La problématique de la gestion de la demande sans cesse croissante de la connectivité sur le continent, en rapport avec la compétitivité et la viabilité financière était au cœur d’un Forum organisé les 25 et 26 février 2026 à Nairobi par le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), en partenariat avec l’Association des compagnies aériennes africaines (AFRAA).
«La Banque africaine de développement dévoile une plateforme de financement de l’aviation à l’échelle du continent pour une croissance durable
Nairobi, Kenya — Alors que l’Afrique est sur le point de devenir le marché de l’aviation à la croissance la plus rapide au monde, les décideurs politiques et les dirigeants de l’industrie se concentrent sur un défi central : comment traduire la hausse de la demande en connectivité durable, en compétitivité et en viabilité financière ?
Cette problématique était au cœur des délibérations du Forum sur les compagnies aériennes, le capital et la connectivité, organisé les 25 et 26 février 2026 à Nairobi par le Groupe de la Banque africaine de développement, en partenariat avec l’Association des compagnies aériennes africaines (AFRAA).
Malgré des fondamentaux solides en matière de demande, le secteur de l’aviation en Afrique reste confronté à des contraintes structurelles, notamment le coût élevé du capital, la fragmentation des régimes réglementaires, les lacunes en matière d’infrastructures et l’accès limité aux financements à long terme. Pour relever ces défis, le Groupe de la Banque promeut le Programme intégré de transformation de l’aviation (IATP), une plateforme continentale conçue pour moderniser l’écosystème de l’aviation et mobiliser des capitaux privés, institutionnels et concessionnels à grande échelle. Ce programme vise à aligner les réformes politiques, les instruments de financement innovants et la mise en œuvre des projets au sein d’un cadre unique et bancable.
Le forum a réuni des dirigeants de compagnies aériennes, des ministres des Transports, des régulateurs, des investisseurs, des constructeurs et des partenaires du développement afin d’explorer la manière dont l’IATP peut accélérer une mise en œuvre coordonnée dans l’ensemble du secteur. Les participants ont souligné le rôle de l’aviation comme catalyseur stratégique de l’intégration régionale, de la facilitation du commerce, du tourisme et de la diversification économique.
Lors de l’ouverture du forum, le directeur des infrastructures et du développement urbain du Groupe de la Banque, Mike Salawou, a noté que si les perspectives de la demande dans le secteur de l’aviation en Afrique étaient parmi les plus fortes au monde, la capacité en matière d’offre et la préparation à l’investissement étaient à la traîne. L’IATP, a-t-il dit, vise à réduire les risques sur les investissements prioritaires, à soutenir les premières transactions pilotes et à restaurer la confiance des financeurs commerciaux et institutionnels.
Du point de vue du secteur, le secrétaire général de l’AFRAA, Abderahmane Berthé, a souligné l’ampleur des opportunités et le déséquilibre auquel le continent était confronté. « L’Afrique représente près de 18 % de la population mondiale, mais moins de 3 % du trafic aérien mondial, ce qui reflète des obstacles structurels et réglementaires plutôt qu’une faible demande », a-t-il pointé.
Dans un discours prononcé au nom de Kenya Airways, l’Afrique a été décrite comme la plus grande opportunité structurelle du 21e siècle dans le domaine de l’aviation. Au cours des deux prochaines décennies, un quart des nouveaux usagers du transport aérien mondial devrait provenir d’Afrique, sous l’effet d’une urbanisation rapide, d’une population aux revenus moyens en pleine croissance et d’un profil démographique jeune.
Cependant, les performances financières du secteur restent limitées. Selon l’Association internationale du transport aérien (IATA), les compagnies aériennes africaines devraient dégager des marges nettes de 1 à 2 % seulement, ce qui est inférieur à la moyenne mondiale prévue de 3,9 % en 2026. Les coûts élevés du carburant, la lourdeur de la fiscalité, la libéralisation incomplète et l’infrastructure limitée des hubs continuent de peser sur la rentabilité.
La connectivité reste un goulet d’étranglement majeur. Le trafic intra-africain ne représente qu’environ un quart de la totalité du transport aérien, de nombreux passagers étant obligés de transiter par des pays situés en dehors du continent. Les participants ont souligné que la mise en œuvre intégrale du Marché unique du transport aérien en Afrique était essentielle pour libérer une connectivité intracontinentale efficace.
Dans le discours liminaire prononcé par Eric Ntagengerwa, responsable des transports et de la mobilité à la Commission de l’Union africaine (CUA) au nom de Lerato Dorothy Mataboge, commissaire aux infrastructures et à l’énergie, la réforme de l’aviation a été présentée comme un impératif pour la souveraineté, l’intégration et la compétitivité. Il a souligné que le Marché unique du transport aérien en Afrique serait le thème de l’Union africaine pour 2027.
Les discussions, qui se sont déroulées sur deux jours, se sont concentrées sur la mise en œuvre pratique, y compris le renforcement de la bancabilité des compagnies aériennes, la promotion d’une aviation respectueuse du climat, le développement du fret et de la logistique, le renforcement des compétences et le déploiement de mécanismes innovants de partage des risques dans le cadre de l’IATP. Les expériences nationales du Nigéria, du Kenya et de l’Éthiopie ont illustré la manière dont les objectifs continentaux pouvaient se traduire par des réformes nationales coordonnées et des opportunités d’investissement à court terme.
Samuel Obafemi Bajomo, conseiller principal auprès du ministère de l’Aviation du Nigéria, a souligné que des cadres politiques prospectifs et favorables à l’investissement étaient essentiels pour renforcer la connectivité et libérer le potentiel de croissance de l’Afrique, et pour positionner l’aviation en tant que catalyseur du commerce, du tourisme et d’une prospérité partagée.
Le forum s’est conclu sur un message clair : la demande en matière d’aviation en Afrique est réelle, en pleine accélération et irréversible. La priorité est désormais à la mise en œuvre : aligner les politiques, les capitaux et les infrastructures pour que l’aviation devienne un moteur durable de la croissance inclusive et de l’intégration régionale sur l’ensemble du continent.
À propos du Groupe de la Banque africaine de développement
Le Groupe de la Banque africaine de développement est la principale institution de financement du développement en Afrique. Il comprend trois entités distinctes : la Banque africaine de développement (BAD), le Fonds africain de développement (FAD) et le Fonds spécial du Nigeria (FSN). Représentée dans 41 pays africains, avec un bureau extérieur au Japon, la Banque contribue au développement économique et au progrès social de ses 54 États membres régionaux. Pour plus d’informations : www.afdb.org »
Le Ministre Secrétaire général de la Présidence du Faso, Dr Zakaria Soré, au nom du Président du Faso, le Capitaine Ibrahim TRAORÉ, a procédé ce mardi 3 mars, à la remise d’un périmètre aménagé pour le maraîchage aux femmes de la commune rurale de Komtoèga dans la région du Nakambé.
« MOIS DE LA FEMME 2026
Autonomisation des femmes de Komtoèga : 8 hectares aménagés pour le maraîchage
(Tenkodogo, 5 mars 2026). Le Ministre Secrétaire général de la Présidence du Faso, Dr Zakaria SORÉ, au nom du Président du Faso, Chef de l’État, Son Excellence le Capitaine Ibrahim TRAORÉ, a procédé ce mardi 3 mars, à la remise d’un périmètre aménagé pour le maraîchage aux femmes de la commune rurale de Komtoèga dans la région du Nakambé.
Le site aménagé est entièrement clôturé et doté de 2 polytanks ravitaillés par un circuit intégré de 3 forages munis de système d’énergie solaire. D’une superficie de 8 hectares, le site dispose de 32 bassins offrant une capacité de 41m³/h d’eau en permanence. Dénommé « Périmètre maraîcher du 8-Mars des femmes de Komtoèga », ce site vise à autonomiser les femmes conformément à la vision du Président du Faso, le Capitaine Ibrahim TRAORÉ.
«Dans la vision de souveraineté de Son Excellence le Capitaine Ibrahim TRAORÉ, il a décidé qu’on aménage ce site pour permettre non seulement aux femmes de pouvoir travailler, de profiter des retombées de leurs activités, mais aussi que ce site puisse être un levier de développement pour la commune de Komtoèga », a indiqué Dr Zakaria SORÉ.
La représentante des bénéficiaires, Mme Habibou ZÈBA, a exprimé sa gratitude au Chef de l’État : « Aujourd’hui, nous ne célébrons pas seulement un site. Nous célébrons une opportunité. Grâce à cet aménagement, nous pourrons développer nos activités maraîchères et générer des revenus pour nos familles ».
La seconde phase du projet consiste à doter les productrices en intrants, engrais et matériel agricole, afin de faire d’elles, de véritables actrices du développement endogène et de transformation sociale.
Direction de Communication de la Présidence du Faso »
Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a présidé, ce vendredi 27 février 2026, à Ouagadougou, la cérémonie marquant la fin de formation de la première promotion du Programme de reconversion des diplômés du système universitaire. Cette première promotion a permis de former 250 diplômés universitaires, dont 110 femmes, sur la période d’octobre 2025 à janvier 2026, avec un accent particulier sur les compétences techniques, la gestion d’entreprise et la maîtrise des outils digitaux. Communiqué.
C’est le PM Ouédraogo qui a présidé la cérémonie de sortie de promotion de cette première vague de diplômés universitaires reconvertis
«Formation professionnelle : Le Premier ministre préside la sortie de la première promotion du Programme de reconversion des diplômés universitaires
Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a présidé, ce vendredi 27 février 2026, à l’École nationale d’élevage et de santé animale (ENASA) de Ouagadougou, la cérémonie marquant la fin de formation de la première promotion du Programme de reconversion des diplômés du système universitaire. Cette initiative constitue une étape significative dans la réforme du dispositif national de formation professionnelle, au service de l’employabilité des jeunes diplômés.
Face aux défis du chômage des jeunes et à l’inadéquation entre formation académique et besoins du marché du travail, le Gouvernement a fait le choix stratégique d’investir dans le capital humain, à travers la mise en œuvre du Programme de reconversion des diplômés du système universitaire.
Porté par Burkina Suudu Bawdè (BSB), établissement public de l’État créé en juillet 2023 pour contribuer à la restructuration de la formation professionnelle, le programme s’inscrit dans la vision du Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, visant à faire de la compétence un pilier de la transformation économique nationale.
Selon le Directeur général de BSB, Kèrabouro Palé, la phase pilote, qui vient ainsi de livrer sa première cuvée, conduite d’octobre 2025 à janvier 2026, a permis de former 250 diplômés universitaires, dont 110 femmes, à travers une approche fortement axée sur la pratique, avec un accent particulier sur les compétences techniques, la gestion d’entreprise et la maîtrise des outils digitaux. La première promotion de ce programme innovant a été formée dans des filières porteuses (élevage et santé animale, transformation agroalimentaire, maintenance, construction métallique et électrique, technologies numériques).
Au nom des apprenants, Mahamadi Kaboré, a exprimé sa gratitude aux autorités pour avoir initié ce programme et aux partenaires pour la qualité de la formation reçue. Il a, par ailleurs, plaidé pour un accompagnement financier et technique, afin de faciliter l’installation des bénéficiaires et la concrétisation de leurs projets entrepreneuriaux.
Pour le Chef du Gouvernement, la formation professionnelle doit être perçue comme un instrument puissant de lutte contre le chômage, la pauvreté et les inégalités
Pour le Chef du Gouvernement, la formation professionnelle doit être perçue comme un instrument puissant de lutte contre le chômage, la pauvreté et les inégalités. « En investissant dans les compétences, nous investissons dans la stabilité, la croissance et l’avenir de notre pays », a-t-il déclaré. Le Premier ministre a félicité les lauréats et réaffirmé l’engagement de l’État à faciliter l’accès aux financements, notamment via les fonds nationaux dédiés à l’entrepreneuriat, tout en invitant les jeunes à privilégier des projets collectifs.
La cérémonie s’est achevée par la remise symbolique des attestations aux majors des différentes filières de formation, suivie de la visite des stands d’exposition présentant les produits et réalisations issus du savoir-faire acquis lors de la formation. Cette immersion a permis au Chef du Gouvernement d’apprécier concrètement la qualité des compétences développées et le potentiel entrepreneurial des bénéficiaires, confirmant la pertinence et l’impact de cette initiative pour la transformation économique du Burkina Faso.
Le Conseil des ministres s’est tenu à Ouagadougou, le jeudi 26 février 2026, en séance ordinaire, de 09 H 00 mn à 10 H 54 mn, sous la présidence de Son Excellence le Capitaine Ibrahim TRAORE, Président du Faso, Président du Conseil des ministres. Il a délibéré sur les dossiers inscrits à son ordre du jour, entendu des communications orales, procédé à des nominations, à une révocation et autorisé des missions à l’étranger. Compte rendu.
La présente session s’est tenue sous la , sous la présidence du Président du Faso, Président du Conseil des ministres, le Capitaine Ibrahim Traoré
I DELIBERATIONS
I 1 AU TITRE DE LA PRIMATURE
Le Conseil a adopté un décret portant création d’un Secrétariat technique, chargé du Suivi du portefeuille des participations de l’Etat et ses démembrements dans les entités économiques (ST/SPPE).
Le portefeuille des prises de participations de l’Etat regroupe l’ensemble des participations financières détenues par l’Etat et ses démembrements dans des entités dotées de la personnalité morale.
La création du ST/SPPE vise à doter l’Etat d’une structure spécialisée permettant une gestion active, stratégique et cohérente des participations de l’Etat et de ses démembrements dans les entreprises publiques et parapubliques.
Elle permet de réduire les chevauchements de compétences entre les structures existantes et de clarifier les responsabilités en matière de pilotage stratégique, de tutelle, de contrôle et de valorisation du portefeuille des participations publiques de l’Etat dans les entités économiques.
L’adoption de ce décret permet la création du Secrétariat technique, chargé du Suivi du portefeuille des participations de l’Etat et ses démembrements dans les entités économiques.
I 2 AU TITRE DU MINISTERE DE L’ADMINISTRATION TERRITORIALE ET DE LA MOBILITE
Le Conseil a adopté un décret portant règlementation de la banalisation des véhicules de l’Etat.
Ce décret est une relecture du décret n°2013-656/PRES/PM/MIDT/MEF/MATS/MDNAC du 30 juillet 2013 portant règlementation de la banalisation des véhicules de l’Etat.
L’objectif de cette relecture est de faciliter le traitement des dossiers en tenant compte des demandes tout en conservant le caractère exceptionnel de l’opération de banalisation.
L’adoption de ce décret permet une saine gestion des véhicules banalisés de l’Etat.
I 3 AU TITRE DU MINISTERE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES
Le Conseil a adopté une ordonnance portant autorisation de ratification de l’Accord de prêt n°16869P signé le 12 janvier 2026 entre le Burkina Faso et le Fonds de l’OPEP pour le développement international (OFID) pour le financement du Projet de protection du capital humain phase II.
D’un coût estimé à 30 000 000 dollars US soit 16 740 000 000 F CFA, le Projet de protection du capital humain phase II (PPCH II) est financé par le Fonds de l’OPEP pour le développement international.
Le projet vise à renforcer la capacité du Gouvernement à répondre aux situations d’urgence dans les secteurs de la santé et de l’éducation.
L’adoption de cette ordonnance permet de ratifier l’Accord de prêt entre le Burkina Faso et le Fonds de l’OPEP pour le développement international (OFID) en vue du financement du Projet de protection du capital humain phase II, conformément à la loi n°023-2025/ALT du 29 décembre 2025 portant habilitation du Gouvernement à autoriser par voie d’ordonnance, la ratification des accords et conventions de financement signés entre le Burkina Faso et les partenaires techniques et financiers.
I 4 AU TITRE DU MINISTERE DE LA SECURITE
Le Conseil a adopté une ordonnance portant institution d’un avancement à titre exceptionnel au profit des personnels des forces de sécurité intérieure.
Les statuts des forces de sécurité intérieure prévoient que l’accès à un corps supérieur s’opère, en principe par concours professionnel. Par ailleurs l’accès à un grade supérieur s’acquiert principalement par avancement en fonction de l’ancienneté.
Toutefois, en période de crise sécuritaire exceptionnelle, l’application stricte de ces mécanismes ordinaires ne permet pas toujours de satisfaire pleinement les exigences opérationnelles, ni de prendre en compte de manière adéquate l’engagement, le mérite et les sacrifices consentis par les personnels des forces de sécurité intérieure. Face à cette situation, il est apparu nécessaire de prévoir des mesures dérogatoires et exceptionnelles en matière de gestion des carrières.
Ces mesures concernent notamment l’avancement à titre exceptionnel, soit de grade en grade dans le même corps, soit avec accès à un corps immédiatement supérieur, en reconnaissance des faits d’éclat ou des services exceptionnels rendus à la Nation en temps de paix, de crise, de conflit armé ou au cours d’une mission spéciale à haut risque.
L’adoption de cette ordonnance permet l’avancement à titre exceptionnel au profit des personnels des forces de sécurité intérieure, conformément à la loi n°020-2025/ALT du 22 décembre 2025 portant habilitation du Gouvernement à prendre des mesures dans le cadre des sujétions liées aux nécessités de la défense nationale.
I 5 AU TITRE DU MINISTERE DE LA JUSTICE
Le Conseil a examiné deux (02) projets de loi.
Le premier projet de loi porte modification de la loi n°045/98/AN du 13 octobre 1998 portant création des Tribunaux de grande instance de Banfora, Diapaga et Tougan.
Le Gouvernement du Burkina Faso a entrepris dans le cadre du renforcement de la gouvernance du territoire, un réaménagement du territoire national ayant conduit à la création de nouvelles provinces et à la redéfinition des limites territoriales de certaines collectivités. Ce réaménagement a également des incidences sur l’organisation judiciaire, notamment sur les ressorts territoriaux de certaines juridictions.
Cette loi modificative vise à opérer une redéfinition du ressort territorial du Tribunal de grande instance de Diapaga qui couvre désormais les territoires des provinces du Gobnangou et du Dyamongou. Elle permettra de mettre en adéquation la carte judiciaire avec la nouvelle organisation territoriale.
Le Conseil a marqué son accord pour la transmission dudit projet de loi à l’Assemblée législative de Transition.
Le second projet de loi porte modification de la loi n°023-2007/AN du 08 novembre 2007 portant création des Tribunaux de grande instance de Djibo, Nouna, Orodara et Diébougou.
Cette loi modificative vise à opérer une redéfinition du ressort territorial du Tribunal de grande instance de Djibo qui couvre désormais les territoires des provinces du Djelgodji et du Karo Peli. Elle permettra de mettre en adéquation la carte judiciaire avec la nouvelle organisation territoriale.
Le Conseil a marqué son accord pour la transmission dudit projet de loi à l’Assemblée législative de Transition.
I 6 AU TITRE DU MINISTERE DE LA SANTE
Le Conseil a adopté un décret portant modification du décret n°2024-1723/PRES/PM/MS/MICA/MEF du 31 décembre 2024 portant approbation des statuts de la Société de gestion du technopôle pharmaceutique intégré de Kokologho.
Le Conseil des ministres du 05 février 2026 a adopté le décret modificatif n°2024 1630/PRES/PM/MICA/MEF/MS du 23 décembre 2024 portant création d’une société d’économie mixte dénommée Société de gestion du technopôle pharmaceutique intégré de Kokologho (FASO-PHARMA). Ledit décret consacre le transfert des parts de l’Agence de développement économique de Kokologho à l’Etat.
La modification du décret portant création de FASO-PHARMA entraine systématiquement celle du décret portant approbation de ses statuts.
