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CEDEAO – AES : Lansana Kouyaté porteur d’un message au Président Traoré

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Le Président du Faso, Président en exercice de la Confédération des Etats du Sahel (AES), le Capitaine Ibrahim Traoré, a reçu en audience ce lundi 25 mai 2026 au Palais de Koulouba, le Médiateur de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) auprès de l’AES, Lansana Kouyaté, porteur d’un important message.

«Nous avons parlé de sujets assez complexes qui touchent la sécurité, la stabilité de nos pays, la coopération… une coopération nécessaire par les discussions géographiques. Après tout, la géographie unit ces deux entités, l’AES et la CEDEAO (…) Alors le Président a donné des instructions (…), des instructions qui sont éclairées et je crois que nous en profiterons abondamment », a confié le Médiateur de la CEDEAO à sa sortie d’audience avec le Président du Faso, Président en exercice de l’AES.

Burkina Demain

Force sociale, philosophique et humaine de la musique : L’exemple de Salif Kéita au Mali

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Hommage au grand musicien Salif Kéita par Yé Lassina Coulibaly

Au Mali, la musique n’est pas un divertissement. Elle est une mémoire vivante, un souffle transmis de génération en génération par les artistes traditionnels et contemporains, ces sages de la parole et du son. Ce sont eux qui racontent, qui rappellent, qui relient. Leur voix est la colonne vertébrale de la société, et chaque mélodie, une page d’un livre que l’on ne peut pas lire, mais que l’on entend, que l’on ressent. A l’image de Salif Kéita. Décryptage de l’expert culturel Yé Lassina Coulibaly. Lisez plutôt.

«La musique au Mali : une force sociale, philosophique et humaine – L’exemple de Salif Keita, une voix, un cœur.

Depuis que le premier homme a foulé la terre rouge de l’Afrique, un battement s’est levé. Avant les mots, avant les livres, il y eut un rythme. Avant les lois, il y eut un chant. C’est ainsi que la musique s’est enracinée dans le sol du Mali, comme un arbre ancien dont les racines plongent dans les entrailles de l’histoire humaine.

Car au Mali, la musique n’est pas un divertissement. Elle est une mémoire vivante, un souffle transmis de génération en génération par les artistes traditionnels et contemporains, ces sages de la parole et du son. Ce sont eux qui racontent, qui rappellent, qui relient. Leur voix est la colonne vertébrale de la société, et chaque mélodie, une page d’un livre que l’on ne peut pas lire, mais que l’on entend, que l’on ressent.

La musique, miroir de la société malienne.

Naître au Mali, c’est entrer dans le monde accompagné d’un chant. Le nouveau-né n’est pas accueilli par le silence, mais par des voix douces, des berceuses tissées d’amour et de bénédiction, des mélodies qui disent à l’enfant : tu n’es pas seul, tu es attendu, tu es un morceau du tout. Et quand la vieillesse arrive, ce n’est pas le vide qui l’accompagne, mais les chants d’hommage, les chants de vie, où l’on raconte ce que l’homme a fait, aimé, transmis.

La musique n’est donc pas en dehors de la vie ; elle en est le cœur battant.

La musique, souffle artistique et culturel.

Dans les marchés de Bamako, dans les champs de Koulikoro, dans les festivals de Ségou, la musique circule librement. Elle unit l’art visuel, le geste artisanal, le théâtre, le cinéma. Chaque note lancée est une couleur ajoutée à la fresque de l’Afrique contemporaine.

Et le cinéma africain ne serait rien sans sa bande-son : le djembé qui annonce un drame, la kora  et le balafon qui accompagnent l’amour ou la perte, les voix qui parlent même quand l’image se tait.

La musique travaille, elle façonne. Elle fait corps avec la société. Elle porte l’énergie de ceux qui se lèvent tôt et dansent dans leur marche vers le quotidien.

Musique, pensée et savoir : quand le son devient question.

Il faut écouter la musique comme on lit Aimé Césaire, Cheikh Anta Diop, Issouf Tata Cissé, Maryama Bâ, Maryse Condé ou Ophélia Amma Darko, comme on médite les textes du Mandé. Car au Mali, la musique pose des questions avant de donner des réponses. Elle interroge l’âme humaine : Qui suis-je ? D’où viens-je ? Pourquoi tant de douleur ? Pourquoi tant de beauté ?

Les paroles de Salif Keita ne sont pas seulement poétiques, elles sont philosophiques. Dans ses chansons, il nous parle de la différence, du rejet, de la dignité, de l’universalité de l’homme. Il chante pour les exclus, pour les oubliés, pour ceux qui ont une couleur de peau différente ou un destin brisé.

Et même la science, aujourd’hui, commence à s’intéresser aux vertus de la musique. Des chercheurs africains et occidentaux étudient comment le son soigne, comment il structure le cerveau, comment il relie l’homme à la nature.

La musique, messagère de paix et de guérison

Dans un monde brisé par les conflits, par les silences lourds de rancunes, la musique guérit. Elle est une prière sans religion. Une langue sans frontière. Elle réconcilie ce que les hommes ont divisé.

Elle nous rassemble autour d’un feu imaginaire, nous fait redevenir humains, fragiles mais ensemble. Elle dit à chacun : tu as ta place sur cette Terre.

Salif Keita : une voix, un cœur

Il est né différent. Dans une société qui ne savait pas toujours comprendre cette différence. Mais il n’a pas crié sa colère, il a chanté son espoir. Et son espoir est devenu universel.

L’enfant albinos devenu voix d’or du Mali et de l’Afrique, a transformé sa douleur en lumière. Il a fait de sa musique un pont entre les peuples, une réponse douce à la violence du monde. Dans « Africa », « Folon », « Yamore », il ne chante pas seulement l’Afrique, il chante  l’humanité universelle.

La musique au Mali dépasse le chant. Elle est langage, médecine, archive, mémoire, révolution. Elle est ce que les livres n’ont pas su dire. Elle est ce que les guerres n’ont pas su briser. Elle est ce que les peuples n’ont jamais cessé de partager.

Et tant que résonnera quelque part sur cette Terre la voix de Salif Keita, tant qu’un enfant naîtra au son du balafon, tant qu’un vieillard partira avec les chants du souvenir, alors la musique demeurera.

Et le coeur de l’humanité, malgré ses blessures, continuera de battre.

Un cœur. Un rythme. Une voix.

La Voix des Ancêtres : Le Grand Dialogue

Le rideau s’ouvre sur une clairière de lumière.

Des baobabs veillent comme de vieux sages.

Au centre, un cercle.

Des chaises invisibles, mais investies d’esprits.

Salif Keita est là, seul, assis, les yeux clos.

Puis, un à un, les grands esprits d’Afrique et du monde apparaissent :

Mandela, Makeba, Lumumba, Steve Biko, Oum Kalthoum, Césaire, Diop, Fanon…

La parole circule, comme un feu sacré.

SALIF KEITA:

Je ne chante point pour faire danser les ombres.

Je chante pour éveiller ce qui dort.

Mon chant est une passerelle :

Entre les tombeaux sacrés et les écrans de verre.

Entre la poussière des ancêtres et le vertige du numérique.

Ma voix n’est point un divertissement.

Elle est mémoire, elle est semence, elle est feu.

NELSON MANDELA (s’avance lentement):

Frère Salif, ta voix a franchi plus de murs que bien des armées.

Ce que tu portes en toi, c’est la liberté profonde,

Celle qu’aucune cellule, qu’aucun exil ne peut ravir.

Je t’écoute, et j’entends l’écho de tous les captifs libérés.

Tu n’es pas seulement un artiste.

Tu es le gardien du souffle libre.

MIRIAM MAKEBA (enveloppée de lumière douce):

Tu fais chanter l’Afrique quand elle pleure,

Et pleurer l’Afrique quand elle se tait.

Ta musique est un baume :

Elle guérit, elle rassemble, elle élève.

Quand tu chantes, les mères relèvent la tête.

Quand tu chantes, les filles dansent vers leur avenir.

Tu n’es pas qu’un homme.

Tu es un chant sacré.

PATRICE LUMUMBA (voix grave, teintée d’urgence):

Salif, l’Afrique a soif de dignité,

Et ta voix abreuve son âme.

Mais l’Afrique a aussi faim de justice.

As-tu trouvé la note qui libère les terres volées ?

As-tu chanté pour les jeunesses sacrifiées ?

Ta voix doit être une lame de vérité,

Car l’Afrique ne doit plus supplier,

Elle doit reconstruire son trône de sagesse.

SALIF KEITA (ouvrant les yeux):

Oui, je chante pour les albinos que l’on cache,

Pour les enfants que l’on oublie,

Pour les anciens que l’on déracine.

Ma voix est celle de ceux qu’on ne voit pas,

Mais que la terre n’oublie jamais.

Je suis la mémoire debout,

Et j’avance, tendant la main au futur.

Je ne suis pas un homme du passé,

Je suis l’ancêtre de demain.

STEVE BIKO (voix claire, ton d’éveil):

 

Ta voix, Salif, est un acte de conscience.

Tu rappelles à l’Afrique qu’elle est belle en elle-même.

Qu’elle n’a point besoin de miroir occidental.

Sois toujours ce miroir intérieur.

Car une jeunesse sans racines,

Est un arbre que le vent du monde brise.

 

OUM KALTHOUM (voix majestueuse, présence mystique):

 

Mon frère de l’âme,

Ta voix s’élève comme la mienne s’élevait,

Pour dire l’invisible, l’éternel, le vrai.

La musique est langage, la parole est sagesse.

Chante, Salif, chante pour ceux qui n’ont plus de langue.

Chante pour que l’Afrique se souvienne qu’elle fut pharaonique,

Avant même que l’on invente le mot empire.

CHEIKH ANTA DIOP:

Tu bâtis un pont entre la tradition et la science,

Entre la flûte des villages

Et le code des machines.

L’Afrique doit avancer,

Mais sans se couper de son âme.

Et toi, Salif, tu montres le chemin

D’un progrès enraciné.

FRANTZ FANON:

Tu cries, et ce cri devient chemin de guérison.

Tu ne racontes pas l’Afrique comme une plaie,

Mais comme une puissance qui se réinvente.

Ta musique, c’est une lutte.

Sans armes, sans violence,

Mais avec la beauté en guise de bouclier.

CÉSAIRE:

L’Afrique n’est pas une blessure.

Elle est une source.

Et toi, Salif, tu en es le porteur d’eau.

Tu élèves la parole au rang de remède.

Tu es philosophe, poète.

Tu fais de la musique une école.

Tu fais de la dignité une chanson.

SALIF KEITA:

Je n’ai ni sceptre, ni trône, ni couronne.

Mais j’ai la voix.

Et ma voix ne s’éteindra pas.

Elle est la mémoire chantée de l’Afrique.

Elle est le chant de l’humain debout.

TOUS ENSEMBLE:

« L’Afrique parle encore.

Elle danse.

Elle se souvient.

Elle enseigne.

Et elle avance. »

Le rideau tombe lentement.

Dans le silence qui suit, une kora lointaine se fait entendre.

Puis, le souffle du fleuve,

et la rumeur d’un peuple qui, dans l’invisible, se lève.

La Voix d’Afrique

(Scène : un théâtre symbolique, en pleine lumière. Un seul personnage : L’Espoir. Il s’adresse tantôt au peuple, tantôt aux puissants, tantôt à l’Histoire elle-même.)

L’ESPOIR :

Silence, ô monde ! Prête enfin l’oreille,

Car l’Afrique parle, et sa voix s’éveille.

Non pas un cri, non pas un chant plaintif,

Mais l’hymne fier d’un roi nommé Salif.

Non point monarque couronné d’apparat,

Mais roi du cœur, par le peuple couronné d’aura.

Sa voix, timbre ancien, murmure d’or et d’ombre,

Traverse les âges, les déserts, les décombres.

Il ne prêche ni guerre, ni honte, ni vengeance,

Mais il porte en sa gorge une immense espérance.

Car d’un mot, d’un accord, d’un soupir de son âme,

Il rallume les feux que l’oubli désenflamme.

Et moi, modeste héraut de ce réveil divin,

Je vous dis : l’Afrique marche, et connaît son chemin.

Fini le temps des chaînes et des mains tendues,

Voici venu le temps des peuples entendus.

Qu’on cesse enfin ces discours qui rassurent,

Et qu’on bâtisse l’école, la route, l’azur.

Que nos hôpitaux ne soient plus des tombeaux,

Mais des temples du soin, au service des maux.

Qu’on instruise nos fils, qu’on éclaire nos filles,

Que l’Afrique produise, invente, bâtisse et brille.

Qu’elle pense, qu’elle cherche, qu’elle ose, qu’elle crée,

Et qu’on dise demain : « Le monde en est né. »

Le Mali s’élève, le Bénin réfléchit,

Le Sénégal répond, le Niger s’affermit.

Des terres jadis soumises, humiliées, blessées,

Jaillit aujourd’hui une clarté pressée.

Ce n’est point rêve, utopie ou chimère :

C’est la marche d’un peuple aux semelles de lumière.

Et Salif Keita, tel un oracle ancien,

En porte le verbe, la passion, le dessein.

Ô vous, qui depuis des trônes regardez

Le continent noir comme un monde à garder,

Sachez-le bien : il n’attend plus qu’on l’aime,

Il se tient droit, il se fait lui-même.

Modernité n’est point costume d’Occident,

Mais alliance subtile entre hier et maintenant.

Que les savanes parlent aux intelligences,

Que nos traditions nourrissent la science.

Laboratoires, universités, académies,

Que naisse ici la pensée qui défie l’infini.

Ce n’est pas un slogan, c’est un serment de pierre :

Nous serons maîtres du monde, à notre manière.

Et s’il fallut Molière pour enseigner la France,

Il nous suffit d’une voix, d’une seule puissance :

Celle de Keita, noble, claire, profonde —

La voix d’un homme qui réveille le monde.

Discours sur l’Excellence de Maître Salif Keïta, Chantre de l’Âme Africaine.

Âmes éprises de beauté et d’harmonie, prêtez l’oreille à la vérité que nous allons humblement professer.

N’est-il point un temps, jadis révolu, où le monde vibrait au rythme du vinyle, de la cassette, du noble 33 tours, que l’on insérait avec soin dans la bouche des tourne-disques ? C’était l’âge d’or, le siècle sonore, où un nom, tel un phare sur les rives du Niger, brillait d’un éclat sans pareil : Salif Keïta.

Ô Keïta ! Non point simple chanteur, mais artiste prophète, poète aux cordes vocales d’or, qui porta la voix de son peuple jusqu’aux confins du monde. N’a-t-il point, tel Ulysse des temps modernes, franchi les océans, traversé les cieux, pour déposer, en chaque terre, un éclat de notre culture ? Par lui, l’Afrique s’est levée, fière et sans fard, dans le cœur même des mélomanes d’Orient et d’Occident.

Et aujourd’hui, dans ce monde où les cassettes ont cédé leur place au téléchargement, où le vinyle est devenu rare comme le bon sens, il est encore là, vénérable et présent, trônant sur toutes les plateformes, ses chants battant le pouls de l’humanité.

Ne mériterait-il point, cet homme, que l’on érige en son nom des maisons de la culture, des maisons des jeunes, que l’on fonde une école d’art, un conservatoire, havres d’expression et de beauté ? Car enfin, si l’art est le miroir de l’âme d’un peuple, Salif en est le reflet le plus pur, le plus fidèle.

Il ne chanta pas pour la gloire, non, mais pour la paix, pour l’amour, pour un monde meilleur, où la différence devient richesse, et la musique un pont entre les cœurs. Tel un Socrate africain, il interrogea les âmes, fit naître en chacun la conscience d’un idéal à atteindre.

N’est-ce pas là la véritable mission de l’artiste ? D’élever l’homme au-dessus de lui-même, de le hisser vers la lumière, de lui rappeler qu’il est plus qu’un corps : il est esprit, culture et mémoire ?

Ainsi donc, honorons-le de son vivant, car le génie, s’il éclaire l’avenir, se doit d’être reconnu au présent.

 Salif Keita — L’Or de l’Invisible

(La scène est sobre. Une lumière chaude, dorée.

Un homme avance. Le NARRATEUR.

Il s’arrête, respire, regarde le public.)

LE NARRATEUR

Peuples du monde,

Laissez-moi vous conter… non pas un roi,

Mais un homme habité.

Un homme dont la voix contient les tombes,

les danses,

les douleurs et les renaissances.

On le nomme Salif Keita,

Mais ceux qui l’ont vraiment entendu

L’appellent :

L’Or de l’Invisible.

Sa voix n’est pas qu’un son,

C’est une lumière,

Un tambour sacré

Où résonne l’appel des ancêtres

Et la tendresse des mères en silence.

Il n’est pas né dans un palais,

Mais il bâtit un empire d’art,

Où le studio devient un temple,

Où la scène devient une école,

Et le micro, une épée contre l’ignorance.

Il a connu la perte.

La douleur intime.

La mort dans sa propre famille.

Mais il n’a pas chanté pour fuir la peine.

Il a chanté pour guérir l’humanité.

Il a formé des voix. Il a façonné des âmes.

Il a pris la jeunesse malienne,

Et ne l’a point poussée vers l’exil,

Mais portée vers le sommet de la création enracinée.

De Bamako à Johannesburg,

De Conakry à Casablanca,

De Dakar à Dar es Salaam,

De Bobo-Dioulasso à Brazzaville,

Partout son nom circule…

Comme une prière vivante.

Il n’est pas seulement un chanteur, non !

Il est un bâtisseur d’harmonie,

Un visionnaire panafricain,

Un artisan de la paix sociale,

De l’Afrique du Sud à l’Afrique du Nord,

De l’Ouest à l’Est,

Des villes au désert, des peuples aux enfants.

Il a rêvé le monde — mais avec des racines.

Il n’a pas vendu son âme à la mode.

Il a donné son âme à la musique.

Il n’a pas imité le monde.

Il a invité le monde à écouter l’Afrique.

Des stars sont venues à lui

Comme on vient à la source :

Pour apprendre,

Pour vibrer,

Pour bâtir.

Jazzmen, rockeurs, chanteuses d’opéra,

Percussionnistes, beatmakers, flûtistes,

Producteurs, poètes, voix venues d’ailleurs —

Tous, oui tous,

Ont salué en lui

Le Maître des ponts entre tous les styles musicaux.

Et que fait-il de cette gloire ?

Il ne l’accroche pas au mur.

Il en fait des projets :

Studios pour les jeunes,

Formations aux métiers de l’art,

Résidences d’artistes,

Recherche, innovation, technologie

… au service de l’identité.

Non, Salif Keita ne fait pas du bruit.

Il fait du sens.

Et dans ce monde saturé de bruit,

Faire sens, c’est une révolution.

Sa voix ?

C’est de l’or, oui.

Mais pas un or que l’on vend.

Un or que l’on partage.

Un or qui soigne,

Un or qui relie les peuples,

Un or qui murmure :

« Écoutez, écoutez, on a besoin de nous.

On a besoin de notre cœur. »

Il n’est pas seulement né au Mali.

Il fait naître le Mali partout où il chante.

Il fait de chaque note un drapeau,

De chaque chanson un pont,

De chaque scène une famille humaine.

Il rappelle à l’Afrique qu’elle n’est pas un passé,

Mais une civilisation en marche.

Pas une image figée,

Mais une force en mouvement.

LE NARRATEUR (se redresse, vibrant)

Le temps dira que Salif Keita fut un géant.

Mais nous,

Nous savons déjà

Qu’il est un passeur de lumière,

Un gardien,

Un frère des voix invisibles.

Et si l’Afrique avance,

C’est parce qu’un jour,

Un homme a décidé de chanter pour elle…

Non pas pour qu’elle l’applaudisse,

Mais pour qu’elle se reconnaisse.

(Le silence tombe.

Puis, une kora.

Puis, le vent du fleuve.

Puis, le souffle d’un peuple debout.)

Salif Keita – Chant d’un homme-monde

Sans douleur, sans malheur. Sans la bile amère des exclusions ni le poids des humiliations. Avec l’amour pour boussole, la paix pour horizon, la dignité pour étendard, et l’espérance pour flambeau. J’ai marché sur la latérite des chemins d’Afrique, j’ai bu le silence des fleuves, j’ai soufflé sur les cendres de l’injustice, j’ai respiré l’air chaud des peuples qui résistent debout. Et dans ce souffle, j’ai entendu une voix. Une voix qui ne quémande pas, qui ne crie pas pour exister, mais qui élève, relie, rassemble. Cette voix s’appelle Salif Keita.

Il n’est pas né pour être seulement écouté. Il est né pour rappeler. Rappeler à l’homme ce qu’il est, ce qu’il peut être. Non un monstre d’oubli, mais une mémoire en marche. Non une somme de frontières, mais une fraternité dispersée à rassembler.

Issu de la noble lignée des Keita, son berceau fut le Mandé. Mais sa patrie s’étend bien au-delà. Car tout en lui échappe aux limites : son art, sa voix, son destin. Salif Keita n’est pas un chanteur, il est une géographie sensible, un territoire où l’Afrique s’écrit dans sa douleur comme dans sa lumière.

Feu.

Sa voix est brasier. Elle ne caresse pas, elle embrase. Elle fend les silences, consume les peurs, éclaire les recoins les plus sombres de l’âme humaine.  Elle n’imite pas, elle enfante. Elle n’existe pas dans les micros, mais dans la chair de ceux qui l’écoutent.

Air.

Son souffle est vaste. Il plane, il enlace, il voyage. Il passe d’un village bambara à une scène new-yorkaise sans perdre une once de sa vérité. Il traverse les langues comme on traverse les saisons : avec patience, avec tendresse, avec l’urgence de dire ce qui sauve.

