Firmin Hilaire Dongobada, responsables des opérations de IRC Burkina, se veut optimiste

Les acteurs de l’eau et de l’assainissement du Burkina Faso sont engagés depuis le 20 mars dernier dans la commémoration de la Journée mondiale de l’eau (JME) sous le thème «Eaux usées: quelles stratégie pour leur valorisation». Dans cette interview, Firmin Hilaire Dongobada, responsables des opérations de IRC Burkina aborde le thème de cette JME, les activités au programme et se prononce sur les perspectives. Entretien exclusif.

Firmin Hilaire Dongobada, responsables des opérations de IRC Burkina, se veut optimiste
Firmin Hilaire Dongobada, responsables des opérations de IRC Burkina, se veut optimiste

Burkina Demain : Que pensez-vous du thème de la commémoration de la JME ?

Firmin Hilaire Dongobada : Cette année, la communauté internationale a décidé de se pencher sur la problématique des eaux usées, à l’occasion de la célébration de la journée mondiale de l’eau. Au Burkina Faso, nous avons décidé de contextualiser le thème en « Eaux usées : quelles stratégie pour leur valorisation ». En choisissant cette thématique, nous sommes conscients de la grande quantité d’eaux usées qui sont déversées dans la nature sans traitement alors qu’avec un peu de traitement, ces eaux pourraient servir pour certains usages comme l’arrosage des jardins domestiques, la fertilisation des sols, le lavage des voitures, etc… Or, en rejetant ces eaux usées domestiques sans traitement et de manière non contrôlée, nous dégradons nos cadres de vie avec toutes les nuisances et maladies qui vont avec, nous polluons nos ressources en eau de surface comme le cas des barrages de Ouaga qui meurent à petit feu. La célébration de cette journée nous permet non seulement de mettre ces problèmes en lumière et d’interpeller les usagers sur leurs devoirs en se dotant d’ouvrages de gestion saine des eaux usées mais aussi de rappeler aux autorités leurs devoirs d’assurer l’hygiène publique en mettant en œuvre la règlementation en la matière, notamment le code d’hygiène publique. Elles doivent aussi créer les dispositifs de gestion des eaux usées lorsqu’elles sont évacuées par les ménages.

 Comment la manifestation se passe à votre niveau ?

Diverses activités sont initiées et coordonnées par le Ministère en charge de l’Eau et de l’Assainissement. Elles ont commencé depuis le 20 mars par un panel organisé par Eau Vive en collaboration avec IRC et d’autres ONG sur la thématique du « rôle des Communes dans la gestion des Eaux usées et excrétas » suivi d’une cérémonie solennelle au cours de laquelle le Prix Hama Arba Diallo a été remis à la Commune de Zorgho. La cérémonie officielle est organisée par le Ministère de l’eau et de l’assainissement sur le site de la station de traitement de Zaghtouli. Il y a d’autres activités qui se poursuivent avec une séance de sensibilisation à la Mairie de Pabré le 23 mars ainsi qu’une course cycliste le 26 mars. IRC est mobilisée aux côtés des autres ONG et OSC pour porter les messages aux populations et aux gouvernants sur leurs devoirs respectifs par rapport à la question de l’assainissement en général et les eaux usées en particulier. Ces différentes manifestations sont aussi pour nous l’occasion de rappeler aux citoyens leurs devoirs de solidarité envers leurs familles en milieu rural en les aidant à se doter d’ouvrages d’assainissement dans le cadre de la campagne Fasotoilettes. En effet, la campagne Fasotoilettes soutenue par l’Epouse du Chef de l’Etat, Madame SikaKaboré, entend faire réaliser 100 000 latrines par les citoyens burkinabè au profit de leurs parents dans le cadre des valeurs de solidarités qui sous-tendent notre communauté.

Quelles perspectives sur la question ?

Avec la prise de conscience que nous relevons pendant les différentes activités menées, nous sommes optimistes quant à la gestion future des eaux usées et excrétas. Nous pensons que des mesures seront prises dans les différentes communes pour règlementer les questions d’hygiène et d’assainissement. Nous sommes disposés à accompagner toutes les communes qui le souhaitent et qui en manifestent la volonté. Nous allons continuer à soutenir les actions de recherche afin que des techniques et technologies accessibles soient mises à la disposition des usagers pour les traitements et la valorisation des eaux usées.

Il y a des engagements qui sont pris par différents acteurs à l’occasion de cette célébration de la journée mondiale de l’Eau. Notre rôle au niveau de la société civile, c’est de mettre en place une stratégie de suivi de ces engagements.

Propos recueillis par Martin Philippe

Burkina Demain

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