L’adoption de ce décret permet de doter la Société de gestion du technopôle pharmaceutique intégré de Kokologho de nouveaux statuts en vue d’accomplir efficacement ses missions.
I 7 AU TITRE DU MINISTERE DE L’INDUSTRIE, DU COMMERCE ET DE L’ARTISANAT
Le Conseil a adopté un décret portant organisation de l’Assemblée générale des Sociétés d’Etat et des Etablissements publics de prévoyance sociale (AG-SE/EPPS).
Ce décret est une relecture du décret n°2000-192/PRES/PM/MICA/ME du 17 mai 2000 portant organisation de l’Assemblée générale des Sociétés d’Etat. Il comporte entre autres les innovations suivantes : – la prise en compte des Etablissements publics de prévoyance sociale dans le dispositif d’approbation des comptes des entités publiques ; – la tenue des rencontres préparatoires au sein de chaque tutelle technique des sociétés d’Etat et des Etablissements publics de prévoyance sociale en vue d’examiner en amont la validité des mandats des administrateurs etdes commissaires aux comptes, les projets de résolutions à soumettre à l’AG-SE, les difficultés rencontrées et les propositions de solutions ; – la prise de sanctions en cas de manquement à certaines dispositions règlementaires.
Ce décret vise à formaliser la participation des EPPS dans le cadre juridique et organisationnel de l’Assemblée générale des sociétés d’Etat afin d’améliorer leur gouvernance.
L’adoption de ce décret permet de disposer d’un cadre approprié pour l’approbation des comptes des sociétés d’Etat et des Etablissements publics de prévoyance sociale.
II COMMUNICATIONS ORALES
II1 Le ministre des Serviteurs du Peuple a fait au Conseil une communication relative aux mesures prises contre sept agents publics visés par une révélation du KORAG le 1er février 2026.
Lesdits agents ont été incriminés dans des dossiers de corruption documentés par le KORAG et des mesures disciplinaires prises à l’encontre de certains d’entre eux. C’est ainsi que des agents ont été révoqués et d’autres ont fait l’objet de procédures disciplinaires. Au terme de ces procédures, Monsieur Séni SANKADE, Mle 240 559, Adjudant de police, est rétrogradé au grade de Sergent-chef
de police, Monsieur Abdoul Rachid OUEDRAOGO, Mle 1 104 2021 0068, Agent de police, non sanctionné au bénéfice du doute.
Le Gouvernement reste engagé sur le chantier de la moralisation de la vie publique pour une gouvernance vertueuse en cohérence avec les valeurs de la Révolution progressiste populaire.
II 2 Le ministre de la Communication, de la culture, des arts et du tourisme a fait au Conseil une communication relative à l’organisation de la 16è édition du Salon international du Tourisme et de l’hôtellerie de Ouagadougou (SITHO), prévue du 22 au 27 septembre 2026.
Placée sous le thème : «Financement des projets structurants : un levier pour le développement du tourisme », la 16è édition du SITHO entend mettre un accent particulier sur le financement des projets touristiques structurants afin de stimuler l’investissement et de consolider l’offre touristique nationale.
Plusieurs activités sont prévues pour cette édition. Il s’agit entre autres :
– des rencontres d’affaires B to B entre les professionnels du secteur du tourisme ;
– des panels et conférences sur le thème central du financement des projets
touristiques structurants ;
– des expositions de potentialités culturelles et touristiques ;
– des excursions touristiques grand public.
En marge du SITHO 2026, il est prévu l’organisation d’un forum des acteurs du tourisme de la Confédération des Etats du Sahel (AES). Ce forum devra aboutir à la signature d’une convention de partenariat entre les organisations de gestion des destinations des trois (03) Etats membres de l’AES, afin de valoriser et de promouvoir le potentiel touristique de l’espace confédéral.
II 3 Le ministre de la Santé a fait au Conseil une communication relative à l’organisation du Forum national sur le financement de la santé, prévu du 25 au 27 mars 2026 à Ouagadougou.
Ce forum a pour thème « Bâtir un système de financement de la santé efficient et équitable pour une souveraineté sanitaire et la réalisation des objectifs du Plan RELANCE 2026-2030 ». Il a pour objectif de proposer un agenda concret de réformes du financement de la santé au Burkina Faso et une feuille de route opérationnelle pour sa mise en œuvre.
Il s’agira entre autres, d’apprécier les progrès et défis du Burkina Faso en matière de financement de la santé, de s’enrichir des expériences régionales et internationales réussies puis de proposer les principes et actions concrètes d’alignement des interventions des partenaires au développement.
Le Forum national sur le financement de la santé est placé sous le Très haut patronage de Son Excellence Monsieur le Président du Faso, Chef de l’Etat.
II 4 Le ministre de l’Enseignement secondaire et de la formation professionnelle et technique a fait au Conseil le compte rendu de la mise en œuvre de la phase pilote du Programme de reconversion des diplômés du système universitaire (PRDSU), tenu du 20 octobre 2025 au 30 janvier 2026.
260 diplômés venus de Bobo-Dioulasso, de Koudougou, de Ouahigouya et de Ouagadougou ont pris part à cette phase pilote du PRDSU. La formation, axée sur une approche pédagogique innovante basée sur 5% de théorie et 95% de pratique, a duré trois (03) mois et s’est articulée autour de 06 packs de métiers intégrés, comprenant chacun plusieurs modules techniques ainsi qu’un module transversal obligatoire de civisme et patriotisme.
La mise en œuvre du programme a permis aux bénéficiaires d’acquérir les compétences techniques nécessaires à la création et à la gestion d’activités génératrices de revenus.
Le Programme de reconversion des diplômés du système universitaire vise à favoriser la reconversion socioprofessionnelle des diplômés du système universitaire à travers des formations modulaires qualifiantes dans des métiers à fort potentiel d’emplois. Il constitue une opportunité pour les diplômés en fin de cycle confrontés à des difficultés d’insertion socioprofessionnelle.
II 5 Le ministre des Sports, de la jeunesse et de l’emploi a fait au Conseil une communication relative à l’organisation de la première édition d’une course cycliste dénommée « Tour féminin Yennenga », prévue du 23 au 29 mars 2026.
La première édition de ce tour se déroulera en cinq (05) étapes, avec un circuit reliant plusieurs localités du pays afin de valoriser la diversité du territoire et favoriser l’adhésion des communautés. Cette compétition internationale connaîtra la participation des pays tels le Bénin, le Burundi, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Kenya, le Mali, la Namibie et le Niger.
L’édition 2026 du Tour féminin Yennenga a entre autres pour objectifs de promouvoir la performance et l’excellence sportive féminine au Burkina Faso, de sensibiliser les populations sur le rôle majeur de la femme dans le développement socioéconomique et de contribuer au rayonnement de notre pays à travers un évènement fédérateur.
III NOMINATIONS
III 1 NOMINATIONS DANS LES FONCTIONS INDIVIDUELLES
A AU TITRE DE LA PRESIDENCE DU FASO
– Monsieur Arsène ROUAMBA, Officier, est nommé Directeur général adjoint de l’Agence Faso Mêbo ; – Monsieur Benjamin BINGO, Mle 294 360 P, Inspecteur du trésor, 1ère classe, 5e échelon, est nommé Directeur des finances et de la comptabilité de l’Agence Faso Mêbo ;
– Monsieur Rayangnewendé Darel Odilon OUEDRAOGO, Officier, est nommé Directeur des ressources humaines de l’Agence Faso Mêbo.
B AU TITRE DE LA PRIMATURE
– Monsieur Séguérim ROMBA, Mle 57 199 L, Inspecteur du trésor, 2e classe, 2e échelon, est nommé Inspecteur technique des services ;
– Monsieur Jean Philippe DAKOURE, Mle 104 267 W, Administrateur des services financiers, 2e classe, 4e échelon, est nommé Conseiller spécial chargé des questions économiques ;
– Monsieur Wend Benedo Jean Sylvestre KOROGO, Officier, est nommé Secrétaire permanent de la Commission nationale de contrôle des armes (SP/CNCA).
C AU TITRE DU MINISTERE DE L’AGRICULTURE, DE L’EAU, DES RESSOURCES ANIMALES ET HALIEUTIQUES
– Madame Dabou Irène TRAORE, Mle 47 685 F, Administrateur des services financiers, 1ère classe, 15e échelon, est nommée Inspecteur technique des services ;
– Monsieur Donkora KAMBOU, Mle 83 980 E, Ingénieur d’agriculture, 2e classe, 6e échelon, est nommé Conseiller technique, en remplacement de Mahamoudou TIEMTORE ;
– Monsieur Seydou SANA, Mle 83 979 H, Ingénieur de conception en génie rural, 2e classe, 6e échelon, est nommé Conseiller technique, en remplacement de Monsieur Boukary SAVADOGO ;
– Monsieur Yasseya GANAME, Mle 216 305 J, Ingénieur de conception du génie rural, 2e classe, 3e échelon, est nommé Chargé de mission ; – Monsieur Windgoudi Jacques BONKOUNGOU, Mle 213 864 M, Inspecteur de l’environnement, 1ère classe, 6e échelon, est nommé Chargé de mission, en remplacement de Bienvenu ZONOU ; – Monsieur Boukary SAVADOGO, Mle 47 770 D, Administrateur des affaires sociales, 2e classe, 1er échelon, est nommé Chargé de mission ; – Monsieur Pamoussa OUEDRAOGO, Mle 46 066 U, Inspecteur général des eaux et forêts, catégorie I, grade A, 2e échelon, est nommé Chargé de mission ;
– Monsieur Moussa RAMDE, Mle 289 067 Y, Ingénieur du génie rural, 1ère classe, 5e échelon, est nommé Directeur régional de l’Agriculture, de l’eau, des ressources animales et halieutiques du Djôrô ;
– Monsieur Wend-Kuni Josée BAMA, Mle 271 688 K, Inspecteur principal des eaux et forêts, catégorie I, grade A, 1er échelon, est nommé Directeur des semences forestières ;
– Monsieur Bêma Roland SANOU, Mle 213 860 W, Inspecteur de l’environnement, 1ère classe, 5e échelon, est nommé Directeur du Bureau national Ozone à la Direction générale de l’environnement et du cadre de vie ;
– Monsieur Boudounoma Constantin Adama NIKIEMA, Mle 254 972 K, Ingénieur du génie rural, 2e classe, 1er échelon, est nommé Directeur de la Mobilisation des ressources en eau à la Direction générale des ressources en eau et de l’hydraulique ;
– Monsieur Lossi Roger DAKUO, Mle 245 159 M, Inspecteur des impôts, 2e classe, 1er échelon, est nommé Directeur de la Législation, de la règlementation et de la sécurisation foncière à la Direction générale du foncier, de la formation et de l’organisation du monde rural ;
– Monsieur Bakena Ahmed KARAMA, Mle 264 109 M, Conseiller en études et analyses, 2e classe, 1er échelon, est nommé Directeur de la Police de l’eau à la Direction générale des ressources en eau et de l’hydraulique ;
– Monsieur Wièmè SOME, Mle 215 302 Z, Ingénieur d’élevage, 2e classe, 2e échelon, est nommé Directeur du développement du pastoralisme à la Direction générale du foncier, de la formation et de l’organisation du monde rural ;
– Monsieur Wêndtoê Barnaby NIKIEMA, Mle 216 285 M, Ingénieur du génie rural, 1ère classe, 8e échelon, est nommé Directeur des études et de l’information sur l’eau à la Direction générale des ressources en eau et de l’hydraulique ;
– Madame Zalissa OUEDRAOGO/KARGOUGOU, Mle 315 221 D, Ingénieur du génie rural, 1ère classe, 4e échelon, est nommée Directrice du laboratoire d’analyse de la qualité de l’environnement ; – Monsieur Sibiri Donatien Jacob BONKOUNGOU, Mle 362 047 Z, Ingénieur en génie rural/hydrologie, 1ère classe, 3e échelon, est nommé Directeur du développement de l’irrigation à la Direction générale des aménagements agropastoraux et du développement de l’irrigation ; – Monsieur Eric Rega Christophe BAYALA, Mle 293 425 F, Inspecteur de l’environnement, 1ère classe, 6e échelon, est nommé Chef du département des mécanismes et des garanties REDD+ ;
– Monsieur Al Ibrahim TRAORE, Mle 264 114 J, Conseiller en études et analyses, 2e classe, 1er échelon, est nommé Chef du département de la coordination des interventions alimentaires au Secrétariat exécutif du Conseil national de sécurité alimentaire ;
– Madame Nongawendé Ella ZONGO, Mle 264 384 K, Ingénieur d’agriculture, 2e classe, 1er échelon, est nommée Chef de département de la résilience au Secrétariat exécutif du Conseil national de sécurité alimentaire ;
– Monsieur Jean Philippe BADOLO, Mle 94 485 M, Inspecteur des eaux et forêts, catégorie IA, 3e échelon, est nommé Chef de département de la coordination des Conventions internationales sur le développement durable et les changements climatiques au Secrétariat permanent de la Coordination des politiques sectorielles agricoles et du développement durable ;
– Madame Tégawendé Esther OUEDRAOGO, Mle 212 656 E, Ingénieur de conception du génie rural, 1ère classe, 8e échelon, est nommée Chef de département de la gestion des situations d’urgences en WASH au Secrétariat exécutif du Conseil national de sécurité alimentaire.
D AU TITRE DU MINISTERE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES
– Monsieur Lassana KONATE, Mle 40 466 K, Inspecteur des impôts, 1ère classe, 8e échelon, est nommé Directeur du Centre des impôts Ouaga III ;
– Monsieur Ambroise OUEDRAOGO, Mle 104 653 N, Administrateur des services financiers, 2e classe, 4e échelon, est nommé Comptable principal des matières du Fonds de soutien à l’éducation et à la recherche ; – Madame Nibèguirè Sylvie Marie Hortense SOME, Mle 200 267 S, Contrôleur des services financiers, 2e classe, 3e échelon, est nommée Comptable principal des matières de l’Institut national de formation en travail social ;
– Monsieur Louis ZEIDA, Mle 53 607 W, Contrôleur du trésor, 2e classe, 5e échelon, est nommé Comptable principal des matières du Centre de promotion de l’aviculture et multiplication des animaux performants ;
– Madame Mamounata OUEDRAOGO/OUEDRAOGO, Mle 58 576 K, Inspecteur du trésor, 1ère classe, 6e échelon, est nommée Comptable principal des matières du ministère des Sports, de la jeunesse et de l’emploi ; – Monsieur Albert SANOU, Mle 91 689 G, Administrateur des services financiers, 1ère classe, 8e échelon, est nommé Comptable principal des matières du ministère de la Construction de la Patrie.
E AU TITRE DU MINISTERE DES SERVITEURS DU PEUPLE
– Monsieur Wourozou Olivier Constantin SANOU, Mle 94 464 G, Chirurgien-Dentiste spécialiste en santé publique et santé communautaire, 1ère classe, 11e échelon, est nommé Directeur général de la Caisse nationale d’assurance maladie universelle.
F AU TITRE DU MINISTERE DE L’INDUSTRIE, DU COMMERCE ET DE L’ARTISANAT
– Madame Nebnoma Patricia YAMEOGO/BERE, Mle 78 219 K, Professeur certifié des lycées et collèges, 1ère classe, 10e échelon, est nommée Chargé de mission, en remplacement de Madame Bintou SARA ;
– Monsieur Mathias DOLLY, Mle 130 561 T, Magistrat, 1er grade, 1er échelon, est nommé Chargé de mission ;
– Monsieur Bernard BELEMYEGRE, Mle 200 554 P, Conseiller des affaires économiques, 1ère classe, 8e échelon, est nommé Chargé d’études ; – Monsieur Serge Eric COMPAORE, Mle 119 833 T, Conseiller des affaires économiques, 1ère classe, 10e échelon, est nommé Chargé d’études.
G AU TITRE DU MINISTERE DES SPORTS, DE LA JEUNESSE ET DE L’EMPLOI
– Monsieur Abdoulaye OUATTARA, Mle 35 155 T, Inspecteur de l’enseignement secondaire, catégorie PB, 3e classe, 8e échelon, est nommé Directeur de Cabinet ;
– Monsieur Yacouba GUIGMA, Mle 35 920 T, Inspecteur des impôts, 2e classe, 8e échelon, est nommé Directeur général de l’Agence burkinabè pour l’emploi (ABPE) Faso Tonlo Zï ;
– Monsieur Moussa SERE, Mle 259 739 D, Conseiller en emploi et en formation professionnelle, 2e classe, 2e échelon, est nommé Directeur régional des Sports, de la jeunesse et de l’emploi de Bankui ;
– Monsieur Sibiri Félix ZOUNGRANA, Mle 246 611 W, Conseiller de jeunesse et d’éducation permanente, 2e classe, 2e échelon, est nommé Directeur régional des Sports, de la jeunesse et de l’emploi du Djôrô ;
– Monsieur Seydou KABORE, Mle 117 250 M, Professeur d’éducation physique et sportive, 2e classe, 6e échelon, est nommé Directeur régional des Sports, de la jeunesse et de l’emploi du Guiriko ;
– Monsieur Jean-Baptiste KOUMBEM, Mle 117 243 D, Professeur d’éducation physique et sportive, 2e classe, 7e échelon est nommé Directeur régional des Sports, de la jeunesse et de l’emploi du Goulmou ;
– Madame Nida Blanche HIEN/TRAORE, Mle 228 360 L, Conseiller de jeunesse et d’éducation permanente, 2e classe, 2e échelon, est nommée Directrice régionale des Sports, de la jeunesse et de l’emploi des Koulsé ;
– Monsieur Mahamoudou SAWADOGO, Mle 303 895 F, Conseiller en emploi et en formation professionnelle, 1ère classe, 5e échelon, est nommé Directeur régional des Sports, de la jeunesse et de l’emploi du Liptako ;
– Monsieur Kissassida Hubert ZOUNGRANA, Mle 35 997 Z, Professeur certifié des lycées et collèges, 2e classe, 5e échelon, est nommé Directeur régional des Sports, de la jeunesse et de l’emploi du Nakambé ;
– Monsieur Zoua SAHOUNA, Mle 111 515 B, Professeur d’éducation physique et sportive 1ère classe, 6e échelon, est nommé Directeur régional des Sports, de la jeunesse et de l’emploi du Nando ;
– Madame Aminata SISSOKO, Mle 227 625 V, Professeur d’Education physique et sportive, 2e classe, 3e échelon, est nommée Directrice régionale des Sports, de la jeunesse et de l’emploi du Nazinon ;
– Madame Pêg-Wendé Apolline Marie Rolande BALKOUMA, Mle 324 698 N, Conseiller en emploi et en formation professionnelle, 1ère classe, 4e échelon, est nommée Directrice régionale des Sports, de la jeunesse et de l’emploi de Oubri ;
– Monsieur Adama KONFE, Mle 220 352 Y, Conseiller de jeunesse et d’éducation permanente, 1ère classe, 7e échelon, est nommé Directeur régional des Sports, de la jeunesse et de l’emploi des Tannounyan.
III 2 REVOCATION AU TITRE DU MINISTERE DE LA SANTE
Le Conseil a procédé à la révocation de Monsieur Jacques BOA, Mle 278 480 M, Médecin spécialiste en stomatologie et chirurgie maxillo-faciale pour faute d’extrême gravité.