Eau.

Son engagement coule. Il irrigue. Il lave les regards souillés par le mépris, il désaltère les consciences arides. Il ne se heurte pas aux rochers : il les contourne, les use, les transforme. Comme le Niger, il est fidèle à sa source, mais libre dans son cours.

Terre.

Son enracinement est profond. Il ne chante pas au-dessus du sol, il chante depuis la terre. Celle des ancêtres, celle des révoltes, celle des enfants qui espèrent. Il est héritier, mais pas gardien de musée : il est transmetteur, bâtisseur, moissonneur de sens.

Car oui, Salif Keita a bâti. Non des palais de pierre, mais des ponts invisibles. Il a construit des passerelles entre les âges, entre les peuples, entre les douleurs. Il a brisé l’étrange silence qui entoure les êtres qu’on marginalise. Il a donné un nom, un visage, un chant, à ceux qu’on cache. Être albinos au Mali n’est pas un fait : c’est un combat. Et ce combat, il l’a mené, non par la haine, mais par la musique.

Non par le cri, mais par la beauté.

Et pourtant, derrière l’artiste, demeure l’homme. Ni star, ni prophète. Un homme. Droit, sans arrogance. Simple, sans effacement. Présent, sans vacarme. Il est de ceux qui font plus qu’ils ne disent, et dont l’existence même est un manifeste.

Dans chaque chanson, dans chaque mot, dans chaque note, il y a un monde qui s’exprime : celui d’une Afrique debout, multiple, profonde. Une Afrique qui ne demande pas qu’on la regarde avec pitié, mais qu’on l’écoute avec respect. Une Afrique qui ne se vend pas à l’exotisme, mais s’offre dans sa vérité.

Salif Keita n’est pas l’écho d’un folklore, il est le souffle d’une civilisation vivante. Il n’est pas la nostalgie d’un empire perdu, il est la pulsation d’un avenir qui s’invente. Il n’est pas un artiste africain : il est un créateur universel dont les racines plongent au cœur du Mali, mais dont les fruits nourrissent l’humanité entière.

Il n’a pas demandé à être symbole. Il l’est devenu. Par sa force tranquille, par sa noblesse sans décorum, par cette capacité rare de parler à tous sans jamais trahir les siens.

Ainsi, dans un monde aux oreilles fatiguées de bruit, il chante encore.

Et son chant est un souffle d’humanité, un cri d’amour, une leçon de courage.

Il chante pour que l’on se souvienne.

Il chante pour que l’on apprenne.

Il chante pour que l’on aime.

Salif Keita – La vibration d’un monde né au cœur du Mali

Le monde a ses capitales visibles, et puis ses cœurs invisibles.  Le Mali n’est pas seulement une géographie.  C’est une source.  Une onde ancienne.  Une matrice de cultures, de pensées, de résistances et de métamorphoses.  Un pays aux mille visages, où le sable parle, où les fleuves enseignent, où la parole est science, et la musique, philosophie.

C’est dans ce sol, riche en or, en sel, en coton, en fer et en uranium — mais bien plus encore, riche en hommes, en idées, en héritages oraux et en liens tissés d’âge en âge — qu’est né Salif Keita.

Mais Salif Keita n’est pas né pour extraire : il est né pour révéler.

Issu du Mandé profond, ce territoire qui fut jadis empire et reste aujourd’hui cosmologie vivante, il a grandi à l’écoute du monde, mais enraciné dans la cosmogonie malinké, où l’homme est un pont entre la terre et les astres, un éclat du Tout, chargé de porter la parole, de transformer le silence en savoir.

Dans les yeux de l’enfant qu’il fut, on devine cette curiosité douce et puissante, ce regard qui questionne sans juger, ce désir de comprendre les autres sans jamais trahir les siens.  Il n’a pas quitté le Mali pour fuir, mais pour rencontrer.  Il n’a pas chanté pour être entendu, mais pour faire entendre l’humanité dans ce que l’Afrique a de plus noble : son humanisme millénaire.

Car le Mali n’est pas une nation figée dans les cartes politiques : il est une bibliothèque à ciel ouvert, une mosaïque de langues, de mémoires, de tambours et de symboles.  Du pays dogon à la vallée du fleuve Niger, des conteurs peuls aux maîtres forgerons bambaras, le savoir y est pluriel, oral, incarné, transmis par le rythme, le geste, le chant.

Et c’est là que Salif Keita puise.

Dans la science affective des peuples, cette connaissance qui n’est pas stockée dans des laboratoires, mais transmise de grand-mère en petits-fils, de maître à élève.  Elle est la mémoire chantée de la terre.  Elle incarne une Afrique qui ne se contente pas d’exister, mais qui explique, qui éclaire, qui inspire.

Le Mali est riche.  Non seulement de matières premières, mais de matières humaines.  De relations intergénérationnelles, de solidarités tissées, de philosophies du vivre-ensemble qui résistent à toutes les fractures.  Dans un monde pressé de consommer, le Mali sait prendre le temps d’écouter.  Dans un monde qui valorise le « moi », il élève le « nous ».  Dans un monde où la technologie est isolée, le Mali enseigne l’intelligence collective du cercle.

Et Salif Keita est le messager de ce Mali invisible.

Il est la preuve que l’on peut s’élever sans s’arracher, que l’on peut être universel sans effacer ses racines.  En lui résonne le génie africain : celui qui transforme la douleur en beauté, l’injustice en force créative, l’exclusion en lumière.

Dans ses chansons, ce n’est pas seulement la voix d’un homme que l’on entend : c’est la respiration du continent, c’est le pouls d’un peuple, c’est le dialogue de la kora avec l’électronique, de la tradition avec l’avenir, de l’intime avec le cosmique.

Car oui, la science du Mali est aussi une science de l’univers.  Chez les Malinké comme chez les Dogons, les Peuls et les Bambara l’homme est lié aux étoiles.  Il est né du souffle, du feu et de l’eau.  Ce que les savants nomment aujourd’hui les éléments fondamentaux, les civilisations africaines les connaissaient déjà, dans leurs récits, dans leurs rites, dans leurs harmonies.

 Et Salif Keita est le chant moderne de cette cosmologie ancienne.

Il ne parle pas en maître, il chante en témoin.  Il ne domine pas les autres cultures, il dialogue avec elles.  Toujours, au cœur du Mali.  Toujours, au service de l’Afrique.  Toujours, à hauteur d’homme.

Salif Keita –  l’Âme d’une Civilisation

Au cœur battant de l’Afrique de l’Ouest, là où les récits prennent racine dans la terre rouge et les voix murmurent à l’ombre des baobabs séculaires, s’élève une figure qui transcende les frontières, les époques, les identités : Salif Keita.  Il n’est pas qu’un chanteur.  Il est un passeur de mémoires, un interprète de la sagesse ancestrale, un acteur du dialogue entre les peuples, un homme de la tradition et de la transformation.

Un fils du Mali, au creux d’un monde pluriel.

Salif Keita naît d’un pays riche d’une diversité culturelle, spirituelle et humaine.  Le Mali, ce n’est pas un territoire figé : c’est une cosmogonie vivante où cohabitent les bergers et les forgerons, les cultivateurs et les chasseurs, les tisserands et les maîtres de l’eau, les hommes de la brousse et les enfants des villes.

Et c’est dans ce creuset, entre la forêt sacrée et les lieux vivants, que Salif Keita se forge une vision : celle d’un monde où l’individu grandit au service du groupe, où la parole éclaire plus que l’épée, où la musique ne distrait pas, mais éduque, soigne, élève.

 À l’écoute des chefs coutumiers et des savoirs anciens

Très tôt, Salif ne chante pas pour se faire entendre — il écoute d’abord.  Il s’asseoit auprès des dignitaires, des chefs coutumiers, des anciens, des maîtres chasseurs.  Il boit les paroles qui ne s’écrivent pas, il apprend les gestes qui n’ont pas de manuels.  Il comprend que la tradition n’est pas une prison, mais un socle, un code de vie, un langage de la transmission.

 

Ainsi, il saisit que la musique peut être pédagogie, philosophie, médecine sociale.  Il comprend que l’éducation, la formation, la transmission intergénérationnelle sont les piliers invisibles de toute société vivante.

Un homme de lien et de voyage

C’est pourquoi Salif Keita part à la rencontre des hommes de l’eau, des bergers peuls, des forgerons bambaras, des tisserands dogons, des chasseurs mandingues, des cultivateurs du delta, des danseurs de la savane.  Il ne les observe pas de loin : il les écoute, il les traduit, il les incarne.

Dans sa voix, ce sont toutes ces vies qui chantent.

Dans ses chants, ce sont tous ces peuples qui dialoguent.

Dans son œuvre, c’est l’Afrique elle-même qui s’exprime sans filtre, sans fard, avec fierté.

 Une démarche artistique profondément humaine

Son art ne fait pas du bruit pour faire du bruit.  Il propose une éthique du sensible, une poétique de l’engagement et de l’âme.  Il compose avec les instruments de la tradition, les harmonies du monde, les langues multiples.  Il unit la kora et le clavier, le balafon et la basse, aux rythmes urbains.  Il tisse les fils de l’ancien et du futur.

Un phénomène mondial enraciné dans une terre.

C’est pour cela que la jeunesse malienne chante Salif Keita.

C’est pour cela que la jeunesse africaine l’écoute, l’imite, le suit.

C’est pour cela que la jeunesse européenne, américaine, asiatique, australienne se reconnaît dans ses chants — non parce qu’ils viennent d’un ailleurs, mais parce qu’ils parlent d’un nous commun, d’une humanité en quête de sens.

Ce que Salif Keita transmet dépasse la musique.  Il transmet une manière d’être au monde, d’habiter le lien entre soi et les autres, entre le passé et l’avenir, entre l’intime et le collectif.

Il ne chante pas pour devenir un mythe.

Il chante pour que les valeurs humaines — dignité, respect, solidarité, ancrage, curiosité — vivent dans les cœurs et dans les actes.

Une voix qui ne s’éteindra pas

 Salif Keita ne disparaîtra pas.

Il est inscrit dans la mémoire sonore du Mali, dans l’ADN culturel de l’Afrique, dans la conscience poétique de l’humanité.

Il est de ceux qui, sans bruit de tambour, ont construit une œuvre où l’homme devient lumière, et la parole devient avenir.

Le Chant de Salif – Lumière du verbe, force du peuple.

Gens d’esprit et de cœur,

Qu’on me prête un instant la noblesse de votre attention, afin que je célèbre, non pas un roi de palais, mais un roi du verbe ;  non pas un prince vêtu d’apparat, mais un maître vêtu de sens.

Car enfin, que dis-je !  L’on peut régner sans sceptre, l’on peut gouverner sans trône, pourvu que l’on touche les âmes, pourvu que l’on éveille les peuples — et c’est là, précisément, l’œuvre de Salif Keita, ce philosophe du chant, ce génie sonore, ce sage africain au cœur d’or et à la langue de feu.

 Le chant qui accompagne le monde.

Oyez !  Oyez, peuples d’horizons divers, classes de la société, métiers de la science, du commerce, de l’administration et de l’étude !  Le chant de Salif ne s’adresse à une élite recluse ou à un cénacle d’initiés.  Non !  Que nenni !  Il est la musique des places publiques et des bibliothèques, le souffle des hôpitaux comme des salles de classe, l’écho des marchés comme des parlements !

L’étudiant, penché sur sa page d’examen,

Le médecin, courbé sur le lit du patient,

Le diplomate, ployant sous le poids des traités,

L’anthropologue, scrutant les gestes du passé,

Le commerçant, comptant ses deniers sous le ciel,

Le fonctionnaire, relisant son décret à la lueur du devoir —

Tous, oui tous, trouvez dans la voix de Salif un baume, une lumière, un courage.

Et pourquoi donc ?  C’est que sa musique, ne divertit point : elle révèle !  Elle parle à la part humaine de chacun, elle ranime ce qui dort, elle console ce qui saigne, elle aiguise ce qui pense.  C’est là le propre des grands artistes : ils donnent aux cœurs des raisons d’espérer, aux esprits des raisons de parler.

 La parole libérée par la chanson.

Oui, dans ce siècle où la vitesse foudroie la mémoire, où les écrans rivalisent avec les regards, où le silence même devient marchandise, il est rare de voir une parole résister à l’usure du temps et de la technique.

Et pourtant !  Voilà qu’un homme, sans artifice, sans scandale, avec pour seule arme la justesse du mot et la pureté du chant, nous offre une parole qui libère, une parole qui soigne, une parole qui tient debout.

Grâce à lui, le mutisme social recule.

Grâce à lui, les voix oubliées reprennent souffle.

Grâce à lui, même l’opprimé ose dire son nom.

Et ce n’est point là simple ornement de phrase, mais vérité d’expérience : Salif Keita fait parler les peuples.  Il donne aux peuples le droit de se nommer.  Il rend aux peuples la force de dire « je suis » dans un monde qui souvent les nie.

Une œuvre ancrée, mais universelle.

Ah !  L’on croirait à tort que son art ne parle que du Mali.  Que nenni !  Il naît au Mali, certes, s’enracine dans l’Afrique, sans contredit — mais il s’élève vers l’universel.

Car enfin, qu’est-ce que son chant, sinon la traduction sensible de notre humanité commune ?

Il célèbre la mère nourricière, la terre ancestrale, le lien entre l’aïeul et l’enfant, le courage du travail, l’amour qui sauve, la douleur qui façonne, l’espoir qui construit.

Et cela, ni le numérique, ni la vitesse, ni les algorithmes, ni les réseaux n’ont pu l’affaiblir.  Que dis-je !  Sa musique a traversé les machines, elle a résisté au flux, elle a dompté le virtuel, en gardant l’humain au centre de tout.

 Un patrimoine vivant

Salif Keita, n’est point seulement un artiste.  Il est un monument vivant, un livre chanté, une bibliothèque en mouvement.

Par lui, le patrimoine malien retrouve ses couleurs, ses rythmes, ses danses et ses mots.

Par lui, le patrimoine africain devient souffle mondial, reconnu, entendu, célébré.

Et par lui, surtout, les hommes et les femmes de ce monde reprennent le goût à la beauté du sens.

Que l’on soit ouvrier ou poète, ministre ou mendiant, élève ou sage, que l’on habite Bamako ou Boston, Lagos ou Lisbonne, Tokyo ou Tombouctou — il est une vérité que tous partagent :

le chant de Salif Keita habite le cœur, et élève l’âme.

Et tant que cette voix résonnera, il restera quelque chose d’invincible dans la dignité humaine.

Éloge de Salif Keïta, Symphonie Vivante entre Terre et Ciel.

Avez-vous jamais croisé cet homme, cet élégant, dont la simple présence impose silence et admiration ? À chaque rencontre, à chaque apparition, l’on découvre Salif Keïta — toujours bien vêtu, toujours noble d’allure, tel un prince de jadis et de demain, où la tradition se marie sans heurt avec la modernité.

Il arbore avec fierté les tissus de l’Afrique, brodés de mémoire et de lumière, et pourtant, il n’hésite point à vêtir l’élégance européenne, tel un pont entre les mondes, un homme du monde, enraciné et universel.

Il aime les chevaux — nobles créatures qui, comme lui, galopent entre grâce et puissance. Mais plus encore, ce qui frappe, ce qui chavire, ce qui transcende, c’est sa voix.

Ah ! Cette voix !

Non point simple mélodie, mais voix de lion — un lion né des forêts imaginaires, rugissant depuis les tréfonds de l’âme. Quand il chante, ce n’est pas un homme que l’on entend, c’est une terre qui parle, c’est un ciel qui respire.

Il nous offre, dans la magie de ses notes, un souffle ancien, une mémoire vivante. Sa voix est à la fois racine et lumière, poussière rouge et brume d’aurore. En l’écoutant, on sent l’énergie brute de la terre, cette force tellurique venue des entrailles du monde, mêlée à la légèreté céleste, comme un oiseau qui plane entre les astres.

Et dans ce frisson sacré qu’il dépose sur nos cœurs, il nous unit. Oui, en lui, l’homme ne fait plus qu’un avec la terre. Par sa musique, nous cessons d’être seuls ; nous devenons un seul être, une seule âme, portée par la dignité d’un continent, la fierté d’un monde.

Salif Keïta n’est pas seulement un artiste : il est un symbole, un monument vivant, un souffle d’Afrique que le monde écoute encore, et pour longtemps.

Scène unique – Éloge du Maître Salif Keïta et Remontrance aux Princes de ce monde

Personnage : FELA, un philosophe amoureux de la vérité et de la musique.

Féla (s’avançant vers le public, la main sur le cœur):

Vous, Grands de ce monde,

Qui régentez nos jours d’un mot, d’un vœu, d’une seconde,

Ouvrez vos yeux, daignez prêter l’oreille,

Non aux discours vides qu’un flatteur vous conseille,

Mais à la voix d’un homme, d’un vrai, d’un géant,

Salif Keïta, noble cœur, esprit battant !

 

En ces temps de machines, froides, sans âme ni fièvre,

Où l’on veut faire chanter les câbles et le cuivre,

Là où l’on remplace l’homme par le nombre,

Lui, seul, résiste, et dans l’ombre

Tient la musique au plus haut,

Comme un capitaine face au flot.

 

Car voyez-vous, l’intelligence dite « artificielle »

N’a point ce feu sacré, cette flamme originelle !

Elle n’a point les douleurs, ni les joies, ni l’amour,

Qui font d’un chant une prière, un secours.

Salif, lui, chante avec l’âme, avec le cœur battant,

Il sent les saisons, les hommes, les vents,

Et selon le monde, il façonne ses orchestres,

Comme un jardinier change de fleurs et de gestes.

 

Il n’est point esclave d’un système glacé,

Il crée, il s’adapte, il pense à l’humanité !

Qu’un peuple souffre, il chante pour guérir,

Qu’un espoir naisse, il chante pour bâtir.

Et que dire ? Il crée de l’emploi, rend vie et dignité,

Là où d’autres n’ont que profit pour unique vérité !

 

L’argent, ce grand seigneur sans foi ni loi,

Qui divise les hommes mieux que tous les rois,

Il le regarde non comme fin, mais comme outil,

Pour nourrir, pour soigner, pour bâtir l’avenir.

 

Oh ! vous, gouvernants à l’échine trop raide,

Qui d’un fauteuil d’or pensez régler la planète,

Souvenez-vous qu’avant vos lois, vos billets, vos calculs,

C’est l’art qui unit, qui soigne et qui recule

Les haines, les murs, la misère et le sang.

Le sacré, oui, le vrai, se trouve dans les chants !

Et Salif Keïta, ce frère lumineux,

Est de ceux-là qui portent, au-dessus des dieux,

La flamme humaine, fragile et éternelle,

Contre la machine, il garde l’étincelle.

Scène Oratoire – Le Monde au Rythme de Salif Keïta

Personnage : BRENDA, chantre de la musique universelle

Brenda (s’élançant sur la scène, vibrant d’enthousiasme):

Oyez ! Oyez, peuples du Nord, du Sud, de l’Est et de l’Ouest,

De tous les rivages où la mer fait la sieste,

Des plaines d’Asie aux forêts d’Amazonie,

Du sable brûlant aux neiges infinies !

Voici venir un nom, un seul, un phare,

Que l’on acclame d’un pôle à l’autre sans fard :

Salif ! Salif Keïta ! Ce noble troubadour,

Dont la musique parcourt le monde, nuit et jour.

Ah ! Quelle puissance dans sa voix, quelle lumière en sa note !

Quand il chante, l’air se courbe et le ciel tremblote.

Les foules se lèvent, les mains se tendent,

Les larmes coulent, les corps se défendent

Contre l’émotion, mais l’émotion les prend,

Et tout un peuple danse, dans l’ombre ou dans le vent.

Sur les cinq continents, son chant fait école :

On y interprète, on y forme, on y suit sa parole.

Les jeunes s’inspirent, les maîtres s’inclinent,

Car sa voix touche les âmes, les affine.

Dans les grandes salles aux ors de la renommée,

Son nom résonne, salué, acclamé.

Là où le prestige aime à se déguiser,

Salif vient dévoiler, élever, libérer.

Les scènes créoles vibrent de ses accords,

Ses rythmes y dansent plus forts que la mort.

Les théâtres de l’Occident, de l’Orient tout entier,

Ont vu leurs murs frémir sous son chant singulier.

Et dans ce grand concert du monde en tumulte,

Sa musique est plus qu’un art : elle est une catapulte.

Elle informe, elle réforme, elle transforme l’humain,

Elle questionne les princes et tend la main.

La place de Salif ? Que dis-je ! Son rang ? Son rôle ?

C’est celui du Prince de la Beauté, d’un cœur sans camisole.

Il n’a point besoin de couronne ou de sceptre doré,

Son trône est dans l’oreille, dans l’âme, dans la vérité.

 

Dans ce monde où l’or pèse plus que le chant,

Salif rappelle que le beau est plus grand.

Qu’un chant bien lancé vaut mille discours creux,

Et qu’un seul refrain peut ouvrir les cieux.

La musique ou le souffle du monde

Il y a des vérités qu’aucun traité ne peut enseigner, mais qu’un chant murmuré au cœur de la nuit peut révéler.

La musique est ce fil invisible qui relie les nations sans passeport, les peuples sans langue commune, les âmes sans abri. Elle n’a ni drapeau ni frontière ; elle traverse les murs, les guerres, les siècles. Dans les ghettos oubliés, dans les salons dorés, dans les laboratoires du monde scientifique, même sous les blouses blanches et les microscopes, on finit par admettre — presque à contrecœur — que les ondes sonores ont un pouvoir que la science ne peut totalement cerner.

