Photo de Issouf Sanogo/ AFP)

Ces temps-ci, s’il y a un digne défunt fils de l’Afrique qui doit bien se sentir dans sa tombe, c’est bien le Ghanéen Kwame N’Krumah, panafricaniste engagé de tous les temps ;  dont le pays, le Ghana, a été désigné pour abriter le siège du secrétariat permanent de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA). La ZLECA  sera officiellement lancée ce dimanche 7 juillet 2019 au 12e sommet de l’Union africaine à Niamey, au Niger.

Les pères fondateurs de l’OUA dont Kwame Nkrumah peuvent être fiers de la dynamique de l’UA

Dr Kwame N’Krumah, panafricaniste engagé de tous les temps. Comment ne pas songer à cet illustre fils du Ghana et de l’Afrique au moment où les chefs d’Etats africains réunis à Niamey, s’apprêtent à mettre en route son rêve d’unité africaine à travers notamment le lancement officiel, ce dimanche 7 juillet 2019, de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) ?

C’est peu de le dire. L’ombre de Kwame N’Krumah, premier président du Ghana indépendant, et des autres pères fondateurs de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), plane sur ce douzième sommet de l’Union africaine de Niamey qui va donner le top de départ de la mise en place d’un vaste marché continental de plus d’un milliard de consommateurs. L’initiative vient comme pour compléter l’unité politique continentale incarnée hier par OUA et aujourd’hui par l’Union africaine (UA).

«L’Afrique est une et indivisible»

On le sait, la question de l’unité africaine ne date pas d’aujourd’hui. Et le Ghanéen Kwame N’Krumah dès les premières heures des années d’indépendance va la porter sans complexe avec d’autres pères d’indépendance, à l’image de l’empereur Ethiopien Hailé Sélassié,  du président Guinéen Sékou Touré, du Raïs Egyptien Gamal Abdel Nasser, du président Maurice Yaméogo.

Ainsi à la tribune  de la conférence d’Addis Abeba des 24 et 25 mai 1963 qui donna naissance à l’Organisation de l’unité africaine (OUA), aujourd’hui Union africaine (UA) ; le père de l’indépendance du Ghana allait livrer comme les autres, un discours historique qui résonne encore comme si c’était hier, tant les faits évoqués sont toujours d’actualité.

Morceaux choisis : «Les exemples sous nos yeux prouvent qu’en Afrique, nous avons les ressources réelles et potentielles, permettant de fonder le genre de société que nous désirons fonder (…) Les richesses naturelles de l’Afrique passent pour être supérieures à celles de presque n’importe quel autre continent.

Pour tirer le maximum de nos ressources actuelles et potentielles, en vue de l’abondance et d’un bon ordre social, nous devons unir nos efforts, nos ressources, nos compétences, nos intentions. (…)

Pour nous, l’Afrique est Une, îles comprises. Nous rejetons l’idée de toute espèce de séparation. Du Cap à Tanger ou au Caire, de Cape Guardafui au Cap Vert, l’Afrique est une et indivisible.

Je sais que, quand nous parlons d’union politique, ceux qui nous critiquent, se hâtent de faire remarquer que nous tentons de nous imposer comme chef aux autres pays et d’annuler leur souveraineté.  Mais, les nombreux exemples d’unions que nous avons cités, ont montré que l’égalité des Etats est jalousement gardée dans chaque  Constitution et que la souveraineté est maintenue».

Le Ghana tient son secrétariat permanent de la ZLECA

Le président Ghanéen Nana Akufo Ado et son homologue burkinabè Roch Marc Christian Kaboré main dans la main

Quand N’Krumah tenait ce discours,  l’Afrique comptait à peine quelques centaines de millions d’habitants. Aujourd’hui, le continent compte plus d’un milliard d’âmes. Ainsi, plus qu’hier, les enjeux d’une Afrique unie sont énormes. Certainement inspirées par l’engagement de leur père de l’indépendance sur la question, les autorités ghanéennes ont mené une offensive diplomatique  tous azimuts pour que le Ghana abrite le siège du secrétariat permanent de la ZLECA.

«Nous avons demandé le soutien du président du Faso et de tous les Burkinabè pour que le Ghana puisse abriter le siège du secrétariat permanent de la zone de libre-échange continentale», confiait à la presse, le 17 avril 2019 à Ouagadougou, Naa Bolina Saaka, l’émissaire du président ghanéen Nana Akufo Ado à son homologue burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré.

L’ambassadeur Naa Bolina Saaka expliquait également que son pays n’abritait aucune agence de l’UA, bien que son premier président, Kwame N’Krumah, ait été l’un des pères fondateurs de l’organisation. C’est à présent chose faite. Le Ghana a bien été annoncé ce samedi 6 juillet 2019 comme le pays devant abriter effectivement  le siège du secrétariat permanent de la ZLECAF. Et l’on pourrait y voir, au-delà des actuelles autorités du pays, un hommage  à l’ancien président N’Krumah.

Quant au lancement effectif de la ZLECA à partir de Niamey ce dimanche, il marquera également un grand moment, un tournant décisif dans la longue lutte engagée depuis les premières années d’indépendance pour une Afrique plus intégrée et plus unie. Politiquement et économiquement. On ne le dira jamais assez, l’union fait la force. Les N’Krumah, Yaméogo, Nasser, Sélassié, Touré, l’avaient compris. Les Kagamé, Al-Sissi, Issoufou, Condé et Kaboré semblent, sont dans la dynamique. Que la roue de l’intégration continue de tourner favorablement pour l’Afrique de tous les espoirs !

Grégoire B. BAZIE

Burkina Demain

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