Avec le conflit au Moyen-Orient, la croissance mondiale tombe à son niveau le plus bas depuis la COVID-19. En effet, selon les dernières Perspectives économiques mondiales du Groupe de la Banque mondiale, la croissance économique du monde devrait ralentir à 2,5 % en 2026, contre 2,9 % en 2025. Pour deux tiers des économies du monde, les prévisions ont été revues à la baisse par rapport à celles établies au mois de janvier de cette année. La croissance de l’économie mondiale devrait se redresser à 2,8 % en 2027, mais restera inférieure de 0,4 point de pourcentage à la moyenne enregistrée durant les années 2010. Pour ce qui est de l’Afrique subsaharienne, la croissance devrait légèrement reculer à 4,0 % en 2026, avant de remonter à 4,4 % en 2027. Plus de détails dans ce Communiqué de presse.

«Avec le conflit au Moyen-Orient, la croissance mondiale tombe à son niveau le plus bas depuis la COVID-19

Le Groupe de la Banque mondiale est prêt à mobiliser jusqu’à 100 milliards de dollars en 15 mois pour soutenir les pays touchés

WASHINGTON, 11 juin 2026 – Selon les dernières Perspectives économiques mondiales du Groupe de la Banque mondiale, le conflit au Moyen-Orient devrait ramener la croissance mondiale à son niveau le plus bas depuis le début de la pandémie de COVID-19, sur fond de flambée des prix de l’énergie, de regain de l’inflation et de renchérissement des coûts d’emprunt.

La croissance mondiale devrait ralentir à 2,5 % en 2026, contre 2,9 % en 2025. Pour deux tiers des économies du monde, les prévisions ont été revues à la baisse par rapport à celles établies au mois de janvier de cette année. La croissance de l’économie mondiale devrait se redresser à 2,8 % en 2027, mais restera inférieure de 0,4 point de pourcentage à la moyenne enregistrée durant les années 2010. Plusieurs années de faible croissance ont mis un coup d’arrêt au processus de rattrapage des économies en développement sur les économies avancées. Le rapport constate qu’en 2028 les économies en développement hors Chine et Inde auront collectivement traversé près d’une décennie sans réduire leur écart de revenu par habitant vis-à-vis des économies avancées.

«Les pays en développement font face à une succession de chocs depuis une décennie, souligne le président du Groupe de la Banque mondiale Ajay Banga. Chaque pays est touché différemment, mais l’enjeu est le même pour tous : protéger les populations et préserver la stabilité aujourd’hui, sans hypothéquer la croissance et l’emploi de demain. Face au choc actuel, nous fournissons dès maintenant des liquidités là où elles sont nécessaires. Et, si les pressions s’intensifient, nous sommes prêts à déployer des financements supplémentaires, ainsi que de nouvelles garanties et solutions pour le secteur privé. Notre rôle est d’aider les pays à tenir le cap, à maintenir le rythme des réformes et à sortir plus forts de cette épreuve».

Alors que la fermeture du détroit d’Ormuz a gravement perturbé les marchés de l’énergie, le rapport prévoit que le prix du pétrole Brent atteindra en moyenne 94 dollars le baril en 2026 (soit une hausse de 36 % par rapport à 2025), et ce en supposant que les perturbations les plus graves s’atténuent en juillet. Les prix des engrais devraient fortement augmenter cette année, avec des répercussions en cascade sur les prix alimentaires. Ces pressions conjuguées font remonter l’inflation mondiale, qui devrait s’établir à 4,0 % cette année, contre un taux de 3,3 % enregistré en 2025.

Les risques de détérioration restent cependant significatifs. Si les perturbations de l’approvisionnement énergétique s’avéraient plus graves que prévu et s’accompagnaient de tensions financières importantes, la croissance mondiale pourrait tomber à seulement 1,3 % en 2026, et l’inflation grimper à 4,4 %.

La croissance des économies en développement, qui avait atteint 4,4 % en 2025, devrait tomber cette année à 3,6 %, soit son niveau post-COVID le plus bas, avant de se redresser à 4,2 % en 2027. Les économies du Golfe directement touchées par le conflit devraient être les plus durement affectées, leur croissance chutant de 3,9 % en 2025 à un niveau proche de zéro en 2026. Le rapport table toutefois sur un rebond de la croissance autour de 5 % en 2027-2028, à la faveur de la reprise des échanges commerciaux et du lancement des dépenses de reconstruction.