Salif Keita, lui, ne chante pas. Il témoigne. Il fait de sa voix une archive vivante. Albinos dans un monde de regards blessants, il a transformé l’exclusion en lumière. Il est devenu la preuve que l’art peut survivre à la honte, et même en faire un ornement. Dans ses mélodies, on entend la mémoire de l’Afrique — non pas une Afrique figée dans le folklore, mais une Afrique debout, moderne, blessée, riante, lucide.

Le monde de la politique a voulu capter la musique. L’hymne est devenu outil, le refrain devenu drapeau. Mais la musique, rebelle par nature, ne s’agenouille que devant l’émotion. Quand les tyrans censurent, elle chuchote. Quand on interdit, elle s’infiltre. Quand on oublie, elle rappelle.

Et que dire de l’économie ? On vend des disques comme on vend du pain. On streame, on clique, on like. L’algorithme décide de nos frissons. Pourtant, la vraie musique échappe à l’économie de marché. Elle surgit sans prévenir : un chant au détour d’une ruelle, un oud dans un théâtre vide, une voix au milieu du désert. Et alors, on comprend — le bonheur n’est pas dans la possession mais dans la vibration.

L’amour ? Il y a des mots que seuls les accords savent dire. Une note peut consoler plus qu’un discours. Un rythme peut faire renaître un corps. Même les cœurs en ruine, ces vieilles cathédrales intérieures, trouvent parfois un écho dans une simple chanson.

Et dans le théâtre de la vie, où Molière dénonçait les faux dévots et les hypocrisies, la musique reste un personnage entier : parfois bouffon, parfois prophète. Elle ne ment pas. Elle ne prétend pas. Elle ressent.

Salif Keita, dans le monde du cinéma, dans le théâtre, dans l’artisanat, dans les mémoires des peuples, est plus qu’un artiste. Il est un phénomène. Une salivivité — ce mot inventé pour désigner cette étrange force d’existence, cette survivance par le chant, cette résistance joyeuse que seuls les grands possèdent.

La musique est avant tout humaine. Et dans ce monde essoufflé, c’est peut-être tout ce qu’il nous reste pour respirer.

SALIF, OU L’ÂME QUI CHANTE PLUS HAUT QUE LE TEMPS

 

Permettez qu’aujourd’hui, en ce siècle d’écran plat et de cœur creux,

Je vous parle non d’un homme… mais d’une vibration.

Salif.

Non, ce n’est point un simple prénom.

C’est un battement d’Afrique.

C’est une bibliothèque qui chante.

Chaque album de Salif Keita, c’est un chapitre de notre mémoire.

Chaque note, une page arrachée au silence.

Chaque silence, un cri retenu.

 

Car voyez-vous :

Lui, l’ambassadeur aux mille visages,

L’homme aux origines princières et au destin plébéien,

Lui qui n’a ni renié sa peau, ni sa voix, ni ses cicatrices —

Il a honoré le Mali comme un fils qui connaît la valeur de son sang.

Et plus encore, il a élevé l’Afrique comme une mère fatiguée qu’on remet debout.

 

Pendant que d’autres fuient les leurs dès qu’ils touchent la lumière,

Salif, lui, reste.

Dans les quartiers populaires, dans les fêtes,

Dans les baptêmes, dans les enterrements,

Dans les orchestres de jeunes, dans les reprises du répertoire des anciens,

Dans les médiathèques de quartier comme dans les boîtes de nuit —

Partout, il est là.

Un voisin que la gloire n’a pas éloigné.

Un frère que le succès n’a pas défiguré.

Un ami que le monde entier peut appeler « le nôtre ».

Et pourtant, Salif n’est pas sur les plateaux des conférences stériles,

Il n’accumule pas les selfies aux sommets inutiles.

Il n’achète pas de prix. Il ne mendie pas de fauteuil.

Il chante. C’est tout.

Et c’est assez pour déplacer des peuples entiers.

La jeunesse africaine ne veut pas l’étudier —

Elle veut l’imiter.

Non pas dans l’image, mais dans le courage.

Dans le feu.

Dans la beauté de rester soi-même, même quand tout pousse à fuir.

 

Dans les conservatoires, on le joue.

Dans les universités, on le cite.

Dans les cinémathèques, on l’écoute.

Dans les discothèques, on le danse.

Salif est devenu un refrain civilisationnel.

 

Oui, civilisation ! J’ose le mot.

Car il ne s’agit pas d’une simple carrière,

Mais d’un progrès humain, d’un geste de beauté, d’une pensée du vivre-ensemble.

Là où la barbarie construit des murs, Salif compose des ponts.

Là où le pouvoir divise, il rassemble.

Et là où le monde oublie, il rappelle.

Salif, c’est ce que l’art devrait toujours être :

Pas un luxe pour les élites,

Mais une lumière pour ceux qui doutent.

Alors non, Salif Keita n’est pas une star.

Il est un repère.

Un monument mobile,

Une boussole de dignité

Dans une époque qui a trop souvent perdu le Nord.

Salif, ou l’arbre qui chante pour la mer des jeunes

Aux frontières du théâtre et du savoir.

Approchez, vous tous,

Jeunes de la ville et anciens du village,

Filles de demain et fils d’hier,

Car je vais vous parler d’un arbre —

Mais pas de ceux que l’on abat pour faire des fauteuils au pouvoir,

Non !

Je parle d’un arbre magicien, enraciné dans le ventre de l’Afrique,

Dont la sève est mémoire, dont les feuilles sont musique,

Et dont le nom, gravé dans la lumière,

Est Salif Keita.

Oui, Salif.

Pas un nom, une forêt.

Pas un homme, une houle de sagesse.

Il est ce baobab pensant, que nul feu ne consume,

Sa parole ?

Elle n’est point bavarde.

Elle ne tonne pas comme les tambours des politiciens du dimanche.

Non, elle coule. Elle déborde, elle inonde.

Sa parole, c’est la mer,

Large comme le doute des hommes,

Profonde comme le silence des femmes,

Et salée comme les larmes des peuples.

 

Son cœur ?

C’est un éléphant.

Fort, fidèle, noble et blessé.

Il marche lentement mais il n’oublie rien.

Il porte en lui la mémoire et les secrets des ancêtres,

et les promesses que l’Afrique se doit encore d’accomplir.

 

Sa pensée ?

Berceau. Oui, berceau.

Comme celui de l’humanité.

Elle ne rejette personne. Elle ne juge pas.

Elle porte, elle balance, elle berce, elle veille.

Et de cette pensée naît une Afrique qu’on ne caricature plus :

Une Afrique qui construit, qui ose, qui parle haut et pense loin.

Et que dire de sa sensibilité ?

Elle est continentale.

Elle pleure avec le Sahel.

Elle danse avec Kinshasa.

Elle rêve avec Tombouctou.

Elle lutte avec Soweto.

Elle compose pour Lagos, elle chante pour Dakar,

Elle respire à Bamako, elle espère pour tout le continent.

 

Mais ce n’est point là simple mélodie,

C’est un projet de civilisation.

 

Car l’arbre-Salif ne chante pas pour être applaudi.

Il chante pour éveiller l’enfant,

Celui qui écoute, les yeux ronds, au fond d’une case ou d’une salle de classe,

Celui que le monde voudrait muet,

Et qui découvre, par cette voix d’or,

Qu’il a le droit de rêver.

 

Et ce rêve, Salif le signe.

De sa voix. De sa peau. De son silence.

Il signe pour que l’Afrique avance,

Mais avance debout.

Pas en courant vers l’ailleurs,

Mais en marchant vers elle-même.

Oui, Salif est un arbre magicien,

Et ses racines sont dans nos cœurs.

Il ne parle pas au passé,

Il convoque le futur.

Et dans cette convocation,

Il nous regarde, vous et moi,

Et il nous dit, sans colère mais avec fermeté :

« Ne me célébrez pas.

Reprenez ma musique et faites-en un chemin.

Reprenez ma douleur et faites-en de la dignité.

Reprenez mon Afrique,

Et faites-en votre victoire. »

 

Yé Lassina Coulibaly art et culture,

Artiste auteur-compositeur interprète

Musicothérapie sociétaire de la SACEM, ADAMI, SPEDIDAM, Union des Artistes Burkinabés

Chevalier de l’ordre du mérite, des lettres et de la communication (agrafe musique et danse)   du    Burkina-Faso.  concert, spectacle, pédagogie 00 336 76 03 71 66 »

À la grandeur d’âme de Gabriel Kinsa

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Il est des rencontres qui ne relèvent point du professionnalisme, ni de la scène internationale, mais d’un dessein plus haut, où l’art devient passage d’âme à âme. Tel fut, maintes fois, en qualité d’artiste, le privilège qui m’échut auprès de Gabriel Kinsa. Par Yé Lassina Coulibaly.

Yé Lassina Coulibaly est un maître incontestable en matière de culture

Lors des tournées des Jeunesses Musicales de France, je l’appelai à mes côtés, conteur au verbe limpide, pour illuminer ma création Contes enchantés d’Afrique. Sur d’autres scènes encore — privées ou institutionnelles —, ses paroles se firent source, son souffle se fit mémoire, et chaque récit ouvrait des horizons que la simple érudition ne saurait atteindre.

Car en lui se conjuguent la connaissance des civilisations africaines, la rigueur du poète et l’incandescence du comédien. Ses prestations ne sont point de simples spectacles : elles élèvent, éveillent et rappellent à chacun la noblesse du patrimoine commun.

Ainsi, en ma qualité d’auteur-compositeur et de directeur artistique de l’Ensemble Yan Kadi Faso, je tiens à offrir cet hommage. Non point par flatterie, mais par valeur profonde : honorer en lui la fidélité à l’art, la dignité de l’homme et la grandeur d’âme qui, comme l’enseignaient les sages d’autrefois, seule donne sens à la beauté.

Ô vous, qui cherchez dans les bibliothèques l’éclat des civilisations, prêtez l’oreille au nom de Gabriel Kinsa, penseur de la terre rouge, enfant du village devenu héraut du continent ! Car dès son berceau, il sut écouter : écouter la voix tendre de sa mère, la parole ferme de son père, le rire de ses frères et sœurs, les récits de son village, et, au-delà, le chœur puissant de sa nation. De cette écoute, il fit un art, et de cet art, une science : la science de vivre « africaine ment » pour le bien-être universel de l’homme.

Très tôt initié à la civilisation africaine, il en devint le messager infatigable. Il comprit que les valeurs — solidarité, coopération, pardon, respect des anciens, amour partagé — ne sont pas de simples coutumes, mais des forces invisibles, capables d’ériger des empires et d’éclairer l’avenir. Ainsi, dans ses écrits, dans ses conférences, dans ses voyages aux tribunes nationales et internationales, il fit résonner la voix de l’Afrique, non comme un écho lointain, mais comme une parole vive et souveraine.

Mais l’homme n’est point seulement penseur, il est bâtisseur : il rêve et fonde des écoles, il projette des infrastructures, non pour imiter l’étranger, mais pour transmettre à la jeunesse africaine la quintessence des savoirs ancestraux. Là où d’autres élèvent des murs, lui élève des consciences. Là où d’autres amassent des pierres, lui recueille les proverbes et les tisse dans la mémoire collective.

Et toujours, à l’écoute des dignitaires, des chefs coutumiers, des gardiens de tradition, il honore les cérémonies annuelles, il siège aux grandes palabres, et recueille comme un fleuve les enseignements de vie destinés au groupe, au village, à la communauté. Car il sait — et tout le peuple africain le sait — que l’Afrique est aussi vieille que le monde, et qu’elle contient, comme une bibliothèque infinie, des trésors de connaissance que nul pillage ne saurait épuiser.

Dans cet empire de valeurs, la femme garde sa place sacrée, égale en dignité, source et gardienne de la vie. L’homme y tient son rôle honorable, protecteur et bâtisseur. Ensemble, ils incarnent la complémentarité, non la rivalité. La famille devient ainsi l’école première : entraide, solidarité, coopération y sont enseignées non par des discours, mais par les gestes quotidiens — partager l’eau, cultiver la terre, danser la joie, guérir les blessures.

Telle est la force du message de Gabriel Kinsa : rappeler à l’Afrique qu’elle n’est point seulement dépositaire d’un passé, mais actrice d’un présent et éclaireuse d’un avenir. Que ses valeurs ne sont pas poussière, mais lumière. Qu’en chaque enfant africain sommeille un héritier et un inventeur, à condition qu’il soit relié à la sagesse des anciens comme à l’audace du monde moderne.

Et nous, spectateurs de cette scène universelle, entendons-le nous dire : L’Afrique n’est point un chapitre clos, mais un livre vivant. Elle n’est point un vestige, mais une promesse. Et dans l’alliance du savoir ancien et de la jeunesse nouvelle, dans l’amitié du village et la solidarité du peuple, naît l’espérance d’un monde où l’homme, qu’il soit noir, blanc ou métissé, marche enfin vers sa dignité universelle»

Ô Afrique, matrice de songes et de savoirs, où les femmes, mères de l’aube, sont les premières bibliothèques vivantes ! Dans leur bouche se tissent les proverbes, ces diamants polis par mille saisons ; dans leurs mains patientes naissent les contes, où les animaux parlent, où les arbres écoutent, où les esprits se penchent sur les destinées humaines. Elles sont l’argile et le souffle : elles engendrent la chair et instruisent l’âme.

Car l’imaginaire africain n’est point chimère vaine : il est pédagogie sublime. Le conte ne distrait pas seulement, il enseigne ; la métaphore ne voile pas, elle révèle. Quand l’araignée rusée défie l’éléphant puissant, ce n’est pas fable frivole : c’est le miroir de l’intelligence qui surpasse la brute force. Quand le lion sommeille dans la savane, l’enfant apprend que la puissance véritable sait se vêtir de silence.

Et dans ce théâtre du monde, le cerveau africain resplendit. Non point cerveau isolé dans la cage d’ivoire, mais cerveau collectif, cerveau cosmique, où chaque mémoire individuelle devient neurone du grand village. Ainsi le message circule : de la bouche du sage à l’oreille de l’enfant, des mains du forgeron aux pieds du danseur, des tambours de la nuit jusqu’aux palabres du jour.

Même le couscous, humble mets partagé, s’inscrit dans cette cosmogonie : chaque grain, minuscule et fragile, n’est rien seul ; mais rassemblé dans la calebasse, il nourrit des familles entières. Ainsi en est-il de l’homme africain : fragment dérisoire s’il se coupe du cercle, force nourricière s’il s’unit au groupe.

Quant à l’enfant, depuis la nuit des temps, il est sacré. Ses droits ne s’écrivent point seulement sur le parchemin moderne, mais dans les gestes immémoriaux : droit d’être porté sur le dos de la mère, droit d’entendre les proverbes au clair de lune, droit de danser avant même de savoir marcher, droit de questionner les anciens sans craindre le courroux. L’enfant est roi non par la couronne, mais parce qu’il incarne demain, et demain n’a pas de prix.

Et la famille, qu’est-elle au village ? Elle est bien plus qu’un sang partagé : elle est une architecture spirituelle. Oncles, tantes, voisins et aïeux forment la grande maison sans murs, où chacun est frère, où chaque sœur est mère, où chaque enfant appartient à tous. Là se tisse l’empire de la connaissance, empire sans armées, mais aux armes invisibles : la bouche qui transmet, la main qui façonne, le pied qui trace les chemins de la danse et du labeur.

Ainsi se dresse l’Afrique, sublime et puissante, non pas vestige d’hier mais promesse d’aujourd’hui : un continent où la sagesse se boit comme l’eau fraîche, où les valeurs ne meurent pas mais renaissent, et où l’individu, par la magie du cercle, s’élève à l’universel.

Au sein de la vaste et généreuse matrice africaine, où la sagesse des anciens s’unit au frémissement des aubes nouvelles, l’individu n’est point un astre isolé, mais une étincelle qui ne brille qu’au miroir du cercle et du groupe.  Car, en Afrique, le savoir ne s’érige point sur la vaine tour de l’orgueil solitaire : il circule, comme une sève, de génération en génération, enrobé d’histoires, de proverbes et de rites, qui confèrent à l’homme non seulement la science, mais dignité et existence.

Le cercle, figure sacrée et immuable, est la première école, le premier sanctuaire : on y enseigne que le centre n’existe que par la périphérie, et la périphérie que par le centre.  Le groupe, pareil à une grande respiration, accueille l’enfant, l’élève, l’adulte, et lui rappelle sans cesse que la force de l’un n’est rien sans la force de l’ensemble.  Ainsi, le travail prend racine dans la coopération, la santé dans l’entraide, l’éducation dans la transmission patiente et respectueuse des anciens aux plus jeunes.

Là réside la majesté de la civilisation africaine : savoir et être ne se se dissocient point.  La connaissance n’est pas simple collection de faits, mais art de vivre, art de soigner, art de bâtir et d’aimer.  Elle se vêt des valeurs inhérentes qui, de siècle en siècle, sculptent la mémoire et la vigueur des peuples.  La solidarité, la justice, la réciprocité et la quête d’équilibre ne sont pas des points accessoires ;  elles sont l’ossature invisible qui fait tenir l’homme debout, fier et serein, face aux épreuves du temps.

De ce mariage sacré entre l’individu et le groupe, naît un bien-être profond, où chacun trouve place et honneur.  L’homme, soutenu par ses pairs, s’élève au-dessus de ses propres limites.  La femme, porteuse de vie et de sagesse, relève les mondes et enseigne la constance.  Les enfants, témoins de demain, s’abreuvent à cette source et deviennent les gardiens d’un patrimoine que nul vent ne saurait disperser.

Voilà donc, dans la ronde éternelle du cercle africain, la puissance du savoir : une force qui ne détruit point, mais qui élève ; un feu qui ne consomme point, mais qui éclaire.  Ici, le développement personnel ne se pense point comme isolement, mais comme croissance partagée.  L’homme y devient grand non pas en se séparant de ses semblables, mais en s’unissant à eux, en travaillant pour la santé commune, en s’instruisant pour l’élévation de tous.

C’est en cela que réside la gloire, la majesté et la promesse de l’Afrique : un continent où la science se fait fraternelle, où l’éducation devient libération, où l’individu trouve sa vérité non dans la solitude de l’ego, mais dans l’harmonie du cercle et la magnificence du groupe.

Dans la forêt profonde, là où le souffle des ancêtres se mêle au bruissement des feuilles, la parole sacrée s’élève comme un chant de vie et de mort. Le Congo, nation façonnée par mille peuples, garde en son sein le secret d’un pacte immémorial : celui qui unit la science des hommes à la sagesse des traditions.

Là, l’arbre n’est pas seulement un bois, mais un livre ; ses racines plongent dans la mémoire des disparus, et ses branches accueillent les esprits des vivants. Le droit de l’homme, avant d’être écrit sur des parchemins étrangers, fut gravé dans le cercle du feu, transmis par la voix grave des anciens. La justice ne se proclamait pas, elle se respirait ; elle naissait du regard du sage, de la main tendue, de la sanction équilibrée.

Les sociétés secrètes, gardiennes du Verbe, n’avaient rien d’occulte : elles protégeaient la parole comme un fleuve qu’il ne faut ni tarir ni détourner. Gabriel Kinsa, en maître des chants et des symboles, rappelle que l’enseignement n’est pas un savoir mort, mais une sève : elle irrigue, elle nourrit, elle éclaire. Dans cette école du mystère, l’homme apprend que nul n’est seul, car le défunt veille sur le vivant, et le vivant prépare la voie du défunt.

Ainsi, la science moderne, orgueilleuse de ses chiffres, se penche devant la science première : celle qui ne compte pas, mais qui relie. Celle qui fait du mot une arme, du silence un rempart, de la mémoire un socle.

Ô Congo ! Forêt, matrice des voix mêlées, tes enfants portent encore la torche sacrée : qu’ils sachent que l’homme qui oublie ses ancêtres devient plus pauvre que l’homme sans toit. Et que la parole, quand elle est juste et brûlante, vaut plus qu’une bibliothèque de lois.

Car l’enseignement véritable n’est pas d’accumuler, mais de se souvenir ; n’est pas de dominer, mais de transmettre. La vie, dans son mystère, n’est qu’une longue initiation où la tradition dialogue avec l’avenir.

Au cœur de la forêt sacrée, du Congo au Burkina Faso, du Mali à la Côte d’Ivoire, du Bénin au Togo et au Nigéria, l’expression humaine s’élève et se révèle comme un art vivant. Ici, le temps n’est pas pressé : les grands-mères, les aînés, les pères et les grands-pères savent que chaque geste, chaque souffle, chaque note a sa place. Ils enseignent avec patience, comme des gardiens de la mémoire, et transmettent aux jeunes générations les valeurs qui font la force et la beauté de l’Afrique.

La jeunesse africaine apprend que chaque rituel, chaque danse, chaque chant, chaque geste sculpté ou peint est une science appliquée au service du peuple et du monde. L’art n’est pas un luxe : il est cœur, souffle et regard sur l’existence. La nuit et le jour deviennent pages d’un même livre, et l’espace public devient scène et salle de classe, symbole vivant des alliances inter générationnelles.

Au croisement des civilisations, l’Afrique se révèle laboratoire du savoir universel. Elle inscrit son héritage, ses rituels et ses pratiques artistiques dans la mémoire de l’Humanité, rappelant que la beauté et la sagesse ne connaissent ni frontière, ni âge. Chaque peinture, chaque danse, chaque conte, chaque tambour transmet l’écho des ancêtres et prépare le futur : une école vivante, un musée de gestes, un laboratoire de l’âme humaine.

