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Dobet Valérie Gnahoré, chanteuse, danseuse, autrice-compositrice

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À l’ombre du baobab, Yé Lassina Coulibaly, continue de rendre hommage aux artistes dont le talent et la créativité dépassent toutes les frontières. À travers leur savoir-faire, leur talent et leur art, ils portent haut la richesse et la diversité du continent africain. Leur inspiration unit les cultures et rappelle que l’Afrique rayonne bien au-delà de ses frontières. Est de ceux-là Dobet Valérie Gnahoré, chanteuse, danseuse, autrice-compositrice. Lisez plutôt !

Dobet Valérie Gnahoré est une talentueuse danseuse et artiste

La mémoire : patrimoine immatériel d’Afrique.

Les mémoires ne se présentent jamais comme un dépôt inerte où le passé se conserve à distance du présent. Elles relèvent plutôt d’une dynamique vivante, d’une respiration continue du temps dans la matière des corps. Elle circule, traverse, insiste. Elle n’est pas ce qui se possède, mais ce qui travaille. Dans cette perspective, elle ne relève ni de l’archive figée ni de la simple remémoration : elle est puissance d’actualisation, tension vers l’avenir, reprise incessante du monde par ses propres forces enfouies.

D’emblée, la musique apparaît comme l’un des vecteurs essentiels de cette mémoire vivante : elle n’accompagne pas la mémoire, elle la met en mouvement. Par le rythme, elle organise la respiration du temps et rend perceptible ce que la pensée seule ne peut stabiliser. Elle devient ainsi une technologie sensible de la transmission.

Le baobab, figure centrale de cette ontologie du vivant, ne saurait être réduit à un simple symbole naturaliste. Il constitue une forme de pensée incarnée, une architecture du temps où s’accumulent les trésors de la mémoire collective. Sa verticalité n’est pas simple élévation, mais articulation des profondeurs et des hauteurs, du visible et de l’invisible, des disparus et des vivants. Il est moins un objet qu’un principe de relation, un opérateur de continuité entre les strates du réel. Dans cette architecture, la musique joue le rôle d’une circulation invisible : elle relie les niveaux du monde comme les racines relient les couches du sol.

Sous cet arbre à la durée de vie impressionnante, le corps humain cesse d’être une entité close sur elle-même. Il devient passage, lieu de transit des forces, champ d’inscription des héritages et des devenirs. Il n’est plus seulement présence matérielle, mais archive active, surface sensible où s’écrit une histoire qui excède la biographie individuelle. Ainsi, danser sous le baobab ne relève pas d’un simple exercice esthétique : c’est entrer dans une intelligence cosmologique du mouvement, où chaque geste engage une compréhension du monde. La musique y agit comme matrice rythmique de cette intelligence, rendant possible l’accord entre les corps, les gestes et les forces invisibles.

Le geste dansé, dans cette perspective, ne s’épuise jamais dans sa visibilité. Il excède l’apparence pour devenir acte de connaissance. Il convoque une épistémologie incarnée où le savoir ne se sépare pas de la chair qui le produit. Le corps devient alors un lieu de pensée non discursive, un espace où la rationalité se déploie sous forme de rythmes, de suspensions, de tensions et de relâchements. L’intelligence du vivant ne se dit pas seulement : elle s’éprouve, se performe, se transmet dans l’épaisseur du mouvement. La musique, ici, constitue la structure invisible de cette pensée en acte : elle organise les intensités, stabilise les transitions et rend partageable l’expérience du temps vécu.

Le baobab veille sur ces circulations. Il ne conserve pas la mémoire comme une substance, mais comme une transformation continue. Ses racines ne retiennent pas : elles filtrent, redistribuent, réactivent. Elles assurent la remontée de ce que le temps semble avoir effacé. Il y a là une logique non linéaire de la transmission, où l’héritage n’est jamais donné une fois pour toutes, mais constamment rejoué dans la chair des générations. La musique participe de cette remontée : elle est la forme sonore de la réactivation du passé dans le présent.

Lorsque le corps danse sous le baobab, il entre dans une logique de métamorphose. Les pieds deviennent ancrages, mais un ancrage mobile, attentif aux vibrations du sol. Les articulations ne se contentent pas de relier : elles interrogent. Le dos porte les lignées invisibles, non comme un fardeau, mais comme une intensité. Les bras ouvrent des directions possibles, esquissent des mondes. Le souffle, enfin, articule les temporalités : il relie ce qui fut, ce qui advient et ce qui se prépare. Le danseur cesse alors d’être sujet pour devenir processus, devenir-arbre, devenir-monde. La musique devient ici l’architecture du devenir, le cadre dynamique dans lequel ces transformations deviennent perceptibles et habitables.

La racine, dans cette économie symbolique et existentielle, ne signifie jamais immobilisation. Elle enseigne au contraire une éthique de la tenue intérieure. Toute verticalité véritable suppose une plongée dans l’épaisseur de soi et du monde. Le bassin porte les mémoires ancestrales non comme des récits clos, mais comme des forces actives. Le sol, loin d’être un simple support, devient interlocuteur, partenaire de pensée. La fidélité aux origines ne s’oppose pas au mouvement : elle en constitue la condition de possibilité. La musique, dans ce registre, agit comme une mémoire du sol : elle rend audible ce qui, autrement, resterait enfoui.

Mais cette logique de l’enracinement ne saurait suffire. Elle appelle son contrepoint : l’eau. L’eau introduit la fluidité dans la structure, la mobilité dans la mémoire. Elle enseigne la traversée des obstacles sans rupture du flux. Elle ne conserve pas le passé, elle le diffuse. Elle transforme l’identité en circulation, en processus ouvert. Dans cette logique, survivre ne signifie pas persister identiquement à soi-même, mais continuer à se transformer malgré les fractures du réel. La musique épouse ici la logique aquatique : elle est flux, variation, reprise et déformation continue du thème vivant.

Ainsi, une chute n’est jamais simple interruption : elle devient rivière. Une reprise n’est pas à répétition : elle est marée. Une torsion du corps dessine une spirale, forme de continuité non linéaire. Le mouvement est toujours recomposé à partir des œuvres du vivant, c’est-à-dire reconfiguration incessante des formes héritées. La musique agit alors comme principe de recomposition : elle transforme la rupture en variation.

À cette dynamique de l’eau s’ajoute celle de la lumière, qui introduit une dimension de discernement. La lumière n’ajoute pas du visible au visible : elle modifie le régime même de l’apparition. Elle rend le geste lisible dans sa densité intérieure. Elle ne transforme pas le corps en spectacle, mais en événement de présence. Le mouvement devient apparition consciente, forme de clarté incarnée. La musique devient, par analogie, lumière sonore : elle éclaire les transitions invisibles du geste.

La terre, quant à elle, impose la gravité comme condition de toute pensée incarnée. Elle rappelle que toute élévation est inséparable d’un rapport assumé au poids. Le geste qui frappe le sol ne manifeste pas une violence, mais une reconnaissance : celle de la matérialité comme condition de dignité. Le genou plié devient figure d’humilité active, et le redressement, non une domination, mais une reconquête de soi dans et par le monde. La musique donne ici forme au poids : elle structure la gravité en rythme.

Le vent, enfin, introduit la dimension relationnelle du vivant. Il traverse le corps, le décentre, le rend poreux aux altérités. Il enseigne une éthique de l’écoute, où respirer devient un acte de réception et de transmission. Le corps n’est plus centre, mais interface, lieu d’hospitalité des forces du monde. La musique est alors ce vent organisé : une circulation audible de l’altérité.

Dans cette constellation élémentaire, la parole elle-même cesse d’être exclusivement linguistique. Elle excède les mots pour habiter le rythme, l’intervalle, le silence. Un geste suffit à condenser une cosmologie : un bras levé, une chute, une suspension. Le langage du corps devient une forme de connaissance non discursive, mais pleinement signifiante. La musique en est la matrice originaire : elle précède et dépasse le langage articulé.

Dès lors, danser relève moins de l’esthétique que de l’éthique. Il s’agit d’une responsabilité du geste, d’une fidélité active à ce qui traverse les corps. Le corps dansant devient archive vivante, résistance contre l’effacement, lieu d’une mémoire qui ne cesse de se réinventer. La modernité du geste ne consiste pas à rompre avec l’héritage, mais à l’activer, à le rendre opératoire dans le présent. La musique en constitue la forme éthique : elle engage le corps dans une responsabilité rythmique.

Le baobab, en tant que figure essentielle du vivant, condense cette ontologie. Il est à la fois matrice et mémoire, origine et devenir. Il n’accumule pas : il transmet. Il n’archive pas : il fait circuler. Sous ses racines, d’autres commencements adviennent sans cesse. La musique est le souffle de cette circulation infinie.

Ainsi, lorsque le baobab danse, ce n’est pas une métaphore : c’est une vision du monde qui se déploie. Un monde où la racine pense, où l’eau se souvient, où la lumière discerne, où la terre engendre, où le vent relie, où la parole habite le geste, et où la musique donne forme à l’ensemble de ces devenirs.

Dans ce monde, le corps devient arbre, l’arbre devient archive, l’archive devient rythme, et le rythme devient une manière de penser à l’avenir. Car danser ne consiste pas à représenter le monde, mais à lui permettre de se souvenir de lui-même à travers la chair vivante de ceux qui le traversent.

Dobet Gnahoré, enracinée tel un baobab aux branches tendues vers l’horizon, s’inscrit sur la scène internationale dans cette lignée rare d’artistes pour qui créer revient à faire surgir l’histoire dans le présent.

Chanteuse, danseuse, musicienne, autrice-compositrice franco-ivoirienne, elle est une figure majeure de la danse contemporaine  africaine et une voix singulière de l’afro-pop. Son nom s’inscrit au cœur d’une mémoire en mouvement, traversant les générations et les continents avec la gravité de ceux qui bâtissent et la ferveur de ceux qui transmettent.

Sur la scène internationale, elle a l’incroyable talent de pouvoir enchanter tous publics en se produisant avec tout type de formations : orchestre, ensemble, big band…

Elle a collaboré avec de nombreux artistes professionnels, en Afrique comme en Europe, notamment Boni Gnahoré, Angélique Kidjo (sur une tournée en hommage à Miriam Makeba), Fatoumata Diawara, Ali Keita, Paco Sery…

En France, comme en Afrique, terre de rythmes et de récits, Dobet  Gnahoré s’est imposée non seulement comme chorégraphe, mais aussi comme une véritable architecte des formes contemporaines, une conscience artistique qui donne à voir, à sentir et à comprendre.

Chez elle, la danse est nécessaire. Elle est langage. Elle constitue ce lieu où le corps devient archive vivante. Dès ses premiers pas, Dobet  Gnahoré a compris que chaque geste porte en lui la mémoire des ancêtres, que chaque mouvement peut dire ce que les mots taisent. Ainsi, son œuvre s’enracine dans les récits collectifs – dans les douleurs tues comme dans les joies partagées. Elle s’y manifeste telle une présence habitée, une voix qui traverse les silences de l’histoire pour restituer à l’Afrique une part de sa visibilité sensible. Par la puissance quasi magique de son geste, elle a contribué à écrire une page essentielle de l’histoire de la danse africaine.

Mais son art excède la seule maîtrise du geste : il s’élève à la hauteur d’une éthique. Car Dobet Gnahoré appartient à ces artistes pour qui créer engage. Son travail tisse des correspondances entre les cultures, ouvre des passages entre les identités et transforme la danse en un espace de reconnaissance mutuelle. Dans son œuvre, la diversité n’est jamais fragmentation : elle devient respiration commune. Chaque altérité y est accueillie comme une promesse, chaque différence comme une intensité.

Puisant dans la richesse plurielle de son pays natal, la Côte d’Ivoire – ses langues, ses rythmes et ses traditions – elle ne se contente pas d’en préserver les traces : elle les métamorphose. Elle les porte au-delà des frontières, les expose à la lumière du monde sans jamais les déraciner. Sa démarche est ainsi double : fidélité et invention. Elle est aussi reconnaissance – envers un peuple, une lignée, des compagnons de route – mais également envers ces figures invisibles qui, dans l’ombre, nourrissent toute création.

Nombreux sont ceux qu’elle a formés, accompagnés, élevés. Par son enseignement, elle a contribué à faire émerger des générations d’artistes capables de vivre de leur art, en Afrique comme en Europe. Là encore, son œuvre déborde la scène : elle s’inscrit dans les trajectoires humaines, dans les devenirs qu’elle rend possibles, offrant à chacun l’opportunité de bénéficier de son exigence artistique et de sa richesse humaine.

Au cœur de cette œuvre persiste une quête inlassable : celle du respect et de la fraternité. Créer, pour Dobet Gnahoré, c’est rassembler. C’est faire advenir un lieu où chacun peut se reconnaître, où les fractures s’apaisent sans s’effacer, où l’humanité se recompose dans le lien. La danse et la musique deviennent alors un territoire d’hospitalité, un espace où les différences cessent d’être des frontières pour devenir des forces partagées.

Son parcours est aussi une traversée des lieux et des scènes : festivals, maisons de la culture, institutions théâtrales, espaces populaires… Partout, elle inscrit le même geste fondateur : faire dialoguer les épopées, les mythes et les récits, les offrir au regard du monde, et rappeler que toute culture vivante est une promesse adressée à l’universel.

Artiste résolument moderne, son œuvre apparaît comme une célébration de l’Afrique de l’Ouest et, au-delà, comme une méditation sur l’identité elle-même – non pas une identité close, mais une identité en mouvement, ouverte et traversée. En portant haut les couleurs de sa terre natale, Dobet  Gnahoré invite chacun à habiter la sienne avec dignité et à la partager sans crainte.

Elle n’est pas seulement chorégraphe : elle est passeuse de mémoire, bâtisseuse de liens, veilleuse d’humanité. Et dans la justesse de son engagement comme dans la profondeur de sa création, elle rappelle que la danse et la musique lorsqu’elles touchent à leur vérité, deviennent ce langage universel capable de relier les peuples et de donner sens à notre humanité commune.

La danse comme poésie du corps vivant : esquisse d’une poïétique incarnée

Dans la trajectoire chorégraphique de Dobet Gnahoré, la danse excède toute définition restrictive qui la réduirait à une pratique esthétique ou à un simple art du mouvement. Elle s’y impose comme une forme de connaissance incarnée, une manière singulière d’habiter le monde par le corps et d’en révéler les tensions souterraines. Le geste dansé n’y relève ni de la description ni de la représentation : il relève de l’apparition. Il donne forme à ce que le langage discursif ne parvient qu’imparfaitement à cerner – affects silencieux, mémoires enfouies, strates culturelles, circulations invisibles entre les êtres. Ainsi comprise, la danse devient une herméneutique du vivant, une écriture sans alphabet où le sens ne se dit pas, mais se déploie.

Le corps dansant, loin d’être une entité close, s’inscrit dans une compréhension élargie de l’humain, proche des sciences sociales contemporaines et des études du sensible. Il est traversé, constitué, saturé d’histoire. Chaque mouvement apparaît dès lors comme une archive en acte : non pas un vestige figé, mais une mémoire opératoire, constamment rejouée, déplacée, réinventée. La scène devient alors un espace d’intelligibilité du social, où le corps ne se contente pas d’exprimer une subjectivité individuelle, mais devient le lieu de convergence de forces hétérogènes – héritages familiaux, sédiments culturels, imaginaires collectifs, inscriptions politiques du vivant.

Dans cette perspective, la danse se constitue comme une écriture du réel dépourvue de mots, mais non de structure. Elle organise autrement le sensible, selon des logiques de résonance, d’intensité et de relation. L’humain s’y pense moins comme une unité autonome que comme un nœud de relations, pris dans un réseau d’interdépendances où le geste est toujours déjà traversé par l’autre.

Au cœur de cette poïétique du mouvement se déploie une philosophie de la transmission. Contre toute conception linéaire de l’histoire, Dobet Gnahoré lui substitue une logique de continuité dynamique : les corps ne se succèdent pas, ils se prolongent. Apprendre à danser ne consiste donc pas à acquérir un savoir technique extérieur, mais à entrer dans une lignée vivante de gestes, à habiter une mémoire active où chaque sujet est simultanément héritier et créateur. Le patrimoine chorégraphique cesse ainsi d’être un objet de conservation pour devenir une matière en perpétuelle réactivation, un organisme symbolique en transformation continue.

Cette conception engage une relecture des notions de travail, de discipline et d’exigence. Loin d’une contrainte normative, la discipline apparaît comme une technologie corporelle des vertus, un instrument d’exploration du potentiel humain. Les sciences du mouvement et de l’apprentissage moteur confirment d’ailleurs ce que l’expérience artistique pressent : la répétition, la régularité et la conscience proprioceptive ne limitent pas le sujet, elles l’approfondissent. Elles affinent la perception de soi, structurent l’intention et ouvrent un champ d’intelligibilité du geste comme événement.

De là se dessine une vision systémique de l’humain. L’individu n’y est jamais isolé, mais toujours déjà pris dans un tissu relationnel où le corps est simultanément espace biologique, social et symbolique. Le groupe, dans ce cadre, ne constitue pas une addition d’individualités, mais une entité émergente produisant ses propres effets : synchronisation, cohérence, intensification affective. Les recherches contemporaines en psychologie sociale et en neurosciences affectives ont montré combien les dynamiques synchronisées favorisent l’appartenance, la régulation émotionnelle et la construction du lien social. La danse collective devient alors un laboratoire du commun, un dispositif où s’expérimente concrètement la fabrication du lien.

Cette dimension collective confère à la danse une portée éthique et politique. Chez Dobet Gnahoré, l’art ne se sépare jamais des questions de dignité humaine. Il engage une pensée du monde où la scène devient un espace de visibilité pour les voix marginalisées, les corps minorés et les présences effacées. Dans cette perspective, la chorégraphie excède l’esthétique pour rejoindre une politique du sensible : elle reconfigure les rapports sociaux en les rendant perceptibles autrement, en les re-sculptant dans l’espace du mouvement. Les fractures du monde – inégalités, violences, silences – y trouvent une forme de recomposition symbolique, non comme résolution, mais comme mise en tension signifiante.

L’enseignement de Dobet Gnahoré cristallise cette pensée du corps dans une métaphore fondatrice : celle d’une flamme intérieure. Cet axe vertical, à la fois stable et vivant, articule enracinement et élévation, densité et légèreté, concentration et ouverture. Sur le plan somatique, cette image rejoint les acquis contemporains de la proprioception et de l’intégration sensorimotrice : elle invite à une écoute fine des micro-ajustements corporels, à une intelligence du geste comme organisation globale du vivant. Mais elle engage également une transformation plus profonde : celle d’une identité corporelle raccordée, où la posture devient expérience de soi. Le corps n’est plus seulement instrument d’expression, il devient lieu de constitution subjective.

Enfin, cette poïétique du mouvement s’ouvre à une pluralité culturelle radicale. Loin de toute uniformisation, elle refuse l’universel abstrait pour lui substituer une universalité relationnelle : non pas ce qui est identique, mais ce qui devient traduisible entre les différences. La danse agit ainsi comme un espace de circulation des formes sensibles, où les singularités ne s’effacent pas mais se rendent communicables. Souffle, rythme, cadence, respiration et tempo composent alors une grammaire du vivant, non codifiée mais partageable.

Avec rigueur, la danse et la musique chez Dobet  Gnahoré excèdent ainsi le champ artistique pour devenir une philosophie du mouvement incarné et une pensée du vivant en acte. Elles articulent esthétique, psychologie et éthique dans une même dynamique de transformation. Le corps n’y est plus simple instrument, mais lieu de mémoire, de relation et de passage. Dans un monde traversé par des lignes de fracture et des tensions identitaires, cette pratique dessine une exigence : celle d’un corps capable de relier, de traduire et de recomposer du sens commun. La danse et la musique apparaissent alors non comme un supplément d’art, mais comme une manière d’être au monde – une pensée en acte, peut-être une forme discrète d’espérance.

L’âme de la danse et de la musique au cœur de la santé.

En Afrique de l’Ouest, l’enfant grandit dans un environnement où la danse et la musique ne sont  pas une activité isolée, mais une manière naturelle d’être au monde. Avant même la naissance, dans le ventre de sa mère, il est déjà traversé par les rythmes du vivant : les battements du cœur maternel, les pas, les chants, les vibrations de la parole et des gestes. Après la naissance, cette continuité se prolonge. L’enfant est porté, bercé, entouré de mouvements. Il est immergé dans un univers où la mère, le père, les grands-parents, les frères et sœurs, les tantes, les oncles, ainsi que toute la famille élargie – sans oublier les cousins, les cousines et les amis proches – participent à une même circulation du geste et du rythme. Ici, danser ne s’apprend pas comme une technique : cela se vit, cela s’incorpore, cela se transmet par imprégnation. Le corps de l’enfant s’accorde spontanément aux rythmes du groupe, comme si le lien aux autres passait d’abord par le mouvement, avant même les mots.

Dans cette expérience première, la danse apparaît comme une forme essentielle du lien humain. Elle ne vient pas après la parole : elle la précède, la prépare et l’accompagne. Elle met immédiatement en relation les corps, les émotions et les intentions dans une communication directe, intuitive, presque universelle. Elle n’est pas seulement un art, ni même une activité culturelle parmi d’autres : elle est une manière d’être ensemble, une forme d’existence partagée. Le corps devient alors une mémoire vivante, où s’inscrivent les émotions, les appartenances, les histoires collectives et les expériences individuelles. Ainsi, la danse et la musique ne sont pas un ajout à la vie : elles en sont une expression fondamentale, une grammaire silencieuse du lien.

Dans le monde contemporain, marqué par la vitesse, la fragmentation et la médiation technologique des relations humaines, la place de la danse  et de la musique interrogent profondément. Celles-ci pourraient sembler secondaires, reléguées au domaine du loisir, du spectacle ou de l’expression artistique. Pourtant, cette apparente marginalisation masque une vérité plus essentielle : la danse et la musique conservent une puissance structurante dans l’équilibre de l’être humain.

