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Afrique : La population urbaine va tripler d’ici 2050

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La population urbaine du continent africain va tripler dans les vingt-cinq prochaines années, selon les projections démographiques et les pays africains devront investir jusqu’à 5,5 % de leur produit intérieur brut (PIB) dans le développement urbain, s’ils veulent éviter la prolifération du phénomène de bidonvilisation.   C’est la conclusion partagée par des experts lors d’une table-ronde sur la : « Mobilisation, des financements pour le développement et la planification en milieu urbain », organisée à l’occasion de l’Africa Investment Forum qui se tient du 4 au 6 décembre à Rabat, au Maroc.

«Africa Investment Forum 2024 : l’Afrique, continent le plus urbanisé d’ici à 2050, a besoin de plus d’investissements pour éviter la forte poussée des bidonvilles (experts)

Rabat, le 4 décembre 2024 – La population urbaine du continent africain va tripler dans les vingt-cinq prochaines années, selon les projections démographiques et les pays africains devront investir jusqu’à 5,5 % de leur produit intérieur brut (PIB) dans le développement urbain, s’ils veulent éviter la prolifération du phénomène de bidonvilisation.   C’est la conclusion partagée par des experts lors d’une table-ronde sur la : « Mobilisation, des financements pour le développement et la planification en milieu urbain », organisée à l’occasion de l’Africa Investment Forum qui se tient du 4 au 6 décembre à Rabat, au Maroc.

Hastings Chikoko, directeur principal des villes à Big Win Philanthropy pointe le phénomène de l’urbanisation galopante et mal maîtrisée car « malheureusement, les gens continueront de venir dans les villes. Que faut-il faire ? », interroge -t-il.

«Le problème c’est l’absence de planification, d’où le manque d’infrastructures de logement par exemple et l’apparition de bidonvilles », relève, Eric Gumbo, directeur associé de G & A Advocates LLP au Kenya. « Nos pays n’ont pas de marge de financement et cela rejaillit sur nos villes. Les pays africains ont un ratio dette/Pib qui se situe autour de 65 %. », ajoute M. Gumbo.

Pour Abimbola Akinajo, directrice générale de Lamata au Nigeria, les grandes villes africaines vivent la même réalité : le manque criard de financement. Et face à cette situation, les panélistes avancent plusieurs pistes de solutions : multiplier les sources d’investissements en attirant davantage le secteur privé, les institutions de financement du développement, les fonds d’investissements, de pension, additionnées aux ressources étatiques et municipales.

Mais il faut concomitamment ajouter à cela, les mesures et dispositions à satisfaire par les États et les villes : meilleure gouvernance des villes, meilleure planification, renforcement des capacités des villes pour la conception de projets bancables, meilleure planification des investissements municipaux, modernisation de la collecte des revenus. Ces dispositions intègrent la participation des citadins au paiement de certains services comme les péages autoroutiers, entre autres.

Ednick Muswell, chef du département de l’eau et de l’assainissement d’eThekwini, métropole municipale dans le Kwazulu natal, peuplée de quatre millions d’habitants avec un budget de 3,9 milliards de dollars, présente un bilan élogieux de sa ville. « Nous n’avons pas de dette avec ESKOM – l’entreprise publique d’électricité- ; notre discipline budgétaire est un indice de bonne gestion. La municipalité a une bonne notation et les investisseurs nous font confiance », assure-t-il. Il ajoute que des fonds de pension américains, des banques, sont prêts à investir dans cette municipalité, capable aussi de lever des fonds sur le marché des capitaux.

Mais les villes du continent sont victimes de la mauvaise perception des risques par les investisseurs sur les contextes africains, selon Hastings Chikoko qui estime cette perception biaisée et coûteuse. « Cela coûte cher d’emprunter en Afrique et si nous ne relevons pas ce défi, les villes n’auront pas les ressources pour se développer », alerte-t-il.

Pour Mohan Vivekanandan, directeur exécutif de la Banque de développement de l’Afrique australe (DBSA), institution partenaire fondatrice de l’Africa Investment Forum, les villes doivent disposer d’un plan bien ficelé pour attirer les investisseurs : « Les grands projets doivent être menés par les villes et le secteur privé y trouvera un motif de rentabilité pour investir dans votre ville », poursuit-il.

L’appétence des investisseurs

Abdouraman Diallo, directeur général du Fonds de solidarité africain, estime que les énormes besoins des villes africaines : routes, logements, eau et assainissement, nécessitent un accompagnement véritable des institutions de financement.

Les marchés de capitaux s’adaptent eux aussi aux nouvelles normalités liées à l’évolution des villes.

«Nous devons anticiper », estime Nezha Hayat, présidente de l’Autorité marocaine du marché des capitaux qui a adopté un cadre réglementaire adapté aux besoins du marché local, en développant des obligations vertes (2016) et des obligations municipales qui ont permis à la ville d’Agadir de capter des investissements des marchés dès 2020.

Rappelant que l’Afrique manque de 53 millions de logements et a besoin de 1000 milliards de dollars pour combler ce déficit, Thierno Habib-Hann, président-directeur général de ShafDB, a rappelé que son institution qui couvre 44 pays africains travaille dans la chaîne de valeur du logement urbain. Thierno Habib-Hann, prône l’utilisation de technologies adéquates dans la construction de maisons bon marché à 10 000 dollars, et a invité les investisseurs à venir en Afrique où le marché de l’habitat à lui seul vaut 700 à 800 milliards de dollars.

Clôturant la session, Solomon Quaynor, vice-président du Groupe de la Banque africaine de développement chargé du Secteur privé, de l’Infrastructure et de l’Industrialisation, a rappelé que la Banque travaille pour l’accès des entités urbaines à des financements à prix compétitifs et soutient les municipalités à développer des projets en partenariat public-privé. Il a annoncé que lors des Boardrooms de l’Africa Investment Forum, six projets de plus de quatre milliards de dollars ont attiré l’appétence des investisseurs».

PIDA Week 2024 : Engagement à transformer les infrastructures et à faire avancer l’Agenda 2063

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Le pont ferroviaire et routier Kazungula entre la Zambie et le Botswana inauguré le 10 mai 2021, est l’un des fleurons de PIDA PAP1

Après une semaine de délibérations et d’engagements intensifs pour transformer le paysage des infrastructures en Afrique, la 8e semaine du Programme pour le développement des infrastructures en Afrique (PIDA) s’est conclue par une réaffirmation retentissante de l’engagement du continent à construire des infrastructures de qualité et résilientes qui accéléreront le développement durable et l’intégration régionale. Plus de détails dans ce communiqué.

Photo de famille des officiels à l’ouverture du PIDA Week ce 26 novembre 2024 au siège de l’Union africaine à Addis Abeba

«COMMUNIQUÉ DE PRESSE

La 8ème Semaine PIDA se termine avec un engagement ferme à transformer les infrastructures de l’Afrique et à faire avancer l’Agenda 2063

Addis-Abeba, Éthiopie, 28 novembre 2024 – Après une semaine de délibérations et d’engagements intensifs pour transformer le paysage des infrastructures en Afrique, la 8e semaine du Programme pour le développement des infrastructures en Afrique (PIDA) s’est conclue par une réaffirmation retentissante de l’engagement du continent à construire des infrastructures de qualité et résilientes qui accéléreront le développement durable et l’intégration régionale.

Organisé par le gouvernement de la République fédérale démocratique d’Éthiopie, l’événement collaboratif entre l’Agence de développement de l’Union africaine (AUDANEPAD) et la Commission de l’Union africaine (CUA) a réuni des ministres, des délégués, des partenaires de développement, des communautés économiques régionales (CER), du secteur privé, représentants et parties prenantes clés de toute l’Afrique et au-delà.

