Des participants burkinabè à la vidéo-conférence depuis le siège de la Banque mondiale Ouagadougou

Tous les 6 mois, la Banque mondiale organise une vidéo-conférence avec plusieurs pays africains connectés en même temps, pour échanger sur des questions liées à la croissance économique du continent. Dénommé « Africa’s pulse », il est ressorti du dernier  rapport semestriel de la Banque (27e édition), livré ce mercredi 9 octobre 2019, que la croissance économique en Afrique subsaharienne continue de fléchir et que les initiatives en faveur de l’autonomisation des populations pauvres et des femmes soient plus que jamais primordiales, si l’on veut éviter que le ‘’Goliath’’ prenne le dessus, c’est-à-dire, éviter la maladie de la pauvreté grandissante.

Ce 9 octobre 2019 dans le bureau de la Banque mondiale au Burkina Faso, l’on a assisté à des discussions via une vidéo-conférence avec 12 pays africains et coordonnée depuis le pays de l’oncle Sam (les Etat Unis d’Amérique), en temps réel. Des discussions dans lesquelles le point névralgique se situait au niveau du coût économique de l’Afrique. Selon le rapport de Africa’s Pulse après six mois d’investigation, la croissance en Afrique subsaharienne ne parvient pas à décoller en cette année 2019, vue les incertitudes persistantes de l’économie mondiale. Pourtant cette croissance devrait être à 2,6% cette année contre 2,5% l’année précédente. Pour relever ce défi, il faut donc mettre le grappin sur la réduction accélérée de la pauvreté et la promotion de l’autonomisation de la femme.

« Revoir les perspectives à la baisse »

Le rapport a aussi indiqué que l’Afrique n’est pas la seule dans cette impasse, car les prévisions sont encore plus mauvaises pour le Maghreb, le Moyen orient, l’Amérique Latine et les Caraïbes ainsi que l’Asie du sud qui devraient eux aussi, revoir leurs perspectives à la baisse. Au niveau des moyennes régionale en Afrique, c’est grave parce que le bilan des trois plus grandes économies à savoir le Nigéria, l’Angola et l’Afrique du sud est mitigé. Et les causes sont respectivement le manque de dynamisme dans le secteur non pétrolier, la progression à pas de caméléon de ce secteur et la défiance des investisseurs qui pénalise tout. A écouter l’économiste en chef de la banque mondiale pour l’Afrique, Albert Zeufact, même si l’économie de ces trois pays venait à régresser, la croissance en générale devrait rester forte malgré le ralentissement dans certains autres pays.

416 millions d’Africains bouffent 1,90 dollar par jour

En 2015, le rapport de Africa’s Pulse a révélé que 416 millions de personnes survivaient avec moins de 1, 90 dollars par jour en Afrique. Tout ça à cause d’une absence d’initiatives d’envergure pour créer des débauchés économiques et atténuer les risques pour les pauvres. Et si ça continue ainsi, confie l’économiste en chef de la banque mondiale pour l’Afrique, l’Afrique sera le seul continent a concentré assez de pauvres à l’horizon 2030. Que faut-il faire alors ? Pour venir à bout de ce problème, Albert Zeufact a proposé que l’on augmente la production agricole et construire des infrastructures pour permettre l’écoulement des produits, réduire le taux de fécondité et par-dessus tout, mettre l’accent sur l’autonomisation de la femme.

Inverser la tendance de la pauvreté

En ajout, il trouve aussi qu’il faudra s’attaquer aux normes sociales qui entravent leurs perspectives professionnelles, préparer une nouvelle génération solide en aidant les adolescents à franchir les étapes de leur vie, lever les contraintes financières par des solutions novatrices qui résolvent la question du nantissement et pour finir, améliorer l’accès au secteur financier. En effet, en Afrique subsaharienne, il ressort que les agricultrices produisent 33% de moins par hectare que les agriculteurs et les entrepreneures ou cheffes d’entreprise gagnent 34% de moins que leurs homologues masculins. Des écarts de rémunération qui coutent chers à la population et aux économies africaines en générale. Or en entreprenariat, c’est seulement dans le continent africain que les femmes dépassent les hommes. Donc, ce qui devrait être promut, c’est de trouver très rapidement des moyens pour inverser la tendance de la pauvreté et beaucoup miser dans l’éducation formelle et continue de la jeune fille, de la jeunesse parce que si l’économie africaine continue d’être surtout à la merci de problèmes comme les remous sociaux, quel serait l’avenir de ce continent dans 20 ou 30 ans ? Par conséquent, l’Afrique doit revoir sa politique économique ou de développement.

Nicolas Bazié

Burkina Demain

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