La chambre criminelle de la Cour de cassation va juger, ce 29 juin 2016 à Ouagadougou, l’ancien directeur général des douanes, Ousmane Guiro, après un pourvoi en cassation de la cour d’appel qui avait estimé sa peine de condamnation de deux ans avec sursis trop clémente.
Poursuivi pour corruption, enrichissement illicite, violation de la législation sur les changes, Oumane Guiro avait été condamné à deux ans de prison avec sursis et au paiement de 10 millions de francs CFA d’amende et la confiscation des objets saisis, à hauteur de 900 000 000 Francs CFA, outre les devises étrangères.
La chambre criminelle de la Cour de cassation va infirmer ou non le verdict de la Chambre criminelle de la Cour d’appel de Ouagadougou qui a rendu sa décision dans la nuit du 20 au 21 juin 2015. La cour avait reconnu « Guiro Ousmane coupable d’avoir reçu des dons ou présents, en l’espèce des sommes d’argent ».
Mais, elle n’avait pas relevé sa culpabilité , en tout cas depuis moins de dix ans, de s’être enrichi illicitement en se servant de la fonction de directeur général des douanes pour acquérir personnellement la somme de 1 906 190 604 F CFA par acceptation d’offres, réception de dons ou présents pour accomplir ou s’abstenir d’accomplir des actes de sa fonction, ou de son emploi non-sujets à salaire.
Les candidats aux concours de la fonction publique, session 2016, ont de bonnes raisons de se soucier. L’égalité des chances d’accès aux emplois est menacée. Et pour cause, un homme, Saïdou Birba, libéré de prison, a repris ses activités à la tête des écoles de formation « Birba formation » disséminées dans tout le pays.
Pour comprendre, nous avons en vain tenté de rencontrer Saidou Birba, qui donnait l’impression de nous fuir, tel on en fait à la peste.
C’est finalement au palais de justice de Ouagadougou que nous avons obtenu une oreille attentive en la personne du président de la commission d’application des peines, Adelphe Sanou. C’est ce dernier qui nous a donné les circonstances de la libération de Saidou Birba: » Les différents textes à caractère normatif, qui régissent la commission, prescrivent qu’un délinquant primaire ou une personne condamnée pour la première fois, ayant purgé au moins la moitié de sa peine, peut prétendre à la semi liberté lorsqu’il a fait preuve de bonne conduite en milieu carcéral, en donnant des signes d’amendement et que la possibilité de récidive est très faible ». A en croire le juge Sanou, c’est l’application de ces textes qui ont présidé à la libération provisoire de Saïdou Birba, le 21 avril 2016, alors qu’il lui restait encore 4 mois de détention.
Le comportement de Saïdou Birba intrigue. A-t-il vraiment changé? Est-on vraiment sûr qu’il ne trempera pas dans la fraude pour assurer un large succès aux candidats aux concours directs qui sont formés dans ses centres?
Le moins que l’on puisse dire, l’égalité des chances d’accès aux emplois directs de la fonction publique est en péril. Il sied que les autorités administratives et judiciaires veillent au grain. Pas seulement, les organisations de la défense des intérêts des candidats, eux devraient ouvrir l’œil et le bon.
Pour mémoire, Saidou Birba avait été condamné, le 23 octobre 2015, à un an emprisonnement ferme et 500 000 francs CFA d’amende, au même moment que 21 autres personnes ayant écopées de peines oscillant entre 6 mois et 1 an, ainsi que des amendes allant de 150 000 à 500 000 Francs CFA.
Le Syndicat Autonome du Personnel de l’Action Sociale (SYNAPAS) dénonce des nominations et impute la responsabilité de la dégradation du climat social au ministre de tutelle, à travers une déclaration que nous invitons à lire
Le Syndicat Autonome du Personnel de l’Action Sociale (SYNAPAS) par la présente déclaration s’insurge contre l’insistance des premiers responsables à installer un climat délétère de travail au sein du département en charge de Femme, de la Solidarité Nationale et de la Famille (MFSNF).
En rappel, c’est suite aux nominations en conseil de ministre en date du 27 avril 2016 de certaines personnes dont les qualifications et le profil ont suscité un émoi du personnel que le SYNAPAS en accord avec le comité CGTB de l’ex Ministère de la Promotion de la Femme et du Genre, attiraient l’attention du Ministre sur l’inopportunité de telles pratiques surtout au lendemain de l’insurrection populaire.