Au cours de la semaine, les principaux projets régionaux du PIDA ont été présentés en vue d’une analyse comparative et d’une accélération de leur mise en œuvre. Il s’agit notamment du corridor Lamu Port-Soudan du Sud-Éthiopie-Transport (LAPSSET), un projet phare visant à améliorer la connectivité et le commerce en Afrique de l’Est en reliant le Kenya, l’Éthiopie et le Soudan du Sud par des autoroutes, des chemins de fer, un port en eau profonde à Lamu et d’autres infrastructures vitales, pour un coût estimé à 25,5 milliards de dollars.

Parmi les autres projets notables figurent le chemin de fer Cameroun-Tchad, la connectivité maritime des îles Comores, le corridor Abidjan-Lagos, les Postes transfrontaliers en fibre sous-marine et le centre de données et centre de données régional Smart Hub. Les projets de train express régional et de bus de transport en commun rapide, qui visent à relever les défis de mobilité urbaine dans le Grand Dakar, ont également été discutés, ainsi que des mises à jour sur le corridor Le Caire-Le Cap.

Le PIDA a déjà réalisé des progrès notables, fournissant de l’électricité à plus de 30 millions de personnes et créant 160 000 emplois. En outre, des progrès significatifs ont été réalisés dans la mise en œuvre du deuxième plan d’action prioritaire du programme PIDA, notamment la modernisation et la création de postes frontières à guichet unique, essentiels au renforcement de la connectivité et du commerce régionaux. Toutefois, un écart important demeure, avec seulement 82 milliards de dollars mobilisés sur les 360 milliards de dollars nécessaires pour atteindre les objectifs du PIDA d’ici 2040.

« Malgré nos réalisations, les défis persistants en matière de financement, de perception des risques et de bancabilité des projets entravent les ambitions de l’Afrique en matière d’infrastructures », a déclaré S.E. Mme Nardos Bekele-Thomas, PDG de l’AUDA-NEPAD. Elle a appelé à se concentrer sur des mécanismes de financement innovants, tels que le financement mixte et les partenariats public-privé, pour combler l’écart.

Accentuant encore cette préoccupation, S.E. Le Dr Amani Abou-Zeid, chargé des infrastructures et de l’énergie, a souligné que 3 % du financement des projets PIDA provenait du secteur privé, contre 16 à 19 % dans d’autres régions, ajoutant : « Il est crucial que nous examinions les raisons sous-jacentes de cet écart et explorions les potentiels, des solutions pour stimuler la participation du secteur privé à l’avenir. Il est important de déployer tous les efforts nécessaires pour mobiliser davantage de ressources publiques.»

L’événement a souligné l’importance cruciale des infrastructures en tant que pilier fondamental pour réaliser les aspirations de l’Agenda 2063, en particulier l’objectif 10, qui envisage « des infrastructures de classe mondiale à travers l’Afrique ». Lors de l’ouverture officielle de la Semaine PIDA, le Président éthiopien, S.E. Taye Atske Selassie a appelé à un engagement renouvelé en faveur du PIDA et a souligné l’importance d’une politique, d’un partenariat et d’un financement harmonisés. Le président a souligné le pouvoir de la technologie numérique et, lorsqu’elle est exploitée, elle pourrait amplifier le potentiel de l’Afrique pour révolutionner le commerce.

S.E Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’Union africaine, a souligné : «Les infrastructures sont la pierre angulaire de l’intégration et du développement de l’Afrique. Nous devons tirer parti des partenariats et considérer les infrastructures comme une classe d’actifs de grande valeur pour débloquer les financements des fonds de pension, des fonds souverains et des banques multilatérales de développement.

Points saillants de la 8ème Semaine PIDA :

1 Réaffirmation de l’importance du PIDA : L’événement a souligné le PIDA en tant que cadre stratégique de l’Afrique pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063, en particulier l’objectif 10 – garantir des infrastructures de classe mondiale sur tout le continent.

2 Engagement continu des partenaires : La Semaine PIDA a vu la participation active de la Banque africaine de développement (BAD), du Groupe de la Banque mondiale et de partenaires internationaux, notamment l’Union européenne, les États-Unis, le Japon et l’Allemagne. Leur soutien reste vital pour réaliser la vision des infrastructures pour l’Afrique.

3 Le rôle de l’innovation et du financement : les dirigeants ont souligné l’importance des solutions de financement innovantes, notamment les partenariats public-privé (PPP), les investissements à impact et les modèles de financement mixte, pour surmonter les obstacles et garantir la bancabilité des projets d’infrastructure.

4 Accent mis sur le renforcement des capacités et la résilience climatique : Conformément aux tendances mondiales, l’accent a été mis sur la lutte contre les impacts du changement climatique sur les infrastructures, avec des engagements visant à améliorer le renforcement des capacités et les mécanismes de financement pour les infrastructures résilientes au climat à travers le continent.

5 Engagement en faveur de l’égalité des sexes et de l’engagement des jeunes : Le rôle des jeunes et des MPME dans la conduite de l’innovation dans les infrastructures a été souligné, en mettant l’accent sur la création de points d’entrée pour les jeunes entrepreneurs et les femmes dans le secteur.      

6 Numérisation et gouvernance des données : Il y a eu une forte pression en faveur de l’intégration de l’infrastructure numérique, avec le lancement par l’AUDA-NEPAD d’un rapport sur l’état des postes frontières à guichet unique (OSBP) à travers l’Afrique et des projets de transformation numérique visant à renforcer le paysage infrastructurel du continent.

L’événement s’est terminé par un appel collectif à l’action pour que toutes les parties prenantes s’engagent dans la transformation des infrastructures de l’Afrique. Comme S.E. Le Dr Alemu Sime, ministre éthiopien des Transports et de la Logistique, a déclaré : « Notre vision commune d’une Afrique connectée et prospère nécessite une volonté politique inébranlable et des solutions innovantes. La Semaine PIDA nous rappelle ce que nous pouvons réaliser ensemble.

Le Dr Amani Abou-Zeid a en outre fait remarquer : « Le succès du rassemblement de cette semaine témoigne de la détermination collective de nos dirigeants, partenaires et communautés à construire l’infrastructure qui soutiendra l’avenir de l’Afrique. Nous envisageons désormais 2025 avec une énergie renouvelée, en nous concentrant sur la création de davantage d’opportunités de collaboration et d’investissement et en veillant à ce que le développement des infrastructures soit un moteur clé d’une croissance durable et inclusive.

Dans ses remarques finales, S.E. Nardos Bekele-Thomas a exprimé sa gratitude au peuple et au gouvernement éthiopiens pour l’hospitalité qui lui a été offerte ainsi qu’aux délégués tout au long de leur séjour à Addis-Abeba. Elle a salué la présence impressionnante de plus de 20 partenaires lors de la semaine PIDA, y compris des partenariats existants et nouveaux. Elle s’est dite optimiste quant au fait que cet engagement croissant signifie un intérêt croissant des investisseurs pour les projets du PIDA et le potentiel d’investissements supplémentaires à l’avenir.

Dans son discours de clôture officiel de la Semaine PIDA, le Ministre d’État des Transports et de la Logistique, S.E. Bareo Hassen a remercié l’AUDA-NEPAD et la CUA pour avoir organisé un excellent événement qui unit la vision de l’Afrique en matière d’infrastructures. Il a réitéré l’engagement inébranlable de l’Éthiopie à développer des projets à impact régional qui renforcent les liens entre l’Éthiopie et ses pays voisins.