Ainsi, l’expression artistique en Afrique profonde n’est pas seulement culture : elle est science, elle est vie, elle est alliance, et elle élève l’homme au-dessus du temps, tout en le reliant à l’éternité.

Ô vous qui écoutez, qui marchez dans le monde sans voir parfois les fils qui le lient, sachez que l’Afrique ne parle pas seulement par ses mots : elle respire dans ses tambours, chante dans ses flûtes, danse dans ses gestes, et s’épanouit dans chaque souffle du vent qui traverse ses savanes et ses cités.

Depuis la naissance jusqu’au dernier souffle, l’homme porte en lui ce patrimoine invisible, ce savoir que seuls les initiés connaissent vraiment. La parole sacrée circule, et même sans que l’on sache, elle nourrit le cœur, éclaire l’esprit et équilibre le corps. Les instruments vibrent, les pas résonnent, les mains accompagnent les mouvements, et chaque cercle, chaque danse, chaque geste fait tourner l’univers entier.

Dans les festivals, sur les scènes, dans les lieux de programmation culturelle, dans les conférences et rencontres interculturelles, la culture africaine se fait pont : elle relie les peuples du monde, elle transmet l’histoire et le savoir de générations invisibles, elle fait naître l’émerveillement et la conscience de l’homme. Le théâtre, la danse, la musique et le conte deviennent alors science de l’âme, instrument de mémoire et de beauté.

Ô vous, enfants du monde, sachez que tout ceci vous appartient autant qu’aux villages d’Afrique, que le tambour et la flûte, le geste et le chant, parlent à chacun de vous dès votre premier souffle. Car ce patrimoine, ce trésor de sagesse et de beauté, est un souffle vivant, un cercle éternel, un univers en mouvement qui façonne l’homme et l’humanité.

Et Gabriel Kinsa, maître de la parole, veille sur ce trésor : il le transmet, l’incarne, le partage avec la puissance des gestes, la force des mots et la grâce de la danse, sur toutes les scènes du monde. Ainsi, l’Afrique contemporaine, moderne et éternelle, devient le théâtre du vivant, un poème en mouvement, un souffle sacré qui unit le passé, le présent et le futur.

Au cœur de la terre africaine, là où la lumière du jour caresse les savanes et les montagnes, résonnent des signes anciens, gravés dans la pierre et peints dans les grottes — témoins d’une civilisation scientifique, artistique et humaine, née avant même l’écriture. La cosmogonie africaine éclaire le monde de l’enseignement et de la formation, elle fonde le respect de l’art, de la culture et du travail sous toutes ses formes.

Le berger, l’artisan, le forgeron, le pêcheur, le semeur et le bâtisseur : chacun, par son métier, participe à cette grande symphonie de savoirs. Tous sont portés par la science de l’art africaine, qui élève le geste quotidien en œuvre et le geste créatif en sagesse. Chaque travail devient hymne à la vie, chaque métier une contribution au patrimoine de l’humanité.

Au centre de cette lumière, Gabriel Kinsa se tient comme écrivain, maître de la parole et passeur de connaissance. Il partage, enseigne et forme toutes les générations, sur la scène nationale comme sur la scène internationale. Sa parole éclaire la culture africaine, révèle la richesse des savoirs et fait dialoguer les traditions avec le monde contemporain.

Ainsi, l’Afrique n’est pas seulement un continent de mémoire : elle est laboratoire vivant de l’art et de la science, lieu où chaque souffle, chaque geste, chaque couleur porte la promesse d’un avenir éclairé, nourri par la sagesse des ancêtres et la créativité des vivants.

Au cœur de la vie africaine, dans la pulsation ancestrale de Guinée Conakry, de Gambie, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso, du Mali, du Niger, du Togo et du Bénin, résonne une mémoire qui traverse les âges. Depuis la nuit des temps, les galaxies et les astres, témoins silencieux de la genèse, ont versé sur l’Afrique une connaissance immense, faisant de ce continent la première université de l’humanité — une université sans murs, sans frontières, où l’homme apprend à être homme, au contact de la Terre, de l’Eau, du Ciel et du Feu.

C’est dans cette matrice que surgit Gabriel Kinsa, maître de la parole, héritier des chants millénaires et penseur du temps. En portant le bâton du pèlerin, il fait le tour du monde non comme voyageur ordinaire, mais comme messager d’une vérité : l’Afrique n’est pas périphérie, elle est source. Source de l’histoire, source des cultures, source de l’esprit qui a façonné l’homme depuis Lucie en Éthiopie, berceau de l’humanité, jusqu’à Toumaï au Tchad, témoins des origines premières.

À travers son art, Gabriel redonne à l’Afrique son visage premier : non point celui que déforment les miroirs de l’oubli ou du mépris, mais celui d’une civilisation debout, riche de ses valeurs et de ses sciences. Sa parole est une architecture invisible, qui relie le monde visible et l’invisible, le territoire et l’universel, la tradition et le futur.

Par ses récits, l’Afrique ne parle pas seulement d’elle-même : elle parle pour l’humanité entière. Elle rappelle que le progrès ne peut se fonder sur l’oubli des origines, que la modernité véritable est alliance entre mémoire et invention, entre racines et avenir. De ce pacte jaillit la fierté d’une culture, symbole fort qui unit les continents, éclaire les consciences et révèle le rôle civilisationnel de l’Afrique depuis l’aube des temps.

Ainsi, l’homme moderne qui se croit isolé découvre, par la voix de Gabriel Kinsa, qu’il est fils d’une même histoire, héritier d’un même commencement. Et l’Afrique, loin de n’être qu’un espace géographique, redevient l’universel laboratoire de l’humain — un continent-pilier qui, par la parole et la science, porte la promesse d’une humanité réconciliée avec elle-même.

Au cœur de l’Afrique, là où les racines plongent dans la mémoire des ancêtres et où les rivières chantent la continuité de la vie, se lève une voix qui embrasse le passé, le présent et l’avenir. Gabriel Kinsa, penseur du temps, porte la science de la parole comme d’autres portent la torche du feu sacré.

Sa parole est linguistique et universelle : elle s’élève dans la diversité culturelle des peuples, du Congo à l’Afrique du Sud, du Botswana au Zimbabwe, de la Tanzanie au Kenya, de l’Ouganda au Cameroun, du Ghana jusqu’aux confins de la diaspora. Elle franchit les frontières et, par résonance, s’étend jusqu’en Russie et au-delà, rappelant que l’humanité n’est qu’une seule famille, qu’un seul village.

Là où d’autres dressent des murailles, il bâtit des ponts. Sa parole est outil de purification : elle lave les villages des rancunes, des violences, des déséquilibres, et rétablit l’équilibre vital. Elle n’est pas seulement conseil, mais fondement de civilisation. Elle fait de chaque groupe humain une communauté de destin, unie par la dignité, la solidarité et le progrès.

Dans l’alliance sublime de la Terre et de l’Eau se dévoile la vérité de son enseignement. La Terre, mémoire des ancêtres, socle des cultures, gardienne de la fécondité. L’Eau, souffle en mouvement, fluidité des langues, mémoire en voyage qui abreuve les vivants et relie les peuples. Ensemble, elles forment un pacte cosmique : la Terre sans l’Eau s’assèche, l’Eau sans la Terre s’égare ; mais unies, elles donnent naissance à la civilisation.

Gabriel Kinsa en est l’interprète et le témoin. Par son art de la parole, il réconcilie l’homme avec sa communauté, la communauté avec la nature, la nature avec le cosmos. Ainsi, l’Afrique moderne se révèle non comme une périphérie du monde, mais comme matrice d’un avenir universel : une Afrique qui, par la science de la parole et la puissance de ses symboles, s’élève en guide pour l’humanité.

Issu de Boko, dans le cœur vivant du Royaume Kongo (République du Congo), Gabriel Kinsa est un conteur, comédien, metteur en scène, auteur jeunesse, compositeur musical, et artiste de scène, profondément enraciné dans l’esprit Kongo .

Né et élevé dans l’arbre millénaire de la tradition Kongo, il porte en lui l’écho des ancêtres, transmettant ce patrimoine par des récits au pouvoir initiatique. Depuis Boko  à quelques pas du fleuve Congo il a puisé dans la terre et les forêts kongos pour nourrir ses créations.

Fondateur du Théâtre de l’Amitié à Brazzaville (1978), puis installé en France depuis 1981, il n’a jamais rompu ce « fil ancestral » : il crée, conte, compose et transmet, en milieu francophone, la mémoire des esprits, des rites, des forêts… .

Kinsa est ce gardien vivant des récits kongos, ce conteur-mémoire qui donne voix aux mythes, met en scène les rites, incarne les fables, et transpose la parole ancestrale pour les nouvelles générations. À travers ses spectacles et ses livres, il est la voix de la forêt, des femmes, des guerriers et des esprits, un véritable souffle culturel confronté à la modernité.

Inspirations et œuvres majeures

« Les secrets de la colline bleue » (2016) : un conte romanesque et poétique, où un jeune garçon initié devient nganga, maître des esprits .

« Sur la route du Lemba » (2022) : un roman initiatique au cœur des rites du Royaume Kongo, aux frontières entre mort et vie, tradition et mystère.

« Lubambu. L’ivresse de la mémoire » (2023) : revisite la mémoire collective à travers l’histoire d’un enseignant modèle en lutte contre l’oubli.

« Dipanda » (2025) : épopée mythique d’un héros initiatique brandissant un sabre sacré pour libérer et bâtir des cités libres, dans un souffle poétique et spirituel.

Gabriel Kinsa, tel un souffle ancestral sorti des forêts du Kongo, est plus qu’un auteur : il est le « conteur », le gardien des récits, le tisseur de mythes qui unit le souffle des ancêtres avec la modernité. Il puise dans le mystère des rites du lemba, dans la mémoire des anciens royaumes, dans la voix de la forêt, pour raconter, à travers des contes, des romans et des spectacles, la résistance de l’identité, l’appel de la liberté, la force des valeurs ancestrales.

Il conte pour réveiller la mémoire vive  celle qui danse, qui rit, qui attend, à l’ombre des arbres, au bord du fleuve, sous la terre riche de Boko, de Malebo, de Mayombe. Sa parole est un pont entre générations, un réservoir de sagesse, un combat contre la disparition. À chaque œuvre, il réinvente la légende, conserve les voix invisibles, imagine l’utopie où traditions et modernité dansent ensemble, où la justice prend racine dans l’héritage des ancêtres.

Au sein des terres africaines, où les arbres sont des bibliothèques vivantes et où la mémoire circule dans le souffle des tambours, Gabriel Kinsa incarne un chemin initiatique qui transcende les frontières du temps et de l’espace. Son œuvre n’est pas seulement une parole, mais une respiration où se rencontrent les enfants, les adolescents, les adultes, les vivants et les morts, unis dans une même quête : la dignité humaine et le progrès partagé.

Dans une Afrique moderne, tournée vers la science, l’éducation et la créativité, la parole initiatique retrouve sa fonction première : celle d’ordonner le chaos, d’ouvrir la voie de la connaissance et d’apaiser les blessures visibles et invisibles. Chaque conte, chaque récit, est une molécule d’espérance, un atome de sagesse qui s’assemble comme une architecture subtile au service du bien-être collectif.

Là où l’Occident a bâti ses cathédrales de pierre, l’Afrique profonde élève ses cathédrales intérieures : la mémoire, la parole, le geste rituel. Gabriel Kinsa se fait architecte de ces édifices invisibles. Ses contes initient les enfants à la beauté de l’imaginaire, offrent aux adolescents des repères pour traverser l’épreuve de la croissance, rappellent aux adultes leur responsabilité éthique, et guident les morts vers le repos en reliant les vivants à la chaîne ininterrompue des ancêtres.

Cet art initiatique ne se contente pas d’orner : il soigne. Il est une science des équilibres, un dialogue permanent entre le corps, l’esprit et la communauté. Il inscrit l’Afrique moderne dans une dynamique universelle : celle d’une humanité consciente que son avenir dépend autant de la technologie que de la mémoire, autant de la raison que de la poésie.

Par le souffle de Gabriel Kinsa, l’Afrique n’est pas seulement une géographie : elle devient laboratoire spirituel, espace d’innovation, et matrice d’une humanité réconciliée. L’art initiatique s’y fait science de la vie, pont entre les générations et ferment d’un progrès durable.

Ô vous qui prêtez l’oreille, sachez qu’il est en Afrique profonde un homme qui manie la Parole comme d’autres manient l’épée. Mais son fer n’est point de guerre : il est de lumière. Gabriel Kinsa, héritier des voix immémoriales, se dresse en maître de la sagesse, et par ses récits, fait commerce d’humanité entre le monde visible et l’invisible

Que l’on soit enfant ou vieillard, père, mère, époux ou épouse, il n’est cœur qu’il ne touche, esprit qu’il ne guide, famille qu’il ne console. Car il connaît l’art délicat de joindre le passé au présent, le présent à l’avenir, et d’élever chacun, du plus humble au plus grand, à la dignité de héros.

N’allez pas croire que ce ne soit là qu’ornement ou divertissement ! Non point : c’est science de l’âme, c’est médecine du cœur, c’est architecture de la paix. Sa parole est conseil pour le couple, baume pour l’enfant, appui pour l’adolescent, sagesse pour l’adulte. Elle est la clef qui ouvre la maison intérieure où réside l’équilibre de la famille.

Dans un monde empressé, qui court sans mesure et s’étourdit de vanités, Gabriel Kinsa rappelle que l’homme moderne n’est grand qu’autant qu’il écoute la voix de ses ancêtres et se fait digne du futur. Sa parole, tantôt douce, tantôt ferme, s’élève comme un chant noble : elle met en scène nos faiblesses, nos folies, nos passions, et toujours nous ramène vers la clarté de l’entendement.

Ainsi se dresse en Afrique moderne un théâtre plus vaste que celui de nos villes, où le rideau est le ciel et la scène, la vie des hommes. Et sur ce théâtre universel, Gabriel Kinsa joue le rôle du passeur, du guide et du sage — maître de la parole, serviteur du bien-être, architecte d’un avenir commun

Ô vous qui écoutez, qui marchez sur cette Terre ancienne et sacrée, sachez que la parole n’est point simple bruit des lèvres ! Elle est souffle, elle est rythme, elle est danse et chant ; elle est le théâtre où les ancêtres dialoguent avec le présent et annoncent le futur. Dans chaque village, dans chaque cité, de Guinée à la Tanzanie, du Sénégal au Cameroun, du Ghana au Zimbabwe, la parole tisse les liens de la civilisation africaine.

Le conteur, le musicien, le danseur, l’acteur : tous sont serviteurs d’un même temple invisible. Par eux, la parole devient art, science et médecine. Elle guérit les blessures de l’âme, restaure l’équilibre des communautés et élève l’esprit. Elle transporte les savoirs ancestraux vers les cinq continents, et l’Afrique, dans sa sagesse, offre au monde non seulement l’espoir mais la dignité : celle qui fait que l’homme se reconnaît dans son histoire et dans celle des autres.

Et n’allez point croire que cette parole soit un simple plaisir des oreilles ! Non, c’est une force vivante, qui protège la Terre et l’Eau, qui enseigne le respect des forêts et des rivières, qui garde la mémoire des étoiles et des saisons. Elle unit le passé, le présent et le futur, et montre que l’Afrique n’est pas un continent isolé, mais un phare universel pour tous ceux qui partagent la cause sacrée de la vie et de l’écologie.

Ô vous, peuples du monde, écoutez ! Car la parole africaine ne se contente pas de raconter : elle élève, elle guide, elle relie. Elle est le souffle des ancêtres, le cœur battant de chaque village, le feu qui éclaire le chemin des hommes et des femmes vers un avenir commun.

Ainsi, quand Gabriel Kinsa prend le bâton de la parole, il ne parle pas pour lui seul : il parle pour l’humanité entière, et fait de l’Afrique le lieu où se conjuguent la mémoire et la promesse, le rêve et l’action, la beauté et la sagesse.

Sur la terre rouge d’Afrique, où le soleil allume des braises dans la poussière des chemins, le métier n’est point seulement travail : il est mémoire, il est fil d’or reliant les vivants aux ancêtres. Chaque geste du forgeron, chaque semence confiée à la terre, chaque chant des tisserands devient chronique silencieuse, inscrite dans la bibliothèque invisible du continent. Car l’Afrique est histoire avant d’être marchandise ; elle est auteur avant d’être objet d’étude.

Et pourtant, ô monde contemporain, voici l’Afrique bousculée ! Elle est convoquée au grand marché planétaire, où le numérique dévore les distances et où l’industrie des matières premières aspire ses richesses comme un gouffre insatiable. Le coltan nourrit les écrans, le cacao adoucit les festins, le pétrole embrase les machines — mais quelle part demeure aux fils premiers de la terre noire, aux peuples autochtones, gardiens originels des forêts, des fleuves et des savanes ? Trop souvent, leurs voix se perdent dans le tumulte du profit, comme le tam-tam qu’étouffe le vacarme des armes.

Mais l’Afrique ne saurait être réduite au rôle de mine exploitée, ni de champ pillé. Elle est cerveau, elle est matrice d’intelligence. Le numérique, s’il n’est qu’importé, aliène ; mais s’il est conquis, transformé et façonné par les mains africaines, alors il devient outil de libération, pont vers un avenir souverain. De même, l’industrie, si elle ne se contente plus de briser la roche et d’exporter les minerais bruts, mais si elle forge, crée, et invente sur la terre même, alors l’Afrique n’est plus spectatrice : elle devient actrice et maîtresse de son destin.

C’est là que surgit la mission des notables, des chefs de village, des sages coutumiers, gardiens de la tradition et de la science humaine. Ils ne sont point vestiges d’un âge éteint, mais piliers d’une modernité enracinée. Leur rôle n’est pas d’opposer l’ancien au nouveau, mais de greffer la mémoire au présent, d’insuffler au numérique la sagesse des proverbes, et de rappeler à l’industrie que l’homme n’est pas esclave de la machine, mais son maître.

Conserver le savoir africain, ce n’est point l’enfermer dans des musées, ni le figer dans des livres que nul ne lit. C’est le vivre, le dire, le transmettre : que l’enfant entende au soir, sous la case, le conte du sage ; que le jeune étudiant, même devant son écran, se souvienne des mots de sa grand-mère ; que l’ingénieur et le médecin sachent que leur science est sœur de la tradition, et non son ennemie.

Ainsi seulement l’Afrique pourra conjuguer ses deux forces : la puissance de son héritage et l’audace de sa modernité. Le cercle et le marché, la palabre et le numérique, la terre rouge et la fibre optique, tous unis dans une même cosmogonie vivante. Alors, oui, l’Afrique ne sera plus simple fournisseur, mais source d’invention. Non plus simple spectatrice, mais protagoniste de l’histoire mondiale.

Car, au fond, le trésor de l’Afrique n’est pas sous son sol : il est dans son peuple, dans son esprit, dans cette dignité inaltérable qui résiste aux vents de l’Histoire. Et si les notables, les chefs coutumiers, les gardiens de la tradition s’unissent aux chercheurs, aux écrivains, aux penseurs modernes, alors naîtra un empire non pas de conquête, mais de connaissance — empire sublime, où la voix africaine portera haut, non pour supplier, mais pour enseigner.

L’Afrique, terre de mémoire et d’avenir, n’a jamais cessé d’être le laboratoire de la valeur humaine. Au cœur du village, chaque geste, chaque lien, chaque symbole devient enseignement. Ainsi, l’amitié n’est pas seulement inclination du cœur : elle est architecture sociale, ciment qui relie les êtres au-delà du sang. Le voisinage, lui, constitue la première forme de cité, école silencieuse de solidarité où l’on partage le feu, l’eau et la parole. Et le pardon, enfin, s’impose comme science morale : il n’est pas faiblesse, mais sagesse, car il guérit les blessures du temps et permet à la communauté de continuer sa marche.

La transmission du savoir, quant à elle, ne s’écrit pas seulement dans les livres, mais dans la bouche du conteur, dans la danse de l’initié, dans les tresses traditionnelles qui dessinent sur la tête des jeunes filles les cartographies secrètes du lignage. Le tissu, par ses couleurs et ses motifs, devient langage, archive vivante des peuples, mémoire que l’on porte sur soi.

Car la matière elle-même est sacrée : le feu purifie et éclaire, l’eau relie et fertilise, l’air chante et transmet, la terre nourrit et ensevelit, les minéraux étincellent comme les premiers alphabets du monde. L’univers africain est une cosmogonie où la nature est complice, non ennemie, et où l’homme apprend que science et sacré ne sont point contraires, mais deux faces d’une même vérité.

Dans ce patrimoine culturel, l’art et la culture ne se contentent pas d’orner : ils instruisent. Ils sont pédagogie esthétique, science de l’âme. La musique devient mathématique des émotions ; la danse, géométrie des corps en mouvement ; la sculpture, anthropologie de la mémoire figée dans le bois ou la pierre. L’enseignement intergénérationnel, nourri de ces arts, assure que l’enfant ne naît jamais dans le néant, mais dans une bibliothèque invisible de gestes, de récits et de symboles.

Or, la civilisation est conquête, mais toute conquête a son prix. Les nations qui ont oublié l’amitié ont payé en guerres fratricides. Celles qui ont méprisé le pardon se sont éteintes dans la rancune. Celles qui ont rompu avec la transmission ont vu leur génie s’éparpiller comme sable au vent. Mais les peuples qui ont préservé l’amour entre l’homme et la femme, comme matrice de vie et de respect, ont bâti des empires durables. Ceux qui ont protégé leurs messagers et leurs sages ont inscrit leur nom dans l’histoire.

