Abdallah Bancé, cadre MPP et chargé de mission au ministère de la fonction publique

Cadre expérimenté du ministère de l’économie et des finances et membre du parti  au pouvoir, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), Abdallah Bancé  est chargé de mission du ministre en charge de la fonction publique. Elevé au rang d’officier de l’ordre de l’Etalon  lors de la célébration du 11 décembre dernier, Abdallah Bancé aborde dans cette interview à nous accordée le 28 février 2019, la situation nationale encore dominée par la question sécuritaire, ses fonctions au quotidien. Entretien exclusif.

Abdallah Bancé, cadre MPP et chargé de mission au ministère de la fonction publique

Burkina Demain : Vous avez été élevé au rang d’officier de l’ordre de l’Etalon, le 11 décembre dernier. Qu’est-ce que cela représente à vos yeux ?

Abdallah Bancé : J’ai été surpris car je ne m’attendais pas à ça. C’est peut-être une reconnaissance de la nation vis-à-vis de moi pour ce que j’ai pu faire pendant 35 ans et cela fait la troisième fois que je suis décoré.

Burkina Demain : Quels sont, selon vous, les raisons qui ont milité en faveur de votre décoration ?

Abdallah Bancé : Je ne saurais dire quelque chose, mais tout ce que je peux dire, c’est que ce sont des gens qui ont parlé en ma faveur.

Burkina Demain : Vous êtes, semble-t-il, au soir de votre carrière. Quels conseils donneriez-vous aux jeunes fonctionnaires ?

Abdallah Bancé : Les jeunes doivent mettre dans leur tête qu’il faut travailler. Mais comme ils sont pressés, ils veulent du coup être riches. Or, on ne vient pas à la fonction publique pour chercher de l’argent.

Burkina Demain : Vous êtes, depuis quelques mois, chargé de missions du ministre en charge de la fonction publique. De quoi est faite votre journée ?

Abdallah Bancé : Ma journée c’est de servir le ministre. Donc à n’importe quelle heure on peut m’appeler pour et me confier des dossiers. Ce qui d’ailleurs normal.

Burkina Demain : Cette nomination permet-elle une pleine expression de vos capacités ?

Abdallah Bancé : Je n’en sais rien. Nous devons savoir qu’avec l’administration, tant qu’on n’est pas au cimetière, il n’y a pas de retraite en tant que tel. Puisqu’on peut, à une période, te donner un repos, mais quand elle a besoin de toi, elle te rappelle.

Abdallah Bancé : «Je ne suis pas au garage»

Burkina Demain : Avec vos nombreux diplômes et les nombreuses formations que vous aviez faites, ne percevez-vous pas cette nomination comme un garage ?

Abdallah Bancé : Je ne peux pas appeler ça un garage car le ministère de la fonction publique n’est pas mon ministère de tutelle. C’est plutôt celui de l’économie et des finances. Je ne peux que remercier Dieu et celui-là qui m’a fait prince à ses côtés.

Burkina Demain : Vos camarades du pouvoir ne vous déçoivent-ils pas ?

Abdallah Bancé : Comme je ne suis pas au premier rang, je ne peux rien affirmer mais s’ils pensent que je suis ils me feront signe dans le cas contraire…

Burkina Demain : Depuis quelques semaines, nous avons un nouveau premier ministre et de nouveaux capitaines à la tête des départements de la Sécurité et de la Défense, pensez-vous qu’avec eux, le pays viendra à bout du terrorisme ?

Abdallah Bancé : J’étais content lorsque j’ai appris que c’était Marie Joseph Dabiré qui a été nommé premier ministre en remplacement de Paul Kaba Thièba. Ce n’est pas n’importe qui, c’est un grand planificateur. Et le président du Faso a fait un très bon choix et il a même tarder. C’est ce monsieur qu’il fallait mettre au début parce qu’il connait très bien l’administration. Pour ce qui est des ministres de la Sécurité et de la défense, il n’y a rien à dire, ils sont à la hauteur.

Burkina Demain : Pensez-vous que le pays est réellement victime d’attaques terroristes ? N’y a-t-il pas de mains invisibles…

Abdallah Bancé : Non ! Nous n’avons rien fait aux terroristes pour qu’ils puissent nous attaquer. Quand on regarde leurs actions, il n’y a même pas de revendications. Les gens doivent alors comprendre qu’il y a une main invisible cachée quelque part. Par conséquent, les tristes évènements de Yirgou l’expliquent. Et ça, l’on n’a pas besoin de « taper le sable » pour le savoir.

 

Entretien réalisé par Nicolas Bazié

Burkina Demain

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