La cérémonie de passation de charge entre le président élu, Roch Marc Christian kaboré et son prédécesseur, Michel Kafando, a eu lieu ce 31 décembre 2015 au palais de Kosyam.
Après un tête-en-tête de plus d’une heure, le président kafando a dit qu’il a profité pour prodiguer ses encouragements et ses conseils au nouvel entrant pour la mission noble qu’il aura à conduire pendant les cinq ans à venir.
Selon lui, il lui a fait cas de l’énormité de la tâche qui l’attend:« Il y a beaucoup de dossiers en instance …parce qu’il y en a tellement ».Au nombre d’entre eux, les dossiers portant sur les questions sécuritaires. De ses explications, le pays est « toujours dans une situation d’incertitude et il faut être aussi toujours vigilant ».
Simon Compaoré, maire de Ouaga pendant 17 ans, est familier des Burkinabè et des partenaires du Burkina
Progressivement, le dispositif du nouveau pouvoir au Burkina Faso se met en place. Après l’investiture du président élu Roch Marc Christian Kaboré le 29 novembre 2015, l’on a assisté, ce mercredi 30 décembre, à la validation du mandat des députés, suivie de l’élection du nouveau président de l’Assemblée nationale, en la personne de Salif Diallo. Après cela, l’on s’attend maintenant à la nomination du nouveau Premier ministre. Qui pour occuper la Primature en ce début de mandat du président Kaboré ? Simon Compaoré, maire de Ouaga pendant 17 ans, est familier des Burkinabè et des partenaires du Burkina
Comme réponses à cette question, des noms ont déjà circulé dont ceux du coordonnateur de Millenium Challenge et Account (MCA) Bissiri Sirima ou de l’ancien gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BECEAO) Justin Damo Barro. Toutes ces personnalités ont de l’expérience, du poids et peuvent raisonnablement diriger le Premier ministre ministère.
Mais, le poste pourrait échoir aussi à Simon Compaoré, qui fait partie du trio de tête du parti au pouvoir, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP). Roch Marc Christian Kaboré à la Présidence du Faso ; Salif Diallo à l’Assemblée nationale, il ne manque que Simon Compaoré à la Primature pour compléter le podium.
Pour un début de mandat qui s’annonce des plus exigeants, le président Kaboré pourrait bien opter pour cet attelage à trois pour montrer la voie à suivre aux autres.
Connaissant la propension de Simon Compaoré à l’action, il ne ménagera pas son énergie pour être à la hauteur de la mission.
L’homme n’est plus à présenter. Maire de la ville de Ouagadougou pendant 17 années, Simon Compaoré est un familier des Burkinabè et des partenaires du Burkina Faso. Et beaucoup ne devraient pas voir d’un mauvais œil sa nomination à la Primature, si telle était la décision du président Roch Marc Christian Kaboré.
C’est officiel. Salif Diallo, premier vice-président du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) est le nouveau président de l’assemblée nationale du Burkina Faso. Il a été élu ce mercredi 30 décembre 2015 avec 78 voix contre 43 voix pour son concurrent, Adama Sosso de l’Union pour le progrès et le changement (UPC).
Ainsi, à 58 ans, Salif Diallo, devient le successeur de Chérif Sy, président du parlement de la transition. Sy et Diallo ont ce point commun d’être des hommes de conviction et d’action qui n’hésitent pas à afficher leurs opinions. La comparaison s’arrête là. Salif Diallo, nouveau président de l’Assemblée nationale du Burkina
Contrairement à Chérif, Salif a été un collaborateur de longue date du président déchu, Blaise Compaoré. Il a ainsi occupé entre autres les fonctions de ministre chargé de mission auprès de la présidence du Faso ; de ministre d’Etat, ministre de l’agriculture, de l’hydraulique et des ressources halieutiques. Bras droit redoutable du président Compaoré, il a été plusieurs fois son directeur de campagne présidentielle. La rupture entre Blaise et Salif interviendra après 2010. Tombé en disgrâce, il est envoyé ambassadeur en Autriche méditer sur son sort, loin de ses bases politiques. Et c’est depuis son purgatoire diplomatique à Vienne qu’il va accorder l’interview historique à notre confrère Ousséni Ilboudo de L’Observateur Paalga où il soulignait la nécessité de réformes politiques pour éviter la patrimonialisation du pouvoir par la famille présidentielle. Cela lui vaudra des rappels à l’ordre, et même de demandes d’explications de la part de ses camarades Roch et Simon, alors prisonniers du système Compaoré.