La danse et la musique agissent comme une force d’unification. Elles ne se limitent pas à exprimer une émotion : elles la transforment en expérience incarnée. Ce qui était intérieur, parfois confus ou inaccessible, devient mouvement, respiration, rythme visible. Elles rendent le ressenti lisible dans le corps, et par là même, partageable. En ce sens, elles constituent un langage total, où le corps, l’émotion et la conscience cessent d’être séparés pour se rejoindre dans une même dynamique vivante.

Dans un quotidien souvent fragmenté – entre travail, écrans, obligations et dispersion mentale – la danse et la musique permettent un recentrage profond. Elles réunissent ce qui est habituellement dispersé : le corps, l’esprit et le ressenti. Par leur exigence de présence, elles rééduquent l’attention, ralentissent le flot mental et restaurent une continuité entre l’intérieur et l’extérieur. Danser oblige à habiter pleinement l’instant, à revenir à une forme de simplicité fondamentale : être là, dans le mouvement.

Sur le plan de la santé, cette expérience est d’une richesse considérable. Danser relance la circulation du sang, assouplit les articulations, stimule la respiration et libère les tensions accumulées. Mais ses effets ne s’arrêtent pas au plan physiologique. Elle agit également sur l’équilibre psychique en permettant une régulation naturelle des émotions. Le mouvement devient alors un espace d’évacuation, mais aussi de transformation : ce qui pèse peut se métamorphoser en énergie, en fluidité, en souffle nouveau.

Au-delà du corps et du mental, la danse et la musique ouvrent un espace plus subtil : celui d’une présence à soi apaisée. Elles peuvent être comprises comme une forme de méditation en mouvement, où l’attention ne se fixe pas sur une idée, mais circule dans le geste. Le corps devient support de conscience, et la conscience elle-même devient mouvement. Dans cet état, l’être humain retrouve une unité intérieure souvent fragmentée par les exigences de la vie moderne.

La liberté de la danse ne se réduit ni à une performance ni à une simple expression esthétique. Elle est une manière d’habiter pleinement son corps, avec justesse, intensité et sensibilité. Elle invite à une qualité de relation fondée sur l’écoute de soi et l’attention à l’autre. Dans la danse collective, cette dimension devient particulièrement visible : chacun existe pleinement sans effacer l’autre, dans une harmonie mouvante où l’individualité nourrit le groupe et où le groupe soutient l’individu.

À tout âge de la vie, la danse conserve cette capacité de régénération. Elle ne demande ni condition particulière ni compétence préalable, seulement une disponibilité au mouvement, une ouverture à ce qui traverse le corps. Elle accompagne les transformations de l’existence, soutient la vitalité et maintient vivant le lien entre le geste et la sensation d’être vivant.

Enfin, la danse élargit notre rapport au vivant. Elle rappelle que l’être humain n’est pas seulement un être de pensée ou de parole, mais aussi un être de rythme, d’élan, de vibration et de relation. Qu’elle soit intime ou collective, spontanée ou structurée, elle demeure une source de joie profonde, d’énergie renouvelée et de lien authentique.

En cela, elle dépasse le simple divertissement pour toucher une dimension essentielle de l’existence : celle de l’unité. Unité du corps et de l’esprit, unité de l’individu et du groupe, unité de l’être humain avec le monde. Par le mouvement, elle rassemble ce qui était dispersé et transforme la vie en une danse continue, une présence vivante à soi-même.

Depuis la tête jusqu’aux pieds, jusque dans la pointe des cheveux, l’être humain retrouve son équilibre en dansant – comme si chaque mouvement reconnectait silencieusement l’âme, le corps et le monde.

La liberté, lorsqu’elle est pensée à partir du corps, cesse d’être une abstraction ou une idée morale détachée de l’expérience. Elle devient une dynamique vécue, une modulation continue de l’être au monde. Dans cette perspective, la danse ne se contente pas d’être un art parmi d’autres : elle apparaît comme une manière fondamentale d’exister, une écologie sensible du vivant où le corps n’est plus un support, mais un milieu d’émergence.

Le mouvement dansé ne relève pas simplement de l’expression d’un sujet déjà constitué. Il participe à la constitution même du sujet. Il le déplace, le reconfigure, l’ouvre à des intensités qui excèdent toute identité stable. Le corps n’y est plus une forme close, mais une circulation : circulation d’affects, de rythmes, de tensions et de relâchements. Cette circulation abolit progressivement la frontière entre intérieur et extérieur. Ce que l’on nomme « monde » ne vient plus s’opposer au corps : il le traverse, l’habite, le module. Inversement, le corps cesse d’être un point isolé pour devenir un lieu de passage du monde.

Dans cette logique, la danse n’est pas une imitation du réel, mais une participation à son devenir. Elle engage une ontologie du mouvement : rien n’y est définitivement fixé, tout est en train de se faire. Le geste dansé ne coïncide jamais totalement avec lui-même ; il déborde légèrement son intention, et c’est précisément dans ce décalage qu’il produit de la liberté. Une liberté non pas comme autonomie absolue, mais comme capacité à ne pas coïncider entièrement avec ce que l’on est déjà.

Ainsi, danser revient à consentir à l’instabilité constitutive du vivant. Non pas une errance chaotique, mais une intelligence du changement. Le corps apprend à composer avec ce qui advient, à recomposer ses appuis, à inventer des continuités provisoires. La stabilité n’est plus un état, mais une opération : un équilibre toujours reconstruit, toujours relancé.

Certaines expériences culturelles rendent cette vérité plus immédiatement perceptible. Dans de nombreux contextes africains, par exemple, les pratiques dansées liées aux éléments naturels ne séparent pas l’esthétique du quotidien. Sous la pluie, le corps ne « représente » pas l’eau : il s’accorde à elle. Il n’y a pas d’opposition entre scène et monde, mais continuité d’un même tissu sensible. Le corps ne se met pas en scène devant la nature ; il devient l’un des modes par lesquels la nature se manifeste à elle-même.

Dans cette perspective, les éléments ne sont pas des images poétiques plaquées sur le réel, mais des régimes d’expérience. L’eau, par exemple, introduit une intelligence de la plasticité. Elle enseigne tolérance et non-violence, consentement au glissement. Elle défait les rigidités du geste, non pour le désorganiser, mais pour lui donner une autre forme de cohérence, plus fluide, plus adaptable. Danser avec l’eau, c’est apprendre que la résistance n’est pas toujours la forme la plus haute de la force.

L’air, quant à lui, ouvre le corps à une dimension respiratoire élargie. Il transforme le mouvement en circulation invisible, en architecture du souffle. Le geste ne se limite plus à un déplacement dans l’espace : il devient modulation de l’espace lui-même. Le corps découvre alors qu’il ne se déplace pas dans un vide neutre, mais dans une matière sensible, traversée de pressions, de densités, de variations.

Le feu introduit une autre logique : celle de l’intensification et de la transformation. Il correspond à ces moments où le geste déborde sa mesure, où l’énergie affective ne peut plus être contenue dans une forme stable. Mais ce débordement n’est pas destruction. Le feu brûle les anciennes organisations du mouvement pour en faire surgir de nouvelles, plus imprévisibles, plus vivantes.

La terre, enfin, rappelle que toute liberté suppose un appui. Elle n’est pas ce qui limite le mouvement, mais ce qui le rend possible. Elle inscrit le corps dans une gravité, dans une densité, dans une mémoire du sol. Sans elle, le geste se dissout dans l’abstraction ; avec elle, il acquiert une lisibilité, une direction, une consistance. La liberté n’est donc pas arrachement au monde, mais inscription plus fine dans ses conditions matérielles.

Au-delà des éléments, d’autres forces traversent la danse comme des horizons d’expérience. Les mémoires, par exemple, ne sont pas des archives figées, mais des circulations souterraines. Elles remontent dans le corps sans passer par la représentation consciente. Elles ne racontent pas une histoire : elles modulent une présence. Danser, c’est parfois laisser ces strates de mémoire agir sans les transformer immédiatement en discours.

Les astres, dans cette lecture élargie, peuvent être compris comme des figures de décentrement. Les étoiles introduisent une dimension de vertige : elles déplacent le corps hors de son centre supposé, l’inscrivent dans une échelle qui le dépasse infiniment. Le mouvement devient alors cosmique sans quitter le sol, comme si chaque geste participait d’une écriture plus vaste que lui-même.

La Lune installe une temporalité oscillante, faite de reprises et de suspensions. Elle rappelle que le vivant ne progresse pas de manière linéaire, mais par cycles, par retours, par variations. Le rythme du corps n’est jamais pure continuité : il est alternance, respiration, pli et déplié.

Le Soleil, lui, intensifie la présence. Il éclaire le corps non seulement de l’extérieur, mais aussi de l’intérieur, en le rendant pleinement assumé dans son apparition. Il y a dans cette lumière une forme d’évidence : être là, simplement, sans justification.

La lumière, enfin, ne se réduit pas à un phénomène optique. Elle est ce qui rend les formes intelligibles, ce qui organise le visible. Dans la danse, elle correspond à ces moments où le geste semble comprendre avant même que la pensée ne le formalise, comme si l’intelligibilité naissait directement du mouvement.

Ainsi comprise, la danse n’est pas un domaine séparé de la vie : elle en est une intensification. Elle articule perception et action dans une même dynamique. Le sujet n’y est plus centre souverain, mais interface, passage, modulation temporaire d’un champ plus large de forces.

C’est en cela que la danse peut être pensée comme une pratique de liberté incarnée. Non pas liberté comme indépendance absolue, mais comme capacité à entrer en relation sans se figer, à se transformer sans se perdre, à durer sans se rigidifier. Une liberté qui ne s’oppose pas à la contrainte, mais qui apprend à composer avec les conditions mêmes de l’existence.

Le corps dansant devient alors le lieu d’une vérité singulière : celle d’un être humain qui n’est pas extérieur au monde, mais une de ses manières de se poursuivre, de se réfléchir et de se transformer. Danser, c’est peut-être cela : laisser le monde penser en nous sous forme de mouvement.

La danse contemporaine africaine ne se contente pas d’exister : elle s’affirme, elle traverse, elle bouleverse…

La nouvelle génération travaille de manière sérieuse et professionnelle à la promouvoir, que ce soit au Mali, la Guinée Konakry, le Nigéria, l’Afrique du Sud, le Ghana, le Burkina Faso, le Sénégal, le Bénin, le Cameroun ou la Côte d’Ivoire…Mais ils ont besoin de moyens logistiques et de production pour aller plus loin.

Portée par des figures telles que  Dobet  Gnahoré, elle s’impose comme une parole incarnée, un langage où le corps devient à la fois archive vivante et souffle du présent. À la croisée des héritages et des métamorphoses du monde, elle ne se limite pas à préserver : elle transforme, interroge, élargit. Elle est un art du passage – entre mémoire et devenir.

Ici, chaque geste plonge ses racines dans une histoire plus ancienne que les mots. Les rythmes, les ancrages, les pulsations émergent des terres, des rites, des saisons et de la diversité des peuples. En Afrique de l’Ouest, la danse fut longtemps indissociable de la vie elle-même : elle accompagnait les naissances, les deuils, les récoltes, les rites de passage. Mais la scène contemporaine ne répète pas – elle transfigure. Elle déconstruit les formes pour mieux en révéler l’essence, faisant surgir du passé une matière vive, prête à dialoguer avec le présent.

Le corps devient alors un territoire de pensée. Les chorégraphes contemporains y inscrivent des récits urgents : identités mouvantes, mémoires fragmentées, migrations, fractures sociales, élans d’émancipation. Rien n’y est décoratif. Tout y est nécessité. Le mouvement porte la trace des luttes, la tension des silences, la puissance des résistances. Danser, ici, c’est dire ce qui ne peut plus être tu.

Et la vie quotidienne elle-même entre en scène. Les gestes du travail – marteler, semer, porter, façonner – deviennent une écriture chorégraphique. Ils se répètent, se transforment, se stylisent jusqu’à révéler leur charge symbolique. Dans ces mouvements résident la dignité du geste simple, mais aussi la fatigue, la contrainte, parfois l’injustice. La danse élève l’ordinaire sans l’effacer : elle en fait une matière noble, une mémoire partagée.

Les femmes y occupent une place essentielle – non comme figures, mais comme forces. Leurs réalités, souvent invisibles, trouvent dans le mouvement un espace de visibilité et de résonance. Les corps racontent les charges, les violences, les silences imposés – mais aussi la puissance créatrice, la transmission, la capacité à résister et à transformer. La scène devient alors un lieu d’affirmation : une prise de parole sans mots et sans détour

Attachée à l’émancipation des femme africaines, Dobet Gnahoré, croit en leur force mobilisatrice, leurs potentialités créatrices et leur capacité à changer le monde, car elles sont un pilier important pour la génération future……

Cet art est traversé par l’hybridité. Il ne se limite pas : il accueille. Musiques traditionnelles et sons urbains s’entrelacent ; la danse dialogue avec le théâtre, la parole, parfois l’image. Ce croisement des formes ouvre des espaces sensibles et complexes, où émotion et réflexion cohabitent.

Une attention particulière est portée à l’esthétique scénique. Le costume, loin d’être accessoire, devient une extension du corps et du propos artistique : chaque création invente ses propres formes, ses matières, ses symboles. Il participe pleinement à la dramaturgie. De même, la scénographie, le son et la lumière sont pensés avec exigence et précision. Ils donnent profondeur, intensité et lisibilité à l’œuvre, révélant un haut niveau de professionnalisme et une véritable signature artistique.

Sur la scène, cette danse déplace les regards : elle refuse les simplifications, affirme la pluralité et impose une modernité qui lui est propre.

Rien n’y est figé. Tout y circule. La danse contemporaine et la musique africaines se nourrissent des voyages, des diasporas, des rencontres. Elles franchissent les frontières sans perdre ses ancrages. Elles construisent des ponts – entre continents, entre histoires, entre générations. Elles deviennent un lieu de passage, mais aussi de transformation.

C’est un art profondément humain. Il raconte les peuples, les travailleurs, les femmes, les jeunesses en devenir. Il relie ce qui fut à ce qui advient, le proche à l’universel. Il rappelle que le corps, dans sa fragilité et sa force, demeure l’un des langages les plus puissants pour dire le monde.

Et dans ce mouvement, certaines voix marquent durablement. Dobet Gnahoré, qui maîtrise à la perfection l’art d’associer danse, musique et chant, incarne cette exigence et cet engagement. Son travail ne se limite pas à la scène : il accompagne, il éveille, il transmet. À travers elle, la danse, la musique et le spectacle deviennent plus qu’un art : ils sont un acte, pensée en mouvement, promesse adressée à l’avenir.

Enfin, chaque identité culturelle qu’elles mobilisent et mettent en lumière constitue un capital à la fois symbolique et économique. En valorisant les héritages et les savoir-faire, la danse, la musique et le chant, participent à la reconnaissance des cultures et à leur rayonnement, tout en ouvrant des perspectives concrètes de développement et de création.

Une femme de son temps, sans jamais être déracinée.

Dobet Gnahoré, avance avec assurance, habitée par une mémoire plus vaste qu’elle-même, portée par la bénédiction silencieuse de celles et ceux qui l’ont précédée. En elle, les voix des parents et des aïeux ne se taisent pas : elles veillent, elles guident, elles élèvent. Elle n’est pas seulement dépositaire, elle est passeuse.

Dans sa lignée, les valeurs ne sont pas des mots figés : elles respirent, se transmettent, vivent. Le respect en est le socle. La transmission, une exigence. Et la fraternité – ce lien indéfectible entre frères et sœurs – en constitue le cœur vivant.

Elle a grandi dans l’art de l’écoute, cette discipline rare qui exige silence et présence. Écouter les mots, mais aussi ce qui tremble entre eux. Accueillir les récits autant que les blessures. Ainsi s’est formée en elle une intelligence du cœur, une lucidité douce capable de saisir l’invisible.

Elle est de celles dont la présence impose le respect sans effort ni bruit. Une allure juste, une simplicité souveraine. Elle ne cherche ni à séduire ni à convaincre : elle incarne. Et dans cette incarnation, elle devient repère.

Dobet Gnahoré appartient à cette rare catégorie d’êtres dont l’influence traverse le temps sans se figer. Elle inspire sans revendiquer, marque sans s’imposer. Même les plus jeunes reconnaissent en elle une exigence, une ligne, une hauteur. Car son élégance ne se fabrique pas : elle émane, dépasse l’apparence : elle se loge dans l’action, dans l’engagement, dans la justesse de chaque geste et de chaque parole. Elle agit droit, parle juste, écoute vraiment. Et dans un monde saturé de bruit, cette vérité devient forte.

Elle n’oublie rien de l’essentiel. Elle est passage entre les générations, mémoire vivante et promesse tenue. Sa présence agit. Elle relie, soutient, répare. Dans son entourage, comme au-delà, elle veille. Elle va vers l’autre, sans calcul, par nécessité intérieure. Elle accompagne les fragilités, soutient les solitudes, honore les absences. Elle n’attend pas qu’on l’appelle : elle répond déjà. Sa solidarité n’est pas un geste, c’est une manière d’être.

Et parce qu’elle refuse les frontières étroites, elle ouvre : au monde, au savoir, aux cultures. Ce qu’elle crée, elle le partage. Ce qu’elle comprend, elle le transmet. Son art devient langage, son engagement devient pont.

Elle est de ces lumières qui ne brûlent pas mais qui durent : une force tranquille, une clarté sans éclat inutile, une présence qui ne s’impose pas – mais qui guide longtemps.

Une chorégraphe de la voix, telle Dobet Gnahoré, est souvent comparée à un chef d’orchestre, mais cette image ne suffit pas à épuiser la richesse de son rôle. Elle ne dirige pas seulement des sons : elle sculpte des corps en mouvement, compose avec la gravité, l’espace et le souffle. Sa baguette n’est pas un objet visible ; elle se prolonge dans son regard, dans ses mains, dans sa capacité à écouter les silences du mouvement et à transformer l’énergie individuelle en œuvre collective.

Dans cet univers, chaque danseur devient un instrument vivant. Le corps tout entier est mobilisé comme une partition sensible : du regard jusqu’aux pieds, de la tête à la colonne vertébrale, chaque segment participe à une écriture chorégraphique à la fois précise et ouverte à l’interprétation. Rien n’est figé. Le geste se répète, mais jamais de manière identique, car il est traversé par l’humeur, la mémoire et la personnalité de celui ou celle qui danse. Ainsi, une même séquence peut devenir grave, joyeuse, tendue ou légère selon l’intention et l’état intérieur du danseur.

La chorégraphe, dans ce processus, agit comme une tisseuse de rythmes. Elle organise les élans, les ruptures, les suspensions et les accélérations. Elle ne recherche pas seulement l’harmonie, mais aussi les frictions, les déséquilibres et les surprises. C’est souvent dans ces interstices que naît la vérité du mouvement.

Chaque chorégraphie devient alors une exploration de l’humain, une manière de révéler ce qui, dans le corps, échappe parfois au langage. On pourrait dire que chaque ballet, chaque création chorégraphique, raconte une histoire. Mais ces récits ne sont pas toujours linéaires : ils sont fragmentés, symboliques, parfois abstraits. Ils reflètent la société dans ce qu’elle a de plus intime – ses tensions, ses rêves, ses contradictions, ses élans d’amour et de liberté, mais aussi ses blessures – Le plateau de danse devient alors un miroir du monde, un espace où les comportements humains sont observés, transformés et sublimés.

Dans cette perspective, la scène n’est pas seulement un lieu de représentation. Elle devient un espace de partage émotionnel. Le spectateur n’est pas un simple observateur : il est invité à ressentir, à interpréter, à projeter sa propre histoire dans celle qui lui est offerte. C’est là que réside la force du spectacle vivant : dans cette rencontre entre l’intention de l’artiste et l’imaginaire du public.

Chaque représentation porte ainsi une dimension de rêve. Le corps en mouvement ouvre des portes invisibles et suggère des mondes possibles. Il peut exprimer l’amour sans le dire, le plaisir sans le nommer, le bonheur sans le définir. La danse contourne le langage verbal pour atteindre une forme de vérité plus directe, presque instinctive.

Au fil du temps, une chorégraphe peut également construire une véritable identité artistique qui dépasse les frontières. En dialoguant avec différentes cultures et en collaborant avec des danseurs venus d’horizons variés, elle crée un langage universel du corps. Le mouvement n’a pas besoin de traduction : il se comprend dans l’émotion qu’il suscite.

Et lorsque la collaboration avec une artiste comme Dobet  Gnahoré s’inscrit dans ce contexte, elle dépasse le simple cadre professionnel. Elle devient une aventure humaine, une exploration commune du geste et du sens. Chaque rendez-vous devient alors une célébration de l’art de vivre, où la danse n’est pas seulement une performance, mais une manière d’habiter le monde autrement – avec intensité, écoute et beauté. Dans ce cadre, chaque rencontre artistique devient un moment précieux.

Dans un monde dont les fractures semblent avoir absorbé jusqu’à la mémoire des formes anciennes, la danse subsiste – non comme survivance décorative, mais comme une puissance active, une conscience incarnée du temps. Elle ne relève plus seulement de l’esthétique : elle devient ce par quoi l’humain se rappelle à lui-même. Là où les architectures se sont effondrées, où les cartes ont perdu leur autorité et les récits leur cohérence, elle surgit comme une nécessité première, une manière d’habiter encore le monde. Dans des rassemblements sans centre ni frontière – biennales incertaines, communautés éphémères – les corps reprennent la parole que les langues ont perdue.

Ainsi, chaque mouvement devient porteur d’un récit sans mots. Le corps s’y fait archive vivante, et le souffle, vecteur d’une transmission antérieure à toute écriture. La danse ne décrit pas : elle incarne. Elle ne démontre pas : elle engage. Elle est cette connaissance qui ne s’énonce pas, mais qui se partage dans l’évidence du geste. En elle se rejoue, à chaque instant, une anthropologie fondamentale : celle d’un être qui ne peut comprendre le monde qu’en l’éprouvant.

Dans certaines régions du monde, notamment au cœur des terres africaines, encore traversées par des traditions que la rupture n’a pas abolies mais transformées, des femmes dansent avec leurs enfants liés à leur dos. Ce geste, d’une simplicité apparente, porte en lui une densité symbolique considérable. Il dit que la vie ne se suspend pas à la catastrophe ; qu’elle se transmet dans le mouvement même qui la protège. L’enfant, bercé par le rythme maternel, reçoit avant les mots une première grammaire du monde : celle du corps en relation. Ici, la danse n’est ni représentation ni divertissement – elle est condition de continuité, forme élémentaire de l’éthique.