L’Agence de développement de l’Union africaine (AUDA-NEPAD) a saisi l’occasion pour appeler les investisseurs, le secteur privé et les partenaires multilatéraux à exploiter les opportunités croissantes en matière d’infrastructures en Afrique. À l’approche de la revue à mi-parcours du PIDA 2025, il est essentiel d’accélérer les efforts visant à attirer des investissements pour les projets du pipeline PIDA PAP2, afin de garantir que les infrastructures contribuent à débloquer le développement durable de l’Afrique.

Pour les demandes des médias, veuillez contacter :

Mme Zipporah Maubane : Agence de Développement de l’Union Africaine-NEPAD, Chef de

Communications et plaidoyer

Courriel : ZipporahM@nepad.org  

Mme Bezayit Eyoel | Département des infrastructures et de l’énergie, Union africaine

Commission| Courriel : bezayite@africa-union.org  

Site Internet : www.nepad.org  

Réseaux sociaux:

Twitter : @NEPAD_Agency   

LinkedIn : @AUDA NEPAD

Instagram : @auda_nepad»

Jeunes Acteurs de l’Energie : Un forum national en faveur de la cuisson propre

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Une photo de famille des participants au forum national initié par les Jeunes Acteurs de l'Energie sur la cuisson propre au Burkina Faso

L’Association des jeunes acteurs de l’énergie tient du 27 au 29 novembre 2024, son deuxième forum national. L’objectif du forum, qui rassemble une cinquantaine de jeunes, vise à vulgariser des solutions de cuisson propre au profit des communautés rurales et urbaines. Une série d’activités sera menée dans ce cadre dont des panels, des sensibilisations grand public dans des marchés et yaars et l’organisation de concours d’innovation entre autres.

Une photo de famille des participants au forum national initié par les Jeunes Acteurs de l’Energie sur la cuisson propre au Burkina Faso

Ils sont jeunes, soucieux de l’environnement et surtout de l’amélioration de la condition de vie de la femme. Sous le leadership de l’association des jeunes acteurs de l’énergie, les participants à ce forum réfléchissent sur leur contribution à l’accélération de l’adoption des technologies de cuisson propre au Burkina Faso.

Dimitri Tientega, président exécutif de l’association (micro à l’extrême gauche) , a plaidé en faveur de l’accès des femmes aux technologies de cuisson propre

Du constat de Dimitri Tientega, président exécutif de l’association, « une grande partie de la population n’a toujours pas accès à des solutions de cuisson non polluantes ». Conséquence, « les millions de burkinabè sont exposés à la fumée toxique issue des combustibles traditionnels », renchérit le directeur adjoint de l’énergie Boubacar Thierry Ouédraogo.

Les jeunes innovateurs veulent donc agir pour alléger les ménages en incitant les communautés rurales et urbaines à l’utilisation des outils plus écologiques en matière de cuisson. En effet, « les jeunes seront déployés sur le terrain notamment dans les marchés et yaars pour sensibiliser les femmes car elles sont les principales utilisatrices de ces technologies plus avantageuses pour l’environnement et pour leur santé », confie Dimitri Tientega.

Les jeunes sont l’avenir, dixit pour sa part la marraine de la 2ème édition du forum national des jeunes acteurs de l’énergie. Awa Aw invite les jeunes de l’espace AES (Alliance des Etats du Sahel) à une synergie d’action pour réussir cette transition énergétique.

C’est le Docteur Charles Didace Konseibo, président de la CNPDER BF et Jean Tankoano de l’ANEREE qui ont co- animé le panel d’ouverture du présent forum qui avait pour thème : «Stratégies multi-acteurs pour une cuisson propre : le rôle des jeunes dans la création de partenariats public-privé».

Christian Tas

Burkina Demain

PIDA Week 2024 : Engagements réitérés en faveur des infrastructures

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Photo de famille des officiels à l'ouverture du PIDA Week ce 26 novembre 2024 au siège de l'Union africaine à Addis Abeba

C’est parti depuis ce mardi 26 novembre 2024 à Addis Abeba, en Ethiopie, pour la huitième Semaine du Programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA). C’est le président de la République fédérale démocratique d’Ethiopie, Taye Atske, qui a prononcé l’allocution d’ouverture officielle de cette PIDA Week 2024 placé sous le thème «Promouvoir des infrastructures résilientes et inclusives pour une croissance durable de l’Afrique : tirer parti du financement transformateur et de l’intégration régionale».

Photo de famille des officiels à l’ouverture du PIDA Week ce 26 novembre 2024 au siège de l’Union africaine à Addis Abeba

La Semaine du Programme du développement des infrastructures en Afrique (PIDA Week) dont la huitième édition s’est ouverte ce mardi 26 novembre dans la capitale éthiopienne, Addis Abeba, est une initiative conjointe de l’Union africaine (BAD), de la Banque africaine de développement (BAD) et de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA).

Cette PIDA Week 2024 est placé sous le thème : «Promouvoir des infrastructures résilientes et inclusives pour une croissance durable de l’Afrique : tirer parti du financement transformateur et de l’intégration régionale».

«Investir dans les infrastructures pour libérer le potentiel de croissance de l’Afrique»

Nardos Bekele Thomas, DG de l’Agence de développement de l’UA, a souligné le rôle des infrastructures dans la transformation positive de l’Afrique

Prononçant le mot d’ouverture de l’évènement, Taye Atske Selassie, président de la République fédérale démocratique d’Éthiopie, a souligné le rôle central des infrastructures dans la promotion de la transformation socio-économique de notre continent.

«Il est devenu évident qu’investir dans les infrastructures est la clé pour libérer un immense potentiel de croissance et de développement, améliorer la connectivité et élever la qualité de vie grâce à l’augmentation du commerce et des investissements», a-t-il indiqué.

Et de relever la contribution de la Semaine du PIDA dans la dynamique des réalisation d’infrastructures sur le continent : «Depuis sa création en 2015, la Semaine PIDA est devenue une plateforme de premier plan pour le développement des infrastructures sur le continent»

«Transformer des vies, construire des économies fortes»

Dans son intervention, la directrice générale de l’Agence de développement de l’Union africaine, Nardos Bekele Thomas, a souligné  aussi pour sa part l’apport important attendant des infrastructures pour la transformation positive du continent.

«Le but ultime du PIDA ne se limite pas à la construction de structures physiques. Sa véritable essence réside dans son potentiel à transformer des vies. Les routes et les réseaux électriques ne sont pas l’objectif final mais un moyen de créer des opportunités, de stimuler les industries et d’inspirer l’espoir à travers le continent. L’infrastructure n’est plus une question d’acier et de béton ; cela devient un catalyseur pour débloquer un avenir meilleur et des économies plus fortes. Lorsque les besoins et les aspirations des populations africaines deviennent le fondement de chaque projet, le PIDA réalise bien plus que la fourniture d’infrastructures : il devient une force de prospérité, d’opportunités et de progrès», a-t-elle soutenu.

69 projets pour le PIDA PAP2

La huitième Semaine du PIDA marque le lancement officiel du deuxième Plan prioritaire du PIDA (PIDA PAP2)   qui comprendra au total 69 projets. PIDA PAP2 couvre la période 2021-2030. Occasion pour les officiels à cette ouverture du PIDA 2024 de réitérer leurs engagements en faveur de la réalisation d’infrastructures sur le continent.

«Alors que le PIDA entre dans sa prochaine phase, il doit continuer de se concentrer sur l’autonomisation des populations africaines, la création de marchés dynamiques et la stimulation de l’industrialisation», a préconisé la DG Nardos Bekele Thomas. «Saisissons l’opportunité présentée par cette 8e Semaine PIDA pour réaffirmer notre engagement collectif, délibérer sur des solutions concrètes et tracer la voie vers une croissance durable et l’intégration régionale», a-t-elle exhorté.

