Dr Valère Somé, ami de Thomas Sankara, ne veut pas être confondu à ceux qui se réclament abusivement du sankarisme

Les sankaristes burkinabè ont célébré ce 15 octobre 2016 le 29e anniversaire de l’assassinat de Thomas Sankara, le père du Conseil national de la révolution (CNR). Au lendemain de cette commémoration, l’un des bras droit du président Sankara, en l’occurrence Valère Somé, était l’invité de l’émission «Sur la Brêche » de la Télévision nationale du Burkina. Occasion pour le rédacteur du Discours d’orientation politique (DOP) du 2 octobre 1983 d’asséner ses vérités sur le sankarisme, le dossier Sankara ou le mémorial Thomas Sankara qui continuent de faire couler beaucoup d’encre et de salive.

Dr Valère Somé, ami de Thomas Sankara, ne veut pas être confondu à ceux qui se réclament abusivement du sankarisme
Dr Valère Somé, ami de Thomas Sankara, ne veut pas être confondu à ceux qui se réclament abusivement du sankarisme

Sur l’aboutissement du dossier judiciaire Thomas Sankara qui a connu, à en croire ses avocats, plus d’avancées en 22 mois qu’en 18 ans ; Docteur Valère Somé est septique. Pour lui, tant que certains seront encore aux affaires dans ce pays, il y a peu de chances que le dossier Sankara connaisse un aboutissement heureux.
Aussi surprenant que cela puisse paraître, Valère Somé, bras droit de Thomas Sankara, assure qu’il n’est pas sankariste, lui qui a écrit le premier manifeste sankariste. Il se dit déçu du comportement de ceux qui se réclament sankaristes.

Toutefois, il assure toujours partager l’idéal de Thomas Sankara. Dr Somé se dit même prêt à élucider dans un document le sankarisme, la pensée de Thomas Sankara, pour peu que les conditions soient réunies. Il aurait voulu le faire à l’occasion du lancement du projet de mémorial Sankara mais il s’est ravisé parce que les conditions n’étaient pas réunies. Il a parlé de précipitation et de la non-implication de tous les sankaristes dans la conduite du projet.
En outre, le rédacteur du Discours d’orientation politique (DOP) du 2 octobre 1983, laisse entendre que le nom de Sankara a été souvent utilisé à des fins de conquête du pouvoir. Et de citer les exemples des autorités de Transition. « Quand Zida a voulu prendre le pouvoir à la place de la Nation, il a levé le poing révolutionnaire. Quand Michel Kafando prenait fonctions, il a dit que justice allait être rendue dans le dossier Thomas Sankara, alors qu’il a servi Blaise Compaoré pendant 27 ans ».
Sur l’entrée des sankaristes dans le gouvernement Thièba, Valère Somé a parlé de ‘’compromissions ‘’ qui finiront avec le temps par s’étaler au grand jour.
Pour toutes ces raisons, Valère Somé dit qu’il n’est pas sankariste pour ne pas se confondre à tous ceux qui utilisent abusivement le nom de l’ex- leader de la Révolution.

Martin Philippe
Burkina Demain

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