Aujourd’hui, au croisement de l’Afrique moderne et du monde globalisé, ces valeurs ne sont point reliques : elles sont leviers. L’amitié devient diplomatie, le voisinage devient urbanisme, le pardon devient justice transitionnelle, la transmission devient éducation numérique, l’amour devient droit, le tissu devient économie créative, et les éléments — feu, eau, air, terre — deviennent sciences écologiques pour sauver la planète.

Ainsi, l’Afrique, en affirmant ses propres valeurs, ne parle pas seulement d’elle-même : elle parle à l’humanité. Car le croisement de ces valeurs n’est autre que la définition même de la civilisation : l’art de transformer la mémoire en avenir, l’art d’ériger le particulier en universel.

Ô vaste Afrique, terre de trônes et de palabres, où le pouvoir n’est pas tyrannie mais service, l’organisation des sociétés n’est point hasard : elle est symphonie réglée, héritée des anciens. Chaque trône, loin d’être privilège, est autel de responsabilité. Car le chef, qu’il soit roi, notable ou doyen, ne règne point pour lui seul : il garde la mémoire, il arbitre la justice, il transmet le savoir comme on transmet le feu sacré, d’une torche à l’autre, sans jamais l’éteindre.

La passation du savoir est le premier sacre : l’initiation de l’enfant, l’écoute des jeunes, l’enseignement des maîtres. Nulle communauté ne prospère sans règles, et ces règles, loin d’opprimer, élèvent. Elles disent : « Tu es homme, tu es femme, tu es enfant, et chacun de tes droits est sacré.» Ainsi l’homme n’est point au-dessus de la femme, ni l’enfant sous l’ombre de l’oubli. Chacun porte une dignité inviolable, et le travail, fruit de la terre et de l’esprit, devient lui-même un droit, car il nourrit le corps et affermit l’âme.

Mais que serait un village sans poumons ? Ces poumons sont l’enseignement. Car l’école n’est point simple salle de murs et de bancs : elle est souffle, respiration commune. Elle garde les mémoires pour qu’elles ne s’envolent pas en poussière, mais qu’elles demeurent éternelles dans le cœur de tous les hommes et bâtissent la nation. Celui qui enseigne ne grave pas seulement des mots sur une ardoise : il grave des chemins de lumière dans les esprits, il sculpte les citoyens de demain.

Et les droits humains, ah ! qu’ils ne soient point seulement proclamés comme des discours d’estrade, mais vécus comme une liturgie quotidienne. Car la dignité humaine est jumelle de la dignité de la nature. Les animaux, compagnons de l’homme, les minéraux, veines de la terre, l’écologie, souffle vital de la planète — tout cela fait partie du même ordre sacré. Profaner la terre, c’est profaner l’homme ; mépriser l’animal, c’est amoindrir la conscience ; détruire la forêt, c’est mutiler le futur.

Ainsi, la civilisation africaine enseigne au monde que l’homme n’est pas maître absolu, mais gardien. Gardien de ses semblables, gardien de la femme, gardien de l’enfant, gardien des eaux, des feux, des vents et des minéraux. Le trône n’est pas un siège de gloire, mais une charge de mémoire et de soin. Et l’organisation du village, loin d’être archaïque, est modèle : elle dit à l’humanité entière que la vraie grandeur ne réside pas dans l’accumulation, mais dans la solidarité.

Voilà pourquoi, du plus humble hameau jusqu’aux grandes nations, il faut écrire à nouveau dans le ciel et dans la terre :

«Les droits de l’homme, les droits de la femme, les droits de l’enfant, les droits du travail, les droits de la nature sont indivisibles et éternels. »

Ô siècle de fer et de lumière mêlée,

où la machine s’enivre de nos songes,

où l’algorithme, fils bâtard de Prométhée,

se dresse en juge des mémoires humaines !

Savants et chercheurs, dans leurs laboratoires,

disséquent l’homme comme on déchiffre un code.

Anthropologues, sociologues, philosophes,

ils scrutent les ruines vivantes de la tradition,

craignant que le patrimoine, poussière sacrée,

ne s’évapore sous l’ardeur numérique.

Mais qu’est-ce que le progrès,

si le cœur de l’homme s’y trouve exilé ?

Qu’est-ce que l’intelligence artificielle,

si elle oublie la sagesse des anciens ?

Le maître de l’univers,

dont la parole circule comme un feu souterrain,

ne saurait être réduit au langage des machines.

Il faut écouter la tradition,

non comme un fardeau, mais comme un chant,

non comme une chaîne, mais comme une étoile.

Car un peuple qui renie ses racines

devient un arbre arraché au sol,

feuillage éclatant mais tronc creux,

proie facile du premier vent

Le progrès n’est pas d’écraser l’ancestral,

mais de le transmuer, de le féconder,

d’unir le souffle des ancêtres

à l’audace des enfants à naître.

Ainsi, que l’intelligence des hommes

reste plus vaste que celle des machines,

que le patrimoine soit mémoire et non relique,

et que dans la tempête des temps modernes,

la dignité demeure le flambeau de l’humanité.

Artiste international, auteur compositeur et musico-thérapeute (auteur d’un livre-témoignage « L’art des sons, l’art du soin »), ancré sur les rives de la Seine et ouvert sur le monde, je suis à l’écoute des réalités contemporaines en Afrique, en Europe et au-delà. Mon travail s’inscrit dans une démarche engagée, où les arts vivants deviennent un langage universel au service des peuples.

Mon expertise dans le domaine des arts vivants s’est construite au fil de nombreuses expériences à travers le continent africain. J’ai parcouru le Mali, le Ghana, la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso avec une seule ambition : partager mon art et défendre ma vision d’une culture vivante, au cœur des sociétés. À travers ces voyages, j’ai rencontré des publics variés, témoins d’un art qui valorise les traditions africaines et rend hommage à nos ancêtres.

Mes créations, notamment autour des polyphonies de balafons et du projet « Yan Kadi Faso », ainsi que mon travail avec un orchestre afro-jazz, reposent sur un dialogue fécond entre sonorités africaines et européennes. Cette fusion musicale incarne une véritable rencontre des cultures. J’ai eu l’opportunité de présenter ce travail dans divers cadres : festivals, maisons de la culture, théâtres de la ville, maisons des jeunes, fondations culturelles, écoles de musique, écoles des Beaux-Arts et festivals de cinéma.

Sur le plan professionnel, j’ai eu l’honneur de collaborer avec des chefs d’orchestre et des musiciens talentueux: Gérard Hiéronimus, André Cecarelli, Michel Portal, Michel Moglio, Valentin Clastrier, Bertrand Renaudin, Manu Dibango, Mory Kanté, Salif Keita, Lamine Konté, Kassé Mady Diabaté…

Au cours de toutes ces années, j’ai donné des concerts et spectacles – où nous avons porté haut les couleurs de l’Afrique – dans plusieurs pays : la Suisse, l’Angleterre, l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne et les Pays-Bas, ainsi que dans des territoires tels que La Réunion, Mayotte et Saint-Domingue.

Chaque scène traversée a été un espace de célébration de l’art musical, un lieu où paroles et mélodies tissent des liens entre les peuples. Du Maroc à la Tunisie, le public a toujours répondu présent, confirmant la puissance de la musique comme vecteur d’unité.

Je suis profondément convaincu qu’aller à la rencontre des autres à travers la musique, c’est offrir aux peuples l’opportunité de se reconnaître, de se rassembler et de construire ensemble un chemin vers la paix. L’art et la culture sont des moyens essentiels pour accepter la différence comme une richesse.

Yé Lassina Coulibaly est musicothérapeute, artiste international et observateur attentif du monde.

Entre l’Afrique et l’Europe, il prête sa plume comme une passerelle entre les cultures, afin que l’art, la connaissance et la parole demeurent un langage vivant et universel de l’ Art et culture. 00336 76 03 71 66,yelassocoul@yahoo.fr 

Artiste auteur-compositeur interprète

Musicothérapie sociétaire de la SACEM, ADAMI, SPEDIDAM, Union des Artistes Burkinabés

Chevalier de l’ordre du mérite, des lettres et de la communication (agrafe musique et danse) du    Burkina-Faso. 

Yé Lassina Coulibaly art et culture,

Artiste auteur-compositeur interprète

Musicothérapie sociétaire de la SACEM, ADAMI, SPEDIDAM, Union des Artistes Burkinabés

Chevalier de l’ordre du mérite, des lettres et de la communication (agrafe musique et danse) du    Burkina-Faso.  concert, spectacle, pédagogie 00 336 76 03 71 66

Amélioration de la mobilité urbaine : le Premier ministre inaugure huit axes routiers à Ouagadougou

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Le Premier ministre, Chef du Gouvernement, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a procédé, ce samedi 23 mai 2026 à Ouagadougou, à l’inauguration officielle de huit axes routiers stratégiques réalisés dans la capitale burkinabè. Ces infrastructures visent à améliorer la mobilité urbaine, à fluidifier la circulation et à renforcer l’accessibilité à plusieurs pôles administratifs, sécuritaires et économiques.

Les officiels dont le Premier ministre Ouédraogo procédant à l’inauguration des infrastructures routières à Ouagadougou ce samedi 23 mai

Les infrastructures mises en service comprennent huit axes et ouvrages majeurs : la Rocade Nord et son échangeur à passage supérieur, l’avenue Yennenga, l’avenue du Moogho Naaba, la voie d’accès à la stèle d’hommage aux victimes du crash d’Air Algérie, la voie d’accès à la prison de haute sécurité, la voie d’accès au ministère de la Guerre et de la Défense patriotique, la voie d’accès au camp Général Bila Zagré, ainsi que la voie d’accès aux infrastructures de sécurité à Ouaga 2000.

Ces ouvrages totalisent plus de 22 kilomètres de voiries modernes, pour un investissement global estimé à plus de 40 milliards de francs CFA, mobilisés grâce à la synergie entre l’État et des partenaires financiers, notamment la Banque Ouest Africaine de Développement et Vista Bank.

La Rocade Nord constitue l’un des ouvrages structurants de ce dispositif. Avec plus de 10 kilomètres de voirie moderne, un passage supérieur de 100 mètres à l’intersection avec la RN03, des contre-allées et un vaste réseau d’assainissement, elle contribue au bouclage du boulevard circulaire des Tansoba et à une meilleure organisation du trafic urbain et international. Les célèbres avenues Yennenga et Moogho Naaba ont, quant à elles, bénéficié d’une réhabilitation complète des chaussées et des ouvrages de drainage.

Ces réalisations s’inscrivent dans la volonté du Gouvernement, sous le leadership du Président du Faso, Chef de l’État, le Capitaine Ibrahim Traoré, de faire de la route un instrument de transformation du cadre de vie, de fluidification de la mobilité urbaine et de soutien à l’activité économique. Le Chef du Gouvernement a assuré que les investissements dans les infrastructures routières se poursuivront afin d’améliorer durablement les conditions de mobilité et de renforcer le développement économique du pays.

«La question des infrastructures est au cœur des priorités de la Révolution progressiste populaire », a indiqué le Premier ministre. Il a, par ailleurs, exhorté les usagers et les riverains à faire preuve de civisme et de prudence sur ces nouvelles routes.

«Il ne faut pas se fier au confort de ces nouvelles routes pour se laisser aller à des comportements dangereux, notamment les excès de vitesse qui sont à l’origine d’accidents dramatiques dans la capitale », a-t-il averti.

Dans son discours d’inauguration, le ministre de la Construction de la Patrie, Mikaïlou Sidibé, a salué des infrastructures qui incarnent « la vision d’un Burkina Faso souverain, résilient et tourné vers le progrès ».

Il a également rendu hommage à l’ensemble des acteurs ayant contribué à la réalisation des travaux, notamment son prédécesseur, le ministre Luc Adama Sorgho, les partenaires financiers, les entreprises et les bureaux de contrôle mobilisés dans le cadre de ces projets.

La mise en service de ces ouvrages répond à des besoins concrets : mieux circuler, gagner du temps, réduire les risques d’accidents, améliorer l’accessibilité des quartiers, soutenir les activités économiques et garantir de meilleures conditions d’accès aux services stratégiques de l’État.

À travers cet investissement, le Gouvernement traduit en actes sa vision d’une capitale plus fonctionnelle, plus sûre et plus accessible.

DCRP/Primature

Sénégal : Rupture consommée au sommet de l’Etat entre Diomaye et Sonko

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entre le Président sénégalais Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko ont franchi le rubicond, eux qui se regardaient en chiens de faïence depuis quelques mois au sommet de l'Etat

Les divergences dans l’approche entre le Président sénégalais Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko se sont terminées par une décision radicale du Chef de l’Etat qui a officiellement mis un terme à cette parodie de cohabitation au sommet de l’Etat.

Les moments de complicité entre les 2 hommes sont désormais de vieux souvenirs

Ousmane n’est donc plus le Chef du Gouvernement au Sénégal. Le décret présidentiel a également mis fin aux fonctions des membres du Gouvernement, affectant l’expédition des affaires courantes aux ministres de l’équipe déchue.

De son côté, le désormais PM Songo semble avoir bien pris la décision du Président. Mieux, il s’en est félicité, recevant des bains de foule de la part des partisans qui ont pris d’assaut sa résidence.

Une page politique se termine et une ouvre s’ouvre pour la politique sénégalaise. Alors, quel oiseau rare pour prendre la succession d’Ousmane Sonko à la tête de l’exécutif du Sénégal ?

Affaire à suivre…

Burkina Demain

Compte rendu du Conseil des ministres du 21 mai 2026 

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Le Conseil des ministres s’est tenu à Ouagadougou, le jeudi 21 mai 2026, en séance ordinaire, de 09 H 00 mn à 12 H 42 mn, sous la présidence de Son Excellence le Capitaine Ibrahim TRAORE, Président du Faso, Président du Conseil des ministres. Il a délibéré sur les dossiers inscrits à son ordre du jour, entendu des communications orales, procédé à des nominations et autorisé des missions à l’étranger.

I DELIBERATIONS

I 1 AU TITRE DE LA PRESIDENCE DU FASO

Le Conseil a adopté un rapport relatif aux projets spécifiques de la Grande Chancellerie des Ordres burkinabè.

Ces projets visent l’approvisionnement de la Grande Chancellerie des Ordres burkinabè en médailles et pin’s «made in Burkina ». Ils portent sur l’acquisition de 5875 médailles, de 2300 agrafes et de 47 005 pin’s.

Le coût global des projets spécifiques s’élève à cinq cent deux millions deux cent soixante-dix-huit mille (502 278 000) F CFA TTC. Le financement est assuré par le budget de l’Etat, exercice 2026.

I 2 AU TITRE DU MINISTERE DE L’AGRICULTURE, DE L’EAU, DES RESSOURCES ANIMALES ET HALIEUTIQUES

Le Conseil a adopté un décret portant règlementation de l’abattage, des mouvements intérieurs et de l’exportation des asins, des camélins, des équins et de leurs produits au Burkina Faso.

Ce décret est une relecture du décret n°2016-857/PRES/PM/MRAH/MCIA/MINEFID/MATDSI du 07 septembre 2016 portant règlementation de l’abattage et de l’exportation des asins, des camélins, des équins et de leurs produits au Burkina Faso.

Les insuffisances constatées dans l’application dudit décret ne permettent pas de lutter efficacement contre le commerce transfrontalier et la sortie massive des animaux sur pied qui est le nouveau mode opératoire utilisé par les trafiquants.

En effet, depuis 2015, l’existence des asins est menacée dans notre pays en raison de la forte demande en Asie des produits asins en général et des peaux en particulier. Pourtant, l’élevage des asins, des camélins et des équins au Burkina Faso revêt une importance socio-économique et culturelle indéniable pour les populations rurales.

Les principales innovations du nouveau décret portent sur :

– la prise en compte du mouvement intérieur et la gestion des animaux et produits saisis ;

– l’instauration d’un agrément de commerçant pour les acteurs exerçant ce commerce ;

– l’obtention préalable d’une autorisation de déplacement dans les zones à fort potentiel de trafic ;

– la saisie ou la confiscation des animaux et de leurs produits.

L’adoption de ce décret permet de disposer de textes règlementaires en vue de lutter efficacement contre le trafic des asins, des camélins, des équins et de leurs produits au Burkina Faso.

I 3 AU TITRE DU MINISTERE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES

Le Conseil a adopté quatre (04) rapports.

Le premier rapport est relatif à un projet de décret portant statut général des établissements publics de prévoyance sociale.

Ce décret est une relecture du décret n°2014-679/PRES/PM/MEF/MFPTSS du 1er août 2014 portant statut général des établissements publics de prévoyance sociale.

Cette relecture vise à pallier les insuffisances constatées dans son application et à harmoniser le cadre juridique des établissements publics de prévoyance sociale avec celui des Etats membres de la Conférence interafricaine de la prévoyance sociale.

Les innovations du décret portent entre autres, sur :

– la possibilité pour l’établissement public de prévoyance sociale de bénéficier d’un patrimoine d’affectation dont les conditions sont fixées par arrêté conjoint du ministre chargé de la tutelle technique et du ministre chargé de la tutelle financière ;

– la définition de la composition du Conseil d’administration de l’établissement public de prévoyance sociale dont les ressources proviennent essentiellement de l’Etat ;

– la définition de la composition du Conseil d’administration de l’établissement public de prévoyance sociale en charge de la gestion des régimes d’assurance maladie ;

– la création d’un comité d’audit et d’un comité d’investissement au sein du Conseil d’administration ; – la prévision de l’établissement d’un contrat de performance devant être conclu entre le Conseil d’administration et le Directeur général.

L’adoption de ce décret permet de renforcer le cadre juridique et institutionnel du système de protection sociale au Burkina Faso.

Le deuxième rapport est relatif à un projet de décret portant déclaration d’utilité publique urgente, les projets de réhabilitation des infrastructures du domaine public ferroviaire du Burkina Faso.

Le domaine public ferroviaire de notre pays fait l’objet d’une occupation anarchique se traduisant par un envahissement des couloirs ferroviaires à la sortie des agglomérations et des emprises des gares par des riverains aux fins d’activités diverses ou d’érection d’habitats spontanés.

Cette situation compromet la sécurité des installations, des convois ferroviaires et la mise en œuvre des projets de réhabilitation envisagés par la Société de gestion du patrimoine ferroviaire du Burkina (SOPAFER-B).

Ce décret vise à déclarer d’utilité publique urgente les projets de réhabilitation des infrastructures du domaine public ferroviaire du Burkina Faso afin de permettre la libération des emprises des sites en vue de sauvegarder le patrimoine ferroviaire et de prévenir les risques d’arrêt du trafic.

Les projets de réhabilitation envisagés concernent :

– la remise en état des infrastructures ferroviaires à travers une régénération intégrale des 622 km du linéaire, de manière à permettre un trafic avec une charge de 20 tonnes par essieu contre 17 tonnes par essieu actuellement ;

– le renouvellement de la voie ferrée et ses dépendances de manière à réduire le temps de parcours pour le transport international et à relever la vitesse moyenne à 100 km/h ;

– la mise en place d’un système de signalisation moderne permettant l’amélioration de la sécurité et la gestion automatisée des circulations ferroviaires.

L’adoption de ce décret permet de déclarer d’utilité publique urgente les projets de réhabilitation des infrastructures du domaine public ferroviaire du Burkina Faso.

Le troisième rapport est relatif à la situation d’exécution du budget et de la trésorerie de l’Etat, exercice 2026, au 31 mars.

Au 31 mars 2026, les recettes budgétaires recouvrées atteignent 807,56 milliards F CFA, pour un objectif trimestriel de 748,60 milliards F CFA, correspondant à un taux d’exécution de 107,88% sur le trimestre et de 22,71% sur l’année.

Au terme du premier trimestre 2026, le niveau d’exécution des crédits de paiement s’établit à 741,23 milliards F CFA, sur une prévision de 3 918,29 milliards F CFA, soit un taux d’exécution de 18,92%. A la même date en 2025, le montant des dépenses exécutées était de 730,24 milliards F CFA.

Au niveau de la gestion de la trésorerie, au 31 mars 2026, au total 1 453,44 milliards F CFA ont été encaissés sur des comptes de disponibilités des comptables directs du trésor, contre 911,20 milliards F CFA à la même période en 2025, soit un taux de progression de 59,51%.

Le montant total des décaissements effectués par le Trésor public se chiffre à 1 245,33 milliards F CFA contre 969,70 milliards F CFA à la même période en 2025.

En rapprochant les encaissements des décaissements, il se dégage un solde créditeur de 208,11 milliards F CFA.

A l’issue du premier trimestre 2026, une analyse des principaux soldes et indicateurs permet d’apprécier la performance de la mise en œuvre des mesures prises en matière de gouvernance budgétaire et économique.

Ainsi, au 31 mars 2026, il se dégage une épargne budgétaire de 239,45 milliards F CFA et un solde budgétaire global excédentaire de 66,33 milliards F CFA. A fin mars 2025, l’épargne budgétaire était excédentaire de 86,32 milliards F CFA et le solde budgétaire global déficitaire de 52,68 milliards F CFA.

Au regard de ces performances, le Conseil recommande aux acteurs de poursuivre les efforts en faveur de l’efficacité budgétaire et invite les ordonnateurs à réengager en priorité sur le budget 2026, les dépenses non abouties des exercices 2025 et antérieurs, avant tout nouvel engagement afin d’éviter l’accumulation de la dette intérieure.

Le Conseil a marqué son accord pour la transmission du rapport sur la situation d’exécution du budget et de la trésorerie de l’Etat, exercice 2026, au 31 mars à l’Assemblée législative du Peuple.

Le quatrième rapport est relatif à un projet de décret portant création du Fonds souverain minier d’investissements du Burkina Faso (FSMIB)  «Siniyan-Sigui».