Il annonce déjà les couleurs
Aujourd’hui au perchoir, Salif Diallo a plus que jamais la latitude d’impulser sa vision dans la marche de la nouvelle République du Burkina Faso dont il avait toujours rêvé. Et il n’a pas tardé à annoncer les couleurs dès son installation.
« Nous devons mener notre mission en nous collant le plus possible aux aspirations du peuple. (…), cette assemblée doit être une assemblée du peuple travailleur, une assemblée de la majorité pauvre surtout que plus de 48% de notre population vit en dessous du seuil de pauvreté. Nous ne devons pas être des députés pour uniquement voter des lois mais pour pousser l’action gouvernementale vers la satisfaction des aspirations et des intérêts supérieurs du peuple : la création d’emploi pour la jeunesse, l’eau potable pour les paysans, la liberté économique des femmes et la santé pour tous. Au terme de notre mandat, nous devons être à l’image du peuple, non pas ressortir de l’Assemblée comme des bourgeois repus, mais avec la marque du peuple » a-t-il indiqué.
Dans cette perspective, le nouveau président de l’Assemblée nationale a exhorté ses collègues à transcender leurs divergences politiques ou idéologiques pour œuvrer véritablement dans l’intérêt du peuple burkinabé.
Suite à la proclamation des résultats définitifs par le Conseil constitutionnel, le 22 décembre dernier, les députés se sont réunis pour la première fois, ce mercredi 30 décembre 2015, en vue de procéder à la validation du mandat des élus et à l’élection de leur Président.
Le mandat de 125 députés a été validé, sauf pour deux députés absents. il s’est agi de Bayiré Lamine du MPP détenu à la MACO et de Amadou Tall qui aurait lui aussi des ennuis judiciaires.
Après la validation des mandats, les regards ont été porté vers l’élection du président de l’Assemblée nationale. Deux candidats sont en lice, en l’occurrence Adama Sosso de l’Union pour le progrès et le Changement (UPC) et Salif Diallo du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP).
C’est le doyen d’âge, Réné K. Lompo, né en 1948, qui a présidé les travaux, après le désistement de Noufou Ouédraogo, de Théodore Ouédraogo et de Laurent Bado pour raisons de convenance personnelle ou de maladie. Le Président de séance a été assisté par deux secrétaires de séance (les plus jeunes des députés) dont Blaise Dalla (1982) et Boureima Gnoumou (1981).
Le chef de l’Etat burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré, a accordé une audience au président du Front populaire ivoirien (FPI), Pascal Affi N’Guessan, ce 30 décembre 2015 à Ouagadougou. Au menu des échanges, la situation dans la sous-région et la coopération bilatérale entre les deux Etats.
«Nous avons parlé de la situation politique dans la sous-région ouest africaine, des relations entre la Côte d’ivoire et le Burkina Faso qui sont des relations historiques et anciennes et très proches. Nous avons également parlé de la coopération entre les partis socialistes membres de l’Internationale socialiste dans la sous-région. Nous avons profité pour réitérer nos félicitations au président Roch et à travers lui tout le peuple burkinabè pour l’expérience historique que le Burkina Faso vient de vivre et qui constitue pour toute l’Afrique un motif d’espoir » a avancé M. Affi qui a indiqué que toutes les transformations, toutes les avancées politiques sont possibles dès que le peuple se mobilise.
Selon lui, le Burkina Faso a fait la démonstration de sa volonté de construire la démocratie, de faire progresser les libertés, et de prendre en main son destin.
S’exprimant sur la question de l’extradition de Blaise Compaoré, Pascal Affi N’Guessan a déclaré que le FPI a demandé aux autorités ivoiriennes de se conformer et de faire en sorte que le président Blaise Compaoré soit mis à la disposition de la justice burkinabè.
Pascal Affi a expliqué qu’aucun responsable ne doit fuir ses responsabilités. A ses dires, il ne doit pas craindre la justice de son pays; il doit se mettre à sa disposition pour que la vérité éclate. A l’en croire, cela va permettre de ne pas laisser des bombes à retardement en arrière et d’avancer dans la paix et la stabilité.