III 3 NOMINATIONS DANS LES CONSEILS D’ADMINISTRATION
Le Conseil a procédé à la nomination d’Administrateurs aux Conseils d’administration : – – – – –
-du Fonds d’appui au sport et à la presse privée (FASP) « Wassa Bondo » au titre de la Primature ;
-du Conseil burkinabè des chargeurs (CBC) au titre du ministère de l’Administration territoriale et de la mobilité ;
-du Conseil de surveillance de la Caisse de dépôts et d’investissements du Burkina Faso au titre du ministère de l’Economie et des finances ;
-du Centre hospitalier universitaire Sourô Sanou (CHUSS), du Centre hospitalier régional de Ziniaré (CHR-Z) et de l’Office de santé des travailleurs (OST) au titre du ministère de la Santé ;
-du Bureau des mines et de la géologie du Burkina (BUMIGEB) au titre du ministère de l’Energie, des mines et des carrières.
Le Conseil a également procédé à la nomination d’Administrateurs au Conseil d’orientation et de contrôle de l’Agence nationale de la météorologie (ANAM) au titre du ministère de l’Administration territoriale et de la mobilité.
Il a procédé à la nomination de Présidents au Conseil d’administration du Fonds d’appui au sport et à la presse privée (FASP) « Wassa Bondo » et au Conseil d’orientation et de contrôle de l’Agence nationale de la météorologie (ANAM).
A PRIMATURE
Le Conseil a adopté deux (02) décrets.
Le premier décret nomme les personnes ci-après, Administrateurs au Conseil d’administration du Fonds d’appui au sport et à la presse privée (FASP) «Wassa Bondo».
ADMINISTRATEUR REPRESENTANT L’ASSOCIATION DES MUNICIPALITES DU BURKINA FASO (AMBF)
– Monsieur Yassia SAWADOGO, Mle 35 961 F, Professeur certifié des lycées et collèges.
Le second décret nomme Madame Wendpaga Adiara OUEDRAOGO/SORE, Mle 91 256 B, Inspecteur du trésor, Présidente du Conseil d’administration du Fonds d’appui au sport et à la presse privée (FASP) « Wassa Bondo ».
B MINISTERE DE L’ADMINISTRATION TERRITORIALE ET DE LA MOBILITE
Le Conseil a adopté trois (03) décrets.
Le premier décret nomme les personnes ci-après, Administrateurs représentant l’Etat au Conseil d’orientation et de contrôle de l’Agence nationale de la météorologie (ANAM) pour un premier mandat de trois (03) ans.
Au titre du ministère de l’Administration territoriale et de la mobilité : – –
Monsieur Hikoti GNOUMOU, Mle 130 465 B, Magistrat, en remplacement de Monsieur Mamadou OUATTARA ;
Monsieur Koudougou Abel ZONGO, Officier, en remplacement de Monsieur Haïdara Moctar TABORE.
Le deuxième décret nomme Monsieur Hikoti GNOUMOU, Mle 130 465 B, Magistrat, Président du Conseil d’orientation et de contrôle de l’Agence nationale de la météorologie (ANAM) pour un premier mandat de trois (03) ans, en remplacement de Monsieur Mamadou OUATTARA.
Le troisième décret nomme les personnes ci-après, Administrateurs au Conseil d’administration du Conseil burkinabè des chargeurs (CBC) pour un premier mandat de trois (03) ans.
Au titre du ministère de l’Economie et des finances :
– Monsieur Tégawendé André ZAGRE, Mle 51 956 H, Inspecteur divisionnaire des douanes.
ADMINISTRATEUR REPRESENTANT LA CHAMBRE DE COMMERCE ET D’INDUSTRIE DU BURKINA FASO
– Monsieur Djakaridja GNAMOU, Mle 23 19 245 M, Economiste.
C MINISTERE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES
Le Conseil a adopté un décret portant nomination de Monsieur Patindé Wendinda Jean Yves BELEM, Mle 58 450 U, Inspecteur du trésor, Administrateur représentant l’Etat, au titre du ministère de l’Economie et des finances au Conseil de surveillance de la Caisse des dépôts et d’investissements du Burkina Faso pour un premier mandat de trois (03) ans.
D MINISTERE DE LA SANTE
Le Conseil a adopté trois (03) décrets.
Le premier décret renouvelle le mandat de Monsieur Samdpawindé Macaire OUEDRAOGO, Mle 94 470 B, Professeur titulaire hospitalo-universitaire, Administrateur représentant l’Etat, au titre du ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation au Conseil d’administration du Centre hospitalier universitaire Sourô Sanou (CHUSS) pour une dernière période de trois (03) ans.
Le deuxième décret nomme Monsieur Jean-Baptiste ZEIDA, Mle 43 132 B, Inspecteur du trésor, Administrateur représentant l’Etat, au titre du ministère de l’Economie et des finances au Conseil d’administration du Centre hospitalier régional de Ziniaré (CHR-Z) pour un premier mandat de trois (03) ans.
Le troisième décret nomme Monsieur N’so BAKIEKA, Mle 082 349 X, Manipulateur d’Etat en électroradiologie médicale, Administrateur représentant le personnel au Conseil d’administration de l’Office de santé des travailleurs (OST) pour un premier mandat de trois (03) ans.
E MINISTERE DE L’ENERGIE, DES MINES ET DES CARRIERES
Le Conseil a adopté un décret portant nomination de Monsieur Olivier KIEMA, Mle 118 698 M, Economiste, Administrateur représentant l’Etat, au titre du ministère de l’Industrie, du commerce et de l’artisanat au Conseil d’administration du Bureau des mines et de la géologie du Burkina (BUMIGEB) pour un premier mandat de trois (03) ans, en remplacement de Madame Assita TRAORE.
Les autorités en charge de la communication publique au Burkina Faso ont exhorté à plus de responsabilités pour barrer la route à la désinformation sur les plateformes numériques
Le Conseil Supérieur de la Communication (CSC) et le ministère de la communication des arts et tourisme ont organisé ce mercredi 25 février 2026 à Ouagadougou, une rencontre d’échange avec les responsables des médias et les DCRP des ministères et institutions sur la gestion des plateformes numériques à l’ère de la désinformation croissante.
Les autorités en charge de la communication publique au Burkina Faso ont exhorté à plus de responsabilités pour barrer la route à la désinformation sur les plateformes numériques
Dans un contexte marqué par une prolifération de fake news, des faux comptes, la recrudescence de la désinformation et des discours de haine ainsi que les usurpations d’identité numérique ; le thème choisi ne laisse aucune place à l’ambiguïté : « Gestion des plateformes numériques des médias, des ministères et institutions : quelles attitudes pour une information au service de la paix et de la cohésion sociale ».
Pour les autorités, l’enjeu est clair : transformer les pages officielles et les sites d’information en remparts contre la déstabilisation. Afin d’assurer à la population une information saine, gage de paix, de cohésion sociale et de développement durable.
L’objectif de cette rencontre d’échanges était de renforcer la sensibilisation des acteurs sur la modération des contenus numériques, la lutte contre les commentaires malveillants, la désinformation et les messages de haine.
Une menace structurée et démasquée
Le Ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo
L’annonce forte de cette journée est venue du Ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo. Ce dernier a révélé le démantèlement récent d’un réseau de malfaiteurs spécialisé dans la création de faux comptes. Ce réseau, agissant de manière coordonnée, alimentait des campagnes de désinformation à grande échelle, visant à manipuler l’opinion publique.
«Que nous puissions nous engager à maîtriser la communication de bout en bout, à maîtriser l’information de bout en bout parce que si nous laissons un seul espace inoccupé, ils viendront l’occuper (…) ce sont ces ennemis du peuple qui sont dans des laboratoires connus et nous en avons démasqué un certain nombre ces jours- ci ou des citoyens sont recrutés, des citoyens sont financés et au quotidien un peu comme dans des cybers café, il ne font que produire de fausses informations, ils ne font que créer de faux profils », a relevé le MCCAT Ouédraogo, en guise d’exhortation à une action conjointe de salubrité cybernétique.
Les médias invités à plus de responsabilités
Le Président du Conseil Supérieur de la Communication, Louis Modeste Ouédraogo
Face à cette situation les médias sont plus de responsabilités dans la gestion de leurs plateformes. Les acteurs des médias sont en effet exhortés à désigner au sein de leurs structures des personnes responsables de la gestion des plateformes en ligne afin de réguler et contrôler la modération à priori et postériori de leurs publications.
«L’espace numérique n’est pas une zone de non droit, il est de notre responsabilité collective et individuelle de faire en sorte à éviter que sous le prétexte d’un exercice de la liberté d’expression, les réseaux sociaux ne deviennent des vecteurs de propagation de fausses nouvelles , de diffamation ou de déstabilisation sociale» a rappelé pour sa part le Président du Conseil Supérieur de la Communication, Louis Modeste Ouédraogo.
Et d’insister sur la responsabilité accrue des responsables de médias et des Directeurs de la Communication et des Relations Presses (DCRP). Désormais, la simple diffusion de l’information ne suffit plus ; la modération active devient un acte de citoyenneté.
Laisser prospérer des commentaires haineux ou malveillants sous une publication officielle engage la responsabilité de l’institution. L’accent a été mis sur la nécessité de filtrer les contenus et de bloquer systématiquement les agents de la discorde pour préserver la paix sociale.
«Nous devons collectivement réfléchir non pas pour restreindre la parole mais pour en garantir la qualité et l’expression dans la légalité et le respect de de la dignité humaine», a conclu le Président du CSC.
Les membres du présidium au cours des échanges avec les acteurs de l'éducation des Tannounyan
Le Ministre de l’éducation de base, de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales (MEBAPLN), Jacques Sosthène Dingara, accompagné d’une forte délégation, a entamé ce lundi 23 février 2026, une tournée à Banfora, chef-lieu des Tannounyan. À cette étape, 10e du genre depuis sa sortie, les échanges ont porté sur le point des réformes éducatives amorcées dans cette région.
Les membres du présidium au cours des échanges avec les acteurs de l’éducation des Tannounyan
«Nous sommes passés ce matin à notre 10e étape d’échanges avec les collègues qui sont donc au niveau de l’assemblée pour le même message fort, d’encouragements, de félicitations des plus hautes autorités y compris. Deuxièmement, le message sur les ruptures que notre système éducatif a apportées pour accompagner la révolution progressiste populaire dans lequel notre pays s’est engagé de manière à se développer», a indiqué le Ministre de l’éducation de l’éducation de base, de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales (MEBAPLN), Jacques Sosthène Dingara.
«C’est une réforme importante »
Le Ministre de l’éducation de base, de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales (MEBAPLN), Jacques Sosthène Dingara, se prêtant aux questions des journalistes à l’issue des échanges
Et de dresser un bilan satisfaisant : «l’éducation réformée pour que les enfants, le burkinabè, qui a 10 ans, puisse dans l’avenir être un autre type de burkinabè qui se pose la question, bien sûr de ce qu’il apporte au développement de notre pays et non pas forcément de ce que notre pays lui apporte en tant qu’individu. C’est une réforme importante. Les échanges nous ont permis de nous comprendre et que les acteurs ici sur le terrain se sont engagés à accompagner. Nous avons foi que notre système éducatif rompe véritablement avec ces pratiques».
«La présence de Monsieur le Ministre ici nous galvanise à plus d’un titre »
Dari Anselme Dah, Directeur régional de l’éducation préscolaire, primaire et non formelle, faisant le point des échanges à la presse
Pour sa part, le Directeur régional de l’éducation préscolaire, primaire et non formelle (DREPPNFH), Dari Anselme Da, a, dans son allocution soutenue par des séances de projection de films, décortiqué explicitement l’état des lieux et les perspectives envisagées pour une mise en œuvre réussie de ces réformes éducatives.
«Cette rencontre voulue par les plus autorités du Ministère nous a effectivement permis de repasser en vue les différentes réformes qui sont mises en œuvre au niveau de la région des Tannounyan justement pour aller dans la rupture dont parle Monsieur le Ministre. La rencontre a surtout permis de faire l’état des lieux et de rassurer les différents acteurs. Et S’il y a des difficultés, oui mais, il y a certainement la volonté. Cette volonté-là est notre arme qui va nous permettre d’aller à la rupture. De toute façon, on ne peut pas aller vers la souveraineté sans sacrifice. En réglant les problèmes et les difficultés, c’est cela qui va nous permettre d’être en phase avec notre volonté de faire la rupture avec ce qui est dépassé. La présence de Monsieur le Ministre ici nous galvanise à plus d’un titre. Lorsque vous faites un travail et que vous recevez les plus hautes autorités venues voir ce que vous êtes en train de faire, cela motive davantage les acteurs», a-t- il confié.
Directeurs régionaux et provinciaux, chefs de service, des Cceb, encadreurs, des directeurs d’école, et plusieurs enseignantes et enseignants, ainsi que FDS étaient vivement mobilisés pour l’occasion.
Le Conseil des ministres s’est tenu à Ouagadougou, le jeudi 19 février 2026, en séance ordinaire, de 09 H 00 mn à 12 H 36 mn, sous la présidence de Son Excellence le Capitaine Ibrahim TRAORE, Président du Faso, Président du Conseil des ministres. Il a délibéré sur les dossiers inscrits à son ordre du jour, entendu des communications orales, procédé à des nominations et autorisé des missions à l’étranger. Compte rendu .
La présente session s’est tenue sous la , sous la présidence du Président du Faso, Président du Conseil des ministres, le Capitaine Ibrahim Traoré
I DELIBERATIONS
I 1 AU TITRE DU MINISTERE DE L’ADMINISTRATION TERRITORIALE ET DE LA MOBILITE
Le Conseil a adopté un décret portant composition et modalités d’installation des délégations spéciales.
Ce décret vise l’application des dispositions de la loi n°024-2025/ALT du 30 décembre 2025 portant Code général des collectivités territoriales.
Les délégations spéciales actuelles sont régies par le décret n°2022-0118/PRES-TRANS/PM/MATDS/MEFP du 03 mai 2022 portant conditions d’installation, de composition, d’organisation, d’attributions et de fonctionnement de délégation spéciale dans une collectivité territoriale.
Par ailleurs, le fonctionnement de ces entités n’est plus en phase avec les dispositions du nouveau Code.
Les innovations du décret sont :
– la définition de la délégation spéciale comme « Assemblée locale » en lieu et place de «Commission administrative » ;
– le retrait des chefs de circonscription administrative des délégations spéciales ;
– le retrait des représentants des services techniques déconcentrés des délégations spéciales ;
– le retrait des autorités coutumières, traditionnelles et religieuses des délégations spéciales ;
– la nomination des présidents de délégations spéciales par arrêté du ministre de l’Administration territoriale et de la mobilité ;
– la prise en compte de nouveaux acteurs communautaires dans la composition des délégations spéciales tels les personnes handicapées, les agriculteurs, les éleveurs, les commerçants, les acteurs de la transformation agro-sylvo- pastorale, les artisans, les conseils d’écoles, les usagers de l’eau, les comités de gestion des structures sanitaires, les comités de veille et de développement (COVED) ;
– l’exclusion des députés.
L’adoption de ce décret permet de responsabiliser davantage les différentes composantes de la société dans la gestion des affaires publiques locales et d’améliorer la gouvernance locale.
I 2 AU TITRE DU MINISTERE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES
Le Conseil a adopté cinq (05) rapports.
Le premier rapport est relatif à une ordonnance portant autorisation de ratification de l’accord de prêt n°2025053/PR BF 2025 38 00 signé le 04 décembre 2025 entre le Burkina Faso et la Banque Ouest-africaine de développement (BOAD), pour le financement partiel du Projet de promotion de la finance inclusive pour l’accès des populations à faibles revenus aux services financiers au Burkina Faso (PPFIP), tranche 3.
Le coût de ce Projet est évalué à 44,372 milliards F CFA et le montant du prêt financé par la BOAD s’élève à 12,250 milliards F CFA.
L’objectif global du PPFIP est de contribuer à l’amélioration des conditions socioéconomiques des populations à la base.
De façon spécifique, il s’agit de :
– favoriser l’accès aux services financiers à travers les Institutions de microfinance (IMF) ;
– renforcer la protection sociale et la résilience des ménages vulnérables et les inclure dans le circuit économique ;
– développer des services financiers de proximité, adaptés, inclusifs et accessibles pour soutenir l’économie locale ; – mettre en place des mécanismes d’appui favorables aux bénéficiaires et garantissant la pérennité des institutions de financement décentralisées.
Les principaux bénéficiaires dudit projet sont :
– les femmes des zones rurales et périurbaines à revenu primaire faible ou inexistant ;
– les groupements d’agriculteurs et d’éleveurs ;
– les femmes et les jeunes travaillant dans l’agriculture et l’artisanat ;
– les petits commerçants des zones urbaines et périurbaines ;
– les petites et moyennes entreprises.
L’adoption de ce rapport permet de ratifier par voie d’ordonnance l’accord de prêt entre le Burkina Faso et la Banque Ouest-africaine de développement pour le financement partiel du Projet de promotion de la finance inclusive pour l’accès des populations à faibles revenus aux services financiers au Burkina Faso, tranche 3, conformément à la loi n°023-2025/ALT du 29 décembre 2025 portant habilitation du Gouvernement à autoriser par voie d’ordonnance, la ratification des accords et conventions de financement signés entre le Burkina Faso et les partenaires techniques et financiers.
Le deuxième rapport est relatif à une ordonnance portant autorisation de ratification de l’accord de prêt n°2025080/PR BF 2025 43 00 signé le 30 décembre 2025 entre le Burkina Faso et la Banque Ouest-africaine de développement pour le financement du tronçon Yargo-Bourzanga dans le cadre de la réalisation du projet de construction et de bitumage de la route nationale n°22 (RN22) Kongoussi-Djibo.
Cet accord de prêt porte sur un montant de 10 000 000 000 F CFA. Le projet de construction et de bitumage de la RN22 Kongoussi-Djibo contribuera à la résolution de la crise sécuritaire et humanitaire dans la zone du Sahel à travers le désenclavement de la région favorisant ainsi le développement économique et social.
L’adoption de ce rapport permet de ratifier par voie d’ordonnance l’accord de prêt entre le Burkina Faso et la Banque Ouest-africaine de développement pour le financement partiel du projet de construction et de bitumage de la route nationale n°22 (RN22) Kongoussi-Djibo au Burkina Faso, conformément à la loi n°23-2025/ALT du 29 décembre 2025 portant habilitation du Gouvernement à autoriser, par voie d’ordonnance la ratification des accords et conventions de financement signés entre le Burkina Faso et les partenaires techniques et financiers.
Le troisième rapport est relatif à un projet de décret portant autorisation de perception de recettes relatives à des prestations de service de certaines structures du ministère de l’Enseignement secondaire et de la formation professionnelle et technique.
Le ministère de l’Enseignement secondaire et de la formation professionnelle et technique fournit divers services aux usagers notamment les élèves, entreprises et partenaires, à travers certaines de ses structures centrales et déconcentrées.
Ces prestations comprennent entre autres, la délivrance des diplômes, la fourniture de documents administratifs et la location d’infrastructures ou de matériels. Elles génèrent des recettes dont il convient de définir clairement les modalités de perception et concernent notamment :
– l’autorisation d’occupation du poste de censeur et de comptable dans les établissements privés ;
– l’autorisation d’habilitation ou de renouvellement d’habilitation par les entreprises formatrices ;
– le retrait de certains titres professionnels ;
– les frais d’inscription aux examens et concours scolaires et à la certification ;
– le retrait des duplicatas de diplômes et d’attestations ;
– l’analyse de documents pédagogiques produits par les acteurs privés ;
– les visites de classe demandées par les promoteurs privés ;
– la formation pédagogique demandée par les promoteurs privés.
