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RPP : Des exemplaires du Manifeste en version braille remis à des personnes en situation de handicap

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Le Groupe Interface SA a remis ce mardi 19 mai 2026 des exemplaires transcrits en braille du Manifeste de la Révolution Progressiste Populaire à l’Union Nationale des Associations Burkinabè pour la Promotion des Aveugles et Malvoyants (UN-ABPAM). Une contribution pour l’inclusion et la mémoire citoyenne, conformément aux orientations du Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, qui veulent que personne ne soit être «laissée au bas-côté de la route dans l’élan de notre Révolution Progressiste Populaire». Communiqué.

RÉVOLUTION PROGRESSISTE POPULAIRE : des exemplaires du Manifeste en version braille remis à des personnes en situation de handicap

(Ouagadougou, 19 mai 2026). C’est une action qui est en parfaite adéquation avec les orientations de Son Excellence le Capitaine Ibrahim TRAORÉ, Président du Faso, Chef de l’État : « Personne ne doit être laissée au bas-côté de la route dans l’élan de notre Révolution Progressiste Populaire ». Et le Groupe Interface SA a bien compris ce message en le matérialisant, ce mardi, par la remise d’exemplaires transcrits en braille du Manifeste de la Révolution Progressiste Populaire à l’Union Nationale des Associations Burkinabè pour la Promotion des Aveugles et Malvoyants (UN-ABPAM). Une contribution pour l’inclusion et la mémoire citoyenne.

Dans la salle de conférence de l’UN-ABPAM, l’émotion était palpable. Sous la plus grande attention des membres de l’union, élèves et étudiants, les doigts ont commencé à parcourir les points saillants de la « boussole » de la Révolution transcrite en braille. Ce geste, une initiative citoyenne du Groupe Interface SA, est une contribution pour la vulgarisation du Manifeste de la Révolution Progressiste Populaire.

Pour le représentant de l’Administrateur général du Groupe Interface SA, M. Lionel COMPAORÉ, l’acquisition en collaboration avec la Présidence du Faso et la mise à disposition du Manifeste de la RPP en braille s’inscrivent dans la volonté de l’entreprise d’accompagner le Chef de l’État, le Capitaine Ibrahim TRAORÉ, engagé dans une dynamique d’inclusion pour le succès de la Révolution burkinabè.

Briser les barrières de l’exclusion

Par cette remise d’exemplaires du Manifeste de la Révolution en alphabet braille, le Groupe Interface SA permet aux non-voyants les moyens de comprendre son contenu.

Selon le président de l’UN-ABPAM, M. Guy YAMÉOGO, cette remise est une réponse à leur préoccupation depuis le lancement du Manifeste de la Révolution Progressiste Populaire. « Nous sommes très fiers de recevoir ce document qui va nous aider à nous ancrer dans l’esprit de la révolution, nous guider à mieux nous engager pour accompagner notre Président », s’est-il réjoui, exemplaire du Manifeste sous la main.

Cette cérémonie rappelle que la Révolution Progressiste Populaire, se veut totale et inclusive. L’exemple donné par le Groupe Interface SA mérite d’être imité aussi bien pour la version en alphabet braille que pour les autres versions du Manifeste de la Révolution Progressiste Populaire, disponibles dans le circuit officiel des différents points de distribution à travers le territoire national, notamment les Gouvernorats et les représentations du journal Sidwaya. De nombreux établissements scolaires, universitaires et structures de formation professionnelle sont preneurs.

Direction de la communication de la Présidence du Faso »

Honneur à la civilisation béninoise avec Armand Pascal Aniambossou

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«Né le 27 août 1936 à Ouidah, au Bénin, Armand Pascal Aniambossou incarne une figure majeure de l’art africain contemporain. Sa trajectoire artistique, profondément ancrée dans une quête de sens et une exploration audacieuse des formes, lui a permis de devenir le maître incontesté du «forcubisme », un langage pictural qu’il a inventé. Cette démarche originale fusionne l’abstraction cubiste européenne avec les symboles, les rythmes et les cosmogonies de l’Afrique noire, donnant naissance à une esthétique inédite et profondément signifiante. Issu d’une famille commerçante, il grandit dans l’atmosphère mystique et syncrétique d’Ouidah, ville historique du Bénin, berceau de la culture vaudou…. ». Yé Lassina Coulibaly lui rend ici un vibrant hommage. Lisez plutôt !

«Honneur à la civilisation béninoise : tradition, culture et science.

Au Bénin, terre où chaque peuple apporte ses mythes, ses gestes, ses masques. Ô toi, passant distrait, crois-tu qu’il ne s’agisse là que d’ornements, de couleurs vives jetées pour flatter les yeux ? Non point ! Mille fois non ! Ces bois sculptés, ces bronzes fondus, ces étoffes tissées sont des paroles visibles, des lois murmurées, des mémoires inscrites dans la matière. Ils sont des archives vivantes d’une sagesse qui précède les livres. Et les enfants, assis au seuil de la cour familiale, boivent ces récits comme une première nourriture de l’âme, lait symbolique qui forge leur conscience.

Ecoutons le Sage:  » Vous vous imaginez que ces masques immobiles se taisent ? Erreur ! Qu’un masque traverse la place, et voilà tout le village saisi de silence. Car sous ce bois peint, ce n’est plus un voisin ordinaire : c’est l’ancêtre qui revient, juge invisible qui suspend les querelles et commande la révérence. » Là se joue une grande métamorphose : l’homme devient spectre, le spectre devient maître, et le peuple entier s’incline. L’enfant, attentif, apprend dès lors sa première leçon de philosophie : que tout n’est pas visible, et que la réalité se révèle souvent autre que ce que l’œil contemple.

Réfléchissons donc. Bois, métal, chant, danse, étoffe : ne vois-tu pas qu’ici s’élabore un langage plus subtil que tous les alphabets importés ? Le textile tissé inscrit les identités comme une écriture de couleurs. Le bronze, figé mais impérissable, proclame la mémoire des rois disparus. Le masque ne vit que par la mémoire des ancêtres et par la musique, et la musique ne respire qu’à travers le corps qui danse. Ainsi, costume, rythme et geste s’unissent comme les membres d’un seul organisme. L’enfant, qui s’essaie maladroitement à reproduire les pas de ses aînés, n’entre-t-il pas déjà dans la plus vaste des écoles : celle de l’art populaire et savant, où l’éducation se confond avec le jeu ?

Nulle discipline n’est plus réglée que ces spectacles. L’esprit des masques rappelle aux hommes l’autorité des ancêtres, la puissance des mères, veillent sur la cité plus sûrement que certains policiers modernes. Et les enfants, dans la foule, regardent, questionnent, imitent : leurs yeux s’ouvrent, leur mémoire s’imprime, leur conscience s’éveille. Quelle école, je vous le demande, plus efficace que ce théâtre vivant, où la philosophie se danse et où la civilisation se transmet sans manuel ?

Et la nature elle-même joue sa partition. La terre nourrit, puis reçoit les morts. L’eau relie les mondes, purifie et féconde. Le ciel dessine des calendriers que les prêtres lisent comme d’autres lisent une tragédie grecque. L’homme doit toujours rendre hommage avant de prendre : offrande à la terre avant de semer, chant au fleuve avant de pêcher. Voilà l’écologie première, sacrée, que nos savants modernes, tout occupés de chiffres, oublient trop souvent. L’enfant, en suivant ses parents au champ ou à la rivière, apprend ainsi que l’éducation n’est pas seulement affaire de bancs d’école, mais de gestes répétés, transmis de génération en génération.

La science assure qu’on peut exploiter sans rendre grâce !  Et voici la récolte qui se flétrit, le fleuve qui se retire, et nos doctes calculateurs de s’étonner. N’est-ce pas clair ? Quand le paysan béninois s’adresse aux esprits de la nature, il s’adresse surtout à sa conscience. Il enseigne à ses enfants que vivre, c’est toujours contracter une dette, et qu’apprendre, c’est d’abord reconnaître la limite.

Et parlons des femmes ! Certains, naïfs, les croiraient reléguées. Quelle erreur ! Elles règnent sur les marchés, conduisent des cultes, soignent par les plantes, et dans les Gelede leur puissance est célébrée en pleine place publique. Qui initie les enfants aux saveurs, aux contes, aux remèdes ? Elles encore. Les mères, les grand-mères, les sœurs aînées forment une armée invisible d’institutrices du quotidien. Chaque conte au crépuscule, chaque geste culinaire, chaque chant murmuré devient acte de transmission.

 

Ô vérité éclatante ! Laissez donc les femmes de côté, et aussitôt la maison s’écroule. Car sans elles, le foyer — première salle de classe — s’éteint. Au Bénin, elles gouvernent sans sceptre, mais avec des paniers et marmites, et forment des générations entières à survivre, marchander, croire.

Mais voici le drame de ce siècle : l’école moderne, les migrations, les lois importées bouleversent les transmissions. L’enfant, hier encore instruit au clair de lune, se retrouve aujourd’hui face au tableau noir. La science du guérisseur se heurte aux formules du laboratoire. Comment unir ces mondes sans profaner l’un ni renier l’autre ? Comment faire de l’enfant à la fois l’héritier de la tradition et le citoyen du monde globalisé ?

Le sage, avec ironie et lucidité: « Donnez-moi vos secrets, braves guérisseurs ! Je les transformerai en pilules dorées, et vos enfants n’en recueilleront que des miettes !  » Voilà le piège de notre époque. Les artisans, dépositaires de l’âme du peuple, vivent dans la précarité, et leurs enfants voient leur héritage menacé d’oubli. N’est-il pas urgent d’inventer une pièce nouvelle, intitulée L’École des Traditions, où ministres, maîtres d’école et villageois siégeraient ensemble, afin de sceller un pacte juste entre mémoire et modernité ?

Le conflit n’oppose pas tradition et progrès, mais mépris et reconnaissance. Si l’on respecte et protège, les masques continueront de parler, les chants de guider, les savoirs de guérir, et les enfants d’apprendre. Si l’on néglige, tout s’éteindra, comme un feu abandonné faute de bois.

Eh bien, jouons donc cette pièce de la mémoire ! Que le Bénin devienne scène, que les masques soient acteurs, que les femmes soient régentes, que les vieillards soient sages, que les enfants soient élèves, que les chants soient dialogues. Peuple de la terre et de l’eau, riez si vous voulez, pleurez si vous pouvez, mais surtout écoutez : c’est la tradition qui parle — et c’est peut-être la plus profonde des philosophies.

Digne fils du Bénin, Armand Pascal Aniambossou est une figure majeure de l’art contemporain africain, un peintre de renommée mondiale, un artiste entre deux monde qui a, par sa plume picturale, porté haut les valeurs culturelles de son pays.

Né le 27 août 1936 à Ouidah, au Bénin, Armand Pascal Aniambossou incarne une figure majeure de l’art africain contemporain. Sa trajectoire artistique, profondément ancrée dans une quête de sens et une exploration audacieuse des formes, lui a permis de devenir le maître incontesté du «forcubisme », un langage pictural qu’il a inventé. Cette démarche originale fusionne l’abstraction cubiste européenne avec les symboles, les rythmes et les cosmogonies de l’Afrique noire, donnant naissance à une esthétique inédite et profondément signifiante.

Issu d’une famille commerçante, il grandit dans l’atmosphère mystique et syncrétique d’Ouidah, ville historique du Bénin, berceau de la culture vaudou. Cette immersion dans un univers spirituel foisonnant nourrit son imaginaire et forge sa sensibilité artistique, lui offrant un terreau symbolique riche où s’entrelacent mythe, mémoire et ritualité. Après des études en France, il revient au Bénin en 1960, où il organise une série d’expositions soutenues par le président de l’époque. L’invitation à représenter le Dahomey (ancien nom du Bénin) à Berlin-Est en 1963, lors d’une exposition internationale, marque le début de sa reconnaissance sur la scène artistique mondiale et souligne la dimension transnationale de son œuvre.

