Carole Sanhouidi est directrice générale de femfaso

Le sourire facile, l’air débonnaire, Carole Sanhouidi est l’une des valeurs sures de l’artisanat burkinabè. En effet, derrière son air de jeune dame timide se cache une véritable amazone de l’artisanat aux grandes idées novatrices et progressistes. Certes, elle parle peu et est au prompte au sourire, mais elle a valu et vaudra certainement encore des lauriers à notre pays.

Carole Sanhouidi, directrice générale de femfaso, posant dans sa boutique de Dassasgho

Venue dans le métier il y a une huitaine d’années par son amour pour l’art, Carole Sanhouidi (35 ans) fait figure, aujourd’hui, de valeur sure de l’artisanat burkinabè, elle qui a déjà à son actif plusieurs fructueuses participations à des évènements majeurs aussi bien au niveau national qu’international dont le Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO). En effet, derrière son air de jeune dame timide et débonnaire se cache une véritable amazone de l’artisanat aux grandes idées novatrices et progressistes.

Son entreprise, femfaso, est un véritable laboratoire qui ne cesse de mettre sur le marché de nouveaux produits artisanaux modernes reflétant notre culture et adaptés à nos réalités, aux besoins de sa clientèle.

Véritable tribune de promotion de sa marque

femfaso dont Carole est la promotrice, est spécialisée dans la fabrication des objets du décor intérieur des édifices, avec déjà de divers articles fabriqués à base de produits locaux. Coussins de fauteuils, nappes et sets de tables, rideaux, boîtes à mouchoirs, sacs à main, bref, rien n’échappe au génie de l’artiste Sahouidi dont  la créativité, la combativité, les qualités d’entrepreneuse moderne forcent l’admiration chez plus d’un. «Je l’ai vue à l’œuvre à l’international et je peux dire qu’à la voir initier une telle idée au pays, je ne peux que la prêter mon épaule», a confié Honoré Kietyeta, directeur général de l’Agence de financement et de promotion des petites et moyennes entreprises (AFP/PME).

C’était le 25 juin dernier lors de l’inauguration de la boutique femfaso à son siège à Dassasgho-Zone I, dans l’arrondissement 10 de Ouagadougou. Inauguration intervenue, faut-il le rappeler, en marge des 72 heures de FemFaso qui a été une véritable vitrine pour la promotion de la marque femfaso dans un contexte de relance post-Covid 19.

«Par l’ouverture du Showroom, je veux mettre en lumière mes créations. Il faut qu’au Burkina Faso, le secteur artistique soit valorisé», a indiqué la directrice générale de femfaso.

Actrice de «Made in Burkina»

L’amazone Sahouidi bien entourée par des collaboratrice à l’occasion de la Tabaski

C’est avec un personnel comprenant 5 permanents, une quinzaine de partenaires (tisseuses) et autres travailleurs dans les ateliers que la jeune entreprise arrive à mettre sur le marché la gamme de produits artisanaux de qualité et exportables à l’international.

Carole Sanhouidi, avec tout ce que produit femfaso comme articles de qualité, est sans conteste une actrice à part entière de la promotion, de la valorisation du «Made in Burkina», du concept même de «consommons Burkinabè » dans le secteur de l’artisanat. Ce qui lui vaut d’être membre du très restreint Groupe des exportateurs des produits artisanaux (GEPA) reçu en audience le 9 juillet dernier par le ministre de l’artisanat Harouna Kaboré.

A ce titre, femfaso pourrait encore, à la prochaine édition du SIAO, valoir des lauriers au pays après l’édition de 2018. L’édition 2016, une première pour l’entreprise, ayant été celle de la découverte et de l’apprentissage.

L’impact de la Covid-19 en passe d’être surmonté

Carole Sanhouidi, une valeur sure de l’artisanat burkinabè

A l’instar des autres acteurs du secteur, femfaso a été aussi impactée par les restrictions imposées par la pandémie à Coronavirus.  «Le Covid-19 a impacté négativement nos activités car nos commandes institutionnelles ont baissé par le fait que les activités sont pour la plupart du temps organisées virtuellement», confie la directrice générale.

Mais, cette crise sanitaire a été aussi une opportunité pour Carole Sahouidi d’apprendre à utiliser efficacement les réseaux sociaux et de pouvoir vendre en ligne.

«A l’heure du digital, une grande partie de nos clients sont sur les réseaux sociaux. Cette communication permet de se faire connaître et de vendre en ligne avec notamment notre présence sur Facebook, WhatsApp Instagram», explique-t-elle.

Et de porter ce conseil : «De nos jours les réseaux sociaux sont une grande opportunité pour lancer facilement un business mais il faut respecter certains codes comme définir sa cible clientèle, avoir des visuels et des contenus de qualité qui vont attirer les internautes».

En utilisant dans le bon sens  les réseaux sociaux et en reprenant de fort belle manière  l’initiative de la promotion de ses produits avec notamment les 72 heures qui auront été un franc succès –«Les 72 heures ont été  globalement  positives car pour une première édition nos objectifs ont été atteints, à savoir  faire connaître notre boutique et renouer avec la clientèle, afin de redynamiser notre activité et booster nos ventes»- ; femfaso est visiblement en passe de surmonter l’impact de la Covid-19.

Vers de nouveaux produits et services

femfaso entend maintenir, à écouter sa directrice générale, le cap de l’innovation et d’offrir plus à la communauté.  «Nos défis après les 72 heures, c’est de pouvoir améliorer davantage la communication et  proposer de nouveaux produits à nos clients, à nos communautés».

Dans cette perspective, femfaso est sur le point de faire dans la formation, l’initiation des tout-petits. Ainsi, elle envisage un spécial camp vacances pour les enfants de 8 à 18 ans dans la belle cité de Sya du 9 au 13 août 2021. Objectif : initier les participants à la fabrication des accessoires, au batik et au slam. femfaso œuvre ici utilement pour l’avenir. Car, Si «Demain n’appartient à personne», comme l’a dit quelqu’un ; il semble plus appartenir aux enfants qu’aux parents.

Martin Philippe

Burkina Demain

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