L’adoption de ce décret permet la perception de recettes relatives aux prestations de service de certaines structures du ministère de l’Enseignement secondaire et de la formation professionnelle et technique en vue d’améliorer la mobilisation des recettes au profit du budget de l’Etat.
Le quatrième rapport est relatif à un projet de décret portant autorisation de prise de participation dans le capital social de la société KIAKA SA.
Situé dans la commune de Gogo, province du Zoundwéogo, région du Nazinon, KIAKA SA détient un permis d’exploitation couvrant une superficie de 54,02 km2.
Ce décret vise une prise de participation supplémentaire au capital de la société KIAKA SA par l’Etat burkinabè à hauteur de 25%, suivant les dispositions des articles 66 et 306 de la loi n°016-2024/ALT du 18 juillet 2024 portant Code minier du Burkina Faso et le décret n°20250302/PRES/PM/MEMC/MEF/MJDHRI/MICA du 21 mars 2025 portant modalités de constitution et d’ouverture du capital des sociétés d’exploitation industrielle à l’Etat et aux investisseurs burkinabè.
Cette prise de participation portera la part de l’Etat à 40% dans le capital social de la société KIAKA SA.
L’adoption de ce décret permet une prise de participation supplémentaire de l’Etat burkinabè dans le capital de la société KIAKA SA.
Le cinquième rapport est relatif à un projet de décret portant déclaration d’utilité publique, la définition d’une zone de servitude foncière et la constitution de réserves foncières autour du site d’implantation du Complexe industriel ferroviaire de la Société de Fabrique et de Pose de Rails, en abrégé «FASO RAILS », dans la commune de Bobo-Dioulasso, province du Houet.
Dans le cadre de la mise en œuvre de la politique nationale d’industrialisation et de renaissance du secteur ferroviaire, le Gouvernement du Burkina Faso a engagé la création d’un complexe industriel intégré dédié à la fabrication et à la pose de rails, porté par la société d’économie mixte FASO RAILS.
A cet effet, un terrain d’une superficie de 59,3368 ha a été identifié et délimité dans le village de Kotédougou, commune de Bobo-Dioulasso, le long de l’axe Ouagadougou-Bobo (RN1), à la lisière du nouveau péage.
Toutefois, la réalisation effective des infrastructures industrielles, logistiques et ferroviaires prévues requiert la sécurisation d’une zone de servitude périphérique indispensable à l’implantation des ouvrages annexes notamment les voiries industrielles, les réseaux techniques, les zones de sécurité et les réserves foncières. Cette zone de servitude permettra de prévenir les occupations anarchiques, de protéger les investissements publics structurants et d’offrir une possibilité d’extension future des infrastructures industrielles du complexe.
La zone concernée par la déclaration d’utilité publique couvre une superficie totale de quarante (40) ha.
L’adoption de ce décret permet de déclarer d’utilité publique, la définition d’une zone de servitude foncière et la constitution de réserves foncières autour du site d’implantation du Complexe industriel ferroviaire de la Société de Fabrique et de Pose de Rails, en abrégé « FASO RAILS », dans la commune de Bobo-Dioulasso.
I 3 AU TITRE DU MINISTERE DE LA JUSTICE
Le Conseil a examiné un projet de loi portant modification de la Charte de la Transition révisée du 25 mai 2024.
La dissolution des partis et formations politiques exige une révision de certaines dispositions de la Charte de la Transition du 14 octobre 2022 et son modificatif du 25 mai 2024 afin d’instaurer une cohérence normative et institutionnelle.
En effet, la dissolution des partis et formations politiques induit la suppression de la composante «partis et mouvements » à l’article 15 de la Charte qui accorde à cette composante 12 sièges au sein de l’organe législatif. La réaffectation de ces sièges aux autres composantes permet de maintenir l’effectif de l’Assemblée législative de Transition et de lui garantir un fonctionnement optimum.
La réorganisation du territoire en juillet 2025 qui a consacré la création de quatre (04) nouvelles régions, requiert la prise en compte de leur représentant dans la composante personnalités désignées par les forces vives des régions au sein de la représentation nationale.
En outre, suite à la proclamation de la Révolution progressiste populaire le 1er avril 2025 par Son Excellence Monsieur le Président du Faso, il s’avère nécessaire d’impacter le dispositif juridique en prenant en compte des principes et valeurs fondamentaux de défense de la Patrie, d’engagement patriotique populaire et de rupture avec les modèles politiques impérialistes et néocoloniaux.
Le Conseil a marqué son accord pour la transmission dudit projet de loi à l’Assemblée législative de Transition.
I 4 AU TITRE DU MINISTERE DE LA TRANSITION DIGITALE, DES POSTES ET DES COMMUNICATIONS ELECTRONIQUES
Le Conseil a adopté un rapport relatif à deux (02) projets de décret portant respectivement nomination et renouvellement de mandat de membres au Conseil du Service universel des communications électroniques (CSU).
L’adoption de ces décrets permet la nomination de deux (02) membres et le renouvellement de mandat de trois (03) membres au Conseil du Service universel des communications électroniques.
I 5 AU TITRE DU MINISTERE DE L’ENERGIE, DES MINES ET DES CARRIERES
Le Conseil a adopté un rapport relatif aux projets spécifiques du ministère de l’Energie, des mines et des carrières.
Pour faire face au défi énergétique, le département en charge de l’Energie a planifié l’exécution de projets à fort impact en vue de garantir aux populations un accès universel à des services énergétiques modernes et à moindre coût, d’ici 2030.
Les actions identifiées dans le cadre de projets spécifiques au titre de l’année 2026 sont entre autres :
– le renforcement du réseau de transport et de distribution électrique (construction de postes HTB 330/90/33 kV et 225/33 kV) au profit de la Société nationale d’électricité du Burkina (SONABEL).
– la promotion d’une production d’électricité à faibles émissions de carbone ;
– l’accès des couches vulnérables aux services d’électricité par la connexion des ménages des zones péri-urbaines de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso ;
– le renforcement des capacités du Bureau des mines et de la géologie du Burkina (BUMIGEB).
Le coût global de ces projets spécifiques s’élève à deux cent quarante-neuf milliards trois cent vingt-quatre millions sept cent seize mille huit cent quatre-vingt-onze (249 324 716 891) F CFA TTC.
Le financement est assuré par le budget de l’Etat, des promoteurs privés, la SONABEL et des partenaires techniques et financiers.
I 6 AU TITRE DU MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR, DE LA RECHERCHE ET DE L’INNOVATION
Le Conseil a adopté deux (02) rapports.
Le premier rapport est relatif à un projet de décret portant approbation des statuts particuliers de l’Université Faustin Sié SIB.
L’adoption de ce décret permet de doter l’Université Faustin Sié SIB de textes règlementaires en vue d’accomplir efficacement ses missions.
Le second rapport est relatif à la formalisation du Projet d’appui à l’enseignement supérieur et à la recherche (PAESR).
Ce projet vise à consolider les acquis du Projet d’appui à l’enseignement supérieur (PAES), exécuté du 19 décembre 2018 au 31 mars 2025, à relever les nouveaux défis et à prendre en compte les ambitions du Gouvernement notamment en matière d’adéquation formation-emploi.
L’objectif global du PAESR est de renforcer l’accès aux filières professionnalisantes pertinentes pour le marché du travail et la gouvernance de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique pour une meilleure contribution au développement socio-économique du Burkina Faso.
Le projet a une durée de cinq (05) ans et permettra notamment :
-la construction de 03 Espaces numériques ouverts (ENO) ;
-l’octroi de bourses à 500 étudiants pour des études de doctorat dans les filières prioritaires ;
-l’opérationnalisation de 04 unités mixtes de recherche en agriculture, en matériaux (céramique), en mines et en santé dans le cadre de la mise en place d’un laboratoire fédérateur de science et technique ;
-l’acquisition d’ordinateurs au profit de 40 000 étudiants, sous forme de subvention pour d’un coût global de 60 000 000 000 F CFA, le PAESR sera financé par l’Association internationale pour le développement (IDA) et l’Etat burkinabè.
L’adoption de ce rapport permet de poursuivre les échanges avec la Banque mondiale en vue de la formalisation du Projet d’appui à l’enseignement supérieur et à la recherche.
II COMMUNICATIONS ORALES
II 1 Le ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture, de l’eau, des ressources animales et halieutiques a fait au Conseil une communication relative au plan d’urgence contre les coupures récurrentes et prolongées d’eau de l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA).
Au Burkina Faso, la production effective d’eau potable par l’ONEA est de 390 410 m3/jour. Il ressort que 122 180 m3 sont perdus par jour à travers le réseau de distribution ne rendant disponible au profit des consommateurs que 268 230 m3/jour. Les niveaux de perte d’eau s’élèvent ainsi à 31,3% alors que les standards internationaux se situent entre 15% et 20%.
Pour combler le déficit d’eau potable, trois mesures urgentes seront mises en œuvre améliorer la performance globale de la chaîne «Production-Distribution » d’eau potable de l’ONEA. Il s’agit de l’optimisation de la production effective d’eau potable, de la maîtrise des pertes d’eau dans le réseau et de l’augmentation urgente des capacités de production de l’eau potable.
L’ensemble de ces mesures permettra d’augmenter le disponible d’eau de plus de 180 000 m3/jour et d’améliorer les conditions de vie des populations.
Le coût du plan d’urgence s’élève à 14 milliards 600 millions F CFA et son financement est totalement bouclé. Il repose sur une mobilisation interne de ressources comprenant un réaménagement du budget du ministère en charge de l’eau pour un montant de 3,6 milliards F CFA, une contribution des agences de l’eau (Nakambé et Liptako) pour un montant de 3,5 milliards F CFA et les ressources propres de l’ONEA pour 7,5 milliards F CFA.
II 2 Le ministre de la Santé a fait au Conseil une communication relative à une baisse historique des cas et des décès liés au paludisme enregistrée en 2025 au Burkina Faso.
En effet, le nombre total de cas de paludisme est passé de 10 805 020 en 2024 à 7 329 278 en 2025, soit une diminution de 3 475 742 cas (-32,17 %). Chez les enfants de moins de cinq ans, la réduction est de 1 962 277 cas (-38,60 %). Le nombre de décès est passé de 3 523 en 2024 à 1 979 en 2025, soit une baisse de 1 544 décès (-43,83 %). Chez les enfants de moins de cinq ans, 893 décès ont été évités, représentant plus de la moitié de la baisse globale.
Ces résultats traduisent l’impact du leadership national et le renforcement de la gouvernance de la lutte contre le paludisme. Ils sont entre autres dus :
– aux efforts d’assainissement du cadre de vie dans certaines grandes villes ;
– à la distribution à l’échelle nationale pour la première fois, de 14 763 528 moustiquaires de nouvelle génération bi-imprégnées d’insecticides à longue durée d’action ;
– à l’extension de la vaccination antipaludique qui depuis août 2025 est passée de 27 districts à l’ensemble du pays ;
– à la chimio-prévention du paludisme saisonnier Plus (CPS+) ayant couvert 4 861 917 enfants et servi de plateforme pour l’identification et la destruction des gites larvaires ;
– à la confirmation diagnostique des cas quasi systématique (99,2 %) ;
– à la mobilisation communautaire accrue et la coordination multisectorielle renforcée.
Le Conseil salue ces résultats majeurs qui traduisent l’efficacité des orientations stratégiques du Gouvernement. Il félicite l’ensemble des acteurs et les invite à maintenir la dynamique pour une élimination totale du paludisme dans notre pays.
II 3 Le ministre de l’Enseignement de base, de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales a fait au Conseil une communication relative à la réunion des experts sur l’Education et le développement de la petite enfance (EDPE) en Afrique de l’Ouest et du Centre, tenue du 20 au 22 janvier 2026 à Dakar au Sénégal.
La réunion des experts sur l’Education et le développement de la petite enfance s’inscrit dans une dynamique régionale visant à accélérer le développement holistique de l’enfant, de la naissance à 08 ans et à renforcer la capacité des pays à traduire leurs engagements politiques en réformes concrètes et mesurables. La rencontre avait également pour objectifs d’apprécier, à cinq ans de l’échéance de 2030, les progrès vers les cibles liées aux Objectifs de développement durable.
Le Burkina Faso s’est enrichi des expériences des autres pays en matière d’éducation et de développement de la petite enfance. Il a aussi partagé son expérience dans le domaine de la formation des professionnels de l’éducation, de la santé et de l’action sociale.
III NOMINATIONS
III 1 NOMINATIONS DANS LES FONCTIONS INDIVIDUELLES
A AU TITRE DU MINISTERE DE L’AGRICULTURE, DE L’EAU, DES RESSOURCES ANIMALES ET HALIEUTIQUES
– Monsieur Oula Damien OUATTARA, Mle 254 841 M, Ingénieur d’agriculture, 1ère classe, 4e échelon, est nommé Directeur général de la Société Faso Agropôles ;
– Monsieur Karim DAO, Mle 264 390 E, Ingénieur en agriculture, 2e classe, 1er échelon, est nommé Directeur de l’Agropôle de la Comoé ;
– Monsieur Guiadoma Ludovic Prosper Arsène YIGO, Mle 254 842 U, Ingénieur du développement rural, 1ère classe, 2e échelon, est nommé Directeur de l’Agropôle de Samendeni ;
– Monsieur Dométierké John Herman HIEN, Mle 91 388 E, Ingénieur en agriculture, 2e classe, 3e échelon, est nommé Directeur de l’Agropôle du Sourou ;
– Monsieur Patarbtalé Joseph NIKIEMA, Mle 36 431 D, Ingénieur du génie rural, 2e classe, 11e échelon, est nommé Directeur de l’Agropôle du Nakambé ;
– Monsieur Ferdinand ZONGO, Mle 264 655 M, Ingénieur d’élevage et de santé animale, 1ère classe, 3e échelon, est nommé Directeur de la Vulgarisation et de recherche-développement en élevage.
B AU TITRE DU MINISTERE DE L’ADMINISTRATION TERRITORIALE ET DE LA MOBILITE
– Madame Jacqueline Mélanie NARE/SOMA, Mle 59 758 S, Administrateur civil, 2e classe, 7e échelon, est nommée Inspecteur général des services ;
– Monsieur Francis GUINKO, Mle 346 139 U, Administrateur civil, 1ère classe, 4e échelon, est nommé Directeur du Développement institutionnel et de l’innovation.
C AU TITRE DU MINISTERE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES
– Monsieur Somtigmeda Lambert ZONGO, Mle 208 087 N, Administrateur des services financiers, 1ère classe, 9e échelon, est nommé Chef de Cabinet du ministre délégué chargé du budget ; – Monsieur Wendpanga Télesphor MARE, Mle 212 291 K, Conseiller en aménagement du territoire et développement local, 2e classe, 3e échelon, est nommé Directeur des études spatiales et de l’aménagement du territoire ;
– Monsieur Hahadou TIABONDOU, Mle 55 762 Y, Inspecteur des impôts, 2e classe, 2e échelon, est nommé Chef de département des opérations de sécurisation des terres de l’Agence nationale du domaine foncier des organismes publics ;
– Monsieur Adama COMPAORE, Mle 104 797 X, Administrateur des services financiers, 1ère classe, 6e échelon, est nommé Comptable principal des matières du ministère de l’Enseignement de base, de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales.
D AU TITRE DU MINISTERE DE LA TRANSITION DIGITALE, DES POSTES ET DES COMMUNICATIONS ELECTRONIQUES
Les personnes dont les noms suivent sont nommées membres au Conseil du Service universel des communications électroniques (CSU) pour un premier mandat de trois (03) ans.
Au titre du ministère de la Transition digitale, des postes et des communications électroniques :
– Monsieur Zakaria HEBIE, Mle 260 666 N, Commissaire principal de police.
Le mandat des personnes dont les noms suivent est renouvelé au Conseil du Service universel des communications électroniques (CSU) pour une dernière période de trois (03) ans.
Au titre du ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation :
Au titre du ministère de l’Agriculture, de l’eau, des ressources animales et halieutiques :
– Monsieur Oumarou OUEDRAOGO, Mle 267 761 L, Ingénieur de conception en informatique.
Au titre de la Primature :
– Monsieur Goh Germain Zontowa ZADINI, Mle 238 625 H, Conseiller en emploi et en formation professionnelle.
E AU TITRE DU MINISTERE DES SERVITEURS DU PEUPLE – Monsieur Sidi BARRY, Mle 217 027 N, Conseiller en gestion des ressources humaines, 2e classe, 3e échelon, est nommé Secrétaire technique du contrôle de l’authenticité des diplômes et titres de capacité professionnelle des agents publics ; – Monsieur Ousmane SANDWIDI, Mle 202 774 B, Conseiller en gestion des ressources humaines, 1ère classe, 6e échelon, est nommé Secrétaire permanent de la Coordination des établissements de formation professionnelle et de la valorisation de l’expertise publique.
F AU TITRE DU MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR, DE LA RECHERCHE ET DE L’INNOVATION
– Monsieur Babou André BATIONO, Mle 218 389 T, Directeur de recherche, catégorie P1, classe exceptionnelle, 1er échelon, est nommé Directeur général de la recherche et de l’innovation.
III 2 NOMINATIONS DANS LES CONSEILS D’ADMINISTRATION
Le Conseil a procédé à la nomination d’Administrateurs aux Conseils d’administration :
-de l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA) au titre du ministère de l’Agriculture, de l’eau, des ressources animales et halieutiques ;
-de l’Agence pour la promotion des exportations du Burkina (APEX-BURKINA) au titre du ministère de l’Industrie, du commerce et de l’artisanat ;
-de l’Université Lédéa Bernard OUEDRAOGO (ULBO) et de l’Agence nationale de biosécurité (ANB) au titre du ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation.
A MINISTERE DE L’AGRICULTURE, DE L’EAU, DES RESSOURCES ANIMALES ET HALIEUTIQUES
Le Conseil a adopté un décret portant nomination de Monsieur Issaka COMPAORE, Mle 202 302, Ingénieur du génie rural, Administrateur représentant l’Etat, au titre du ministère de l’Agriculture, de l’eau, des ressources animales et halieutiques au Conseil d’administration de l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA) pour un premier mandat de trois (03) ans, en remplacement de Monsieur Dofini-Tuan Ma-Wanni Renaud SENI.
B MINISTERE DE L’INDUSTRIE, DU COMMERCE ET DE L’ARTISANAT
Le Conseil a adopté un décret portant nomination de Monsieur Boukary NAGABILA, Mle 260 356 B, Conseiller des affaires économiques, Administrateur représentant l’Etat, au titre du ministère de l’Industrie, du commerce et de l’artisanat au Conseil d’administration de l’Agence pour la promotion des exportations du Burkina (APEX-BURKINA) pour un premier mandat de trois (03) ans, en remplacement de Monsieur Ousmane Omar BARRY.
C MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR, DE LA RECHERCHE ET DE L’INNOVATION
Le Conseil a adopté deux (02) décrets.
Le premier décret nomme Monsieur Mahamadou ZORE, Mle 303 457 L, Conseiller des affaires économiques, Administrateur représentant l’Etat, au titre du ministère de l’Industrie, du commerce et de l’artisanat au Conseil d’administration de l’Université Lédéa Bernard OUEDRAOGO (ULBO) pour un premier mandat de trois (03) ans.
Le second décret nomme les personnes ci-après, Administrateurs au Conseil d’administration de l’Agence nationale de biosécurité (ANB) pour un premier mandat de trois (03) ans.
ADMINISTRATEUR REPRESENTANT L’ETAT
Au titre du ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation :
– Monsieur Lassina SANOU, Mle 249 819 B, Maître de recherche, en remplacement de Madame Pauline BATIONO/KANDO.