Armand Pascal Aniambossou a marqué l’histoire de l’art avec ses deux courants picturaux majeurs : les Visages tourmentés, qui témoignent des épreuves et des drames auxquels les enfants d’Afrique sont confrontés depuis des siècles, et le Forcubisme, une réappropriation audacieuse du cubisme par ses créateurs originels, rajeuni, approfondi et perfectionné.

Le « Forcubisme » d’Aniambossou, véritable révolution esthétique, constitue une synthèse inédite entre le cubisme européen et les traditions artistiques africaines. Ses œuvres, caractérisées par des compositions dynamiques, des géométries fragmentées et une palette chromatique vibrante, explorent les thématiques de l’identité, de la mémoire collective et de la spiritualité. La virtuosité technique de l’artiste se conjugue à une capacité singulière à insuffler une présence vivante à chaque toile, conférant à ses créations une dimension à la fois théâtrale et subtilement délicate. Aniambossou, par sa maîtrise du geste pictural et de la couleur, s’affirme ainsi comme un maître coloriste capable de traduire visuellement les résonances intérieures de son héritage culturel.

La reconnaissance internationale d’Armand Pascal Aniambossou se traduit par des expositions dans des institutions prestigieuses à travers le monde. En Afrique, ses œuvres ont été présentées à la Fondation Zinsou à Cotonou, au Bénin, ainsi qu’à la Fondation Montresso à Marrakech, au Maroc. En Europe, Berlin l’accueille, et ses œuvres y sont acquises par des institutions telles que le Musée d’ethnologie, attestant de l’impact de sa démarche sur la scène artistique globale. Plus récemment, en 2025, l’exposition intitulée « Le Cubisme d’Aniambossou » organisée à la Rare Gallery à Paris a permis de révéler au public onze de ses dessins originaux, consolidant la mémoire vivante de son œuvre.

Armand Pascal Aniambossou est décédé le 24 janvier 2020, laissant derrière lui un corpus artistique d’une force expressive exceptionnelle. Son œuvre demeure un espace de rencontre entre l’Afrique et l’Europe, entre tradition et modernité, et continue d’inspirer artistes et amateurs d’art à travers le monde. Par son engagement, Aniambossou illustre la possibilité de transcender les frontières culturelles et de célébrer la richesse de l’identité africaine à travers un prisme esthétique universel, témoignage durable de la puissance créatrice de l’art.

Pour découvrir ses œuvres et approfondir son parcours, il est possible de consulter sa page sur Artmajeur.

Ainsi, que ce soit par l’art, la poésie ou l’engagement citoyen, chacun de nous peut contribuer à écrire le futur radieux de l’Afrique. L’action commence maintenant, et elle commence avec nous.

Son fils, le poète Alain Alfred Moutapam et l’artiste musicien Ye Lassina Coulibaly tissent une amitié dont la portée dépasse le simple lien personnel pour s’inscrire dans une dynamique culturelle et artistique profondément signifiante. Leur rencontre, survenue lors des obsèques du regretté journaliste Amobe Mevégué, fut le point de départ d’une relation fraternelle et créative, nourrie de respect mutuel et de valeurs partagées. Cette amitié, à la manière des dialogues de Cheikh Anta Diop, repose sur l’échange sincère, l’enrichissement réciproque et la quête inlassable de la vérité. Elle transcende le temps et l’espace, s’inscrivant dans cette tradition de complicité intellectuelle où la rencontre de deux esprits éclairés fait naître des œuvres qui portent la double empreinte de l’intime et de l’universel.

À l’instar du génie africain, maître de la critique sociale et de l’art de l’expression, cette relation se révèle sous le signe de l’exigence de sens et de beauté dans la création. Moutapam et Coulibaly observent le monde avec acuité et subtil humour, mettant en lumière les valeurs humaines essentielles et les contradictions de la société, tout en transmettant leurs réflexions par le prisme de leur art. L’alliance de la pensée de Cheikh Anta Diop et de ce style incisif se manifeste dans leur démarche : rigueur intellectuelle, exigence éthique et esthétique, mais également ouverture au dialogue et à l’altérité.

L’ancrage de leur travail dans les traditions africaines respectives leur confère une profondeur singulière. Leurs créations ne se limitent pas à de simples productions artistiques : elles deviennent des vecteurs de transmission culturelle et de mémoire collective. Leur ambition est de faire résonner les voix des ancêtres, d’inscrire dans la postérité les histoires, les valeurs et les sagesses de l’Afrique, tout en dialoguant avec les héritages universels de la pensée et de l’art. La collaboration de Moutapam et Coulibaly, soutenue par l’amitié et la mémoire de leur ami commun Amobe Mevégué, promet de générer des fruits artistiques capables de marquer leur époque et de nourrir l’histoire culturelle africaine pour les générations futures.

En définitive, cette rencontre entre amitié, art et valeurs humanistes illustre que la création, lorsqu’elle s’épanouit dans le respect mutuel et l’héritage partagé devient un acte profondément historique. À l’image de Cheikh Anta Diop et du génie africain, Moutapam et Coulibaly démontrent que l’amitié artistique peut devenir un creuset de culture, de sens et de beauté, transcendant le présent pour éclairer l’avenir.

Alain Alfred Moutapam est une figure singulière au carrefour du droit, de la culture et de la diplomatie. Juriste internationaliste de formation, il est titulaire d’une maîtrise en droit obtenue à l’Université de Metz, ainsi que d’un diplôme de troisième cycle en fonction publique internationale, option Culture et Développement, délivré par l’École des Hautes études internationales de Paris. Ces solides bases académiques lui ont permis de développer une vision globale et transversale des enjeux juridiques, institutionnels et culturels qui façonnent les relations internationales contemporaines.

Poète autant qu’intellectuel engagé, Alain Alfred Moutapam a su conjuguer rigueur juridique et sensibilité artistique. Sa plume s’inspire des réalités africaines et diasporiques, mais également des aspirations universelles de justice, de dignité et de reconnaissance. Son parcours illustre ainsi la possibilité d’un dialogue fécond entre droit et littérature, entre rationalité et imagination, entre action politique et création artistique.

Reconnu comme expert en diplomatie culturelle africaine, il s’est imposé comme l’un des artisans majeurs de la valorisation des identités et des patrimoines culturels du continent et de sa diaspora. Il figure notamment parmi les initiateurs de la Journée mondiale de la culture africaine et afrodescendante, adoptée par une large majorité des États membres des Nations Unies. Cet engagement témoigne de sa volonté de faire de la culture non seulement un vecteur de mémoire et de fierté, mais aussi un instrument de développement, de paix et de rapprochement entre les peuples.

Par son parcours et ses initiatives, Alain Alfred Moutapam illustre la figure de l’intellectuel moderne : à la fois enraciné dans son héritage africain et ouvert aux horizons internationaux. Son œuvre et son action contribuent à rappeler que la culture, loin d’être un simple ornement, constitue une force motrice pour l’avenir, un espace de dialogue interculturel et un socle pour un développement harmonieux.

Il dispose d’une solide et riche expérience dans le management des projets culturels, acquise à travers un parcours jalonné d’initiatives majeures et d’engagements constants. En qualité d’agent d’artistes peintres, il a su mettre en valeur et accompagner la carrière de créateurs, en favorisant leur visibilité et leur rayonnement sur la scène internationale. Parallèlement, il est le fondateur d’une organisation non gouvernementale dédiée à la promotion de la diplomatie culturelle et des industries créatives, perçues comme des leviers stratégiques pour le développement durable et l’épanouissement de l’Afrique.

Son expertise a été reconnue dès 2010, lorsqu’il participa activement en tant que membre du comité organisateur du prestigieux Festival mondial des arts nègres de Dakar, événement qui a marqué un tournant dans la valorisation des cultures africaines et de la diaspora. Dans le prolongement de cet engagement, il a été sollicité comme conférencier sur des thématiques cruciales telles que la diplomatie culturelle et les industries créatives envisagées comme de nouvelles voies pour favoriser le progrès et l’intégration de l’Afrique dans le concert des nations.

Sa voix et son expertise l’ont conduit à intervenir dans des instances de tout premier plan. Il a ainsi pris part à de nombreux colloques et rencontres internationales prestigieuses, notamment en France, à l’Assemblée nationale, au siège de l’Unesco à Paris, dans plusieurs municipalités françaises, ainsi qu’au Parlement européen à Bruxelles. Ses interventions, portées par sa double légitimité de poète et d’expert en diplomatie culturelle, lui ont permis d’articuler une réflexion originale et inspirante sur les enjeux liés au dialogue interculturel, à la diversité et à la création comme moteur de développement.

Dans cette dynamique, il a eu l’insigne honneur d’ouvrir, en novembre 2011, la célébration du 10e anniversaire de la Déclaration universelle de l’Unesco sur la diversité culturelle. À cette occasion, son poème emblématique intitulé Ma différence a été choisi pour marquer l’événement, suscitant une vive émotion dans l’assemblée. Ce moment fort témoigne non seulement de la reconnaissance internationale de son talent artistique, mais également de son rôle d’ambassadeur de la diversité et de la créativité dans le monde contemporain.

Il est des époques de l’histoire où le silence devient une trahison. Il est des temps sombres, dans la vie des peuples et des nations, où la voix du poète, de l’intellectuel et du militant se doit de rompre ses retraites intérieures, pour embrasser le tumulte du monde et porter haut, très haut, le cri de détresse, le cri de chagrin, mais aussi le cri d’espérance d’un peuple qui refuse de mourir.

Aujourd’hui, ce peuple, c’est le nôtre : le peuple africain. Ce peuple mutilé, trahi, dispersé, mais jamais vaincu. Comment ne pas rappeler, avec gravité et indignation, que le partage de l’Afrique opéré à Berlin en 1884-1885 fut, après le crime abominable de l’esclavage, du Code noir, et de toutes les autres barbaries coloniales, l’un des plus grands forfaits commis contre l’humanité noire ? Ce dépeçage méthodique de notre continent, décidé sans nous, contre nous, a érigé des frontières artificielles, séparé des peuples, brisé des dynamiques, et condamné des générations entières à vivre dans des républiques sans véritable souveraineté, constamment surveillées, manipulées et fragilisées

Depuis lors, l’Afrique est restée morcelée, affaiblie, dépendante ; et le quotidien de millions de ses enfants en porte encore les stigmates. Comment avancer, comment se développer, quand chaque pays est isolé, enfermé dans des carcans hérités de la colonisation, soumis à des logiques économiques et politiques qui perpétuent la dépendance vis-à-vis de l’agresseur d’hier ? Comment être souverains dans un monde où l’union fait la force, si nous persistons à demeurer divisés ?

Nos ancêtres nous ont pourtant enseigné que « l’intelligence collective est le chemin de la survie et de la grandeur ». Ce principe fondamental, qui procède de l’union des intelligences et des forces, fut celui qui fit naître jadis les grandes civilisations africaines : du Kemet pharaonique aux royaumes du Mali, du

Songhaï et du Monomotapa. Ces empires antiques avaient compris que l’unité, la solidarité et la mise en commun des ressources et des savoirs étaient la clé de la puissance et de la prospérité.

Alors, pourquoi hésiter ? Pourquoi tarder ? Le temps est venu pour nous, Africains de tous horizons, du continent et des diasporas, de retrouver cette unité perdue. Il nous faut rassembler nos énergies, conjuguer nos intelligences, pour affronter avec courage et sérénité les innombrables défis que nous impose un monde impitoyable, dominé par des puissances prédatrices qui n’ont jamais cessé de lorgner sur nos richesses et de dicter nos destins.

L’unité de l’Afrique n’est pas une option. Elle est un impératif catégorique, une exigence historique. Elle doit être enseignée dans nos écoles, inscrite dans nos programmes, inculquée à nos enfants dès leurs premières années d’apprentissage, afin qu’ils grandissent avec la conscience que leur avenir dépend de la renaissance d’un continent uni et souverain.

Certes, nos malheurs trouvent en grande partie leur origine dans les agressions étrangères : traite négrière, colonisation, néocolonialisme, pillage systématique de nos ressources. Mais nous devons avoir l’honnêteté de reconnaître que l’avenir ne se construira pas uniquement en dénonçant les injustices du passé. Il appartient aux Africains d’aujourd’hui et de demain de penser, de rêver et surtout de créer les conditions concrètes des victoires futures.