Depuis plusieurs mois, le cours de l’or connaît une hausse historique franchissant le seuil de 4000 dollars américains (USD) l’once, soit environ 78 000 F CFA le gramme. Cette conjoncture exceptionnelle génère des revenus miniers excédentaires considérables pour l’Etat, dont la capitalisation structurée permettrait de transformer une rente conjoncturelle en un levier de développement durable. Malgré cette embellie du cours de l’or, des insuffisances majeures ont été relevées, notamment l’absence d’un mécanisme dédié à la captation et à la gestion des recettes minières excédentaires ainsi que celle d’épargne intergénérationnelle permettant aux générations futures de bénéficier des rentes minières actuelles.

Au regard de la place stratégique du secteur des mines dans l’économie nationale, il est impératif de doter notre pays d’un fonds souverain adossé aux ressources minières.

Le présent décret vise la mise en place dudit fonds pour entre autres :

– financer de manière autonome des infrastructures stratégiques et la relance industrielle nationale ;

– renforcer la souveraineté financière du Burkina Faso et améliorer sa notation souveraine.

L’adoption de ce décret permet la création du Fonds souverain minier d’investissements « Siniyan Sigui » en vue de la transformation des rentes minières en levier de développement durable et de souveraineté économique au profit des populations du Burkina Faso.

I 4  AU TITRE DU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES

Le Conseil a adopté un rapport relatif à une demande d’agrément pour la nomination d’un Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de l’Ordre souverain militaire hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte auprès du Burkina Faso.

Le Conseil a marqué son accord pour la nomination de Monsieur Patrick JABRE, en qualité d’Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de l’Ordre souverain militaire hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte auprès du Burkina Faso, avec résidence à Ouagadougou.

I 5 AU TITRE DU MINISTERE DE L’INDUSTRIE, DU COMMERCE ET DE L’ARTISANAT

Le Conseil a adopté deux (02) rapports.

Le premier rapport est relatif à un projet de loi portant définition et sanctions des infractions en matière de métrologie.

Les infractions et les sanctions en matière de métrologie sont régies au Burkina Faso par la Zatu n°86-021/CNR/PRES du 24 mars 1986 relative au système de mesure et organisant le contrôle des instruments de mesure. Au fil des années et au regard des évolutions dans le secteur de la métrologie, ce cadre légal a montré ses limites.

Ce projet de loi permettra notamment à notre pays de corriger les insuffisances décelées dans les dispositions de ladite Zatu, de s’adapter au contexte actuel des textes en matière de métrologie et de se conformer aux dispositions du Règlement n°08/2014/CM/UEMOA du 25 septembre 2014.

Les innovations majeures du projet de loi se rapportent au relèvement du quantum des peines et du taux des amendes ainsi qu’à la prise en compte des infractions relatives aux mesures présentées dans des publicités ou autres communications publiques, aux préemballages et à la règlementation sur les mesurages.

Le Conseil a marqué son accord pour la transmission dudit projet de loi à l’Assemblée législative du Peuple.

Le second rapport est relatif à un projet de décret portant modification du décret n°2016-357/PRES/PM/MCIA/MINEFID du 13 mai 2016 portant approbation des statuts de l’Agence burkinabè de normalisation, de la métrologie et de la qualité (A.B.NOR.M).

Le décret n°2025-1683/PF/PRIM/MEF du 31 décembre 2025 portant modification du décret n°2014-613/PRES/PM/MEF du 24 juillet 2014 portant statut général des Etablissements publics de l’Etat à caractère administratif (EPA) a consacré la réduction du nombre d’observateurs aux sessions du

Conseil d’administration et rend obligatoire la modification de leurs statuts.

L’Assemblée générale des Etablissements publics de l’Etat a également recommandé en 2024, la prise en compte des Bureaux comptables des matières dans les statuts particuliers et les organigrammes des Etablissements publics de l’Etat.

L’adoption de ce décret permet à l’Agence burkinabè de normalisation, de la métrologie et de la qualité de se doter de textes règlementaires en vue d’accomplir efficacement ses missions.

I 6 AU TITRE DU MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SECONDAIRE ET DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE ET TECHNIQUE

Le Conseil a adopté un rapport relatif aux projets spécifiques du ministère de l’Enseignement secondaire et de la formation professionnelle et technique.  Ces projets spécifiques portent sur l’acquisition d’équipements au profit de l’éducation en situation d’urgence afin d’assurer la continuité éducative et de renforcer la résilience des populations impactées par la crise sécuritaire.

Ces projets concernent :  – –

la fourniture, l’installation et l’équipement de tentes sahéliennes ;

l’acquisition à bonne date de matières d’œuvres pour les deux (02) sessions de certification de 2026 des examens nationaux au profit de trois (03) directions régionales de l’Enseignement secondaire et de la formation professionnelle et technique.

Le coût global des projets s’élève à deux milliards cinq cent cinq millions cent cinquante-sept mille cent trente-neuf (2 505 157 139) F CFA.

Le financement est assuré par le budget de l’Etat, exercice 2026.

II COMMUNICATIONS ORALES

II 1 Le ministre de l’Economie et des finances a fait au Conseil deux (02) communications :

La première communication est relative à la situation économique et financière du Burkina Faso en 2025, les premières tendances en 2026 et les perspectives 2027-2029.

Sur la base des données quasi-définitives, l’économie burkinabè affiche une croissance de 5,3% en 2025 après 4,8% en 2024, confirmant ainsi une trajectoire ascendante encourageante. Cette croissance, moins forte que les précédentes prévisions en raison d’une révision à la baisse des performances des secteurs secondaire et tertiaire, témoigne néanmoins d’une résilience économique remarquable et d’un renforcement des acquis de croissance grâce aux efforts soutenus du Gouvernement. L’inflation s’établit à -0,5% pour l’année 2025 en baisse de 4,7 points de pourcentage par rapport à 2024. Cette évolution reflète principalement les effets de la bonne campagne agricole 2025/2026 sur les prix des produits alimentaires.

En 2026, l’activité économique évoluerait dans un environnement international toujours marqué par les incertitudes géopolitiques et commerciales, avec leurs effets potentiels sur le cours des matières premières et l’économie. Malgré ce contexte, les perspectives économiques nationales demeurent encourageantes, portées par la poursuite des efforts de reconquête du territoire et les perspectives d’une bonne campagne agro-pastorale.

L’activité économique maintiendrait sa trajectoire ascendante avec une croissance projetée à 5,7% en 2026 après 5,3% en 2025 en scénario tendanciel mais pourrait atteindre une croissance de 7,7% avec la mise en œuvre du Plan RELANCE 2026-2030.

Sur la période 2027-2030, l’économie s’inscrirait sur une trajectoire de croissance soutenue avec des taux de 6,1% en 2027, de 5,5% en 2028 et de 5,3% en 2029. Cette dynamique serait portée par l’ensemble des secteurs. L’inflation resterait maîtrisée en dessous de 3% sur l’ensemble de la période 2027-2029 sous l’hypothèse d’une bonne campagne agricole, de l’amélioration de la situation sécuritaire nationale, de la poursuite des mesures gouvernementales de lutte contre la vie chère et de l’atténuation des tensions géopolitiques.

La seconde communication est relative à la situation d’exécution du budget et de la trésorerie de l’Etat, exercice 2025, au 31 décembre.

Au 31 décembre 2025, les recettes budgétaires ont été recouvrées à hauteur de 3 693,71 milliards F CFA, soit un taux de recouvrement de 108,40%. Comparé au niveau des recouvrements au 31 décembre 2024 qui était de 2 947,67 milliards F CFA, il ressort une progression de 746,04 milliards F CFA et une hausse de la performance de recouvrement de 14,99 points de pourcentage.

Au titre de l’exécution des dépenses budgétaires, le niveau d’exécution du budget de l’Etat s’établit à 4 076,77 milliards F CFA sur une prévision des Crédits de paiement (CP) ajustés de 4 095,41 milliards F CFA, soit un taux d’exécution de 99,55%. A la même date en 2024, le montant des dépenses exécutées était de 3 666,13 milliards F CFA, correspondant à un taux d’exécution de 98,92% sur les CP ajustés de 3 706,12 milliards F CFA.

Au titre de la gestion de la trésorerie, au total 5 082,05 milliards F CFA ont été encaissés sur des comptes de disponibilités des comptables directs du trésor, contre 3 919,20 milliards F CFA au 31 décembre 2024, soit un taux de progression annuelle de 29,67%. Le montant total des décaissements effectués par le Trésor public se chiffre à 5 022,73 milliards F CFA contre 3 814,86 milliards F CFA à la même période en 2024, soit un taux de progression annuelle de 31,66%.

En rapprochant les encaissements des décaissements, il se dégage un solde créditeur de 59,32 milliards F CFA.

Au 31 décembre 2025, l’épargne budgétaire est ressortie à 625,35 milliards F CFA contre 347,96 milliards F CFA en 2024, soit une amélioration de 277,39 milliards F CFA et un solde budgétaire global déficitaire de 506,48 milliards F CFA pour une prévision corrigée de -813,06 milliards F CFA.

Au regard de la situation d’exécution du budget au 31 décembre 2025 et dans le cadre de la poursuite des actions visant l’efficacité de la dépense budgétaire, le Conseil a instruit les ordonnateurs de poursuivre le réengagement des dépenses non abouties des budgets 2025 et antérieurs sur le budget 2026 avant tout engagement de nouvelles dépenses, afin d’éviter la constitution de nouvelles dettes.

II 2 Le ministre de la Communication, de la culture, des arts et du tourisme a fait au Conseil une communication relative à la 30e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), prévue du 20 au 27 mars 2027 sur le thème «Cinémas d’Afrique et développement endogène».

Malgré leur croissance et la diversification des récits, les cinémas d’Afrique font face à des défis nécessitant des stratégies endogènes pour leur diffusion.

Le cinéma, en tant qu’expression culturelle impactant, est central dans la quête d’émancipation et de souveraineté des peuples africains. Ce thème vise à mettre en évidence les passerelles entre le développement endogène et le cinéma en Afrique.

II 3 Le ministre de l’Enseignement de base, de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales (MEBAPLN) et celui de l’Enseignement secondaire et de la formation professionnelle et technique (MESFPT) ont fait au Conseil le point des préparatifs des examens et concours scolaires et de la certification professionnelle de la session de 2026.

Au titre du MEBAPLN, les épreuves écrites et orales de l’évaluation certificative des acquis des apprenants de l’alphabétisation ont débuté le 19 mai 2026 et s’achèvent le 06 juin 2026. Le Certificat d’études primaires (CEP) débute le 02 juin et prend fin le 18 juillet 2026.

Au titre du MESFPT, les examens et les concours scolaires ainsi que les certifications professionnelles ont débuté le 05 mai 2026 par les épreuves physiques et sportives et prennent fin le 22 septembre 2026 avec la proclamation des résultats du Brevet professionnel de technicien spécialisé (BPTS).

Les épreuves d’éducation physique et sportive du Brevet d’études du premier cycle (BEPC), des Brevets d’études professionnelles (BEP) et des certificats d’aptitude professionnelle (CAP) se sont déroulés du 05 au 19 mai 2026. Leurs épreuves écrites commencent le 02 juin et s’achèvent respectivement les 12, 13 et 15 juin 2026.

Les épreuves d’éducation physique et sportive du Baccalauréat (BAC) se déroulent du 21 mai au 04 juin 2026. Leurs épreuves écrites auront lieu du 23 juin au 10 juillet 2026.

Pour ce qui concerne les certifications de qualification professionnelles, le Certificat de qualification professionnelle (CQP) se déroulera du 30 juin au 07 juillet 2026. Quant au Brevet de qualification professionnelle (BQP), il se déroulera du 21 au 28 juillet 2026. Le Brevet professionnel de technicien (BPT) est prévu du 1er au 08 septembre 2026, et celui du Brevet professionnel de technicien spécialisé (BPTS) du 15 au 22 septembre 2026.

Le MEBAPLN enregistre au total 385 543 candidats, soit 219 388 filles/femmes et 166 155 garçons/hommes. Le MESFPT enregistre au total 373 631 candidats dont 212 450 filles/femmes et 161 181 garçons/hommes.

L’ensemble des candidats enregistrés au compte des deux ministères s’élève à 759 174.

Des dispositions sont prises pour la bonne tenue des concours et examens scolaires et des certifications professionnelles de la session de 2026.

III NOMINATIONS

III NOMINATIONS DANS LES FONCTIONS INDIVIDUELLES

A AU TITRE DE LA PRIMATURE  – –

Monsieur Yaya SANOU, Mle 245 217 M, Inspecteur du trésor, 2e classe, 1er échelon, est nommé Chargé d’études ;

Monsieur Ernest KABORE, Mle 91 269 A, Inspecteur du trésor, 2e classe, 5e échelon, est nommé Secrétaire technique chargé du suivi du portefeuille des participations de l’Etat et ses démembrements dans les entités économiques.

B AU TITRE DU MINISTERE DE L’AGRICULTURE, DE L’EAU, DES RESSOURCES ANIMALES ET HALIEUTIQUES

– Monsieur David Dléwigo Dimitri KAM, Mle 57 448 G, Ingénieur d’agriculture, 1ère classe, 10e échelon, est nommé Secrétaire général de la Société Faso Agropoles ;

– Monsieur Abdoulaye GUIRE, Mle 254 862 R, Ingénieur agronome, 1ère classe, 4e échelon, est nommé Directeur de la formation continue et de l’incubation de de Matourkou, l’Ecole nationale de formation agricole

C AU TITRE DU MINISTERE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES – – –

Madame Nana BANDRE/TRAORE, Mle 58 465 E, Inspecteur des impôts, 2e classe, 6e échelon, est nommée Conseiller fiscal de la Caisse autonome de retraite des fonctionnaires ;

Monsieur Romiald Samdpawendé NIKIEMA, Mle 57 139 W, Inspecteur des impôts, 2e classe, 1er échelon, est nommé Directeur du Centre des impôts de Ouaga VI ;

Monsieur Lassané KARGOUGOU, Mle 55 744 D, Inspecteur des impôts, 2e classe, 4e échelon, est nommé Directeur des moyennes entreprises du Centre IV ;

– –

Madame Orokia DIABI/SANOGO, Mle 239 762 Y, Contrôleur des services financiers, 2e classe, 2e échelon, est nommée Comptable principal des matières de l’Agence burkinabè pour l’emploi « Faso Tonlo Zï » ;

Monsieur Bassene BAKONE, Mle 346 173 X, Inspecteur des douanes, catégorie I, grade initial, 4e échelon, est nommé Membre permanent à la Coordination nationale de lutte contre la fraude.

D AU TITRE DU MINISTERE DES SERVITEURS DU PEUPLE

– Monsieur Ousmane David ZANNE, Mle 212 429 T, Conseiller en gestion des ressources humaines, 2e classe, 3e échelon, est nommé Inspecteur technique des services.

E AU TITRE DU MINISTERE DE LA COMMUNICATION, DE LA CULTURE, DES ARTS ET DU TOURISME  –

Monsieur Salifou OUARMA, Mle 220 278 V, Conseiller en sciences et techniques de l’information et de la communication, 1ère classe, 5e échelon, est nommé Directeur général de la communication et des médias.

F AU TITRE DU MINISTERE DE LA CONSTRUCTION DE LA PATRIE – – –

Monsieur Kouka Benjamin KONKOBO, Mle 92 929 S, Ingénieur en génie civil, 1ère classe, 11e échelon, est nommé Conseiller technique ;

Monsieur Gomsida OUEDRAOGO, Mle 75 404 M, Ingénieur en génie civil, 2e classe, 6e échelon, est nommé Chargé de mission ;

Monsieur Souako KOHOUN, Mle 91 369 J, Géographe, 2e classe, 6e échelon, est nommé Directeur général de l’Office national du contrôle des Aménagements et des constructions (ONC-AC) ;

– –

Monsieur Moussa DEMBELE, Mle 48 523 H, Conseiller d’intendance scolaire et universitaire, 2e classe, 4e échelon, est nommé Directeur de l’administration des finances de l’Ecole nationale des travaux publics ; Monsieur Bobolewendé Solomé OUEDRAOGO, Mle 241 642 R, Conseiller d’éducation, 1ère classe, 8e échelon, est nommé Directeur de la formation initiale de l’Ecole nationale des travaux publics.

Le Porte-parole du Gouvernement,

Pingdwendé Gilbert OUEDRAOGO,

Officier de l’Ordre de l’Etalon

RPP : Des exemplaires du Manifeste en version braille remis à des personnes en situation de handicap

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Le Groupe Interface SA a remis ce mardi 19 mai 2026 des exemplaires transcrits en braille du Manifeste de la Révolution Progressiste Populaire à l’Union Nationale des Associations Burkinabè pour la Promotion des Aveugles et Malvoyants (UN-ABPAM). Une contribution pour l’inclusion et la mémoire citoyenne, conformément aux orientations du Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, qui veulent que personne ne soit être «laissée au bas-côté de la route dans l’élan de notre Révolution Progressiste Populaire». Communiqué.

RÉVOLUTION PROGRESSISTE POPULAIRE : des exemplaires du Manifeste en version braille remis à des personnes en situation de handicap

(Ouagadougou, 19 mai 2026). C’est une action qui est en parfaite adéquation avec les orientations de Son Excellence le Capitaine Ibrahim TRAORÉ, Président du Faso, Chef de l’État : « Personne ne doit être laissée au bas-côté de la route dans l’élan de notre Révolution Progressiste Populaire ». Et le Groupe Interface SA a bien compris ce message en le matérialisant, ce mardi, par la remise d’exemplaires transcrits en braille du Manifeste de la Révolution Progressiste Populaire à l’Union Nationale des Associations Burkinabè pour la Promotion des Aveugles et Malvoyants (UN-ABPAM). Une contribution pour l’inclusion et la mémoire citoyenne.

Dans la salle de conférence de l’UN-ABPAM, l’émotion était palpable. Sous la plus grande attention des membres de l’union, élèves et étudiants, les doigts ont commencé à parcourir les points saillants de la « boussole » de la Révolution transcrite en braille. Ce geste, une initiative citoyenne du Groupe Interface SA, est une contribution pour la vulgarisation du Manifeste de la Révolution Progressiste Populaire.

Pour le représentant de l’Administrateur général du Groupe Interface SA, M. Lionel COMPAORÉ, l’acquisition en collaboration avec la Présidence du Faso et la mise à disposition du Manifeste de la RPP en braille s’inscrivent dans la volonté de l’entreprise d’accompagner le Chef de l’État, le Capitaine Ibrahim TRAORÉ, engagé dans une dynamique d’inclusion pour le succès de la Révolution burkinabè.

Briser les barrières de l’exclusion

Par cette remise d’exemplaires du Manifeste de la Révolution en alphabet braille, le Groupe Interface SA permet aux non-voyants les moyens de comprendre son contenu.

Selon le président de l’UN-ABPAM, M. Guy YAMÉOGO, cette remise est une réponse à leur préoccupation depuis le lancement du Manifeste de la Révolution Progressiste Populaire. « Nous sommes très fiers de recevoir ce document qui va nous aider à nous ancrer dans l’esprit de la révolution, nous guider à mieux nous engager pour accompagner notre Président », s’est-il réjoui, exemplaire du Manifeste sous la main.

Cette cérémonie rappelle que la Révolution Progressiste Populaire, se veut totale et inclusive. L’exemple donné par le Groupe Interface SA mérite d’être imité aussi bien pour la version en alphabet braille que pour les autres versions du Manifeste de la Révolution Progressiste Populaire, disponibles dans le circuit officiel des différents points de distribution à travers le territoire national, notamment les Gouvernorats et les représentations du journal Sidwaya. De nombreux établissements scolaires, universitaires et structures de formation professionnelle sont preneurs.

Direction de la communication de la Présidence du Faso »

Honneur à la civilisation béninoise avec Armand Pascal Aniambossou

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«Né le 27 août 1936 à Ouidah, au Bénin, Armand Pascal Aniambossou incarne une figure majeure de l’art africain contemporain. Sa trajectoire artistique, profondément ancrée dans une quête de sens et une exploration audacieuse des formes, lui a permis de devenir le maître incontesté du «forcubisme », un langage pictural qu’il a inventé. Cette démarche originale fusionne l’abstraction cubiste européenne avec les symboles, les rythmes et les cosmogonies de l’Afrique noire, donnant naissance à une esthétique inédite et profondément signifiante. Issu d’une famille commerçante, il grandit dans l’atmosphère mystique et syncrétique d’Ouidah, ville historique du Bénin, berceau de la culture vaudou…. ». Yé Lassina Coulibaly lui rend ici un vibrant hommage. Lisez plutôt !

«Honneur à la civilisation béninoise : tradition, culture et science.

Au Bénin, terre où chaque peuple apporte ses mythes, ses gestes, ses masques. Ô toi, passant distrait, crois-tu qu’il ne s’agisse là que d’ornements, de couleurs vives jetées pour flatter les yeux ? Non point ! Mille fois non ! Ces bois sculptés, ces bronzes fondus, ces étoffes tissées sont des paroles visibles, des lois murmurées, des mémoires inscrites dans la matière. Ils sont des archives vivantes d’une sagesse qui précède les livres. Et les enfants, assis au seuil de la cour familiale, boivent ces récits comme une première nourriture de l’âme, lait symbolique qui forge leur conscience.

Ecoutons le Sage:  » Vous vous imaginez que ces masques immobiles se taisent ? Erreur ! Qu’un masque traverse la place, et voilà tout le village saisi de silence. Car sous ce bois peint, ce n’est plus un voisin ordinaire : c’est l’ancêtre qui revient, juge invisible qui suspend les querelles et commande la révérence. » Là se joue une grande métamorphose : l’homme devient spectre, le spectre devient maître, et le peuple entier s’incline. L’enfant, attentif, apprend dès lors sa première leçon de philosophie : que tout n’est pas visible, et que la réalité se révèle souvent autre que ce que l’œil contemple.