Les anciens, dépositaires de récits où l’histoire humaine s’entrelace encore avec celle des éléments, affirment que la nature elle-même n’a jamais cessé de danser. La tempête, loin d’être pure destruction, redistribue et purifie. L’orage, dans sa fulgurance, révèle ce que la lumière ordinaire dissimule. Le ruisseau, patient et obstiné, trace son chemin sans violence, sculptant le monde par la persévérance. Les collines invitent à la durée, les roches à la mémoire. Ainsi se dessine une cosmologie du mouvement, où la danse humaine ne fait que prolonger celle, plus vaste, du vivant.

Dans ce contexte, les lieux de représentation se transforment. Les scènes closes cèdent la place aux espaces ouverts, aux carrefours d’éléments – rives, crêtes, friches, ruines. La danse ne cherche plus à s’imposer à l’espace, mais à dialoguer avec lui, à en révéler les tensions invisibles. L’artiste n’est plus celui qui domine, mais celui qui écoute et inscrit son geste dans une dynamique plus large. Il ne produit pas un spectacle : il rend perceptible une relation.

Et pourtant, cette puissance n’abolit pas la fragilité humaine. Le corps vieillit, se fatigue, parfois se brise. Les maladies persistent, les limites s’imposent. Mais c’est précisément là que la danse acquiert sa dimension la plus profonde. Elle ne nie pas la vulnérabilité : elle la travaille, la transforme en intensité. Le geste ralenti n’est pas appauvri ; il est densifié par l’expérience. Ce que la jeunesse déploie en amplitude, l’âge l’approfondit en présence. Ainsi, la danse devient un lieu de continuité entre les âges, un espace où l’existence se pense dans sa totalité.

Dans les rassemblements contemporains, toute hiérarchie tend à s’effacer. La virtuosité n’y est plus une fin, mais une possibilité parmi d’autres. Ce qui fonde la valeur du geste, ce n’est pas sa perfection technique, mais sa vérité. Jeunes et anciens, corps intacts et corps blessés, novices et initiés s’y rencontrent dans une égalité fondamentale : celle d’être des vivants en mouvement. La danse devient alors un espace éthique, où se redéfinit le rapport à l’autre – non dans la comparaison, mais dans la reconnaissance.

De cette pratique émerge une nouvelle mythologie, affranchie des figures héroïques traditionnelles. Elle ne célèbre plus l’invulnérabilité, mais la persistance. Elle ne magnifie pas l’exception, mais le quotidien. Chaque geste y est porteur d’une dignité, chaque respiration d’une création. L’épopée n’est plus située dans un ailleurs grandiose : elle se joue ici, dans la répétition des actes qui maintiennent le lien au monde.

Dans un tel horizon, la danse cesse d’être un luxe. Elle devient une nécessité vitale, une manière de résister à l’effacement. Elle relie les individus entre eux, mais aussi à une mémoire plus ancienne que leurs propres histoires. Elle constitue peut-être la dernière langue commune – celle que nul effondrement ne peut entièrement abolir.

Cette vitalité ne se limite pas aux lieux de pratique. Elle traverse également l’espace public. Les récits du quotidien – journaux, voix radiophoniques, images diffusées – témoignent de cette présence persistante. Le spectacle, dit-on, continue d’avoir lieu ; le public répond, non par simple divertissement, mais par désir d’être impliqué, transformé. La danse devient ainsi une parole collective, capable de fissurer les représentations figées et d’ouvrir de nouveaux horizons perceptifs.

Elle agit comme une force de déplacement. Elle rompt les cadres, déplace les regards, invente des passages là où dominaient les clôtures. Par elle, l’art retrouve une fonction essentielle : non pas décorer le monde, mais en révéler les possibles. Elle appartient à cette dimension irréductible de la culture que l’on pourrait nommer, faute de mieux, une magie – non illusion, mais puissance de relation.

Enfin, dans les moments de tension entre les peuples, lorsque les discours échouent à contenir la violence ou à rétablir le dialogue, la danse et la musique esquissent d’autres voies. Elles ne résolvent  pas les conflits, mais en déplacent les termes. Elles rappellent, par l’expérience partagée du rythme et du mouvement, que la condition humaine précède les appartenances. D’un horizon à l’autre, elle murmure que la beauté du monde ne réside pas dans ses constructions, mais dans la capacité des êtres à se reconnaître mutuellement comme vivantes.

Ainsi, au cœur même des ruines, persiste une certitude fragile et pourtant irréductible : tant que des corps accepteront de se lever, de se mouvoir et de se répondre, quelque chose de l’humanité demeurera irrévocablement sauvé.

La figure de Dobet  Gnahoré,  incarne une certaine idée de la culture comme destin de l’humain : non pas simple production artistique, mais dépassement vers une exigence à la fois existentielle et civique. Son parcours, inscrit au cœur du paysage culturel africain contemporain, ne saurait se réduire à la trajectoire d’une artiste accomplie. Il relève plutôt d’une présence agissante dans le monde, où l’art devient simultanément langage, responsabilité et manière d’habiter le réel.

De nationalité Ivoirienne, elle est la fille aînée de Boni Gnahoré, maître percussioniste, chanteur et poète hors pair, de la compagnie Yi Yi M’Bock d’Abidjan dirigée par Wewere Liking

Dotée d’une formation artistique complète, elle s’installe en France à 17 ans. Après avoir pratiqué différents genres musicaux, elle a évolué vers un style afro-pop et créé son propre label musical Djoli Production.

Son premier album Ano Neho est sorti en 2004, suivi en 2007 de Na Afriki (Mon Afrique) qui consacra son talent.

D’autres albums suivront, dont le septième, Zouzou, sortit en 2024, année de la tournée Nord-Américaine de Dobet .

Ses spectacles témoignent d’un grand professionnalisme et d’un talent éclectique, ils sont transcendés par son énergie, sa volonté de susciter l’émotion et de délivrer un message positif d’amour et de compassion

Ce qui frappe d’abord dans sa trajectoire, c’est l’unité profonde entre la rigueur de la démarche et la densité de l’engagement humain. Chez elle, l’éthique n’apparaît pas comme une surcouche morale ajoutée au geste artistique ; elle en constitue le socle invisible, mais structurant. Fidélité, respect, intégrité ne fonctionnent pas comme des abstractions : elles prennent corps dans la texture même des relations qu’elle tisse.

Dans le champ culturel, cette cohérence se prolonge avec une intensité remarquable. Dobet Gnahoré  occupe un espace de circulation entre disciplines, générations et territoires symboliques de la création. Sa participation aux manifestations artistiques, aux colloques et aux débats consacrés aux arts vivants ne relève pas d’une simple présence institutionnelle, mais d’une véritable fonction de médiation.

S’inspirant de la musique et du parcours artistique de toute une génération d’artistes africains, elle agit en passeuse : entre mémoire et invention, traditions et formes émergentes, scènes locales et horizons internationaux. Dans cet entre-deux, elle contribue à faire de la culture non un patrimoine figé, mais un champ vivant de réinvention du sens.

Cette dimension de transmission trouve son prolongement le plus fécond dans son attention constante à la jeunesse. Loin de toute posture de surplomb, son accompagnement des jeunes artistes s’inscrit dans une logique d’initiation au sens plein : non pas imposer un modèle, mais ouvrir un espace de possibles.

L’expérience acquise devient alors non un capital de pouvoir, mais une ressource offerte, un tremplin vers l’inconnu. Il y a là une confiance fondamentale dans la capacité des générations nouvelles à transformer l’héritage reçu en formes inédites.

Dans le même mouvement, sa présence lors d’événements culturels et de cérémonies artistiques dépasse la simple reconnaissance protocolaire. Elle confère à ces moments une densité symbolique particulière, comme si la culture, à travers elle, retrouvait sa puissance de rassemblement et de signification collective. Elle n’est pas seulement invitée : elle est appelée, en tant que figure dont la parole et la présence réactivent le lien entre création, société et mémoire.

Ainsi se dessine une cohérence profonde : celle d’une vie où l’art, l’éthique et le lien humain ne constituent pas des sphères séparées, mais les strates d’une même exigence. Dans cette unité, Dobet Gnahoré apparaît moins comme un modèle figé que comme une présence en mouvement, incarnant une idée de la culture comme espace de responsabilité partagée. Son parcours témoigne d’une conviction essentielle : la création artistique ne prend pleinement sens que lorsqu’elle engage l’humain dans ce qu’il a de plus fragile, de plus exigeant et de plus universel.

Son talent artistique, sa carrière internationale et son engagement pédagogique et social  furent couronnés par l’attribution de plusieurs distinctions :

Lauréate d’un Grammy Awards en 2010 avec India Arie (catégorie meilleure performance)

BBC Meuliers spectacle

Diplôme d’ambassadeur des droits de l’homme

Diplôme de citoyen d’honneur

Au travers d’une trajectoire généreuse, singulière et fondatrice, empreinte d’un lien vivant, profond et respectueux des traditions africaines, Dobet Gnahoré a su incarner une mémoire en mouvement, une danse et une musique contemporaines et inclusives porteuses d’ouverture, de transmission et d’espoir.

 

Yé Lassina Coulibaly est artiste international et observateur attentif du monde.

Entre l’Afrique et l’Europe, il prête sa plume comme une passerelle entre les cultures, afin que l’art, la connaissance et la parole demeurent un langage vivant et universel.

Yé Lassina Coulibaly art et culture,

Artiste auteur-compositeur interprète

Musicothérapie sociétaire de la SACEM, ADAMI, SPEDIDAM, Union des Artistes Burkinabés

Chevalier de l’ordre du mérite, des lettres et de la communication (agrafe musique et danse) du    Burkina-Faso.  concert, spectacle, pédagogie 00 336 76 03 71 66              

Plan RELANCE 2026-2030 : Le Premier ministre appelle les acteurs à l’action et à la culture du résultat

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Le Premier ministre, Chef du Gouvernement, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a présidé, ce vendredi 5 juin 2026 à Ouagadougou, la session 2026 du Comité d’orientation stratégique du Plan RELANCE 2026-2030. Cette rencontre a réuni les membres du Gouvernement, les gouverneurs des régions, les responsables des structures de mise en œuvre et de suivi des politiques publiques, les acteurs du secteur privé ainsi que la faîtière des organisations de la société civile.

Le Premier ministre, Chef du Gouvernement, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a présidé, ce vendredi 5 juin 2026 à Ouagadougou, la session 2026 du Comité d’orientation stratégique du Plan RELANCE 2026-2030

Placée sous le signe de la souveraineté, de la résilience et de la transformation structurelle de l’économie nationale, cette session intervient dans un contexte marqué par la poursuite des efforts de reconquête du territoire national, de consolidation de la sécurité et de refondation du modèle de développement du Burkina Faso.

Au cours des travaux, le bilan de la dernière année de mise en œuvre du référentiel précédent a été présenté aux participants. Les membres du Comité d’orientation stratégique ont ainsi examiné le Rapport annuel de performance 2025 de la Politique nationale de développement, ainsi que les acquis enregistrés sur la période 2021-2025.

Le Premier ministre a salué les performances réalisées dans la mise en œuvre du Plan d’action pour la stabilisation et le développement 2023-2025. Pour la dernière année de ce référentiel, il a notamment relevé que le taux de croissance du produit intérieur brut réel est passé de 4,8 % en 2024 à 5,3 % en 2025. Le niveau global d’exécution de la Politique nationale de développement est, quant à lui, estimé à 85,5 %, malgré un contexte national et international exigeant.

Ces acquis, a-t-il souligné, doivent être consolidés et amplifiés. « L’heure n’est plus aux ambitions modestes. Elle est à l’audace, à la discipline, à l’innovation et au sacrifice patriotique. Notre peuple attend de nous des résultats concrets, visibles et durables », a-t-il insisté. Cet appel se traduit dans la Matrice des réformes stratégiques et des investissements structurants du Plan RELANCE 2026-2030, présentée aux participants.

Le Chef du Gouvernement a rappelé que le Plan RELANCE s’inscrit dans la dynamique de la Révolution progressiste populaire, proclamée le 1er avril 2025 par le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré. Il constitue, selon le Premier ministre, l’expression opérationnelle de la RPP dans le domaine du développement économique et social. Il vise à bâtir une économie nationale plus résiliente, souveraine et inclusive, fondée sur la valorisation des ressources internes, la transformation structurelle de l’appareil productif et l’appropriation nationale du processus de développement.

Parmi les principales orientations du Plan figurent la consolidation de la sécurité et la restauration complète de l’intégrité territoriale, le renforcement de la souveraineté économique, l’accélération de la transformation industrielle et agro-sylvo-pastorale, le développement des infrastructures structurantes, la promotion du capital humain et de l’emploi des jeunes, ainsi que le renforcement de la gouvernance patriotique.

Le Chef du Gouvernement a également mis l’accent sur l’appropriation nationale du processus de développement. Il a appelé à une plus grande responsabilisation des administrations publiques, à une meilleure mobilisation des ressources internes, à une participation accrue des collectivités territoriales, du secteur privé national, des communautés et des organisations de la société civile, ainsi qu’à une culture renforcée du résultat et de la redevabilité.

« Nous devons faire en sorte que le développement du Burkina Faso soit désormais pensé, financé, exécuté et évalué d’abord par les Burkinabè eux-mêmes, dans l’intérêt exclusif du peuple burkinabè», a-t-il affirmé.

La réussite du Plan RELANCE constitue un impératif national. Elle doit permettre de renforcer la souveraineté alimentaire, de promouvoir la transformation locale des ressources minières et agricoles, d’améliorer l’accès des populations aux services sociaux de base, de développer les infrastructures énergétiques, routières et industrielles, de moderniser l’administration publique et de créer durablement des emplois pour la jeunesse.

«Cette réussite exige l’engagement patriotique de tous les acteurs, la mobilisation de toutes les énergies nationales et une culture permanente du résultat », a-t-il soutenu, avant de donner des orientations précises aux ministres, aux présidents des Cadres sectoriels de dialogue, aux gouverneurs de région, aux responsables de programmes et à l’ensemble des acteurs de la mise en œuvre et du suivi des politiques publiques.

Le Chef du Gouvernement leur a donné instruction de faire preuve de responsabilité, de célérité et de détermination, afin de traduire les orientations du Plan RELANCE en résultats concrets, dans une logique d’obligation de résultat et de redevabilité. Ils devront également accélérer l’exécution des réformes stratégiques et des investissements structurants, renforcer la mobilisation des ressources internes et accorder une priorité accrue aux secteurs de la production et de la transformation

Cette session 2026 du Comité d’orientation stratégique marque ainsi une étape majeure dans l’opérationnalisation du Plan RELANCE, l’un des principaux instruments de transformation économique et sociale du Burkina Faso pour les cinq prochaines années.

DCRP/Primature

Compte rendu du Conseil des Ministres du 4 juin 2026

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Le Conseil des ministres s’est tenu à Ouagadougou, le jeudi 04 juin 2026, en séance ordinaire, de 09 H 00 mn à 12 H 21 mn, sous la présidence du Camarade Capitaine Ibrahim TRAORE, Président du Faso, Président du Conseil des ministres. Il a délibéré sur les dossiers inscrits à son ordre du jour,  entendu des communications orales, procédé à des nominations,  mis fin à une fonction et autorisé des missions à l’étranger.

I DELIBERATIONS

I 1

AU TITRE DU MINISTERE DE L’ADMINISTRATION TERRITORIALE ET DE LA MOBILITE

Le Conseil a adopté deux (02) décrets.

Le premier décret porte liste des communes selon leur statut.

Ce décret vise l’application de la loi n°024-2025/ALT du 30 décembre 2025 portant Code général des collectivités territoriales.

Cette loi dispose que les communes sont classées en fonction de leur capacité de mobilisation des ressources propres. Elle établit la liste des communes selon leur statut, sur la base de la moyenne des montants des ressources budgétaires propres issus des comptes administratifs gestion 2023 et 2024 approuvés et la taille de la population.

Le nombre des communes en fonction de leur statut s’établit comme suit :

– deux cents (200) communes de moyen exercice ;

– cent quarante-neuf (149) communes de plein exercice ; deux (02) communes à statut particulier.

L’adoption de ce décret permet de disposer d’un répertoire des communes selon leur statut, conformément à la loi n°024-2025/ALT du 30 décembre 2025 portant Code général des collectivités territoriales.

Le second décret porte modalités de changement de statut des communes.

Ce décret vise l’application de la loi n°024-2025/ALT du 30 décembre 2025 portant Code général des collectivités territoriales.

Il consacre :

– la désignation de la Commission nationale des finances locales (CONAFIL) comme organe chargé de l’évaluation périodique des ressources budgétaires propres des communes ;

– – – – l’identification des comptes administratifs des trois derniers exercices des communes comme documents devant servir à l’évaluation des recettes propres ;

la constatation du changement de statut des communes par décret en Conseil des ministres ;

l’évaluation des ressources budgétaires propres des communes en période de délégation spéciale générale tous les trois ans et la possibilité de changement de statut des communes ;

la possibilité de faire recours devant les juridictions administratives pour les contestations liées au changement de statut des communes.

L’adoption de ce décret permet de préciser les modalités de changement de statut des communes en vue de renforcer les initiatives de mobilisation des ressources endogènes.

I 2 AU TITRE DU MINISTERE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES 

Le Conseil a adopté deux (02) décrets.

Le premier décret porte indemnité et avantages spécifiques de l’Agent judiciaire de l’Etat, du premier adjoint de l’Agent judiciaire de l’Etat, des Agents judiciaires adjoints de l’Etat et des Comptables Npublics.

Ce décret vise l’application de la loi n°019-2025/ALT du 21 novembre 2025 portant Statut de l’Agent judiciaire de l’Etat.

L’innovation majeure du décret porte sur l’extension de l’indemnité spécifique de représentation et de la prime de documentation au personnel d’appui, aux comptables publics ainsi qu’au premier adjoint de l’Agent judiciaire.

L’adoption de ce décret permet de fixer l’indemnité et les avantages spécifiques de l’Agent judiciaire de l’Etat, de son premier adjoint, des Agents judiciaires adjoints de l’Etat et des comptables publics.

Le second décret porte renouvellement du mandat d’un Membre de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF).

Ce décret vise l’application du décret n°2019-0878/PRES/PM/MINEFID/MSECU/MJ du 12 septembre 2019 portant attributions, organisation et fonctionnement de la Cellule nationale de traitement des informations financières.

L’adoption de ce décret permet le renouvellement du mandat du camarade Pierre Lagoun ZALLA, Mle 111 447 J, Commissaire principal de Police, Membre de la Cellule nationale de traitement des informations financières, pour une dernière période de trois (03) ans.

I 3 AU TITRE DU MINISTERE DE LA SECURITE

Le Conseil a adopté un rapport relatif aux projets spécifiques du ministère de la Sécurité.

Ces projets spécifiques visent à renforcer les capacités opérationnelles des Forces armées nationales et des Forces de sécurité intérieure déployées sur l’ensemble du territoire national.

Ces projets concernent : – –

– l’acquisition de matériels spécifiques au profit des Forces armées nationales et des Forces de sécurité intérieure employées dans le cadre des missions de l’Office national de sécurisation des sites miniers (ONASSIM) ;

l’acquisition de matériels au profit de l’Office national de la sécurité routière (ONASER) ;

l’acquisition de matériels de sécurité et d’effets d’habillement au profit des élèves de l’Ecole nationale de Police (ENP);

– l’acquisition d’effets d’habillement au profit du personnel de la Direction générale de la Police nationale (DGPN) ;

– – – l’acquisition d’effets d’habillement au profit de la Direction générale des eaux et forêts (DGEF) ;

l’acquisition d’effets d’habillement au profit du personnel de la Brigade LAABAL ;

l’acquisition d’effets d’habillement au profit des élèves de l’Académie de Police.

Le coût global de ces projets spécifiques s’élève à cinq milliards sept cent trente-sept millions six cent soixante-cinq mille six cent soixante (5 737 665 660) F CFA TTC. Le financement est assuré par le budget de l’Etat, exercice 2026.

I 4  AU TITRE DU MINISTERE DE LA SANTE 

Le Conseil a adopté un rapport relatif à une demande d’autorisation pour la passation et l’exécution de marchés publics dans le cadre des projets spécifiques  du ministère de la Santé.

Ces projets spécifiques visent l’acquisition de biens et services dans des délais réduits pour une amélioration continue de la prise en charge sanitaire des populations. Il s’agit :

– – de la construction d’infrastructures sanitaires dans plusieurs localités du Burkina Faso ;

de l’acquisition d’équipements médicotechniques au profit des formations sanitaires.

Le coût global des projets s’élève à vingt-quatre milliards six cent soixante-onze millions neuf cent sept mille trois cent quatorze (24 671 907 314) F CFA TTC. Le financement est assuré par le budget de l’Etat, exercice 2026.

I 5 AU TITRE DU MINISTERE DE LA CONSTRUCTION DE LA PATRIE

Le Conseil a adopté un décret portant définition et catégorisation des villes au Burkina Faso.

Ainsi, Le Burkina Faso fait face à une urbanisation rapide, des mutations territoriales profondes

que des défis sécuritaires, démographiques et socio-économiques. Cette dynamique entraîne une transformation accélérée des espaces urbains et des modes d’occupation du territoire, nécessitant un renforcement du cadre normatif en matière d’organisation et de gouvernance urbaines.

Ce décret permet d’actualiser la définition de la ville, devenue obsolète au regard des réalités actuelles depuis l’adoption de la Politique nationale de l’habitat et du développement urbain de 2008, et d’instituer une catégorisation des villes.

Selon le décret, est considérée comme ville :

– – – toute localité d’une commune de plein exercice, bâtie en continu, abritant au moins quinze mille (15 000)  habitants, dotée d’un réseau d’adduction en eau potable, d’électricité et de transport, avec des activités et des fonctions des secteurs secondaire et tertiaire dominantes ;

-tout chef-lieu de commune chef-lieu de province ;

-tout chef-lieu de commune de plein exercice, quelle que soit sa taille démographique.