Ces victoires passeront par la construction d’une Union africaine capable de garantir une souveraineté réelle, de protéger nos peuples, de valoriser nos richesses et de peser dignement dans le concert des nations. Mais elles passeront également par une profonde refondation de l’école africaine, afin qu’elle cesse d’être un simple outil de reproduction des schémas hérités de la colonisation et devienne enfin un creuset de renaissance, de créativité et d’émancipation. Car l’école est l’âme d’une nation, et sans une école africaine repensée pour servir les besoins et les aspirations du continent, il ne saurait y avoir de véritable indépendance.

L’Afrique est à la croisée des chemins. Soit nous persistons dans la voie de la division et de la dépendance, et nous serons condamnés à rester les éternels assistés du monde ; soit nous choisissons résolument la voie de l’unité, de la souveraineté et de la dignité, et alors nous pourrons offrir à nos enfants et aux enfants de leurs enfants une Afrique forte, respectée et respectueuse d’elle-même.

Oui, l’heure a sonné. L’Afrique doit se lever. L’Afrique doit s’unir. L’Afrique doit fédérer. Car de cette unité dépend non seulement notre survie, mais aussi notre renaissance, notre grandeur retrouvée, et la promesse d’un futur que nous devons bâtir de nos propres mains.

Vive l’Afrique unie ! Vive l’Union africaine qui vient !

L’école africaine nouvelle devra constituer, par excellence, le laboratoire vivant et le creuset de sédimentation d’un projet porteur d’espoir, rêvé et porté par les pères fondateurs de nos indépendances. Elle ne sera pas seulement un lieu de transmission des savoirs académiques, mais aussi et surtout un espace d’expérimentation, de réflexion critique et de création collective. Par la méthode, la sagesse et l’efficience, cette école nourrira la vision d’une Afrique réconciliée avec elle-même, consciente de son génie propre et résolument tournée vers l’avenir.

Dans ce sanctuaire du savoir et de l’action, les enfants d’Afrique apprendront très tôt à penser ensemble, s’organiser ensemble, travailler ensemble et bâtir ensemble. Dans cette perspective, l’éducation  ne sera donc pas une simple accumulation de connaissances, mais un véritable apprentissage de la solidarité, de la coopération et de l’intelligence collective. En redécouvrant la puissance de l’union et en expérimentant les fruits du travail commun, cette génération nouvelle donnera naissance à un type inédit d’Africains : des femmes et des hommes capables de hisser le continent à la hauteur des espérances de ceux qui, hier, ont rêvé et œuvré pour sa dignité et sa liberté.

Cependant, cette renaissance éducative et culturelle doit aller de pair avec une prise de conscience économique et géopolitique. Les économistes les plus avertis ne cessent de le rappeler : les richesses du sous-sol africain – pétrole, gaz, cobalt, lithium, terres rares, or et diamant – seront de plus en plus convoitées par les grandes puissances, obsédées par l’approvisionnement de leurs industries et par le maintien de leur suprématie mondiale. Dans ce contexte, l’Afrique ne peut plus se permettre d’être un simple réservoir de matières premières.

Il devient impératif que les Africains s’organisent sur tous les plans pour transformer et valoriser leurs propres ressources sur place, avant toute exportation. Ce choix stratégique sera le point de départ d’une souveraineté économique réelle. Mais au-delà de l’économie, il s’agit d’ériger un bouclier global : élaborer des stratégies politiques, diplomatiques, économiques, technologiques et militaires qui permettront au continent de résister aux pressions extérieures, de réduire sa dépendance et d’affirmer son autonomie.

Car l’enjeu est clair : l’Afrique a l’impérieuse obligation de reconquérir sa souveraineté dans toutes ses dimensions — politique, économique, culturelle, spirituelle et monétaire. Sans cette reconquête, le rêve d’union africaine restera une utopie inachevée. Avec elle, en revanche, l’Afrique pourra enfin s’asseoir à la table des nations comme une puissance respectée, libre de ses choix et maîtresse de son destin.

Depuis plusieurs siècles, l’Afrique subit de manière continue les contrecoups de son dépouillement historique. La perte de son initiative politique, culturelle et économique a commencé avec les grandes vagues d’agressions extérieures : les invasions perses, arabes, romaines, puis les conquêtes et colonisations européennes. Aujourd’hui encore, ce processus se perpétue sous des formes nouvelles, plus insidieuses, à travers l’emprise des multinationales et des logiques économiques mondialisées qui maintiennent le continent dans unedépendance structurelle. Ainsi, l’Afrique n’a pas encore retrouvé la pleine capacité de décider librement de son destin, de tracer l’avenir de ses enfants et de bâtir un projet continental affranchi des tutelles étrangères.

 

 

Face à cette situation, une interrogation fondamentale s’impose : ceux qui, aujourd’hui, portent la lourde responsabilité de conduire nos Républiques disposent-ils réellement des moyens à la hauteur de la mission qui leur incombe ? Sont-ils en mesure de répondre aux défis immenses que leur confient leurs peuples ?

Or, dans nombre de nos pays, la réalité des faits est implacable, les indicateurs sont alarmants : fragilité institutionnelle, pauvreté endémique, services publics délabrés, absence de perspectives pour la jeunesse, le tout aggravé par les attaques répétées des groupes terroristes qui ensanglantent nombres de nations.

Devant l’ampleur de ces menaces, il apparaît urgent de penser et de mettre en œuvre une globalisation des stratégies et une mutualisation des forces. Les défis sécuritaires, économiques et politiques dépassent désormais les frontières nationales. Ils exigent des réponses coordonnées, solidaires et fermes, capables de contrer les influences extérieures hostiles qui instrumentalisent nos fragilités pour mieux perpétuer l’assujettissement de l’Afrique.

En définitive, face à une pauvreté généralisée, à une insécurité persistante et à la désillusion croissante des populations, une vérité douloureuse s’impose : un changement de mode de gouvernance ainsi que l’urgence d’un nouveau leadership prenant en compte les aspirations profondes des peuples africains, et animé par une vision claire de libération, d’unité et de souveraineté véritable, s’impose. Dans ce contexte, Ceux qui détiendraient les leviers du pouvoir -qu’ils relèvent de l’exécutif, du législatif ou du judiciaire- inscriraient leur action dans une dynamique de redressement de la trajectoire de nos pays, de recherche de rassemblement de petits Etats, afin de réduire leur vulnérabilité face aux appétits impérialistes.

L’exigence la plus élémentaire de l’art de gouverner n’est-elle pas celle de servir?Servir encore, servir toujours le peuple, en particulier les plus démunis, ceux qui portent le poids de l’injustice sur leurs épaules.

Regardez autour de vous l’état de nos écoles, de nos collèges, de nos lycées, de nos universités, de nos marchés, de nos ponts, de nos trains, de nos routes ! Ô délabrement, quand tu nous tiens et que nul ne semble vouloir te combattre ! Observez nos villages, nos villes, nos quartiers, nos bâtiments publics : partout, l’architecture s’effrite, la propreté s’évanouit, et le soin des lieux publics n’est plus qu’un lointain souvenir.

Face à ce constat accablant, il devient impératif que chaque fille et fils d’Afrique assume sa responsabilité. Il nous revient désormais d’être utiles à notre terre, à notre continent et à l’humanité entière. Chacun à sa manière, à sa place, là où il se trouve. L’avenir de l’Afrique n’attend pas. Il se construit dans l’effort quotidien, dans la solidarité, dans la volonté inflexible de faire mieux et de construire une Afrique capable de résister aux pressions extérieures et de défendre nos intérêts communs, soudée dans un même espoir d’unité.

En effet, jusqu’à ce jour, nous n’avons pas su transformer nos pays par le haut. Nous n’avons pas été capables de choisir nos dirigeants de manière véritablement souveraine, de renouveler nos gouvernements selon notre volonté, ni de nous doter d’institutions politiques fédérales qui reflètent notre conception du monde et notre vision du développement. De nombreux obstacles ont constamment freiné nos aspirations.

Une telle réalité nous oblige à prendre un engagement solennel : celui d’activer le changement par le bas.

Qu’est-ce que cela signifie, concrètement ? Cela signifie que chacun d’entre nous, peu importe son métier, son statut social ou son lieu de résidence, doit devenir le garant du changement qu’il souhaite voir à la tête de l’État. Cela passe par un comportement irréprochable, par la rigueur et l’excellence dans le travail, par le sérieux et la bienveillance dans nos relations avec nos concitoyens et avec notre environnement. Cela exige, plus encore, une quête constante de justice, de vérité, d’harmonie et d’ordre dans chacune de nos actions.

C’est seulement ainsi que, demain, nous pourrons dire avec fierté à nos enfants qu’au cours de la longue période de régression et de brouillard qui a enveloppé notre continent et nos nations, nous avons tout fait, dans la mesure de nos moyens, pour faire avancer nos sociétés.

Je suis convaincu que c’est en cultivant cette responsabilité individuelle et collective dès aujourd’hui que nous contribuerons progressivement à bâtir un nouveau pays, un continent renouvelé, et, plus largement, une humanité portée par une réelle prise de conscience. Ce processus engendrera inévitablement un leadership rénové, plus attentif à l’intérêt général, à l’écoute de toutes les composantes de la société, et particulièrement des plus défavorisées.

C’est cette ambition profonde qui m’anime en ce jour. Mais avant que ce temps nouveau n’arrive – ce temps où nous aurons enfin des élites choisies par nous, des institutions issues d’un consensus réel, et des infrastructures à la hauteur de nos besoins – je vous invite à surmonter la peur et à vous engager, ici et maintenant, pour que ce changement advienne.

 

Le changement véritable ne viendra jamais de l’extérieur : il doit naître en nous, par notre volonté, nos actions et notre engagement. Il ne suffit plus de dénoncer les injustices, de constater les carences ou de pointer les manquements ; il nous faut être acteurs, participants actifs de la transformation. Engageons-nous dans nos associations, dans nos groupes de réflexion, dans les structures politiques et citoyennes de nos quartiers, de nos municipalités, de nos régions. Soyons présents dans dénonciation et dans l’action, afin que nos voix ne se perdent pas dans le vide, mais se transforment en actes concrets, visibles et durables.

Je crois fermement qu’une Afrique nouvelle et prospère est à notre portée.

Une Afrique où les enfants, filles et garçons, de toutes origines, marcheront côte à côte, confiants en leur avenir. Une Afrique où chacun comprendra que le travail, la persévérance et le mérite sont les clés qui ouvrent les portes de la réussite et permettent à chacun d’atteindre les sommets de la société. Ce rêve n’est pas une utopie : il est le reflet d’une ambition collective, de l’espérance et de l’énergie de ceux qui refusent la fatalité et veulent bâtir un continent fort, uni et rayonnant.

C’est avec cet espoir que je m’adresse à vous aujourd’hui. Et je ne puis conclure sans vous inviter à porter ce message partout où il est nécessaire : portez-le dans vos communautés, dans vos villes, dans vos institutions. Soyez les messagers d’un optimisme actif, celui des enfants d’Afrique qui croient en leur continent, en leur pouvoir d’action et en la force de leur engagement. Car chacun d’eux peut devenir l’acteur principal du changement qu’il souhaite pour son peuple et pour toute l’Afrique.

Vive l’Union africaine !

Enfin, après avoir rendu hommage au Bénin, berceau de la famille paternelle d’Alain Alfred Moutapam, je voudrais saluer la mémoire de sa mère, originaire du Cameroun.

Ô civilisation du Cameroun, qu’est-ce donc qu’un peuple, sinon le fil invisible qui relie les vivants, les ancêtres et les esprits de la nature ? Un peuple est mémoire, il est souffle, il est transmission. Au Cameroun, une multitude de peuples et les chefs coutumiers se rencontrent — Bamiléké, Bassa, Beti, Bamoun, Kirdi, Peul, Tikar, Maka, Bakweri, et tant d’autres — chacun portant ses totems, ses arbres sacrés, ses rites, ses chants et ses philosophies. Crois-tu que ce soit folklore pour la curiosité des voyageurs ? Non, ce sont des bibliothèques vivantes, écrites dans la terre, la pierre, le bois, le tissu et la voix humaine. Ils parlent plus haut que les archives coloniales, car ils disent la loi, quand la loi de papier n’a pas encore germé.

