Pour pallier aux pénuries d’eau potable ou d’énergie, plusieurs pays ouest-africains, dont le Burkina Faso, se sont lancés dans les constructions de grands barrages qui n’ont pas toujours respecté les règles. Mais, la réalisation de ces ouvrages devrait désormais tenir compte des dispositions de la directive de la CEDEAO relative au développement d’infrastructures hydrauliques dans la région qui vient d’entrer en vigueur.

L’Afrique de l’Ouest est l’une des régions dynamiques en matière de construction de grands barrages. L’on estime à quelques 150 le nombre de ces ouvrages hydrauliques dans la région. 40 projets de constructions de grands barrages sont actuellement en cours de réalisation sur les bassins de Volta, Niger, Gambie et du Sénégal.

Et justement dans le cadre ces projets en cours, il va falloir, pour les acteurs, tenir compte de la nouvelle directive de la CEDEAO relative au développement d’infrastructures hydrauliques qui est désormais en vigueur à partir de ce jeudi 27 juillet 2017. Les pays ont jusqu’à trois ans pour s’y conformer.

Réduire les impacts sociaux et environnementaux

L’objectif de cette directive de la CEDEAO, «c’est de faire en sorte que les considérations d’ordre écologique, économique et social soient davantage prises en compte dans la mise en œuvre de projets transfrontaliers d’infrastructures hydrauliques en Afrique de l’Ouest afin de garantir leur viabilité et assurer le développent durable de notre région», selon le directeur du Centre de coordination des ressources en eau de la CEDEAO, Ibrahim B. Wilson.

A terme, il s’agit d’obtenir des changements à travers des mesures concrètes, visant la recherche d’options alternatives aux projets qui conduiraient aux mêmes objectifs économiques tout en réduisant les impacts sociaux et environnementaux. La directive promeut également la généralisation de l’évaluation environnementale stratégique sectorielle (hydroélectricité, énergie, irrigation, etc.) ou régionale (au niveau d’un bassin). La directive exige  des cadres juridiques et procéduraux plus robustes pour garantir le partage des bénéfices (terres agricoles, électricité, eau potable, pâturages, zones de pêche, etc.) avec la protection des droits des populations affectées. La directive, enfin, insiste sur  une plus grande transparence et une meilleure information pour renforcer la concertation et la collaboration entre les parties prenantes, et en particulier la participation effective des populations affectées aux prises de décision en toute connaissance de cause.

Mathias Lompo

Burkina Demain

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