Pour le président de l’Ethiopie Taye Atske Selassie, il le faut car, «Le PIDA représente le fondement de notre quête collective pour atteindre les objectifs ambitieux énoncés dans l’Agenda 2063. Il vise non seulement à forger des liens plus solides entre les pays africains, mais également à stimuler le commerce intra-africain et à établir les infrastructures essentielles nécessaires à la prospérité à long terme».

La 8e Semaine du Programme de développement des Infrastructures en Afrique qui s’achève vendredi 29 novembre à Addis Abeba, devra permettre aux participants d’évaluer les progrès accomplis pendant la première phase, d’explorer les voies et moyens de relever les défis et de forger des partenariats stratégiques en vue d’une mise en œuvre réussie des projets inscrits dans PIPA PAP2.

Grégoire B. Bazié

Burkina Demain

PUDTR : Gros plan sur les réalisations à Boromo, Sibi, Poura et Fara

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A l’instar de Dédougou, chef de la Région de la Boucle du Mouhoun, les communes de Boromo, Sibi, Poura et de Fara ont bénéficié des actions du Projet d’Urgence de Développement Territorial et de Résilience (PUDTR). Les interventions du PUDTR en matière d’accès des populations aux services sociaux de base dans ces communes concernent notamment les secteurs de l’éducation, l’énergie, la santé, l’eau et l’assainissement de la connectivité physique via les pistes rurales, l’autonomisation de la femme, la protection de l’environnement.

Sous la conduite de Robert B. Traoré (en chapeau) Chef de l’antenne PUDTR de la Boucle du Mouhoun, les journalistes ont pu voir les réalisations du Projet au cours de la caravane de presse

Dans les communes de Boromo, Sibi, Poura et de Fara, dans la Boucle du Mouhoun, les résultats et bénéficiaires des interventions du Projet d’Urgence de Développement Territorial et de Résilience (PUDTR) sont divers et appréciables. Les interventions du Projet touchent en effet aux secteurs de l’éducation, l’énergie, la santé, l’eau et l’assainissement de la connectivité physique via les pistes rurales, l’autonomisation de la femme. Les actions fructueuses du Projet ont ainsi permis aux populations bénéficiaires de ces localités d’accéder à des services sociaux de base.

335 lampadaires pour assurer l’éclairage dans Boromo

A Boromo, en ce qui concerne le secteur de l’énergie, 335 lampadaires ont été installés pour assurer l’éclairage public dans la cité. Toute chose qui contribue à lutter contre l’insécurité, favorise le développement de certaines activités ou permet aux populations des quartiers bénéficiaires de mener des activités nocturnes.

Le Chef d’Antenne Robert B. Traoré a fait le point à la presse des différentes actions du PUDTR dans la région de la Boucle du Mouhoun, se félicitant des résultats engrangés

En matière d’éducation, des établissements de Boromo ont bénéficié de la construction et de l’équipement de 26 salles de classes, de la réalisation de 17 blocs de latrines. Dans l’ensemble de la région, ce sont au total 421 salles de classes qui ont été construites de établissements primaires et secondaires de la Boucle du Mouhoun.

Concernant le secteur de la santé, 1 maternité, 8 hangars pour accompagnants, des logements et cuisines ont été réalisés dans la cité. En outre 3 Postes d’eau autonomes (PEA) y ont été installé pour contribuer au résoudre le problème de l’accès à l’eau potable.

19 salles de classes, 3 bâtiments administratifs à Sibi

Une enseignante d’une école bénéficiaire de Poura, Mme Nébié, a salué l’apport du PUDTR dans l’amélioration du cadre de leur établissement

Dans la commune de Sibi, 167 lampadaires solaires ont été installés pour l’éclairage public. En matière d’appui au secteur de l’éducation, 19 salles de classes, 3 bâtiments administratifs, 19 blocs de latrines ont été réalisés. Pour ce qui est de l’accès à l’eau potable, 10 PEA ont été réalisés. Au niveau de la santé, 4 hangars pour accompagnants dans les centres de santé ont été érigés.

A Poura, l’autre commune bénéficiaire des interventions du PUDTR, 19 salles de classes équipées et 40 blocs de latrines ont été réalisés dans 5 écoles primaires et 1 CEG. L’on dénombre aussi à Pourra, la construction de 8,5 km de pistes rurales ; la réalisation de 6 PEA et 6 forages pastoraux. Ce qui a permis de contribuer à l’amélioration de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement. En matière d’énergie, 167 lampadaires ont été installés dans les rues de Poura pour assurer l’éclairage public.

11 Postes d’eau autonomes à Fara

La commune de Fara, non loin de Poura, a aussi bénéficié des interventions du PUDTR. Il s’agit de la réalisation de 70 salles de classes équipées et de 40 blocs de latrines au niveau de 18 établissements du primaire et d’un CEG. Il s’agit également de la réalisation de 168 lampadaires solaires pour assurer l’éclairage public et de 11 postes d’eau autonome.

A ces importantes réalisations s’ajoute 64,5 km de pistes rurales à travers plusieurs villages. Certaines pistes sont réalisées soit en mode Haute intensité de main d’œuvre, d’autres sont mécanisées.

27 associations de femmes soutenues dans les activités

Des membres de l’association des femmes de Fara interviennent dans la production et transformation locaux. Elle a bénéficié de matériels et de fonds de roulement du PUDTR

A écouter le Chef de l’antenne de la Région de la Boucle du Mouhoun, ce sont au total 27,684 milliards de francs qui ont été investis dans la région, au grand bonheur des populations bénéficiaires. Ces fonds ont contribué à la réalisation des infrastructures dans les communes concernées. Une partie de ce fonds a permis de financer 27 associations menant des Activités génératrice de revenus.

Toujours, pour parler globalement au niveau des réalisations au niveau régional, le PUDTR a permis de d’installer au total 1 170 lampadaires et d’aménager  65 hectares de bas fond et sites maraichers ; de construire  65 km de caniveaux curés et 200 km de pistes rurales

13 CSPS normalisés; 200 km de pistes rurales réalisées; 65 km de caniveaux curés; plus de 70 postes d’eau autonomes; 6 forages pastoraux; plus de 1 170 lampadaires installés; 65 hectares de bas-fonds et sites maraîchers aménagés, à travers la région.  Quant au nombre de Centre de santé et de promotion sociale, ils sont au total 27 CSPS.

Par ailleurs ; il faut ajouter la protection de l’environnement dans la réalisation  des Projets PUDTR. Ce qui permet de lutter contre le réchauffement climatique.

Grégoire B. Bazié

Burkina Demain

Corridor Abidjan-Lagos : La BAD veut en faire un puissant vivier économique et industriel

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L’autoroute Abidjan-Lagos, qui doit relier les mégapoles de cinq pays d’Afrique de l’Ouest d’ici à 2030, est appelée à devenir un puissant vivier économique et industriel grâce à l’Initiative de développement spatial promue par la Banque africaine de développement. Le projet de construction de cette autoroute côtière transnationale longue de 1 028 kilomètres, qui doit connecter la Côte d’Ivoire au Nigéria, en traversant le Ghana, le Togo et le Bénin, avance à grands pas.

«La Banque africaine de développement et ses partenaires veulent faire du corridor autoroutier Abidjan-Lagos un puissant vivier économique et industriel

Abidjan, le 25 novembre 2024 – L’autoroute Abidjan-Lagos, qui doit relier les mégapoles de cinq pays d’Afrique de l’Ouest d’ici à 2030, est appelée à devenir un puissant vivier économique et industriel grâce à l’Initiative de développement spatial promue par la Banque africaine de développement.