Regarde ces arbres sacrés qui veillent sur les villages : le fromager, pilier du monde ; le palmier, nourricier et généreux ; le kolatier, gardien des pactes. Leur ombre est tribunal, leur tronc est autel, leurs racines sont mémoire. L’homme qui s’incline devant eux apprend que l’éducation commence par le respect du vivant, que la philosophie n’est pas seulement dans les livres, mais dans la contemplation du ciel, de l’eau, du feu et de la lumière.

Vous croyez que les statues des chefferies se taisent ? Détrompez-vous. Qu’un masque Bamoun descende sur la place, et l’on se fige comme devant un tribunal invisible. Car ce n’est plus un voisin déguisé : c’est l’ancêtre qui marche, c’est le juge qui siège. Les corps tremblent, les langues se taisent. Voilà une dramaturgie où l’homme devient spectre, et le spectre devient souverain. Quelle scène plus puissante que bien des palais de justice ! Théâtre ancestral, cinéma d’avant l’écran, science sociale par excellence.

Mais songe-y : bois, perles, tambours, tissus, danses, feux et invocations — tout cela ne compose-t-il pas un langage plus subtil que nos alphabets importés ? Le pagne tissé inscrit les appartenances comme une écriture de couleurs et de géométries. L’art du tissu est philosophie textile : chaque motif raconte une alliance, un mariage, un deuil ou une victoire. La statue de chefferie fixe pour toujours l’autorité d’un roi disparu. Le tambour ne se contente pas de résonner : il transmet la parole, convoque le village, ordonne le temps. Le corps peint et masqué devient le livre vivant où se lisent les pactes entre l’homme, la terre, l’air, l’eau, le feu et la lumière.

Qu’il n’est pas de mise en scène plus rigoureuse que celle-là ! Voici les sociétés initiatiques qui gardent les secrets, voici les danses guerrières qui rappellent aux jeunes leur devoir, voici les rituels de la forêt qui lient l’homme à la terre nourricière. Chaque geste est un poème, chaque chant une prière, chaque danse une pédagogie du mouvement. L’éducation ancestrale n’est pas seulement parole : elle est geste, rythme, souffle. Et les enfants, assis au cercle du feu, apprennent en regardant, en chantant, en imitant. Là où l’école moderne enferme, la tradition ouvre la mémoire des corps.

Et la nature, elle aussi, est actrice du rituel. La montagne — Mont Cameroun, Mandara, Manengouba — demeure sanctuaire et oracle. La rivière Sanaga purifie, le Nyong nourrit, le Wouri relie les hommes par ses pirogues. Le vent est messager, la pluie est bénédiction, la foudre est avertissement, la lumière du soleil est principe de vie. Avant de pêcher, de chasser, de semer, l’homme doit s’incliner : verser du vin de palme, offrir du mil, allumer un feu. Voilà une écologie sacrée : combien de nos savants modernes ont oublié cette prudence élémentaire !

« Les calculs l’assurent : on peut prendre sans donner à la forêt ! » disent les ingénieurs pressés. Et soudain, le gibier s’épuise, la pluie se tarit, et l’on s’étonne. J’ose croire que ces Camerounais, en parlant aux dieux, parlaient surtout à leur conscience. Leur rituel est une morale incarnée, plus efficace que mille décrets lus à Yaoundé.

Et les femmes ? On les croit parfois repliées derrière l’ombre des chefferies, mais qu’on ouvre les yeux : elles règnent sur les marchés, gardent les secrets des plantes, président les cultes de fertilité, et leurs voix tissent la cohésion. Dans certaines sociétés, leur rôle de médiatrices est célébré par chants, par danses et par tissus rituels. Crois-tu que la maison tienne debout sans elles ? Illusion ! Les hommes portent le fer, forgent les armes, bâtissent les cases, mais les femmes portent la société dans leurs bras et dans leur savoir. Les enfants, eux, ne sont pas de simples héritiers : ils sont porteurs d’avenir, invités très tôt à participer aux chants, aux travaux, aux récits.

Laissez les femmes de côté, et le pays croule ! Elles tiennent la cité par leurs paniers, par leurs greniers, par leurs bénédictions. Leur pouvoir n’a pas besoin de sceptre : il est marché, il est parole, il est fécondité. Messieurs de salon, apprenez cela, avant de pérorer sur vos chaires !

Vois notre siècle : l’école moderne, les églises, la télévision, les migrations, le numérique — tout cela bouscule la mémoire des villages. Le guérisseur croise le médecin, les artistes contemporains, croise l’enseignant, le forgeron croise l’ingénieur, l’artisan croise le scientifique. Comment marier ces deux mondes sans détruire l’un ni mépriser l’autre ? Comment empêcher que des puissants n’arrachent les savoirs anciens pour les revendre en pilules dorées ou en algorithmes froids, laissant les sages sans reconnaissance ni ressource ?

 » Donnez-moi vos secrets de plantes, braves guérisseurs, et je les brevèterai à Paris ! Vous, vous aurez les miettes! » lance le commerçant rusé.

Voilà le drame du siècle. Nos artisans, nos potiers, nos tisserands, nos musiciens, nos sculpteurs tiennent l’âme du pays, mais l’État les oublie. Le numérique, la science moderne, pourraient être des alliés : bibliothèque digitale des savoirs ancestraux, formation scientifique enracinée dans la tradition, cinéma et théâtre pour transmettre les épopées. Quel paradoxe cruel de voir l’oubli là où il faudrait inventer des passerelles !

Car le vrai problème n’est pas tradition contre modernité, mais reconnaissance et justice. Protégeons et respectons, et alors les masques continueront de parler, les tambours de convoquer, les rivières de chanter, les savoirs de soigner, les chants de transmettre. Sinon, tout s’éteindra comme une braise qu’on n’a pas entretenue.

Eh bien, jouons cette pièce de mémoire ! Que le Cameroun soit scène, que les chefferies soient décors, que les femmes soient régentes, que les enfants soient graines d’avenir, que les tambours soient dialogues, que la danse, la musique, le chant et le théâtre rencontrent le cinéma et le numérique. Riez, pleurez, méditez : c’est la tradition qui parle, c’est la modernité qui répond. Et peut-être est-ce là la plus sage des comédies.

Artiste international, auteur compositeur et musico- thérapeute (auteur d’un livre-témoignage « L’art des sons, l’art du soin »), ancré sur les rives de la Seine et ouvert sur le monde, je suis à l’écoute des réalités contemporaines en Afrique, en Europe et au-delà. Mon travail s’inscrit dans une démarche engagée, où les arts vivants deviennent un langage universel au service des peuples.

Mon expertise dans le domaine des arts vivants s’est construite au fil de nombreuses expériences à travers le continent africain. J’ai parcouru le Mali, le Ghana, la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso avec une seule ambition : partager mon art et défendre ma vision d’une culture vivante, au cœur des sociétés. À travers ces voyages, j’ai rencontré des publics variés, témoins d’un art qui valorise les traditions africaines et rend hommage à nos ancêtres.

Mes créations, notamment autour des polyphonies de balafons et du projet « Yan Kadi Faso », ainsi que mon travail avec un orchestre afro-jazz, reposent sur un dialogue fécond entre sonorités africaines et européennes. Cette fusion musicale incarne une véritable rencontre des cultures. J’ai eu l’opportunité de présenter ce travail dans divers cadres : festivals, maisons de la culture, théâtres de la ville, maisons des jeunes, fondations culturelles, écoles de musique, écoles des Beaux-Arts et festivals de cinéma.

Sur le plan professionnel, j’ai eu l’honneur de collaborer avec des chefs d’orchestre et des musiciens talentueux: Gérard Hiéronimus, André Cecarelli, Michel Portal, Michel Moglio, Valentin Clastrier, Bertrand Renaudin, Manu Dibango, Mory Kanté, Salif Keita, Lamine Konté, Kassé Mady Diabaté…

 

Au cours de toutes ces années, j’ai donné des concerts et spectacles – où nous avons porté haut les couleurs de l’Afrique – dans plusieurs pays : la Suisse, l’Angleterre, l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne et les Pays-Bas, ainsi que dans des territoires tels que La Réunion, Mayotte et Saint-Domingue.

Chaque scène traversée a été un espace de célébration de l’art musical, un lieu où paroles et mélodies tissent des liens entre les peuples. Du Maroc à la Tunisie, le public a toujours répondu présent, confirmant la puissance de la musique comme vecteur d’unité.

Je suis profondément convaincu qu’aller à la rencontre des autres à travers la musique, c’est offrir aux peuples l’opportunité de se reconnaître, de se rassembler et de construire ensemble un chemin vers la paix. L’art et la culture sont des moyens essentiels pour accepter la différence comme une richesse.

Yé Lassina Coulibaly est musicothérapeute, artiste international et observateur attentif du monde.

Entre l’Afrique et l’Europe, il prête sa plume comme une passerelle entre les cultures, afin que l’art, la connaissance et la parole demeurent un langage vivant et universel de l’ Art et culture. 00336 76 03 71 66, yelassocoul@yahoo.fr

Artiste auteur-compositeur interprète

Musicothérapie sociétaire de la SACEM, ADAMI, SPEDIDAM, Union des Artistes Burkinabés

Chevalier de l’ordre du mérite, des lettres et de la communication (agrafe musique et danse)   du   Burkina-Faso ».

Éliminatoires CAN 2027 : Les Étalons logés dans le Groupe F

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A l’issue du tirage au sort de l’édition 2027 de la Coupe d’Afrique des Nations (#CAN) de football effectué ce mardi même au Caire en Egypte ; les Étalons se retrouvent dans le Groupe F.

Ils seront en compagnie des Guépards du Bénin, des Mourabitounes de la Mauritanie, et des Fauves de la République centrafricaine.

Au total 24 sélections nationales prendront part à la phase finale de cette CAN 2027 qui se déroulera du 19 juin au 17 juillet 2027 dans 3  pays de l’Afrique de l’Est. Il s’agit du Kenya, de l’Ouganda et de la Tanzanie.

Ces trois pays hôtes de la CAN 2027 ont également participé au tirage au sort des éliminatoires.

Les 1ère et 2e journées desdits éliminatoires auront lieu du 21 septembre au 6 octobre 2026. Les 3e et 4e journées de tiendront du 9 au 17 novembre 2026.

Et les 5e et 6e journées se dérouleront du 22 au 30 mars 2027.

Amidou Traoré

Burkina Demain

Atelier régional de Lomé : Transformer les promesses de la ZLECAf en réalité  

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Lomé, Togo – 14 Mai 2026 – La Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), à travers son Centre africain pour les Politiques Commerciales (CAPC) et ses Bureaux sous- régionaux pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique du Nord, organise, du 21 au 22 mai 2026, à Lomé, au Togo, un atelier régional consacré aux stratégies de mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), avec le soutien financier de Open Society  Foundations.

Cette rencontre de haut niveau réunira des représentants des ministères du commerce, des communautés économiques régionales, du secteur privé, des chambres de commerce, des PME ainsi que des partenaires techniques et institutionnels d’Afrique de l’Ouest et du Nord.

L’objectif est d’évaluer les progrès réalisés dans la mise en œuvre de la ZLECAf, partager les expériences et les bonnes pratiques, identifier les défis persistants et définir des actions prioritaires pour accélérer l’intégration commerciale du continent.

Alors que l’Afrique fait face aux conséquences de crises multidimensionnelles, notamment lle conflit actuel au Moyen-Orient avec les perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales, l’atelier analysera le rôle stratégique de la ZLECAf dans le renforcement de la résilience économique du continent et la réduction de sa dépendance extérieure,.