Pour finir, il a martelé que le FPI ne va pas abandonner le dossier Compaoré; il avisera, car il pense c’est important que la Côte d’Ivoire soit en phase avec le Burkina Faso.
Le président du Burundi, Pierre Nkurunziza, s’est exprimé ce 30 décembre 2015, sur la radio nationale. Il a affirmé que son pays s’opposerait par la force aux troupes de l’UA qui seraient déployées dans son pays. Ce serait considéré « comme une attaque », selon le chef de l’Etat.
L’Union africaine envisage l’envoi d’une mission de maintien de la paix au Burundi.
« La résolution prise (par l’ONU) ne confirme pas le déploiement de troupes au Burundi et on ne peut pas déployer des troupes au Burundi dans un pays, sans le consentement du conseil de sécurité. Cette résolution dit que la communauté internationale doit respecter l’indépendance du Burundi et ses frontières. Tout le monde doit donc respecter les frontières du Burundi. S’ils viennent en violation de cette résolution, ils auront attaqué le Burundi et chaque Burundais va se lever pour le combattre. Le pays sera alors attaqué et nous allons les combattre », parole de Pierre Nkurunziza.
Cela étant, la présidente de la commission de l’UA a menacé de sanctions « tous ceux dont l’action pourrait compromettre le dialogue » et aussi « le refus de répondre à l’invitation du médiateur ».
Après la reprise officielle de la médiation ougandaise lundi, un nouveau rendez-vous a été fixé au 6 janvier en Tanzanie. Mais les autorités de Bujumbura ont immédiatement souligné qu’il n’y avait pas consensus sur cette date.
Venu prendre part à la cérémonie d’investiture du président burkinabè, le 29 décembre 2015 à Ouagadougou, le chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara a profité pour rendre visite au Mogho Naba Baongo, chef suprême des Mossé.
Ils ont parlé en tête-en -tête, mais aucune information n’a filtré.
Avant cela, Alassane Ouattara avait échangé, une dizaine de minute durant, avec le président Roch Marc Christian Kaboré.
Notons que président ivoirien a fait le déplacement de Ouagadougou à la tête d’une importante délégation.
C’est fait. Roch Marc Christian Kaboré est désormais le maître à bord du navire battant pavillon Burkina Faso. Le nouveau président élu du Burkina a en effet été officiellement investi ce 29 décembre 2015, président du Faso pour cinq ans.
Pendant sa prestation de serment devant les juges du Conseil constitutionnel, le président Roch Marc Christian Kaboré s’est engagé à respecter, à faire respecter la Constitution, et à faire en sorte qu’il y ait la justice pour tous les Burkinabè. Roch Marc christian Kabore, Président du Faso investi des pleins pouvoirs
La justice, à l’entendre, est très indispensable pour la construction du Burkina nouveau pour lequel il s’est porté candidat à la magistrature suprême. La construction de ce Burkina de demain, dira-t-il, sera une œuvre collective et se fera dans un dialogue social fécond.
Le tout nouveau chef de l’Etat a également parlé de la nécessité du civisme et de la restauration de l’autorité de l’Etat. C’est aussi la condition, assure-t-il, de ce Burkina nouveau et prospère dont les fruits de la croissance seront équitablement partagés. De nombreux chefs d’Etat africains ont honoré de leur présence l’investiture de Kaboré
Roch a par ailleurs souhaité que son Burkina ait de bonnes relations empreintes de confiance et de cordialité avec les pays voisins. Du reste, les différents pays étaient représentés au plus haut niveau à son investiture. Le président Alassane Ouattara pour la Côte d’Ivoire ; le président Ibrahim Boubacar Kéita pour le Mali ; le président Mahamadou Issoufou pour le Niger ; le président Yayi Boni pour le Bénin ; le président Faure Gnassingbé pour le Togo et le président John Mahama Dramani pour le Ghana. Le palais des sports a affiché plein pour cette cérémonie.
A ces présidents voisins, se sont joints d’autres chefs d’Etat de l’Afrique de l’ouest comme le sénégalais Macky Sall, président en exercice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ou de l’Afrique centrale comme le gabonais Ali Bongo Ondimba.
