Samuel Kalkoumdo, président du Mouvement pour la culture de la paix et l’amour de la patrie (MPAP)

Par ces temps-ci, tous les efforts concourant à la paix doivent converger vers la lutte contre la pandémie du coronavirus. «Nous sommes en guerre», avait martelé le président français Emmanuel Macron dans un de ses discours à la Nation hexagonale. Au Burkina Faso, s’il y a quelqu’un qui partage cette vision des choses, c’est bien Samuel Kalkoumdo, président du Mouvement pour la culture de la paix et l’amour de la patrie (MPAP). Lui qui considère aussi le Covid-19 comme une forme de guerre, «plusieurs pays ayant déclaré l’état d’urgence et la tranquillité ne caractérisant plus l’humanité».

La paix est-elle aujourd’hui plus menacée avec le Coronavirus qu’hier ? Quelle appréciation fait-il du dernier discours du président du Faso annonçant des mesures sociales et de relance économique ? Comment est né le MPAP ? Quels sont ses objectifs et pour quel impact ?  Ce sont entre autres les questions auxquelles répond l’économiste ‘’pacifiste’’, inspecteur des impôts et consultant à Elite Conseil International. Entretien exclusif.

Samuel Kalkoumdo, président du Mouvement pour la culture de la paix et l’amour de la patrie (MPAP), pense que l’on peut vaincre le Covid-19 dans l’union sacrée

Burkina Demain : Votre Mouvement œuvre pour la paix. Dites-nous, la paix est-elle aujourd’hui plus menacée avec le Coronavirus qu’hier ?

Samuel Kalkoumdo :   Pour moi, le Covid-19 est une autre forme de guerre. Comme l’a dit le président français Emmanuel Macron, «nous sommes en guerre contre le corona virus, Covid -19 ». En effet, il n’y a aucune tranquillité  au sein de l’humanité qui devrait caractériser une paix véritable ; plusieurs pays ont décrété l’Etat d’urgence avec toutes les mesures qui l’accompagnent.

Entre  Hommes on a suspendu la guerre armée. Car, l’humanité toute entière est préoccupée à résoudre le problème qui cause tant de morts mais qu’on ne maitrise pas parfaitement à l’état actuel.

Pour vaincre cet ennemi nouveau, à l’instar du terrorisme, il faut l’union sacrée des fils, filles et amis du Burkina. Il faut la solidarité et impérativement la discipline au niveau de la population et la rigueur au niveau de l’Etat.

Le Covid-19 est-il un facteur de pacification ou d’exacerbation des tensions, que ce soit au niveau national ou niveau international ?

Je trouve que cette maladie est venue rappeler l’importance de la solidarité, la nécessité de l’union des nations et des peuples, et rappeler à l’Homme le devoir d’être humble. Entre Hommes, on a suspendu la guerre armée. Car, l’humanité toute entière est préoccupée à résoudre le problème qui cause tant de morts mais qu’on ne maîtrise pas parfaitement à l’état actuel. Le Covid-19 est une guerre, certes. Mais, il n’est pas invincible.

Pour vaincre cet ennemi nouveau, à l’instar du terrorisme, il faut l’union sacrée des fils, filles et amis du Burkina. Il faut la solidarité et impérativement la discipline au niveau de la population et la rigueur au niveau de l’Etat.

Le Covid-19 est-il un facteur de pacification ou d’exacerbation des tensions, que ce soit au niveau national ou niveau international ?

Cette maladie est venue rappeler l’importance de la solidarité, la nécessité de l’union des nations et des peuples, et rappeler à l’Homme le devoir d’être humble ; cette maladie devrait apaiser les tensions sociales et l’esprit de haine et de guerre.

En principe, Covid-19 est un facteur de pacification tant au niveau interne qu’international. A part, bien sûr l’hydre terroriste qui est le fait d’hommes sans foi ni loi, n’ayant aucune considération pour la vie humaine.