ADMINISTRATEUR REPRESENTANT LE PERSONNEL SCIENTIFIQUE DE L’AGENCE NATIONALE DE BIOSECURITE
– Monsieur Moustapha KOALA, Mle 356 348 Y, Chargé de recherche, en remplacement de Monsieur Zézouma SANON.
Le Conseil des ministres s’est tenu à Ouagadougou, le jeudi 12 février 2026, en séance ordinaire, de 09 H 00 mn à 11 H 38 mn, sous la présidence de Son Excellence le Capitaine Ibrahim TRAORE, Président du Faso, Président du Conseil des ministres. Il a délibéré sur les dossiers inscrits à son ordre du jour, entendu une communication orale, procédé à des nominations et autorisé des missions à l’étranger.
La présente session s’est tenue sous la , sous la présidence du Président du Faso, Président du Conseil des ministres, le Capitaine Ibrahim Traoré
I DELIBERATIONS
I 1 AU TITRE DE LA PRIMATURE
Le Conseil a adopté deux (02) rapports.
Le premier rapport est relatif à deux (02) projets de décret portant respectivement reconnaissance de la qualité de Martyr de la Nation et d’Invalide de la Nation.
L’évolution du contexte socio-économique et politique de notre pays a été marquée par des événements majeurs ayant suscité l’engagement de citoyens qui, au péril de leur vie, se sont illustrés par des actions de bravoure pour la défense de la Patrie.
Au regard de leurs sacrifices consentis pour la Patrie, la loi n°004-2022/ALT du 10 juin 2022 portant statut de martyr et d’invalide de la Nation a été adoptée. En application de cette loi, le Conseil a adopté deux décrets, l’un portant reconnaissance de la qualité de Martyr de la Nation à 454 personnes, l’autre conférant le statut d’Invalide de la Nation à 87 personnes.
L’adoption de ces décrets permet de traduire la reconnaissance de la Nation à ces personnes qui se sont illustrées par des actions de bravoure au profit de la Nation.
Le second rapport est relatif à un projet de décret portant attributions, organisation et fonctionnement de la Primature.
Dans le cadre de la refondation de l’État et du renforcement de la gouvernance administrative, les attributions de la Primature ont connu une évolution substantielle. Dans cette dynamique, le Fonds d’appui au sport et à la presse privée (FASP) «Wassa Bondo» ainsi que l’Autorité nationale de radioprotection et de sûreté nucléaire (ARSN) ont été rattachés à la Primature.
Par ailleurs, le Service national pour le développement (SND) a été décroché de la Primature pour être rattaché au ministère de la Guerre et de la Défense patriotique.
Ces réaménagements institutionnels rendent nécessaire l’actualisation de l’organigramme de la Primature afin de refléter fidèlement sa nouvelle configuration administrative et fonctionnelle.
L’adoption de ce décret permet à la Primature d’exercer pleinement ses nouvelles attributions et de renforcer l’efficacité de la coordination de l’action gouvernementale.
I 2 AU TITRE DU MINISTERE DE LA GUERRE ET DE LA DÉFENSE PATRIOTIQUE
Le Conseil a adopté un décret portant organisation du ministère de la Guerre et de la défense patriotique.
Le décret n°2026-0006/PF/PRIM du 12 janvier 2026 portant remaniement du Gouvernement a consacré la création d’un ministère de la Guerre et de la défense patriotique.
Par ailleurs, le décret portant attributions des membres du Gouvernement a opéré des ajustements dans les attributions dudit ministère, d’où la nécessité de la relecture du décret n°2025-0096/PRES/PM/MDAC du 12 février 2025 et son modificatif le décret n°2025-0797/PF/PM/MDAC du 26 juin 2025 portant organisation du ministère de la Défense et des anciens combattants.
Ce décret vise à prendre en compte les différents changements intervenus dans ledit ministère.
Les innovations majeures du décret sont :
– le rattachement du Service national pour le développement (SND) au ministère de la Guerre et de la défense patriotique ;
– la prise en compte de la création de l’Institut supérieur de l’aéronautique de Bobo-Dioulasso ;
– le rattachement de l’Institut de l’enseignement militaire TIEFO Amoro à l’Etat-major général des Armées.
L’adoption de ce décret permet au ministère de la Guerre et de la défense patriotique de disposer d’un nouvel organigramme en vue d’accomplir efficacement ses missions, conformément au décret n°2025-1545/PF/PRIM du 1er décembre 2025 portant organisation-type des départements ministériels.
I 3 AU TITRE DU MINISTERE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES
Le Conseil a adopté deux (02) décrets.
Le premier décret porte déclaration d’utilité publique urgente, le projet intégré de revalorisation des fermes fruitières de Yendéré et de la Guénako, de FLEX FASO.
Par décision du Conseil des ministres du 29 décembre 2023, les fermes de la société FLEX FASO ont été réquisitionnées pour relancer la production agricole au profit des populations locales. Parmi elles, les fermes de Yendéré et de la Guénako qui couvrent environ 1048 hectares.
Le Conseil burkinabè des filières agropastorales et halieutiques (CBF) a été mandaté pour accompagner la mise en valeur desdites fermes, avec l’appui du ministère de l’Agriculture, des ressources animales et halieutiques (MARAH).
Cependant, après un an de travaux, les résultats restent en deçà des attentes en raison notamment de la faible implication des populations et de l’état de dégradation avancée des plantations dû à l’absence prolongée d’entretien.
Face à ce constat, le ministère de l’Agriculture, de l’eau et des ressources animales et halieutiques (MAERAH) a conçu un projet d’aménagement mieux adapté aux réalités locales et aux aspirations des populations. Sa mise en œuvre nécessite des investissements importants qui ne pourraient être sécurisés sans un cadre foncier clair et stable.
La déclaration d’utilité publique urgente apparait donc indispensable pour permettre à l’Etat de prendre possession desdits terrains et de garantir la pérennité des investissements. Cette approche vise à doter notre pays de fermes modèles qui contribueront à l’atteinte de la souveraineté alimentaire.
L’adoption de ce décret permet de déclarer d’utilité publique urgente, le projet intégré de revalorisation des fermes fruitières de Yendéré et de la Guénako, de FLEX FASO.
Le second décret porte mise en œuvre de l’obligation pour les grandes entreprises de construire un siège au Burkina Faso.
Ce décret vise l’application de la loi n°022-2025/ALT du 29 décembre 2025 portant obligation pour les grandes entreprises de construire un siège au Burkina Faso. Il s’applique aux entreprises réalisant un chiffre d’affaires moyen annuel hors taxes supérieur ou égal à cinq milliards (5 000 000 000) F CFA sur les trois dernières années. Ces entreprises sont tenues de construire ou d’acquérir leur siège dans un délai de trente-six mois à compter de l’approbation de leur projet immobilier.
L’adoption de ce décret permet de doter notre pays d’un instrument règlementaire efficace pour la mise en œuvre de la loi sur l’obligation de construction au Burkina Faso, de siège pour les grandes entreprises.
I 3 AU TITRE DU MINISTERE DE LA JUSTICE
Le Conseil a adopté un décret portant nomination de Greffiers en chef.
Ce décret vise l’application de la loi n°054-2012/AN du 18 décembre 2012 portant statut du personnel du corps des greffiers. Il a pour objectifs de procéder à l’affectation de greffiers en chef en fin de formation professionnelle et à l’affectation de greffiers en chef en activité.
L’adoption de ce décret permet la nomination de dix (10) Greffiers en chef dans des juridictions et de trois (03) Greffiers en chef dans des structures centrales du ministère de la Justice.
I 4 AU TITRE DU MINISTERE DE L’INDUSTRIE, DU COMMERCE ET DE L’ARTISANAT
Le Conseil a adopté un décret portant modification du décret n°2018-1199/PRES/PM/MCIA/MUH//MINEFID/MATD/MJDHPC du 31 décembre 2018 relatif au commerce de distribution au Burkina Faso.
Ce décret vise à protéger les acteurs nationaux, garantir une régulation efficace du marché intérieur, mieux organiser le commerce de distribution et le commerce de détail en vue de renforcer la souveraineté alimentaire.
Les innovations de ce décret sont :
– l’interdiction des achats bord champ aux ressortissants de pays étrangers en vue de protéger les emplois, d’organiser les circuits de commercialisation, de protéger les intérêts des producteurs tout en assurant une concurrence saine et loyale ;
– la consécration de l’exclusivité de l’exercice du commerce de détail aux nationaux, aux ressortissants des pays membres de la Confédération des Etats du Sahel (AES) et des autres pays africains accordant la réciprocité aux ressortissants burkinabè.
L’adoption de ce décret permet de mieux protéger les intérêts des producteurs des filières agro-sylvo- pastorales, des petits commerçants locaux et d’assainir le marché intérieur pour une concurrence saine et loyale.
II COMMUNICATION ORALE
Le ministre de la Santé a fait au Conseil une communication relative à la baisse des prix de vente des médicaments essentiels génériques ainsi que d’autres produits spécifiques de santé et des consommables médicaux essentiels du circuit de la Centrale d’achat des médicaments essentiels génériques (CAMEG) à compter du 1er mars 2026.
Les baisses opérées sont de l’ordre de 67,27% pour certaines formes comprimées, 53,47% pour certaines formes injectables, 20% pour certaines formes sirops/suspensions et 72,73% pour certains consommables médicaux.
Pour assurer ces baisses, le Gouvernement a consenti un effort financier estimé à 3 milliards F CFA. Cet effort permettra aux populations d’avoir un meilleur accès aux services de santé et d’économiser des ressources afin de les réorienter dans d’autres postes de dépenses.
Cette nouvelle baisse des prix des médicaments essentiels génériques intervient après celle de mai 2025 dont l’incidence financière était d’environ 5 milliards F CFA.
La baisse des prix des médicaments essentiels génériques est la matérialisation de la vision de Son Excellence le Président du Faso, qui est d’assurer à tous les Burkinabè, un accès équitable à des soins et services de santé et de nutrition de qualité.
III NOMINATIONS
III 1 NOMINATIONS DANS LES FONCTIONS INDIVIDUELLES
A AU TITRE DU MINISTERE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES
– Monsieur Drissa OUEDRAOGO, Mle 52 163 M, Inspecteur des impôts, 2e classe, 8e échelon, est nommé Inspecteur des finances ;
– Monsieur Askadar Housmane SANOU, Economiste, est nommé Directeur général de la Caisse de dépôt et d’investissement ;
– Madame Ouinlassida Delphine OUEDRAOGO/ZOUNDI, Mle 216 162 F, Administrateur des services financiers, 2e classe, 2e échelon, est nommée Comptable principal des matières du ministère de la Transition digitale, des postes et des communications électroniques ;
– Monsieur Sékou KOMI, Mle 235 916 M, Inspecteur du trésor, 2e classe, 2e échelon, est nommé Comptable principal des matières du Fonds burkinabè de développement économique et social (FBDES Tõogo) ; Logiciel financier
– Monsieur Julien Nomwendé OUEDRAOGO, Mle 91 656 L, Inspecteur des impôts, 1ère classe, 6e échelon, est nommé Directeur provincial des Impôts du Kourwéogo.
B AU TITRE DU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES
– Monsieur Thomas SAVADOGO, Officier, est nommé Attaché de défense près l’Ambassade du Burkina Faso en Türkiye.
C AU TITRE DU MINISTERE DE LA JUSTICE
Les Greffiers en chef dont les noms suivent sont nommés en juridictions aux postes suivants :
– Monsieur Rémi Nestor Windyam TARPLIGA, Mle 104 436 H, Greffier en chef, est nommé à la Cour de Cassation ;
– Monsieur François RAMDE, Mle 358 272 P, Greffier en chef, est nommé à la Cour d’Appel de Ouagadougou ;
– Madame Ping-Wendé Andréa Nafissatou KABORE, Mle 339 932 Z, Greffier en chef, est nommée à la Cour d’Appel de Ouagadougou ;
– Monsieur Kissasida Hyacinthe BILGO, Mle 259 611 G, Greffier en chef, est nommé au Tribunal du travail de Ouagadougou ;
– Monsieur Pouabar Désiré DABIRE, Mle 358 246 A, Greffier en chef, est nommé au Tribunal de grande instance de Léo ;
– Monsieur Wennongué Ismaël BAMOGO, Mle 358 240 L, Greffier en chef, est nommé à la Cour d’Appel de Fada N’Gourma ;
– Monsieur Delwendé Hermann ZONGO, Mle 366 064 Z, Greffier en chef, est nommé au Tribunal de grande instance de Banfora ;
– Monsieur Wend-Nongbzanga Omar Brice BAMBARA, Mle 366 076 U, Greffier en chef, est nommé au Tribunal de grande instance de Kongoussi ;
– Monsieur Adama DJIGUEMDE, Mle 366 084 C, Greffier en chef, est nommé au Tribunal de grande instance de Orodara ;
– Monsieur Ragnangnewendé Ibrahim COMPAORE, Mle 329 212 V, Greffier en chef, est nommé au Tribunal de grande instance de Gaoua.
Les Greffiers en chef dont les noms suivent sont nommés dans les structures suivantes :
– Monsieur Pascal KIENDREBEOGO, Mle 358 259 B, Greffier en chef, à la Direction des Greffes ;
– Monsieur Oumar BAYERE, Mle 105 402 C, Greffier en chef, à la Direction de la Législation et de la codification ;
– Monsieur Boulédié BAILOU, Mle 116 968 F, Greffier en chef, à la Direction du Contrôle et de la gestion des Officiers publics judiciaires.
D AU TITRE DU MINISTERE DE LA FAMILLE ET DE LA SOLIDARITE
– Monsieur Abou-Bakar TRAORE, Mle 248 050 Y, Ingénieur de conception en informatique, 2e classe, 2e échelon, est nommé Directeur des systèmes d’information.
E AU TITRE DU MINISTERE DE LA CONSTRUCTION DE LA PATRIE
– Monsieur Amed SORY, Mle 104 281 S, Administrateur des services financiers, 2e classe, 5e échelon, est nommé Directeur de Cabinet ;
– Monsieur Ollo PALENFO, Officier, est nommé Secrétaire général ;
– Monsieur Yacouba SIKO, Mle 75 908 M, Géographe/planificateur- urbaniste, 1ère classe, 11e échelon, est nommé Secrétaire général adjoint ;
– Monsieur Patrice Aimé Windkouni SAWADOGO, Mle 235 893 G, Administrateur des services financiers, 1ère classe, 7e échelon, est nommé Directeur de la gestion des finances ;
– Monsieur Hamidou OUEDRAOGO, Mle 208 064 C, Administrateur des services financiers, 1ère classe, 9e échelon, est nommé Directeur des marchés publics ;
– Monsieur Gilbert ZONGO, Mle 104 863 S, Administrateur des services financiers, 1ère classe, 7e échelon, est nommé Directeur général des études et des statistiques sectorielles.
F AU TITRE DU MINISTERE DE L’ENERGIE, DES MINES ET DES CARRIERES
– Monsieur Anséokoun DABIRE, Mle 238 069 C, Administrateur civil, 1ère classe, 5e échelon, est nommé Inspecteur technique des services ;
– Madame Kadidiatou COULIBALY, Mle 399 019 G, Ingénieur de conception en géologie et mines, 1ère classe, 1er échelon, est nommée Directrice de la réhabilitation des sites de carrières.
G AU TITRE DU MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT DE BASE, DE L’ALPHABETISATION ET DE LA PROMOTION DES LANGUES NATIONALES
– Monsieur Oumar ZOMBRE, Mle 211 829 D, Conseiller en sciences et techniques de l’information et de la communication, 1ère classe, 2e échelon, est nommé Directeur de la Communication et des relations presse.
H AU TITRE DU MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR, DE LA RECHERCHE ET DE L’INNOVATION
– Monsieur Gilbert ILBOUDO, Mle 247 542 A, Administrateur civil, 1ère classe, 6e échelon, est nommé Chargé d’études.
III 2 NOMINATIONS DANS LES CONSEILS D’ADMINISTRATION
Le Conseil a procédé à la nomination d’Administrateurs aux Conseils d’administration :
– de l’Agence FASO MÊBO au titre de la Présidence du Faso ;
– de la Société d’exploitation des phosphates du Burkina (SEPB) et de la Société nationale de gestion du stock de sécurité alimentaire (SONAGESS) au titre du ministère de l’Agriculture, de l’eau, des ressources animales et halieutiques ;
– du Fonds burkinabè de développement économique et social « FBDES Tõogo » au titre du ministère de l’Economie et des finances ;
– de l’Agence nationale de régulation pharmaceutique (ANRP) au titre du ministère de la Santé.
Le Conseil a également procédé à la nomination de Présidents aux Conseils d’administration de l’Agence FASO MÊBO et du Fonds burkinabè de développement économique et social «FBDES Tõogo».
A PRESIDENCE DU FASO
Le Conseil a adopté deux (02) décrets.
Le premier décret nomme les personnes ci-après, Administrateurs au Conseil d’administration de l’Agence FASO MÊBO pour un premier mandat de trois (03) ans.
ADMINISTRATEURS REPRESENTANT L’ETAT
Le Conseil a adopté deux (02) décrets.
Le premier décret nomme les personnes ci-après, Administrateurs au Conseil d’administration de l’Agence FASO MÊBO pour un premier mandat de trois (03) ans.
ADMINISTRATEUR REPRESENTANT LE PERSONNEL DE L’AGENCE FASO MÊBO
– Monsieur Elvis KAPIOKO, Officier.
Le second décret nomme Monsieur Harouna SAWADOGO, Mle 512 842 D, Consultant, Président du Conseil d’administration de l’Agence FASO MÊBO pour un premier mandat de trois (03) ans.
B MINISTERE DE L’AGRICULTURE, DE L’EAU, DES RESSOURCES ANIMALES ET HALIEUTIQUES
Le Conseil a adopté deux (02) décrets.
Le premier décret nomme les personnes ci-après, Administrateurs au Conseil d’administration de la Société d’exploitation des phosphates du Burkina (SEPB) pour un premier mandat de trois (03) ans.
ADMINISTRATEURS REPRESENTANT L’ETAT
Au titre du ministère de l’Agriculture, de l’eau, des ressources animales et halieutiques :
Le second décret nomme Madame Sita LOUGUE/BOUDO, Mle 119 807 S, Economiste, Administrateur représentant l’Etat, au titre du ministère de l’Industrie, du commerce et de l’artisanat au Conseil d’administration de la Société nationale de gestion du stock de sécurité alimentaire (SONAGESS) pour un premier mandat de trois (03) ans.
C MINISTERE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES
Le Conseil a adopté deux (02) décrets.
Le premier décret nomme les personnes ci-après, Administrateurs représentant l’Etat au Conseil d’administration du Fonds burkinabè de développement économique et social «FBDES Tõogo» pour un premier mandat de trois (03) ans.
Au titre du ministère de l’Economie et des finances :
Le second décret nomme Madame Kadiatou OULLA/PARE, Mle 58 445 H, Inspecteur du trésor, Présidente du Conseil d’administration du Fonds burkinabè de développement économique et social « FBDES Tõogo » pour un premier mandat de trois (03) ans.
D MINISTERE DE LA SANTE
Le Conseil a adopté un décret portant nomination de Monsieur Abdoul Kader KONE, Mle 216 849 V, Inspecteur du travail, Administrateur représentant l’Etat, au titre du ministère des Serviteurs du Peuple au Conseil d’administration de l’Agence nationale de régulation pharmaceutique (ANRP) pour un premier mandat de trois (03) ans, en remplacement de Monsieur David BELEMNABA.