Conscients donc des conséquences que cette situation pourrait engendrer, le Bureau National du SYNAPAS a réitéré sa crainte quant à une réelle détérioration du climat social lors de la rencontre initiée le mercredi 11 mai 2016. Cette rencontre dont le SYNAPAS avait fondé à priori l’espoir de trouver des solutions palliatives à l’ensemble des préoccupations soulevées, s’est plutôt transformée en une série de plaidoiries des représentants de la délégation ministérielle.
Le SYNAPAS du reste, a proposé le relèvement de leurs fonctions les personnes décriées et en mettant en garde les interlocuteurs du jour sur la tournure des évènements (remous sociaux) si toutefois la situation restait à l’état.
L’évolution des choses nous a donné raison (manifestation d’un saut d’humeur général au sein du personnel). Comme on peut le constater, la nomination des quatre (4) personnes est à l’origine du désamour et de la tension entretenue ces derniers temps dans la maison commune.
Et manifestement, aucune initiative sincère n’est envisagée pour redonner confiance et stimuler les travailleurs dans leurs tâches quotidiennes d’où un doute sur une volonté réelle de gérer avec diligence les préoccupations posées par le personnel à travers leur organisation syndicale.
Le contexte sociopolitique doit plus que jamais inspirer l’autorité. Le Bureau National du SYNAPAS tient pour seul responsable Madame le Ministre de la Femme, de la Solidarité Nationale et de la Famille sur l’état de dégradation progressive du climat social.
Afin donc de récréer les véritables conditions de travail et d’apaisement, le SYNAPAS exige :
• le relèvement sans condition de leurs fonctions respectives des personnes ci-après:
-La Directrice Générale de l’Autonomisation des Femmes (DGAF) ;
– Le Secrétaire Permanent du Conseil National de Secours d’Urgence et de Réhabilitation (SP/CONASUR) ;
-Le Secrétaire Permanent du Conseil National de Lutte contre la Pratique de l’Excision (SP /CNLPE) ;
-La Directrice Régionale de la Femme, de la Solidarité Nationale et de la Famille du Nord (DRFSNF/N).
• L’effectivité des rencontres périodiques annoncées lors de la rencontre de prise de contact
• La valorisation et la promotion des compétences du MFSNF
• L’arrêt de la liquidation du MFSNF par l’arrivée massive d’allogènes au sein du département
• des réponses appropriées et à la hauteur des attentes de l’ensemble du personnel du Ministère de la Femme, de la Solidarité Nationale et de la Famille.
A l’ensemble du personnel du Ministère, le Bureau National du SYNAPAS vous invite à rester vigilant et mobilisé pour tout mot d’ordre afin d’instaurer une réelle valorisation des compétences et partant de meilleures conditions de travail.
Notre Engagement est Notre Force ! Notre Détermination est Notre Victoire !
Selon le Journal de Montréal et le Houston Chronicle, une femme a été abattue par un policier à Fort Bend County dans la banlieue américaine de Houston, le 24 juin 2016. Elle venait de s’en prendre à ses deux filles, Madison, 17 ans et Taylor, 22 ans.
Les policiers sont intervenus après avoir été appelés par des voisins pour des coups de feu. Arrivés sur place, ils se sont retrouvés face à une femme, Christy Sheats, 42 ans, armée d’un pistolet. Ses deux filles gisaient au sol, devant la maison. Ils auraient été contraints de l’abattre car elle refusait de baisser son arme.
Les deux adolescentes sont mortes. Madison sur les lieux avant l’arrivée des services d’urgence et Taylor le lendemain à l’hôpital.
Le père et mari s’était réfugié chez un voisin et n’a pas été blessé. Il a tout de même été hospitalisé, en état de choc.
Une dispute dont on ignore la cause serait à l’origine du drame. Selon les voisins, les policiers ont souvent été appelés pour intervenir dans cette famille.
Suite à la défaite de l’albiceleste en finale de la Copa America contre le Chili, pour une troisième défaite en finale en trois ans, Lionel Messi a définitivement renoncé au maillot argentin et pris sa retraite internationale, à East Rutherford, aux États-Unis.
« La sélection, c’est fini pour moi, c’est la quatrième finale que je perds, la troisième de suite », a-t-il expliqué en référence aux défaites en finale du Mondial 2014 contre l’Allemagne (1-0), en prolongation, puis des Copa America 2015 et 2016. « C’est un moment dur pour moi et pour toute l’équipe, c’est très difficile (…) j’aurais tellement voulu ramener un titre de champion en Argentine, je m’en vais sans y être parvenu », a ajouté l’attaquant-vedette.