Le Groupe de la Banque mondiale s’attache à soutenir l’ensemble des pays en développement dans leur action face aux crises. En réponse au conflit au Moyen-Orient, il met immédiatement à disposition une enveloppe de 50 à 60 milliards de dollars par le biais d’instruments existants, dont 25 milliards de dollars de financements provenant de dispositifs préétablis. Ces fonds peuvent soutenir les filets de protection sociale en faveur des populations les plus vulnérables, renforcer les capacités budgétaires ou encore fournir des fonds de roulement et des liquidités aux entreprises et aux exploitations agricoles. À ce jour, plus de 30 pays travaillent activement avec le Groupe de la Banque mondiale dans le cadre de ce plan d’intervention, afin d’améliorer leur état de préparation et assurer une riposte rapide à la crise. En cas de conflit et de répercussions économiques prolongées, le Groupe de la Banque mondiale peut accroître son soutien à hauteur de 80 à 100 milliards de dollars sur 15 mois.

L’Asie du Sud devrait demeurer la région la plus dynamique en 2026, tout en accusant elle aussi un ralentissement significatif, avec un taux de croissance qui passera de 7 % en 2025 à 6,3 % cette année. La croissance de l’Afrique subsaharienne ralentit également, sous l’effet principalement de l’inflation, et plus particulièrement du prix élevé des denrées alimentaires induit par les pénuries et le renchérissement des coûts touchant les engrais.

«Le conflit a porté un coup dur à l’activité mondiale, mais toute crise est aussi une opportunité, affirme Ayhan Kose, économiste en chef adjoint du Groupe de la Banque mondiale et directeur de la cellule Perspectives. Ce moment doit être mis à profit pour renforcer les cadres de politique économique, investir dans les infrastructures, accélérer les réformes favorables aux entreprises et mobiliser des capitaux privés pour soutenir la création d’emplois à grande échelle. »

L’un des deux chapitres thématiques du rapport se penche sur les défis budgétaires des économies en développement. Environ deux tiers d’entre elles, qui représentent par ailleurs près de 90 % des pays à faible revenu, sont des économies exportatrices de produits de base. Pourtant, ces économies tendent à afficher des situations budgétaires plus fragiles que les autres économies en développement, en raison de recettes plus volatiles et moins diversifiées. Le rapport relève qu’après cinq ans, la manne engrangée par un boom des prix des produits de base a été en grande partie dépensée, au lieu d’être mise en réserve pour consolider les finances publiques. Pour faire face à la volatilité des prix des matières premières, les responsables politiques devraient s’appuyer sur des cadres adaptés, tels que des règles budgétaires bien conçues et des fonds souverains assortis d’un mandat de stabilisation explicite, conjugués à une meilleure mobilisation des recettes intérieures et à une plus grande diversification économique.

Le second chapitre examine comment la montée de l’endettement affaiblit la capacité des pays à répondre aux crises et à investir dans leurs priorités de développement de long terme, tout en faisant grimper leurs coûts d’emprunt. Depuis 2010, la dette publique globale des économies en développement est passée de moins de 40 % du PIB à plus de 70 %. L’analyse montre que plus un pays est déjà endetté, plus ses coûts d’emprunt augmentent fortement à chaque nouvelle dette contractée. Cet effet est particulièrement prononcé dans les pays les plus vulnérables. Pour les pays dont les ratios dette/PIB sont élevés, la réduction des niveaux d’endettement peut se traduire par des gains financiers tangibles, en dégageant un espace budgétaire qui leur permettra d’investir dans les infrastructures, la santé et l’éducation, avec à la clé plus de croissance économique et de création d’emplois.

Télécharger le rapport : https://www.worldbank.org

Perspectives régionales :

Asie de l’Est et Pacifique : La croissance devrait tomber à 4,2 % en 2026, avant de se raffermir à 4,4 % en 2027.

Europe et Asie centrale : La croissance devrait marquer le pas à 2,1 % en 2026, avant de remonter légèrement à 2,3 % en 2027.

Amérique latine et Caraïbes : La croissance devrait ralentir à 2,2 % en 2026, avant de se redresser à 2,5 % en 2027.

Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan : La croissance devrait chuter à 1,6 % en 2026, avant de rebondir à 5,0 % en 2027.

Asie du Sud : La croissance devrait fléchir à 6,3 % en 2026, avant de se consolider à 6,9 % en 2027.

Afrique subsaharienne : La croissance devrait légèrement reculer à 4,0 % en 2026, avant de remonter à 4,4 % en 2027. Pour en savoir plus, consulter la synthèse régionale.

Le Groupe de la Banque mondiale est l’une des principales sources de financements et de savoirs pour les pays en développement. Depuis plus de huit décennies, le Groupe de la Banque mondiale allie financement et expérience de terrain pour créer des emplois et des opportunités dans les pays en développement. Nous travaillons avec des partenaires des secteurs public et privé pour bâtir des économies plus résilientes et concrétiser notre vision d’un monde sans pauvreté sur une planète vivable. Notre Banque des connaissances permet de reproduire et déployer à plus grande échelle des solutions éprouvées pour répondre aux problèmes de développement les plus pressants dans le monde.

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