En outre, le décret retient trois catégories de villes. Il s’agit des villes métropole, moyenne et petite.

L’adoption de ce décret permet de doter l’Etat et les collectivités territoriales d’un nouveau cadre de référence pour la planification et la gouvernance urbaines, et de promouvoir un développement territorial équilibré et durable.

I 6 AU TITRE DU MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT DE BASE, DE L’ALPHABETISATION ET DE LA PROMOTION DES LANGUES NATIONALES 

Le Conseil a adopté un rapport relatif à une demande d’autorisation pour la passation et l’exécution de marchés publics dans le cadre des projets spécifiques  du ministère de l’Enseignement de base, de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales.

Ces projets spécifiques concernent la réalisation d’infrastructures dans le cadre du Projet de renforcement de la performance du système éducatif et d’amélioration de la résilience (REPAIR). Il s’agit de la construction de 15 complexes scolaires R+3 dans 15 provinces du Burkina Faso.

Le coût global de ces projets s’élève à vingt et un milliards (21 000 000 000)    F CFA TTC.

II COMMUNICATIONS ORALES

II 1 Le ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture, de l’eau, des ressources animales et halieutiques a fait au Conseil le compte rendu de la participation du Burkina Faso au 17e forum économique international « Russie-Monde Islamique », tenu du 10 au 18 mai 2026 à Kazan en Fédération de Russie.

Ce forum constitue l’une des principales plateformes internationales de dialogue économique, politique, culturel et scientifique entre la Fédération de Russie et les pays du monde islamique. Il s’inscrit au cœur d’une dynamique de renforcement de la coopération entre les pays.

Le rendez-vous de Kazan a permis à la délégation burkinabè de consolider le partenariat stratégique de notre pays avec la Fédération de Russie notamment dans les domaines de l’agriculture, de l’eau, des ressources animales et halieutiques. Il a également permis de présenter et de promouvoir les potentialités agricoles du Burkina Faso.

II 2 Le ministre des Affaires étrangères a fait au Conseil le compte rendu de l’organisation du « Forum économique et de l’investissement du Burkina Faso », tenu du 8 au 10 mai 2026 à Pékin, en République populaire de Chine.

Ce forum a été organisé par l’Ambassade du Burkina Faso à Pékin en partenariat avec le Comté de Luanzhou (province du Hebei) et le Centre asiatique de commerce et d’économie. Il avait pour objectifs de présenter l’environnement économique et des affaires de notre pays auprès des investisseurs chinois, de mettre en lumière les secteurs porteurs de l’économie nationale ainsi que les projets prioritaires du Gouvernement.

A l’issue du forum, plusieurs accords de partenariat ont été signés avec la partie chinoise portant sur la création d’une unité de production et de transformation de l’arachide au Burkina Faso, l’implantation d’une unité de fabrication d’emballages à base de pierre, un accord de fourniture de sésame et un accord de fourniture de baguettes de soudure.

II 3 Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation a fait au Conseil une communication relative à l’organisation de la Semaine nationale des arts et de la culture des Universités du Burkina Faso (SENAC-UB), prévue du 7 au 14 juin 2026 à Dédougou, région de Bankui.

Placée sous le Haut patronage du camarade Premier ministre, Chef du Gouvernement, la Semaine nationale des arts et de la culture des universités du Burkina Faso a pour thème : «Diversité culturelle et engagement patriotique : la jeunesse universitaire au service de la cohésion nationale».

L’édition 2026 de la SENAC-UB sera marquée par plusieurs activités parmi lesquelles des compétitions en arts du spectacle, en arts de la scène, en art culinaire, une conférence publique ainsi que des compétitions en handisport.

Elle connaîtra la participation d’environ 1200 étudiants de plus de 30 universités publiques et privées du Burkina Faso.

II 4 Le ministre de l’Enseignement secondaire et de la formation professionnelle et technique assurant l’intérim du ministre des Sports, de la jeunesse et de l’emploi a fait au Conseil trois (03) communications :

– la première est relative à l’organisation par le Burkina Faso de la  3e  édition du Festival international de pétanque de Ouagadougou (FIPO), prévue du 23 au 28 juin 2026.

Cette édition du FIPO connaîtra la participation de 13 pays africains et contribuera au rayonnement du Burkina Faso sur la scène sportive internationale tout en favorisant le développement de la pétanque au plan national.

L’organisation du Festival international de pétanque de Ouagadougou est une opportunité de renforcement des capacités des acteurs nationaux de la pétanque ainsi qu’un cadre de détection de jeunes talents. Ce festival s’inscrit dans la dynamique de promotion du sport comme facteur de cohésion sociale, de paix et de résilience.

– la deuxième est relative à l’organisation du tournoi IHF Trophy Senior Dames Zone III en Septembre 2026 à Ouagadougou.

Ce tournoi est une compétition de handball dames regroupant huit (08) pays de l’Afrique de l’Ouest, organisé sous l’égide de la Fédération internationale de Handball (IHF) en collaboration avec la Confédération africaine de Handball et la Fédération burkinabè de Handball.

Cette compétition compte pour les éliminatoires du championnat continental de handball. Elle constitue une phase de préparation pour les handballeuses burkinabè et permettra de renforcer la collaboration avec les instances dirigeantes internationales de handball.

– la troisième est relative au compte rendu de la participation du Burkina Faso aux 24e Championnats d’Afrique d’athlétisme seniors, tenus du 12 au 17 mai 2026 à Accra au Ghana.

A cette compétition, le Burkina Faso a réalisé une performance honorable terminant 8e au classement sur 48 nations avec un total de 02 médailles dont une médaille d’or remportée par Nemata NIKIEMA et une médaille d’argent obtenue par Marthe Yasmine KOALA.

Par ailleurs, 03 athlètes burkinabè Zalissa ZONGO, Alan SAWADOGO et Abdoul Rachid TRAORE ont réalisé les minimas de qualification pour les championnats du monde juniors U20 prévus du 05 au 09 août 2026 à Eugène/Oregon aux Etats-Unis.

Les Championnats d’Afrique d’athlétisme seniors constituent une compétition continentale majeure organisée sous l’égide de la Confédération africaine d’athlétisme. Ils regroupent les meilleurs athlètes du continent africain et offrent une plateforme de haut niveau pour l’expression du talent sportif africain.

La participation du Burkina Faso à cette compétition visait à la fois la conquête de médailles et la préparation des athlètes en vue des championnats du monde 2027 et des Jeux olympiques de Los Angeles 2028.  Le Conseil félicite les acteurs pour les résultats obtenus lors de ces Championnats d’Afrique d’athlétisme et les encourage à poursuivre dans cette dynamique.

III NOMINATIONS

III 1 NOMINATIONS DANS LES FONCTIONS INDIVIDUELLES

A AU TITRE DU MINISTERE DE L’ADMINISTRATION TERRITORIALE ET DE LA MOBILITE

– Camarade Teega-Wende Rodrigue NANA, Mle 304 114 C, Administrateur civil, 1ère classe, 5e échelon, est nommé Conseiller technique du Gouverneur de la région du Djôrô, chargé des questions relatives aux libertés publiques, à la prévention et à la gestion des conflits.

B AU TITRE DU MINISTERE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES – – – – – –

-Camarade Adama FAYAMA, Mle 239 628 E, Inspecteur du trésor, 1ère classe, 4e échelon, est nommé Fondé de pouvoirs du Directeur de la Banque de dépôts du trésor ;

-Camarade Bègboayaonne Prosper SOMDA, Mle 91 629 S, Inspecteur du trésor, 2e classe, 1er échelon, est nommé Fondé de pouvoirs du trésorier auprès du ministère des Affaires étrangères ;

-Camarade Noël DABIRE, Mle 210 699 N, Inspecteur du trésor,  1ère classe, 4e échelon, est nommé Fondé de pouvoirs du trésorier général de l’Etat ;

-Camarade Idrissa NANA, Mle 272 948 X, Inspecteur du trésor, 2e classe, 1er échelon, est nommé Fondé de pouvoirs du trésorier auprès du ministère de l’Enseignement de base, de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales ;

-Camarade Jean ZINSONE, Mle 46 263 C, Inspecteur du trésor, 2e classe, 3e échelon, est nommé Receveur général ;

-Camarade Tadioa Martin COULIBALY, Mle 112 470 G, Inspecteur du trésor, 1ère classe, 6e échelon, est nommé Trésorier de l’Institut  « DEEN KANU » ;

– – – – – – – – – –

-Camarade Sibiri BITIBALY, Mle 57 157 C, Inspecteur du trésor,  2e classe, 2e échelon, est nommé Trésorier auprès du ministère de l’Agriculture, de l’eau, des ressources animales et halieutiques ;

-Camarade Moussa NIKIEMA, Mle 216 170 T, Inspecteur du trésor, 2e classe, 2e échelon, est nommé Trésorier auprès de l’Agence burkinabè pour l’emploi « Faso Tonlo Zï » ;

-Camarade Agnès SOUSSANGO/ZONGO, Mle 46 220 G, Inspecteur du trésor, 2e classe, 4e échelon, est nommée Trésorier auprès du ministère de la Construction de la Patrie ;

-Camarade Issa SAGNON, Mle 216 178 R, Inspecteur du trésor, 2e classe, 1er échelon, est nommé Trésorier auprès du ministère de la Communication, de la culture, des arts et du tourisme et du  ministère des Sports, de la jeunesse et de l’emploi ;

-Camarade Jean Baptiste ZEIDA, Mle 43 132 B, Inspecteur du trésor, 1ère classe, 12e échelon, est nommé Trésorier auprès du ministère des Affaires étrangères.

-Camarade Issouf OUEDRAOGO, Mle 57 172 E, Inspecteur du trésor, 2e classe, 2e échelon, est nommé Agent comptable central de l’Etat ;

-Camarade Hamado SEOGO, Mle 245 222 E, Inspecteur du trésor, 2e classe, 1er échelon, est nommé Directeur de la dette publique ;

-Camarade Emmanuel SAWADOGO, Mle 236 096 F, Inspecteur du trésor, 2e classe, 1er échelon, est nommé Trésorier régional de Nando ;

-Camarade Issa YONABA, Mle 46 226 T, Inspecteur du trésor,  2e classe, 4e échelon, est nommé Trésorier régional de Oubri ;

-Camarade Maboudou KEKELE, Mle 46 224 Y, Inspecteur du trésor,  2e classe, 5e échelon, est nommé Trésorier régional du Guiriko.

C AU TITRE DU MINISTERE DE LA SECURITE

– Camarade Wamedo Melaine Raymond OUEDRAOGO, Mle 46 777 N, Commissaire principal de Police, 2e classe, 2e échelon, est nommé Secrétaire général de l’Office national de la sécurité routière (ONASER).

D AU TITRE DU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES – – –

-Camarade Abdoul Wabou DRABO, Mle 54 589 N, Conseiller des affaires étrangères, 1ère classe, 6e échelon, est nommé Chargé de mission ;

-Camarade Abdoulaye ZONGO, Mle 75 297 K, Conseiller des affaires étrangères, 2e classe, 9e échelon, est nommé Chargé de mission ;

-Camarade Basnewendé Martine Eliane OUEDRAOGO/GYENGUERE, Mle 104 414 S, Conseiller des affaires étrangères, 2e classe, 5e échelon, est nommée Chargé de mission.

E AU TITRE DU MINISTERE DE LA COMMUNICATION, DE LA CULTURE, DES ARTS ET DU TOURISME  – – – Camarade Awa COMPAORE, Mle 244 961 D, Conseiller en sciences et techniques de l’information et de la communication, 2e classe, 2e échelon, est nommée Chargé d’études ;

-Camarade Noëlie CONGO/SALOUKA, Mle 216 714 W, Conseiller des affaires culturelles, 1ère classe, 5e échelon, est nommée Responsable du programme « Culture », cumulativement avec ses fonctions de Directrice générale de la culture et des arts ;

-Camarade Salifou OUARMA, Mle 220 278 V, Conseiller en sciences et techniques de l’information et de la communication, 1ère classe, 5e échelon, est nommée Responsable du Programme « Communication », cumulativement avec ses fonctions de Directeur général de la communication et des médias.

F AU TITRE DU MINISTERE DE LA CONSTRUCTION DE LA PATRIE –

-Camarade Zézouma SANON, Mle 00 00 29 Z, Ingénieur de conception en génie civil, 1ère classe, 11e échelon, est nommé Directeur général de l’Agence de conseil et de maîtrise d’ouvrage déléguée en bâtiment et aménagement urbain (ACOMOD-BURKINA).

G AU TITRE DU MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR, DE LA RECHERCHE ET DE L’INNOVATION

– Camarade Belo ADIOLA, Mle 342 994 A, Enseignant-chercheur, catégorie PA, grade initial, 2e échelon, est nommé Directeur du Conseil à l’orientation universitaire.

III 2 FIN DE FONCTIONS

AU TITRE DU MINISTERE DE L’ADMINISTRATION TERRITORIALE ET DE LA MOBILITE

Le Conseil a mis fin aux fonctions de :

– Camarade Siebi Ahmed OUATTARA, Mle 260 413 H, Secrétaire administratif, Préfet du département de Gossina, province du Nayala.

III 3 NOMINATIONS DANS LES CONSEILS D’ADMINISTRATION

Le Conseil a procédé à la nomination d’Administrateurs aux Conseils d’administration :

– – de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD) au titre du ministère de l’Economie et des finances ;

-de la Société de gestion du patrimoine ferroviaire du Burkina (SOPAFER-B) au titre du ministère de la Construction de la Patrie.

A MINISTERE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES

Le Conseil a adopté un décret portant nomination du Camarade Brama DAO, Mle 230 010 X, Attaché en études et analyses, Administrateur représentant l’Etat, au titre du ministère de l’Industrie, du commerce et de l’artisanat au Conseil d’administration de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD) pour un premier mandat de trois (03) ans.

B MINISTERE DE LA CONSTRUCTION DE LA PATRIE

Le Conseil a adopté un décret portant nomination du Camarade Ousmane SAVADOGO, Mle 138, Conseiller en administration des finances et du contrôle, Administrateur représentant le Conseil burkinabè des chargeurs, au Conseil d’administration de la Société de gestion du patrimoine ferroviaire du Burkina (SOPAFER-B) pour un premier mandat de trois (03) ans, en remplacement du Camarade Sayouba KIENDREBEOGO.

 

Le Porte-parole du Gouvernement,

 

Pingdwendé Gilbert OUEDRAOGO,

Officier de l’Ordre de l’Etalon

Burkina – Bénin : Le Président du Faso invité à Cotonou

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Le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré invité au Bénin au terme de la visite d'amitié du Président Romuald Wadagni à Ouagadougou ce mardi 2 juin

C’est sans doute l’un des axes forts de la visite d’amitié effectuée ce mardi 2 juin 2026 à Ouagadougou par le Président du Bénin, Romuald Wadagni. Il s’agit de l’invitation faite à son homologue Burkinabè, le Capitaine Ibrahim Traoré à se rendre au Bénin. «La visite s’est conclue par une invitation officielle du Président béninois à son homologue burkinabè, scellant ainsi une nouvelle dynamique au service de la prospérité et de l’intégration régionale», indique un Communiqué de la Direction de la Communication de la Présidence du Faso.

«Relancer la coopération Burkina-Bénin pour la sécurité et la prospérité partagée

(Ouagadougou, 2 juin 2026). Le Président du Faso, Chef de l’État, S.E. le Capitaine Ibrahim TRAORÉ a eu une séance de travail, au palais de Koulouba, avec son homologue de la République du Bénin, S.E.M. Romuald WADAGNI, présent à Ouagadougou pour une visite officielle.

Selon le Communiqué de presse conjoint, livré par le Ministre burkinabè des affaires étrangères, M. Karamoko Jean Marie TRAORÉ, à l’issue du tête-à-tête entre les deux Chefs d’État, la visite du Président béninois à Ouagadougou, marque une étape décisive dans la revitalisation des relations bilatérales.

Les deux Présidents ont procédé à un examen approfondi de la coopération et ont réaffirmé leur volonté commune de renforcer un partenariat fondé sur la confiance, la solidarité et la recherche de solutions concertées aux défis communs.

La situation sécuritaire sous-régionale a occupé une place centrale dans les échanges. Les deux dirigeants ont insisté sur l’urgence de consolider la coopération face au terrorisme, à la criminalité transfrontalière et à l’extrémisme violent. Les Présidents TRAORÉ et WADAGNI ont réitéré leur détermination à œuvrer ensemble pour la paix, la stabilité et le développement durable en Afrique de l’Ouest.

Sur le plan économique, les Présidents ont salué les perspectives prometteuses dans les domaines du commerce, de l’industrie, de la formation professionnelle, des infrastructures et de la logistique. Le rôle stratégique du port de Cotonou dans l’approvisionnement du Burkina Faso a été particulièrement souligné, tout comme la nécessité d’améliorer la fluidité des corridors de transport. Ils ont convenu d’accélérer la tenue de la 5ᵉ Session de la Grande Commission Mixte de coopération et de finaliser les accords en attente.

Le Président du Faso et son hôte ont enfin salué l’intégration harmonieuse de leurs communautés respectives et ont réaffirmé l’importance des liens historiques et humains entre leurs Peuples.

La visite s’est conclue par une invitation officielle du Président béninois à son homologue burkinabè, scellant ainsi une nouvelle dynamique au service de la prospérité et de l’intégration régionale.

Direction de communication de la Présidence du Faso»

CEP & de l’Entrée en 6ème 2026 : Les encouragements du Ministre Dingara aux acteurs

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Ceci est un message du Ministre de l’Enseignement de Base, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues Nationales (MEBAPLN) Jacques Sosthène Dingara à l’occasion des examens du Certificat du Certificat d’Etudes Primaires (CEP) et de l’Entrée en Sixième – Session 2026 qui débutent ce mardi 2 juin. «À tous les candidats, je voudrais adresser mes encouragements les plus sincères et leur souhaiter plein succès. Que l’inspiration, la concentration et la confiance en soi les accompagnent tout au long des épreuves. Ces examens sont le fruit de plusieurs années d’apprentissage, de sacrifices et d’efforts consentis avec courage et détermination… », souhaite–t-il.

«MESSAGE DE MONSIEUR JACQUES SOSTHÈNE DINGARA

MINISTRE DE L’ENSEIGNEMENT DE BASE, DE L’ALPHABÉTISATION ET DE LA PROMOTION DES LANGUES NATIONALES

À L’OCCASION DES EXAMENS DU CERTIFICAT D’ÉTUDES PRIMAIRES (CEP) ET DE L’ENTRÉE EN SIXIÈME – SESSION 2026

Ce mardi 2 juin 2026, des milliers d’enfants du Burkina Faso prendront part aux épreuves du Certificat d’Études Primaires et du concours d’entrée en classe de sixième. Cette étape importante marque un moment décisif dans leur parcours scolaire et dans leur construction personnelle.

À tous les candidats, je voudrais adresser mes encouragements les plus sincères et leur souhaiter plein succès. Que l’inspiration, la concentration et la confiance en soi les accompagnent tout au long des épreuves. Ces examens sont le fruit de plusieurs années d’apprentissage, de sacrifices et d’efforts consentis avec courage et détermination.

J’invite les parents d’élèves à demeurer aux côtés de leurs enfants en cette période particulière. Affronter des examens, surtout lorsqu’il s’agit des premières grandes évaluations du cursus scolaire, n’est jamais chose aisée. Vos paroles rassurantes, votre présence et votre soutien moral constituent des sources essentielles de motivation et de sérénité pour ces enfants.

J’exprime également ma reconnaissance aux enseignants, aux encadreurs pédagogiques, aux directeurs d’écoles ainsi qu’à l’ensemble des acteurs du système éducatif pour leur engagement constant en faveur de la réussite de nos élèves. Grâce à votre dévouement quotidien, notre école continue de former les citoyens de demain.

J’ai une pensée particulière pour les élèves, les enseignants et tous les acteurs de l’éducation dans les zones en consolidation. Malgré les difficultés, les défis sécuritaires et les conditions parfois éprouvantes, vous continuez de faire vivre l’école avec courage, détermination et espoir. La Nation entière vous soutient et demeure reconnaissante pour votre résilience et votre engagement au service de l’avenir de nos enfants.

Je voudrais enfin saluer les efforts des autorités administratives, des forces de défense et de sécurité, des partenaires du monde éducatif et de toutes les personnes mobilisées pour assurer le bon déroulement de cette session des examens scolaires sur toute l’étendue du territoire national.

Bonne chance à tous les candidats.

Jacques Sosthène DINGARA

Ministre de l’Enseignement de base, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues nationales».

16e tour cycliste de l’AUDDH : Bouba Wango et Nina Dakouré sur la plus haute marche

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L’association Action unie pour un développement durable et holistique (AUDDH) a tenu ce samedi 30 mai 2026 son pari d’organiser la seizième édition de son tour cycliste scolaire qui s’est courue à Kouba avec une participation d’une trentaine de filles et de garçons. A l’arrivée, c’est Bouba Wango  et Nina Dakouré qui se sont imposés, respectivement chez les garçons et les filles, à la grande satisfaction du promoteur, Sylvain Traoré, le président de l’AUDDH.

Photo de famille des officiels et des jeunes cyclistes scolaires à l’issue de la compétition

«Je dis déjà Dieu merci, je me réjouis de la présence des responsables de l’éducation et des élèves qui sont venus. C’est vrai que ce n’était pas simple, il y a d’autres qui ont fait de la distance avant d’être présents. Mais ils sont là et tout s’est bien déroulé. On ne peut que dire merci à Dieu », propos de satisfaction de Sylvain Traoré, président de l’AUDDH, organisatrice de la 16e édition de la cour cycliste scolaire courue dans la matinée de ce samedi 30 mai 2026 dans les artères de Kouba, quartier sis à la sortie sud de  Ouagadougou.