À 29 ans, il va se consacrer à son club, le FC Barcelone, avec qui il sait gagner : quatre Ligue des champions, huit championnats d’Espagne, trois super coupes d’Europe, etc. Un contraste étonnant !
Comme en juillet 2015 donc, au Chili alors, la Roja chilienne a encore eu raison de l’Argentine en finale de la Copa America, selon un scénario quasi identique, en étouffant ses attaquants, dont Messi. 0-0 au temps réglementaire et 4-2 au tirs au buts.
Le pire, c’est « la puce » du Barça, 69 kg pour 1,72 m, le meilleur joueur du monde, qui a cette fois précipité la défaite de son équipe. Seul joueur argentin à réussir son tir au but en 2015 (0-0 a.p., 4 tab à 1), il a cette fois raté sa tentative face au gardien chilien, Claudio Bravo, son partenaire au Barça!
Premier tireur argentin, il expédie le ballon largement au dessus de la cage chilienne. Laissant le rôle de héros de cette finale à Francisco Silva, un milieu défensif du club mexicain de Chiapas, auteur du quatrième tir au but chilien, synonyme de deuxième titre de l’histoire du football chilien. Impressionnante jusque-là dans cette Copa America, avec ses 18 buts en cinq matchs, l’Albiceleste a donc encore craqué.
Messi, soumis au marquage agressif d’Arturo Vidal, le milieu de terrain du Bayern, n’a jamais pu s’exprimer, s’étiolant peu à peu, à l’image d’une finale de plus en plus terne au fil des minutes. C’est donc une septième finale de perdue pour l’Argentine depuis son dernier titre, la Copa America 1993.
Déjà critiqué avant ce tournoi par le légendaire Maradona pour son manque de personnalité, Lionel Messi a tiré les conclusions de ce nouveau revers. « Si nous perdons, qu’ils ne rentrent pas ! », avait lancé Diego Maradona, mercredi, à l’adresse des joueurs de la sélection argentine, avant cette finale de la Copa America du centenaire.
Après 112 apparitions sous ces rayures ciel et blanc, Messi a disputé son dernier match d’une carrière internationale débutée en août 2005, à 19 ans. Avec pour seule consolation une médaille d’or olympique, aux JO de Pékin en 2008. Et le titre de meilleur butteur de l’argentine avec 55 réalisations, soit une de plus que Gabriel Batistuta.
A l’instar des autres pays du monde, le Burkina Faso a célébré, le 26 juin 2016, la 27ème journée internationale de la lutte contre la drogue, sous le thème : « La problématique de la drogue en milieu scolaire : quelles stratégies pour une meilleure prévention ? ».
A l’occasion, le Comité National de Lutte Contre la Drogue (CNLD), a procédé à l’incinération de 19,5 tonnes de drogue (cannabis et faux médicaments), saisies par les services de détection et de répression (Police Nationale, Gendarmerie Nationale et Douanes) au centre de traitement et de valorisation des déchets de la commune de Ouagadougou.
Le Ministre d’Etat, Ministre de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité Intérieure, Simon Compaoré, par ailleurs président du CNLD, a déclaré que le Burkina « n’est pas un îlot à l’abri des assauts des narcotrafiquants ». De ses explications, le pays est devenu une zone de transit des drogues dures et de consommation des drogues dites douces (chanvre indien, amphétamines, etc.)
A en croire le ministre, 791 personnes ont été prises en charge pour abus de drogues au cours des trois dernières années dont 302 pour 2015 seulement. Que 1975 enfants et jeunes en difficulté avec la loi pour toxicomanie ont été reçus dans les services de l’action sociale.
« Depuis 2015, on a pu constater que les enfants avaient des comportements anormaux. Face à cette situation, nous avons effectué une petite enquête pour comprendre le phénomène.
A l’issue de l’enquête, il ressort que dans beaucoup d’écoles, les enfants prennent la drogue», a soutenu la secrétaire permanente du Comité national de lutte contre la drogue (CNLD), Mariam Diallo/Zoromé.
Selon le ministre en charge de la sécurité, 123,332 tonnes de cannabis, 51,048 kg de Cocaïne, 0,826 kg d’héroïne et 36,173 tonnes de médicaments de rue ont été saisis ces trois dernières années au Burkina Faso.