Selon les simulations de la CEA, la pleine mise en œuvre de la ZLECAf pourrait accroître le commerce intra-africain de 45 % d’ici 2045, soit près de 276 milliards de dollars supplémentaires, avec des gains significatifs dans l’agroalimentaire, l’industrie manufacturière et les services. L’Accord offre également une opportunité historique de stimuler l’industrialisation, la diversification économique et la création d’emplois, notamment pour les jeunes et les femmes.

L’atelier de Lomé permettra également de promouvoir l’apprentissage mutuel entre pays ayant déjà engagé des réformes concrètes dans le cadre de leurs stratégies nationales de mise en œuvre de la ZLECAf. Les discussions devraient déboucher sur des orientations communes et des mesures stratégiques visant à accélérer la mise en œuvre de la ZLECAf et la transformation économique de l’Afrique à travers un marché continental intégré, plus résilient et plus compétitif.

Don de sang : La CCVBF-Banfora collecte 11 poches

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 La Coordination des communautés vivant à Banfora a organisé, ce samedi 16 mai 2026, une journée de don de sang. En effet, les travaux qui se sont déroulés sur le site de l’école primaire publique Tatana A-B s’inscrivent dans le cadre de la réalisation de son plan d’action au titre de l’année 2026. En outre, assurée par un personnel qualifié de santé, cette activité a été initiée en vue de sauver des vies humaines d’éventuels cas de maladies ou d’accidentés nécessitant une transfusion sanguine.

Namoun Jean Bamok Pandam, Président de la CCVBF-Banfora expliquant les circonstances de la tenue de l’opération don de sang

«Nous avons entrepris cette activité depuis 2025. Mais cela n’avait pas eu lieu. Et comme ça nous tenait vraiment à cœur, nous nous sommes retrouvés dans l’établissement ici à Tatana pour la  réaliser avec les efforts consentis des uns et des autres. Nous remercions toute l’équipe de la Santé qui n’a ménagé aucun effort pour nous accompagner. C’est une fierté pour nous d’apporter notre modeste pierre pour contribuer à sauver des vies. Nous tenons aussi à exprimer notre profonde gratitude au Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré dont l’appel à la solidarité et à la cohésion sociale nous a inspirés, sans oublier le Ministère des Affaires étrangères».

C’est en ces termes que le Président de la CCVBF-Banfora, Namoun Jean Bamok Pandam s’est exprimé sur les circonstances de la tenue de l’opération de don de sang de ce samedi 16 mai 2026 à Banfora. Résultat : seulement 11 poches de sang récoltées.

L’engouement en déca des attentes

Prise de tension artérielle avant le don de sang

Au vu de ce nombre de poches de sang récoltées, l’engouement n’était véritablement pas au rendez- vous de cette opération de la Coordination des communautés vivant à Banfora. Mais, les acteurs de la CCVBF-Banfora ont manifestement fait preuve de bonne foi et de citoyenneté tout en invitant les pairs à emboîter le pas pour plus d’impact. C’est la preuve aussi que l’initiative n’a pas été bien comprise par les populations pour un certain nombre de raisons.

Certains ont par exemple peur. Pour être donneur de sang dans ce cas, il faut naturellement s’armer de courage et aussi se dire qu’on ne peut pas payer le sang au marché, ni même à la pharmacie. Si on transfuse le sang à quelqu’un, c’est qu’il y a un donneur qui a eu à donner son sang quelque part. Certes, tout le monde ne peut pas en donner, mais si tout le monde pouvait essayer, cela pourrait galvaniser les autres à donner.

«Précautions à prendre pour donner son sang… »

Simporé Hado, infirmier en banque de sang au Laboratoire du CHR de Banfora

Tout le monde ne pouvant pas son sang, alors qui peut le faire et dans quelles conditions ?  À cette question de savoir qui peut donner le sang et les précautions à prendre, Simporé Hado, infirmier en banque de sang au Laboratoire du Centre Hospitalier Régional de Banfora explique :

«Pour donner le sang, d’abord, il faut avoir au moins l’âge de 18 ans. Quant à la femme, il faut également avoir 18 ans, ne pas être en menstrue, ni allaitante, ni en grossesse. Selon les principes, la femme peut donner à chaque 4 mois tandis que l’homme c’est à chaque 3 mois. Et si le poids est inférieur à 60 kg, il ne peut pas donner.

Concernant les groupes sanguins dont le système A-B-O , il y a des donneurs universels. Par exemple, le groupe sanguin O– peut donner à tout le monde.

Et comme précautions, nous avons d’abord procédé à la prise de tension artérielle parce qu’elle rime avec le sang. Si le cœur fonctionne bien, on peut donner. Mais, dans le cas contraire, si on prend la tension artérielle et on trouve qu’elle est élevée, l’intéressé ne peut pas donner parce que c’est le cœur qui distribue le sang dans l’organisme. Si le cœur est défaillant, l’intéressé ne peut pas donner».

Initiative louable malgré le faible résultat

Epiphanie Zegba/Dao , membre de la CCVBF-Banfora, en train de donner du sang

Bref, malgré le faible résultat enregistré (11 poches de sang), la présente initiative de la Coordination des communautés vivant à Banfora mérite d’être saluée à sa juste valeur. Car, au-delà de cette collecte de sang, c’est un modèle social qui se dessine suite à l’appel du Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, prônant un élan de solidarité et de cohésion sociale.

En effet, composée de ressortissants de 9 pays de l’Afrique de l’Ouest dont le Togo, le Niger, le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Nigeria, le Sénégal, le Mali, la Guinée et le Bénin, ladite coordination a trouvé nécessaire de mener l’activité dans l’intérêt de la communauté dans son ensemble. Il revient tout simplement à ses responsables de tirer les enseignements nécessaires afin de réussir les prochaines initiatives de don de sang.

SoumaÏla Soma, Banfora

Burkina Demain

Célébration du 15 mai : Voici ce qu’a dit le Président du Faso

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A l’instar des années précédentes, La communauté nationale célèbre ce jeudi 15 mai la journée des coutumes et traditions au Burkina Faso. Ceci est le message du Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré à l’occasion de la présente célébration du 15 Mai.

«Ce 15 mai, dédié dans notre pays aux coutumes et traditions, m’offre l’occasion de rendre hommage à tous les garants de nos valeurs, savoir, savoir- faire traditionnels et souhaiter une bonne fête aux adeptes de la religion traditionnelle et des cultes ancestraux.

La Journée des coutumes et des traditions nous interpelle sur l’impérieuse nécessité de promouvoir nos valeurs ancestrales et nos pratiques culturelles.

J’engage tous les Burkinabè à réfléchir sur la contribution de notre héritage culturel dans la construction du Burkina Faso nouveau dont nous rêvons.

Vives nos coutumes et traditions !

La Patrie ou la Mort , nous Vaincrons.

Capitaine Ibrahim TRAORE

Président du Faso, Chef de l’Etat »

Compte rendu du Conseil des Ministres du 13 Mai 2026

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Le Conseil des ministres s’est tenu à Ouagadougou, le mercredi 13 mai 2026, en séance ordinaire, de 09 H 00 mn à 12 H 24 mn, sous la présidence de Son Excellence le Capitaine Ibrahim TRAORE, Président du Faso, Président du Conseil des ministres. Il a délibéré sur les dossiers inscrits à son ordre du jour, entendu des communications orales, procédé à des nominations et autorisé des missions à l’étranger. Compte rendu.

I DELIBERATIONS

I 1 AU TITRE DU MINISTERE DE L’AGRICULTURE, DE L’EAU, DES RESSOURCES ANIMALES ET HALIEUTIQUES 

Le Conseil a examiné un projet de loi portant Code de santé animale et de santé publique vétérinaire.

Au regard du caractère stratégique du secteur de l’élevage, le Burkina Faso a adopté la loi n°048-2017/AN du 16 mai 2017 portant Code de santé animale et de santé publique vétérinaire.

Cette loi a permis à notre pays de prévenir et de contrôler des maladies animales ainsi que de protéger la santé publique vétérinaire.

Toutefois, après une décennie de mise en œuvre des insuffisances ont été décelées. Des mutations profondes sont également apparues dans les domaines sanitaire, technologique, économique et institutionnel, d’où la nécessité de la révision de ladite loi.

Les innovations majeures sont : – le renforcement de la qualité du vétérinaire commissionné à travers la consécration de la dénomination « vétérinaire officiel » ;

– la prise en compte des thématiques majeures telles que la Résistance aux

antimicrobiens (RAM), le bien-être animal et l’approche One Health « une seule santé » ;

– la possibilité d’accorder une exclusivité à une structure publique

vétérinaire pour l’importation de certaines catégories de médicaments vétérinaires jugés d’importance stratégique ;

–  la levée des restrictions dans l’exercice de la médecine et de la pharmacie

vétérinaires par les services vétérinaires publics ;

– la prise en compte de la médecine vétérinaire traditionnelle ;

– le renforcement  des sanctions.

Ce projet de loi s’inscrit dans la vision actuelle du Gouvernement qui est de renforcer le rôle de la souveraineté de l’Etat burkinabè en matière de santé et production animales dans l’optique de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations.

Le Conseil a marqué son accord pour la transmission dudit projet de loi à l’Assemblée législative du Peuple.

I 2 AU TITRE DU MINISTERE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES

Le Conseil a adopté deux (02) rapports.

Le premier rapport est relatif à l’acquisition d’un ensemble immobilier (R+5 et R+4) au profit de l’Etat.

Il s’agit d’un ensemble immobilier unique composé d’un bâtiment principal de type R+5 et d’un bâtiment secondaire de type R+4, reliés par des passerelles.

Cet ensemble immobilier a une superficie totale exploitable de 4 055,93 m2 avec 85 pièces. Il comprend entre autres, un groupe électrogène, un forage et divers équipements. D’un coût d’acquisition de trois milliards (3 000 000 000) F CFA, il est situé au secteur 30 de la ville de Ouagadougou et contribuera à renforcer les capacités immobilières de l’Etat ainsi qu’à réduire le coût des baux administratifs.

Le Conseil a marqué son accord pour l’acquisition de cet ensemble immobilier pour les besoins de l’Administration publique.

Le second rapport est relatif à un projet de décret portant modification du décret n°2026-0348/PF/PRIM/MEF du 27 mars 2026 portant organisation du ministère de l’Economie et des finances.

Cette modification vise à corriger les insuffisances constatées au moment de l’opérationnalisation dudit décret et à prendre en compte des structures opérationnelles dans l’organisation de la Direction générale des impôts.

La modification vise également la prise en compte d’une disposition générale relative à la nomination des chefs de département des directions régionales du ministère de l’Economie et des finances.

L’adoption de ce décret permet au ministère de l’Economie et des finances de remplir efficacement ses missions.

I 3 AU TITRE DU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES

Le Conseil a adopté deux (02) rapports.

Le premier rapport est relatif à une demande d’agrément pour la nomination d’un Coordonnateur résident du système des Nations unies au Burkina Faso.

Le Conseil a marqué son accord pour la nomination de MonsieurTikum NJOYA, en qualité de Coordonnateur résident du système des Nations unies au Burkina Faso.

Le second rapport est relatif à une demande d’agrément portant nomination d’un Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la République populaire du Bangladesh auprès du Burkina Faso.

Le Conseil a marqué son accord pour la nomination de Monsieur MD HABIB ULLAH, en qualité d’Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la République populaire du Bangladesh auprès du Burkina Faso, avec résidence à Tripoli, en Libye.

I 4 AU TITRE DU MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SECONDAIRE ET DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE ET TECHNIQUE

Le Conseil a adopté un décret portant règlementation des fonctions des responsables des structures d’enseignement post-primaire et secondaire.

Ce décret est une relecture du décret n°2018-1092/PRES/PM/MENA/MINEFID/MFPTPS du 03 décembre 2018 portant règlementation des fonctions de chefs d’établissement et d’autres responsables dans les établissements d’enseignement post-primaire et secondaire.

Les innovations majeures du décret portent sur la possibilité pour le proviseur/directeur et le censeur d’enseigner dans les établissements où ils occupent des postes de responsabilité ainsi que sur la création du poste de responsable du service de l’information et de l’orientation scolaire et professionnelle.