Beaucoup évoquent l’hypothèse d’un nouvel ordre mondial au sortir de cette crise du Coronavirus. A votre entendement, cela est-il possible ?

Tout est possible, au regard de la panique et la psychose vécue au niveau des grandes puissances, du sursaut patriotique au niveau de la jeunesse africaine et de la maîtrise du Covid-19 par la Chine, berceau de cette maladie mais qui vient en secours aux autres pays du monde tant en matériel qu’en expertise.

Comment voyez-vous déjà ce nouvel mondial ?

N’étant pas un spécialiste en la matière, on attend de voir. En tout état de cause, un nouvel ordre mondial  est annoncé avec une hégémonie de la Chine qui risquerait de devenir la première puissance économique du monde.

En Afrique, la jeunesse consciente mettra toujours la pression sur les dirigeants pour ne plus accepter l’injustice ni l’humiliation des anciennes puissances coloniales. Par ailleurs, des infrastructures sanitaires de haute standing seraient construits par les africains, pour limiter les évacuations sanitaires en Europe.

Quelles sont les missions et objectifs de votre Mouvement ?

Le Mouvement pour la culture de la Paix et l’Amour de la Patrie (MPAP) est une association apolitique qui a pour objectif principal de contribuer de manière significative à la culture et à la promotion de la paix et l’Amour de la patrie dans les esprits des peuples.

Les missions spécifiques sont entre autres :

-promouvoir la cohésion    sociale et le vivre ensemble ;

-contribuer à faire  de la Paix un capital commun pour toutes les nations ;

-participer à la lutte contre l’incivisme, la corruption et la précarité dans tous leurs aspects ;

-lutter contre l’extrémisme violent ;

-impliquer les femmes dans les actions de développement ;

-encourager l’auto-emploi par la mise en place de projets socio-économiques ;

-cultiver l’union entre les Hommes pour  un développement stable et radieux à travers la promotion des droits humains

A en croire son président, Samuel Kalkoumdo, le MPAP suscite un réel engouement auprès des Burkinabè

 Comme vous est venue l’idée de lancer le MPAP ?

Au lendemain de l’insurrection des 30 et 31 octobre 2014, nous avons constaté que la cohésion sociale et le vivre ensemble sont mises à mal et l’incivisme va grandissant.

Tous ces constats réunis, alliés aux conflits communautaires et au terrorisme ne pouvaient pas favoriser le développement du Burkina Faso pour le bonheur de la population actuelle et de la génération future.

C’est pourquoi, avec des amis nous avons eu l’idée de créer le mouvement pour apporter notre contribution à la construction d’un Burkina Faso  stable, prospère, uni pour l’épanouissement de la population actuelle et le bonheur de la génération future.

 

Y-a-t-il un engouement des Burkinabè pour le MPAP ?

La satisfaction totale que je ressens, c’est justement l’engouement des Burkinabè. En effet, le mouvement a la caution morale de toutes les autorités coutumières, religieuses et administratives de toutes les treize régions du Burkina. La preuve est que dans chaque région, le lancement régional du MPAP  a toujours été entièrement cautionné et soutenu par ces autorités qui d’ailleurs n’ont ménagé aucun effort pour être présentes ou représentées à Ouagadougou  le 30 mars 2019.

Comptez-vous combien de membres aujourd’hui et dans quelles régions du pays êtes-vous représentés ?

Le MPAP compte environ trois mille 3 000 membres actifs composés de plus de 80% de jeunes (ce sont les membres inscrits avec leurs contacts). Le mouvement est présent dans les treize régions du Burkina Faso à travers des coordinations régionales et une coordination à Yopougon en république de Côte d’Ivoire.

Vous avez parlé d’engouement, est-ce que ce n’est pas du folklore tout ça ?

Il ne s’agit surtout pas du folklore. En effet, c’est un travail de fond qui est fait. C’est la communication sincère et convaincante qui motive cet engouement. Les gens souscrivent à la noblesse des idées du MPAP et à la sincérité et la conviction des acteurs qui composent le mouvement.

