Le discours du Premier ministre Thiéba sur l'état de la Nation ne sera pas suivi de vote

En principe, c’est ce vendredi pascal que le chef du gouvernement burkinabè, Paul KabaThiéba, va se soumettre à une autre exigence constitutionnelle, après sa déclaration de politique générale intervenue en début février 2016. Il s’agit de son discours sur la situation de la Nation.

Le discours du Premier ministre Thiéba sur l’état de la Nation ne sera pas suivi de vote

L’exercice, premier du genre pour le Premier ministre Paul Kaba Thiéba, sera l’occasion pour lui de dresser le bilan de son gouvernement après plus d’un an de travail, et de rassurer par rapport à l’avenir.

On le sait, les attentes du peuple burkinabè vis-à-vis du gouvernement dont Thiéba tient le gouvernail depuis maintenant plus d’an, sont immenses.

Le pouls de la situation socioéconomique

Le Premier ministre reconduit  devrait montrer en parole et en acte qu’il mérite sa reconduction. Paul KabaThiéba qui a multiplié ces dernières semaines les visites des grands chantiers –Samendeni, Zagtouli- devrait montrer qu’il a pris le bon pouls de la situation socio-économique du pays et qu’il a désormais les cartes en main pour œuvrer au développement du Burkina Faso.

L’on l’imagine, le Plan national de développement économique et social (PNDES), notamment sa mise en œuvre effective, devrait occuper une place centrale dans ce grand oral du Premier ministre.

A priori, le chef du gouvernement ne manquera pas d’arguments pour tenter de convaincre les parlementaires de la bonne conduite des affaires de la République au niveau de l’exécutif. Ilpeut naturellement espérer le soutien des députés de la majorité, auréolé de son entrée dans le Bureau politique national du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) à la faveur du dernier congrès ordinaire du parti.

Fera-t-il l’unanimité au sein de la majorité parlementaire

Pour autant, les choses ne s’annoncent pas aisées pour Thiéba. Après un an, beaucoup de Burkinabè attendent toujours leur part du développement promis. La situation socio-économique au quotidien n’étant pas reluisante, malgré le maintien de la croissance économique, le chef du gouvernement aura manifestement du mal à convaincre les parlementaires de l’opposition.

L’opposition qui projette de donner de la voixle 29 avril prochain. Même au sein de la majorité parlementaire, Paul Kaba Thiéba pourrait avoir du mal à faire l’unanimité.

En témoignent ces propos de Laurent Bado du PAREN sur Burkina Info : «La gouvernance actuelle est molle; elle ne satisfait pas. (…) La crise n’est pas derrière nous, elle est toujours devant nous. Les jeunes ne savent plus où donner de la tête. On leur disait, rien ne sera plus comme avant. En quoi rien n’est plus comme avant? On est à plus d’un an, tout est fait comme avant, sinon pire qu’avant».

Mais, le présent exposé du chef du gouvernement ne sera pas sanctionné par un vote mais donnera juste lieu à des débats avec les parlementaires qui lui adresseront directement leurs préoccupations.

Mathias Lompo

Burkina Demain

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