Ablassé Ouédraogo (à gauche) en compagnie de l'ex et défunt secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan

Alors qu’expire ce mercredi 8 juillet 2020 le délai du dépôt des candidatures au poste du prochain directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour la période 2021-2025 ; l’heure à  la CEDEAO est  depuis quelque temps, à la mobilisation pour porter à bon port le dossier de sa candidate Dr Ngozi Okonjo  Iweala, ministre des finances à deux reprises du Nigéria ; ancienne directrice générale de la Banque mondiale et actuelle envoyée spéciale de l’Union africaine pour la mobilisation des ressources financières pour la lutte contre la Covid-19.

Après la Banque mondiale, Dr Ngozi Okonjo Iweala est candidate pour le poste de directeur général de l’OMC

Dans sa quête du prestigieux poste de directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Dr Ngozi Okonjo  Iweala  pourrait s’inspirer d’Ablassé Ouédraogo, premier africain à avoir occupé un haut poste de responsabilités au sein de l’OMC depuis sa création en 1995 ; en l’occurrence le  poste de directeur général adjoint que l’on peut considérer comme l’anti- chambre du  poste de directeur général.

En effet, en accédant en 1999 à ce poste de DGA de l’OMC, après avoir occupé six ans durant le portefeuille de ministre des affaires étrangères du Burkina Faso (1994-1999), Dr Ablassé Ouédraogo n’a pas du tout joué à la figuration.

Déclaration d’Ablassé Ouédraogo à  l’OMC

Ablassé Ouédraogo (à gauche) en compagnie de l’ex et défunt secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan

L’on se rappelle encore de la première déclaration publique d’Ablassé Ouédraogo après une semaine passée au secrétariat de l’OMC.

Morceaux choisis : «la tâche qui attend l’OMC est colossale. De nouvelles règles doivent être élaborées pour couvrir les nouveaux domaines du commerce international, et les règles existantes doivent être pleinement mises en œuvre ou, si nécessaire, remaniées, si l’on veut qu’elles demeurent adaptées au monde du commerce international en constante mutation. L’OMC doit aussi se réinventer, et devenir plus accessible au grand public.  (…)

Je suis heureux d’entrer au Secrétariat de l’OMC en cette période cruciale et me réjouis à l’idée de travailler en étroite collaboration avec M. Moore, les Membres de l’OMC et le Secrétariat tout entier pour atteindre notre objectif, qui est de renforcer le système commercial multilatéral fondé sur des règles et non discriminatoire».

La suite pour Ablassé, on le sait : sa mission s’est achevée en 2002. Mais, ses sorties comme celle-là, sont inoubliables. Peut-être qu’à cette époque déjà le natif de Dabaré nourrissait lui-aussi  le secret espoir d’accéder au poste du DG aujourd’hui convoité par Dr Ngozi Okonjo  Iweala. En cela, Ngozi pourrait s’inspirer de l’expérience d’Ablassé Ouédraogo.

  Des points communs entre Ablassé et Ngozi

  Le Burkinabè Ablassé Ouédraogo, ex-DGA de l’OMC et la Nigériane Ngozi Okonjo  Iweala n’ont pas occupé les mêmes postes dans leurs parcours, mais présentent quand mêmes des points communs intéressants. Les deux sont d’abord de grands économistes, charismatiques.

A ce titre, l’un et l’autre a eu à travailler pour des organisations internationales. Ablassé a travaillé de nombreuses années pour le PNUD et pour la BAD.  Ngozi a travaillé aussi de nombreuses années pour la Banque mondiale dont elle a été par la suite directrice générale.

Tout comme Ablassé, le ministère des affaires étrangères a été le dernier poste gouvernemental occupé par Ngozi avant sa présente candidature au poste de DG de l’OMC. Tout comme en 1999 pour Ablassé, le soutien de la CEDEAO a été mis en branle autour de la candidature de Ngozi.

 La CEDEAO en bloc derrière la candidature Ngozi

Dans un communiqué en date du 19 juin, la CEDEAO a annoncé avoir endossé la candidature de Ngozi Okonjo  Iweala et a appelé les autres Etats africains et non-africains à l’endosser également.

«La conférence des chefs d’Etats, ayant pris acte de sa réputation établie de réformatrice intrépide, de ses excellentes compétences en négociation et en politique, de son expérience de plus de 30 ans en tant qu’économiste du développement avec un intérêt avéré de longue date pour le commerce, de ses excellentes qualifications académiques, de ses postes de directrice générale de la Banque mondiale, et actuellement de présidente du Conseil d’administration de Gavi, et d’envoyée spéciale de l’Union africaine pour la mobilisation de ressources financières pour la lutte contre la Covid-19 ; endosse sa candidature au poste de directeur général de l’OMC pour la période 2021-2025 et appelle les autres Etats africains et non-africains à l’endosser également»,  indique ledit communiqué signé du président en exercice de la CEDEAO, Mahamadou Issoufou.

Il ne reste qu’à suivre l’évolution du processus de désignation du directeur général de l’OMC pour savoir ce que donnera concrètement cette mobilisation de l’organisation régionale autour de la candidature Ngozi.

Philippe Martin

Burkina Demain

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