Le projet de construction de cette autoroute côtière transnationale longue de 1 028 kilomètres, qui doit connecter la Côte d’Ivoire au Nigéria, en traversant le Ghana, le Togo et le Bénin, avance à grands pas. Les travaux devraient démarrer en 2026 pour s’achever en 2030, a révélé la Banque africaine de développement lors d’un atelier organisé en ligne, jeudi 22 novembre 2024, avec l’ensemble des partenaires du projet.

Sous la houlette de la Banque, les études de faisabilité, les options de financement de l’autoroute et les arrangements institutionnels pour l’opérationnalisation de l’Autorité de gestion du corridor Abidjan – Lagos ont déjà été menés, a précisé Mike Salawou, directeur du Département des infrastructures et du développement urbain de la Banque, représenté à la réunion par Marco Yamaguchi, chef de division au sein du même département.

«Ce corridor de transport  doit devenir un corridor économique et la Banque a lancé l’Initiative de développement spatial pour permettre une industrialisation transformatrice le long de l’autoroute afin de stimuler la croissance de grands pôles économiques », a poursuivi M. Salawou.

Dans un rapport présenté par le cabinet d’études chargé de l’élaboration de l’Initiative de développement spatial, 206 interventions spécifiques ont été identifiées dans la zone d’influence de l’autoroute pouvant nécessiter dans un premier temps des investissements de l’ordre de 6,8 milliards de dollars américains à débloquer majoritairement par le secteur privé. Parmi les domaines devant faire l’objet d’investissements transformateurs figurent les énergies y compris renouvelables, l’industrie manufacturière, les transports et la logistique, l’agriculture et l’agro-industrie, les TIC, le tourisme, l’exploitation minière ainsi que les zones économiques spéciales.

« Cette approche de corridor économique se recoupe aussi naturellement avec un développement urbain important. Elle soutiendra la croissance de grands pôles économiques et améliorera les liens entre mégapoles urbaines, les villes secondaires et zones rurales dans les cinq pays », a ajouté M. Salawou.

Selon Chris Appiah, directeur des Transports à la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), « l’objectif que nous recherchons, en fin de compte, c’est de faire en sorte que le corridor et les activités économiques à développer le long du corridor contribuent à l’agenda d’intégration régionale de la CEDEAO. C’est un projet intégré qui, une fois mis en œuvre, nous aidera à atteindre l’union économique que nous voulons dans notre espace. »

Outre la Banque africaine de développement, l’atelier a regroupé des représentants de la CEDEAO et d’autres parties prenantes ainsi que le bureau d’études mandaté sur l’Initiative de développement spatial du corridor.

L’ouvrage supranational partira de Bingerville, dans la banlieue-est d’Abidjan, pour se terminer au Théâtre national de Lagos. Selon les études déjà disponibles ainsi que les besoins de financement, 144 kilomètres d’asphalte seront construits sur le territoire ivoirien, 520 km au Ghana, 90 km au Togo, 127 km au Bénin et 82 km au Nigéria. Il est également prévu la construction de 63 échangeurs.

L’autoroute homogène à péage libre comportera de quatre à six voies et atteindra jusqu’à huit voies à Lagos.

L’African Investment Forum, la plus grande plateforme d’investissement en Afrique promue par la Banque africaine de développement et huit autres partenaires, joue un rôle de catalyseur majeur pour le projet. Lors de ses boardrooms en 2021, 15,6 milliards de dollars d’intérêts d’investissement avaient été exprimés par différents acteurs, privés et institutionnels, pour ce projet emblématique, qui figure parmi les priorités de la CEDEAO.

La construction de l’autoroute devrait générer jusqu’à 70 000 emplois directs et indirects. Les travaux seront réalisés, dans leur majorité, sous forme de partenariats public-privé, à l’image des quatre postes-frontières, dont la construction et la gestion devraient échoir à des entreprises privées.

Selon Lydie Ehouman, économiste des transports en chef et cheffe du projet à la Banque africaine de développement qui a présenté les études préparatoires du projet, l’infrastructure reliera les villes les plus dynamiques sur le plan économique et les agglomérations les plus densément peuplées d’Afrique de l’Ouest : Abidjan, Takoradi, Accra, Lomé, Cotonou, Porto-Novo, Lagos. La population urbaine de la zone d’emprise devrait atteindre 173 millions d’habitants d’ici à 2050, a ajouté Mme Ehouman, soulignant que cette zone était en passe de devenir l’une des conurbations régionales les plus importantes du monde.

L’autoroute Abidjan-Lagos se connectera aux corridors de transport ouest-africains (aéroportuaires, routiers et ferroviaires) et reliera les arrière-pays du Mali, du Burkina Faso et du Niger à l’ensemble des huit ports du corridor ainsi qu’au corridor Abidjan-Dakar-Praia, a conclu Mme Ehouman qui a modéré la session.

Contact médias : Romaric Ollo Hien, Département de la communication et des relations extérieures, media@afdb.org»

PIDA WeeK 2024 : Relancer la dynamique d’infrastructures africaines

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Le pont ferroviaire et routier Kazungula entre la Zambie et le Botswana inauguré le 10 mai 2021, est l’un des fleurons de PIDA PAP1

Après les retards consécutifs à la pandémie du Covid-19, l’Union Africaine, sa Commission et son Agence de Développement (AUDA-NEPAD), ainsi que ses partenaires dont la Banque Africaine de Développement (BAD) et la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) ; s’apprêtent à redonner un coup d’accélérateur à la dynamique de réalisation d’infrastructures sur le continent. Ce sera à l’occasion de la huitième édition de la Semaine du PIDA-Programme de Développement des Infrastructures en Afrique-qui s’ouvre officiellement ce mardi 26 novembre 2024 à Addis Abeba, en Ethiopie.

«Favoriser des infrastructures résilientes  et inclusives pour la croissance durable de l’Afrique : tirer parti du financement  transformateur  et de l’intégration régionale». C’est le thème central de la huitième Semaine du PIDA qui s’ouvre officiellement ce mardi 26 novembre 2024 dans la capitale éthiopienne, Addis-Abeba.

En principe, l’ouverture de l’évènement devant le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed devrait consacrer le lancement officiel du second Plan d’action prioritaire du PIDA (PIDA PAP 2) couvrant la période 2021-2030.

Avant de parler un peu plus de ce PIDA PAP 2, c’est plus indiqué de jeter un regard sur le premier Plan d’Action Prioritaire du PIDA (PIDA PAP 1) mis en œuvre sur la période 2012-2020 et qui, malgré les difficultés (financements, Covid-19), a permis d’engranger des résultats intéressants dans les secteurs d’intervention du Programme continental.

Une Décennie de Transformation des infrastructures en Afrique

Ibrah Wahabou, l’un des principaux auteurs du Rapport qui souligne la contribution du PIDA au développement de l’Afrique

Le contenu du Rapport sur le premier Plan décennal de mise en œuvre est on ne peut plus explicite sur la contribution du PIDA PAP1 sur la transformation positive vers le développement. «Au cours de ces dix dernières années, le PIDA a servi de catalyseur du changement, favorisant l’intégration régionale, renforçant la compétitivité et libérant l’immense potentiel du commerce intra-africain. Grâce à des investissements ciblés dans les secteurs des transports, de l’énergie, des eaux transfrontalières et des technologies de l’information et de la communication (TIC), le PIDA a créé un environnement propice au développement économique, à la création d’emplois et à la réduction de la pauvreté. Les réalisations du PIDA témoignent de la détermination, de la collaboration, de la coordination, et de des partenariats efficaces entre tous les acteurs concernés, notamment l’AUDA-NEPAD, la Commission de l’Union africaine (CUA), la Banque africaine de développement (BAD), et la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA)», indique en effet ce Rapport de grande portée dirigé par Amine Idriss Adoum, Directeur en charge des Infrastructures, de l’Industrialisation, du Commerce et de l’Intégration Economique à l’AUDA-NEPAD, avec le soutien du Dr Towela Nyirenda-Jere, Cheffe de la Division Infrastructure et Connectivité. «Les plans d’action prioritaires du PIDA (PAP 1) ont permis d’accélérer les projets prioritaires régionaux et de propulser l’Afrique vers un avenir plus connecté et plus prospère. Dans le cadre du PIDA PAP 1, des avancées significatives ont été réalisées, avec le développement de milliers de kilomètres de routes et de lignes ferroviaires, la mise en place de postes frontaliers à guichet unique et les progrès considérables réalisés en matière de production et de distribution d’énergie. Ces réalisations ont jeté des bases solides pour la poursuite de nos progrès», a précisé ledit Rapport.