Sylvain Traoré, président de l’AUDDH, organisatrice de la 16e édition de la cour cycliste scolaire

Comme les précédentes éditions, il y a eu la participation d’un côté des filles et de l’autre, celle des garçons. La compétition dans les deux catégories a été âprement disputée. Ainsi, après une course sur une distance de 2 km, c’est Bouba Wango chez les garçons et Nina Dakouré chez les filles, qui ont franchi les premiers la ligne d’arrivée. Ce qui leur donné naturellement de monter sur la plus haute marche du podium au moment des récompenses.

Compétition appréciée au Ministère de l’Enseignement de Base

Achille Roland Guigma, inspecteur de l’enseignement de base de la Circonscription d’éducation de base (CEB) de Koubri, s’est félicité du bon déroulement de la course

L’initiative de l’AUDDH est saluée à sa juste valeur par les représentants des autorités en charge de l’enseignement de base et de l’alphabétisation.

«Nous apprécions cette course à sa juste valeur et monsieur le ministre nous a demandé de venir suivre. Depuis le début, nous avons essayé d’échanger pour que l’organisation se passe bien. Nous apprécions l’activité », s’est félicité Achille Roland Guigma, inspecteur de l’enseignement de base de la Circonscription d’éducation de base (CEB) de Koubri, et représentant du ministre de l’Enseignement de base.

Tous les participants récompensés

Cette 16e édition du tour cycliste de l’AUDDH avait pour thème : «Jeunesse scolaire, sport et résilience dans une société d’espérance ».

Au-delà des principaux vainqueurs, tous les participants à cette course cycliste, ont été récompensés par des fournitures scolaires.

La prochaine édition, la 17e édition aura lieu en 2027, conformément à l’engagement de l’AUDDH de promouvoir la pratique de la petite reine au sein des élèves.

Jess Ouédraogo

Burkina Demain

 

Compte rendu du Conseil des Ministres du 29 mai 2026

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Le Conseil des ministres s’est tenu à Ouagadougou, le vendredi 29 mai 2026, en séance ordinaire, de 09 H 00 mn à 12 H 45 mn, sous la présidence de Son Excellence le Capitaine Ibrahim TRAORE, Président du Faso, Président du Conseil des ministres. Il a délibéré sur les dossiers inscrits à son ordre du jour, entendu une communication orale, procédé à des nominations, à des révocations et autorisé des missions à l’étranger.

I DELIBERATIONS

I 1 AU TITRE DE LA PRIMATURE

Le Conseil a adopté un décret portant règlementation des frais de scolarité dans les structures privées d’enseignement.

Le système éducatif national connaît depuis plusieurs années, une augmentation progressive des frais de scolarité pratiqués par certains établissements d’enseignement privé préscolaire, post-primaire, secondaire et supérieur.

L’absence d’un mécanisme harmonisé de régulation de ces frais entraîne d’importantes disparités entre les établissements scolaires et suscite des préoccupations récurrentes au sein des communautés éducatives notamment chez les parents d’élèves.

Face à cette situation, le Gouvernement a décidé de règlementer les frais de scolarité dans les établissements privés d’enseignement en tenant compte de la viabilité économique de ces structures éducatives.

Ce décret vise à fixer les conditions applicables aux frais de scolarité dans les établissements privés d’enseignement. Il définit les catégories de frais selon les ordres d’enseignement, leurs modalités de révision ainsi que les mécanismes de contrôle et de sanction en cas de non-respect des dispositions règlementaires.

L’adoption de ce décret permet une meilleure régulation des frais de scolarité dans les établissements privés d’enseignement en vue de contribuer à l’amélioration de l’accès à l’éducation.

I 2 AU TITRE DU MINISTERE DE L’AGRICULTURE, DE L’EAU, DES RESSOURCES ANIMALES ET HALIEUTIQUES

Le Conseil a adopté quatre (04) décrets.

Le premier décret porte modalités de réalisation et de validation de l’audit environnemental et social régulier.

Ce décret est une relecture du n°2015-1200/PRES-TRANS/PM/MERH/MME/MICA/MS/MIDT/MCT décret du 28 octobre 2015 portant modalités de réalisation de l’audit environnemental. Après une décennie d’application dudit décret des insuffisances ont été constatées notamment, la longueur des délais d’instruction, de traitement et de validation des rapports d’audits et la non-détermination de la performance environnementale des entreprises après audit.

La relecture du décret vise à corriger lesdites insuffisances et à introduire certaines innovations. Il s’agit entre autres de :

– la réduction substantielle des délais d’instruction, de traitement et de validation des dossiers qui passent de 60 à 16 jours ; – la précision des étapes de validation ;

– l’institution d’un certificat de performance dans le but d’encourager les entreprises respectueuses de l’environnement ;

– l’introduction du principe de délégation de signature des avis de conformité environnementale et sociale ; – l’élaboration d’un plan-type de rédaction du rapport d’audit environnemental et social.

L’adoption de ce décret permet d’améliorer le cadre règlementaire de réalisation des audits environnementaux au Burkina Faso.

Le deuxième décret porte liste des activités, projets, plans, programmes et politiques soumis à évaluations environnementales et sociales.

L’article 29 de la loi n°006-2013/AN du 02 avril 2013 portant Code de l’environnement dispose que « la liste des activités ainsi que des plans, programmes et politiques soumis à évaluation environnementale est établie par décret pris en Conseil des ministres sur proposition du ministre chargé de l’environnement ».

Ce décret vise à se conformer à l’esprit du Code de l’environnement et à prendre en compte de nouvelles activités.

Les innovations majeures dudit décret portent sur : – la consécration de la liste des activités, projets, plans, programmes et politiques soumis à évaluations environnementales et sociales ;

– la prise en compte notamment des vergers, des fermes agricoles et des champs expérimentaux, des parcs de vaccination, des aires et zones de pâture, des forages pastoraux, des plans, programmes et projets relatifs aux mines et à la géologie, des zones économiques spéciales et  des parcs industriels ;

– la possibilité de changer la catégorisation des activités à l’occasion du cadrage de l’étude d’évaluation des projets.

L’adoption de ce décret permet d’améliorer le cadre juridique relatif aux évaluations environnementales et sociales.

Le troisième décret porte approbation des statuts particuliers de l’Agence nationale des évaluations environnementales (ANEVE).

Ce décret est une relecture du décret  n°2024-0192/PRES-TRANS/PM/MEEA/MEFP du 07 mars 2024 portant approbation des statuts particuliers de l’Agence nationale des évaluations environnementales. Cette relecture fait suite au remaniement gouvernemental du 12 janvier 2026 qui a consacré la suppression du ministère de l’Environnement, de l’eau et de l’assainissement et la création du ministère de l’Agriculture, de l’eau, des ressources animales et halieutiques auquel l’ANEVE est désormais rattachée.

Les principales innovations de ce décret sont : – la suppression du secrétariat général ;

– la création d’une cellule d’appui technique ; – la création de services rattachés au directeur général ;

– l’augmentation du nombre d’administrateurs représentant le ministère de l’Agriculture, de l’eau, des ressources animales et halieutiques au Conseil d’administration de l’Agence ;

– la réduction du nombre de membres observateurs au Conseil d’administration de l’Agence.

L’adoption de ce décret permet de doter l’Agence nationale des évaluations environnementales de textes règlementaires en vue d’accomplir efficacement ses missions.

Le quatrième décret porte conditions et procédures de réalisation et de validation des évaluations environnementales et sociales.

Ce décret est une relecture du décret n°2015-1187/PRES TRANS/PM/MERH/MATD/MME/MS/MARHASA/MRA/MICA/MHU/ MIDT/MCT du 22 octobre 2015 portant conditions et procédures de réalisation et de validation de l’évaluation environnementale stratégique, de l’étude et de la notice d’impact environnemental. Cette relecture vise à corriger les insuffisances relevées dans son application.

Les innovations majeures du nouveau décret sont :

– la réduction des délais de traitement des demandes d’avis environnementaux qui passent de 122 à 26 jours ;

– l’introduction du principe de délégation de signature des avis environnementaux ;

– l’introduction d’un délai de 5 ans incluant le temps de mise en œuvre du projet pour la réalisation du premier audit environnemental et social ;

– la fixation d’un délai de 15 jours pour notifier les prescriptions de fouilles archéologiques préventives au promoteur ;

– l’introduction de la prise d’un arrêté du ministre chargé de l’environnement pour les prescriptions générales ainsi que l’élaboration des prescriptions environnementales et sociales par la structure en charge des évaluations environnementales ; – la détermination claire des étapes de validation ;

– la mise en exergue du patrimoine culturel et des procédures pour la conduite des fouilles archéologiques.

L’adoption de ce décret permet d’améliorer le cadre juridique relatif aux évaluations environnementales et sociales au Burkina Faso.

I 3 AU TITRE DU MINISTERE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES 

Le Conseil a adopté un décret portant approbation des statuts particuliers de la GRANDE IMPRIMERIE DU FASO (GIF).

L’adoption de ce décret permet de doter la GRANDE IMPRIMERIE DU FASO de textes réglementaires en vue d’accomplir ses missions, conformément à la loi n°025/99/AN du 16 novembre 1999 portant règlementation générale des sociétés à capitaux publics.

I 4 AU TITRE DU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES

Le Conseil a adopté un décret portant modification du décret n°2025 1286/PF/PRIM/MAECRBE/MDAC/MEF/MFPTPS du 10 octobre 2025 portant conditions générales d’affectation et de séjour, ainsi que les modalités de rémunération et les avantages applicables au personnel des Missions diplomatiques et Postes consulaires du Burkina Faso.

Après l’adoption dudit décret, sa mise en application a révélé des insuffisances liées notamment à l’interprétation de certaines dispositions, à la non-prise en compte de catégories spécifiques de personnel ainsi qu’à l’évolution de paramètres administratifs intervenus à posteriori.

La présente modification vise à remédier aux difficultés constatées.

L’adoption de ce décret permet de renforcer le dispositif règlementaire applicable au personnel des Missions diplomatiques et Postes consulaires du Burkina Faso.

I 5 AU TITRE DU MINISTERE DE L’INDUSTRIE, DU COMMERCE ET DE L’ARTISANAT

Le Conseil a adopté deux (02) décrets.

Le premier décret porte création d’une société d’économie mixte à participation publique majoritaire, dénommée Société industrielle burkinabè de matériels hydrauliques (SOCIMAH).

Le secteur de l’eau au Burkina Faso fait face à des défis majeurs liés à l’approvisionnement, à la maintenance et à la modernisation des infrastructures.

L’extension continue des réseaux d’adduction d’eau potable entraîne également des besoins croissants en compteurs d’eau, en matériels hydrauliques, en équipement de maintenance ainsi qu’en produits de chloration.

Ces équipements sont quasiment importés notamment par l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA), qui acquiert annuellement plus de 130 000 compteurs d’eau.

Face à ces contraintes et au regard des enjeux de souveraineté économique de notre pays, le Gouvernement a décidé de la création de la Société industrielle burkinabè de matériels hydrauliques (SOCIMAH). Il s’agit d’un complexe industriel national spécialisé dans la fabrication et l’assemblage de compteurs d’eau intelligents à prépaiement, de matériels et outillages hydrauliques.

La SOCIMAH est une société d’économie mixte à participation majoritaire de l’Etat. Son capital social est fixé à 1 000 000 000 F CFA reparti entre l’Etat (70%) et le secteur privé (30%).

L’adoption de ce décret permet la création de la société d’économie mixte dénommée Société industrielle burkinabè de matériels hydrauliques.

Le second décret porte création d’une société d’Etat dénommée GRANDE IMPRIMERIE DU FASO (GIF).

Le Burkina Faso fait face à un enjeu structurel majeur lié à la gestion des activités d’impression et de reprographie de l’administration. Ces activités sont essentiellement réalisées par des prestataires externes générant des surcoûts significatifs pour l’Etat, des risques élevés de fuite d’informations sensibles et des délais de production parfois incompatibles avec les exigences administratives.

La création de la GRANDE IMPRIMERIE DU FASO apparaît comme une nécessité stratégique permettant entres autres une réduction significative des dépenses publiques liées à l’impression et une meilleure maîtrise des flux documentaires de l’Etat.

La GRANDE IMPRIMERIE DU FASO a pour objet la conception, la production, la sécurisation et la diffusion de documents officiels et administratifs. Elle est notamment chargée de l’impression des documents administratifs officiels de l’Etat et des manuels scolaires. A ce titre, la GRANDE IMPRIMERIE DU FASO a l’ambition de participer à la politique nationale de souveraineté documentaire et de sécurisation des titres publics. Son capital social est de 5 000 000 000 F CFA, entièrement détenu par l’Etat.

L’adoption de ce décret permet la création de la GRANDE IMPRIMERIE DU FASO, conformément à la loi n°025/99/AN du 16 novembre 1999 portant règlementation générale des sociétés à capitaux publics.

I 6 AU TITRE DU MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR, DE LA RECHERCHE ET DE L’INNOVATION

Le Conseil a adopté quatre (04) décrets.

Le premier décret porte approbation des statuts particuliers de l’Agence nationale de biosécurité (ANB).

Ce décret est une relecture du décret n°2015-874/PRES/PM/MRSI/MARHASA/MS/MRA du 14 juillet 2015 portant approbation des statuts particuliers de l’Agence nationale de biosécurité.

Les innovations majeures du décret sont : – la création d’un bureau comptable matières, d’une cellule interne de management de la qualité et d’un service des études et de la planification ;

– la prise en compte des nouvelles technologies issues des biotechnologies

modernes ;

– la prise en compte de la biosécurité dans les attributions de l’ANB ; – le renforcement du rôle de l’Agence dans la formation et la certification des compétences en biosécurité ; – la prise en compte de nouvelles structures dans le Conseil d’administration et l’augmentation du nombre d’administrateurs.

L’adoption de ce décret permet à l’Agence nationale de biosécurité de se doter de nouveaux textes règlementaires en vue d’accomplir efficacement ses missions, conformément au décret n°2014-612/PRES/PM/MEF/MFPTSS du 24 juillet 2014 portant statut général des établissements publics de l’Etat à caractère scientifique, culturel et technique et son modificatif du 31 décembre 2025.

Le deuxième décret porte attributions, composition, organisation et fonctionnement de l’Observatoire national de biosécurité (ONB).

Ce décret est une relecture du décret n°2015-444/PRES-TRANS/PM/MRSI/MEF du 09 avril 2015 portant attributions, composition, organisation et fonctionnement de l’Observatoire national de biosécurité.

Depuis sa création en 2015, l’Observatoire national de biosécurité peine à accomplir convenablement ses missions dans la mesure où le décret qui le régit le rattache au ministère en charge de la recherche comme un secrétariat permanent alors que la loi n°064-2012/AN du 20 décembre 2012 portant régime de sécurité en matière de biotechnologie le prévoit comme un organe consultatif.

La relecture du décret vise à corriger ce dysfonctionnement en vue de renforcer l’efficacité de l’ONB.

Les innovations majeures du décret sont : – la précision du statut de l’ONB en tant qu’organe consultatif de l’Agence nationale de biosécurité (ANB) ;

– la réduction des membres de 33 à 22 ;

– la suppression du personnel de l’Agence comme membre statutaire de l’ONB ;

– la réduction de la durée des sessions à deux jours au maximum ; – la prise en compte du secrétariat de l’ONB qui est désormais assuré par la direction de la prospective et de la coopération de l’ANB.

L’adoption de ce décret permet à l’Observatoire national de biosécurité d’accomplir efficacement ses missions.

Le troisième décret porte attributions, composition, organisation et fonctionnement du Comité scientifique national de biosécurité.

Ce décret est une relecture du décret n°2015-253/PRES-TRANS/PM/MRSI/MEF du 17 mars 2015 portant attributions, composition, organisation et fonctionnement du Comité scientifique national de biosécurité (CSNB), en vue de corriger les insuffisances constatées dans ledit décret.

Les innovations majeures de ce décret sont :

– l’élargissement de la mission du CSNB à tous les produits de biotechnologie et à la biosûreté ;

– l’instauration d’un mandat de 5 ans renouvelable une fois pour tous les membres ;

– la nomination du président du CSNB par arrêté du ministre chargé de la recherche et de l’innovation ;

– la prise en compte du secrétariat du CSNB désormais assuré par la Direction de gestion des biorisques et de la biosécurité de l’Agence nationale de biosécurité ;

– l’introduction d’une déclaration d’absence de conflit d’intérêt signée par les membres du Comité avant le début de chaque session d’évaluation de dossier.

L’adoption de ce décret permet au Comité scientifique national de biosécurité d’accomplir efficacement ses missions.

Le quatrième décret porte organisation du ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation.

Ce décret est une relecture du décret n°2024-1226/PRES/PM/MESRI du 28 octobre 2024 portant organisation du ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. Cette relecture vise à prendre en compte les réformes majeures dans l’organisation et le fonctionnement dudit ministère et à le conformer au décret n°2025-1545/PF/PRIM du 1er décembre 2025 portant organisation-type des départements ministériels.

Les innovations majeures du décret sont :

– la prise en compte du Fonds de soutien à l’éducation et à la recherche (FOSER)  « Bângr Baoobo », issu de la fusion du Fonds national pour l’éducation et la recherche (FONER), du Fonds national de la recherche et de l’innovation pour le développement (FONRID) et du Fonds d’appui à la formation professionnelle et à l’apprentissage (FAFPA) ;

– la prise en compte de l’Université Faustin Sié SIB (UF2S) au titre des structures rattachées ;

– la création de la Direction des évaluations, examens et concours nationaux

de l’enseignement supérieur (DEC) à la Direction générale de l’Enseignement supérieur.

L’adoption de ce décret permet au ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation de disposer d’un nouvel organigramme en vue d’accomplir efficacement ses missions.

II COMMUNICATION ORALE

II Le ministre de la Communication, de la culture, des arts et du tourisme a fait au Conseil une communication sur la tenue de la 29e édition du concours «Prix Galian».

Cette 29e édition, lancée en avril 2026 avec la réception des œuvres, connaîtra son dénouement le 19 juin 2026 à Ouagadougou avec la «Nuit des Galian», consacrée à la proclamation du palmarès.

La 29e édition du concours « Prix Galian » enregistre 134 candidatures avec un total de 268 œuvres réparties dans plusieurs catégories.

III NOMINATIONS

III 1 NOMINATIONS DANS LES FONCTIONS INDIVIDUELLES

A AU TITRE DU MINISTERE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES

– Monsieur Kouca BOUDA, Economiste, est nommé Directeur général de

BIOTIC INDUSTRIE SA ;

– Monsieur Abdoulaye BENGALY, Economiste, est nommé Directeur

général de YENNENGA HOLDING SA.

B AU TITRE DU MINISTERE DE LA SANTE

– Monsieur Salifou FOFANA, Mle 279 832 F, Administrateur des services de santé, 1ère classe, 6e échelon, est nommé Directeur de l’administration et des finances du Centre hospitalier universitaire pédiatrique Charles de Gaulle (CHUP-CDG) ;

– Monsieur Dalou Mathieu DA, Mle 371 990 Y, Conseiller en études et analyses, 1ère classe, 3e échelon, est nommé Directeur de la communication et des relations presse.

C AU TITRE DU MINISTERE DE LA COMMUNICATION, DE LA CULTURE, DES ARTS ET DU TOURISME

– Monsieur Zita Daniel BONZI, Mle 247 621 F, Ingénieur du cinéma et de l’audiovisuel, 2e classe, 3e échelon, est nommé Directeur général du Bureau burkinabé du droit d’auteur (BBDA).

D AU TITRE DU MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR, DE LA RECHERCHE ET DE L’INNOVATION

 – Monsieur Kounhinir SOME, Mle 245 804 M, Professeur titulaire, catégorie P1, grade initial, 2e échelon, est nommé Chargé de mission au Centre universitaire de Manga.

III 2 REVOCATIONS

Le Conseil a procédé à la révocation de 03 agents publics et au retrait des décorations pour faits de service dont ils ont bénéficié.

Ces révocations font suite au contrôle de l’authenticité des diplômes et titres ayant servi au recrutement ou à la promotion dans la fonction publique, conduit par la Commission de régulation des dysfonctionnements (CRD) et le ministère des Serviteurs du Peuple. Ces contrôles ont abouti à des cas avérés de diplômes non authentiques reconnus par les agents concernés.

Ainsi, les agents publics dont les noms suivent sont révoqués de la Fonction publique :

Au titre de la Présidence du Faso :

– Madame Lydie Emilie BANANZARO, Mle 256 272 X, Secrétaire de direction.

Au titre du ministère de la Sécurité :

– Monsieur Begawendé Pierre Mesmin BAYALA, Mle 109 231, Inspecteur des eaux et forêts.

Au titre du ministère de la Communication, de la culture, des arts et du tourisme :

– Monsieur Mamadou NACAMBO, Mle 83 973 E, Conseiller de presse et technique de l’information.

III 3  NOMINATIONS DANS LES CONSEILS D’ADMINISTRATION

Le Conseil a procédé à la nomination d’Administrateurs aux Conseils d’administration :

– de l’Ecole nationale des eaux et forêts (ENEF) et de l’Office national de sécurisation des sites miniers (ONASSIM) au titre du ministère de la Sécurité ;

– de l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (ENAM) au titre du ministère des Serviteurs du Peuple ;

– de la Société minière KIAKA SA au titre du ministère de l’Energie, des mines et des carrières ;

– de l’Université Joseph KI-ZERBO (UJKZ) au titre du ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation.

Le Conseil a également procédé à la nomination du Président du Conseil d’administration de l’Université Joseph KI-ZERBO (UJKZ).

A MINISTERE DE LA SECURITE

Le Conseil a adopté deux (02) décrets.

Le premier décret nomme Monsieur Pêgdwendé Basile KABORE, Mle 345 573 P, Elève Inspecteur des eaux et forêts, Administrateur représentant le Comité des élèves au Conseil d’administration de l’Ecole nationale des eaux et forêts (ENEF) pour la durée de son mandat de Délégué général.

Le second décret renouvelle le mandat des personnes ci-après, Administrateurs au Conseil d’administration de l’Office national de sécurisation des sites miniers (ONASSIM) pour une dernière période de trois (03) ans.

ADMINISTRATEUR REPRESENTANT L’ETAT

Au titre du ministère de l’Energie, des mines et des carrières : – Madame Hélène SARE/OUARE, Mle 105 196 W, Administrateur civil.