L’adoption de ce décret permet un meilleur fonctionnement des établissements d’enseignement post-primaire et secondaire en vue d’améliorer le rendement des

apprenants.

I 5 AU TITRE DU MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR, DE LA RECHERCHE ET DE L’INNOVATION 

Le Conseil a adopté cinq (05) rapports.

Le premier rapport est relatif à deux (02) projets de décret portant respectivement création d’emplois de Maîtres de conférences agrégés et nominations d’Enseignants-chercheurs dans l’emploi de Maître de conférences agrégé à l’Université Joseph KI-ZERBO.

L’adoption de ce décret permet la création de trois (03) emplois de Maîtres de conférences agrégés et la nomination de trois (03) Enseignants-chercheurs dans l’emploi de Maître de conférences agrégé à l’Université Joseph KI-ZERBO.

Le deuxième rapport est relatif à deux (02) projets de décret portant respectivement création d’emplois de Maîtres de conférences agrégés et nomination d’Enseignants-chercheurs dans l’emploi de Maître de conférences agrégé à l’Université Thomas SANKARA.

L’adoption de ce décret permet la création de huit (08) emplois de Maîtres de conférences agrégés et la nomination de huit (08) Enseignants-chercheurs dans l’emploi de Maître de conférences agrégé à l’Université Thomas SANKARA.

Le troisième rapport est relatif à deux (02) projets de décret portant respectivement création d’emplois de Maîtres de conférences agrégés et nomination d’Enseignants-chercheurs dans l’emploi de Maître de conférences agrégé à l’Université Nazi BONI.

L’adoption de ce décret permet la création de deux (02) emplois de Maîtres de conférences agrégés et la nomination de deux (02) Enseignants-chercheurs dans l’emploi de Maître de conférences agrégé à l’Université Nazi BONI.

Le quatrième rapport est relatif à deux (02) projets de décret portant respectivement création d’un emploi de Maître de conférences agrégé et nomination d’un Enseignant-chercheur dans l’emploi de Maître de conférences agrégé à l’Université Norbert ZONGO.

L’adoption de ce décret permet la création d’un (01) emploi de Maître de conférences agrégé et la nomination d’un (01) Enseignant-chercheur dans l’emploi de Maître de conférences agrégé à l’Université Norbert ZONGO.

Le cinquième rapport est relatif à deux (02) projets de décret portant respectivement création d’emplois de Maîtres de conférences agrégés et nomination d’Enseignants-chercheurs dans l’emploi de Maître de conférences agrégé à l’Université Lédéa Bernard OUEDRAOGO.

L’adoption de ce décret permet la création de deux (02) emplois de Maîtres de conférences agrégés et la nomination de deux (02) Enseignants-chercheurs dans l’emploi de Maître de conférences agrégé à l’Université Lédéa Bernard OUEDRAOGO.

II COMMUNICATIONS ORALES

II 1 Le ministre de la Communication, de la culture, des arts et du tourisme a fait au Conseil une communication relative à l’organisation de la 15e édition du Symposium international de sculpture sur granite de Laongo, prévue du 02 au 23 novembre 2026, dans la commune de Ziniaré, Région de Oubri.

La 15e édition vise à consolider les acquis tout en développant les compétences artistiques et en élargissant la formation pratique des jeunes sculpteurs.

Elle s’articulera autour de trois 03 composantes principales : le chantier-école, la résidence de création et un colloque scientifique sur le thème « La sculpture sur granite : expression et construction des identités culturelles ». Une attention particulière sera accordée aux pays de la Confédération des Etats du Sahel afin de valoriser les liens historiques et culturels qui unissent ces nations.

Organisé tous les deux ans, le Symposium international de sculpture sur granite de Laongo est un rendez-vous artistique majeur au Burkina Faso. Il offre aux sculpteurs burkinabè et étrangers un cadre privilégié d’expérimentation, de création et de transmission de savoir-faire.

L’innovation majeure de cette 15e édition porte sur l’élaboration et l’édition d’un catalogue des œuvres destiné à documenter, à valoriser l’ensemble des créations issues des différentes éditions et à renforcer la visibilité du site et de la «destination Burkina Faso à l’international».

Au total 20 artistes professionnels burkinabè et étrangers ainsi que 15 stagiaires sont attendus à cette édition du Symposium.

II 2  Le ministre de l’Enseignement secondaire et de la formation professionnelle et technique a fait au Conseil une communication relative à la mise en œuvre d’un programme d’apprentissage des métiers par les élèves pendant les vacances.

Ce programme vise à offrir à 2300 élèves issus des lycées et collèges l’opportunité d’acquérir, durant les vacances scolaires, des compétences pratiques dans quinze (15) métiers porteurs.

La phase pilote organisée du 15 juillet au 15 septembre 2025 dans les villes de Ouagadougou et de Bobo Dioulasso, a permis de former 246 élèves dans 12 métiers et domaines de compétences.

La 2e édition du programme se tiendra du 1er juillet au 30 septembre 2026, dans 13 chefs-lieux de région, à savoir Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Banfora, Koudougou, Ziniaré, Dédougou, Gaoua, Manga, Tenkodogo, Kaya, Ouahigouya, Fada N’Gourma et Dori.

Ce programme s’inscrit dans la vision du Président du Faso, le Capitaine Ibrahim TRAORE qui consiste à réformer le système éducatif « afin de permettre aux jeunes d’apprendre des métiers pour entrer rapidement dans le monde du travail et faire en sorte que l’Université soit un choix et non une obligation ».

II 3 Le ministre des Sports, de la jeunesse et de l’emploi a fait au Conseil une communication relative à l’organisation par le Burkina Faso du championnat World Boxing Association (WBA/Afrique), prévu le 26 juin 2026 au Palais des sports Ouaga-2000.

Cette compétition mettra en jeu la prestigieuse ceinture WBA/Afrique dans la catégorie des supers-moyens, avec la participation de notre compatriote Abel Hamed NIKIEMA, dit « le Percuteur » classé premier challenger africain selon le classement officiel de la WBA/Afrique.

III NOMINATIONS

III 1 NOMINATIONS DANS LES FONCTIONS INDIVIDUELLES

A AU TITRE DU MINISTERE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES

– Monsieur Wend-Pagnangdé Jean Modeste SOUBEIGA, Mle 85 910 Z, Administrateur des hôpitaux et des services de santé, 1ère classe, 12e échelon, est nommé Comptable principal des matières du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Bogodogo ;

–  Monsieur Denis COMPAORE, Mle 229 860 D, Administrateur des hôpitaux et des services de santé, 1ère classe, 7e échelon, est nommé Comptable principal des matières du Centre hospitalier universitaire pédiatrique Charles de Gaulle (CHUP-CDG) ; – Monsieur Moussa NABI, Mle 216 730 B, Administrateur des hôpitaux et des services de santé, 2e classe, 2e échelon, est nommé Comptable principal des matières du Centre hospitalier universitaire Sourô SANOU (CHUSS) ;

– Monsieur Aboubacar Sidiki SANOU, Mle 216 732 R, Administrateur des hôpitaux et des services de santé, 2e classe, 3e échelon, est nommé Comptable principal des matières du Centre hospitalier universitaire de Pala (CHUP) ;

– Madame Rosine NOULA, Mle 312 783 D, Administrateur des hôpitaux et des services de santé, 1ère classe, 2e échelon, est nommée Comptable principal des matières du Centre hospitalier universitaire régional de Ouahigouya (CHUR-OHG) ;

– Madame Kadidia DISSA/BORO, Mle 229 863 F, Administrateur des hôpitaux et des services de santé, 1ère classe, 5e échelon, est nommée Comptable principal des matières du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Tengandogo.

B AU TITRE DU MINISTERE DE LA SECURITE

– Monsieur Ousseni OUEDRAOGO, Mle 306 760 L, Inspecteur des eaux et forêts, catégorie IA, 5e échelon, est nommé Chargé d’études ;

– Monsieur Issa YAGUIBOU, Officier, est nommé Responsable du Programme budgétaire 166 «Sécurisation des zones rurales », cumulativement avec ses fonctions de Chef d’Etat major de la

Gendarmerie nationale ;

– Monsieur Abou Bakar COMPAORE, Mle 57 721 W, Inspecteur général de police, catégorie I, 5e classe, 2e échelon, est nommé Responsable du Programme budgétaire 168

« Secteurs spécifiques de sécurité », cumulativement avec ses fonctions de Directeur général de la

Sécurité intérieure ;

– Monsieur Bantida Samire YONI, Mle 262 515 M, Commissaire principal de police, catégorie I, 2e classe, 4e échelon, est nommé Responsable du Programme budgétaire 167 « Cybercriminalité et investigation anti-terroriste », cumulativement avec ses fonctions de Commandant de la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité ;

– Monsieur Lassana BARGO, Mle 111 495 E, Contrôleur général de police, catégorie I, 4e classe, 1er échelon, est nommé Responsable du Programme budgétaire 139 « Pilotage et soutien des services », cumulativement avec ses fonctions de Directeur général des études et des statistiques sectorielles ;

– Monsieur Barnabé KABORE, Mle 46 082 U, Inspecteur principal des eaux et forêts, catégorie IA, 5e échelon, est nommé Responsable du Programme budgétaire 086 « Ressources forestières et fauniques », cumulativement avec ses fonctions de Directeur général des eaux et forêts ;

– Monsieur Thierry Dofizouho TUINA, Mle 57 710 C, Inspecteur général de police, catégorie I, grade 5, 2e échelon, est nommé Responsable du Programme budgétaire 012 « Sécurisation des zones urbaines », cumulativement avec ses fonctions de Directeur général de la Police nationale.

C AU TITRE DU MINISTERE DE LA FAMILLE ET DE LA SOLIDARITE

– Monsieur Towendé DAWEGA, Mle 208 435 J, Inspecteur d’éducation spécialisée, 1ère classe, 5e échelon, est nommé Chargé d’études ; – Madame Noëlle DOULKOM/ZONGO, Mle 246 962 H, Administrateur des affaires sociales, 1ère classe, 4e échelon, est nommée Chargé d’études ;

–  Madame Mariam ZAGRE, Mle 225 783 Y, Inspecteur d’éducation spécialisée, 1ère classe, 4e échelon, est nommée Directrice de la protection et de la promotion des personnes handicapées.

D AU TITRE DU MINISTERE DE L’INDUSTRIE, DU COMMERCE ET DE L’ARTISANAT

– Monsieur Chiep SIE, Mle 111 152 Z, Administrateur des services financiers, 1ère classe, 9e échelon, est nommé Chargé de mission ; – Monsieur Inoussa SAWADOGO, Mle 117 065 V, Conseiller des affaires économiques, 2e classe, 1er échelon, est nommé Directeur général des Sociétés à capitaux publics et du secteur privé.

E AU TITRE DU MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT DE BASE, DE L’ALPHABETISATION ET DE LA PROMOTION DES LANGUES NATIONALES

– Monsieur Idrissa GUIGMA, Mle 41 929 X, Inspecteur de l’enseignement du premier degré, 1ère classe, 10e échelon, est nommé Chargé d’études.

F AU TITRE DU MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SECONDAIRE ET DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE ET TECHNIQUE

– Monsieur Boukary NEBIE, Mle 286 831 S, Enseignant-chercheur, catégorie P, classe initiale, 3e échelon, est nommé Chargé de mission ;

– Monsieur Valentin OUEDRAOGO, Mle 116 774 V, Inspecteur d’éducation spécialisée, 1ère classe, 1er échelon, est nommé Directeur de la promotion de la santé, de l’éducation inclusive, de l’équité et du genre ;

– Monsieur Hyacinthe YAMEOGO, Mle 105 119 X, Inspecteur de l’enseignement secondaire, catégorie PB, 1ère classe, 11e échelon, est nommé Directeur régional de l’Enseignement secondaire et de la formation professionnelle et technique de Nando ;

– Monsieur François Xavier OUEDRAOGO, Mle 52 267 C, Inspecteur de l’enseignement secondaire, catégorie PB, 2e classe, 12e échelon, est nommé Directeur provincial de l’Enseignement secondaire et de la formation professionnelle et technique du Boulkiemdé.

