Donald Trump, 45e président des Etats-Unis, a promis à ses concitoyens une rupture totale

A Washington, est déjà en place l’administration Donald Trump. Le 45e président des Etats-Unis d’Amérique, qui a prêté serment vendredi dernier, a réaffirmé sa détermination à mener une politique qui se veut radicalement opposée à celles menées par ses prédécesseurs, à commencer par le démocrate Barack Obama.

Donald Trump prêtant serment le vendredi dernier en sa qualité du 45e président des Etats-Unis d'Amérique
Donald Trump prêtant serment le vendredi dernier en sa qualité du 45e président des Etats-Unis d’Amérique

«A partir de maintenant, c’est l’Amérique d’abord». Ces propos prononcés ce 20 janvier 2017 à Washington par Donald Trump lors de sa prestation de serment en tant que 45e président des Etats-Unis, résume à merveille la politique qu’entend mener le nouveau locataire de la Maison Blanche.  Une politique protectionniste qui s’oppose apparemment à celle d’ouverture menée par le président sorti, Barack Obama. «A partir de ces instants, le pouvoir revient au peuple», a  encore lancé Donald Trumpà l’endroit de ses partisans.

A l’intérieur des Etats-unis, Donald Trump promet d’engager une lutte contre ceux qui volent les emplois des Américains, et gérer le pays dans les seuls intérêts de ses compatriotes. Ainsi, sous Trump, la vie s’annonce dure pour les immigrés illégaux ou «les sans papier», les industriels ‘’délocalisateurs’’.

A l’extérieur, Trump n’entend pas s’engager dans des affaires qui ne vont, à l’écouter, rien apporter aux Américains ou pourraient leurs coûter des emplois. Il s’oppose de ce fait à la globalisation, à ses partisans ou acteurs. Dans les différents milieux menacés par la nouvelle politique américaine, c’est la panique. Les uns et les autres se demandent ce qu’il faut faire face à la situation. Mais, Donald Trump peut-il en l’espace de quatre ans changer le cours de l’histoire ? Rien n’est moins sûr.

La démarche préventive du président mexicain

Alors que peu d’observateurs pariaient sur une victoire de Donald Trump à la présidentielle américaine, le président mexicain, Enrique Peña Nieto a eu la bonne idée de recevoir en septembre dernier dans son bureau à Mexico pour échanger avec lui sur le mur qu’il entend construire à la frontière pour empêcher les Mexicains d’immigrer en masse aux Etats-Unis.

Au cours de cette audience inédite, Trump n’avait pas bougé d’un iota sur sa future politique d’immigration vis-à-vis du Mexique, promettant de faire payer le pays pour la construction dudit mur. Mais, aujourd’hui, Donald Trump n’est plus candidat à la présidence américaine mais président en bonne et due forme des Etats-Unis et il se peut qu’il se montre finalement bien plus indulgent vis-à-vis du président Enrique Peña Nieto et de ses compatriotes désireux de rejoindre les Etats-Unis. Surtout que cette dynamique de communication est maintenue puisque l’on annonce pour le 31 janvier prochain une visite du président mexicain chez Donald Trump. Cette démarche préventive de Enrique Peña Nieto pourrait ainsi se révéler très utile pour son pays et les Etats-Unis dans la gestion de ce dossier épineux de l’immigration mexicaine.

Actions des autres acteurs internationaux et nationaux

La démarche du président Enrique Peña Nieto est une façon soft de contrer la politique de changement radical que veut instaurer Donald Trump sur le vieil dossier de l’immigration mexicaine. La démarche de PeñaNieto se préventive. Mais, les autres acteurs concernés par la politique protectionnisteTrump ne resteront pas les bras croisés.

La chancelière Angela Merkelcroit en la vertu du dialogue pour ramener Trump vers le juste milieu. Le président chinois, Xi Jinping, lui n’exclut pas des mesures de rétorsion à l’encontre de Washington si les mesures du nouveau président américain devaient nuire aux intérêts de Pékin, qui reste à ce jour l’un des plus gros créanciers des Etats-Unis.

A l’intérieur comme à l’extérieur des Etats-Unis, les opposants au régime Trump se font de plus en plus entendre, des manifestations observées ça et là ce 21 janvier 2017. Tout cela indique que le nouveau locataire de la Maison Blanche aura du mal à changer le cours de l’histoire.