Au lendemain du vote pour la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, on déplore les agressions racistes, souvent verbales, mais également physiques.
« Quittez l’Union européenne. Dehors, la vermine polonaise ». C’est une phrase inscrite sur des petites cartes, en Anglais et en Polonais laissées aux abords d’une école primaire, à Huntingdon, dans le Cambridgeshire. Selon Sky News (liens en anglais), des membres de la communauté polonaise dans la région en ont découvert, glissées sous leurs portes.
Alors que de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer la libération d’une parole raciste, encouragée par la décision du pays de quitter l’UE et les arguments de certains défenseurs du « leave », qualifiés de « xénophobes », une député travailliste a assuré qu’elle demanderait au Parlement de se pencher sur ces incidents, afin de déterminer si le référendum a effectivement joué un rôle de détonateur.
Alors que la question de l’immigration a tenu un rôle central dans les débats qui ont précédé le scrutin, des associations de lutte contre les crimes racistes s’alarment, dimanche 26 juin. La baronne Sayeeda Warsi, membre de la chambre des Lords et ancienne partisane du « leave » passée dans le camp du « remain », craint que les agressions verbales ne soient en augmentation.
« J’ai passé le week-end avec des personnes qui travaillent sur les crimes raciaux, qui les recensent », a-t-elle dit à Sky News. » Et ils ont reçu des témoignages très dérangeants de personnes disant avoir été arrêtées dans la rue et à qui l’on a dit : ‘écoutez, nous avons voté pour la sortie [de l’UE], maintenant vous devez partir. »
Selon le Cambridge Evening News, une enquête est en cours afin de déterminer qui sont les personnes derrière la distribution de ces tracts. A une centaine de kilomètres au sud d’Huntingdon, à Londres, la police s’est également penchée sur un autre délit « au motif raciste », alors que des inscriptions similaires ont été taguées sur les portes d’un centre social et culturel polonais, dans le quartier d’Hammersmith, dans l’Ouest de la capitale.
Rassemblés par The Independent (lien en anglais), les témoignages de personnes d’origine non-Britanniques inquiètes se multiplient sur les réseaux sociaux, via le hashtag #PostRefRacism, soit le « racisme post-référendum ». Sur Facebook, un groupe qui rassemble des « signes inquiétants » de cette libération de la parole raciste, rassemblent des dizaines de tweets, échanges de textos ou encore titre de journaux, dénonçant un climat de défiance, voire menaçant, à l’égard de plusieurs communautés, notamment les Polonais, les Roumains ou encore les personnes de confessions musulmanes. Ainsi, ces commentaires sont parfois adressés « à des gens et à des famille qui sont ici depuis trois, quatre ou cinq générations », relève la baronne Warsi. « L’ambiance dans la rue n’est pas bonne », poursuit-elle.
Le message ci-après du Syndicat National des Agents de la Garde de Sécurité Pénitentiaire(SYNAGSP) est relatif à l’arrêt de leur mouvement de grève et à la reprise de leurs activités à compter de ce lundi 27 juin 2016.
Les gardes de sécurité pénitentiaire ont arrêté leur mouvement de grève ce dimanche 26 juin
«Le SYNAGSP informe que les activités reprennent dans tous les établissements pénitentiaires du pays pour compter du lundi 27 juin 2016.
Cette décision a été prise dans le souci d’atténuer les souffrances des détenus et de leurs proches qui, malgré leurs conditions difficiles ont tenu à soutenir la lutte des personnels de la Garde de sécurité pénitentiaire.
Le syndicat exprime sa reconnaissance à la presse pour son professionnalisme et salue l’engagement de tous ceux qui œuvre pour plus d’égard pour les conditions de travail des personnels pénitentiaires et un univers carcéral plus sûr».
Fait à Ouagadougou, le dimanche 26 juin 2016 Le secrétaire général Siaka BAYOULOU Tel : 68 91 58 88
Les shebabs somaliens ont attaqué, ce samedi 25 juin 2016, un hôtel de Mogadiscio, situé dans le sud de la capitale, fréquenté par des hommes politiques et des membres de la diaspora. Le dernier bilan fait état de 11 morts d’une vingtaine de blessés.
L’attaque a débuté vers 16h30, heure locale. Un véhicule piégé a explosé devant l’enceinte de l’hôtel, causant la mort du conducteur, de deux passants, a indiqué le ministre somalien de la Sécurité intérieure, Abdirisak Omar Mohamed.
