La décision du Conseil constitutionnel de légitimer le pouvoir du président du MPR Paul Henri Sandaogo Damiba avec une cérémonie de prestation de serment prévue pour le 14 février, passe difficilement chez de nombreux acteurs.

‘’Entre les restaureurs, les défenseurs de l’état et les politiciens de métier, les chaudes empoignades s’annoncent mortelles. L’unité recherche et le compromis nécessaires pour vaincre les forces du mal risquent de voler en éclat’’, prédit le journaliste Dieudonné Soubeaga. ‘’On aura pu faire l’économie de la bagarre en perspective. Si la démocratie a échoué, on impose le régime d’exception en assumant toutes les conséquences. Mais vouloir d’une chose et de son contraire va prolonger la souffrance des masses populaires’’, a-t- il ajouté.

«Le Conseil Constitutionnel s’est décrédibilisé et a contribué définitivement à vider de sa substance le format démocratique dont il était le gardien», fulmine pour sa part, un autre confrère et non des moindres, Newton Ahmed Barry, ancien président de la Commission électorale indépendante.

Le constitutionnaliste Abdoulaye Soma, lui, ne passe pas par 4 chemins pour parler d’‘’erreurs techniques qui compromettent tout maintenant’’. ‘’Par cette décision, le Conseil constitutionnel tue la Constitution. Le Conseil constitutionnel tue la démocratie. Le Conseil constitutionnel tue le droit constitutionnel, en même temps qu’il tue l’autorité du Conseil lui-même. Le Conseil constitutionnel indique que le coup d’Etat est un autre mode constitutionnel et démocratique de dévolution des fonctions de Président du Faso. Comment peut-on faire ça !?’’, s’est indigné le Pr Soma.

Autant de tirs de barrage contre la constitutionnalisation du pouvoir Damiba qui suscitent des questions. Avait-on vraiment besoin de ce vernis constitutionnel pour légitimer le pouvoir du chef suprême du MPSR ? Cela contribuera-t-il à renforcer les actions de sécurisation du territoire national ou à pérenniser la clémence de la communauté internationale vis-à-vis du Burkina Faso ?

Christian Tas

Burkina Demain

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