Le passeport africain contribuera à la libre-circulation des Africains sur leur continent

Le vingt septième sommet de l’Union africaine (UA), dont les travaux débutent ce dimanche 10 juillet à Kigali, servira de test grandeur nature au passeport africain. L’UA a en effet commencé, il y a déjà quelques mois, la délivrance dudit passeport. Les présidents et ministres des affaires étrangères africains seront probablement les premiers à le recevoir à Kigali, lors du sommet.

C'est la ministre kenyane des affaires étrangères, Amina Mohamed, qui a lâché la nouvelle en mai dernier à Nairobi
C’est la ministre kenyane des affaires étrangères, Amina Mohamed, qui a lâché la nouvelle en mai dernier à Nairobi

« J’ai l’honneur de vous informer que conformément aux décisions du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA de faciliter la libre circulation au sein du continent, à travers la création du passeport africain pour les chefs d’Etat et des ministres. Le processus de délivrance a commencé vendredi».
C’est en ces termes que la ministre des Affaires étrangères du Kenya, Amina Mohamed, avait annoncé le 7 mai 2016 à Nairobi, le début de la délivrance du passeport africain. L’annonce avait été faite en marge de la quatrième Retraite du Conseil exécutif de l’UA qui se tenait dans la capitale kenyane.

L’intégration par le haut dans un premier temps
Réservé dans un premier temps aux chefs d’Etat et ministres, le passeport africain « aidera à accélérer le processus d’établissement de la Communauté économique africaine » et « va aussi stimuler le commerce intra-africain qui est en deçà du niveau des autres continents », avait en outre expliqué le chef de la diplomatie kenyane. Et nous y sommes. Le sommet de Kigali censé servir de test grandeur nature au passeport panafricain commence dans quelques heures avec la trente-deuxième (32e) Session ordinaire du Comité des représentants permanents (COREP) de l’organisation continentale.

Le passeport africain contribuera à la libre-circulation des Africains sur leur continent
Le passeport africain contribuera à la libre-circulation des Africains sur leur continent

Passeport africain : un outil de promotion de l’intégration africaine
La délivrance du passeport africain vise à promouvoir la libre-circulation des Africains sur leur continent. A ce titre, le passeport africain est un outil au service de l’intégration africain. C’est connu de tous, la libre-circulation des personnes, l’intégration des peuples africains restent des défis à relever.
En effet, malgré les processus d’intégration en cours dans la plupart des régions et au niveau de l’Union africaine, la libre circulation des personnes reste encore entravée par des tracasseries administratives. Impossible pour un Africain, dans la plupart des régions, de passer d’un Etat à un autre sans qu’on ne lui exige un visa.

Confirmation par les résultats d’une étude

La situation est telle qu’il est plus facile pour un Américain de se déplacer en Afrique qu’un citoyen du continent, comme l’ont révélé les résultats d’une étude coréalisée par le cabinet McKinsey, la Commission économique des nations-unies pour l’Afrique (CEA) et la Banque africaine de développement.
Ainsi, un Africain a besoin de visas pour se rendre dans 55% des pays africains, alors qu’un Nord-Américain n’a besoin de visa que dans 45% de ces mêmes pays.
Les Africains peuvent obtenir leur visa à l’arrivée dans 25% des pays africains, contre 35% pour les Nord-Américains.
Seuls 13 pays africains sont librement accessibles aux ressortissants du continent. Ces 13 pays bons élèves sont notamment les Seychelles, le Mali, l’Ouganda, le Cap Vert, le Togo, la Guinée Bissau, la Mauritanie, le Mozambique, le Rwanda, Burundi, Comores, Madagascar et la Somalie.

Grégoire B. Bazié
Burkina Demain

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