La brèche créée a permis à un commando de trois hommes, arrivés à bord d’un second véhicule, de pénétrer dans le bâtiment. Trois gardes de sécurité employés par l’hôtel ont alors été tués.
« On a entendu une énorme explosion. Elle a soufflé plusieurs vitres des bâtiments alentours, y compris le nôtre. Quelques minutes plus tard, on a compris que ça se passait à l’hôtel Nasaa Hablood, que l’explosion avait eu lieu à l’entrée. Après ça, on a entendu d’intenses échanges de tirs, ça continuait et des bombes étaient lancées en même temps. Ensuite, les forces gouvernementales et le personnel de sécurité de l’hôtel ont affronté les assaillants. Ça a duré presque deux heures. », a témoigné un salarié d’un hôtel tout proche du lieu de l’attaque.
Au total, ce sont 5 assaillants qui ont été tués : 3 abattus, 2 dans l’explosion de leur voiture. Le bilan civil de six morts pourrait s’alourdir, car la première voiture piégée a fait plusieurs blessés, dont certains grièvement.
Les shebabs, affiliés à al-Qaïda, ont revendiqué l’attaque dans un communiqué posté sur les réseaux sociaux. Cette attaque intervient un peu plus de trois semaines après celle de l’hôtel Ambassador, qui avait fait 10 morts le 1er juin.
L'homme d'affaires Strive Massiyiwa est un fervent partisan du développement de l'agriculture en Afrique
Ceci est une tribune du richissime homme d’affaires zimbabwéen basé à Londres. Strive Masiyiwa est président du Conseil d’administration de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA); président exécutif et fondateur d’Econet Wireless. En s’appuyant sur son expérience et à la lumière des nombreux défis auxquels fait face l’Afrique aujourd’hui, Masiyiwa soutient que ce dont le continent à besoin est une nouvelle génération d’héros qui ont des idées et une vision nouvelle, et sont prêts à répondre aux défis qui pourraientdéterminer le futur du continent. Lisez plutôt !
L’homme d’affaires Strive Massiyiwa est un fervent partisan du développement de l’agriculture en Afrique
« Les héros africains et les superpuissances de l’Agriculture »
Pour la plupart des gens, la notion de héros évoque des images de personnes braves qui risquent leur vie pour les autres, ou des « superhéros » décrits dans des livres ou films comiques, armés de pouvoirs surnaturels. Mais ceux dont l’Afrique a besoin chaque jour sont des héros d’un genre différent – des « héros en action » qui ont des idées et une vision, prêts à relever les défis qui pourraient déterminer le sort d’un continent muni d’une masse de terre plus grande que les États-Unis, l’Europe de l’Ouest, la Chine et l’Inde réunis. C’est un vaste terrain ayant beaucoup de potentiel.
Les défis de l’Afrique sont bien connus : Une sécheresse dévastatrice détruit les cultures en Afrique orientale et australe. La chute des prix du pétrole nuit à la croissance économique dans les pays exportateurs, notamment le Nigeria. Une famine chronique menace encore un tiers de nos populations, et une pauvreté profonde laisse dans une misère extrême près de la moitié des familles sur le continent. Il faut mettre en place, d’urgence, des perspectives d’emploi pour les 200 millions de personnes qui ont entre 15 et 24 ans qui font du continent africain le continent le plus jeune du monde.
Des millions d’agriculteurs africains n’ont pas encore accès à des variétés de cultures améliorées qui augmentent les rendements. Ils ont besoin d’engrais minéraux et organiques qui redonnent vie au sol. Ils ont besoin d’accéder au crédit pour acheter des intrants agricoles. Ils ont besoin d’une meilleure information sur les opportunités de marché pour justifier leurs investissements. Alors que nous pouvons obtenir des signaux de téléphonie cellulaire pour atteindre des éleveurs de bétail Masaï, la plupart des agriculteurs africains luttent encore pour trouver un sac de semences de qualité ou une petite quantité d’engrais!