Le Porte-parole du Gouvernement, le Ministre des Serviteurs du Peuple assurant l’intérim
Yé Lassina Coulibaly, homme de culture africain aux grandes idées qui transcendent les époques
«L’Afrique, dès l’origine, fut plurielle : pluralité des villages, des peuples, des paysages et des langues – langues de la savane et de la forêt, des montagnes et des plaines, langues portées par les vents du désert ou par le ressac de l’océan- Cette diversité n’était ni dispersion ni fracture : elle était richesse, harmonie complexe, polyphonie structurée. Dans cet espace, la culture cessait d’être abstraction pour devenir pratique, c’est-à-dire relation vivante à la terre travaillée, à l’effort partagé, à l’expérience accumulée. Le savoir n’y était pas un capital figé, mais un champ à cultiver, transmis par l’usage et confirmé par le temps», écrit Lassina Yé Coulibaly, homme de culture chevronné que l’on ne présente plus, dans cette profonde réflexion qui nous replonge dans les entrailles ancestrales de nos origines purement humainement africaines . Lisez plutôt !
Par cette profonde réflexion, Lassina Yé Coulibaly nous replonge dans les entrailles ancestrales de nos origines purement humainement africaines
«Université sans murs : le travail comme sagesse, mémoire des métiers et culture de l’humain, mémoire fondatrice d’un village initiateur
La parole des gestes comme contribution à la fondation d’une culture
L’université, l’initiation, où s’enracina mon apprentissage premier ne possédait ni murs pour circonscrire le savoir, ni amphithéâtres pour en ordonner la diffusion rituelle, ni diplômes pour en certifier l’acquisition selon les procédures administratives du monde moderne. Elle ne figurait sur aucune carte institutionnelle, ne relevait d’aucune autorité ministérielle, ne se réclamait d’aucune doctrine pédagogique explicitement formulée. Et pourtant, elle existait avec une évidence souveraine, à la fois humble par sa forme et totale par sa portée : elle enseignait à l’enfant et l’adolescent les connaissances du cosmos et les valeurs familiales et humaines.
Institution sans façade, mais non sans fondement, elle s’inscrivait à ciel ouvert dans la lenteur des jours, dans la respiration des saisons, dans cette durée épaisse où l’être humain ne se façonne pas par la rupture brutale, mais par la continuité patiente. « C’est en marchant que l’on trace le chemin».
C’est là que je fus instruit – moi, Yé Lassina Coulibaly – non par l’accumulation fébrile de savoirs abstraits, mais par une imprégnation progressive et organique ; non par l’énoncé autoritaire de concepts désincarnés, mais par une connaissance vécue, incorporée, inscrite dans les corps, les gestes, les regards, les silences, les rythmes mêmes du vivant, notamment au travers de l’enseignement des trésors des masques.
Le village n’était pas une institution normative assignant des places fixes aux individus, ni une machine classificatoire hiérarchisant artificiellement les intelligences. Il constituait une matrice anthropologique, un espace de transmission implicite où le savoir se déposait par sédimentation lente, au fil des générations, des métiers exercés, des récits partagés et des langues parlées. C’est là où j’ai appris l’importance et la pertinence de l’organisation collective et solidaire qui prévalait pour réaliser les travaux des champs et les soins aux animaux, ainsi que la construction des merveilleuses maisons conçues selon des règles immuables et un art assumé.
C’est là aussi que j’ai mesuré l’importance des interactions entre l’homme et le cheval. La présence de cet animal dans une cour apportait la considération à son maître… Confronté à la puissance du cheval, à ses goûts et à ses exigences, celui-ci était amené à contrôler ses propres humeurs, à maitriser ses pulsions, en un mot à être à l’écoute du cheval. C’est de ces observations qu’est née ma fascination pour le cheval, pour un animal « pas comme les autres »…
L’Afrique, dès l’origine, fut plurielle : pluralité des villages, des peuples, des paysages et des langues – langues de la savane et de la forêt, des montagnes et des plaines, langues portées par les vents du désert ou par le ressac de l’océan- Cette diversité n’était ni dispersion ni fracture : elle était richesse, harmonie complexe, polyphonie structurée. Dans cet espace, la culture cessait d’être abstraction pour devenir pratique, c’est-à-dire relation vivante à la terre travaillée, à l’effort partagé, à l’expérience accumulée. Le savoir n’y était pas un capital figé, mais un champ à cultiver, transmis par l’usage et confirmé par le temps.
Avant les livres, avant l’alphabet, avant même que la parole n’accepte la discipline des phrases et la fixité de l’écrit, il y eut l’écoute – écoute profonde, presque charnelle, par laquelle le monde s’inscrivait dans la conscience avant de se laisser nommer. J’appris avant de savoir lire ; je compris avant de pouvoir désigner. Le réel ne me parla pas d’abord par le texte, mais par la voix humaine, par la polyphonie des récits, par l’épaisseur signifiante des silences habités, par la répétition méthodique des gestes quotidiens. La parole des anciens, dense de temps vécu, ne flattait pas : elle nourrissait. « La parole du vieux est plus douce que le miel », dit-on en Afrique.
Le travail fut mon premier langage. Je l’entendis avant d’en maîtriser les mots. Il m’initia, sans violence symbolique ni contrainte autoritaire, à l’ordre du monde et à la civilisation des hommes. Dans l’effort répété, dans la fatigue acceptée, dans l’attention respectueuse portée à la matière, se déployait une pédagogie silencieuse mais rigoureuse. Le savoir s’y construisait moins par explication que par engagement, moins par discours que par participation.
J’écoutais les parents, les grands-parents, les anciens – visages façonnés par le soleil, la peine et le temps. Leur parole, sobre et mesurée, portait une science sans théorie, une sagesse sans doctrine. Ils transmettaient moins par le verbe que par la présence, par l’exemplarité, par la justesse du geste accompli. Leur enseignement ne démontrait pas : il incarnait.
Ainsi, le village devint ma première patrie intérieure. Le travail en constituait la loi silencieuse, acceptée avec la même évidence que la gravité. Il ne se négociait pas : il s’accomplissait. Il ne s’érigeait pas en valeur abstraite : il s’imposait comme condition même de la vie collective.
Dans cet univers, la vertu ne se proclamait pas. Elle ne s’exhibait ni dans les discours moraux ni dans les signes de reconnaissance sociale. Elle brûlait à bas bruit, semblable à une braise enfouie, perceptible seulement à la chaleur qu’elle diffusait. On la reconnaissait à la patience sans plainte, au sacrifice discret, au courage sans témoin. Elle n’était pas d’ordre moral, mais existentiel : elle n’ordonnait pas, elle engageait ; elle ne promettait pas, elle obligeait intérieurement. « Les harmonies du djembé les plus fortes sont celles qui battent dans le cœur».
Le travail habitait le village comme un organisme vivant. Il respirait à travers une multitude de gestes – visibles ou discrets, anciens ou renouvelés. Il passait du laboureur ouvrant la terre au forgeron donnant voix au fer ; du charpentier dialoguant avec le bois au pain qui lève lentement dans la chaleur du four, du pêcheur dialoguant avec l’eau au berger parcourant la savane ; du guérisseur maîtrisant les plantes à l’artisan façonnant la beauté à partir de la nécessité. Il vivait dans le tisserand, le tailleur, le vannier, le menuisier, le maçon, le bûcheron, l’herboriste, l’enseignant…
«La main qui donne forme à la matière donne corps aussi à l’esprit»
À l’image des grandes civilisations africaines, l’art n’y était jamais séparé de la nécessité, il en était la réponse sensible au travers de l’inspiration du poète, du musicien, du danseur…« la calebasse qui contient l’eau contient aussi le chant. »
Chaque métier portait une part du monde sans jamais s’en croire propriétaire. Le travail n’y était pas production au sens moderne, mais continuité. Il reliait les générations par une chaîne invisible : « Le monde ne nous appartient pas, nous l’empruntons à nos enfants ». Il donnait une mémoire aux outils, une âme aux gestes, une histoire aux lieux. Il façonnait la matière, certes, mais surtout l’homme lui-même, en lui inculquant mesure, rigueur, humilité et sens de l’intérêt général.
Dans le village, l’homme vivait entre nécessité et volonté, entre devoir et gratitude. Chaque maison, chaque champ portait la trace de cette fidélité. La parole devenait acte, le geste devenait loi: « Ce que la bouche promet, les mains doivent l’accomplir».
Ainsi se révélait l’Afrique véritable : non comme périphérie du monde, mais comme espace de puissance humaine, de diversité culturelle, de ressources intellectuelles, scientifiques et spirituelles en devenir. Riche de ses peuples, de ses langues, de ses paysages et de sa capacité à penser l’avenir, elle portait – et porte encore – une responsabilité historique à l’égard du monde.
Le village apparaissait alors comme un livre ouvert, une université sans murs, où se lisaient la justice, la dignité et l’humanité. Par chaque geste accompli, chaque pierre posée, chaque parole transmise, il s’élevait de la simple existence à l’universel. Il enseignait la patience du temps long, la profondeur des racines et la sagesse de l’élévation.
Et aujourd’hui encore, dans les arts, la pensée critique, la science et la création africaine contemporaine, se poursuit ce dialogue immémorial entre la terre, l’homme et l’esprit – là où le travail demeure envers et contre tout, où la poésie reflète l’âme humaine, et où l’Afrique, consciente de sa valeur, se tient debout, fidèle à son héritage et responsable de son avenir. « Le savoir est comme un champ : s’il n’est pas cultivé, il ne nourrit personne ».
L’Université à ciel ouvert : tel fut le village pour l’enfant que j’étais!
Malgré cette richesse de la civilisation africaine qu’est l’initiation, la majorité de nos contemporains sont peu armés pour maîtriser leurs destinées. Ils n’ont souvent que leur courage et leurs capacités d’adaptation face à des pouvoirs étatiques s’appuyant sur les grandes lignées de familles qui détiennent la puissance de l’argent.
Bien qu’un système économique d’échanges existât antérieurement à l’ère moderne, la sagesse des anciens n’avait pas imaginé que le développement d’un commerce à l’échelle planétaire et d’une industrialisation effrénée remettrait en cause les valeurs universelles qu’elle prônait…
De nos jours, si l’on ne dispose pas de l’écoute de réseaux d’influence susceptibles de relayer les talents et les besoins de soutien des individus, notamment des créateurs, des artistes, des écrivains et des journalistes on ne peut pas lutter contre des systèmes qui obéissent à des règles cruelles et non-écrites…
C’est ce constat qui m’a incité à en savoir plus sur ces systèmes implacables.
Depuis les origines des sociétés humaines organisées, la question du pouvoir constitue l’un des axes centraux de la pensée politique, philosophique et historique. Qui gouverne véritablement les peuples ? D’où procède l’autorité réelle ? Et surtout, le pouvoir se limite aux formes visibles qu’il adopte – institutions officielles, gouvernements élus, constitutions, parlements, tribunaux – ou bien existe-t-il, derrière cette façade, des structures plus anciennes, plus discrètes et plus durables ?
À travers les siècles, une interrogation persistante traverse l’histoire des civilisations : derrière l’apparence officielle des États et des régimes politiques, existerait-il des forces invisibles, des réseaux de pouvoir continus, capables d’influencer les grandes orientations du monde indépendamment des alternances politiques, des révolutions ou des changements idéologiques ?
C’est dans ce cadre que s’inscrit la notion, à la fois symbolique et analytique, d’«Organisation non gouvernementale».
Ce concept ne désigne pas un État au sens juridique du terme, mais une constellation de lignées, de familles, de groupes d’intérêts et de réseaux transnationaux, qui traverseraient les époques sans jamais disparaître totalement, adaptant leurs formes sans renoncer à leur influence.
La permanence historique des grandes lignées de pouvoir
L’examen attentif de l’histoire mondiale révèle une constante troublante : certaines familles, dynasties et groupes d’influence ont survécu à des bouleversements majeurs que l’on croyait définitifs. Empires effondrés, monarchies abolies, révolutions populaires, luttes des classes, guerres mondiales, mutations idéologiques radicales – autant d’événements qui ont transformé les formes visibles du pouvoir sans toujours en modifier les détenteurs profonds.
De l’Europe féodale aux monarchies constitutionnelles et aux Républiques, du Royaume Uni et son Commonwealth aux États-Unis modernes, de la Chine impériale à la Chine contemporaine, du Japon traditionnel au capitalisme avancé, jusqu’aux grandes puissances du Moyen-Orient, ces lignées ont démontré une capacité remarquable d’adaptation. Elles ont su se détacher des régimes déclinants pour s’intégrer aux nouveaux systèmes, conservant leur position stratégique.
Les historiens, les journalistes d’investigation et certains chercheurs ont mis en lumière les multiples canaux par lesquels ces groupes ont exercé leur influence :
-la finance et le crédit ;
– l’industrie et les infrastructures ;
– la diplomatie et les relations internationales ;
– les institutions religieuses ou idéologiques ;
– la science, la technologie et l’éducation ;
– le contrôle des routes commerciales et énergétiques.
Cette continuité alimente l’idée que le pouvoir réel ne disparaît pas avec les formes politiques visibles. Il se transforme, se déplace, se dissimule et se reconfigure.
Origine et construction progressive de ces organisations
Leur origine exacte demeure sujette à débat. Certains en situent les premières manifestations à l’époque des grandes civilisations antiques, lorsque les fonctions religieuses, militaires et économiques étaient concentrées entre les mains d’élites restreintes. Dans ces sociétés, le pouvoir ne se fondait pas sur la représentation populaire, mais sur la maîtrise du sacré, de la force et des ressources.
D’autres analyses situent sa structuration moderne à partir de la Renaissance, période marquée par l’essor des banques, des grandes familles marchandes, des compagnies commerciales transnationales et des premiers réseaux financiers globaux. L’apparition du capitalisme, de la dette souveraine et des marchés financiers aurait profondément transformé la nature du pouvoir.
La révolution industrielle, puis la mondialisation économique, auraient ensuite renforcé ces structures invisibles. À chaque étape historique, ce système ne se serait pas imposé par une rupture brutale, mais par une accumulation lente et continue de capital, de savoir, de relations et de contrôle des ressources stratégiques.
Contrairement aux États officiels, il ne reposerait ni sur des constitutions écrites ni sur des élections. Ses règles seraient tacites, fondées sur la loyauté, la transmission héréditaire, les alliances matrimoniales, les accords financiers, et surtout une vision du long terme dépassant les cycles électoraux.
Une organisation fondée sur l’invisibilité et la délégation
L’un de ses traits fondamentaux résiderait dans sa capacité à rester hors du champ de la visibilité publique. Elle ne gouvernerait pas directement mais en déléguant le pouvoir apparent aux États officiels, leur laissant la charge d’administrer les sociétés, de gérer les crises et d’assumer la responsabilité politique.
Cette invisibilité constitue sa principale force. En demeurant dans l’ombre, elle échappe à la contestation populaire, aux sanctions électorales, aux révoltes symboliques et à la pression médiatique. Elle agit non comme un gouvernement, mais comme une architecture de fond.
Son organisation serait à la fois hiérarchisée et souple, chaque acteur occupant une fonction précise :
– influence bancaire et financière ;
– orientation stratégique des politiques publiques ;
– financement et orientation de la recherche scientifique ;
– développement industriel et technologique ;
– diffusion idéologique, culturelle et médiatique.
Cette structure fluide lui permettrait de traverser les crises, les conflits et les changements de régimes sans jamais apparaître comme une entité identifiable.
L’économie financière comme instrument de domination indirecte
Au cœur de ce système, l’économie financière occuperait une place centrale. Le contrôle des flux monétaires, du crédit, de la dette, des investissements et des marchés constituerait un levier de pouvoir bien plus efficace que la force militaire.
Par l’endettement des États, la spéculation, les crises financières orchestrées ou exploitées, et les investissements stratégiques, il devient possible d’orienter les politiques publiques sans recourir à la violence. L’économie cesse alors d’être un simple outil de production de richesses pour devenir un instrument de gouvernance globale.
Les décisions économiques déterminent les marges de manœuvre politique, sociale et même culturelle des nations.
Science, industrie et technologie : façonner l’avenir
La science et la technologie représenteraient un autre pilier fondamental de cette organisation. En orientant les financements de la recherche, en soutenant certaines innovations plutôt que d’autres, ces structures influenceraient directement le futur de l’humanité.
Santé, biotechnologies, énergie, numérique, intelligence artificielle : décider quelles technologies sont développées, accessibles ou abandonnées revient à définir les limites mêmes du progrès humain. Le progrès scientifique n’est jamais neutre ; il reflète des choix politiques, économiques et idéologiques.
Alliances mondiales et coordination discrète
À l’échelle internationale, de telles organisations s’appuieraient sur des alliances complexes dépassant les accords militaires officiels. Ces alliances incluraient des coopérations économiques, industrielles, énergétiques et stratégiques.
Des rencontres discrètes, formelles ou informelles, rassemblent régulièrement ces élites afin d’anticiper les crises, d’ajuster les stratégies globales et de définir les grandes orientations du monde à venir. La rareté des informations accessibles sur ces réunions renforce l’idée d’une séparation profonde entre le pouvoir visible et le pouvoir réel.
La communication et le contrôle du récit
Le cœur véritable du pouvoir de ce système résiderait toutefois dans la maîtrise du récit. Contrôler l’information, ce n’est pas seulement censurer, mais façonner la perception du réel.
Cette influence s’exercerait par :
– la sélection des informations diffusées ;
– la hiérarchisation des priorités médiatiques ;
– la construction de récits dominants ;
– la normalisation de certaines idées ;
– la marginalisation ou la disqualification d’autres visions du monde.
Il ne s’agit pas d’imposer directement des décisions, mais de définir le cadre mental dans lequel les sociétés pensent, débattent et agissent.
Une domination subtile de la vie humaine
L’influence de ces organisations s’étendrait progressivement à tous les aspects de la vie humaine : modes de vie, aspirations individuelles, conception du succès, rapport au travail, à la technologie, au temps et à l’avenir.
Il s’agirait d’un pouvoir lent, profond et durable, agissant moins par la contrainte que par l’habituation, l’adhésion inconsciente et l’intériorisation des normes. Il s’agit d’une domination invisible, intégrée aux structures mêmes de la société.
Une question ouverte sur le pouvoir réel
Que ce système soit envisagé comme une réalité concrète, un ensemble de réseaux d’influence ou comme une métaphore du pouvoir invisible, il pose une question fondamentale : qui décide réellement du monde dans lequel nous vivons ?
En interrogeant le rôle de l’économie, de la science, de la communication et des alliances discrètes, cette réflexion invite à développer l’esprit critique, à questionner les récits dominants et à comprendre que le pouvoir le plus efficace n’est pas toujours celui qui s’affiche, mais souvent celui qui agit en silence.
Rester humain dans le fracas du monde
Il existe des réalités fondamentales, auxquelles personnes n’échappent, qui traversent nos vies sans demander la permission. Elles ne cherchent ni notre accord ni notre confort. Elles sont là, immuables, silencieuses, et pourtant d’une puissance radicale.
La première est l’amour : un amour brut, parfois maladroit, souvent vulnérable, mais toujours révélateur. Il agit comme un miroir sans indulgence. Il nous met à nu, expose nos failles, nos manques, nos élans les plus sincères. Aimer, c’est accepter d’être vu tel que l’on est, sans décor ni masque.
La deuxième réalité est l’argent. Une force abstraite, presque invisible, mais dont l’influence est massive. Il infiltre les relations humaines, redéfinit les priorités, conditionne les choix et façonne les trajectoires individuelles et collectives. Il promet la sécurité tout en imposant la dépendance. Il rassure autant qu’il aliène. Il devient parfois un substitut au sens, à la reconnaissance, à l’amour même.