Réfléchissons donc. Bois, métal, chant, danse, étoffe : ne vois-tu pas qu’ici s’élabore un langage plus subtil que tous les alphabets importés ? Le textile tissé inscrit les identités comme une écriture de couleurs. Le bronze, figé mais impérissable, proclame la mémoire des rois disparus. Le masque ne vit que par la mémoire des ancêtres et par la musique, et la musique ne respire qu’à travers le corps qui danse. Ainsi, costume, rythme et geste s’unissent comme les membres d’un seul organisme. L’enfant, qui s’essaie maladroitement à reproduire les pas de ses aînés, n’entre-t-il pas déjà dans la plus vaste des écoles : celle de l’art populaire et savant, où l’éducation se confond avec le jeu ?

Nulle discipline n’est plus réglée que ces spectacles. L’esprit des masques rappelle aux hommes l’autorité des ancêtres, la puissance des mères, veillent sur la cité plus sûrement que certains policiers modernes. Et les enfants, dans la foule, regardent, questionnent, imitent : leurs yeux s’ouvrent, leur mémoire s’imprime, leur conscience s’éveille. Quelle école, je vous le demande, plus efficace que ce théâtre vivant, où la philosophie se danse et où la civilisation se transmet sans manuel ?

Et la nature elle-même joue sa partition. La terre nourrit, puis reçoit les morts. L’eau relie les mondes, purifie et féconde. Le ciel dessine des calendriers que les prêtres lisent comme d’autres lisent une tragédie grecque. L’homme doit toujours rendre hommage avant de prendre : offrande à la terre avant de semer, chant au fleuve avant de pêcher. Voilà l’écologie première, sacrée, que nos savants modernes, tout occupés de chiffres, oublient trop souvent. L’enfant, en suivant ses parents au champ ou à la rivière, apprend ainsi que l’éducation n’est pas seulement affaire de bancs d’école, mais de gestes répétés, transmis de génération en génération.

La science assure qu’on peut exploiter sans rendre grâce !  Et voici la récolte qui se flétrit, le fleuve qui se retire, et nos doctes calculateurs de s’étonner. N’est-ce pas clair ? Quand le paysan béninois s’adresse aux esprits de la nature, il s’adresse surtout à sa conscience. Il enseigne à ses enfants que vivre, c’est toujours contracter une dette, et qu’apprendre, c’est d’abord reconnaître la limite.

Et parlons des femmes ! Certains, naïfs, les croiraient reléguées. Quelle erreur ! Elles règnent sur les marchés, conduisent des cultes, soignent par les plantes, et dans les Gelede leur puissance est célébrée en pleine place publique. Qui initie les enfants aux saveurs, aux contes, aux remèdes ? Elles encore. Les mères, les grand-mères, les sœurs aînées forment une armée invisible d’institutrices du quotidien. Chaque conte au crépuscule, chaque geste culinaire, chaque chant murmuré devient acte de transmission.

 

Ô vérité éclatante ! Laissez donc les femmes de côté, et aussitôt la maison s’écroule. Car sans elles, le foyer — première salle de classe — s’éteint. Au Bénin, elles gouvernent sans sceptre, mais avec des paniers et marmites, et forment des générations entières à survivre, marchander, croire.

Mais voici le drame de ce siècle : l’école moderne, les migrations, les lois importées bouleversent les transmissions. L’enfant, hier encore instruit au clair de lune, se retrouve aujourd’hui face au tableau noir. La science du guérisseur se heurte aux formules du laboratoire. Comment unir ces mondes sans profaner l’un ni renier l’autre ? Comment faire de l’enfant à la fois l’héritier de la tradition et le citoyen du monde globalisé ?

Le sage, avec ironie et lucidité: « Donnez-moi vos secrets, braves guérisseurs ! Je les transformerai en pilules dorées, et vos enfants n’en recueilleront que des miettes !  » Voilà le piège de notre époque. Les artisans, dépositaires de l’âme du peuple, vivent dans la précarité, et leurs enfants voient leur héritage menacé d’oubli. N’est-il pas urgent d’inventer une pièce nouvelle, intitulée L’École des Traditions, où ministres, maîtres d’école et villageois siégeraient ensemble, afin de sceller un pacte juste entre mémoire et modernité ?

Le conflit n’oppose pas tradition et progrès, mais mépris et reconnaissance. Si l’on respecte et protège, les masques continueront de parler, les chants de guider, les savoirs de guérir, et les enfants d’apprendre. Si l’on néglige, tout s’éteindra, comme un feu abandonné faute de bois.

Eh bien, jouons donc cette pièce de la mémoire ! Que le Bénin devienne scène, que les masques soient acteurs, que les femmes soient régentes, que les vieillards soient sages, que les enfants soient élèves, que les chants soient dialogues. Peuple de la terre et de l’eau, riez si vous voulez, pleurez si vous pouvez, mais surtout écoutez : c’est la tradition qui parle — et c’est peut-être la plus profonde des philosophies.

Digne fils du Bénin, Armand Pascal Aniambossou est une figure majeure de l’art contemporain africain, un peintre de renommée mondiale, un artiste entre deux monde qui a, par sa plume picturale, porté haut les valeurs culturelles de son pays.

Né le 27 août 1936 à Ouidah, au Bénin, Armand Pascal Aniambossou incarne une figure majeure de l’art africain contemporain. Sa trajectoire artistique, profondément ancrée dans une quête de sens et une exploration audacieuse des formes, lui a permis de devenir le maître incontesté du «forcubisme », un langage pictural qu’il a inventé. Cette démarche originale fusionne l’abstraction cubiste européenne avec les symboles, les rythmes et les cosmogonies de l’Afrique noire, donnant naissance à une esthétique inédite et profondément signifiante.

Issu d’une famille commerçante, il grandit dans l’atmosphère mystique et syncrétique d’Ouidah, ville historique du Bénin, berceau de la culture vaudou. Cette immersion dans un univers spirituel foisonnant nourrit son imaginaire et forge sa sensibilité artistique, lui offrant un terreau symbolique riche où s’entrelacent mythe, mémoire et ritualité. Après des études en France, il revient au Bénin en 1960, où il organise une série d’expositions soutenues par le président de l’époque. L’invitation à représenter le Dahomey (ancien nom du Bénin) à Berlin-Est en 1963, lors d’une exposition internationale, marque le début de sa reconnaissance sur la scène artistique mondiale et souligne la dimension transnationale de son œuvre.

Armand Pascal Aniambossou a marqué l’histoire de l’art avec ses deux courants picturaux majeurs : les Visages tourmentés, qui témoignent des épreuves et des drames auxquels les enfants d’Afrique sont confrontés depuis des siècles, et le Forcubisme, une réappropriation audacieuse du cubisme par ses créateurs originels, rajeuni, approfondi et perfectionné.

Le « Forcubisme » d’Aniambossou, véritable révolution esthétique, constitue une synthèse inédite entre le cubisme européen et les traditions artistiques africaines. Ses œuvres, caractérisées par des compositions dynamiques, des géométries fragmentées et une palette chromatique vibrante, explorent les thématiques de l’identité, de la mémoire collective et de la spiritualité. La virtuosité technique de l’artiste se conjugue à une capacité singulière à insuffler une présence vivante à chaque toile, conférant à ses créations une dimension à la fois théâtrale et subtilement délicate. Aniambossou, par sa maîtrise du geste pictural et de la couleur, s’affirme ainsi comme un maître coloriste capable de traduire visuellement les résonances intérieures de son héritage culturel.

La reconnaissance internationale d’Armand Pascal Aniambossou se traduit par des expositions dans des institutions prestigieuses à travers le monde. En Afrique, ses œuvres ont été présentées à la Fondation Zinsou à Cotonou, au Bénin, ainsi qu’à la Fondation Montresso à Marrakech, au Maroc. En Europe, Berlin l’accueille, et ses œuvres y sont acquises par des institutions telles que le Musée d’ethnologie, attestant de l’impact de sa démarche sur la scène artistique globale. Plus récemment, en 2025, l’exposition intitulée « Le Cubisme d’Aniambossou » organisée à la Rare Gallery à Paris a permis de révéler au public onze de ses dessins originaux, consolidant la mémoire vivante de son œuvre.

Armand Pascal Aniambossou est décédé le 24 janvier 2020, laissant derrière lui un corpus artistique d’une force expressive exceptionnelle. Son œuvre demeure un espace de rencontre entre l’Afrique et l’Europe, entre tradition et modernité, et continue d’inspirer artistes et amateurs d’art à travers le monde. Par son engagement, Aniambossou illustre la possibilité de transcender les frontières culturelles et de célébrer la richesse de l’identité africaine à travers un prisme esthétique universel, témoignage durable de la puissance créatrice de l’art.

Pour découvrir ses œuvres et approfondir son parcours, il est possible de consulter sa page sur Artmajeur.

Ainsi, que ce soit par l’art, la poésie ou l’engagement citoyen, chacun de nous peut contribuer à écrire le futur radieux de l’Afrique. L’action commence maintenant, et elle commence avec nous.

Son fils, le poète Alain Alfred Moutapam et l’artiste musicien Ye Lassina Coulibaly tissent une amitié dont la portée dépasse le simple lien personnel pour s’inscrire dans une dynamique culturelle et artistique profondément signifiante. Leur rencontre, survenue lors des obsèques du regretté journaliste Amobe Mevégué, fut le point de départ d’une relation fraternelle et créative, nourrie de respect mutuel et de valeurs partagées. Cette amitié, à la manière des dialogues de Cheikh Anta Diop, repose sur l’échange sincère, l’enrichissement réciproque et la quête inlassable de la vérité. Elle transcende le temps et l’espace, s’inscrivant dans cette tradition de complicité intellectuelle où la rencontre de deux esprits éclairés fait naître des œuvres qui portent la double empreinte de l’intime et de l’universel.

À l’instar du génie africain, maître de la critique sociale et de l’art de l’expression, cette relation se révèle sous le signe de l’exigence de sens et de beauté dans la création. Moutapam et Coulibaly observent le monde avec acuité et subtil humour, mettant en lumière les valeurs humaines essentielles et les contradictions de la société, tout en transmettant leurs réflexions par le prisme de leur art. L’alliance de la pensée de Cheikh Anta Diop et de ce style incisif se manifeste dans leur démarche : rigueur intellectuelle, exigence éthique et esthétique, mais également ouverture au dialogue et à l’altérité.

L’ancrage de leur travail dans les traditions africaines respectives leur confère une profondeur singulière. Leurs créations ne se limitent pas à de simples productions artistiques : elles deviennent des vecteurs de transmission culturelle et de mémoire collective. Leur ambition est de faire résonner les voix des ancêtres, d’inscrire dans la postérité les histoires, les valeurs et les sagesses de l’Afrique, tout en dialoguant avec les héritages universels de la pensée et de l’art. La collaboration de Moutapam et Coulibaly, soutenue par l’amitié et la mémoire de leur ami commun Amobe Mevégué, promet de générer des fruits artistiques capables de marquer leur époque et de nourrir l’histoire culturelle africaine pour les générations futures.

En définitive, cette rencontre entre amitié, art et valeurs humanistes illustre que la création, lorsqu’elle s’épanouit dans le respect mutuel et l’héritage partagé devient un acte profondément historique. À l’image de Cheikh Anta Diop et du génie africain, Moutapam et Coulibaly démontrent que l’amitié artistique peut devenir un creuset de culture, de sens et de beauté, transcendant le présent pour éclairer l’avenir.

Alain Alfred Moutapam est une figure singulière au carrefour du droit, de la culture et de la diplomatie. Juriste internationaliste de formation, il est titulaire d’une maîtrise en droit obtenue à l’Université de Metz, ainsi que d’un diplôme de troisième cycle en fonction publique internationale, option Culture et Développement, délivré par l’École des Hautes études internationales de Paris. Ces solides bases académiques lui ont permis de développer une vision globale et transversale des enjeux juridiques, institutionnels et culturels qui façonnent les relations internationales contemporaines.

Poète autant qu’intellectuel engagé, Alain Alfred Moutapam a su conjuguer rigueur juridique et sensibilité artistique. Sa plume s’inspire des réalités africaines et diasporiques, mais également des aspirations universelles de justice, de dignité et de reconnaissance. Son parcours illustre ainsi la possibilité d’un dialogue fécond entre droit et littérature, entre rationalité et imagination, entre action politique et création artistique.

Reconnu comme expert en diplomatie culturelle africaine, il s’est imposé comme l’un des artisans majeurs de la valorisation des identités et des patrimoines culturels du continent et de sa diaspora. Il figure notamment parmi les initiateurs de la Journée mondiale de la culture africaine et afrodescendante, adoptée par une large majorité des États membres des Nations Unies. Cet engagement témoigne de sa volonté de faire de la culture non seulement un vecteur de mémoire et de fierté, mais aussi un instrument de développement, de paix et de rapprochement entre les peuples.

Par son parcours et ses initiatives, Alain Alfred Moutapam illustre la figure de l’intellectuel moderne : à la fois enraciné dans son héritage africain et ouvert aux horizons internationaux. Son œuvre et son action contribuent à rappeler que la culture, loin d’être un simple ornement, constitue une force motrice pour l’avenir, un espace de dialogue interculturel et un socle pour un développement harmonieux.

Il dispose d’une solide et riche expérience dans le management des projets culturels, acquise à travers un parcours jalonné d’initiatives majeures et d’engagements constants. En qualité d’agent d’artistes peintres, il a su mettre en valeur et accompagner la carrière de créateurs, en favorisant leur visibilité et leur rayonnement sur la scène internationale. Parallèlement, il est le fondateur d’une organisation non gouvernementale dédiée à la promotion de la diplomatie culturelle et des industries créatives, perçues comme des leviers stratégiques pour le développement durable et l’épanouissement de l’Afrique.

Son expertise a été reconnue dès 2010, lorsqu’il participa activement en tant que membre du comité organisateur du prestigieux Festival mondial des arts nègres de Dakar, événement qui a marqué un tournant dans la valorisation des cultures africaines et de la diaspora. Dans le prolongement de cet engagement, il a été sollicité comme conférencier sur des thématiques cruciales telles que la diplomatie culturelle et les industries créatives envisagées comme de nouvelles voies pour favoriser le progrès et l’intégration de l’Afrique dans le concert des nations.

Sa voix et son expertise l’ont conduit à intervenir dans des instances de tout premier plan. Il a ainsi pris part à de nombreux colloques et rencontres internationales prestigieuses, notamment en France, à l’Assemblée nationale, au siège de l’Unesco à Paris, dans plusieurs municipalités françaises, ainsi qu’au Parlement européen à Bruxelles. Ses interventions, portées par sa double légitimité de poète et d’expert en diplomatie culturelle, lui ont permis d’articuler une réflexion originale et inspirante sur les enjeux liés au dialogue interculturel, à la diversité et à la création comme moteur de développement.

Dans cette dynamique, il a eu l’insigne honneur d’ouvrir, en novembre 2011, la célébration du 10e anniversaire de la Déclaration universelle de l’Unesco sur la diversité culturelle. À cette occasion, son poème emblématique intitulé Ma différence a été choisi pour marquer l’événement, suscitant une vive émotion dans l’assemblée. Ce moment fort témoigne non seulement de la reconnaissance internationale de son talent artistique, mais également de son rôle d’ambassadeur de la diversité et de la créativité dans le monde contemporain.

Il est des époques de l’histoire où le silence devient une trahison. Il est des temps sombres, dans la vie des peuples et des nations, où la voix du poète, de l’intellectuel et du militant se doit de rompre ses retraites intérieures, pour embrasser le tumulte du monde et porter haut, très haut, le cri de détresse, le cri de chagrin, mais aussi le cri d’espérance d’un peuple qui refuse de mourir.

Aujourd’hui, ce peuple, c’est le nôtre : le peuple africain. Ce peuple mutilé, trahi, dispersé, mais jamais vaincu. Comment ne pas rappeler, avec gravité et indignation, que le partage de l’Afrique opéré à Berlin en 1884-1885 fut, après le crime abominable de l’esclavage, du Code noir, et de toutes les autres barbaries coloniales, l’un des plus grands forfaits commis contre l’humanité noire ? Ce dépeçage méthodique de notre continent, décidé sans nous, contre nous, a érigé des frontières artificielles, séparé des peuples, brisé des dynamiques, et condamné des générations entières à vivre dans des républiques sans véritable souveraineté, constamment surveillées, manipulées et fragilisées

Depuis lors, l’Afrique est restée morcelée, affaiblie, dépendante ; et le quotidien de millions de ses enfants en porte encore les stigmates. Comment avancer, comment se développer, quand chaque pays est isolé, enfermé dans des carcans hérités de la colonisation, soumis à des logiques économiques et politiques qui perpétuent la dépendance vis-à-vis de l’agresseur d’hier ? Comment être souverains dans un monde où l’union fait la force, si nous persistons à demeurer divisés ?

Nos ancêtres nous ont pourtant enseigné que « l’intelligence collective est le chemin de la survie et de la grandeur ». Ce principe fondamental, qui procède de l’union des intelligences et des forces, fut celui qui fit naître jadis les grandes civilisations africaines : du Kemet pharaonique aux royaumes du Mali, du

Songhaï et du Monomotapa. Ces empires antiques avaient compris que l’unité, la solidarité et la mise en commun des ressources et des savoirs étaient la clé de la puissance et de la prospérité.

Alors, pourquoi hésiter ? Pourquoi tarder ? Le temps est venu pour nous, Africains de tous horizons, du continent et des diasporas, de retrouver cette unité perdue. Il nous faut rassembler nos énergies, conjuguer nos intelligences, pour affronter avec courage et sérénité les innombrables défis que nous impose un monde impitoyable, dominé par des puissances prédatrices qui n’ont jamais cessé de lorgner sur nos richesses et de dicter nos destins.

L’unité de l’Afrique n’est pas une option. Elle est un impératif catégorique, une exigence historique. Elle doit être enseignée dans nos écoles, inscrite dans nos programmes, inculquée à nos enfants dès leurs premières années d’apprentissage, afin qu’ils grandissent avec la conscience que leur avenir dépend de la renaissance d’un continent uni et souverain.

Certes, nos malheurs trouvent en grande partie leur origine dans les agressions étrangères : traite négrière, colonisation, néocolonialisme, pillage systématique de nos ressources. Mais nous devons avoir l’honnêteté de reconnaître que l’avenir ne se construira pas uniquement en dénonçant les injustices du passé. Il appartient aux Africains d’aujourd’hui et de demain de penser, de rêver et surtout de créer les conditions concrètes des victoires futures.

Ces victoires passeront par la construction d’une Union africaine capable de garantir une souveraineté réelle, de protéger nos peuples, de valoriser nos richesses et de peser dignement dans le concert des nations. Mais elles passeront également par une profonde refondation de l’école africaine, afin qu’elle cesse d’être un simple outil de reproduction des schémas hérités de la colonisation et devienne enfin un creuset de renaissance, de créativité et d’émancipation. Car l’école est l’âme d’une nation, et sans une école africaine repensée pour servir les besoins et les aspirations du continent, il ne saurait y avoir de véritable indépendance.

L’Afrique est à la croisée des chemins. Soit nous persistons dans la voie de la division et de la dépendance, et nous serons condamnés à rester les éternels assistés du monde ; soit nous choisissons résolument la voie de l’unité, de la souveraineté et de la dignité, et alors nous pourrons offrir à nos enfants et aux enfants de leurs enfants une Afrique forte, respectée et respectueuse d’elle-même.

Oui, l’heure a sonné. L’Afrique doit se lever. L’Afrique doit s’unir. L’Afrique doit fédérer. Car de cette unité dépend non seulement notre survie, mais aussi notre renaissance, notre grandeur retrouvée, et la promesse d’un futur que nous devons bâtir de nos propres mains.

Vive l’Afrique unie ! Vive l’Union africaine qui vient !

L’école africaine nouvelle devra constituer, par excellence, le laboratoire vivant et le creuset de sédimentation d’un projet porteur d’espoir, rêvé et porté par les pères fondateurs de nos indépendances. Elle ne sera pas seulement un lieu de transmission des savoirs académiques, mais aussi et surtout un espace d’expérimentation, de réflexion critique et de création collective. Par la méthode, la sagesse et l’efficience, cette école nourrira la vision d’une Afrique réconciliée avec elle-même, consciente de son génie propre et résolument tournée vers l’avenir.

Dans ce sanctuaire du savoir et de l’action, les enfants d’Afrique apprendront très tôt à penser ensemble, s’organiser ensemble, travailler ensemble et bâtir ensemble. Dans cette perspective, l’éducation  ne sera donc pas une simple accumulation de connaissances, mais un véritable apprentissage de la solidarité, de la coopération et de l’intelligence collective. En redécouvrant la puissance de l’union et en expérimentant les fruits du travail commun, cette génération nouvelle donnera naissance à un type inédit d’Africains : des femmes et des hommes capables de hisser le continent à la hauteur des espérances de ceux qui, hier, ont rêvé et œuvré pour sa dignité et sa liberté.

Cependant, cette renaissance éducative et culturelle doit aller de pair avec une prise de conscience économique et géopolitique. Les économistes les plus avertis ne cessent de le rappeler : les richesses du sous-sol africain – pétrole, gaz, cobalt, lithium, terres rares, or et diamant – seront de plus en plus convoitées par les grandes puissances, obsédées par l’approvisionnement de leurs industries et par le maintien de leur suprématie mondiale. Dans ce contexte, l’Afrique ne peut plus se permettre d’être un simple réservoir de matières premières.