Où sont les superhéros africains qui peuvent relever ces défis continentaux? Dans un nouvel effort pour les trouver, en avril 2016 plusieurs organisations ont conjugué leurs forces à Accra (Ghana) pour lancer le nouveau prix de l’alimentation en Afrique s’élevant à 100 000 $ (l’ancien Prix Yara). Ce nouveau prix basé en Afrique récompensera un individu ou une institution remarquable qui déploie des efforts pour changer la réalité de l’agriculture africaine en la faisant passer d’une lutte pour survivre à une entreprise qui prospère! Nous recherchons des initiatives et innovations techniques audacieuses qui peuvent être reproduites avec excellence sur tout le continent.
Nous savons qu’il existe des superhéros africains dans notre milieu, qui font des choses extraordinaires dans le monde extraordinaire de l’agriculture, qui, je pense, détient la clé de l’avenir de l’Afrique. Nous voulons entendre parler d’eux et saluer leur travail.
Qu’est-ce que je veux dire par extraordinaire? Je veux dire des jeunes comme l’entrepreneur ougandais, Eric Kaduru, qui a fondé une organisation visant à aider des centaines de filles déscolarisées à mettre sur pied leurs propres exploitations fruitières commerciales, ou le Dr Lindiwe Majele Sibanda du Zimbabwe, expert en sciences animales et agricoles, qui dirige un groupe de réflexion politique, qui œuvre pour s’assurer que l’agriculture africaine figure de manière très visible sur le programme mondial. Je fais allusion à des gens comme les militants communautaires qui luttent pour aider les petits exploitants agricoles à accéder aux marchés, aux inventions agro-techniques et aux innovations qui constituent le lien entre les agriculteurs et des informations vitales, et les réformateurs qui militent pour de meilleures politiques agricoles à tous les niveaux, du chef d’État aux chefs de village.
Mille milliards d’arguments en faveur de l’agriculture africaine
Pourquoi l’agriculture est-elle un champ d’action indispensable? Pour commencer, les deux tiers des Africains travaillent dans l’agriculture, le secteur qui sous-tend la sécurité alimentaire en Afrique. Sur un continent muni de riches ressources naturelles et d’un grand capital humain, il n’y a absolument pas de raisons que les Africains importent tant de produits alimentaires provenant d’ailleurs dans le monde. Nous devrions atteindre notre auto-approvisionnement. Il s’agit d’un énorme marché et d’une massive opportunité. La Banque mondiale estime qu’en 2030 sa valeur atteindra un million de milliards de dollars américains!
Si je devais me lancer dans les affaires aujourd’hui, au vu des opportunités de marché pour les producteurs alimentaires africains et de l’incroyable dotation de l’Afrique en ressources naturelles et en capital humain, je préfèrerais l’agriculture aux télécommunications.
Voici le but et l’inspiration pour le Prix de l’Alimentation en Afrique : Lorsque nos superhéros achèveront leurs missions, chaque consommateur africain bénéficiera d’un meilleur accès à des aliments nutritifs et abordables – développés et fournis par des agriculteurs africains et des entreprises alimentaires africaines. Cela signifie de nouvelles possibilités d’emploi et des revenus plus élevés pour l’Afrique rurale. Cela alimentera une plus large expansion économique, au profit de tous et des pauvres en particulier. Ceci est quelque chose que les surchauffes et contractions des économies pétrolières ne peuvent tout simplement pas offrir.
Un prix de l’alimentation et la voie vers la prospérité
Les anciens lauréats tels que Kaduru et Sibanda sont le genre de héros dont l’Afrique a besoin aujourd’hui. Il y a tant d’autres. Par exemple, l’année dernière les dirigeants africains ont sélectionné Akinwumi Adesina, un lauréat de Yara en 2007, pour être président de la Banque africaine de développement. Un champion d’un «impact à grande échelle » dans toute l’Afrique, Adesina a été ministre de l’Agriculture et du Développement Rural au Nigeria où, parmi de nombreuses réformes, il a introduit une technologie d’avant-garde pour permettre de lutter contre la corruption et d’améliorer l’accès aux intrants pour les agriculteurs ruraux, et en particulier les femmes.
Il y a deux ans, quelques jeunes entrepreneurs du Nigeria ont lancé une nouvelle série de livres comiques mettant en vedette quelque chose d’inédit : les superhéros africains. J’espère qu’un jour nous raconterons des histoires de la vie réelle des « superhéros » du Prix de l’Alimentation en Afrique, et comment leurs exploits extraordinaires ont permis de vaincre les maux tels que la faim, les changements climatiques, la pauvreté et le chômage.
Strive Masiyiwa, Président du Conseil d’administration de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA); Président exécutif et fondateur d’Econet Wireless.