Sous l’égide des évêques catholiques, les pourparlers directs entre les signataires de l’accord du 18 octobre et le Rassemblement, principale plateforme de l’opposition congolaise, ont débouché, le samedi 31 décembre 2016, à la signature d’un « accord politique global et inclusif », au cours d’une cérémonie solennelle, par les représentants de différentes parties.
Certaines divergences dont le sort de l’opposant Moïse Katumbi ont renvoyés à plus tard.
« Pour l’intérêt de la nation, j’ai demandé au Rassemblement de faire en sorte que mon cas ne bloque pas l’issue du dialogue », a confié, samedi 31 décembre à Jeune Afrique, Moïse Katumbi. Le sort de l’ex-gouverneur du Katanga était l’un des derniers blocages des pourparlers directs entre la principale plateforme de l’opposition et les signataires de l’accord du 18 octobre (Majorité présidentielle et une frange de l’opposition congolaise).
Toutefois, tout n’est pas réglé: certaines questions doivent faire l’objet d’un « arrangement particulier » qui devra être discuté à partir du début de la semaine prochaine. Ces questions portent entre autres sur le calendrier de l’application de l’accord, la composition du gouvernement d’union nationale et celle des gouvernements provinciaux.
Autre disposition de l’accord mis en doute : l’organisation des trois scrutins (présidentiel, législatif et provincial) d’ici la fin 2017. « Nous avons laissé dans l’accord cette possibilité parce que c’était une ligne rouge à ne pas franchir pour la majorité présidentielle. Mais techniquement, la Céni, qui est sous leur contrôle jusqu’à présent, a démontré qu’on n’aurait beaucoup de problèmes », a expliqué Christopher Ngoyi, fer de lance de la lutte contre le troisième mandat. « Si ce n’est pas faisable, nous allons tous nous en rendre compte et s’il faut les décaler, nous allons les décaler de trois mois. Notre ligne rouge est qu’en 2017, les présidentielles et législatives nationales doivent être tenues, c’est en respect de toutes les dispositions au niveau international avec les bailleurs de fonds et tout le reste », a ajouté le membre du Rassemblement.
« C’est le peuple qui gagne. On est satisfait à 80%, on ne peut jamais l’être à 100% mais je crois qu’on a l’essentiel », a lancé Félix Tshisekedi, chef de la délégation du Rassemblement aux négociations directes. « On a l’engagement du président Kabila à ne pas se représenter, on a l’engagement du camp Kabila à ne pas toucher à la Constitution, ni à la révision ni aller à un référendum. Nous avons un chronogramme pour aller à des élections en 2017 », a ajouté le secrétaire général de l’UDPS.
La procédure d’extradition du commandant Aboubacar Toumba Diakité avance. En atteste cette dernière carte joué hier, par la Conakry qui a formalisé sa demande d’extradition du commandant Diakité. Saisie de cette requête, Dakar a instruit le procureur général de diligenter la procédure de saisine de la chambre d’accusation.
La guinée Conakry affiche clairement sa volonté de réceptionner dans les meilleurs délais le commandant Diakité. Ce que Dakar s’évertue à diligenter pour se défaire de cet affaire encombrant. D’après « l’Observateur », des sources proches de cette affaire, soufflent que, Mankeur Ndiaye, le ministre des Affaires étrangères du Sénégal« a officiellement réceptionné, hier, la demande d’extradition du commandant Aboubacar Toumba Diakité ».
Ainsi, Mankeur Ndiaye a, conformément à la procédure en vigueur, transmis le dossier a Sidiki Kaba, ministre de la justice. Apres examen du dossier par ce dernier, le garde des sceaux a instruit le Procureur général de diligenter la procédure de saisine de la chambre d’accusation, afin que celle-ci statue dans les meilleurs délais.
Un schéma qui convient aux familles des victimes. Cependant, leurs avocats entendent au rebond cette opportunité pour, a leur tour, saisir dans ce même ordre de temps, le Procureur général afin de formaliser leur demande d’intervenir lors de l’audience de la chambre d’accusation.
Le président Kaboré lors de son adresse de nouvel an
Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré s’est adressé ce samedi à ses compatriotes à l’occasion du passage au nouvel an. Voici l’intégralité du message du chef de l’Etat :
Le président Kaboré lors de son adresse de nouvel an
« Peuple du Burkina Faso,
Chers compatriotes,
L’année 2016 qui s’achève charrie avec elle nos joies et nos peines. Elle aura été une année éprouvante pour nous au plan sécuritaire, politique, économique et social. En effet, des défis sécuritaires auront mobilisé nos attentions tout au long de l’année écoulée.