La troisième réalité est la mort. Toujours en arrière-plan, rarement regardée en face, mais omniprésente. C’est elle qui donne à la vie son urgence, sa fragilité et sa valeur réelle. Sans elle, tout serait reportage, tiède, insignifiant. Avec elle, chaque instant devient potentiellement essentiel.
À l’intersection de ces réalités naît une confusion profonde. Les récits se croisent, s’emmêlent, se contredisent. Certains sont inventés pour manipuler, d’autres sont des fictions nécessaires pour survivre. On se raconte des histoires pour tenir debout : des familles idéalisées, des identités construites sur l’illusion, des succès mis en scène pour masquer le vide. La manipulation est devenue banale. Certains vendent du rêve à ciel ouvert, sans scrupules, pendant que d’autres s’y accrochent pour ne pas sombrer.
Dans ce chaos, une identité nationaliste mal digérée peut enfermer l’individu dans une prison intérieure. Elle nourrit la peur, le rejet, la haine de l’autre, au lieu d’ouvrir à la complexité du monde et à la richesse de l’humain. Elle fige là où la vie demande du mouvement, de la nuance, de l’écoute.
La vie, en réalité, n’est jamais figée. C’est un chantier permanent. Il n’existe ni horaires fixes, ni règles universelles, ni mode d’emploi applicable à tous. Chacun avance avec ses blessures visibles ou invisibles, ses doutes persistants, ses forces fragiles. Dans ce désordre, l’essentiel devient la survie, certes, mais surtout la capacité à se protéger. Trouver un équilibre intérieur, rester debout sans se trahir, ne pas se perdre malgré le bruit, la pression, les attentes projetées par les autres et par la société.
Partout, les différences s’expriment : dans les attitudes, les comportements, les valeurs. Elles apparaissent aussi bien à la lumière du jour que dans l’obscurité de la nuit, dans les gestes que l’on voit comme dans les silences lourds de sens. Dans ce contexte, la véritable résistance n’est pas dans la confrontation permanente ni dans le bruit. Elle se trouve dans l’authenticité. Être soi, sincèrement. Être simple, profondément. Écouter les choses simples. Faire les choses simples. Refuser de se perdre dans l’ego, la mise en scène ou la quête vaine de reconnaissance.
Cette simplicité est devenue un luxe rare. Peu osent réellement emprunter ce chemin. Beaucoup préfèrent impressionner, fasciner, briller artificiellement. Pourtant, l’habit ne fait pas le moine, et les apparences mentent souvent. Derrière le vernis, il y a parfois le vide, la peur, une solitude immense qui ne dit pas son nom.
Le monde, lui, semble désormais détenu par des sphères financières abstraites, par des multinationales, par des intérêts globaux qui dépassent largement l’individu. L’humain devient une variable, une ressource, un chiffre. Face à cette machine immense et déshumanisante, rester conscient, sensible et authentique devient un acte de courage. Une résistance silencieuse, discrète, mais essentielle.
Il y a le voyage intérieur, celui que chacun est appelé à faire face à ses failles, ses peurs, ses vérités. Et il y a le voyage extérieur, souvent imposé, parfois chaotique, que l’on ne maîtrise pas toujours. Sur ce chemin, certaines personnes sont précieuses : celles qui savent écouter sans juger, analyser sans écraser, offrir un souffle, un équilibre, un refuge. Celles qui tiennent leurs paroles, qui marchent à tes côtés sans te précéder, ni te tirer en arrière. Celles qui maintiennent vivante la possibilité de l’espoir.
Parfois, un regard suffit. Un regard qui te voit vraiment. Un regard qui interroge sans condamner. Parfois, une main tendue peut te sortir du plus profond, loin de cette forme moderne d’esclavage qu’est la consommation effrénée et le marché mondial. Nous n’avons pas tous la même vitesse pour vivre. Certains ralentissent pour t’attendre, pour que vous puissiez avancer ensemble. C’est là que naît le véritable équilibre.
On va toujours plus loin lorsqu’il y a de l’écoute, de l’accompagnement, une parole sincère et une présence réelle. Cela fait un bien immense. Cela rappelle que l’on peut encore compter sur l’humain, plutôt que de ne compter que sur l’argent.
Et puis il y a cette flamme intérieure. Cet enfant invisible qui vit au plus profond de chacun de nous. Fragile, sensible, intuitif. C’est lui qui donne du sens, des sensations, une présence authentique au sein du groupe, de la famille, des amitiés, du travail. Le sentir vivant est essentiel. Pourtant, l’industrie dévastatrice, obsédée par la productivité et le profit, ignore cette dimension. Elle ne tient plus compte de la parole des anciens, de la sagesse des plus âgés, de la mémoire collective.
Rester humain, aujourd’hui, c’est peut-être cela : préserver cette flamme intérieure, écouter l’enfant invisible, honorer la parole des anciens, et choisir, malgré tout, l’authenticité, la simplicité et la présence. Contre le bruit du monde. Contre l’oubli.
N’oublions pas nos parents et grand- parents qui nous ont légué l’amour de la vie!»
Yé Lassina Coulibaly, artiste international présent sur les scènes africaines et européennes, célèbre la culture et l’art au cœur du peuple.
Auteur-compositeur de la scène internationale, il est profondément engagé dans la défense et la valorisation des cultures africaines.
De l’Afrique de l’Ouest à l’Afrique centrale, de l’Afrique australe à l’Afrique du Nord, il est convaincu que le continent africain recèle un trésor inestimable pour l’humanité tout entière.
Résolument solidaire de tous les artistes qui œuvrent avec exigence et dignité, il s’engage pour le rayonnement de la culture africaine sur les scènes nationales et internationales, dans l’intérêt général.
Le parcours de Fatema Binet Ouakka témoigne d’une volonté constante de faire dialoguer les savoirs, les cultures et les expériences, dans une démarche où la cohérence n’exclut ni le doute ni la transformation.
La paix ne relève jamais de l’évidence. Elle ne s’inscrit ni dans la continuité mécanique de l’histoire ni dans l’illusion d’un progrès linéaire. Elle n’est pas un héritage transmissible sans effort, encore moins une récompense durable accordée aux sociétés qui s’en réclament. Elle procède d’une élaboration lente, patiente, presque organique, comparable à l’action silencieuse de l’eau sur la pierre : imperceptible à l’instant, irréversible sur la durée. Elle exige une vigilance constante — celle du scientifique attentif aux lignes de fracture, du penseur conscient des conséquences de chaque acte, et de l’artiste capable de pressentir ce qui ne peut être formulé autrement que par la forme, le rythme ou la matière. La paix se façonne dans une substance instable, mouvante comme l’océan, traversée de forces antagonistes, toujours menacée de rupture sous la pression des vents de l’histoire.
Elle s’élabore à travers un langage lucide quant à sa propre fragilité. Un langage poreux, exposé, vulnérable, conscient de pouvoir se fissurer au contact du réel, mais qui persiste néanmoins à chercher le sens. Ces mots, précaires mais nécessaires, tentent de maintenir un lien ténu entre l’expérience vécue et l’horizon du possible, entre la mémoire des blessures et l’appel d’un ciel encore ouvert. Ainsi comprise, la paix ne se présente pas comme un état figé, mais comme un geste — un geste humain, délibéré, toujours recommencé. Un geste porté par des mains tremblantes, façonnées par l’excès de l’histoire, par ce trop-plein d’avoir tenu, perdu, serré, lâché, puis retrouvé appui sur la terre.
Ce geste s’adresse d’abord à des corps éprouvés. Des corps traversés par la mémoire de la violence, marqués comme la terre après l’incendie, porteurs de traces invisibles mais persistantes. Ils savent que la paix peut se dissoudre à la moindre rumeur de haine, au moindre frémissement de peur, à la réactivation d’un souvenir encore incandescent. Elle ne se nourrit d’aucune illusion quant à sa durée ni à sa solidité. Elle accepte sa précarité constitutive, comme l’eau consent à ne jamais conserver une forme unique. Elle se reconnaît comme une présence fragile, déposée dans un monde qui la conteste sans cesse, parfois avec brutalité. Elle ne promet ni protection absolue ni rédemption immédiate ; elle se donne comme une tension maintenue, une veille intérieure, un feu contenu qui éclaire sans ravager.
Ainsi entendue, la paix ne saurait être confondue avec le silence. Elle n’est ni l’absence de bruit, ni le calme imposé par la domination, ni la suspension artificielle des conflits. Elle relève plutôt d’un tumulte intérieur pacifié : un vacarme qui apprend à respirer sans s’abolir, à l’image de l’océan qui gronde sans détruire ses propres rives. Elle est une force retenue, une énergie maîtrisée, un feu discipliné par la conscience. Elle est un combat qui choisit de ne pas se déployer dans la destruction. Elle réside dans ce regard qui, ayant tout vu, refuse pourtant de céder à la haine ; dans cette lucidité qui connaît les capacités de cruauté, d’oubli et d’anéantissement de l’humain, mais qui persiste à ne pas s’y identifier.
Car la paix est lucide, parfois jusqu’à l’inconfort. Elle sait qu’elle doit se travestir pour survivre, qu’elle emprunte les apparences de la normalité afin de continuer à cheminer parmi les ruines. Elle signe des trêves incertaines sur des terres encore chargées de colère, s’installe entre deux cris, entre deux bombardements de mémoire. Elle n’a rien de pur ni d’héroïque : elle est fatiguée, érodée, travaillée par le doute, exposée à la chute. Mais c’est précisément cette imperfection qui l’arrache à l’abstraction et la rend profondément humaine – donc vivante, donc praticable.
Croire en la paix ne relève alors en rien de la naïveté. C’est un acte de résistance, au sens le plus exigeant et le plus intime du terme. Une résistance éthique, intérieure, presque silencieuse, semblable aux racines qui, dans l’obscurité, maintiennent l’arbre debout face aux tempêtes. Croire en la paix, c’est refuser que la violence détienne le dernier mot ; refuser que la douleur devienne une identité assignée ; refuser que l’histoire — intime ou collective — enferme l’individu dans la seule figure de la blessure. C’est avancer sur une terre fissurée, les pieds meurtris mais l’axe intérieur intact, et affirmer, face au monde comme face à soi-même, que l’on ne deviendra pas ce qui a blessé.
Dans cette perspective, la paix se révèle comme une pratique quotidienne, d’une modestie presque artisanale. Elle se façonne jour après jour par des gestes simples, des paroles mesurées, des silences habités. Elle se transmet comme un héritage fragile, confié à des mains attentives, dans la pleine conscience de sa vulnérabilité. Elle relève moins de la proclamation que de la transmission, moins de l’éclat que de la persévérance. Elle est semblable à la lumière de l’aube : jamais spectaculaire, toujours essentielle. Elle n’est jamais acquise, toujours menacée de disparition, et pourtant elle persiste.
La paix n’est donc pas le silence : elle est vacarme. Un vacarme habité, orienté, traversé de souffle et de sens. Un chaos qui choisit la vie plutôt que la répétition de la mort. Elle est peut-être une illusion – mais une illusion consciente, tenace, enracinée, profondément humaine. Et c’est peut-être dans cette illusion assumée que réside son origine véritable : non comme promesse abstraite ou horizon lointain, mais comme acte de foi lucide dans la capacité de l’humain à se relever sans renoncer à sa dignité, à civiliser sans dominer, à embraser sans consumer, à irriguer sans noyer, et à habiter le monde – enfin – sans le détruire.
Rendre ce monde habitable, passe par la reconnaissance de la place qu’occupent l’art et les artistes dans toutes les civilisations. Trop souvent considéré comme accessoire ou futile, l’art est pourtant un porteur d’humanisme, de beauté et de transmission…
Dans ce monde de l’art, il est des femmes dont l’engagement ne se proclame pas à grand renfort de manifestes, mais se révèle dans la profondeur de leur écoute, la constance de leurs actes et la clarté silencieuse de leur vision. Leur action s’inscrit dans la durée, à la manière d’un travail souterrain qui transforme lentement mais durablement le paysage humain. Fatema Binet Ouakka appartient à cette lignée de figures contemporaines qui œuvrent patiemment à relier les êtres, les générations et les savoirs, convaincues que la connaissance n’a de valeur que si elle circule, se partage et s’émancipe.
Il est des trajectoires qui s’imposent non par l’éclat, mais par leur densité intérieure. Celle de Fatema Binet Ouakka appartient à cette lignée rare où pensée, action et éthique avancent d’un même pas. Sa création picturale révèle un rapport intime au monde où le geste précède le mot, où la matière devient mémoire active, où la couleur porte la trace d’un passage.
Originaire de la région de Fès, née au sein d’une famille amazighe, des Aït Sadden, elle porte une mémoire ancestrale qu’elle ne fige pas, mais transforme. Une mémoire dense, minérale, qui ne s’impose pas mais qui irrigue en profondeur son œuvre artistique et littéraire.
Dans son œuvre picturale comme dans son écriture, elle explore la liberté, la dignité, la transmission et la renaissance. Créer, pour elle, n’est ni échappatoire ni ornement : c’est une manière responsable d’habiter le monde.
Dans son roman « Tunaruz , la porteuse d’espérance » comme dans sa peinture, oscillant entre abstraction et semi-figuration, elle explore inlassablement les thèmes de la liberté, de la dignité, de la transmission et de la renaissance. La création devient alors un acte de résistance intérieure, une manière de tenir debout face aux fractures du monde, mais aussi un appel ouvert à l’universel, à ce qui relie les êtres au-delà des frontières visibles.
En unissant les dimensions sensibles, éthiques et intellectuelles de l’existence, elle contribue à maintenir vivante l’idée que la dignité humaine n’est pas un acquis figé, mais un bien commun à cultiver, à transmettre et à rendre accessible. Dans cette dynamique, créer, transmettre et relier ne sont plus des actes distincts, mais les trois mouvements d’un même souffle – un souffle qui traverse l’individu pour rejoindre le collectif, et qui fait de l’art, de la pensée et de la relation humaine les vecteurs d’une liberté toujours à réinventer.
À la manière d’une présence bienveillante – à la fois ferme dans sa détermination et douce dans son geste – elle avance auprès des plus jeunes avec une vigilance qui protège sans enfermer. Sa responsabilité n’est jamais autoritaire : elle est une veille patiente, une main posée sur l’épaule du devenir. Elle sait écouter la jeunesse dans ce qu’elle a de plus fragile et de plus incandescent : ses hésitations tremblées, ses élans brûlants, ses colères mal formulées, ses silences lourds de questions. Elle accueille sans juger, sans réduire, sans dominer. Cette écoute véritable – rare et exigeante – constitue la pierre angulaire de son engagement : reconnaître chaque être humain sa singularité irréductible et lui ouvrir, pas à pas, un passage vers la connaissance, la liberté intérieure et l’émancipation consciente.
L’action de Fatema Binet Ouakka s’inscrit avec constance dans la recherche de la parité entre les femmes et les hommes, non comme un slogan figé ni comme une posture idéologique, mais comme une nécessité profonde, presque biologique, d’équilibre et de justice. Pour elle, l’égalité ne s’énonce pas comme une loi abstraite : elle se façonne lentement, dans la durée, par l’éducation, la transmission des savoirs, le partage des expériences et la reconnaissance effective des droits fondamentaux. Droits des femmes, des hommes, indissociables les uns des autres, enracinés au cœur même des sociétés, quelles que soient leurs structures, leurs héritages ou leurs traditions. Là où l’égalité progresse, la société respire; là où elle recule, quelque chose s’asphyxie.
Convaincue de la puissance silencieuse de la parole transmise – du bouche-à-oreille, de la mémoire partagée, de la connaissance qui circule d’une génération à l’autre comme une onde – elle défend une liberté d’expression indissociable de la liberté de penser, de chercher, de travailler et de créer. Le savoir, selon elle, n’est ni un privilège réservé à une élite ni une frontière dressée entre les êtres. Il est une lumière mobile, une clarté destinée à se diffuser, à traverser les âges, les cultures et les corps, sans distinction d’origine, d’âge ou de condition. Refuser sa circulation, c’est obscurcir le monde.
Femme d’action autant que bâtisseuse d’idées, elle évolue au carrefour des disciplines, des cultures et des sensibilités. Elle écoute les avancées de la science avec la même attention qu’elle honore les héritages de la tradition. Elle se tient précisément à ce point de tension fertile où dialoguent la recherche et l’éthique, l’innovation et la mémoire, la transmission et la responsabilité humaine. Sa modernité n’est jamais une rupture brutale : elle est une interrogation lucide du passé, un éclairage critique qui rend la mémoire active, féconde, capable d’engendrer l’avenir.
Son parcours professionnel l’a conduite à développer une rigueur intellectuelle nourrie par l’observation, l’analyse et la compréhension globale de l’être humain – corps, esprit et relations confondus. Aujourd’hui, elle conçoit la transmission comme un acte fondamental de liberté. Enseigner, pour elle, ce n’est pas remplir des esprits, mais éveiller des consciences ; ce n’est pas imposer des réponses, mais former des regards critiques ; ce n’est pas produire de l’obéissance, mais encourager l’autonomie de pensée, la responsabilité et le respect mutuel. Enseigner la connaissance et le sens critique, c’est préparer des citoyens capables de discernement, de solidarité et d’humanité, aptes à habiter le monde sans le détruire.
L’expérience professionnelle engagée sur la scène internationale, lorsque l’art et la pensée se mettent au service des peuples, ne procède jamais d’un itinéraire rectiligne. Elle se déploie comme une traversée complexe de forces invisibles, faite de tensions contraires, de résistances muettes et d’attractions silencieuses. Elle ne progresse ni par conquête ni par rupture nette, mais par glissements successifs, par déplacements subtils où chaque lieu continue de vibrer dans l’autre, sans jamais s’effacer.
Le parcours de Fatema Binet Ouakka s’inscrit pleinement dans cette dynamique non linéaire. Il dessine une géographie à la fois intérieure et extérieure, fil entre le Maroc et Paris, entre des territoires que tout semble opposer mais que relie une trame plus profonde, presque tellurique : celle du travail au contact du réel, de l’expérience incarnée et d’une attention constante portée à la matérialité de l’engagement humain. Ici, le déplacement n’est jamais arrachement ; il est continuité transformée, onde persistante, mémoire en mouvement.
Rien, dans cette trajectoire, ne relève de la progression spectaculaire ou de l’ascension linéaire. Elle s’inscrit dans l’épaisseur du temps long, dans la répétition patiente des gestes, dans l’alternance éprouvante entre saturation et silence. Le travail y est parfois excès – accumulation de responsabilités, superposition de voix, flux incessants de sollicitations – parfois vide apparent, zone de retrait inconfortable où quelque chose, en profondeur, se recompose. Cette oscillation, presque physiologique, forge une intelligence du terrain : une intelligence incarnée, attentive aux rythmes humains autant qu’aux contraintes structurelles, consciente que toute organisation est aussi un organisme fragile.
Au Maroc, dès les premières expériences, Fatema Binet Ouakka s’engage au cœur des projets non comme simple exécutante, mais comme architecte patiente de leurs devenirs. Elle accompagne les processus depuis leur intuition originelle jusqu’à leur déploiement concret, traversant les phases de coordination, de production et de négociation constante avec les résistances du réel. Ce travail est précis, tactile, presque manuel. Il forge une connaissance fine des dynamiques locales, des temporalités collectives et des équilibres instables qui soutiennent tout ce que l’homme entreprend. Elle y apprend que l’action n’est jamais pure énergie ni simple volonté, mais aussi attente, fatigue, friction, parfois ennui – et que ces états, loin d’être des failles, constituent la matière même du travail vivant.
