urbain, Département d’État pour le logement et le développement urbain, Kenya), souligne le rôle de la planification dans l’anticipation des niveaux accrus de commerce et ajoute la nécessité de « réorganiser » le paradigme urbain africain, en s’éloignant des villes dysfonctionnelles et sous-investies vers des villes mieux connectées et mieux gérées grâce à des institutions fortes.

Les panélistes ont ensuite discuté d’une série d’opportunités qui pourraient être exploitées afin de soutenir l’urbanisation productive et l’intégration commerciale régionale inclusive en Afrique, y compris les moyens de renforcer les capacités productives des zones urbaines, la connectivité numérique, la préparation des villes au financement, le rôle des envois de fonds, les paiements transfrontaliers et les preuves des différentes incidences que le commerce aura sur les villes.

Le rapport, intitulé « Les villes : Des passerelles pour l’intégration économique régionale de l’Afrique », est disponible en téléchargement en anglais et en français. 

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La Section des communications

Commission économique pour l’Afrique

BP 3001

Addis-Abeba (Éthiopie)

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