161 milliards de dollars pour PIDA PAP 2

Le barrage Noumbiel à réaliser au profit des 6 pays du Bassin de la Volta (Burkina Faso, Bénin, Côte d’Ivoire, Ghana, Mali et Togo) d’un coût de 169 millions de dollars US, figure dans la liste des projet PIDA PAP2

Pour ce qui est de l’avenir, le 2e Plan d’Action Prioritaire du PIDA (2021-2030) tirera partie des succès de PIDA PAP1, en alignant notamment les projets sur nos aspirations collectives à l’intégration régionale, à l’industrialisation et à la réalisation de l’Agenda 2063. D’un coût global de 161 milliards dollars pour 69 projets, PIDA PAP 2 est dans sa conception plus réaliste et innovateur.

Les innovations concernent notamment la plus grande implication du secteur privé africain dans le financement, la réduction de la durée des projets, le recours massif aux technologies pour plus d’efficience et de réduction des coûts, l’utilisation à plus grande échelle des énergies renouvelables pour réduire l’empreinte carbone dans les projets industriels-que ce soit dans la production énergétique, dans les transports publics, ou dans la production et gestion des données et centres de données numériques-.

Ainsi, avec une mise en œuvre efficace et efficient du plan d’action prioritaire du PIDA, l’on favorisera le développement durable, la création d’emplois et la réduction de la pauvreté sur l’ensemble du continent.

Le développement des infrastructures étant indispensable au développement du commerce intra-africain, comme le prévoit l’accord sur la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), les principales parties prenantes ont réaffirmé leur détermination sur leur ambition de départ.

Le PIDA focus sur ses objectifs d’ici 2040

Bref, le PIDA reste donc focus sur son objectif à long, voire très long terme, à savoir relever les défis de la connectivité régionale et intrarégionale en Afrique grâce au développement des infrastructures. Dans son acception la plus large, le PIDA vise à fournir non seulement un nombre suffisant d’infrastructures, mais aussi des infrastructures de transformation qui permettront à l’Afrique de passer à un niveau supérieur de développement et de se positionner en tant qu’acteur reconnu dans l’économie mondiale. Grâce notamment à la mise en œuvre réussie de ses différentes phases, ce qui devra permettre au PIDA d’améliorer la connectivité à travers le continent et à faciliter ainsi la croissance des échanges intra-africains de marchandises et de services, ainsi que la circulation des personnes. L’atteinte de cet objectif devra in fine se faire à travers, entre autres, la réduction du coût de la conduite des affaires et la libre circulation des capitaux financiers et humains sur le continent. En chiffres et termes clairs, à l’horizon 2040, ces résultats en matière de réalisation d’infrastructures devraient être atteints sur le continent :  30 700 km d’autoroutes modernes ; de 30 200 km de voies ferroviaires modernes ; de 16 500 km de lignes de transmission ; 54 GW de production d’hydroélectricité et  20 101 hm3 nouvelle capacité de stockage d’eau. Coût estimatif global de ces projets gigantesques à long terme : 360 milliards de dollars US.

Grégoire B. Bazié

Burkina Demain

Péril plastique planétaire : Vers un Traité international contraignant

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Sur la question du péril plastique au Burkina, le gouvernement burkinabè pour ce qui le concerne, a pris le 2 octobre dernier ses responsabilités en adoptant un projet de loi portant interdisant les emballages et sachets plastiques dans le pays. A Busan, en Corée du Sud, après deux ans de pourparlers, la Communauté internationale, sous l’égide de l’ONU, a entamé depuis ce lundi 25 novembre 2024, la dernière ligne droite des négociations y relative en vue de parvenir à un Accord contraignant. Soulignant l’urgence de l’action face à l’ampleur du péril planétaire, les officiels n’ont caché leur optimisme.

«Notre monde se noie dans la pollution plastique. Chaque année, nous produisons 460 millions de tonnes de plastique, dont une grande partie est rapidement jetée. D’ici 2050, il pourrait y avoir plus de plastique que de poissons dans l’océan. Les microplastiques dans notre sang créent des problèmes de santé que nous commençons à peine à comprendre», a indiqué le secrétaire général de l’ONU António Guterres, mettant ainsi les délégués de plus de 170 pays et de plus de 600 organisations observatrices devant leurs responsabilités.

«La dépendance excessive de l’humanité à la commodité des plastiques a entraîné une augmentation exponentielle des déchets plastiques ; les déchets accumulés dans nos océans et nos rivières mettent désormais en danger la vie des générations futures», a alerté pour sa part le président sud-coréen Yoon Suk Yeol, exhortant vivement  ces délégués à s’entendre  sur une voie vers zéro pollution plastique, pour le bien des générations futures.

Aboutir à un instrument international juridiquement contraignant

Connues sous le nom de cinquièmes discussions du Comité intergouvernemental de négociations (INC-5), ces pourparlers encours à Busan, visent, faut-il le rappeler à un instrument international juridiquement contraignant sur la pollution plastique, y compris dans le milieu marin. La présente session fait suite à quatre cycles précédents qui ont commencé il y a exactement 1.000 jours en Uruguay.

Officiellement, les discussions sont connues sous le nom de cinquièmes discussions du Comité intergouvernemental de négociations (INC-5) visant à élaborer un instrument international juridiquement contraignant sur la pollution plastique, y compris dans le milieu marin. La session fait suite à quatre cycles précédents qui ont commencé il y a exactement 1.000 jours en Uruguay.

Tenir compte du cycle de vie des plastiques

«Il nous faut un traité ambitieux, crédible et juste», a encore insisté le SG de l’ONU dans son message aux délégués réunis à Busan. Car, l’augmentation de la pollution plastique émet davantage de gaz à effet de serre, nous poussant encore plus loin vers la catastrophe climatique».

Tout accord doit tenir compte du cycle de vie des plastiques « en s’attaquant aux plastiques à usage unique et à courte durée de vie, à la gestion des déchets et aux mesures visant à éliminer progressivement le plastique et à promouvoir les matériaux alternatifs », a préconisé M. Guterres.

Et l’entendre, ces accords attendus, devraient permettre à tous les pays d’accéder aux technologies et d’améliorer les environnements terrestres et marins, tout en veillant à ce que les communautés les plus vulnérables qui dépendent de la collecte de plastique, comme les ramasseurs de déchets, ne soient pas laissées pour compte.

Burkina Demain

Source : ONU Info

Djibouti : Lancement de la formation en planification stratégique

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L’Institut Africain de Développement Économique et de Planification (IDEP), en collaboration avec l’Institut National d’Administration Publique (INAP) et le Ministère de l’Économie et des Finances en charge de l’Industrie, a lancé, ce vendredi 24 novembre à Djibouti, une session de formation en planification stratégique destinée à 38 agents des ministères chargés de la planification et des secteurs clés du gouvernement. Communiqué.