De cette immersion prolongée naît une rigueur méthodique qui ne s’oppose jamais à la sensibilité. Une capacité rare à tenir ensemble l’organisation et l’écoute, la structure et l’intuition. Habiter un projet sans s’y dissoudre, agir sans perdre la distance nécessaire à la pensée : cette posture ne relève pas d’un principe abstrait, mais d’une discipline intérieure façonnée par l’expérience, l’erreur acceptée et le temps accordé à comprendre plutôt qu’à produire.
L’arrivée à Paris introduit une inflexion décisive. Le paysage change, l’environnement devient international, les temporalités s’accélèrent, La profusion des sollicitations y côtoie une forme de silence paradoxal : celui des grandes structures, où l’abondance d’informations peut engendrer une vacuité de sens. Confrontée à des projets d’envergure et à des systèmes institutionnels complexes, Fatema Binet Ouakka élargit son champ de compétences et affine son regard critique sur les mécanismes de production, de légitimation et de circulation des projets. Elle observe, relie, analyse – non pour juger, mais pour comprendre, pour saisir les logiques invisibles qui organisent le visible.
Cette immersion ne gomme rien du passé ; elle le met en tension. Les expériences marocaines résonnent dans le contexte parisien, le ralentissement intérieur dialogue avec l’accélération des processus. Face à la saturation informationnelle, elle cultive des espaces de retrait et de pensée lente, où l’analyse retrouve sa profondeur. Dans cet entre-deux – entre exposition et silence, intensité et retrait – se dessine une posture souple, réactive, mais jamais instrumentalisée.
Ici, le déplacement n’est jamais rupture franche ; il est glissement, translation lente, comme une onde qui se propage sans effacer son point d’origine. Chaque lieu continue de vibrer dans l’autre.
Ainsi se construit une pratique fondée sur la continuité plutôt que sur la juxtaposition, sur la traduction plutôt que sur l’imposition. Relier plutôt que segmenter. Le parcours de Fatema Binet Ouakka témoigne d’une volonté constante de faire dialoguer les savoirs, les cultures et les expériences, dans une démarche où la cohérence n’exclut ni le doute ni la transformation.
À cette trajectoire répond une résonance humaine et artistique incarnée par Yé Lassina Coulibaly, citoyen du monde attentif aux peuples et à leurs expressions culturelles. Sa voix rappelle que toute vérité n’a pas vocation à être exposée sans précaution, et que les relations humaines ne servent pas seulement à survivre, mais à se comprendre, à se protéger, à demeurer unis. Parfois, vouloir tout savoir fracture ce que le silence préservait.
Le cœur de l’homme et son génie artistique parlent une langue commune : celle de l’harmonie. Depuis l’aube des temps, l’art – et plus encore la musique – constitue l’un des chemins les plus tangibles vers la transcendance. Il accompagne l’humanité comme un héritage sacré, transmis de génération en génération, destiné à traverser l’éphémère et à frôler l’éternité. Écouter ensemble la voix des enfants, des anciens, des travailleurs, des malades, la voix multiple et parfois dissonante des peuples : voilà ce qui élève.
Dans cette écoute partagée, dans cette attention accordée à la pluralité des souffles humains, le travail trouve son sens le plus profond. Il devient non seulement action, mais résonance ; non seulement engagement, mais lien. Et c’est dans cet équilibre toujours instable – entre rigueur et sensibilité, lucidité et espérance, silence et parole – que s’inscrit un chemin professionnel qui ne cherche pas la domination, mais l’accord, et qui avance, non par conquête, mais par justesse.
L’art plastique et la musique : forces vitales et principes pacifiques
Dans les sociétés d’Afrique noire et du Maghreb, l’art plastique et la musique ne se contentent pas d’orner le monde : ils le civilisent. Ils agissent comme des sciences sensibles, des savoirs incarnés capables de maintenir l’équilibre fragile entre excès et manque, entre tumulte et silence habité. Présents au cœur du quotidien, les formes et les sons accompagnent les gestes modestes comme les rites fondateurs, prennent le relais lorsque la parole s’épuise et contiennent la douleur lorsque le langage échoue.
La musique pulse, répète, apaise ; l’art plastique fixe, trace, résiste. Ensemble, ils offrent à l’humain un espace de respiration, un intervalle où la pensée peut se déposer sans se dissoudre. Alors oui, ils ne divertissent pas seulement : ils structurent, ils soignent, ils éveillent.
L’artiste – plasticien ou musicien – apparaît alors comme un penseur en action. Observateur méthodique du réel et guetteur de l’invisible, il transforme la matière sociale en expérience intelligible. Son travail relève moins de l’évasion que de la confrontation sans violence, où la dignité humaine devient méthode et la beauté, hypothèse de survie.
Dans les villages comme dans les villes, l’art circule. Il traverse les territoires, relie lenteur et vitesse, mémoire et mutation. Il devient passerelle vivante entre les périphéries et les centres, entre traditions et modernité. Il ne comble pas les fractures : il les rend lisibles, sensibles, partageables.
Dans la société contemporaine, l’art plastique et la musique se tiennent sur une ligne de crête entre sensibilité humaine et rationalité scientifique. Là où la science mesure et modélise, l’art perçoit et interroge. Ensemble, ils éclairent les transformations du monde. L’imaginaire, richesse irréductible, résiste aux logiques de rentabilité et d’obsolescence. Il ouvre un espace critique partagé, où chacun peut reconnaître une part de lui-même dans le regard de l’autre.
L’art n’est ni luxe ni divertissement : il est nécessité vitale. Là où il manque, quelque chose s’asphyxie. Là où il circule, une société respire
L’art plastique contemporain d’Afrique noire et du Maghreb s’élève comme une surface réfléchissante dense, parfois rugueuse, où les sociétés contemplent leurs fractures autant que leurs forces. Il ne flatte pas le regard : il l’exige. Le plasticien y engage la matière comme on engage la mémoire collective — avec précaution et audace, avec une conscience aiguë des strates accumulées par l’histoire. Pigments, métaux, tissus, fragments numériques ou objets recyclés deviennent les vecteurs d’une pensée incarnée, où se croisent tensions identitaires, récits de migrations, violences anciennes et contemporaines, mais aussi les gestes discrets de la résilience et les surgissements obstinés de l’espérance.
L’œuvre plastique ne se place jamais en surplomb de la vie. Elle en procède. Elle naît dans la poussière des rues, dans le tumulte des marchés, dans les silences habités de la transmission, dans le rapport charnel à la terre, au corps, au temps cyclique et au temps brisé. Chaque forme élaborée, chaque surface travaillée porte une charge sensorielle – le poids, la texture, la couleur, la rugosité ou la transparence – qui parle avant les mots. L’œuvre devient alors un message muet mais insistant, une invitation à déplacer le regard, à désapprendre les évidences, à réapprendre à voir ce qui, jusque-là, se tenait dans l’angle mort.
En cela, l’art plastique s’affirme comme une forme de résistance non violente, mais profondément subversive. Il dénonce sans fracas, questionne sans annihiler, trouble sans contraindre. Son action est lente, presque géologique : elle agit par dévoilement progressif, par associations symboliques, par reconstruction patiente du sens. Là où le discours s’épuise ou se durcit, l’image ouvre un espace de pensée plus vaste, où le spectateur devient à son tour interprète et acteur.
L’artiste plasticien assume dès lors une responsabilité qui dépasse la seule sphère esthétique. Il agit comme un passeur entre les temporalités et les dimensions du réel : reliant le passé enfoui au présent mouvant, le visible à l’invisible, le sacré aux gestes ordinaires. En inscrivant sa création dans une continuité culturelle vivante, il rend possible un dialogue avec l’universel qui ne soit ni effacement ni dilution, mais tension féconde. Ainsi, l’art plastique ne se contente pas de représenter le monde : il contribue à le maintenir ouvert, pensable et profondément humain.
La musique : souffle continu et mémoire vibrante des peuples
La musique, dans les sociétés d’Afrique noire et du Maghreb, ne se contente pas d’exister : elle respire. Elle circule comme l’air entre les corps, se glisse dans les gestes quotidiens, épouse la cadence des saisons et accompagne le battement intime des existences. Elle est présente au lever du jour comme à la tombée de la nuit, dans l’effort des mains au travail comme dans l’abandon des corps à la danse, dans le tumulte des fêtes comme dans le silence dense du recueillement. Elle n’est jamais décorative ; elle est organique, nécessaire, vitale.
Dans cette continuité sonore, le musicien devient bien plus qu’un interprète. Il est passeur de mémoire, architecte invisible du lien social, médiateur entre le visible et l’invisible. Par son art, il capte les vibrations du monde, les tensions de son époque, les espérances enfouies, et les transforme en formes audibles. Il est à la fois témoin et acteur, ancré dans le présent mais relié à la longue durée, attentif aux fractures sociales comme aux élans de fraternité.
La musique agit ici comme une mémoire vivante, comparable à un système nerveux collectif. Elle archive sans figer, transmet sans fossiliser. Elle conserve l’histoire des peuples – conquêtes, exils, résistances, renaissances – tout en la réinterprétant à chaque génération. Elle enseigne les valeurs, rappelle les lois morales, transmet les sagesses spirituelles, non par l’abstraction, mais par l’émotion incarnée, par la vibration qui touche le corps avant d’atteindre l’esprit.
Les musiciens contemporains, loin de rompre ce fil, l’étirent et le renforcent. Ils puisent dans les rythmes anciens – pulsations telluriques, modes ancestraux, polyrythmies complexes – pour les faire dialoguer avec les sonorités électroniques, urbaines ou globalisées. Ce métissage sonore obéit à une logique presque biologique : adaptation sans reniement, mutation sans perte d’identité. Il ne s’agit pas d’un effacement du passé, mais d’une continuité créatrice, capable de parler aux jeunesses d’aujourd’hui sans trahir l’âme collective.
Par la densité de ses paroles et la force de ses mélodies, la musique devient aussi un espace critique. Elle dénonce l’injustice lorsque le langage politique échoue, apaise les douleurs que les institutions ignorent, célèbre la dignité humaine face aux systèmes d’oppression. Elle rappelle, avec une persistance obstinée, la nécessité du vivre-ensemble, la fragilité du lien social, la valeur irremplaçable de chaque existence. Là où les discours idéologiques fragmentent, elle rassemble ; là où la violence écrase, elle élève ; là où les blessures sont invisibles, elle soigne par résonance. En ce sens, la musique s’affirme comme une arme pacifique, silencieuse mais redoutablement efficace, au service de la cohésion et de la paix.
Ainsi, en Afrique noire comme dans le Maghreb, la musique et les arts plastiques affirment, avec une constance presque obstinée, leur mission essentielle : être des forces de vie, des puissances de paix, des armes symboliques mises au service de la mémoire, de la dignité humaine et de l’avenir commun.
Les passerelles culturelles entre le Maroc et l’Afrique de l’Ouest sont nombreuses et toujours vivantes. Je peux en témoigner personnellement par la programmation de mon Ensemble Yé Lassina Coulibaly et Yan Kadi Faso au Festival de musique Mawazine de Rabat, il y a quelques années, sur invitation officielle de Françoise Gründ et Chérif Khaznadar.
Au Maroc comme en Afrique de l’Ouest, le patrimoine culturel ne saurait être envisagé comme la simple survivance d’un passé révolu, conservé dans les archives de l’histoire ou figé dans une conception immobile de la tradition. Il constitue, au contraire, une matière vivante et dynamique, un système en perpétuelle transformation où s’articulent mémoire, création et devenir. La culture agit ici comme une conscience collective en constante recomposition, façonnée par la transmission intergénérationnelle, l’expérience du temps long et la capacité des peuples à transformer l’héritage reçu en formes nouvelles de pensée et d’expression. Elle ne se limite pas à la conservation : elle interprète, interroge et engage.
Depuis des millénaires, le Maroc et l’Afrique de l’Ouest sont reliés par une histoire dense et continue, marquée par des migrations, des échanges spirituels, des circulations intellectuelles et des interactions artistiques. Bien avant l’émergence des frontières modernes, les routes transsahariennes dessinaient une véritable géographie du sens, reliant le Nord et l’Ouest du continent africain à travers des flux de savoirs, de croyances, de pratiques esthétiques et de visions du monde. Ces itinéraires n’étaient pas uniquement commerciaux : ils constituaient des axes de pensée et de transmission, des espaces où se forgeaient des cosmologies partagées et une conscience africaine fondée sur l’échange, l’interdépendance et la reconnaissance mutuelle.
Au cœur de cette relation historique se manifeste une vérité fondamentale : le peuple parle par l’art. Celui-ci n’est ni un luxe ni un simple ornement social, mais un langage essentiel, une parole collective qui traverse les frontières linguistiques, sociales et géographiques. La parole africaine, porteuse de valeurs d’écriture telles que la mémoire, l’oralité, la sagesse, la transmission, la résistance et l’humanisme, constitue à la fois une archive vivante du passé, un marqueur identitaire et une affirmation irréductible de la dignité humaine. Par l’art, le peuple inscrit son existence dans le temps long, oppose une forme durable à l’oubli et fait entendre une voix là où le silence menace.
L’artisanat, au Maroc comme en Afrique de l’Ouest, incarne de manière particulièrement éloquente cette parole populaire. Tapis, poteries, bijoux, textiles, cuirs travaillés, sculptures sur bois et motifs décoratifs ne relèvent jamais d’une simple fonction utilitaire. Chaque objet constitue un texte silencieux, porteur de récits, de savoir-faire ancestraux et de systèmes symboliques complexes. Il exprime une relation singulière au monde : à la nature, au sacré, au temps cyclique et à la transmission des connaissances. L’objet artisanal concentre ainsi une densité culturelle remarquable tout en représentant une ressource économique stratégique, capable de soutenir le développement local, de favoriser l’innovation sociale et d’inscrire le patrimoine africain dans les circuits mondiaux sans en altérer le sens profond.
La musique et la danse prolongent cette expression dans le registre du corps et du rythme. Elles ne relèvent pas du simple divertissement, mais remplissent des fonctions sociales, spirituelles et symboliques essentielles. Des danses traditionnelles marocaines aux architectures rythmiques de l’Afrique de l’Ouest, le corps devient un lieu de mémoire, un instrument de narration et un espace de cohésion sociale. La musique, portée par les voix, les harmonies et les instruments à cordes, crée un champ de résonance collective où les individus se rassemblent, célèbrent la vie, honorent les ancêtres et affirment leur appartenance à une histoire partagée. Des chants gnawa aux traditions mandingues se déploie une continuité culturelle africaine fondée sur l’écoute, la participation et le métissage, dans laquelle l’individu s’inscrit toujours en relation avec autrui. Les sciences humaines et sociales reconnaissent aujourd’hui que ces pratiques favorisent la synchronisation sociale et contribuent à l’équilibre psychologique des sociétés.
Dans le contexte contemporain, les festivals culturels organisés au Maroc et en Afrique de l’Ouest jouent un rôle central dans la réactivation de ce dialogue ancien. Ils constituent des espaces de reconnaissance, de visibilité et de valorisation identitaire, tout en s’inscrivant dans une économie culturelle mondialisée. Musique, cinéma, théâtre, danse et arts visuels y deviennent des langages partagés, capables de réunir des publics africains et internationaux, de susciter des collaborations transcontinentales et de produire une image de l’Afrique affranchie des stéréotypes réducteurs. Ces manifestations affirment la capacité du continent à créer, à innover et à dialoguer avec le monde sans renoncer à sa singularité historique et culturelle.
La littérature orale et la poésie constituent un autre pilier fondamental de ce patrimoine commun. Contes, mythes, proverbes et épopées ne sont pas de simples récits de divertissement : ils forment de véritables systèmes de transmission cognitive, éthique et philosophique. À travers eux se diffusent les valeurs essentielles du peuple — solidarité, respect, sagesse, résilience et humanité — qui structurent l’imaginaire collectif et orientent les comportements sociaux. Portée par la voix des conteurs, des poètes et des passeurs de mémoire, cette parole traverse le temps et rappelle que la culture africaine repose sur la puissance du verbe, sur le sens partagé et sur l’acte de transmission, aujourd’hui reconnus comme fondamentaux dans la construction des identités et des sociétés.
Les arts visuels, le théâtre et le cinéma prolongent cette tradition dans des formes contemporaines, offrant de nouvelles grilles de lecture des réalités sociales, des tensions, des fractures et des espérances du peuple. Ils permettent de penser le présent, de questionner les injustices et d’imaginer des futurs possibles. La comédie, en particulier, occupe une place singulière en tant qu’outil de régulation sociale et de rapprochement humain : par le rire, elle ouvre un espace de lucidité, favorise la critique sans violence et crée des liens émotionnels durables, contribuant ainsi à une conscience collective plus apaisée et plus solidaire.
Ainsi, le Maroc et l’Afrique de l’Ouest dessinent un modèle exemplaire d’échange culturel fondé sur le respect, la créativité et la fierté africaine. La culture y devient un levier stratégique de développement durable, capable de soutenir l’émergence d’une économie créative génératrice d’emplois, de compétences et de reconnaissance internationale. Cette richesse vivante ne relie pas seulement les territoires africains entre eux : elle ouvre également des passerelles fécondes avec le reste du monde.
Dans un contexte global marqué par les mutations numériques, les avancées technologiques et les transformations sociales profondes, le patrimoine culturel africain demeure une force structurante. Il accompagne l’évolution des sociétés sans dissoudre leur identité, préserve la mémoire tout en nourrissant l’innovation et rappelle que l’humanité se construit autant par la technique que par le sens. Par l’art et la culture, le peuple continue d’affirmer sa place dans l’histoire commune et de bâtir un avenir fondé sur le dialogue, la créativité et la dignité humaine. L’humanité a aujourd’hui besoin de la voix de la jeunesse africaine, porteuse de sens, de responsabilité et d’espérance.
Fatema Binet Ouakka, c’est la voix d’une humanité en veille
Son engagement en faveur de la transmission, de la parité, de la circulation libre des savoirs et de l’émancipation consciente inscrit son action dans une éthique vivante. Enseigner, transmettre, créer ne sont pas des actes distincts, mais les mouvements d’un même souffle. Un souffle orienté vers la justice, la paix et le partage.
Son œuvre et sa trajectoire rappellent que l’art véritable ne sépare jamais l’intime de l’universel. Il relie. Il veille. Il maintient le monde ouvert, pensable et habitable. Et dans cette fidélité exigeante à l’humain, se loge peut-être la forme la plus haute de l’engagement.
Ainsi se dessine la figure d’une grande dame de notre temps : une femme attentive, engagée et visionnaire, qui œuvre sans relâche à déposer de la lumière là où elle manque, à ouvrir des chemins de connaissance et à bâtir des passerelles durables entre les générations et les peuples. Par sa pensée, son action et sa sensibilité, Fatema Binet Ouakka incarne une humanité debout, consciente d’elle-même, en marche vers la paix, la justice et le partage vivant des savoirs.
Yé Lassina Coulibaly
Artiste international et observateur attentif du monde,
Directeur artistique de l’ensemble polyphonique de balafons Yan Kady Faso
et de l’orchestre Afro-Jazz,
Auteur de « L’art des sons, l’art du soin, regards d’un musicothérapeute »
Entre l’Afrique et l’Europe,
Au nom de la culture africaine,
Prête sa plume comme une passerelle entre les continents,
Afin que l’art, la connaissance et la parole
Demeurent un langage vivant, partagé et universel.