ADMINISTRATEUR REPRESENTANT LA CHAMBRE DES MINES DU BURKINA – Madame Payidwendé Priscille ZONGO.

B MINISTERE DES SERVITEURS DU PEUPLE

Le Conseil a adopté un décret portant nomination de Monsieur Sanwé Médard KIENOU, Mle 257 263 Y, Enseignant-chercheur, Administrateur représentant l’Etat, au titre du ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation au Conseil d’administration de l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (ENAM) pour un premier mandat de trois (03) ans, en remplacement de Monsieur Djibrihina OUEDRAOGO.

C MINISTERE DE L’ENERGIE, DES MINES ET DES CARRIERES

Le Conseil a adopté un décret portant nomination de Monsieur Delwendé Christophe ILBOUDO, Mle 371 989 K, Conseiller en études et analyses, Administrateur représentant l’Etat, au titre du ministère de l’Energie, des mines et des carrières au Conseil d’administration de la société minière KIAKA SA pour un premier mandat de trois (03) ans.

D MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR, DE LA RECHERCHE ET DE L’INNOVATION

Le Conseil a adopté deux (02) décrets.

Le premier décret nomme Madame Palingwindé Inès Zoé LydiaTAPSOBA/ROUAMBA, Mle 241 739 Y, Maître de recherche, Administrateur représentant l’Etat, au titre du ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation au Conseil d’administration de l’Université Joseph

KI-ZERBO (UJKZ) pour un premier mandat de trois (03) ans, en remplacement de Monsieur Potiandi Serge DIAGBOUGA.

 

Le second décret nomme Madame Palingwindé Inès Zoé Lydia TAPSOBA/ROUAMBA, Mle 241 739 Y, Maître de recherche, Présidente du Conseil d’administration de l’Université Joseph KI-ZERBO (UJKZ) pour un premier mandat de trois (03) ans, en remplacement de Monsieur Potiandi Serge DIAGBOUGA.

 

Le Porte-parole du Gouvernement,

 

Pingdwendé Gilbert OUEDRAOGO,

Officier de l’Etalon

Ouganda : Geoffrey Oryema ou l’exil fondateur et la naissance d’une voix universelle

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La vie de Geoffrey Oryema est indissociable d’un drame politique et personnel. En 1977, après l’assassinat de son père, ministre sous le régime brutal d’Idi Amin Dada, il est contraint de fuir clandestinement l’Ouganda. Il trouve refuge en France, terre d’accueil qui deviendra, entre autres, le creuset de sa renaissance artistique. Cet exil, loin de l’éloigner de ses racines, nourrit une œuvre où la nostalgie de la terre natale et la douleur de la séparation se transforment en une poésie musicale d’une rare profondeur.

Exile (1990) : l’éclosion internationale

La carrière internationale de Geoffrey Oryema prend son véritable essor avec la parution de son premier album, Exile, en 1990, sous le prestigieux label Real World, fondé par Peter Gabriel.

Cet opus fondateur est produit par Brian Eno, figure majeure de l’avant-garde musicale occidentale, dont la sensibilité expérimentale confère à l’album une atmosphère à la fois épurée et pénétrante.

On y remarque la participation de Peter Gabriel, notamment aux chœurs et aux claviers, inscrivant d’emblée Oryema dans un réseau artistique d’exception. L’ingénieur du son David Bottrill, appelé à collaborer régulièrement avec lui, contribue également à la finesse sonore de l’ensemble.

Dans Exile, Geoffrey Oryema chante en acholi — langue de son enfance — mais aussi en anglais et en swahili. Les thèmes abordés, d’une sincérité bouleversante, évoquent la nostalgie du pays perdu, la solitude, la mémoire et la fracture de l’exil, comme en témoignent les morceaux «Solitude» ou «Land of Anaka».

Beat the Border (1993) : la consécration

En 1993 paraît Beat the Border, album qui consolide la stature internationale d’Oryema. Produit par Bob Ezrin, célèbre pour ses collaborations avec Pink Floyd et Alice Cooper, et par David Bottrill, ce disque se distingue par une richesse musicale remarquable.

Parmi les contributeurs figurent des artistes de renom tels que Brian Eno, Manu Katché, Ayub Ogada et le guitariste français Jean-Pierre Alarcen, dont la contribution s’avère décisive dans la composition de plusieurs titres.

L’esthétique sonore de l’album repose sur une subtile alchimie entre les racines africaines — instruments traditionnels, rythmes ancestraux — et une écriture pop-rock occidentale, le tout enveloppé d’une atmosphère aérienne, presque méditative. Beat the Border permet à Oryema de se produire sur la scène internationale…

L’art au cœur de la civilisation ougandaise

L’Ouganda, territoire aux sols féconds et aux paysages généreux, se présente comme un creuset où s’entrelacent une mosaïque de peuples, une pluralité de langues et un patrimoine culturel d’une exceptionnelle densité. Dans cet espace où la diversité façonne le quotidien, l’art n’apparaît nullement comme un ornement marginal : il constitue, au contraire, l’axe invisible autour duquel s’organise la vie sociale, la force matricielle qui anime les imaginaires, structure les savoirs et assure la cohésion des communautés. Héritage transmis par les anciens et sans cesse réinventé par les générations nouvelles, ce patrimoine immatériel ne se limite pas à l’archivage de pratiques anciennes ; il forme un organisme vivant, un horizon commun qui se reconfigure à mesure que la société se transforme.

Parmi les multiples expressions de cette créativité, la musique occupe une position singulièrement éminente. Elle apparaît comme la voix la plus profonde de la sensibilité ougandaise, accompagnant l’être humain du premier au dernier souffle. Présente dans les rites de passage, les cérémonies festives, l’éducation des enfants ou les paroles de sagesse des aînés, elle transcende les frontières linguistiques et ethniques. Là où le langage sépare, elle unit ; là où la souffrance isole, elle console. Bien plus qu’un divertissement, la musique constitue un véritable vecteur de formation morale et sociale : elle préserve la mémoire collective, transmet l’héritage symbolique et porte les aspirations d’un peuple vers l’avenir.

Cette intégration intime de l’art dans les processus éducatifs confère à la formation ougandaise une profondeur rarement égalée. Loin de se borner à la seule transmission de connaissances, l’éducation s’y présente comme une initiation globale à la dignité humaine, un apprentissage de soi et du monde nourri par les chants, les danses, les récits et les pratiques communautaires. Guidé par ces formes d’expression, l’élève apprend simultanément à honorer la continuité ancestrale et à accueillir les forces créatrices de l’innovation. Ainsi, l’acte d’apprendre devient un espace où se conjuguent mémoire et invention, fidélité et liberté.

De cette concordance féconde entre tradition et modernité, entre multiplicité culturelle et unité civique, émerge une civilisation harmonieuse et résolument orientée vers l’avenir. En Ouganda, l’art, les langues et la musique ne sauraient être envisagés comme de simples attributs identitaires : ils sont la trame profonde qui relie les générations, éclaire les consciences et participe à la grandeur d’un peuple en perpétuel devenir.

L’ouverture à la lumière intérieure — Chant de l’être humain (Hommage à la musique des racines, à la conscience en miroir et aux Valeurs humaines du Souffle partagé)

Demain s’étire comme un fil vibrant entre le souffle et la terre, tissé par deux cœurs d’humanité battant dans un même élan fraternel.

Car il existe, au-delà du visible et de l’invisible, une onde première — une pulsation d’origine — qui relie les valeurs humaines comme deux reflets d’une même source.

Elle traverse la conscience collective comme la lumière traverse l’eau, comme le tamani appelle la pluie, comme la voix de l’art réveille la mémoire des ancêtres.

Cette onde ne parle pas : elle résonne entre les êtres.

Elle ne raconte rien : elle fait vibrer le lien.

Elle ne cherche pas à expliquer : elle fait sentir.

Dans son silence musical, le savoir cesse d’être possession pour devenir respiration partagée — un espace vivant où la conscience danse avec son miroir intérieur et trouve, dans l’autre, son propre visage.

Ce n’est plus la connaissance qui s’accumule, mais la clarté qui se déploie, comme une mélodie née du même souffle et retournant à lui.

 

L’onde n’a ni dessein ni but.

Elle ne cherche ni à convaincre, ni à séduire : elle s’accorde.

Telle une flamme tranquille, elle brûle sans consumer, éclaire sans s’imposer.

Sa lumière n’est pas don de l’un à l’autre : elle est pure présence, reflet d’une intériorité accordée à la source commune.

Dans ce miroir vivant, le réel se révèle dans sa nudité sonore.

Tout effort pour comprendre s’efface dans la reconnaissance silencieuse de ce qui est — là où l’écoute intérieure devient l’œil du cœur partagé.

Recevoir la parole de la valeur humaine, dans cette perspective, ce n’est pas entendre une autre voix : c’est accueillir sa propre vibration sous une autre forme.

Les mots cessent alors d’être des signes destinés à la mémoire : ils deviennent des pulsations lumineuses du lien, des harmoniques de l’âme résonnant sur deux consciences, deux souffles, une seule fréquence.

Ils ne s’ajoutent pas à ce que l’on sait : ils réveillent ce que l’on est ensemble.

La parole véritable entre valeurs humaines ne transmet rien : elle révèle.

Elle ne définit pas : elle dévoile.

Parler, ici, devient offrande.

Ce n’est plus communication, mais communion vibrante — un chant d’unité où chaque silence respire à deux.

Le dialogue n’est plus simple échange de pensées : il devient miroir vivant, accord subtil entre deux consciences unies comme les cordes d’un même instrument.

La lucidité y perd sa froideur, la sensibilité y gagne en clarté.

De cette tension harmonieuse naît une danse subtile où la conscience

s’éprouve elle-même dans le mouvement réciproque du dire et de

l’écouter, du donner et du recevoir, du silence et du souffle.

 

Dans ce champ d’écoute radicale, il n’y a plus de séparation.

L’identité se dissout, non par perte, mais par fusion dans le rythme commun.

La rencontre véritable efface les frontières intérieures : elle devient

expérience d’une seule conscience se contemplant à travers deux visages,

deux voix, deux souffles d’humanité.

 

Ce que nous appelons « lien » devient alors résonance entre deux

attentions, accord silencieux entre deux présences vibrant sur la même fréquence.

Ce n’est plus un face-à-face, mais un dedans partagé : un espace où le

souffle circule d’un être à l’autre sans séparation, comme la sève d’un

même arbre nourrissant deux branches.

 

De cette coïncidence naît une lumière nouvelle — non point ajoutée au

monde, mais révélée par la justesse du regard conjoint, comme une note

pure révèle la beauté du silence.

Cette lumière n’appartient à personne, et pourtant chacun la porte.

Elle n’est pas le fruit d’un raisonnement : elle émane du champ commun

où toute opposition s’apaise.

 

Là, la vérité cesse d’être possession : elle devient transparence.

Ce n’est plus un savoir que l’on défend, mais une clarté que l’on

contemple ensemble, un son que l’on écoute au cœur du silence humain.

 

Penser la connaissance ainsi, c’est renverser l’économie du savoir.

Connaître, ce n’est plus accumuler ni expliquer : c’est co-naître —

naître ensemble — dans la présence partagée.

 

La communication cesse d’être transmission : elle devient création

vivante, semblable à l’improvisation de deux consciences humaines qui

s’écoutent autant qu’elles s’expriment.

Et cette création n’a rien d’un acte volontaire : elle procède du

silence primordial, celui d’où surgissent les mots comme les formes du

souffle.

 

Dans ce silence fécond, l’observateur et l’observée se reconnaissent

comme deux expressions d’une même conscience rythmique.

Ainsi, la co- création n’est pas invention, mais reconnaissance.

Elle n’ajoute rien au réel : elle révèle la beauté déjà là, la musique

déjà jouée dans l’invisible.

 

Ce champ de conscience partagée est toujours présent — disponible sous

la surface des dialogues humains — mais il ne s’ouvre qu’à l’attention

unifiée, celle qui ne cherche pas à comprendre, mais à ressentir, à

voir, à vibrer ensemble.

 

Là où la volonté s’efface, l’émerveillement devient la seule forme de

connaissance véritable.

 

Puissent alors les mots des valeurs humaines demeurer transparents au

silence, qu’ils ne soient pas signes d’un savoir, mais gestes d’une

lumière dansante ; qu’ils ne bâtissent pas de ponts vers un ailleurs,

mais révèlent le lieu même où tout est déjà uni.

 

Qu’ils témoignent de cette évidence subtile :

rien n’est à posséder, rien n’est à défendre — seulement à écouter, à

ressentir, à voir ensemble,

dans la paix de la source silencieuse,

dans la lumière sans nom de l’être,

dans la vibration ancestrale qui fait battre la conscience et la terre

au même tempo.

Proverbes au cœur des métiers anciens

Dans les plaines rouges, sous les arbres séculaires et au bord des

rivières qui chuchotent leur mémoire, les anciens racontaient les

secrets des métiers comme on narre des contes sacrés. Chaque artisan, du

forgeron au tisserand, du potier au guérisseur, portait dans ses mains

et dans son souffle la sagesse du monde, et chaque geste était un

proverbe vivant.

 

Le paysan qui sème son mil sait que l’eau qui dort façonne la pierre

plus sûrement que la tempête, car écouter la terre enseigne le secret

des racines. Le charpentier qui trace ses lignes avec patience sait que

le vent ne se perd jamais et trouve toujours sa direction. Le chasseur,

attentif aux moindres mouvements de la forêt, comprend que le serpent

peut être petit, mais il ne s’aventure jamais là où le danger est trop

grand.

 

Le maître potier, assis devant son tour, rappelle à l’enfant curieux que

la tortue avance lentement, mais ne recule jamais devant son destin. Le

forgeron, façonnant l’acier, sait qu’un seul rayon de bonté dissipe une

montagne de peur, comme le fleuve n’ignore jamais l’apport de chaque

ruisseau.

 

Au marché, le marchand souriant enseigne que la valeur d’un sourire se

mesure plus que celle de l’or, et le messager qui traverse des

kilomètres comprend que celui qui veut aller vite marche seul, tandis

que celui qui veut aller loin marche avec les autres. Le tisserand,

patient dans son atelier, sait que le baobab ne grandit pas en un jour,

tout comme le fil entrelacé dans sa trame construit des histoires qui

durent mille ans.

 

Le menuisier, face au feu, apprend que le bois danse sous la lumière,

tandis que le cordonnier qui recouvre une chaussure sait que le fil

cassé peut être renoué, mais il n’est plus jamais le même. Le

guérisseur, à l’écoute du corps et de l’âme, rappelle que le sourire est

une machette qui ouvre les routes difficiles et que la vérité est une

graine qui perce même la pierre.

 

Le tailleur d’habits, humble dans son atelier, découvre que le cœur

humble entend le conseil que l’orgueil bâillonne, tandis que le

bâtisseur de routes sait que chaque pierre du chemin raconte une

victoire oubliée. Le lionceau, symbole du courage que le forgeron

admire, illustre que le lion ne regarde pas en arrière lorsqu’il passe,

et le sage observateur sait que l’homme pressé boit l’eau trouble, mais

le hibou voit loin parce qu’il regarde longtemps.

 

Le cultivateur de paix récolte la dignité comme le chef de clan, et le

boulanger sait que le partage est le feu qui rassemble les clans. Le

pêcheur, humble devant la rivière, enseigne que la rivière ne se vante

pas de sa profondeur, tandis que l’enseignant rappelle que la sagesse ne

pousse pas dans un seul village. L’alpiniste mesure son courage au pied

de la montagne, et le guide qui montre le chemin sait que le chemin de

la sagesse commence par un pas de respect.

 

Le voyageur de nuit apprend que la nuit n’est pas l’ennemie, seulement

un autre chemin, et le scribe qui consigne chaque jour sait que celui

qui apprend vieillit sans devenir vieux. Le rire de l’enfant, observé

par le conteur, rend la maison plus riche, et le jardinier sait que le

rire est un palmier qui porte ses fruits en tout lieu. Le guérisseur

rappelle encore que là où le cœur est lourd, les pieds se fatiguent

vite, mais le temps est un guérisseur qui ne demande jamais de paiement.

 

Le juge, attentif aux paroles, sait que le mensonge court, mais la

vérité arrive toujours, tandis que l’architecte sait que l’on ne

construit pas une maison en suivant l’ombre d’un oiseau, et que la

vérité aime ceux qui n’ont pas peur d’elle. Le chasseur, prudent, sait

que qui méprise sa proie rentre souvent bredouille, et le voyageur

patient comprend que celui qui ne voit jamais le lever du soleil ne sait

pas attendre.

 

Chaque artisan, du forgeron au conteur, du potier au forgeron de mots,

est gardien de cette mémoire : un ami sincère vaut plus qu’une troupe de

guerriers, et une main seule ne peut attacher un paquet. Le sage

forgeron enseigne que l’on ne traverse pas la savane avec le courage des

autres, et que le cœur humble entend le conseil que l’orgueil bâillonne.

 

Ainsi, chaque métier traditionnel, qu’il façonne la terre, le bois, le

métal ou les mots, vit selon ces proverbes qui sculptent le monde comme

un art ancien : c’est en frappant le fer qu’on découvre sa force, et

dans le respect des autres métiers se tisse la vraie richesse.

 

Le Chef Coutumier en Ouganda : Racines, Symboles et Voix du Peuple et

des Arts

 

En Ouganda, les institutions coutumières ne sauraient être regardées

comme de simples mécanismes administratifs. Non, elles forment plutôt un

tissu vivant, subtil et complexe, où la mémoire, l’identité et la

conscience collective se rencontrent et se confondent. L’autorité

coutumière, loin de se réduire à une fonction bureaucratique, se révèle

être l’expression d’un lien profond entre l’humain, le peuple et le

cosmos tout entier. C’est le creuset où se mêlent les expériences

diverses : l’enfant qui s’éveille à la vie, la femme qui transmet la

sagesse et les gestes ancestraux, l’homme qui veille et protège, le

vieillard qui enseigne, et jusqu’au malade ou à l’invalide dont la

fragilité rappelle la précieuse solidarité qui unit les êtres. Chaque

voix, chaque regard, chaque geste participe à l’édifice social, culturel

et spirituel de la nation.

Le Chef Coutumier : Gardien des Histoires et Porteur de Conscience

Au sommet de cette hiérarchie vénérable se dresse le chef coutumier —

Kabaka chez les Baganda, ou son équivalent selon les ethnies — dont la

fonction excède le simple pouvoir social pour devenir symbole vivant et

conscience collective incarnée. Il est le dépositaire des mémoires, le

témoin de l’harmonie du peuple, et se déploie en plusieurs dimensions

essentielles.

 

Dépositaire de l’histoire et de l’identité culturelle

Le chef coutumier se tient tel un pont fragile et noble entre les

générations, et entre le monde visible et l’invisible. Par les mythes,

les rites et les cérémonies, il recueille et transmet les voix de tous :

l’enfant qui s’émerveille, la femme qui façonne et protège la vie, le

vieillard qui rappelle le passé, le malade qui enseigne la patience, et

l’infirme qui illustre la dignité malgré la faiblesse. Tous deviennent

partie intégrante du récit collectif, et le peuple apprend à se

reconnaître dans cette multiplicité, à y lire son identité profonde.

Arbitre et régulateur social

Mais le chef ne se contente pas d’incarner le symbole. Il intervient

dans la vie quotidienne, tranche les différends, régule les conflits, et

veille au respect des normes coutumières. Ses décisions tendent à

inclure toutes les voix, à protéger les plus vulnérables, et à renforcer

le tissu social par la justice, la compassion et la solidarité.

 

Fédérateur et source de légitimité

L’autorité du chef ne repose point sur la seule crainte ou le rang, mais

sur sa capacité à écouter et à rassembler. Il fédère la diversité des

expériences humaines, unit les générations et les statuts sociaux, et

fait naître une conscience partagée de responsabilité et d’appartenance.

Le Chef de Village : L’Autorité au Service du Peuple

Au quotidien, le chef de village  incarne concrètement cette autorité :

Il supervise la gestion des terres et des ressources, veillant à l’accès

équitable pour tous, sans exception.

Il assure le respect des coutumes domestiques et rituelles, garantissant

que chacun, du plus jeune au plus âgé, trouve sa place et sa reconnaissance.

Il coordonne les cérémonies collectives, donnant à chaque événement sa

valeur éducative et symbolique, reliant le passé au présent.

Ainsi, il devient le médiateur tangible entre la tradition et la vie quotidienne du peuple.

 

Les Dignitaires et le Conseil Consultatif : Veilleurs de Mémoire et de

Savoir

Autour du chef coutumier gravitent dignitaires et conseillers, souvent

anciens et spécialistes rituels, qui veillent à la pluralité des voix :

Conseillers spirituels et guérisseurs : ils guident les décisions en

respectant le savoir traditionnel et les besoins de tous, y compris des

malades et des handicapés, rappelant que la grandeur d’un peuple se

mesure à sa capacité d’inclusion et de protection.

 

Gardiens de la mémoire collective : par récits, chants et proverbes, ils

transmettent les valeurs morales, sociales et éducatives, éveillant la

conscience collective et célébrant la richesse humaine.

Éducation et Transmission Intégrale : La Voix de Tous

Dans cette société, l’éducation transcende l’école : elle est populaire,

universelle et artistique. Chaque membre du peuple, du plus jeune au

plus âgé, participe au partage des savoirs :

Les enfants apprennent respect et solidarité par l’observation et la

participation.

Les femmes transmettent l’éthique du soin, du travail et du partage.

Les hommes enseignent responsabilité et protection.

Les vieillards rappellent les leçons du passé et éveillent la mémoire

historique.

Les malades et handicapés enseignent patience, empathie et dignité humaine.

Cette pédagogie intégrale forge la conscience collective et assure que

chaque voix a valeur et influence dans la vie sociale et artistique.

Cosmologie et Symbolisme du Pouvoir

La tradition ougandaise unit forces visibles et invisibles, ancêtres et

vivants. Le chef coutumier, médiateur entre ces sphères, aligne rituels

agricoles et cérémonies sur les cycles naturels. L’harmonie sociale, la

prospérité et la fertilité ne sont pas de simples biens matériels :

elles reflètent une conscience collective où chaque individu — jeune,

vieux, malade ou handicapé — contribue à l’équilibre cosmique.

