Le président de la commission de l'UEMOA, Abdallah Boureima, au cours de son face-à-face avec la presse au siège de l'organisation à Ouagadougou ce 10 janvier 2020

A l’occasion du 26e anniversaire de la création en 1994 de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), le président de la commission, Abdallah Boureima, a animé ce vendredi 10 janvier depuis le siège à Ouagadougou, une conférence de presse pour dresser  le bilan et  les perspectives de l’institution communautaire. Les échanges avec la presse ont également abordé sur les questions du franc CFA, sa future mutation en ECO, la sécurité.

Le président de la commission de l’UEMOA, Abdallah Boureima, au cours de son face-à-face avec la presse au siège de l’organisation à Ouagadougou ce 10 janvier 2020

10 janvier 1994- 10 janvier 2020. Cela fait vingt-six ans qu’a été créée l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). A l’occasion de ce 26e anniversaire de l’UEMOA, le président de la commission, Abdallah Boureima, a animé un point de presse ce vendredi 10 janvier 2020 à Ouagadougou, siège de l’organisation régionale. Au menu de ces échanges du président Abdallah avec les journalistes venus des 4 coins de l’Union, 3 points essentiels :

-le bilan de la célébration du 25ème  anniversaire de l’UEMOA ;

– le bilan de l’édition 2019 de la 5ème  édition de la Revue annuelle des réformes, politiques, programmes et projets communautaires ;

– les conclusions de la session extraordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement du 03 décembre 2019.

300 milliards de francs CFA d’investissements socioéconomiques

Le président de la commission de l’UEMOA, Abdallah Boureima, l’a assuré. L’Union économique et monétaire ouest-africaine se porte bien. Ainsi plus de 300 milliards de francs CFA ont été investis dans plusieurs projets qui concernent entre autres les secteurs économique, social et culturel.

A l’écouter, les progrès réalisés par l’UEMOA  ne se mesurent pas seulement en termes d’investissements financiers. Ces importants investissements financiers sont le résultat de la mise en œuvre  satisfaisante des réformes du pacte de convergence, comme cela ressort dans le bilan de la revue annuelle des réformes politiques, programmes et projets.

«Ainsi le taux moyen de mise en œuvre est ressorti au niveau communautaire à 74% contre 69% en 2018 et 62% en 2017, soit une progression de 12  points de pourcentage entre 2017 et 2019. Ce niveau de performance est surtout imputable aux efforts remarquables fournis par l’ensemble des Etats membres en matière de conduite des réformes sectorielles dont le taux moyen de mise en œuvre se situe à 76% en 2019 contre 73% en 2018».

«La lutte pour la sécurité passe par la lutte pour le développement»

Des journalistes attentifs au message délivré par Abdallah Boureima à l’occasion du 26e anniversaire de l’UEMOA

La présente conférence de presse a été l’occasion pour le président de la commission de l’UEMOA de réaffirmer l’engagement de l’organisation régionale en faveur de la lutte contre l’insécurité, le terrorisme qui frappe depuis quelques années les pays du Sahel. A l’entendre, ces zones de l’Union sont aujourd’hui en proie au terrorisme parce qu’elles n’ont pas bénéficié par le passé d’infrastructures de base à même de favoriser leur développement de sorte qu’elles sont devenues des  terreaux fertiles au recrutement des groupes terroristes.

Pour lui, la lutte pour la sécurité et contre le terrorisme au sein de l’Union passe par la lutte pour le développement, c’est-à-dire plus d’investissements en faveur du développement socioéconomique dans les zones concernées. Et de réaffirmer l’engagement de l’UEMOA sur la question, rappelant l’acte allant dans ce sens posé le 3 décembre 2019 à Dakar, au Sénégal, lors de la session extraordinaire de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union. Il s’agit de la décision des chefs d’Etat de contribuer de façon urgente au financement à hauteur de 100 millions de dollars US à la lutte contre le terrorisme au profit des 3 pays membres (Burkina Faso, Mali, Niger) touchés directement par le phénomène.

«Cette contribution s’inscrit dans le cadre de l’engagement pris par l’UEMOA pour participer à hauteur de 500 millions de dollars US au financement du plan d’action de la CEDEAO pour lutter contre le terrorisme dans l’espace CEDEAO sur la période 2020-2024».