«L’IDEP soutient le processus de transformation économique pour un développement durable et inclusif

Djibouti, 24 novembre 2024 – L’Institut Africain de Développement Économique et de Planification (IDEP), en collaboration avec l’Institut National d’Administration Publique (INAP) et le Ministère de l’Économie et des Finances en charge de l’Industrie, a lancé, ce vendredi 24 novembre à Djibouti, une session de formation en planification stratégique destinée à 38 agents des ministères chargés de la planification et des secteurs clés du gouvernement.

Abdourazak Idriss, Secrétaire général du Ministère de l’Économie et des Finances, a replacé cette formation dans le contexte stratégique actuel de Djibouti marqué par l’évaluation du deuxième Plan national de développement et la préparation du troisième (2025-2029). Il a insisté sur « la nécessité de renforcer les capacités pour élaborer un plan de développement ambitieux, tout en s’assurant que ces plans soient appropriés par les populations locales».

Charmarké Idriss Ali Directeur général de l’INAP, a rappelé le processus rigoureux mené par le Ministère du Travail, en collaboration avec l’IDEP, pour appuyer l’INAP à mieux jouer son rôle dans le renforcement de capacités des Djiboutiens, ce qui a permis l’organisation de cette formation. Il a encouragé une participation active afin de garantir la pérennité de la collaboration avec l’IDEP.

José Barahona, Coordonnateur Résident du Système des Nations Unies à Djibouti, a, quant à lui, mis en exergue l’importance du capital humain dans le processus de développement. Il a souligné que les participants à cette formation représentent les acteurs essentiels pour traduire en actions concrètes la vision des autorités djiboutiennes qui aspirent à faire de Djibouti un modèle de développement comparable à celui de Singapour. Il a réaffirmé l’engagement du Système des Nations Unies à soutenir les efforts du gouvernement dans la lutte contre la pauvreté et la mise en œuvre d’une gouvernance efficace pour une croissance accélérée.

Mamadou Cissé, Responsable de Formation de l’IDEP, a exprimé la gratitude de l’Institut aux autorités djiboutiennes et à l’INAP pour leur partenariat fructueux. Il a souligné que cette formation vise à équiper les participants des outils et méthodes nécessaires pour élaborer des plans stratégiques efficaces, alignés sur les Agendas 2030 et 2063, ainsi que sur les priorités nationales, notamment dans le cadre de l’élaboration du Plan national de développement (PND) 2025-2029. Il a également lancé un appel à l’action collective pour relever les défis du développement et contribuer à une transformation économique et sociale durable.

Cette session de formation marque une étape importante dans le renforcement des capacités institutionnelles pour soutenir les objectifs de développement durable de Djibouti et témoigne de l’engagement collectif des acteurs nationaux et internationaux pour une transformation durable.

-FIN-

À propos de la CEA

Créée en 1958 par le Conseil économique et social (ECOSOC) des Nations Unies, la CEA est l’une des cinq commissions régionales de l’Institution et a pour mandat d’appuyer le développement économique et social de ses États membres, d’encourager l’intégration régionale et de promouvoir la coopération internationale pour le développement de l’Afrique.

Composée de 54 États membres, la Commission économique pour l’Afrique (CEA) joue un double rôle en tant qu’organisme régional de l’Organisation des Nations Unies (ONU) et en tant que partie intégrante du paysage institutionnel régional en Afrique.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur : www.uneca.org

Publié par : 

Institut Africain de Développement Economique et de Planification

Division Apprentissage en ligne et Gestion des connaissances

Rue du 18 juin (derrière l’Assemblé nationale)

Dakar

Sénégal

Tel.: (+221) 33 829 55 00 / 33 829 55 27»

Culture africaine : L’hommage de Yé Lassina Coulibaly à Me PACERE

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Maître Titinga Frédéric Pacéré est décédé le 8 novembre dernier

Cela fera bientôt deux semaines que le grand homme de culture burkinabè et africain, Maître Titinga Frédéric PACERE s’est éteint mais les témoignages sur sa vie continuent d’affluer de la part de ceux et celles qui l’ont connu et apprécié. Là c’est un autre grand homme de la culture burkinabè et africaine que l’on ne présente plus, en l’occurrence Yé Lassina Coulibaly qui y va de son vibrant hommage à Me PACERE. «Un des plus grands penseurs africains (…) C’était  le premier avocat burkinabé, écrivain, poète et chef traditionnel, reconnu dans le monde entier pour sa brillante carrière d’avocat , ses travaux de recherche,  ses publications, et son immense sagesse», annonce d’emblée Ye Lassina Coulibaly.  Lisez plutôt.

Maître Titinga Frédéric Pacéré est décédé le 8 novembre dernier 

«HOMMAGE A MAITRE PACERE

Un des plus grands penseurs africains des 20 ème et 21ème siècle, Maître Titinga Frédéric PACERE, nous a quittés ce 8 novembre 2024.

Titinga Frédéric Pacéré était né le 31 décembre 1943 à Manéga en Haute-Volta .  C’était  le premier avocat burkinabé, écrivain, poète et chef traditionnel, reconnu dans le monde entier pour sa brillante carrière d’avocat , ses travaux de recherche,  ses publications, et son immense sagesse .

Issu du peuple mossi, il en connaissait la civilisation et l’organisation de la société sur le bout des doigts.

C’était un homme dont les racines étaient ancrées dans la terre rouge de l’Afrique de l’Ouest. Il connaissait à la fois les civilisations africaines ancestrales et les réalités socio-économiques des temps modernes.

Il était la voix de la philosophie du baobab, son génie a dépassé les frontières des cinq continents, il était fier de la civilisation africaine et particulièrement de celle du Faso.

Ses connaissances universitaires et de la civilisation ancestrale de l’Afrique, son ouverture au monde, constituaient autant d’assises pour aborder sans complexe les autres cultures dans des instances internationales.

«Je suis allé visiter le Musée qu’il a fondé en 1997, à Manéga»

Je fis sa connaissance dans le cadre de conférences qu’il donnait à Paris, mais bien antérieurement du temps de la Haute Volta, j’appréciais déjà son approche de recherche des droits humains.

Doté d’une personnalité rare, il incarnait l’assurance et la sérénité de celui qui va délivrer quelque chose de profond et sincère. L’élégance de ses vêtements traditionnels renforçait la majesté du moment.

Son discours recueillait beaucoup de succès auprès d’un public enthousiaste.

Par la suite je suis allé visiter le Musée qu’il a fondé en 1997, à Manéga, son village natal, à une cinquantaine de kilomètres de Ouagadougou. J’encourage la jeunesse africaine, et particulièrement burkinabé à faire de même en guise de passeport identitaire…

Dans ce lieu-sanctuaire unique au Burkina Faso, résonnent et rayonnent la philosophie et la sagesse des anciens, des masques et des animaux. Me Pacéré a consacré toute une vie à les étudier, les scruter, à traduire et à interpréter leur discours pour les générations actuelles et futures et à mettre noir sur blanc cet immense patrimoine oral, pour l’offrir en partage au monde entier.

Le musée rassemble de nombreuses pièces qui sont autant de facettes de la culture de ce pays : masques Karinsé, Bobo et Nuni, stèles funéraires ou Yakouga, amulettes, fétiches, instruments de musiques rituels et céramiques traditionnelles.

Des reconstitutions d’habitat traditionnel Peul, Mossi, Kasséna, Bobo et Sénoufo. y sont aussi présentées et  plusieurs sites sacrés ont été reconstitués dans l’enceinte du musée afin d’initier les visiteurs aux concepts sacrés et à la vie spirituelle des peuples du Burkina Faso.