L’on notait également la présence des anciens présidents ghanéen John Rawlings et nigérian, Olésugun Obasanjo, sans oublier l’ancien président burkinabè, Jean-Baptiste Ouédraogo. D’ailleurs, c’est à ces anciens chefs d’Etat que sont allés les premiers hommages du président de la transition Michel Kafando, désormais ancien chef d’Etat lui-aussi. Pour Kafando, la présente investiture marque le triomphe des aspirations d’alternance, de démocratie et de liberté du peuple burkinabè.
Après le président guinéen, Alpha Condé, accueilli le dimanche 27 décembre ; c’était le tour, ce lundi 28 décembre, des présidents nigérien et malien, en l’occurrence Mahamadou Issoufou et Ibrahima Boubacar Kéita de fouler ce mardi le sol burkinabè dans le cadre de l’investiture prévue ce mardi 29 décembre 2015 au palais des sports de Ouaga 2000.
Jusqu’au moment où nous tracions lignes, ils étaient les premiers chefs d’Etat accueillis à Ouagadougou dans le cadre de l’investiture ce mardi du nouveau président élu du Burkina, Roch Marc Marc Christian Kaboré. Eux ce sont Alpha Condé de Guinée Conakry ; Mahamadou Issoufou du Niger et Ibrahim Boubacar Kéita du Mali.
Ces trois présidents ont ce point commun d’être socialistes, tout comme Roch Marc Christian Kaboré qui sera investi. Ils sont donc là pour assister à la prise de fonctions d’un ami, d’un membre de l’international socialiste comme eux. Ibrahim Boubacar Kéita fait partie des premiers chefs d’Etat qui ont salué la victoire de Roch à la présidentielle
Pour Ibrahim Boubacar Kéita et Mahamadou Issouffou, cette investiture sera certainement une partie de plaisir, eux qui ont objectivement de bonnes raisons de voir d’un bon œil la venue aux affaires de Roch.
IBK espère qu’avec Roch kaboré, il pourra sécuriser davantage les frontières du Mali avec le Burkina que du temps du régime Compaoré où les rebelles du Nord étaient toujours bien reçus à Ouagadougou.
En plus, il voit en Kaboré un vrai ami. En témoignent ses propos à l’annonce de la victoire du candidat du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) à la présidentielle du 29 novembre 2015 :
«Je suis très heureux de la victoire de mon ami Roch. On est très liés, et nos destins, bizarrement, se sont recoupés. On a été Premiers ministres en même temps, présidents de l’Assemblée nationale en même temps. Et voici qu’il rejoint la fratrie». Mahamadou Issoufou a lui aussi de bonnes raisons de soutenir l’ami Kaboré
Le président nigérien, Mahamadou Issoufou est aussi ami au nouveau président du Burkina. On le sait, Issouffou n’avait pas de bons rapports avec l’ancien président burkinabè, Blaise Compaoré.
L’on se rappelle que dans sa fuite, suite à l’affaire de trafic de bébés, l’ancien chef du parlement nigérien Hama Amadou, farouche adversaire de Issoufou, avait transité par Ouaga, au grand dam des autorités nigériennes. Et aujourd’hui, avec l’ami Kaboré à Kosyam, Mahamadou Issouffou sera plus que jamais serein, surtout que l’adversaire politique redoutable est en lieu sûr-De retour au Niger en mi-novembre dans la perspective de la présidentielle nigérienne de 2016, Hama Amadou a été arrêté et détenu jusqu’à ce jour-. Et ce n’est pas tout, le pouvoir nigérien vient de déjouer un putsch et a opéré des arrestations parmi les personnes suspectées. Alpha Condé a été le premier chef d’Etat à faire le déplacement de Ouaga pour l’investiture du socialiste Kaboré
Quant à Alpha Condé, qui est un ami de longue date du Burkina, même du temps de Blaise Compaoré, médiateur en Guinée, il devrait aussi être content de voir un socialiste aux affaires au Burkina Faso.
En attendant l’arrivée du président libéral Alassane Ouattara, qui a déjà envoyé en éclaireur à Ouaga son ministre de l’Intérieur Ahmed Bakayoko, en attendant de faire lui-même le déplacement ; les quatre présidents socialistes auront bien de choses à se dire entre eux.
Le gouvernement Zida a rendu le tablier ce 28 novembre 2015, après treize mois d’exercice. Des ministres ont conduit avec brio, les missions à eux confiées, tandis que d’autres se sont négativement illustrés.