Le protectionnisme n’est pas une invention de Trump

Donald Trump, 45e président des Etats-Unis, a promis à ses concitoyens une rupture  totale
Donald Trump, 45e président des Etats-Unis, a promis à ses concitoyens une rupture totale

Donald Trump a promis la rupture totale avec les pratiques passées. Mais, à l’évidence, ce changement politique radical est impossible sur terre. Il a beau être un homme d’affaires à succès, il ne saurait inventer la roue politique. Il n’est pas l’inventeur du protectionnisme dont il se fait le chantre. Le protectionnisme a bien été expérimenté aux Etats-Unis avant la seconde guerre mondiale. Sa politique n’est qu’un retour à une ancienne pratique politique qui a aussi montré ses limites. Il ne suffit pas de fermer ses frontières pour ne pas être envahi par des immigrés. La fin de l’immigration dans le monde n’est pas pour demain. L’immigration a existé avant Donald Trump, elle existera sous Donald Trump et elle existera après Donald Trump. Elle est inhérente à l’humanité.

Ainsi, quand Trump finira de faire des Etats-Unis le plus gros pays pourvoyeur d’emplois dans le monde,  son pays deviendra en même temps la destination première des candidats à l’immigration dans le monde, si rien n’est fait dans le même temps pour améliorer les conditions de vie de ces immigrants dans leurs pays.

En outre, il ne suffit pas de pratiquer l’isolationnisme pour être en sécurité ou protéger ses concitoyens contre les aléas des relations internationales.

Au fait, il n’y aura  pas de grande rupture avec la politique extérieure  d’Obama qui a eu des effets positifs pour l’économie américaine. Pour avoir su gérer le dossier nucléaire iranien, «sans qu’aucune goutte de sang ne soit versée», l’administration Obama a permis aux Etats Unis de décrocher par exemple d’importants contrats de vente d’avions de l’Iran.

Mêmes les investissements de cette administration Obama dans le fonctionnement de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) qu’essaie de remettre en cause aujourd’hui Trump, peuvent avoir des impacts positifs pour l’économie américaine, à y regarder de près.

L’histoire, un éternellement recommencement

Obama, nous disions dans notre précédent article, s’était évertué durant son mandat, à réconcilier les Etats-Unis avec le monde d’avant la seconde guerre mondiale, en témoignent ses visites à la Havane à Cuba et à Hiroshima au Japon.

Trump, lui aussi, sans peut-être le savoir, s’est engagé avec sa politique protectionniste à réconcilier les Etats-Unis avec la même période d’avant la seconde guerre mondiale. En effet, à cette époque, pendant que les Etats-Unis s’emmuraient dans une politique isolationniste, les autres Etats comme le Japon, l’Allemagne ou l’Italie se livraient à des politiques d’expansions territoriales dangereuses qui allaient conduire à la seconde guerre mondiale.

Aujourd’hui encore, on pourrait assister aux mêmes scénarii, même si les menaces ont changé de noms ou de camps. En effet, les menaces à la paix mondiale ne sont plus allemandes, italiennes ou nippones. Elles s’appellent terrorisme, pauvreté. Mais, en lieu et place de l’Allemagne, de l’Italie et du Japon, les menaces, en termes de pays,  à la stabilité internationale, pourraient s’appeler aussi Russie, Israël ou Chine. En effet, si les Etats-Unis devraient se désengager des affaires internationales, ce sera donner carte blanche à chacun de ces Etats de réaliser leurs ambitions d’expansion territoriale, avec tous les risques que cela comportera pour la paix mondiale.

Comme quoi, Donald Trump ne pourra pas véritablement tourner la page Obama. Sans le savoir, Trump est en train de travailler à un retour en force un jour de la politique d’ouverture d’Obama. Comme à l’époque, le protectionnisme ne tardera pas à montrer ses limitesà l’heure de la globalisation qui semble avoir atteint le point de non-retour. Donald Trump n’a donc pas objectivement les moyens de changer le cours de l’histoire. L’histoire, dit-on, est un éternel recommencementdans lequel s’inscrira forcement l’action de l’administration Trump.

Philippe Martin

Burkina Demain

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