Le président Henri Sandaogo Damiba entouré de ses deux prédécesseurs, les présidents Blaise Compaoré (à droite) et le président Jean-Baptiste Ouédraogo (à gauche)

A l’issue de la rencontre au sommet qu’il a eue ce vendredi 8 juillet 2022 avec ses prédécesseurs, notamment les présidents Blaise Compaoré et Jean Baptiste Ouédraogo, les présidents Kaboré, Kafando et Zida n’ayant pas pu être là ; le Président du Faso, le Lieutenant-Colonel Henri Dandaogo Damiba a fait cette Déclaration à la Nation dont nous vous proposons L’Intégralité.

Le présidents Damiba lors de son tête-à-tête avec les présidents Compaoré et Ouédraogo ce 8 juillet 2022 à Kosyam

«DÉCLARATION DU PRÉSIDENT DU FASO A L’ISSUE DE LA RENCONTRE AVEC LEURS EXCELLENCES LES ANCIENS CHEFS D’ETAT

L’initiative de la rencontre avec leurs Excellences les Anciens Chefs d’État poursuit un et unique objectif qui est la recherche de la cohésion sociale, au regard de la situation difficile que traverse notre chère Patrie le Burkina Faso.

En plus des efforts qui sont fournis par les Forces engagées et l’ensemble des Burkinabè contre le terrorisme, il nous est paru opportun d’examiner avec nos prédécesseurs les meilleures conditions qui pourront créer et forger une solide cohésion entre Burkinabè. Toute chose qui contribuera à renforcer et démultiplier nos chances de succès dans la lutte contre l’insécurité qui menace les fondements de notre cher pays.

Beaucoup de communications partisanes ont voulu dénaturer le sens et la portée de cette initiative.

L’urgence de la préservation de l’existence de notre Patrie commande une synergie d’actions qui ne nous autorise pas à nous donner le luxe de perdre le moindre temps dans la polémique

Cette rencontre au sommet, tenue sur la Terre de nos ancêtres et nulle part ailleurs, a porté principalement sur la recherche d’une paix durable pour notre pays.

Nous avons ainsi à l’occasion, formulé à l’endroit de nos prédécesseurs aux plus hautes fonctions de l’Etat, le profond vœu de les voir se mettre au-dessus de la mêlée pour mieux incarner les idéaux de l’ensemble de la Nation plus que tout autre.

Nous avons invité à cette rencontre, leurs Excellences Jean-Baptiste OUÉDRAOGO, Blaise COMPAORÉ, Michel KAFANDO, Yacouba Isaac ZIDA et Roch Marc Christian KABORE. Pour des raisons de santé, le Président Michel KAFANDO n’a pas pu participer. De même le Président Yacouba Isaac ZIDA n’a pu faire le déplacement pour des raisons administratives.

Le Président KABORE a, quant à lui, été physiquement empêché par un groupe d’individus de participer à la rencontre. Nous avons pris acte et nous l’invitons à ne pas se mettre en marge de la démarche en cours.

Aux Burkinabè qui se sont exprimés en défaveur de notre démarche nous leur disons que le processus n’est pas fait pour consacrer l’impunité mais pour contribuer à la recherche de solutions pour un Burkina Faso de paix et de cohésion sociale. Nous les appelons à mettre l’intérêt supérieur de la Nation au-dessus de toute considération politique et partisane.

Je saisis l’occasion, pour transmettre au nom de leurs Excellences les anciens Chefs d’État et à mon nom propre au Président Michel KAFANDO, qui nous a fait parvenir un message de soutien, nos vœux de prompte guérison.

A nos ainés qui ont pris part à cette concertation d’intérêt national, nous réitérons toutes nos gratitudes pour l’effort consenti. Nous sommes convaincus que c’est seulement dans la cohésion sociale et dans l’Unité que les Forces qui combattent le terrorisme davantage seront déterminées et auront plus de succès.

Des dispositions sont d’ores et déjà prises pour poursuivre en bilatéral les concertations avec les Anciens Chefs d’Etat qui n’ont pas pu participer à la présente rencontre et aussi pour accroitre davantage l’accompagnement des Burkinabè, toutes tendances confondues, à cette initiative de recherche d’alternatives pour la stabilisation du pays.

Que Dieu et les mânes de nos ancêtres bénissent le Burkina Faso.

Pour la Partie, nous vaincrons ensemble !»

Voici le Communiqué final de la Rencontre

«Communiqué de la rencontre des anciens présidents du Faso avec le Président Paul-Henri Sandaogo DAMIBA

Ouagadougou, le 8 juillet 2022 

A l’invitation du président du Faso, des anciens présidents du Faso se sont réunis dans l’urgence ce jour, 8 juillet 2022, autour du président Paul-Henri Sandaogo DAMIBA compte tenu de la situation très difficile et délicate que connaît notre pays.

Vous le savez déjà, cette rencontre a eu pour unique objet une concertation sur le péril commun qui nous menace jusqu’à notre existence. Même en tant que Nation, en tant qu’Etat.

Devant les affres sécuritaires que nous vivons aujourd’hui, tous s’interrogent ou reconnaissent le niveau d’échec de notre projet républicain, voire en tant que Nation ébranlée par l’insécurité vécue par nos compatriotes avec les déplacés internes en grand nombre, la souffrance extrême, les stigmatisations et autres divisions multiples qui compromettent notre socle ancestral, précieux héritage de ceux qui nous ont devancés dans la constitution des bornes de ce pays, d’abord voltaïque et burkinabè depuis.

Quand la violence armée pousse près de deux millions de nos compatriotes à fuir de chez eux pour trouver refuge ailleurs dans le pays, quand les terroristes tuent, pillent impunément nos compatriotes et que les survivants dépendent encore aujourd’hui largement de l’assistance humanitaire, reconquérir les territoires occupés, restaurer l’autorité de l’Etat est l’urgence absolue.

Aucune région de notre pays n’est épargnée. Et nous avons appris récemment que plus de la moitié de notre territoire est hors contrôle : c’est effrayant, c’est dramatique !

Le péril commun est déjà là même si certains ne le perçoivent pas encore suffisamment ! Prenons donc garde !

Un pays, un Etat, c’est d’abord un territoire !

Dans ce contexte si tragique, lourd de drame et de douleurs multiples, la cohésion, l’unité nationale et l’union des cœurs au sein des différents groupes communautaires pour une cohabitation pacifique est une nécessité absolue : ce sont des facilitateurs qui prennent cette reconquête territoriale tant recherchée.

Et c’est au dépassement des clivages politiques, générationnels, ethniques, religieux et autres croyances traditionnelles que nous parviendrons à rebâtir ensemble les fondements du pays dans un sursaut patriotique.

Evidemment, tous les anciens présidents n’ont pu répondre aujourd’hui à l’appel du Président du Faso pour diverses raisons. Mais nous comprenons qu’avec les technologies de l’information, l’espoir demeure que ceux d’entre nous qui sont absents de la rencontre d’aujourd’hui apporteront de précieux conseils au Président du Faso.

Le Président du Faso et son gouvernement ne manqueront certainement pas de vous apporter les informations utiles sur nos échanges d’aujourd’hui.

 

Les anciens présidents »

 

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