 

Autorité Coutumière : Entre Tradition et Modernité

Le pouvoir coutumier ne repose jamais sur la seule hiérarchie, mais sur :

La reconnaissance et la participation de tous ;

La capacité à écouter, protéger et unir ;

L’adaptation des valeurs ancestrales aux défis contemporains.

 

Ainsi, le chef coutumier et son réseau ne sont point de simples

dirigeants : ils sont garants de la mémoire, de la justice, de la

solidarité et de l’éveil de conscience collective. Chaque voix, de

l’enfant au vieillard, de la femme à l’homme, du malade à l’invalide,

enrichit et sublime la vie sociale, culturelle et symbolique de la nation.

L’intelligence humaine et la responsabilité citoyenne : une perspective

contemporaine

L’intelligence humaine dépasse largement la simple accumulation de

connaissances ou la maîtrise des technologies avancées. Les recherches

en neurosciences et en sciences cognitives montrent que l’intelligence

s’inscrit dans un réseau dynamique de relations sociales et culturelles,

intégrant à la fois la mémoire individuelle et collective, l’empathie,

la capacité de raisonnement et l’anticipation des conséquences de ses

actes sur autrui. Ainsi, être intelligent, c’est pouvoir inscrire son

existence dans un continuum social — de la cellule familiale à la

communauté locale, puis à la nation — et reconnaître que la liberté

individuelle ne peut exister sans responsabilité éthique et engagement

envers le bien commun.

 

Dans ce cadre, le devoir citoyen se révèle comme l’application concrète

de cette intelligence relationnelle et morale. La citoyenneté n’est pas

un statut juridique ou administratif abstrait ; elle se traduit par des

comportements actifs : préserver la mémoire collective, protéger les

valeurs partagées et transmettre un héritage culturel et moral. La

participation civique et le respect des institutions deviennent des

vecteurs de cohésion sociale, fondés sur la compréhension que chaque

individu contribue à la durabilité et à l’équilibre de la société.

La mémoire des ancêtres et l’écologie culturelle : le cas de la terre

rouge d’Ouganda

Les sciences sociales contemporaines insistent sur l’importance de la

mémoire culturelle et de l’ancrage territorial dans le développement

cognitif et moral de l’individu. Dans la terre rouge d’Ouganda, chaque

pierre, chaque rivière, chaque arbre constitue un réservoir de mémoire

collective. L’intelligence humaine se manifeste lorsqu’elle sait capter

et intégrer ces traces ancestrales, transmises par la littérature orale,

les proverbes et les récits. Ces formes de savoir ne sont pas de simples

ornements culturels : elles constituent un substrat cognitif et éthique,

un laboratoire de sagesse où l’expérience collective guide la conduite

individuelle.

Les langues, dans leur diversité phonétique et syntaxique, ne sont pas

de simples instruments de communication ; elles structurent la pensée,

organisent les représentations du monde et facilitent la compréhension

des interconnexions sociales et écologiques. Chaque expression est ainsi

un vecteur de savoir, de mémoire et de lien intergénérationnel.

Symboles, rituels et valeurs ancestrales

Les sociétés traditionnelles ont structuré la transmission des savoirs

et des valeurs à travers des systèmes symboliques codifiés. Les anciens,

par leur autorité morale fondée sur l’expérience, incarnaient la mémoire

collective et la continuité culturelle. Les motifs des tissus, les

totems et autres symboles étaient des outils cognitifs et sociaux,

transmettant des lois éthiques et des principes d’harmonie avec la

nature et le cosmos.

 

Ces systèmes symboliques structurent la perception du monde et orientent

le comportement humain dans des interactions respectueuses et

coopératives. Ils rappellent que l’intelligence humaine n’est pleinement

efficace que lorsqu’elle intègre le collectif et le vivant dans ses

processus de décision et de responsabilité.

Apprentissages sociaux et éthiques de la chasse et de la famille

L’anthropologie des sociétés de chasse révèle que la survie dépendait de

la coordination, du courage et du partage. La chasse, loin d’être un

simple acte de subsistance, constituait un cadre éducatif, enseignant

les principes de coopération, de discipline et de responsabilité

éthique. La famille et le couple, en tant qu’unités sociales

fondamentales, permettaient de stabiliser le groupe et de transmettre

les valeurs essentielles à la cohésion et à la continuité des générations.

 

Ainsi, ces pratiques traduisent une intelligence sociale et morale, où

la survie individuelle est subordonnée au bien-être collectif. La

citoyenneté contemporaine peut être comprise comme une extension de ces

principes : agir pour le collectif, protéger les ressources communes et

transmettre un héritage éthique aux générations futures.

Mémoire, racines et intelligence citoyenne à l’ère de la modernité

Dans le contexte contemporain, marqué par la mondialisation et

l’accélération des transformations technologiques, l’intelligence

véritable implique une réconciliation entre innovation et mémoire. Les

valeurs ancestrales, loin d’être des reliques, constituent un socle pour

bâtir un avenir durable et équilibré. Elles enseignent que la dignité

humaine s’exprime par la solidarité intergénérationnelle, la parole

donnée et la responsabilité collective.

 

Se reconnecter à ses racines ne signifie pas rejeter la modernité, mais

la guider par une conscience historique et éthique. L’individu

intelligent et le citoyen responsable deviennent alors des gardiens du

patrimoine matériel et immatériel, porteurs de la voix des ancêtres et

de la sagesse du territoire. Dans ce mouvement, la citoyenneté se

transforme en acte réflexif et durable, articulant mémoire,

responsabilité et innovation.

 

Artiste de renommée internationale, Geoffrey Oryema demeure l’une de ces

présences rares dont la traversée des grandes scènes du monde a laissé

dans la mémoire musicale contemporaine la marque vive d’un destin

singulier. Sa silhouette calme, son magnétisme silencieux, sa douceur

souveraine, immédiatement perceptible à quiconque le croisait,

continuent d’inspirer ceux qui cherchent à comprendre de quoi est fait

le véritable charisme. Artistes, producteurs, médiateurs culturels se

souviennent de lui comme d’un astre dont la lumière, encore aujourd’hui,

éclaire ceux qui rêvent de prolonger sa trace. Son public, exigeant,

fidèle, n’a jamais oublié la singularité de son geste artistique, ni

l’élégance morale d’un homme façonné par une humanité profonde et une

intégrité presque austère.

 

La démarche artistique de Geoffrey Oryema plonge ses racines dans les

traditions musicales africaines, mais elle dépasse infiniment le seul

cadre de l’héritage. Elle s’élève vers une quête résolument moderne,

consciente des transformations de nos sociétés, attentive aux

recompositions identitaires que provoquent l’exil, la mobilité et les

grandes circulations culturelles. Oryema ne recourt pas aux instruments

ancestraux — nanga, lukeme, sanza, flûte rituelle — comme à de simples

signes du passé ; il les convoque comme des corps de mémoire, comme des

fragments vivants d’un récit transmis de génération en génération. Il en

tire non des couleurs pittoresques, mais une substance, un souffle

ancien, une matière presque organique qu’il mêle avec audace aux

structures du rock, aux harmonies du folk, aux architectures sonores de

la pop occidentale. De cette alchimie naît un espace musical d’une

liberté rare : fluide, mouvant, traversé de lignes de force qui disent

les dynamiques de notre époque — migrations, interpénétration des

mondes, circulation des affects, remodelage des sensibilités collectives.

 

Cette approche, à la fois métissée, méthodique et visionnaire, confère à

son œuvre une portée quasi anthropologique. Elle révèle une conviction

fondamentale : la musique n’est pas seulement un art, elle est un

instrument de lecture du monde, un outil d’observation, de

compréhension, et parfois même d’apaisement, face aux secousses de

l’histoire.

 

Polyglotte accompli, Geoffrey Oryema chante en acholi, en anglais, en

français ; et chaque langue devient entre ses mains une passerelle, un

vecteur d’énergie, une manière d’ouvrir l’esprit à l’autre. Cette

pluralité linguistique ne se contente pas d’embellir ses compositions :

elle constitue un véritable laboratoire des imaginaires, une chambre

d’échos où se rencontrent et se fécondent différentes visions du monde.

Son timbre grave, voilé d’une mélancolie pudique, a souvent été

rapproché de celui de Leonard Cohen — analogie rare qui souligne la

profondeur de son écriture, la dimension méditative et universelle de

son art, et cette façon unique qu’il avait de faire naître un frisson

intérieur d’une simple inflexion de voix.

Une trajectoire artistique exceptionnelle

Dès son premier album, Exile (1990) — produit par Brian Eno et publié

par le label mythique Real World de Peter Gabriel — Geoffrey Oryema

s’impose comme l’une des voix les plus marquantes de la scène mondiale.

Cet album, devenu pierre fondatrice de la world music, témoigne déjà de

sa faculté à conjuguer enracinement et modernité, tradition et

invention, dans une écriture sonore d’une rigueur presque expérimentale.

 

La chanson Ye Ye Ye, devenue générique du Cercle de Minuit sur France 2,

inscrit définitivement sa voix dans la mémoire sonore française. Quant à

Land of Anaka, coécrit avec Brian Eno et illuminé par la présence vocale

de Peter Gabriel, il incarne une synthèse magistrale des forces qui

traversent sa musique : tension entre l’ancien et le nouveau, dialogue

entre technologie et oralité, alliance des rythmes intérieurs avec les

vastes paysages du monde.

 

Au fil des décennies, Oryema parcourt les plus grandes scènes — du WOMAD

aux salles d’Amérique, d’Europe, du Japon ou du Brésil. Ses

collaborations témoignent de la souplesse et de l’amplitude de son art :

un duo d’une délicatesse aérienne avec Alain Souchon (Bye Bye Lady

Dame), une participation éclatante aux côtés de Tonton David et Manu

Katché dans Chacun sa route, devenue un classique de la pop française.

Une œuvre à la croisée de l’art, de l’humain et des sciences sociales

À travers ses albums, Geoffrey Oryema explore les thèmes essentiels qui

façonnent l’expérience humaine contemporaine : l’exil, l’attachement,

l’espérance, la dignité, mais aussi la manière dont les êtres tentent de

se frayer un chemin dans des sociétés en constante mutation. Ses

chansons, construites comme des récits sensoriels et des veines de

mémoire, deviennent des archives émotionnelles où se lisent les

fractures, les aspirations et les reconstructions du monde d’aujourd’hui.

Son œuvre — d’une authenticité profonde, visionnaire dans la manière

dont elle articule tradition et modernité, enracinement et

transformation — demeure un héritage précieux. Elle rappelle, avec une

force presque charnelle, que la musique peut être plus qu’un langage :

une connaissance, une communion, une énergie capable de réconcilier,

d’élever et parfois même de sauver ce qui vacille en nous.

 

Geoffrey Oryema, la Voix Enracinée dans la Terre Rouge

Il est des hommes dont la destinée dépasse les frontières de leur pays,

des hommes dont la parole et l’œuvre donnent aux capitales européennes

une résonance nouvelle, et à l’Afrique une dimension économique,

culturelle et morale. Geoffrey Oryema fut de ceux qui, par leur courage

tranquille, surent faire entendre la voix du continent africain au cœur

même de ses valeurs les plus profondes.

 

Certains artistes ne se bornent pas à chanter : ils portent le monde, le

scrutent, l’interprètent. Geoffrey Oryema appartenait à cette lignée

rare. Enraciné dans la terre rouge de l’Ouganda, il savait écouter — et

surtout faire entendre — les voix précieuses et vulnérables : celles des

enfants, des femmes, des travailleurs, des défenseurs de la justice et

des droits humains, celles de toutes les personnes qui composent la

trame vivante d’un peuple. Chez lui, l’art n’était ni parure ni artifice

: il était souffle, nécessité, fidélité à la vie.

 

Homme élégant, bienveillant et profondément attaché aux valeurs

familiales comme à l’amitié, Oryema incarnait une rectitude morale peu

commune : fidélité à ses convictions, à son pays, à la civilisation

africaine qu’il portait avec une dignité calme et lumineuse. Son

humanité précède son œuvre, et son œuvre en prolonge l’empreinte.

 

Enfance et formation : l’apprentissage des voix du monde

Né le 16 avril 1953 à Soroti, dans l’Est de l’Ouganda, il grandit dans

un environnement où l’art n’est ni un luxe ni un jeu, mais une manière

d’habiter le monde. Sa mère, danseuse dans la troupe Heartbeat of

Africa, lui transmet très tôt le langage des gestes et de la mémoire.

Autour de lui, les anciens racontent, les mères bercent, les jeunes

chantent : la culture est un souffle collectif.

 

C’est dans ce terreau fertile qu’il rencontre la nanga, harpe

traditionnelle à sept cordes, qui devient son instrument matriciel. Il y

découvre un espace intérieur où les émotions, les souvenirs et les rêves

trouvent leur forme. Son père, homme d’État instruit et respecté, lui

ouvre l’accès aux langues et aux horizons : l’acholi, le swahili,

l’anglais, le français. Oryema comprend tôt qu’une langue est un monde.

 

La rupture : l’exil contraint

L’Histoire, cruelle, vient déchirer ce bonheur fragile. En 1977, son

père est assassiné par le régime d’Idi Amin Dada. Devenu suspect aux

yeux du pouvoir, Geoffrey doit fuir précipitamment. Sa fuite clandestine

demeure l’image saisissante d’un homme arraché à sa terre pour sauver sa

vie. Cette blessure  indélébile marquera durablement son art.

 

Paris : reconstruire, réinventer, rayonner

Après un passage au Kenya, puis en Europe, Paris devient pour lui un

lieu de renaissance. La capitale française, carrefour des diasporas, lui

offre l’espace nécessaire pour se reconstruire. Il y rassemble les

fragments de son histoire et façonne une esthétique singulière où

tradition et modernité, rythmes ancestraux et influences contemporaines

se conjuguent.

 

Sa voix — grave, chaude, lente, traversée de lumière — porte à la fois

la douleur de l’exil et la douceur patiente de ceux qui refusent de

renoncer au monde.

 

Son entrée chez Real World Records, le label de Peter Gabriel, marque un

tournant. Avec Exile (1990), Oryema fait connaître au monde une œuvre

empreinte de perte, mais transfigurée par la beauté. Beat the Border

(1993) consacre son statut de passeur de cultures, de bâtisseur de ponts

entre les langues, les peuples et les mémoires.

 

Une œuvre qui transcende les frontières

Sur les scènes du monde entier, Oryema devient un témoin essentiel :

témoin de l’exil, de la fragilité humaine, mais aussi de la puissance

consolatrice de la musique. Resté fidèle à la nanga, à l’acholi et aux

percussions de son enfance, il inscrit parallèlement son art dans une

modernité ouverte, transcontinentale. Sa musique, riche de ses racines,

dépasse pourtant toute appartenance : elle n’est de nulle part et de

partout.

 

L’homme derrière l’artiste

Pour la diaspora ougandaise, il demeure une figure de dignité et

d’espérance. Pour ses pairs, il fut un modèle de douceur, de rigueur, de

discrétion et d’exigence artistique. Installé en France, il n’a jamais

rompu le lien invisible qui le rattachait à l’Afrique : ce fil vibrant

qui animait chacune de ses notes.

 

La fin d’un parcours, la naissance d’un héritage

Le 22 juin 2018, Geoffrey Oryema s’éteint à Paris, à l’âge de 65 ans. Sa

disparition provoque un double deuil : l’Afrique perd une voix

déterminante, et l’Europe un phare discret, essentiel, profondément humain.

 

Sa vie, entre nuit et lumière, entre terre rouge et asphalte parisien,

entre héritage et invention, compose une véritable épopée. Il a su

métamorphoser la douleur en force créatrice, l’exil en beauté partagée,

et son histoire intime en héritage universel.

Civilisation intergénérationnelle : l’héritage des Baganda

La civilisation intergénérationnelle des Baganda illustre, avec une

éclatante profondeur, la manière dont l’art, la culture et les savoirs

s’entrelacent pour structurer la vie sociale et spirituelle. La

sculpture sur bois, tout comme les tabourets rituels, dépasse la simple

fonction utilitaire : elle incarne la mémoire vivante d’un peuple,

tissée de symboles et de récits ancestraux. Ces œuvres, finement

façonnées, consacrées lors de cérémonies solennelles et porteuses de

sens, matérialisent les liens du clan et l’harmonie des rapports

humains. Chaque sculpture devient ainsi un vecteur de transmission :

elle relie le passé au présent, l’esthétique à la sacralité, le tangible

à l’invisible.

À l’instar de l’art, l’agriculture constitue le socle concret et

symbolique de la société. Nourricière et formatrice, elle transmet des

savoirs pratiques et éthiques, inscrivant chaque génération dans la

continuité de la culture et du clan. La terre elle-même devient une

bibliothèque vivante, où les gestes et les rites s’écrivent en semences

et en récoltes, offrant à l’homme un enseignement silencieux mais profond.

 

De la vie à la mort : croyances, passages et rituels

Chez les Baganda, la mort n’est jamais perçue comme une rupture absolue.

Elle se conçoit comme un passage, un mouvement vers l’au-delà où

résident les ancêtres. Les rituels funéraires — accompagnés de chants,

de percussions et de danses — assurent cette transition et protègent la

communauté des désordres spirituels. Les guérisseurs, figures centrales

de l’équilibre social et cosmique, prescrivent sacrifices et cérémonies,

veillant à maintenir l’harmonie entre le visible et l’invisible.

 

Cette vision cyclique de l’existence se reflète dans l’agriculture

traditionnelle : chaque saison, chaque semence et chaque récolte devient

un rituel de vie, un apprentissage continu et un acte de respect envers

la terre et les ancêtres. Ainsi, de l’art à l’agriculture, la culture

matérielle et spirituelle forge un cadre où la connaissance humaine et

la mémoire collective s’enracinent avec force et persistance.

 

Métiers contemporains, formation et transmission

Les secteurs économiques structurants

L’économie contemporaine des Baganda repose sur un équilibre subtil

entre traditions séculaires et innovations modernes. L’agriculture

demeure le pilier central : la culture du café, des bananes, l’élevage

laitier ou la pêche ne se limitent pas à des activités productives,

elles constituent des vecteurs de savoir-faire, de discipline et de

coopération sociale. L’artisanat, le tourisme culturel et la

valorisation du patrimoine — barkcloth, sculpture, musique et traditions

orales — enrichissent cette économie en y intégrant une dimension

éducative et civique. Les marchés et commerces locaux se transforment en

véritables lieux de formation implicite, où les jeunes apprennent les

compétences nécessaires à la vie communautaire, à la gestion et au commerce.

 

Formation et transmission : l’agriculture comme pédagogie

La transmission du savoir obéit à une double dynamique.

Traditionnellement, elle repose sur la relation maître-apprenti, où

gestes, techniques et valeurs s’incarnent dans l’expérience quotidienne.

Aujourd’hui, elle se conjugue avec des programmes éducatifs modernes :

ateliers d’agroécologie, formations en cultures durables et

enseignements qui intègrent innovation et respect des pratiques

ancestrales. Les écoles, institutions culturelles, musées et festivals

deviennent des laboratoires vivants, où l’agriculture dialogue avec

l’art, l’histoire et le développement durable. Les initiatives

internationales, telles que celles de l’UNESCO, valorisent le lien entre

patrimoine matériel et immatériel, révélant l’interdépendance entre

savoirs traditionnels, connaissance des sols et cycles naturels, et

durabilité des pratiques humaines.

 

L’agriculture dépasse ainsi la simple production alimentaire : elle

devient un vecteur éducatif puissant, enseignant la patience,

l’observation, la responsabilité et la créativité. Chaque individu,

inscrit dans cette continuité historique et culturelle, relie son

expérience pratique à l’enseignement académique, transformant la terre

en une salle de classe vivante, où se transmettent les valeurs, les

savoirs et les compétences indispensables au devenir de l’homme et de la

société.

 

En Ouganda, la famille constitue l’ossature centrale de la société,

assumant simultanément le rôle de cellule fondamentale et de pivot de la

vie communautaire. La naissance est célébrée à travers des rites

collectifs empreints de solennité, souvent accompagnés de chants et de

danses traditionnelles, témoignant de la continuité des valeurs et de la

solidité du lien social. L’éducation des enfants dépasse le cadre

strictement parental : elle s’inscrit dans un engagement

intergénérationnel, mobilisant tant les aînés que l’ensemble de la

communauté. Cette transmission inclut non seulement les savoirs

pratiques et moraux, mais aussi un apprentissage tacite de

l’environnement naturel — faune et flore — perçus comme des éléments

essentiels de la survie et de l’identité culturelle.

 

Malgré des progrès notables dans la réduction de la mortalité infantile,

celle-ci demeure significative, rappelant la fragilité persistante des

jeunes générations. La mort, abordée à la fois dans ses dimensions

sociale et spirituelle, fait l’objet d’un profond respect et donne lieu

à des cérémonies variées selon les groupes ethniques. Ces rituels

illustrent le lien indissociable entre la communauté et son

environnement, conçu comme garant de la continuité et protecteur des

générations à venir.

 

L’Ouganda a ratifié la Convention relative aux droits de l’enfant,

consacrant les droits fondamentaux de ces derniers, notamment le droit à

la vie et la protection. Les politiques publiques intègrent

parallèlement la préservation des écosystèmes et des ressources

naturelles, conscientes que le bien-être des enfants est intimement lié

à la santé de la planète.

 

S’agissant de la condition féminine, des efforts soutenus en faveur de

l’égalité coexistent avec des disparités persistantes, notamment en

matière d’accès à l’éducation et aux soins de santé. Ces inégalités

influent sur l’accès aux terres et aux ressources naturelles, dont la

gestion durable demeure cruciale pour garantir la sécurité alimentaire

et la stabilité économique des communautés rurales.

 

L’Ouganda se distingue par une diversité ethnique remarquable, comptant

plus de cinquante-six groupes distincts, chacun porteur de traditions,

de récits et de pratiques environnementales propres. Parmi les plus

connus figurent les Baganda, les Basoga, les Banyankole, les Bakiga et

les Bakonjo. Les épopées orales, transmises de génération en génération,

célèbrent non seulement les exploits des ancêtres et des souverains,

mais aussi la relation sacrée entretenue avec la nature. Les rois du

Buganda, par exemple, codifièrent l’usage des forêts sacrées, des lacs

et des rivières, instaurant une forme précoce de gouvernance locale de

la biodiversité.