«La commission en phase avec la présidence en exercice de l’UEMOA »

Le président de la commission a réaffirmé l’engagement de son institution en faveur du développement des populations des pays membres

Actualité oblige, la question du franc CFA, sa future mutation en ECO s’est invitée aux échanges. Aux confrères qui ont indiqué que l’UEMOA n’avait pas été entendue sur le sujet ; Abdallah Boureima a affirmé le contraire, les exhortant à se référer aux différentes sorties sur la question du président Alassane Ouattara, président en exercice de l’UEMOA. « Et que la commission qu’il dirige est en phase avec la position de la présidence en exercice de l’UEMOA».

Pour ce qui est de la date de mise en circulation de l’ECO, le président de la commission a prôné la patience. «Attendez au moins juin 2020 pour savoir ce que les chefs d’Etat vont décider».

Et de souligner les progrès énormes enregistrés dans la marche vers la monnaie unique régionale (ECO) ces dernières années alors que le processus, débuté en 1987 et qui devrait aboutir d’abord en 2000, ensuite en 2005 et 2010, a été plusieurs fois reporté.

A l’écouter, les choses se sont accélérées à partir de 2013-14  avec notamment l’abandon du projet de constitution d’une seconde zone monétaire anglophone et la décision d’aller directement à l’ECO. Cette nouvelle dynamique a ainsi culminé le 29 décembre dernier avec l’annonce du passage à l’ECO à partir de 2020.

«Sur la question de l’ECO, les pays de l’UEMOA sont à l’aise d’autant plus qu’ils ont déjà satisfait à l’exigence des critères de convergence pour y aller», a assuré Abdallah Boureima.

«La question de la fermeture des frontières nigérianes gérée au plus haut niveau»

Des commissaires et responsables de départements de la commission de l’UEMOA étaient aux côtés d’Abdallah Boureima pour la présente conférence de presse

Outre la question du terrorisme, certains pays de l’UEMOA, en l’occurrence le Bénin et le Niger souffrent énormément de la décision du Nigéria de fermer unilatéralement ses frontières avec ces 2 pays pour combattre la contrebande. «Que fait l’UEMOA pour la résolution de cette crise afin de soulager les populations béninoises et nigériennes ?», question d’un confrère togolais.

Cela constitue une grande préoccupation pour l’UEMOA, a indiqué Abdallah Boureima. Mais, que s’il n’en a pas parlé, c’est que la question est gérée à un plus haut niveau à l’UEMOA et à la CEDEAO.

Autre question importante à laquelle s’est voulu rassurant  le président de la commission de l’UEMOA : la libre-circulation des personnes et des biens mise en mal dans certains pays avec la montée de l’insécurité. En effet, alors qu’auparavant le principe de contrôle des passagers sur les corridors de l’Union était le contrôle au départ et à l’arrivée ; maintenant avec l’insécurité des fouilles se sont multipliées sur les axes routiers.

Abdallah Boureima a dit noté lui aussi cette régression de la libre circulation des personnes et des biens dans l’espace communautaire dû aux périls sécuritaires. Mais, pour autant, a-t-il rassuré, la libre circulation des personnes et des biens au sein de l’Union restera un objectif prioritaire malgré les difficultés.

Des dispositions communautaires non encore appliquées

«C’est  pourquoi, cette question de la libre circulation des personnes et des biens, de l’intégration régionale a constitué le thème des activités de commémoration en 2018 du 25e anniversaire de la création de l’UEMOA », a-t-il soutenu. Et de dresser un bilan satisfaisant de ces activités commémoratives du 25e anniversaire qui ont connu dans les différents pays membres, la forte participation et adhésion des autorités et des populations.

Parlant des populations, le président de la commission de l’UEMOA dit avoir noté leur forte demande de l’esprit d’intégration, elles qui ont déjà dépassé les barrières à l’intégration qui existent encore au niveau des Etats membres.

En effet, malgré les progrès enregistrés ça et là depuis 1994 par les Etats membres de l’UEMOA, il reste encore d’importants efforts à consentir par eux par rapport notamment à la mise en œuvre  de certaines dispositions communautaires. Ces dispositions concernent justement la libre circulation des personnes et des biens et bien d’autres domaines comme la concurrence ; le droit d’établissements des professions libérales (docteurs vétérinaires, médecins, pharmaciens, chirurgiens-dentistes) ; l’égalité de traitement des étudiants ressortissants de l’Union en termes d’accès aux institutions publiques d’enseignement supérieur et l’instauration d’une période unique de tenue du baccalauréat.

Grégoire B. BAZIE

Burkina Demain

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