Le Vatican a appelé ce 21 juillet à un traité international pour s’attaquer à la crise climatique à sa source : les combustibles fossiles. Ce nouvel appel du Vatican exhorte au désinvestissement des combustibles fossiles et à de nouvelles politiques d’investissement dans « un monde plus juste et durable ».

Cette initiative du Vatican renforce l’élan mondial autour du projet de traité sur la non-prolifération des combustibles fossiles. Les trois piliers de la proposition de politique sont désormais soutenus par 101 lauréats du prix Nobel, 3 000 universitaires, un groupe interconfessionnel croissant de chefs religieux, 320 parlementaires, des milliers de jeunes militants, plus de 1 500 organisations de la société civile et plus de 60 villes dont Londres, Paris et Amsterdam, Sydney, Los Angeles, Barcelone, Toronto et Genève.

Le cardinal Michael Czerny, préfet du Dicastère pour la promotion du développement humain intégral, a déclaré : « En ce qui concerne la COP27, le pape François se joint à nouveau aux scientifiques pour maintenir l’objectif d’augmentation de la température de 1,5 °C de l’Accord de Paris. La planète est déjà plus chaude de 1,2 °C, mais de nouveaux projets d’énergies fossiles accélèrent chaque jour notre course vers le précipice. Trop c’est trop. Toute nouvelle exploration et production de charbon, de pétrole et de gaz doit cesser immédiatement, et la production existante de combustibles fossiles doit être supprimée de toute urgence. Cela doit être une transition juste pour les travailleurs concernés vers des alternatives respectueuses de l’environnement. Le projet de Traité sur la non-prolifération des combustibles fossiles est très prometteur pour compléter et renforcer l’Accord de Paris.

Le message du cardinal s’appuie sur le message du pape François pour la Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la création, dans lequel le pape « demande[s] aux grandes industries extractives… d’arrêter de détruire les forêts, les zones humides et les montagnes, d’arrêter de polluer les rivières et mers, pour arrêter d’empoisonner les aliments et les personnes » et appelle à une « coopération responsable entre toutes les nations » pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris.

Tzeporah Berman, présidente de la Fossil Fuel Non-Proliferation Treaty Initiative, a déclaré : « Ce qu’il faut maintenant, c’est du courage moral. Nous accueillons le cardinal Czerny au sein de ce chœur grandissant de voix non seulement parmi les communautés religieuses, mais aussi parmi les professionnels de la santé, les parlementaires, les jeunes leaders, les communautés autochtones, les lauréats du prix Nobel, les scientifiques et les universitaires. Ils reconnaissent tous que l’expansion de la production de combustibles fossiles amplifie la crise climatique mais sape également tous les systèmes vivants qui sont au cœur de notre survie. Ceci n’est pas un exercice. Nous avons besoin d’une action urgente et audacieuse pour ralentir les dégâts et nous mettre sur une voie plus durable et juste.

La science soutient ce besoin d’action urgente, les combustibles fossiles ayant contribué à 86 % des émissions de CO2 au cours de la dernière décennie seulement. Malgré cela, les gouvernements prévoient toujours de produire plus du double de la quantité de combustibles fossiles compatible avec une trajectoire de 1,5 degré d’ici 2030, et 10 % de plus que leurs propres engagements climatiques.

Mark Campanale, fondateur de la Carbon Tracker Initiative, a ajouté : « Il ne fait aucun doute que la science et l’économie désignent depuis longtemps la production de combustibles fossiles comme le talon d’Achille de la crise climatique. Il existe un budget carbone basé sur la science pour maintenir le chauffage à pas plus de 1,5 ° C, ce qui signifie que la plupart des combustibles fossiles doivent rester dans le sol. Cette vulnérabilité d’un système énergétique basé sur les combustibles fossiles ne peut plus être ignorée. Cette dernière approbation du Vatican rend encore plus difficile pour les dirigeants mondiaux d’ignorer le rôle central des combustibles fossiles dans la catastrophe climatique qui se déroule autour de nous. C’est aussi pourquoi le prochain registre mondial des combustibles fossiles qui répertorie toutes les productions actuelles et prévues de combustibles fossiles pays par pays, projet par projet, pour rendre les gouvernements plus responsables de leurs plans de combustibles fossiles est si essentiel.

Le projet de traité sur la non-prolifération des combustibles fossiles compléterait l’accord de Paris en établissant un mécanisme international spécifique pour gérer une élimination équitable et rapide du charbon, du pétrole et du gaz qui permette aux pays de réduire leur dépendance aux combustibles fossiles, de soutenir les travailleurs et les communautés, de faire la transition rapidement aux énergies renouvelables et construire des économies plus diversifiées. Pour soutenir ces objectifs, un registre mondial des combustibles fossiles, développé par Carbon Tracker Initiative et Global Energy Monitor, sera lancé plus tard cette année et sera la première base de données open source sur la production et les réserves de pétrole, de gaz et de charbon dans le monde. À propos de l’Initiative du Traité sur la non-prolifération des combustibles fossiles L’Initiative du Traité sur la non-prolifération des combustibles fossiles stimule la coopération internationale pour mettre fin au nouveau développement des combustibles fossiles, éliminer progressivement la production existante dans la limite climatique convenue de 1,5 °C et élaborer des plans pour soutenir les travailleurs, les communautés et les pays qui dépendent des combustibles fossiles pour créer des moyens de subsistance sûrs et sains. Des villes comme Vancouver et Barcelone ont déjà approuvé le traité avec d’autres motions à approuver. Des centaines d’organisations représentant des milliers d’autres personnes se joignent à l’appel lancé aux dirigeants mondiaux pour arrêter l’expansion des combustibles fossiles.

Source : Communiqué du Vatican

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