Mais, avez-vous constaté un changement de comportements chez les jeunes ou les populations dans les zones où vous intervenez parce que beaucoup continuent de qualifier les Burkinabè post-insurrectionnels de personnes indisciplinées, intolérantes et  peu respectueuses de l’autorité…

Il faut reconnaître qu’il faut la conjugaison des efforts à tous les niveaux. Par ailleurs, c’est un travail de longue durée pour impacter. Le changement au niveau de nos membres est nécessaire pour impacter positivement sur le reste de la population. Le MPAP travaille à réussir ce pari.

Rencontrez-vous d’autres difficultés ?

Le fait que le mouvement est apolitique, on a beaucoup de difficultés pour financer nos projets. En effet, le MPAP dispose d’une banque de plus de dix projets dont la mise en œuvre permettrait d’apporter une contribution significative à la construction d’un Burkina Faso stable et radieux.

Malgré tout, le MPAP a des perspectives….

Bien sûr !!! Déjà dans le cadre de la lutte contre le Covid-19, le MPAP est en train de rechercher des partenaires pour la mise en œuvre de son projet « FAANGRE » qui vise à venir en aide aux personnes vulnérables et dans les villes et agglomérations mises en quarantaine.

Après la disparition de cette maladie qui a ébranlé le monde, le MPAP va mettre en œuvre les autres projets qui sont inscrits dans un programme quinquennal.

Quelles sont les solutions que préconise votre Mouvement pour la paix et le patriotisme au Burkina Faso ?

Le MPAP travaille en collaboration avec le HRCUN, le médiateur du Faso, le ministère en charge des droits humains, le ministère en charge de la jeunesse, le MBDHP, et d’autres structures dans le cadre de la recherche de la paix, de la cohésion sociale et de l’union entre les filles et les fils du Burkina Faso.

Par ailleurs, en plus des activités que l’association mène permanemment, le MPAP compte mettre en place des clubs de paix dans les écoles et des paillotes de paix dans les villages afin d’étouffer les crises avant qu’elles ne se transforment pas en conflits ou pour résoudre pacifiquement les conflits.

Enfin, la plupart des projets du MPAP visent la culture de la tolérance, la lutte contre l’extrémisme violent  de même que la mise en marche de projets socio-économiques pour favoriser la construction d’une nation forte, unie et prospère.

Le Président du Faso s’est adressé ce jeudi à la Nation. Quelle appréciation faites-vous de son intervention qui était très attendue ?

Le président du Faso a été réaliste et a fait des propositions qui, si elles sont réalisées, pourraient soulager un tant soit peu les populations en quarantaine.

Toutefois, j’aurais voulu qu’il fasse un clin d’œil au mouvement syndical en décidant d’une suspension de la nouvelle loi sur l’IUTS et en instruisant de procéder au remboursement des salaires suspendus ou coupés injustement.

                                                                                                                                                                          

 Le secteur des impôts dans lequel vous évoluez professionnellement, est affecté avec une baisse des recettes. Est-ce que le Plan Marshall de 394 milliards de francs CFA annoncé par le président Kaboré, permettra-t-il véritablement de faire face aux défis sociaux et de relancer la machine économique du pays ?

J’ai apprécié le président du Faso à cause de la sincérité dans sa déclaration. Il a été assez clair quant aux insuffisances des ressources financières. En effet, la crise sociale liée à l’imposition des indemnités du secteur public à l’IUTS et l’avènement de cette maladie entrainant l’inactivité des services de recouvrement, vont impacter négativement sur le budget de l’Etat.

C’est pourquoi le président du Faso appelle à la solidarité nationale et internationale pour le plan de riposte de 394 milliards ; qui d’ailleurs n’était pas suffisant pour satisfaire les besoins réels de la population.

Nous pensons néanmoins que si le budget de ce plan de riposte est bouclé, cela faciliterait le début de la relance économique et permettrait à des personnes vulnérables de tenir le coup.

Entretien réalisé par Martial Gouba

Burkina Demain

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