 

La culture ougandaise intègre intrinsèquement les éléments naturels à sa

spiritualité. L’eau, la terre, le feu et l’air, considérés comme sources

de vie, de fertilité et de stabilité, interviennent dans les rites de

purification et de guérison et symbolisent la transformation ainsi que

la communication avec les ancêtres. Les chants, danses et cérémonies

traduisent une relation intime avec la nature, où la biodiversité locale

— des gorilles de montagne aux vastes savanes, des forêts tropicales

luxuriantes aux lacs majestueux — apparaît à la fois comme ressource,

symbole et mémoire collective.

 

Par ailleurs, l’Ouganda bénéficie d’un patrimoine écologique

exceptionnel : terres fertiles, sols volcaniques propices à

l’agriculture, forêts denses, richesse minérale et abondance en eau, qui

soutiennent à la fois les populations et la biodiversité. Cette richesse

constitue le socle du développement durable et du bien-être

communautaire, conciliant harmonieusement les savoirs traditionnels et

la science moderne.

 

 

Geoffrey Oryema, figure emblématique de la musique ougandaise, se dresse

comme une passerelle vivante entre l’Afrique et le monde, un émissaire

de l’âme, un homme dont la voix et l’écriture transcendent le simple

chant pour devenir des manifestations profondes de dignité, de liberté

et d’humanité. Chaque note qu’il émet, chaque mot qu’il choisit, résonne

comme une fréquence harmonique dans l’univers de l’auditeur, établissant

un dialogue subtil entre l’être et le cosmos, entre le cœur humain et

les quatre éléments essentiels de la vie — la terre, l’eau, l’air et le

feu — qui nourrissent l’âme et inspirent l’art et la science.

 

Dans l’univers musical d’Oryema, l’écoute n’est jamais passive. Elle se

transforme en un acte de résonance, une rencontre vibratoire entre

l’artiste et ceux qui le suivent. Ses compositions deviennent des

paysages émotionnels et énergétiques, où la mélodie, le rythme et la

poésie fusionnent avec la force des éléments naturels pour créer un

écosystème sonore. La terre s’exprime dans la profondeur des basses et

des tonalités graves, l’eau dans les flux fluides et les glissements

mélodiques, l’air dans la légèreté des notes qui s’élèvent et le feu

dans l’intensité des émotions transmises. Chaque inflexion de sa voix

est une onde de respect pour l’identité humaine, chaque accord un

hommage à la dignité et à la liberté de ceux qui écoutent.

 

Par son écriture, Oryema transforme la musique en une science de l’âme,

où le corps et l’esprit entrent en résonance avec les vibrations

harmoniques de l’existence. La création musicale devient alors un acte

de liberté absolue, un laboratoire sensoriel où l’artistique et le

scientifique se rencontrent, où l’émotion se mesure à l’authenticité et

à la profondeur de la conscience éveillée. Ses compositions sont autant

d’invitations à explorer l’univers intérieur, à sentir les flux

invisibles qui relient l’homme aux éléments et aux fréquences

universelles, à percevoir la musique comme un langage qui dépasse les

frontières culturelles et le temps.

 

Le parcours de Geoffrey Oryema, façonné par les rencontres, les voyages

et les influences multiples, illustre sa capacité unique à intégrer et

transcender les cultures tout en restant profondément ancré dans ses

racines africaines. Sa musique n’est jamais un simple divertissement :

elle est un manifeste vivant, une célébration de la diversité humaine,

un outil de réconciliation et un vecteur de conscience. Chaque chanson

est un hommage à l’homme et à son rapport aux forces vitales de la

nature, un témoignage que l’identité artistique est un levier de liberté

et de résistance contre l’uniformisation du monde.

 

Oryema incarne l’Afrique contemporaine dans toute sa complexité :

capable de douceur et de force, de mélancolie et de lumière, de mémoire

et de renouveau. Ses compositions incarnent des valeurs universelles —

dignité, respect, liberté et créativité — et rappellent que l’art est un

espace sacré où chaque note, chaque vibration et chaque silence sont des

actes de courage et d’amour pour l’humanité. Il nous enseigne que

l’homme, en harmonie avec les fréquences de la vie et les éléments qui

le traversent, peut toucher à l’essence de son existence et communiquer

cette expérience avec le monde.

 

Geoffrey Oryema n’est pas seulement un musicien ; il est un poète

sonore, un messager des liens entre l’Afrique, l’homme et l’univers. Ses

chansons continuent d’inspirer, de rassembler et de faire vibrer les

âmes, offrant à ceux qui l’écoutent une invitation à la contemplation, à

l’éveil et à la célébration de la vie dans toute sa dignité, sa liberté

et son harmonie avec les éléments qui la composent.

 

 

Au cœur du chantier du monde : mémoire, lumière et intelligence citoyenne

À l’aube du XXIᵉ siècle, dans un univers en perpétuelle mutation où la

mondialisation, les technologies et les flux d’informations

redéfinissent nos perceptions, la science et l’intelligence humaine se

déploient telles un réseau de racines invisibles sous la terre du réel.

L’intelligence ne se réduit plus à l’accumulation de savoirs ou à la

seule capacité analytique : elle devient un art de relier, d’harmoniser

innovation et mémoire, audace créative et profondeur historique.

 

À l’instar du soleil levant qui perce l’obscurité pour révéler la

lumière, la connaissance scientifique, nourrie de curiosité et

d’éthique, éclaire nos chemins contemporains. Elle nous enseigne que

l’observation attentive des étoiles ou des cycles lunaires n’est pas

qu’une fascination poétique, mais un modèle d’ordre et de régularité

dans le chaos apparent du monde. L’eau, fluide et vivante, nous rappelle

que tout savoir, comme toute société, doit circuler et se renouveler,

irriguer les esprits et nourrir les racines de notre humanité collective.

 

Se reconnecter à ses racines n’implique nullement un rejet de la

modernité. Au contraire, il s’agit de guider le progrès par une

conscience historique et éthique. Les racines humaines — culturelles,

sociales et scientifiques — rappellent que chaque innovation porte la

responsabilité de préserver le vivant et de renforcer les liens sociaux.

L’individu éclairé devient ainsi le gardien du patrimoine matériel et

immatériel, un explorateur capable de conjuguer tradition et

prospective, mémoire et lumière de l’avenir.

 

Apprentissages ancestraux : les racines de l’intelligence sociale

L’anthropologie des sociétés de chasse montre que la survie dépendait de

la coordination, du courage et du partage. La chasse, loin de se réduire

à une nécessité alimentaire, constituait un véritable laboratoire

d’intelligence sociale et morale. De même, la famille et le couple, en

tant qu’unités fondamentales, assuraient la cohésion et la transmission

des valeurs essentielles.

 

Ces pratiques démontrent que l’intelligence humaine s’épanouit d’abord

dans la relation au collectif : la survie individuelle n’a de sens que

lorsqu’elle s’inscrit dans le bien-être commun. La citoyenneté

contemporaine en est l’héritière : protéger les ressources communes,

transmettre un héritage éthique et agir pour le bien de la communauté. À

l’image de l’eau qui irrigue les racines, nos actes nourrissent la vie

collective et façonnent l’avenir.

 

Science, mémoire et cosmos : vers une intelligence éclairée

À l’ère moderne, la science n’est pas seulement un instrument de

puissance technique. Elle est une lumière qui guide la conscience

humaine, éclaire nos choix et révèle la beauté ordonnée du monde.

Observer les étoiles ou la lune, comprendre les cycles du vivant et les

flux d’énergie, c’est apprendre à penser en systèmes, à anticiper les

conséquences et à agir avec responsabilité.

 

La tension entre innovation et héritage se résout par une intelligence

réflexive et collective. La mémoire devient boussole, et les valeurs

ancestrales se muent en outils stratégiques pour orienter le progrès.

L’éducation et la culture, à l’image du soleil levant, éveillent les

esprits et nourrissent les racines de la créativité humaine. Musique,

art et science s’y rencontrent pour tisser un langage commun, fédérateur

et éthique, capable de relier l’individu à son histoire et à l’univers

qui l’entoure.

 

Lumière, racines et responsabilité historique

Au cœur du chantier du monde, l’intelligence citoyenne ne se limite pas

à la maîtrise technique ou scientifique. Elle exige une sensibilité

éthique, une conscience historique et cosmique, ainsi que la capacité

d’agir pour le bien commun. Racines, eau, lumière, lune et étoiles

deviennent alors des guides symboliques et concrets : elles nous

rappellent que tout progrès durable doit irriguer la société, éclairer

la conscience humaine et honorer l’héritage des générations passées.

 

Seule cette intelligence, qui conjugue mémoire, innovation, cosmos et

responsabilité, permet de bâtir un avenir capable de préserver le

vivant, de renforcer nos racines et de faire éclore la lumière d’un

monde renouvelé.

 

La diffusion internationale du premier album de Geoffrey Oryema, suivie

de celle de ses œuvres ultérieures, lui a ouvert les portes des salles

de concert et des festivals à travers l’ensemble du continent américain.

Sa musique, à la fois intime et universelle, a franchi les frontières

pour atteindre un public avide de sonorités où s’entrelacent l’âme de

l’Afrique et l’élan de la modernité.

 

Invité en Asie et en Océanie, Oryema a vu ses compositions voyager

jusqu’au Japon et l’Australie, et parcourir la vaste zone

Asie-Pacifique, grâce aux circuits internationaux de la world music. Ces

tournées et participations à des festivals prestigieux ont consolidé son

image d’artiste véritablement cosmopolite, dont la voix, toujours

porteuse de l’exil et de la mémoire de son pays natal, trouve écho dans

les cultures les plus diverses.

 

Principaux albums et publications

Exile — 1990 (Real World) : album de révélation, produit par Brian Eno,

vendu à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires, devenu un

classique incontournable.

 

Beat the Border — 1993 (Real World) : seconde œuvre majeure, qui

affermit sa réputation internationale.

 

Night to Night — 1996 (Real World) : un album où l’intimité se mêle à la

profondeur d’un univers musical sans frontières.

 

Spirit — 2000 : titres disponibles sur divers catalogues et rééditions.

The Odysseus / Best Of — 2002 : compilation rassemblant les jalons d’une

carrière marquée par la fidélité à ses racines.

 

Words — 2004 : collaboration riche en duos, notamment avec Melanie Gabriel.

From the Heart — 2010 (La Mouche Production / Long Tale Recordings

selon éditions) : témoignage ultime de sa voix sensible et de son lyrisme.

 

L’intelligence humaine et le devoir citoyen

L’intelligence de l’homme ne se mesure ni à l’accumulation de savoirs,

ni à la maîtrise des techniques. Elle réside dans la conscience de

l’individu d’appartenir à un tout plus vaste : la famille, la

communauté, la nation. Comprendre que la liberté véritable est

indissociable de la responsabilité, que l’existence trouve sa plénitude

dans le service aux autres, voilà ce qui constitue l’essence de

l’intelligence humaine.

 

Le devoir de citoyen, loin d’être une contrainte, apparaît comme

l’expression la plus noble de cette intelligence. Être citoyen, c’est

honorer la mémoire commune, protéger les valeurs partagées et veiller à

transmettre un héritage moral et spirituel qui dépasse l’individu.

 

Dans la terre rouge d’Ouganda, Geoffrey Oryema a trouvé l’origine de son

chant, la mémoire de ses ancêtres, et la résonance d’une voix capable de

traverser les océans et les cultures, rappelant à chacun que l’art, même

contemporain, porte la trace indélébile de ses racines.

 

Dans la poussière rouge de l’Ouganda, la voix des ancêtres continue de

résonner, subtile et vibrante, telle une musique primordiale inscrite

dans le souffle du vent. Chaque pierre, chaque arbre, chaque rivière

devient réceptacle de mémoire, archive silencieuse où s’ancre l’écho des

générations passées. Le cerveau africain, loin d’être une abstraction,

se façonne à travers cette mémoire et cette expérience, capable de

percevoir les vibrations invisibles du monde, d’entrelacer intuition et

raison, savoir ancestral et science contemporaine. L’intelligence

véritable ne se mesure pas seulement à la maîtrise des connaissances ou

des techniques : elle consiste à tendre l’oreille à ces résonances, à

écouter les murmures de la terre et des hommes, et à laisser ces échos

guider l’action présente.

 

Les intellectuels africains, longtemps marginalisés, ont pourtant été

les gardiens d’une pensée complexe, d’une philosophie profonde où la

logique se conjugue avec l’intuition, et où la science dialogue avec la

vie communautaire. Les génies africains, invisibles aux yeux du monde

extérieur, ont élaboré des savoirs multidimensionnels : des systèmes

mathématiques et astronomiques sophistiqués aux remèdes médicinaux et

techniques agricoles adaptés aux réalités locales, l’Afrique a produit

des esprits capables de résoudre des problèmes concrets avec créativité

et humanité. Chaque découverte, chaque innovation s’enracine dans une

culture qui valorise la mémoire collective, la dignité humaine et la

responsabilité envers la communauté.

 

L’art et la culture africains ne sont jamais de simples expressions

esthétiques : ils sont des instruments d’éducation, de transmission et

de transformation sociale. Les sculpteurs, tisserands et musiciens

construisent des univers symboliques où chaque geste, chaque note,

chaque motif devient vecteur de sagesse et de cohésion. L’art est un

compresseur de culture, condensant l’expérience de générations en

images, sons et gestes, nourrissant ainsi l’intelligence et l’âme des

peuples. Chaque artiste africain devient un flambeau pour la

souveraineté culturelle et intellectuelle, rappelant que créativité et

mémoire sont des armes contre l’oubli et l’asservissement.

 

Dans les sociétés anciennes, les aînés étaient les historiens vivants et

les gardiens de la mémoire collective. Leur autorité reposait sur la

profondeur de leur savoir et leur capacité à transmettre les valeurs

essentielles : solidarité, respect, dignité et harmonie avec la nature.

Les symboles, totems, tissus et motifs constituaient un langage codifié

et structuré, où chaque signe portait récit, loi, protection et vecteur

d’énergie équilibrante. La chasse, dans ce cadre, dépassait la simple

subsistance : elle formait l’homme, cultivait le courage, la discipline

et la coopération. La famille et le couple constituaient le socle de la

société, et chaque union n’était pas seulement intime mais civique,

consolidant les lignées et assurant la continuité de la vie.

 

Dans un monde emporté par la modernité et la globalisation,

l’intelligence véritable exige de rester en contact avec ses racines.

Les valeurs ancestrales africaines ne sont pas des vestiges mais des

fondations : elles enseignent que la dignité humaine naît de la parole

donnée, de la solidarité intergénérationnelle et de la conscience que la

nation est une grande famille. Revenir à ces racines n’implique pas de

rejeter le progrès : il s’agit de le guider à la lumière de ce qui

demeure intemporel. L’homme intelligent, scientifique, artiste ou

citoyen responsable ne se contente pas de consommer le monde : il en

devient gardien, harmonisant son rythme intérieur avec celui de la terre

et du cosmos.

 

Ainsi, le génie africain, qu’il s’exprime dans la science, l’art ou la

philosophie, est toujours au service de l’homme et du peuple. Il est

flambeau pour la souveraineté africaine, lumière qui éclaire les chemins

de la connaissance, de la culture et de la justice sociale. Geoffrey

Oryema, à travers sa voix et sa musique, fut l’incarnation de ce génie :

un compresseur de culture, un transmetteur d’histoires et de mémoires,

un grand homme qui a porté haut la poussière rouge de l’Afrique et la

sagesse de ses ancêtres. Porter cette voix, c’est transformer la

résonance millénaire en force créatrice, source d’inspiration pour bâtir

un continent conscient de son passé, maître de son présent et architecte

de son avenir.

 

 

Geoffrey Oryema : hommage à un talent artistique d’envergure mondiale —

côté cour, côté jardin d’un artiste singulier

 

Geoffrey Oryema ne fut pas seulement un musicien ; il fut une voix

habitée par l’exil, un souffle venu de la terre rouge d’Ouganda, porté

par les vents du monde. Lui adresser notre gratitude, c’est saluer la

portée universelle de son œuvre, cette rare faculté à faire dialoguer

les continents, les mémoires et les âmes. Son art est international,

certes, mais avant tout profondément humain.

 

Côté cour, Geoffrey Oryema apparaît comme une figure marquée par

l’Histoire, celle d’un enfant contraint de fuir la brutalité politique,

arraché à sa terre natale après l’assassinat de son père, ministre, sous

le régime sanguinaire d’Idi Amin Dada. De cet exil naît une douleur

sourde, transformée en musique, une mélancolie noble qui irrigue chacune

de ses compositions. Ses textes, tels des prières profanes, murmurent

avec pudeur des fragments d’existence, oscillant entre nostalgie et

espérance.

 

Côté jardin se révèle le poète, le conteur, l’alchimiste de l’âme, celui

qui sublime l’exil en beauté, la souffrance en douceur. Sa musique,

subtile fusion entre les sonorités africaines traditionnelles et les

influences occidentales, érige un pont invisible entre les cultures. Il

chante en acholi, en français et en anglais, rappelant ainsi que

l’émotion ignore les frontières et que la musique possède un langage que

le cœur comprend sans interprète.

 

Oryema se distingue par une rare singularité : il n’a jamais cherché à

séduire par l’artifice ou le spectaculaire. Il a touché par la

sincérité. Sa voix, grave, profonde, enveloppante, semblait porter en

elle la mémoire des ancêtres et le silence vibrant des nuits africaines.

Chaque note était confidence, chaque mélodie, voyage intérieur.

 

Il incarnait une Afrique digne, subtile, poétique, affranchie des

caricatures. Une Afrique qui pense, qui rêve, qui souffre et qui aime.

Par ses chansons, il réconciliait l’intime et l’universel, le passé et

le présent, l’ici et l’ailleurs. Son œuvre était un acte de résistance

douce, un sanctuaire de paix déposé sur les plaies du monde.

 

Geoffrey Oryema demeure cette lumière discrète qui ne s’éteint point, ce

chant qui continue de vibrer dans la mémoire collective. Nous lui disons

merci pour cet héritage, pour cette élégance musicale, pour cette

profondeur si rare. Merci d’avoir fait de sa vie un pont entre les

cultures, un refuge pour les âmes en quête de sens.

 

Côté cour, côté jardin, sur la grande scène de l’existence, il demeure

une figure intemporelle, un artiste profondément singulier dont l’écho

résonne bien au-delà du silence.

 

Yé Lassina Coulibaly art et culture, Artiste auteur-compositeur interprète

Musicothérapie sociétaire de la SACEM, ADAMI, SPEDIDAM, Union des Artistes Burkinabés

Chevalier de l’ordre du mérite, des lettres et de la communication (agrafe musique et danse)   du    Burkina-Faso.  Concert, spectacle, pédagogie 00 336 76 03 71 66

Célébration de l’Aïd El-Kébir : Le Capitaine Ibrahim Traoré était de la prière

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Comme les années antérieures, le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré a sacrifié, à la tradition avec ses proches collaborateurs, en accomplissant la prière de l’Aïd El-Kébir communément appelée Tabaski, dans la matinée de ce mercredi 27 mai 2026 à Ouagadougou, dans une ambiance empreinte de piété et de partage.

«FÊTE DE TABASKI 2026 : le Président du Faso insiste sur la responsabilité de chaque Burkinabè dans la construction de la paix sociale

(Ouagadougou, 27 mai 2026). Le Président du Faso, Chef de l’État, Son Excellence le Capitaine Ibrahim TRAORÉ a accompli la prière de l’Aïd El-Kébir communément appelée Tabaski, ce mercredi matin.

Comme les années antérieures, le Chef de l’État, le Capitaine Ibrahim TRAORÉ a sacrifié à la tradition de la Tabaski avec ses proches collaborateurs dans une ambiance empreinte de piété et de partage.

A l’issue de la prière, le Capitaine Ibrahim TRAORÉ a félicité les forces combattantes « qui font un travail remarquable et très efficace dans la reconquête du terrain (…) et qui se battent pour que dans nos villes nous puissions fêter tranquillement ». Le Président du Faso les a appelées une fois encore à maintenir la vigilance surtout pendant les moments de fête.

Le Chef de l’État a également mis en garde les ennemis de la Nation, contre toute tentative d’attaque, de découragement des forces combattantes, ou toute autre forme de trouble à la marche du pays. Quiconque se met dans cette posture devra « assumer l’entière responsabilité et toutes les conséquences qui en découleront », martèle le Capitaine Ibrahim TRAORÉ.

«L’objectif principal, c’est notre Patrie le Burkina Faso (…) La Patrie avant tout », insiste-t-il.

Un peu plus tôt dans la matinée, le Capitaine Ibrahim TRAORÉ a adressé un message de bonne fête de Tabaski à tous les musulmans du Burkina Faso et du reste du monde.

Direction de la communication de la Présidence du Faso»

Sénégal : Aminou Lô à la Primature, Ousmane Sonko au Perchoir

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En quelques jours seulement, des postes politiques clés ont changé de titulaires à la suite de la décision le 23 mai dernier du Président Bassirou Diomaye Faye de démettre Ousmane Sonko de son poste de Premier ministre. A sa place, il a nommé ce lundi 25 mai 2026, l’économiste Ahmadou Al Aminou Lô, précédemment Ministre d’Etat auprès du Président de la République, chargé du suivi, du pilotage et de l’évaluation de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050.

Du côté du Parlement, l’on a observé également dans l’intervalle un notable jeu de chaises avec notamment l’élection ce jour même d’Ousmane Sonko au Perchoir après son admission comme nouveau membre du Parlement. Il remplace à ce poste son suppléant aux législatives de 2024 en l’occurrence Malick N’Diaye qui a démissionné pour favoriser ce retour en force du Président du PASTEF. Les rôles sont désormais redistribués à la tête de l’Etat à quelques trois de la Présidentielle de 2029 dans un contexte de dissensions au sein du parti au pouvoir.

Affaire à suivre…

Martin Philippe

Burkina Demain