Le 28e sommet de l'Union africaine s'ouvre ce 30 janvier à Addis Abeba

L’Union africaine est à la veille d’un sommet historique des chefs d’Etat et de gouvernement qui s’ouvre officiellement ce lundi 30 janvier 2017 à Addis Abeba. Ce 28e sommet devrait connaître entre autres le retour du Maroc, le renouvellement des instances dirigeantes et des pistes de solutions aux chroniques difficultés financières de l’organisation continentale.

Le 28e sommet de l'Union africaine s'ouvre ce 30 janvier à Addis Abeba
Le 28e sommet de l’Union africaine s’ouvre ce 30 janvier à Addis Abeba

On pourrait dire que c’est le sommet de tous les enjeux, le 28e sommet de l’Union africaine  qui s’ouvre officiellement ce lundi 30 janvier 2017 à Addis Abeba, en Ethiopie.

En effet, au-delà du thème du sommet relatif à la démographie et à la jeunesse, les chefs d’Etat et de gouvernement, qui ont déjà eu un huis-clos ce dimanche, sont attendus sur des sujets délicats tels le retour du Maroc, le renouvellement des instances dirigeantes, le financement de l’organisation par les Etats membres ou la lutte contre le terrorisme. L’UA pourrait sortir renforcée si  ces différents dossiers sont bien gérés.

Le Maroc ou l’exclusion du Sahara occidental

Si le retour du Maroc au sein de l’Union ne souffre l’ombre d’aucun doute, après la ratification des textes constitutifs de l’organisation par le parlement du royaume chérifien et le nombre important de pays (une quarantaine) qui saluent ce retour, il reste quand même un problème : la présence à l’UA du Sahara occidental dont l’admission en 1984 avait entraîné le retrait du Maroc de l’organisation. Le Maroc va-t-il conditionner comme le laissent entendre certaines sources son retour au retrait du Sahara occidental qu’il considère comme une partie intégrante de son territoire ? Si les chefs d’Etat doivent se prononcer sur la question, l’unanimité n’est pas garantie, vu que certains pays comme l’Afrique et l’Algérie continuent de soutenir le Sahara occidental. Pour ces deux Etats, le retour du Maroc ne signifie retrait du Sahara occidental qui doit demeurer membre à part entière de l’Union africaine. En revanche, du côté des pays soutenant le Maroc, le retour du pays signifie forcement le retrait du Sahara occidental. Comme quoi, il ne saurait y avoir deux Maroc au sein de l’Union africaine.

De nouveaux présidents à élire

Pour ce qui est du renouvellement des instances dirigeantes de l’Union africaine au cours de ce 28e sommet, les problèmes pourraient résider au nouveau du choix du nouveau ou de la nouvelle présidente de la commission de l’organisation. En rappel,  cinq personnalités se disputent la succession de Nkosazana Dlamini Zuma.

Il s’agit notamment de  Amina Mohamed Jibril (55 ans), ministre kényane des Affaires étrangères et du Commerce international ; Abdoulaye Bathily (69 ans), ancien ministre d’État sénégalais ; Pelonomi VensonMoitoi (65 ans), ministre des Affaires étrangères du Botswana, Agapito Mba Mokuy (51 ans), ministre équato-guinéen des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de la Francophonie et de Moussa Faki Mahamat (56 ans), ministre tchadien des Affaires étrangères et de l’Intégration africaine. Le précédent à Kigali n’avait pas permis de départager les candidats. Mais, on espère que les autres ont eu suffisamment du temps pour battre campagne. Au vu de l’opposition qu’il y a eu à Kigali entre pays de l’Afrique australe et ceux de l’Afrique occidental, on pourrait s’attendre à ce que la situation profite à la candidate de l’Afrique de l’Est Amina Mohamed Jibril, si l’une ou l’autre régionale n’arrive pas cette fois-ci à prendre l’ascendant sur l’autre. La candidature au poste de président de la commission du Pr Bathily pourrait être handicapée par le fait que la présidence de l’Union africaine revienne déjà à l’Afrique de l’Ouest dont il est candidat.

Réformes institutionnelles et financement de l’organisation

L’autre enjeu important de ce sommet de l’UA, c’est le financement de ses activités par ses membres. Des réformes destinées à relever le barème des contributions ont été engagées ces deux dernières années pour éviter que l’organisation ne continue de dépendre des financements extérieurs pour la mise en œuvre de ses projets programmes. Aujourd’hui, avec l’effondrement des cours des matières premières, la mise en œuvre de ces réformes ne s’annonce pas facile, y compris pour les poids lourds que sont par exemple l’Algérie ou le Nigéria, affectés au plus haut point.

Par ailleurs, la lutte contre le terrorisme, figurera en bonne place dans les discussions des chefs d’Etat et de gouvernement à ce 28e sommet de l’Union africaine.

Grégoire B. Bazié

Burkina Demain

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