Les plus malchanceux d’entre eux, rattrapés par leur passé, n’ont pas eu la chance de prendre véritablement service. En effet, les Organisations de la société civile (OSC) se sont vite mobilisées pour dénoncer leur nomination.
Le premier à subir les tirs de barrage des OSC est Moumouni Djiguemdé. Il a démissionné quelques jours seulement après sa nomination, le 8 janvier 2015. Il a été précédé par le ministre de la culture, Adama Sagnon, qui a démissionné le 25 novembre 2014.
Pour rester dans le gouvernement, il fallait avoir des mérites; il fallait avoir été zain toute sa carrière durant; il fallait avoir été aux côtés du peuple tout ce temps.
C’est à priori ces critères que remplissaient les 26 ministres du gouvernement Zida. A l’épreuve du feu, il est apparu que ces hommes n’étaient pas réellement ce que le commun des mortels pensait. Sauf trois qui se sont, à notre sens, bien illustrés.
Joséphine Ouédraogo, le meilleur ministre du gouvernement Zida
Joséphine Ouédraogo, première de la classe Zida
Le premier des membres du gouvernement Zida est la ministre en charge de la Justice. Elle aurait pu avoir la note de 9/ 10, si elle était scolaire. Elle, c’est Joséphine Ouédraogo. C’est une femme bien discrète, au caractère bien trempé, avec un grand volume de travail. En 13 mois, elle a réalisé de grands chantiers. Ce que Blaise Compaoré et cie n’ont pu faire en 27 ans d’exercice.
Les dossiers pendants de Norbert Zongo et Thomas Sankara ont connu des avancées comme jamais. Il a été décidé de la réouverture des dossiers, de la désignation de nouveaux juges d’instruction, de la mise à la disposition de juges d’instruction et de moyens conséquents pour la conduite des dossiers. En mai 2015, le tribunal militaire, institué, a ordonné l’exhumation des restes du président Sankara. Près d’une dizaine de personnes ont été inculpées, avec la mise en examen du général Diendéré. Comme si cela ne suffisait pas, un mandat d’arrêt international a été émis contre l’ex-président burkinabé, Blaise Compaoré.
René Bagoro talonne Joséphine Ouédraogo avec une note de 8/10
Joséphine Ouédraogo est talonnée par le ministre René Bagoro. Il est jeune, mais brillant. Disponible et brillant, il est apparu, en quelque sorte, comme la caution morale du gouvernement. Il était présent à presque toutes les sorties officielles du chef du gouvernement. Pas seulement, les ministres du gouvernement se l’arrachaient. Il se multipliait sans cesse pour accompagner qui dans une province, qui à l’ouverture d’un colloque, qui pour aller rendre visite au Mogho Naaba, qui d’autres encore au traditionnel point de presse du gouvernement, quand bien même il n’avait pas de dossiers à l’ordre du jour. On comprend dès lors qu’il ait été arrêté, toute suite par les éléments du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) qui craignaient qu’il ne fasse barrage à leur forfaiture. Toutes ces sollicitudes et sa détention forcée ne l’ont point ébranlé. Il est resté lui-même, cool, ouvert et déterminé. C’est ainsi qu’il est parvenu à faire voter, avec brio la loi « Bagoro », pardon le projet de loi portant bail d’habitation privée au Burkina Faso. Une loi qui encadre le bail locatif et le coût du loyer. Désormais, le prix de la maison sera estimé à 7% du coût total variant entre 7 et 8 millions de francs CFA. Il aurait pu avoir 8 / 10. Il est l’un des rares ministres de la transition à qui l’on a rien à reproché et qu’on aimerait encore et encore revoir dans le gouvernement à venir. Le ministre des Sports David Kabré s’en tire bien, lui aussi
Colonel David Kabré, un homme de mission très efficace
A l’image de Bagoro, un homme de tenue, le ministre en charge des sports, le colonel David Kabré. C’est un homme de mission, très efficace; c’est un homme de devoir et de compromis. Il a aussi souvent servi de tampon entre la base et le sommet de l’armée. De même, entre les hiérarchies des différentes composantes des forces armées. Il était au four et au moulin entre le RSP et les autres composantes de l’armée, au lendemain de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014. C’est avec le même dynamisme qu’il est parvenu à juguler les crises qui secouaient le monde du cyclisme et du karaté do burkinabè. Pour en arriver là, il a dû multiplier les rencontres de conciliation, avant de passer au besoin par des votes de confiance.