Il devient impératif que les Africains s’organisent sur tous les plans pour transformer et valoriser leurs propres ressources sur place, avant toute exportation. Ce choix stratégique sera le point de départ d’une souveraineté économique réelle. Mais au-delà de l’économie, il s’agit d’ériger un bouclier global : élaborer des stratégies politiques, diplomatiques, économiques, technologiques et militaires qui permettront au continent de résister aux pressions extérieures, de réduire sa dépendance et d’affirmer son autonomie.

Car l’enjeu est clair : l’Afrique a l’impérieuse obligation de reconquérir sa souveraineté dans toutes ses dimensions — politique, économique, culturelle, spirituelle et monétaire. Sans cette reconquête, le rêve d’union africaine restera une utopie inachevée. Avec elle, en revanche, l’Afrique pourra enfin s’asseoir à la table des nations comme une puissance respectée, libre de ses choix et maîtresse de son destin.

Depuis plusieurs siècles, l’Afrique subit de manière continue les contrecoups de son dépouillement historique. La perte de son initiative politique, culturelle et économique a commencé avec les grandes vagues d’agressions extérieures : les invasions perses, arabes, romaines, puis les conquêtes et colonisations européennes. Aujourd’hui encore, ce processus se perpétue sous des formes nouvelles, plus insidieuses, à travers l’emprise des multinationales et des logiques économiques mondialisées qui maintiennent le continent dans unedépendance structurelle. Ainsi, l’Afrique n’a pas encore retrouvé la pleine capacité de décider librement de son destin, de tracer l’avenir de ses enfants et de bâtir un projet continental affranchi des tutelles étrangères.

 

 

Face à cette situation, une interrogation fondamentale s’impose : ceux qui, aujourd’hui, portent la lourde responsabilité de conduire nos Républiques disposent-ils réellement des moyens à la hauteur de la mission qui leur incombe ? Sont-ils en mesure de répondre aux défis immenses que leur confient leurs peuples ?

Or, dans nombre de nos pays, la réalité des faits est implacable, les indicateurs sont alarmants : fragilité institutionnelle, pauvreté endémique, services publics délabrés, absence de perspectives pour la jeunesse, le tout aggravé par les attaques répétées des groupes terroristes qui ensanglantent nombres de nations.

Devant l’ampleur de ces menaces, il apparaît urgent de penser et de mettre en œuvre une globalisation des stratégies et une mutualisation des forces. Les défis sécuritaires, économiques et politiques dépassent désormais les frontières nationales. Ils exigent des réponses coordonnées, solidaires et fermes, capables de contrer les influences extérieures hostiles qui instrumentalisent nos fragilités pour mieux perpétuer l’assujettissement de l’Afrique.

En définitive, face à une pauvreté généralisée, à une insécurité persistante et à la désillusion croissante des populations, une vérité douloureuse s’impose : un changement de mode de gouvernance ainsi que l’urgence d’un nouveau leadership prenant en compte les aspirations profondes des peuples africains, et animé par une vision claire de libération, d’unité et de souveraineté véritable, s’impose. Dans ce contexte, Ceux qui détiendraient les leviers du pouvoir -qu’ils relèvent de l’exécutif, du législatif ou du judiciaire- inscriraient leur action dans une dynamique de redressement de la trajectoire de nos pays, de recherche de rassemblement de petits Etats, afin de réduire leur vulnérabilité face aux appétits impérialistes.

L’exigence la plus élémentaire de l’art de gouverner n’est-elle pas celle de servir?Servir encore, servir toujours le peuple, en particulier les plus démunis, ceux qui portent le poids de l’injustice sur leurs épaules.

Regardez autour de vous l’état de nos écoles, de nos collèges, de nos lycées, de nos universités, de nos marchés, de nos ponts, de nos trains, de nos routes ! Ô délabrement, quand tu nous tiens et que nul ne semble vouloir te combattre ! Observez nos villages, nos villes, nos quartiers, nos bâtiments publics : partout, l’architecture s’effrite, la propreté s’évanouit, et le soin des lieux publics n’est plus qu’un lointain souvenir.

Face à ce constat accablant, il devient impératif que chaque fille et fils d’Afrique assume sa responsabilité. Il nous revient désormais d’être utiles à notre terre, à notre continent et à l’humanité entière. Chacun à sa manière, à sa place, là où il se trouve. L’avenir de l’Afrique n’attend pas. Il se construit dans l’effort quotidien, dans la solidarité, dans la volonté inflexible de faire mieux et de construire une Afrique capable de résister aux pressions extérieures et de défendre nos intérêts communs, soudée dans un même espoir d’unité.

En effet, jusqu’à ce jour, nous n’avons pas su transformer nos pays par le haut. Nous n’avons pas été capables de choisir nos dirigeants de manière véritablement souveraine, de renouveler nos gouvernements selon notre volonté, ni de nous doter d’institutions politiques fédérales qui reflètent notre conception du monde et notre vision du développement. De nombreux obstacles ont constamment freiné nos aspirations.

Une telle réalité nous oblige à prendre un engagement solennel : celui d’activer le changement par le bas.

Qu’est-ce que cela signifie, concrètement ? Cela signifie que chacun d’entre nous, peu importe son métier, son statut social ou son lieu de résidence, doit devenir le garant du changement qu’il souhaite voir à la tête de l’État. Cela passe par un comportement irréprochable, par la rigueur et l’excellence dans le travail, par le sérieux et la bienveillance dans nos relations avec nos concitoyens et avec notre environnement. Cela exige, plus encore, une quête constante de justice, de vérité, d’harmonie et d’ordre dans chacune de nos actions.

C’est seulement ainsi que, demain, nous pourrons dire avec fierté à nos enfants qu’au cours de la longue période de régression et de brouillard qui a enveloppé notre continent et nos nations, nous avons tout fait, dans la mesure de nos moyens, pour faire avancer nos sociétés.

Je suis convaincu que c’est en cultivant cette responsabilité individuelle et collective dès aujourd’hui que nous contribuerons progressivement à bâtir un nouveau pays, un continent renouvelé, et, plus largement, une humanité portée par une réelle prise de conscience. Ce processus engendrera inévitablement un leadership rénové, plus attentif à l’intérêt général, à l’écoute de toutes les composantes de la société, et particulièrement des plus défavorisées.

C’est cette ambition profonde qui m’anime en ce jour. Mais avant que ce temps nouveau n’arrive – ce temps où nous aurons enfin des élites choisies par nous, des institutions issues d’un consensus réel, et des infrastructures à la hauteur de nos besoins – je vous invite à surmonter la peur et à vous engager, ici et maintenant, pour que ce changement advienne.

 

Le changement véritable ne viendra jamais de l’extérieur : il doit naître en nous, par notre volonté, nos actions et notre engagement. Il ne suffit plus de dénoncer les injustices, de constater les carences ou de pointer les manquements ; il nous faut être acteurs, participants actifs de la transformation. Engageons-nous dans nos associations, dans nos groupes de réflexion, dans les structures politiques et citoyennes de nos quartiers, de nos municipalités, de nos régions. Soyons présents dans dénonciation et dans l’action, afin que nos voix ne se perdent pas dans le vide, mais se transforment en actes concrets, visibles et durables.

Je crois fermement qu’une Afrique nouvelle et prospère est à notre portée.

Une Afrique où les enfants, filles et garçons, de toutes origines, marcheront côte à côte, confiants en leur avenir. Une Afrique où chacun comprendra que le travail, la persévérance et le mérite sont les clés qui ouvrent les portes de la réussite et permettent à chacun d’atteindre les sommets de la société. Ce rêve n’est pas une utopie : il est le reflet d’une ambition collective, de l’espérance et de l’énergie de ceux qui refusent la fatalité et veulent bâtir un continent fort, uni et rayonnant.

C’est avec cet espoir que je m’adresse à vous aujourd’hui. Et je ne puis conclure sans vous inviter à porter ce message partout où il est nécessaire : portez-le dans vos communautés, dans vos villes, dans vos institutions. Soyez les messagers d’un optimisme actif, celui des enfants d’Afrique qui croient en leur continent, en leur pouvoir d’action et en la force de leur engagement. Car chacun d’eux peut devenir l’acteur principal du changement qu’il souhaite pour son peuple et pour toute l’Afrique.

Vive l’Union africaine !

Enfin, après avoir rendu hommage au Bénin, berceau de la famille paternelle d’Alain Alfred Moutapam, je voudrais saluer la mémoire de sa mère, originaire du Cameroun.

Ô civilisation du Cameroun, qu’est-ce donc qu’un peuple, sinon le fil invisible qui relie les vivants, les ancêtres et les esprits de la nature ? Un peuple est mémoire, il est souffle, il est transmission. Au Cameroun, une multitude de peuples et les chefs coutumiers se rencontrent — Bamiléké, Bassa, Beti, Bamoun, Kirdi, Peul, Tikar, Maka, Bakweri, et tant d’autres — chacun portant ses totems, ses arbres sacrés, ses rites, ses chants et ses philosophies. Crois-tu que ce soit folklore pour la curiosité des voyageurs ? Non, ce sont des bibliothèques vivantes, écrites dans la terre, la pierre, le bois, le tissu et la voix humaine. Ils parlent plus haut que les archives coloniales, car ils disent la loi, quand la loi de papier n’a pas encore germé.

Regarde ces arbres sacrés qui veillent sur les villages : le fromager, pilier du monde ; le palmier, nourricier et généreux ; le kolatier, gardien des pactes. Leur ombre est tribunal, leur tronc est autel, leurs racines sont mémoire. L’homme qui s’incline devant eux apprend que l’éducation commence par le respect du vivant, que la philosophie n’est pas seulement dans les livres, mais dans la contemplation du ciel, de l’eau, du feu et de la lumière.

Vous croyez que les statues des chefferies se taisent ? Détrompez-vous. Qu’un masque Bamoun descende sur la place, et l’on se fige comme devant un tribunal invisible. Car ce n’est plus un voisin déguisé : c’est l’ancêtre qui marche, c’est le juge qui siège. Les corps tremblent, les langues se taisent. Voilà une dramaturgie où l’homme devient spectre, et le spectre devient souverain. Quelle scène plus puissante que bien des palais de justice ! Théâtre ancestral, cinéma d’avant l’écran, science sociale par excellence.

Mais songe-y : bois, perles, tambours, tissus, danses, feux et invocations — tout cela ne compose-t-il pas un langage plus subtil que nos alphabets importés ? Le pagne tissé inscrit les appartenances comme une écriture de couleurs et de géométries. L’art du tissu est philosophie textile : chaque motif raconte une alliance, un mariage, un deuil ou une victoire. La statue de chefferie fixe pour toujours l’autorité d’un roi disparu. Le tambour ne se contente pas de résonner : il transmet la parole, convoque le village, ordonne le temps. Le corps peint et masqué devient le livre vivant où se lisent les pactes entre l’homme, la terre, l’air, l’eau, le feu et la lumière.

Qu’il n’est pas de mise en scène plus rigoureuse que celle-là ! Voici les sociétés initiatiques qui gardent les secrets, voici les danses guerrières qui rappellent aux jeunes leur devoir, voici les rituels de la forêt qui lient l’homme à la terre nourricière. Chaque geste est un poème, chaque chant une prière, chaque danse une pédagogie du mouvement. L’éducation ancestrale n’est pas seulement parole : elle est geste, rythme, souffle. Et les enfants, assis au cercle du feu, apprennent en regardant, en chantant, en imitant. Là où l’école moderne enferme, la tradition ouvre la mémoire des corps.

Et la nature, elle aussi, est actrice du rituel. La montagne — Mont Cameroun, Mandara, Manengouba — demeure sanctuaire et oracle. La rivière Sanaga purifie, le Nyong nourrit, le Wouri relie les hommes par ses pirogues. Le vent est messager, la pluie est bénédiction, la foudre est avertissement, la lumière du soleil est principe de vie. Avant de pêcher, de chasser, de semer, l’homme doit s’incliner : verser du vin de palme, offrir du mil, allumer un feu. Voilà une écologie sacrée : combien de nos savants modernes ont oublié cette prudence élémentaire !

« Les calculs l’assurent : on peut prendre sans donner à la forêt ! » disent les ingénieurs pressés. Et soudain, le gibier s’épuise, la pluie se tarit, et l’on s’étonne. J’ose croire que ces Camerounais, en parlant aux dieux, parlaient surtout à leur conscience. Leur rituel est une morale incarnée, plus efficace que mille décrets lus à Yaoundé.

Et les femmes ? On les croit parfois repliées derrière l’ombre des chefferies, mais qu’on ouvre les yeux : elles règnent sur les marchés, gardent les secrets des plantes, président les cultes de fertilité, et leurs voix tissent la cohésion. Dans certaines sociétés, leur rôle de médiatrices est célébré par chants, par danses et par tissus rituels. Crois-tu que la maison tienne debout sans elles ? Illusion ! Les hommes portent le fer, forgent les armes, bâtissent les cases, mais les femmes portent la société dans leurs bras et dans leur savoir. Les enfants, eux, ne sont pas de simples héritiers : ils sont porteurs d’avenir, invités très tôt à participer aux chants, aux travaux, aux récits.

Laissez les femmes de côté, et le pays croule ! Elles tiennent la cité par leurs paniers, par leurs greniers, par leurs bénédictions. Leur pouvoir n’a pas besoin de sceptre : il est marché, il est parole, il est fécondité. Messieurs de salon, apprenez cela, avant de pérorer sur vos chaires !

Vois notre siècle : l’école moderne, les églises, la télévision, les migrations, le numérique — tout cela bouscule la mémoire des villages. Le guérisseur croise le médecin, les artistes contemporains, croise l’enseignant, le forgeron croise l’ingénieur, l’artisan croise le scientifique. Comment marier ces deux mondes sans détruire l’un ni mépriser l’autre ? Comment empêcher que des puissants n’arrachent les savoirs anciens pour les revendre en pilules dorées ou en algorithmes froids, laissant les sages sans reconnaissance ni ressource ?

 » Donnez-moi vos secrets de plantes, braves guérisseurs, et je les brevèterai à Paris ! Vous, vous aurez les miettes! » lance le commerçant rusé.

Voilà le drame du siècle. Nos artisans, nos potiers, nos tisserands, nos musiciens, nos sculpteurs tiennent l’âme du pays, mais l’État les oublie. Le numérique, la science moderne, pourraient être des alliés : bibliothèque digitale des savoirs ancestraux, formation scientifique enracinée dans la tradition, cinéma et théâtre pour transmettre les épopées. Quel paradoxe cruel de voir l’oubli là où il faudrait inventer des passerelles !

Car le vrai problème n’est pas tradition contre modernité, mais reconnaissance et justice. Protégeons et respectons, et alors les masques continueront de parler, les tambours de convoquer, les rivières de chanter, les savoirs de soigner, les chants de transmettre. Sinon, tout s’éteindra comme une braise qu’on n’a pas entretenue.

Eh bien, jouons cette pièce de mémoire ! Que le Cameroun soit scène, que les chefferies soient décors, que les femmes soient régentes, que les enfants soient graines d’avenir, que les tambours soient dialogues, que la danse, la musique, le chant et le théâtre rencontrent le cinéma et le numérique. Riez, pleurez, méditez : c’est la tradition qui parle, c’est la modernité qui répond. Et peut-être est-ce là la plus sage des comédies.

Artiste international, auteur compositeur et musico- thérapeute (auteur d’un livre-témoignage « L’art des sons, l’art du soin »), ancré sur les rives de la Seine et ouvert sur le monde, je suis à l’écoute des réalités contemporaines en Afrique, en Europe et au-delà. Mon travail s’inscrit dans une démarche engagée, où les arts vivants deviennent un langage universel au service des peuples.

Mon expertise dans le domaine des arts vivants s’est construite au fil de nombreuses expériences à travers le continent africain. J’ai parcouru le Mali, le Ghana, la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso avec une seule ambition : partager mon art et défendre ma vision d’une culture vivante, au cœur des sociétés. À travers ces voyages, j’ai rencontré des publics variés, témoins d’un art qui valorise les traditions africaines et rend hommage à nos ancêtres.

Mes créations, notamment autour des polyphonies de balafons et du projet « Yan Kadi Faso », ainsi que mon travail avec un orchestre afro-jazz, reposent sur un dialogue fécond entre sonorités africaines et européennes. Cette fusion musicale incarne une véritable rencontre des cultures. J’ai eu l’opportunité de présenter ce travail dans divers cadres : festivals, maisons de la culture, théâtres de la ville, maisons des jeunes, fondations culturelles, écoles de musique, écoles des Beaux-Arts et festivals de cinéma.

Sur le plan professionnel, j’ai eu l’honneur de collaborer avec des chefs d’orchestre et des musiciens talentueux: Gérard Hiéronimus, André Cecarelli, Michel Portal, Michel Moglio, Valentin Clastrier, Bertrand Renaudin, Manu Dibango, Mory Kanté, Salif Keita, Lamine Konté, Kassé Mady Diabaté…

 

Au cours de toutes ces années, j’ai donné des concerts et spectacles – où nous avons porté haut les couleurs de l’Afrique – dans plusieurs pays : la Suisse, l’Angleterre, l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne et les Pays-Bas, ainsi que dans des territoires tels que La Réunion, Mayotte et Saint-Domingue.

Chaque scène traversée a été un espace de célébration de l’art musical, un lieu où paroles et mélodies tissent des liens entre les peuples. Du Maroc à la Tunisie, le public a toujours répondu présent, confirmant la puissance de la musique comme vecteur d’unité.

Je suis profondément convaincu qu’aller à la rencontre des autres à travers la musique, c’est offrir aux peuples l’opportunité de se reconnaître, de se rassembler et de construire ensemble un chemin vers la paix. L’art et la culture sont des moyens essentiels pour accepter la différence comme une richesse.

Yé Lassina Coulibaly est musicothérapeute, artiste international et observateur attentif du monde.

Entre l’Afrique et l’Europe, il prête sa plume comme une passerelle entre les cultures, afin que l’art, la connaissance et la parole demeurent un langage vivant et universel de l’ Art et culture. 00336 76 03 71 66, yelassocoul@yahoo.fr

Artiste auteur-compositeur interprète

Musicothérapie sociétaire de la SACEM, ADAMI, SPEDIDAM, Union des Artistes Burkinabés

Chevalier de l’ordre du mérite, des lettres et de la communication (agrafe musique et danse)   du   Burkina-Faso ».

Éliminatoires CAN 2027 : Les Étalons logés dans le Groupe F

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A l’issue du tirage au sort de l’édition 2027 de la Coupe d’Afrique des Nations (#CAN) de football effectué ce mardi même au Caire en Egypte ; les Étalons se retrouvent dans le Groupe F.

Ils seront en compagnie des Guépards du Bénin, des Mourabitounes de la Mauritanie, et des Fauves de la République centrafricaine.

Au total 24 sélections nationales prendront part à la phase finale de cette CAN 2027 qui se déroulera du 19 juin au 17 juillet 2027 dans 3  pays de l’Afrique de l’Est. Il s’agit du Kenya, de l’Ouganda et de la Tanzanie.

Ces trois pays hôtes de la CAN 2027 ont également participé au tirage au sort des éliminatoires.

Les 1ère et 2e journées desdits éliminatoires auront lieu du 21 septembre au 6 octobre 2026. Les 3e et 4e journées de tiendront du 9 au 17 novembre 2026.

Et les 5e et 6e journées se dérouleront du 22 au 30 mars 2027.

Amidou Traoré

Burkina Demain

Atelier régional de Lomé : Transformer les promesses de la ZLECAf en réalité  

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Lomé, Togo – 14 Mai 2026 – La Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), à travers son Centre africain pour les Politiques Commerciales (CAPC) et ses Bureaux sous- régionaux pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique du Nord, organise, du 21 au 22 mai 2026, à Lomé, au Togo, un atelier régional consacré aux stratégies de mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), avec le soutien financier de Open Society  Foundations.

Cette rencontre de haut niveau réunira des représentants des ministères du commerce, des communautés économiques régionales, du secteur privé, des chambres de commerce, des PME ainsi que des partenaires techniques et institutionnels d’Afrique de l’Ouest et du Nord.

L’objectif est d’évaluer les progrès réalisés dans la mise en œuvre de la ZLECAf, partager les expériences et les bonnes pratiques, identifier les défis persistants et définir des actions prioritaires pour accélérer l’intégration commerciale du continent.

Alors que l’Afrique fait face aux conséquences de crises multidimensionnelles, notamment lle conflit actuel au Moyen-Orient avec les perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales, l’atelier analysera le rôle stratégique de la ZLECAf dans le renforcement de la résilience économique du continent et la réduction de sa dépendance extérieure,.

Selon les simulations de la CEA, la pleine mise en œuvre de la ZLECAf pourrait accroître le commerce intra-africain de 45 % d’ici 2045, soit près de 276 milliards de dollars supplémentaires, avec des gains significatifs dans l’agroalimentaire, l’industrie manufacturière et les services. L’Accord offre également une opportunité historique de stimuler l’industrialisation, la diversification économique et la création d’emplois, notamment pour les jeunes et les femmes.

L’atelier de Lomé permettra également de promouvoir l’apprentissage mutuel entre pays ayant déjà engagé des réformes concrètes dans le cadre de leurs stratégies nationales de mise en œuvre de la ZLECAf. Les discussions devraient déboucher sur des orientations communes et des mesures stratégiques visant à accélérer la mise en œuvre de la ZLECAf et la transformation économique de l’Afrique à travers un marché continental intégré, plus résilient et plus compétitif.