Fervent défenseur des richesses traditionnelles, notamment dans leur rapport au sacré, il y a honoré toutes les civilisations qui constituent la diversité culturelle du Burkina Faso.

Il se souciait de la sauvegarde de nos traditions

Pour  illustrer  les connaissances divines de la société traditionnelle, il expliquait  les liens symboliques entre les objets et coutumes du quotidien et les rituels sacrés, initiatiques ou non, qu’il s’agisse de la sculpture du bronze, de la poterie, de la vannerie, des bijoux et des coiffures traditionnelles des femmes, ou bien des masques…

Par ailleurs, afin de sauvegarder un immense patrimoine oral qui disparaît, Me    s’est fait collecteur, écrivain et savant interprète d’un riche héritage légué par les âges et les patriarches.

Il se souciait de la sauvegarde de nos traditions et de la sagesse africaine, à tel point que dans son discours on sentait que l’on  n’était pas dans la forme, que c’était profond, que son coeur vibrait. On ne pouvait qu’être séduit, emporté par sa passion pour sa culture et son pays.

L’immensité de son savoir, il la partageait généreusement et avait le souci de sa transmission aux jeunes générations par le biais de l’enseignement scolaire et de l’Université, et en encourageant nombre d’étudiants sur la voie de la promotion…

Son charisme, sa qualité d’écoute, son professionnalisme, son approche du développement des métiers de l’agriculture, de l’art et de l’artisanat, sa compréhension du  système économique et politique mondial dans un monde troublé, conduisaient beaucoup de cadres de l’administration et de chefs coutumiers à le consulter.

Homme de la parole, Me Pacéré  était aussi un homme intègre pétri de valeurs, attaché aux droits humains. sensible aux causes quotidiennes, à l’actualité burkinabée et du reste du monde.

Très souvent, il conjuguait ses talents de poète et d’avocat pour s’insurger contre la barbarie, l’absurdité politique, les tragédies humaines et  les déficits socio-culturels. Ainsi face aux maux,  le discours poétique devenait une flamboyante plaidoirie pour des causes justes, dans laquelle l’écrivain prend le parti d’une Afrique décomplexée, forte de ses valeurs et qui s’assume en tant que puissance devant l’histoire.

L’Afrique a besoin d’hommes comme Me Pacéré afin de poursuivre son  engagement. Lui-même s’inscrivait dans une lignée de cerveaux et d’intellectuels africains qui, forts de leurs racines ont pris leur bâton de pélerin pour montrer au monde que l’Afrique est un continent puissant et le restera, que ses hommes et ses femmes ne restent pas spectateurs, qu’ils sont acteurs de leur vie.

Ceux-ci ont mis leurs  talents et leurs connaissances au service du développement de leur pays, de la promotion des droits de l’homme, de l’éducation, de l’enseignement et de la recherche, afin de porter la fierté de notre civilisation et de donner l’espoir aux nouvelles générations.

Ces éclaireurs étaient des universitaires, des artistes,  qui se sont levés et mis en marche afin de travailler à la grandeur, la dignité  et l’unité de l’Afrique.  Je n’en citerai que quelques-uns : Aimé Césaire, Cheick Anta Diop, Nelson Mandela, Amadou Hampaté Bâ, Norbert Zongo, Myriam Makeba, Elsa Wolliaston, Souleymane Koly Ko Téba d’Abidjan, Keîta Fodeba, Bernard Binlin Dadié, Joseph Ki Zerbo, Ouezzin Coulibaly, Issouf Tata Cissé, etc…

L’être humain est riche de valeurs

Ce qu’ont réalisé ces personnalités n’emporte pas toujours l’adhésion du public mais leurs oeuvres ou travaux mériteraient une plus large diffusion dans laquelle l’éducation pourrait jouer un rôle important.

L’être humain est riche de valeurs intrinsèques mais il faut savoir lui parler… C’est pourquoi, l’art et la culture doivent être au cœur  de l’éducation. La philosophie est comme un oeuf, fragile, dont il faut prendre soin, le caresser pour ne pas le briser…

Moi, Yé Lassina Coulibaly, qui suis en perpétuelle quête de savoirs, je m’inspire de l’université de la Nature et de la Place Publique. C’est une des écoles les plus difficiles, les plus exigeantes qui soient, où l’on apprend des autres, où l’on se soumet au verdict populaire « éduquez-moi, vous allez m’apprendre l’humanité »… A-t’on déjà vu les masques se montrer dans un salon?

J’ai une vision des choses qui me pousse à penser que les forces vitales du monde visible et invisible doivent être au service des humains et que l’art est là pour faire du bien, pour nourrir le  souffle de la sensibilité et de l’amour.

Prendre soin des plus vulnérables, faire entendre la voix de ceux qui sont abandonnés au bord  de la route fait partie de la mission des artistes et est un devoir pour toute société. La reconnaissance du rôle de ceux-ci dans la cohésion de la société devrait permettre l’amélioration de leurs conditions de vie…

Le continent africain doit pouvoir bénéficier des immenses richesses de celui-ci.  Il faut sortir du culte de l’individualisme et créer des structures solides, garantes des droits humains, d’espoir d’un avenir meilleur, de cohésion de la société et d’unité de l’Afrique.

Personnage hors du commun, Me Pacéré s’en est donc allé rejoindre les ancêtres. Je suis profondément attristé de son décès mais pour moi il n’est pas mort, son héritage culturel et ses valeurs vivront dans nos mémoires et dans nos coeurs…

Auteur de nombreux ouvrages

Sa contribution à la construction de son pays est incontestable. Outre ses oeuvres et ses travaux, il a légué au Burkina Faso et à l’Afrique une immense fierté.

La qualité des recherches qu’il a réalisées est une chance pour l’Afrique, sa mémoire et ses écrits vont aider nos pays à aller de l’avant car ils donnent de l’espoir aux droits humains.

Il est l’auteur de nombreux ouvrages de littérature, de poésie, de sociologie et de droit, mais aussi d’essais sur l’art et de témoignages…

A ce titre, de prestigieuses distinctions et nominations lui ont attribuées : Grand Prix littéraire d’Afrique noire francophone en 1982, Médaille d’honneur de l’Association des écrivains de langue française, Membre Honoris Causa de l’Académie des arts, des lettres et des sciences du Languedoc en 2009 et Membre associé  de l’Académie des sciences d’outre-mer, Grand Prix de la poésie Léopold Sédar Senghor en 2013, Grand Officier de l’Ordre national en 2015, Chevalier de la Légion d’honneur française en 2016,  Grand-Croix de l’Étalon en 2022,  Baobab d’Or en 2024…

Que l’âme du génie du baobab d’Afrique repose en paix

J’invite tous les africains à lire ses travaux, à s’imprégner de sa pensée, car tout ce qui peut faire rêver un enfant, c’est la grandeur de sa culture, un trésor vivant qui le libérerait de tout complexe par rapport aux autres civilisations. Ce serait sa première protection, en quelle que sorte sa première arme pacifique…

Que l’âme de Me Pacéré, ce génie du baobab d’Afrique, qui a toujours prôné la médiation et privilégié ce qui unit nos peuples, repose en paix!

Que d’autres baobabs se dressent pour préserver son héritage et poursuivre l’écriture d’une histoire noble et digne de l’Afrique!

Yé Lassina Coulibaly art et culture,

Site officiel : www.yecoulibaly.com

Artiste auteur-compositeur interprète

Musicothérapie sociétaire de la SACEM, ADAMI, SPEDIDAM, Union des Artistes Burkinabés

Chevalier de l’ordre du mérite, des lettres et de la communication (agrafe musique et danse)   du    Burkina-Faso.  concert, spectacle, pédagogie 00 336 76 03 71 66 »