Mahamadou Badiel (micro), coordonnateur du programme Voix pour le changement, se prononçant sur les résultats de l'étude

Présenter et discuter les résultats de l’étude sur la volonté et la capacité financière des populations en milieu rural et péri urbain à s’offrir  les services et produits de qualité en énergie renouvelable et procéder à leur validation. C’est l’objectif recherché par la SNV (Organisation néerlandaise de développement)  et IFPRI (International Food Policies and Research Institute) en initiant l’atelier qui a réuni les OSC intervenant dans le domaine des Energies renouvelables (ER), ce vendredi 19 juin 2020 à Koudougou.

Les membres du présidium à l’ouverture de l’atelier de présentation des résultats de l’étude : au milieu,Djourmité Nestor Noufe, directeur de la mobilisation des ressources et du partenariat de l’ANEREE ; à droite, Mahamadou Badiel, coordonnateur du Programme V4CP; à gauche, Honoré Bonkoungou, chef de mission adjoint d’ECED Mouhoun

A Koudougou, ce 19 juin 2020, les résultats de l’étude sur la volonté et la capacité financière des populations en milieu rural et péri urbain à s’offrir  les services et produits de qualité en énergie renouvelable ont été assez évocateurs de la réalité. A savoir que les besoins, l’engouement et le potentiel de ces populations en la matière sont manifestes mais qu’ils restent largement insatisfaits par un certain nombre de contraintes, notamment financières.

25,54% ne peuvent pas s’en offrir à cause de la pauvreté

Des participants à l’atelier de validation des résultats de l’étude sur la volonté et la capacité financière des populations en milieu rural et péri urbain à s’offrir les services et produits de qualité en énergie renouvelable

Ainsi de l’étude, il ressort que 37,10% des personnes enquêtées se disent disposées actuellement à acquérir des lampes et Kits solaires (éclairage +recharge de téléphone). Pour les équipements à usage productive (couveuse/ éleveuse solaire, motopompe et Congélateur/frigo solaire, bio digesteurs) 2,48% affichent leur intention d’en acquérir maintenant.

Alors qu’actuellement, seulement 14,37% personnes enquêtées utilisent actuellement des équipements/services d’énergie renouvelable à savoir seulement 6,62% pour les foyers améliorés, 4,32% pour les kits et lanternes solaires (éclairage) et 1,18% pour les équipements à application productive (motopompe solaire, congélateur/frigo solaire, pompage d’eau solaire).

Pire, jusqu’à 25,54% des personnes enquêtés n’auront même pas les moyens de s’offrir, ne serait-ce qu’un équipement ou service d’énergie renouvelable, du fait de la pauvreté financière

Des  pistes d’amélioration de la situation

Mahamadou Badiel (micro), coordonnateur du programme Voix pour le changement, se prononçant sur les résultats de l’étude

La situation n’est visiblement pas de nature à favoriser le développement en milieu rural et péri-urbain car, on ne le dira pas assez, «sans énergie, il n’y a pas de développement».

Et à ce sujet, cette analyse des résultats de l’étude  assortie de suggestions Mahamadou Badiel, coordonnateur du programme Voix pour le changement, est intéressante : « L’étude a montré que 14% des échantillon analysé utilise les services en énergies renouvelables. Seulement 6% utilise les énergies telles que les foyers améliorés et 2% de personnes qui utilisent les énergies pour la production. Pourtant au Burkina Faso, la politique du PNDES veut que nous créions beaucoup d’entreprises au niveau de la production agro-sylvopastorale ce qui représente les 2% et nous trouvons que c’est faible. Donc il va falloir qu’il y ait plus de moyens pour les matériaux, par exemple les congélateurs, les réfrigérateurs, les motopompes solaires, ce qui va créer des emplois et de la richesse au niveau de notre pays».

Ivana Soma d’AGEREF-Comoé-Léraba, a souhaité des facilités de paiement des équipements et services ER au profit des citoyens démunis

Pour ce faire, des pistes d’amélioration de la situation sont envisagées. En effet, l’on estime que la donne  peut évoluer positivement si les équipements et services ER sont disponibles et accessibles, si l’accent est mis sur la formation et l’information des consommateurs à travers la sensibilisation. Aussi, le développement des facilités de payement (payement à tempérament) et des systèmes de crédit à travers les Institutions de micro finance s’avère nécessaire pour accélérer la croissance du marché des équipements et services ER.

Plusieurs recommandations à l’endroit des acteurs

Les participants de l’atelier posant pour la postérité

Par ailleurs, plusieurs recommandations ont été formulées à l’endroit des acteurs et des partenaires. A l’endroit des fournisseurs/équipementiers, ils sont appelés à assurer l’accessibilité géographique des équipements ER, des services après-vente de qualité et d’orienter les consommateurs dans le choix de produits de qualité.

Concernant les banques et les institutions de micro-finance, il leur est demandé de renforcer le financement à travers l’octroi de micro-crédit ou la facilité de paiement (payement à tempérament) pour permettre aux ménages les plus pauvres d’accéder au marché des équipements et services ER de qualité.

Un projet de décret rédigé au niveau de l’Etat

Le directeur de la mobilisation des ressources et du partenariat de l’ANEREE, Djourmité Nestor Noufe, s’est voulu rassurant pour la suite

Les participants au présent atelier n’ont pas omis l’Etat dans leurs recommandations. Ainsi, l’Etat burkinabè est exhorté à élaborer et à implanter des programmes d’éducation et de sensibilisation des fournisseurs et des consommateurs des équipements/services ER, à réviser régulièrement la liste des équipements ER assujettis à l’exonération de la TVA et des droits d’importation et également, à créer un cadre réglementaire amélioré pour garantir la qualité des produits et une harmonisation des prix sur le marché.

A ce propos, le directeur de la mobilisation des ressources et du partenariat de l’ANEREE, Djourmité Nestor Noufe, s’est voulu rassurant sur l’engagement des autorités sur la question. «Nous collaborons déjà avec les acteurs du domaine, ce qu’il faut noter, on a rédigé un projet de décret qui sera soumis à la hiérarchie pour les questions de contrôle qualité. Dorénavant, n’importe qui ne peut pas aller importer des équipements solaires et commencer à les vendre au Burkina Faso».

Arrêté conjoint interministériel

M.Noufe a en outre indiqué que les ministères de l’énergie, du commerce et de l’économie ont pris un arrêté conjoint sur l’exonération des équipements solaires.

Faut-il le rappeler, au titre de l’article 8  de cet arrêté conjoint interministériel, «les matériels et équipement éligibles sont soumis obligatoirement au contrôle qualité des équipements et matériels solaires»  assuré par l’Agence nationale des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique.

Et les dispositions de l’article 10 de préciser : «Sont constatées, poursuivies et réprimées conformément à la législation en vigueur :

-toute fausse déclaration portant sur la quantité, le nombre, l’origine ou la provenance du produit ; (…)

-toute complicité et toute manœuvre frauduleuse pratiquée en vue de bénéficier de l’exonération objet du présent arrêté ou de faire échec à la règlementation».

En cela, le plaidoyer que mènent les OSC du programme voix pour le changement (V4CP) est essentiel pour amener justement amener les décideurs politiques et les entreprises à plus de responsabilité et de redevabilité sur la question de la qualité des équipements et services d’énergie renouvelable sur le marché.

Ousmane Kaboré/ Koudougou

Burkina Demain

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