G AU TITRE DU MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR, DE LA RECHERCHE ET DE L’INNOVATION – Monsieur Tibi Didier ZOUNGRANA, Mle 271 358 B,

Enseignant-chercheur, catégorie P, grade 1, 2e échelon, est nommé Président de l’Université Thomas SANKARA ;

– Monsieur Dommèbèiwin Juste METOIOLE SOME, Mle 333 985 T, Maître-assistant en Sciences économiques, est nommé Maître de conférences agrégé en Sciences économiques à l’Unité de formation et de recherche en Sciences économiques et de gestion (UFR/SEG) de l’Université Norbert ZONGO, pour compter du 22 novembre 2025.

Les personnes dont les noms suivent sont nommées dans l’emploi de Maître de conférences agrégé à l’Université Joseph KI-ZERBO, pour compter du 22 novembre 2025 :  – – –

Monsieur Soumaïla GANSONRE, Mle 358 737 F, Maître-assistant en Economie au Centre universitaire de Ziniaré (CU-Z), est nommé Maître de conférences agrégé en Sciences économiques au Centre universitaire de Ziniaré rattaché à l’Université Joseph KI-ZERBO ;

Monsieur Abdoulganiour Almame TINTA, Mle 356 357 F, Maître-assistant en Economie au Centre universitaire de Kaya (CU-K), est nommé Maître de conférences agrégé en Sciences économiques au Centre universitaire de Kaya rattaché à l’Université Joseph KI-ZERBO ;

Monsieur Mohamed Tidjane KINDA, Mle 334 022 K, Maître-assistant en Economie du développement à l’Institut burkinabè des arts et métiers (IBAM), est nommé Maître de conférences agrégé en Sciences économiques à l’Institut burkinabè des arts et métiers à l’Université Joseph KI-ZERBO.

Les personnes dont les noms suivent sont nommées dans l’emploi de Maître de conférences agrégé à l’Université Thomas SANKARA, pour compter du 22 novembre 2025 :

– Madame Honorine SANGARE/ILLA, Mle 59 246 A, Maître-assistant en Sciences de gestion, est nommée Maître de conférences agrégé en Sciences de gestion à l’Unité de formation et de recherche en Sciences économiques et de gestion (UFR/SEG) ; – Monsieur Saïdou OUEDRAOGO, Mle 245 752 F, Maître-assistant en Gestion commerciale, marketing, est nommé Maître de conférences agrégé en Sciences de gestion à l’Unité de formation et de recherche en Sciences économiques et de gestion (UFR/SEG) ;

– Monsieur Piabié Jean-Baptiste BAKO, Mle 366 245 V, Maître-assistant en Droit international public, est nommé Maître de conférences agrégé en Droit public à l’Unité de formation et de recherche en Sciences juridiques et politiques (UFR/SJP) ; – Monsieur Samson Mwin Sôg Mé DABIRE, Mle 375 220 B, Maître-assistant en Droit public, est nommé Maître de conférences agrégé en Droit public à l’Unité de formation et de recherche en Sciences juridiques et politiques (UFR/SJP) ;

– Monsieur Léon Dié KASSABO, Mle 216 331 Z, Maître-assistant en Droit public, est nommé Maître de conférences agrégé en Droit public à l’Unité de formation et de recherche en Sciences juridiques et politiques (UFR/SJP) ;

– Monsieur Oumar TRAORE, Mle 392 178 B, Maître-assistant en Droit public, est nommé Maître de conférences agrégé en Droit public à l’Unité de formation et de recherche en Sciences juridiques et politiques (UFR/SJP) ;

– Madame Aïssata DABO, Mle 360 851 H, Maître-assistant en Droit privé, est nommée Maître de conférences agrégé en Droit privé à l’Unité de formation et de recherche en Sciences juridiques et politiques (UFR/SJP) ;

– Monsieur Antoine YERBANGA, Mle 271 356 P, Maître-assistant en Economie du développement, est nommé Maître de conférences agrégé en Sciences économiques à l’Institut universitaire de formation initiale et continue (IUFIC).

Les personnes dont les noms suivent sont nommées dans l’emploi de Maître de conférences agrégé à l’Unité de formation et de recherche en Sciences juridiques, politiques, économiques et de gestion (UFR/SJPEG) de l’Université Nazi BONI, pour compter du 22 novembre 2025 : – –

Monsieur Issa DIANDA, Mle 330 035 J, Maître-assistant en Economie du développement, est nommé Maître de conférences agrégé en Sciences économiques ;

Monsieur Martin SAWADOGO, Mle 375 268 K, Maître-assistant en Economie du développement, est nommé Maître de conférences agrégé en Sciences économiques.

Les personnes dont les noms suivent sont nommées dans l’emploi de Maître de conférences agrégé à l’Institut de formation et de perfectionnement aux métiers (IFPM) de l’Université Lédéa Bernard OUEDRAOGO, pour compter du 22 novembre 2025 : – –

Monsieur Serge Stéphane KY, Mle 334 074 D, Maître-assistant en Economie, est nommé Maître de conférences agrégé en Sciences économiques ;

Monsieur Tiatité NOUFE, Mle 245 263 L, Maître-assistant en Economie du développement, est nommé Maître de conférences agrégé en Sciences économiques.

III2 NOMINATIONS DANS LES CONSEILS D’ADMINISTRATION

Le Conseil a procédé à la nomination d’Administrateurs aux Conseils d’administration :  – –

du Bureau des mines et de la géologie du Burkina (BUMIGEB) au titre du ministère de l’Energie, des mines et des carrières ;

de l’Université Faustin Sié SIB (UF2S) au titre du ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation.

Le Conseil a également procédé à la nomination du Président du Conseil d’administration de l’Université Faustin Sié SIB (UF2S).

A MINISTERE DE L’ENERGIE, DES MINES ET DES CARRIERES

Le Conseil a adopté un décret portant renouvellement du mandat de Monsieur Kaongo Wilfried Séraphin KIENTEGA, Mle 54 645 E, Inspecteur du trésor, Administrateur représentant l’Etat, au titre du ministère de l’Economie et des finances au Conseil d’administration du Bureau des mines et de la géologie du Burkina (BUMIGEB) pour une dernière période de trois (03) ans.

B MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR, DE LA RECHERCHE ET DE L’INNOVATION

Le Conseil a adopté deux (02) décrets.

Le premier décret nomme les personnes ci-après, Administrateurs au Conseil d’administration de l’Université Faustin Sié SIB (UF2S) pour un premier mandat de trois (03) ans.

ADMINISTRATEURS REPRESENTANT L’ETAT

Au titre du ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation : –

– Monsieur Issa TAPSOBA, Mle 111 049 P, Professeur titulaire ;

Madame Aissaioulè Pauline MILLOGO/DAH, Mle 258 253 L, Chargé de recherche.

Au titre du ministère de l’Economie et des finances :

– Monsieur Cheick Ali Mohamed TRAORE, Mle 104 312 F, Inspecteur du trésor.

Au titre du ministère de l’Agriculture, de l’eau, des ressources animales et halieutiques :

– Monsieur Donkora KAMBOU, Mle 83 980 E, Ingénieur d’agriculture.

Au titre du ministère de l’Industrie, du commerce et de l’artisanat :

– Monsieur Souleymane YOADA, Mle 343 484 H, Conseiller des affaires économiques.

ADMINISTRATEUR REPRESENTANT LE CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE ET TECHNOLOGIQUE (CNRST) – Madame Alizèta SAWADOGO, Mle 334 036 C, Maître de recherche.

ADMINISTRATEUR REPRESENTANT LE CENTRE NATIONAL DES ŒUVRES UNIVERSITAIRES (CENOU) –

Monsieur Dramane SAWADOGO, Mle 359 213 T, Conseiller d’intendance scolaire et universitaire.

ADMINISTRATEUR REPRESENTANT LES SYNDICATS DE L’UNIVERSITE FAUSTIN SIE SIB –

Monsieur Sié PALE, Mle 271 408 F, Maître-assistant.

ADMINISTRATEUR REPRESENTANT LE PERSONNEL

ADMINISTRATIF, TECHNIQUE, OUVRIER ET DE SOUTIEN (ATOS) DE L’UNIVERSITE FAUSTIN SIE SIB –

Monsieur Nongsida Hervé Rodolphe SINARE, Mle 87 111 A, Instituteur certifié.

ADMINISTRATEUR REPRESENTANT LA COLLECTIVITE TERRITORIALE DE LA REGION DU DJÔRÔ –

Monsieur Mwinguiré Constantin PODA, Mle 210 020 150 001, Comptable.

ADMINISTRATEUR REPRESENTANT LES ETUDIANTS DE L’UNIVERSITE FAUSTIN SIE SIB –

Monsieur Modiempo Apollinaire Salvador DIABO, pour la durée de son mandat de délégué général.

Le second décret nomme Monsieur Issa TAPSOBA, Mle 111 049 P,  Professeur titulaire, Président du Conseil d’administration de l’Université  Faustin Sié SIB (UF2S) pour un premier mandat de trois (03) ans.

 

Le Porte-parole du Gouvernement,

Pingwendé Gilbert OUEDRAOGO, Officier de l’Ordre de l’Etalon

Décision en Conseil : Vers une loi pour la souveraineté sanitaire 

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Réuni ce mercredi 13 mai 2026, sous la présidence du Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, le Conseil des Ministres, selon le Porte-parole du Gouvernement, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a examiné plusieurs dossiers et pris d’importantes décisions pour la bonne marche de la Nation et pour le plein épanouissement des Burkinabè, dont un projet de loi pour plus de souveraineté en matière de santé animale.

«Santé animale : vers une loi pour la souveraineté sanitaire 

(Ouagadougou, 13 mai 2026). Le Conseil des ministres s’est tenu ce mercredi, sous la présidence de Son Excellence le Capitaine Ibrahim TRAORÉ, Président du Faso, Chef de l’État. Selon le Ministre Porte-parole du Gouvernement, M Pingdwendé Gilbert OUÉDRAOGO, l’Exécutif a examiné plusieurs dossiers et pris d’importantes décisions pour la bonne marche de la Nation et pour le plein épanouissement des Burkinabè, conformément à la vision de la Révolution Progressiste Populaire (RPP).

Au titre du ministère de l’Agriculture, de l’Eau et des Ressources animales et halieutiques, le Conseil a adopté un projet de loi portant Code de santé animale et de santé publique vétérinaire, une réforme qui modernise la loi de 2017. Il s’agit selon le Ministre délégué chargé des Ressources animales, M. Amadou DICKO, « de corriger les insuffisances constatées après près d’une décennie d’application et adapter le cadre juridique aux nouveaux défis du secteur de l’élevage».

Le texte vise à lever des limites qui entravaient l’action de l’État : restrictions dans la médecine et la pharmacie vétérinaires, difficultés d’approvisionnement en médicaments stratégiques et prise en charge insuffisante des thématiques émergentes.

Pour le Ministre Amadou DICKO, « l’adoption de ce code permettra au Burkina Faso de disposer d’un texte qui garantit la santé animale, la lutte contre les maladies zoonotiques et l’approvisionnement en médicaments sécurisés».

Parmi les innovations majeures, figurent :

-la consécration du statut de vétérinaire officiel ;

-l’intégration des thématiques modernes telles que résistance antimicrobienne, approche « one health », bien-être animal ;

-l’encadrement de la médecine vétérinaire traditionnelle et la sécurisation de l’emploi de vétérinaire ;

-le monopole de l’État sur les médicaments stratégiques, garantissant un approvisionnement fiable.

Le Ministre DICKO précise que ce nouveau code « améliore la prévention, la lutte contre les maladies animales, tout en consolidant la sécurité alimentaire » et est porteur de souveraineté sanitaire vétérinaire.

