Fraternelles et cordiales retrouvailles entre les présidents Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo ce mardi 27 juillet 2021

L’historique rencontre de ce mardi 27 juillet entre le président Alassane Ouattara et son prédécesseur Laurent Gbagbo suscite d’immenses espoirs en termes de réconciliation entre Ivoiriens après cette meurtrière crise post-électorale de 2011.Ces légitimes espoirs sont dans une certaine mesure comparables à ceux qu’avaient déjà éprouvés les Ivoiriens et leurs amis au lendemain de la grandiose cérémonie de la flamme de la paix de Bouaké de juillet 2007 dont le quatorzième anniversaire aura lieu le 31 juillet prochain.

Fraternelles et cordiales retrouvailles entre les présidents Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo ce mardi 27 juillet 2021

Certes, ce mardi, lors de la rencontre Ouattara-Gbagbo, les deux protagonistes ont parlé de libération de prisonniers, de réconciliation ; mais, in fine, c’est bien du retour de la paix en Côte d’Ivoire qu’il est question. Comme c’était déjà le cas lors de la cérémonie de la paix de juillet 2007 à Bouaké qui avait vu côte-à-côte Laurent Gbagbo, alors président du pays et Guillaume Soro, chef des rebelles agissant au compte d’Alassane Ouattara, mettre le feu aux armes ayant servi à la guerre fratricide du milieu des années 2000.

L’ombre de la flamme de la paix de juillet 2007

C’était le 31 juillet 2007 à Bouaké lors de la cérémonie de la flamme de la paix

C’était en présence de nombreux chefs d’Etat de l’époque, à savoir Blaise Compaoré du Burkina, Amadou Toumani Touré du Mali, Yayi Boni du Bénin, Faure Gnassingbé du Togo, Nino Viera de la Guinée Bissau, et Thabo Mbeki de l’Afrique du Sud.

La suite de cette histoire, on la connaît : les résultats de la présidentielle de 2010 en faveur d’Alassane Ouattara, seront contestés par le camp du président sortant Laurent Gbagbo. Cette crise post-électorale va plonger la Côte d’Ivoire dans des violences meurtrières qui ont fait quelques 3 000 morts.

Alassane Ouattara avait fini par s’installer sur le fauteuil présidentiel pendant que Laurent Gbagbo prenait la direction de la Haye pour un séjour d’une dizaine d’années. Cette crise de 2010 n’était d’ailleurs pas la dernière, puisqu’il y a eu aussi celle de 2020, où était absent Laurent Gbagbo, du fait de son exil au Pays Bas.

«La paix, c’est un comportement»

Pour toutes ces raisons, il faut tout simplement souhaiter que les retrouvailles Ouattara – Gbagbo qui suscitent autant d’espoirs aujourd’hui chez les Ivoiriens, débouchent sur une paix durable et non sur une paix sur mesure, en fonction des calendriers et résultats électoraux. Pourvu que cela ne se termine pas comme la flamme de la Paix !

Pour ce faire, il est temps que tous les acteurs politiques ivoiriens se ressaisissent et tirent toutes les leçons de ses successives crises et s’engagent résolument en faveur de la paix durable.

«La paix, ce n’est pas un mot, mais un comportement», l’avait si bien dit le père de l’indépendance ivoirienne Félix Houphouët Boigny, de qui la plupart des leaders politiques du pays se réclament dans les discours.

Philippe Martin

Burkina Demain

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