Le colonel David Kabré est aussi un homme d’avenir. Le président élu peut compter sur lui pour la gestion du sport et de l’armée. Le Premier ministre Yacouba Isaac Zida n’a pas donné le bon exemple
Cependant, il en est pas de même pour tous les militaires qui ont pris part au gouvernement de transition. Le premier d’entre eux, Yacouba Isaac Zida a été au centre de toutes les polémiques. Les vrai-faux coups d’état, jusqu’à ce que n’arrive le putsch manqué du 16 septembre 2015. Sorti plus fort que jamais de cette épreuve, il a multiplié les frasques, se faisant bombarder général de division, alors qu’il n’était que lieutenant-colonel. Plus grave encore et difficilement supportable, une rumeur de plus en plus persistante et persiflant argue qu’il a contracté un deal avec les nouvelles autorités du pays qui le nommeraient au poste d’ambassadeur du Burkina Faso aux Etats-Unis. Si cela venait à se réaliser, ce serait une prime à l’impunité. Car l’homme se serait rendu coupable de crimes économiques et de malversations graves. Après analyse des délibérations des conseils des ministres du 03 décembre 2014 au 25 novembre 2015, il apparait, tout sauf erreur, que 24 777 841 742 F CFA ont été débloqués pour des marchés passés par la procédure de gré-à-gré ou par entente directe.
Ce n’est pas tout, un montant de 5 195 202 743 F CFA a été dégagé pour des marchés passés par la procédure exceptionnelle d’appel d’offres restreint et accélérée.
Au total, on a un montant total de 29 973 044 485 F CFA pour des marchés ayant fait appel aux procédures exceptionnelles. C’est incompréhensible, dans la mesure où pour des montants de moins d’un milliards vendangés de gré à gré en 2009, des ministres de l’ancien régime sont poursuivis. Et les plus malchanceux sont déjà écroués à la MACO par ses soins. Pour tous ces faits, il aurait eu pas plus de 1/ 10. D’aucuns pensent même que c’est le mauvais Premier ministre que le pays ait connu depuis l’ère de Kadré Désiré Ouédraogo. En tout cas, il ne vaut pas aussi mieux que Roch Marc Christian Kaboré, Paramanga Ernest Yonly, et Tertius Zongo. Auguste Denise Barry, aussi mauvais élève de la classe Zida
Barry entraîné par Zida ou vice-versa
Le Premier ministre aura entraîné avec lui ou se serait laissé entraîner par un autre militaire, Auguste Dénise Barry, à tort ou à raison, présenté comme son maître à penser. Toujours est-il que ‘homme fut accusé de collusion avec les OSC et de fomenter des coups fourrés pour couler ses vis-à-vis. Son nom était cité en boucle dans le coup avorté de juin qui visait Zida à son retour de Taïwan. Vrai ou faux!
Ce qui est sûr, le président de la Transition, Michel Kafando fut obligé de le renvoyer le 19 juillet 2015 et de scinder son puissant ministère en deux. Cette évolution était du goût des OSC anti-exclusion qui avaient encore donné de la voix, le 30 avril 2015 à Ouagadougou, pour exiger sa démission. A côté de ces OSC, des formations politiques pensent que c’est lui qui fut le chef d’orchestre du nouveau code électoral à caractère exclusif. Lui aussi aurait eu une note pas vraiment reluisante, 3 pour être généreux. Amina Billa, mal lotie, elle-aussi
Dans le sillage du premier ministre, une dame, Amina Billa, réputée sa proche. Elle s’est négativement illustrée. Comme par enchantement, elle fut bombardée ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire du Burkina Faso auprès du Royaume du Danemark, alors qu’elle n’est pas diplomate, comme l’a reconnu le chef du gouvernement lui-même. De fait, par ses agissements, son département ministériel a été plongé dans la plus longue et sévère crise qu’il n’a jamais connu. Le SYNAFY a observé un sit-in au sein dudit ministère, depuis le 6 août. Puis, il est revenu à la charge du 7 au 25 septembre pour amener le gouvernement à respecter le protocole d’accord obtenu en 2011. Contre toute attente, ce sont les éléments de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) qui ont assiégé le ministère, faisant usage de gaz lacrymogène.
