Le spectacle a tenu toutes ses promesses

Le dernier spectacle de la saison du cartel intitulé «  Les sans… » a été joué vendredi nuit dans les locaux de l’espace culturel Gambidi de Ouagadougou. L’auteur de la pièce Ali k. Ouédraogo alias Doueslik dit s’être inspirée de l’œuvre  « Les damnés de la terre » de Frantz Fanon.  « Les sans… » est l’histoire de deux camarades de lutte Tiibo et Franck qui se retrouvent par le hasard du destin après 10 ans de séparation.

Le spectacle a tenu toutes ses promesses
Le spectacle a tenu toutes ses promesses

Pour célébrer la fête de l’indépendance, le président offre gracieusement de la bière au peuple dans tous les bars sur tout l’étendu du territoire. Pour cela la fête est confiée à Tiibo, l’ancien révolutionnaire devenu un membre du pouvoir en place.

Pendant que l’alcool et la danse se côtoyait et que la fête battait son plein, c’est là qu’apparait Franck, ancien camarade de Tiibo avec qui ce dernier a combattu le régime et toujours fervent révolutionnaire.

La politique est l’autre nom du business

Franck, veut relancer la lutte par le boycott de la fête des indépendances et réclamer une indépendance totale, sans concession. Mais il s’aperçoit vite que son ancien camarade de lutte a rejoint le clan du système qu’ils combattaient ensemble. Celui- ci ( Tiibo) lui fait savoir qu’il ne fait pas de la politique mais plutôt du business, qu’il est à la recherche de son gagne-pain. Mieux il met en garde son ami Franck sur tout acte qui viendrait à mettre en danger son business qui d’ailleurs se trouve du côté du régime en place.

Comment amener son ancien compagnon Franck à comprendre son nouvel engagement ? Pour Franck, comment faire accepter son ancien camarade de la nécessité de continuer la lutte malgré tout le temps passé ? S’engage alors entre les deux amis, une discussion houleuse chacun voulant convaincre l’autre du bien-fondé de sa réflexion sur le monde.

« Les sans… » met en exergue la réalité des sociétés contemporaines et fait découvrir l’hypocrisie qui prévaut au sein de nos institutions et de nos élites. C’est pour quoi dira l’auteur, Ali Ouédraogo « on pense que la colonisation a pris fin mais, dans le fond ça continu. Le colon n’est pas forcement un blanc, c’est même parfois un frère. La colonisation est plus un état d’esprit que de gouvernance ».

Réactions de quelques spectateurs après la pièce

Esther Kohuoenou : « J’ai beaucoup apprécié ce spectacle qui véhicule un message fort à la jeunesse. La jeunesse doit prendre conscience et mener le combat de la vraie indépendance au détriment des dirigeants. Il ne s’agit pas forcément de sortir dans les rues mais on peut mener le combat autrement vis-à-vis des politiciens. Aussi quand j’ai entendu vive la révolution avec le poing levé sur la scène ça créé en moi quelque chose ».

Omar Ouédraogo : « C’est un spectacle très cool qui m’a donné la chaire de poule. Pour avoir vécu l’insurrection cela m’a  replongé dans les souvenirs. Ca m’a rappelé l’insurrection, le couvre feu, les débats qu’il y avait en ce moment. Si c’était avant l’insurrection ça m’aurait donné envie de me révolter ».

 Joachim Batao

Burkina Demain

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