La Coordination des communautés vivant à Banfora a organisé, ce samedi 16 mai 2026, une journée de don de sang. En effet, les travaux qui se sont déroulés sur le site de l’école primaire publique Tatana A-B s’inscrivent dans le cadre de la réalisation de son plan d’action au titre de l’année 2026. En outre, assurée par un personnel qualifié de santé, cette activité a été initiée en vue de sauver des vies humaines d’éventuels cas de maladies ou d’accidentés nécessitant une transfusion sanguine.

Namoun Jean Bamok Pandam, Président de la CCVBF-Banfora expliquant les circonstances de la tenue de l’opération don de sang

«Nous avons entrepris cette activité depuis 2025. Mais cela n’avait pas eu lieu. Et comme ça nous tenait vraiment à cœur, nous nous sommes retrouvés dans l’établissement ici à Tatana pour la  réaliser avec les efforts consentis des uns et des autres. Nous remercions toute l’équipe de la Santé qui n’a ménagé aucun effort pour nous accompagner. C’est une fierté pour nous d’apporter notre modeste pierre pour contribuer à sauver des vies. Nous tenons aussi à exprimer notre profonde gratitude au Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré dont l’appel à la solidarité et à la cohésion sociale nous a inspirés, sans oublier le Ministère des Affaires étrangères».

C’est en ces termes que le Président de la CCVBF-Banfora, Namoun Jean Bamok Pandam s’est exprimé sur les circonstances de la tenue de l’opération de don de sang de ce samedi 16 mai 2026 à Banfora. Résultat : seulement 11 poches de sang récoltées.

L’engouement en déca des attentes

Prise de tension artérielle avant le don de sang

Au vu de ce nombre de poches de sang récoltées, l’engouement n’était véritablement pas au rendez- vous de cette opération de la Coordination des communautés vivant à Banfora. Mais, les acteurs de la CCVBF-Banfora ont manifestement fait preuve de bonne foi et de citoyenneté tout en invitant les pairs à emboîter le pas pour plus d’impact. C’est la preuve aussi que l’initiative n’a pas été bien comprise par les populations pour un certain nombre de raisons.

Certains ont par exemple peur. Pour être donneur de sang dans ce cas, il faut naturellement s’armer de courage et aussi se dire qu’on ne peut pas payer le sang au marché, ni même à la pharmacie. Si on transfuse le sang à quelqu’un, c’est qu’il y a un donneur qui a eu à donner son sang quelque part. Certes, tout le monde ne peut pas en donner, mais si tout le monde pouvait essayer, cela pourrait galvaniser les autres à donner.

«Précautions à prendre pour donner son sang… »

Simporé Hado, infirmier en banque de sang au Laboratoire du CHR de Banfora

Tout le monde ne pouvant pas son sang, alors qui peut le faire et dans quelles conditions ?  À cette question de savoir qui peut donner le sang et les précautions à prendre, Simporé Hado, infirmier en banque de sang au Laboratoire du Centre Hospitalier Régional de Banfora explique :

«Pour donner le sang, d’abord, il faut avoir au moins l’âge de 18 ans. Quant à la femme, il faut également avoir 18 ans, ne pas être en menstrue, ni allaitante, ni en grossesse. Selon les principes, la femme peut donner à chaque 4 mois tandis que l’homme c’est à chaque 3 mois. Et si le poids est inférieur à 60 kg, il ne peut pas donner.

Concernant les groupes sanguins dont le système A-B-O , il y a des donneurs universels. Par exemple, le groupe sanguin O– peut donner à tout le monde.

Et comme précautions, nous avons d’abord procédé à la prise de tension artérielle parce qu’elle rime avec le sang. Si le cœur fonctionne bien, on peut donner. Mais, dans le cas contraire, si on prend la tension artérielle et on trouve qu’elle est élevée, l’intéressé ne peut pas donner parce que c’est le cœur qui distribue le sang dans l’organisme. Si le cœur est défaillant, l’intéressé ne peut pas donner».

Initiative louable malgré le faible résultat

Epiphanie Zegba/Dao , membre de la CCVBF-Banfora, en train de donner du sang

Bref, malgré le faible résultat enregistré (11 poches de sang), la présente initiative de la Coordination des communautés vivant à Banfora mérite d’être saluée à sa juste valeur. Car, au-delà de cette collecte de sang, c’est un modèle social qui se dessine suite à l’appel du Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, prônant un élan de solidarité et de cohésion sociale.

En effet, composée de ressortissants de 9 pays de l’Afrique de l’Ouest dont le Togo, le Niger, le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Nigeria, le Sénégal, le Mali, la Guinée et le Bénin, ladite coordination a trouvé nécessaire de mener l’activité dans l’intérêt de la communauté dans son ensemble. Il revient tout simplement à ses responsables de tirer les enseignements nécessaires afin de réussir les prochaines initiatives de don de sang.

SoumaÏla Soma, Banfora

Burkina Demain