Moussa Nébié, ministre burkinabè des Affaires étrangères
4/10 pour Moussa Nébié
A en croire le SYNAFI, la répression du vendredi 11 septembre 2015 a occasionné des blessés parmi ses militants dont certains graves ont été évacués d’urgence à l’hôpital Yalgado Ouédraogo.
Amina Billa aurait obtenu également 3/10.
1 point de plus seulement pour le très longtemps ministre délégué, Moussa Nebié, devenu entre-temps ministre des Affaires étrangères. Ses agents sont sortis pour dénoncer des actes et pratiques qu’ils ont qualifiés d’intolérables et scandaleux. Ils ont avancé que le ministère des Affaires étrangères ne serait pas mieux géré sous la transition qu’il ne l’était sous le régime chassé par la rue. « Les mauvaises pratiques, le népotisme, l’affairisme, le favoritisme, le copinage, l’abus de pouvoir et la gabegie n’ont jamais été aussi répugnants, surtout dans un climat où les gens ont une soif immodérée de changement », avait alors estimé Rasmané Congo, le secrétaire général du SAMAE qui a fait une révélation sur le ministre qui se serait rendu coupable de fautes abjectes en complicité avec son secrétaire général. « Jacob Pasgo a été nommé Secrétaire général (SG) en décembre 2014 alors qu’il était consul général à Libreville au Gabon. Il a pris fonction le 09 décembre sans avoir cessé service en tant que consul général. Jusqu’en juillet 2015, Jacob Pasgo continuait de bénéficier de sa rémunération de consul général puisqu’étant largement plus consistant que le salaire de SG. Ce n’est que le 03 juillet 2015, suite aux actions du SAMAE qu’il a été tenu de signer sa cessation de service en tant que consul général et le 15 octobre dernier le ministre des affaires étrangères lui-même a signé un certificat de prise de service au nom de Monsieur Jacob Pasgo indiquant que celui-ci a effectivement pris service en tant que SG le 06 juillet, ce qui est absolument faux. Toute chose qui finit de nous convaincre que le ministre lui-même est complice de cette situation qui a scandalisé tous les agents du ministère », a-t-il expliqué. Curieusement, c’est cet homme qui a été nommé ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire près la Confédération helvétique ; ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire, représentant permanent près l’Office des Nations Unies et institutions spécialisées à Genève, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire, représentant permanent près l’Organisation mondiale du commerce. Dans quel monde sommes- nous ? Pr Augustin Loada, l’un des espoirs déçus du gouvernement
Les espoirs déçus et les no comment
Par ailleurs, il y a des ministres dont les noms suscitaient tant d’admirations que d’espoirs. Mais hélas, ils se sont rendus auteurs de fautes pour le moins pardonnable. Il s’agit du ministre de la Fonction publique, du travail et de la sécurité sociale, Augustin Loada. Certaines de ses nominations ont été décriées, parfois même remises en cause. Ce fut le cas du directeur général de la Fonction publique. De plus, des fraudes ont été enregistrées lors des concours, session 2015. Des personnes ont été jugées et condamnées et des concours ont été annulés. Une grande première dans ce pays vérolé par la corruption. Le ministre Loada, qui a l’habitude de corriger, aurait eu justement la moyenne, 5/10.
Son collègue, Salifou Dembélé, une des plus grandes déceptions, aurait eu certainement moins. Peut-être 4/10. Il ne pouvait pas en être autrement; tant il répétait à tue-tête le jour de la prise de contact gouvernemental et de passation de charge qu’il ne savait pas qu’il deviendrait ministre, un jour. Eh bien, il l’est devenu et n’a pas su saisir la chance à lui tendue par le destin. Il est le seul des ministres à avoir eu le don de nommer des gens et de les défaire un mois après, sans véritables raisons. C’est les cas de la Directrice de l’Orientation pédagogique et des normes de formation. Plus grave encore, il a recouru aux services d’un cabinet de formation aux dépens des cadres et les agents de la Direction générale de la Promotion de l’Emploi pour assurer la formation des formateurs régionaux. Derrière cette manœuvre, l’argent.
Quant aux autres ministres, ils ne méritent pas tout simplement qu’on parle d’eux. Tout simplement parce qu’ils ne voulaient pas qu’on en parle et ils sont allés de la prudence de serpent. Ce sont les cas des ministres des Mines, de la Communication, de l’Environnement, de l’Agriculture, etc. Pour eux, c’est no comment.