Direction de la communication de la Présidence du Faso. »

Ayala Bakaba : Une héroïne, grande, bâtisseuse et courageuse Dame africaine

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Ayala Bakaba, une héroïne, grande, bâtisseuse et courageuse Dame africaine

Un hommage de l’homme de culture Yé Lassina Coulibaly à la grandeur d’âme de Ayala Bakaba. «Il est des existences dont la densité morale et humaine confère à chaque geste, à chaque parole, une portée qui dépasse l’instant pour s’inscrire durablement dans la mémoire des êtres et des institutions. Ayala Bakaba appartient à cette lignée rare de femmes de lumière, dont la présence, discrète mais rayonnante, ordonne le réel autour d’un axe de sens, de dignité et de fidélité aux valeurs essentielles», écrit-il. Lisez plutôt !

selon Yé Lassina Coulibaly, Ayala Bakaba appartient est de la lignée rare de femmes de lumière

«Hommage à la grandeur d’âme

Ayala Bakaba,

une héroïne de la cour des grandes dames et des bâtisseurs, une femme de courage.

Il est des existences dont la densité morale et humaine confère à chaque geste, à chaque parole, une portée qui dépasse l’instant pour s’inscrire durablement dans la mémoire des êtres et des institutions. Ayala Bakaba appartient à cette lignée rare de femmes de lumière, dont la présence, discrète mais rayonnante, ordonne le réel autour d’un axe de sens, de dignité et de fidélité aux valeurs essentielles. Par l’art, par la culture et par une parole patiente et féconde, elle a su faire naître des œuvres et des récits qui ne relèvent ni de l’ornement ni de l’éphémère, mais procèdent d’une volonté profonde de transmission, d’élévation et de responsabilité.

Femme de conviction, elle incarne avec une constance remarquable le respect de soi et d’autrui, cette droiture intérieure qui ne se proclame jamais, mais se reconnaît à la cohérence de l’être.

L’amour de la famille chez elle

Chez elle, l’amour de la famille ne se réduit pas à une inclination affective : il constitue un socle fondateur, une matrice éthique à partir de laquelle s’élabore une vision du monde ordonnée, exigeante et profondément humaine. Rien, dans sa manière d’habiter le monde, n’est accessoire ou fortuit ; tout procède d’une exigence intérieure qui refuse autant la facilité que le renoncement.

Ayala Bakaba est de ces femmes dont le parcours se lit autant dans la profondeur du regard que dans la justesse des actes. Avant même que sa parole ne s’élève, sa présence affirme une évidence silencieuse : celle d’une personnalité pleinement constituée, consciente de sa place et, plus encore, de la responsabilité morale qu’implique toute empreinte durable laissée sur autrui. Rien chez elle ne relève du hasard ; tout résulte d’une construction patiente, éclairée par l’intelligence du cœur, soutenue par la rigueur de la pensée et gouvernée par une éthique exigeante.

Incarnation avec une fidélité exemplaire des valeurs

Elle incarne avec une fidélité exemplaire les valeurs familiales, amicales et culturelles, qu’elle considère non comme des refuges, mais comme des lieux de loyauté, de transmission et de continuité. Femme de paix et de cohérence, profondément attachée à la mémoire collective et au patrimoine immatériel, son chemin s’inscrit dans une quête constante d’harmonie entre l’être et l’agir. Son engagement, toujours sincère, se déploie à la fois envers autrui et envers elle-même, dans le respect intransigeant de principes librement consentis. Elle avance sans fracas ni ostentation, guidée non par une ambition tapageuse, mais par la volonté inaltérable d’agir avec justesse, discernement et intégrité.

Une héroïne de la cour des grandes dames et des bâtisseurs, une femme de courage.

Au fil des années, Ayala Bakaba a édifié sa stature non dans la quête des honneurs ou dans la recherche d’une reconnaissance immédiate, mais dans la constance de l’effort, la discipline de la pensée et l’attachement indéfectible aux valeurs fondamentales. Elle a compris, avec une lucidité rare, que l’autorité véritable ne se décrète jamais : elle se conquiert dans la durée, par l’exemplarité, la droiture et la persévérance silencieuse.

Un leadership qui se distingue

Son leadership se distingue par une qualité devenue précieuse en des temps de vacarme et de précipitation : l’écoute. Une écoute authentique, attentive aux réalités humaines dans toute leur complexité, sensible aux fragilités comme aux élans, aux silences autant qu’aux paroles. Elle perçoit les enjeux au-delà des apparences, rassemble sans contraindre, oriente sans jamais dominer. Fédérer, chez elle, n’est ni une technique ni une stratégie : c’est une disposition intérieure, une manière d’être au monde fondée sur la reconnaissance de l’autre dans sa dignité irréductible.

Elle avance avec assurance sans jamais céder à l’arrogance, demeurant fidèle à l’essentiel : le respect de la personne humaine, la dignité dans l’action et la responsabilité morale inhérente à toute position d’influence. Femme de décision autant que de transmission, elle conjugue avec une rare élégance fermeté et bienveillance, exigence et humanité. Elle sait trancher lorsque les circonstances l’exigent, mais toujours accompagner, élever et inspirer, consciente que toute autorité véritable est d’abord un service.

Elle inspire par ce qu’elle incarne

Ayala Bakaba inspire par ce qu’elle incarne. Elle rappelle, par la seule cohérence de son parcours, que la réussite ne se mesure ni à l’accumulation des titres ni à l’éclat passager des reconnaissances, mais à la profondeur de l’empreinte laissée sur les consciences, sur les œuvres et sur les trajectoires humaines que l’on a contribué à révéler. Par son engagement, elle ouvre des chemins, légitime l’audace réfléchie et invite chacun à croire en ses propres capacités, même lorsque le doute menace de s’installer.

Sa trajectoire est aussi celle d’une résilience exemplaire. Les épreuves, loin de l’entraver, ont nourri sa maturation intérieure. Chaque obstacle a affiné sa lucidité, élargi sa vision et consolidé cette force intime qui ne s’affiche jamais, mais se révèle pleinement dans l’adversité. Sa capacité à se transformer sans jamais se renier fonde le respect profond, durable et silencieux qu’elle inspire à ceux qui la côtoient.

Une grande dame par l’harmonie rare

En définitive, Ayala Bakaba s’impose comme une grande dame par l’harmonie rare entre ce qu’elle est, ce qu’elle pense et ce qu’elle accomplit. Elle incarne une féminité consciente et assumée, une force tranquille qui sait que l’influence véritable se construit dans la durée, la fidélité à soi et le service du bien commun. Sa biographie ne se lit pas tant dans les titres que dans les actes, et sa grandeur se reconnaît dans la trace humaine, culturelle et morale — durable, féconde et profondément vivante — qu’elle laisse sur son passage.

Nous avons en commun d’avoir été nourris de l’enseignement d’Issouf Tata Cissé, notre maître à tous.

C’est au nom de la civilisation africaine que je rends cet hommage à Ayala Bakaba.

Que la sagesse, telle la voix du baobab, continue d’éclairer nos chemins!

Yé Lassina Coulibaly

Auteur-compositeur, Auteur d’un ouvrage sur sa pratique en musicothérapie: l’art des sons, l’art du soin »

Témoin, sur la scène internationale, de la puissance de l’art et de la culture.

Sidiki Bakaba, Pilier et Gardien du Cinéma africain

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Pour Yé Lassina Coulibaly, Sidiki Bakaba, est un pilier et gardien du cinéma africain

Sidiki Bakaba s’impose, avec une autorité naturelle et une dignité incontestable, comme l’une des figures les plus éminentes et les plus respectées du cinéma africain contemporain. Artiste d’exception et homme de culture au sens le plus noble du terme, il a consacré l’intégralité de son existence à l’art, à la transmission et à la défense des valeurs culturelles africaines.

L’œuvre de Sidiki Bakaba, multiforme et profondément humaniste, s’inscrit dans une démarche de formation, d’encadrement et d’émancipation de générations entières de comédiens et de comédiennes, auxquels il a su offrir non seulement un savoir-faire rigoureux, mais aussi une conscience professionnelle et morale leur permettant de vivre dignement de leur talent. L’action de Sidiki Bakaba dépasse largement les frontières de la Côte d’Ivoire. Elle rayonne avec constance et générosité au Burkina Faso, au Sénégal, en Guinée-Conakry, au Cameroun, et dans de nombreux autres pays du continent africain. Par la justesse de sa vision, la rigueur de son engagement et la profondeur de son humanité, il a durablement marqué l’imaginaire culturel africain, contribuant à l’édification d’un cinéma enraciné dans les réalités historiques, sociales, spirituelles et symboliques de l’Afrique, tout en demeurant résolument ouvert au monde.

la création artistique, un acte de foi, de mémoire et de résistance

Acteur au charisme rare, réalisateur inspiré et ancien Directeur général de l’Office national du cinéma de Côte d’Ivoire, au sein du Palais de la Culture Bernard Dadié d’Abidjan, Sidiki Bakaba incarne une génération d’artistes pour lesquels l’art ne saurait se réduire à une simple entreprise de divertissement. Pour lui, la création artistique est un acte de foi, de mémoire et de résistance. Elle constitue un espace sacré de liberté où se déploient l’identité, la parole et la dignité des peuples africains, face aux entreprises d’effacement, de marginalisation ou de dénaturation de leurs histoires.

Nourri dès l’enfance par la bénédiction de ses parents et de ses grands-parents, héritier attentif des valeurs familiales et sociales de la civilisation africaine, Sidiki Bakaba a su écouter et intégrer les enseignements des anciens, les mythes fondateurs et les traditions orales de son peuple. Cette écoute profonde du patrimoine immatériel africain irrigue son œuvre et lui permet d’offrir à la jeunesse du continent des récits à la fois ancrés dans la tradition et résolument modernes, capables de dialoguer avec le présent et d’éclairer l’avenir. Humaniste convaincu, il place l’amour de l’homme et le respect de la dignité humaine au cœur de son engagement artistique, faisant de l’Afrique non seulement un territoire géographique, mais un espace spirituel et universel.

Une compréhension aiguë de la condition humaine

À travers la richesse et la densité de ses interprétations, Sidiki Bakaba a su donner corps, voix et âme aux réalités africaines dans toute leur complexité. Ses rôles révèlent, avec une justesse saisissante, les valeurs ancestrales, les fractures sociales, les luttes silencieuses et les espérances obstinées de sociétés en quête de reconnaissance, de justice et de sens. Son jeu, à la fois sobre, maîtrisé et intensément habité, témoigne d’une compréhension aiguë de la condition humaine. Chaque personnage qu’il incarne devient un lieu de mémoire, un fragment d’histoire collective, une parole offerte à celles et ceux que l’on voit et que l’on entend trop rarement.

Mais Sidiki Bakaba n’est pas seulement une lumière devant la caméra. Il est avant tout un bâtisseur infatigable du cinéma africain. Par son engagement institutionnel, sa réflexion intellectuelle et son sens élevé de la responsabilité culturelle, il a œuvré sans relâche à la structuration, à la professionnalisation et à la reconnaissance du septième art sur le continent. Défenseur résolu de la formation des jeunes créateurs et de la valorisation des œuvres locales, il a contribué de manière décisive à inscrire le cinéma africain dans une dynamique de souveraineté culturelle et de rayonnement international. Son soutien constant aux festivals et aux espaces de création a permis à ces lieux d’expression de s’affirmer durablement sur la terre- mère africaine.

Ambassadeur du cinéma africain sur la scène mondiale

Véritable ambassadeur du cinéma africain sur la scène mondiale, Sidiki Bakaba demeure aujourd’hui une source d’inspiration majeure pour les générations présentes et futures. Son parcours exemplaire rappelle avec force que le cinéma africain est une terre féconde de récits, de visions et d’identités plurielles, et que l’art, lorsqu’il est porté par l’exigence, la conscience et l’intégrité, peut devenir un instrument puissant d’éveil, de dignité et de liberté.

Hommage respectueux à cet homme immense de la culture africaine.

Yé Lassina Coulibaly

Auteur-compositeur, Auteur d’un ouvrage sur sa pratique en musicothérapie: l’art des sons, l’art du soin »

Témoin, sur la scène internationale, de la puissance de l’art et de la culture.