La liste des attaques terroristes perpétrées à Ouagadougou et à l’intérieur de nos frontières avec son corollaire de victimes et de blessés ont marqué profondément les familles des victimes, l’armée nationale, nos forces de sécurité, nos compatriotes, ainsi que nos amis à travers le monde.
Aujourd’hui plus que jamais nous devons faire corps avec notre vaillante armée nationale et nos forces de sécurité, les soutenir du mieux que nous pouvons dans l’intérêt supérieur de la nation burkinabè que nous aimons tous et pour l’honneur de laquelle nos soldats se battent au prix du sacrifice suprême.
Pour assurer convenablement nos tâches de développement du pays, il nous faut impérativement consolider la paix et la sécurité pour tous. C’est le lieu de rappeler aux populations l’impérieuse nécessité de coopérer avec l’armée et nos forces de sécurité et d’être beaucoup plus vigilantes que par le passé pour dénoncer nos ennemis et nous permettre de mieux les traquer.
Peuple du Burkina Faso,
Au plan politique la bonne tenue des élections municipales, la mise en place de la Commission constitutionnelle, l’installation du Haut conseil pour la réconciliation et l’unité nationale, l’esprit de dialogue constructif entretenu permanemment avec les partenaires sociaux et les acteurs de la scène politique constituent des acquis indéniables qui laissent espérer l’approfondissement continu de la démocratie, de la consolidation de la paix et de la tolérance pour un Burkina prospère.
Au plan économique, l’acquis majeur est sans conteste l’élaboration du Plan national de développement économique et social (PNDES) 2016-2020 qui vient de recevoir le soutien franc et enthousiaste de nos partenaires au développement réunis à Paris les 7 et 8 décembre courants pour son financement. Le succès de la mise en œuvre du PNDES est la réponse appropriée aux préoccupations des composantes de notre peuple.
C’est pourquoi, nous devons à avoir présent à l’esprit qu’autant nous devons œuvrer à l’amélioration des conditions de vie et de travail des agents de l’Etat, autant il nous faut nous rendre à l’évidence que nous devons aussi trouver des solutions appropriées aux besoins de l’écrasante majorité de nos populations en matière d’accès à l’eau potable, à une éducation de qualité, à l’amélioration des productions, aux soins de santé, au logement et à la sécurité. Tout cela devant être financé en partie sur nos ressources propres.
C’est pourquoi, je voudrais particulièrement faire appel à l’esprit de solidarité des uns et des autres pour assurer une répartition équitable des fruits de la croissance dans l’objectif majeur de lutter efficacement contre la vie chère, la pauvreté et l’exclusion.
Peuple du Burkina Faso,
Chers compatriotes,
L’année 2017 nous ouvre ses portes avec des perspectives heureuses pour la relance de l’économie nationale. Toutefois, au regard des défis qui se dressent devant nous, je voudrais rappeler que le combat en 2017 s’appelle ardeur au travail, probité, justice et sécurité pour tous, engagement en faveur du renforcement de la culture démocratique et de la prospérité partagée.
En ce moment précis, nos pensées vont aux familles endeuillées durant l’année 2016, aux blessés et aux malades de même qu’à toutes les personnes éprouvées par l’âge ou les maladies.
A toutes et à tous, j’exprime ma proximité, ma solidarité et mes vœux de prompt rétablissement. Je salue toutes celles et tous ceux qui; depuis quelques jours et pendant que nous accueillons la nouvelle année, ont abandonné domicile et famille pour rester mobilisés et prodiguer les soins dans les formations sanitaires, règlementer la circulation et apporter plus de sécurité sur nos routes et dans nos domiciles, sans oublier tous les travailleurs, qui, pour des raisons de continuité du service public, sont sous astreinte. Je pense en particulier aux militaires, gendarmes, policiers nationaux et municipaux, sapeurs-pompiers, personnel de la santé et volontaires adjoints de sécurité. Je leur adresse mes encouragements et mes félicitations tout en recommandant la modération et la prudence à tous nos compatriotes.
A tous les Burkinabè de l’intérieur et à ceux qui sont partout ailleurs dans le monde, ainsi qu’à toutes les communautés étrangères établies sur le sol national, j’adresse mes vœux de paix, de santé, de bonheur et prospérité pour 2017.
Aux autorités coutumières et religieuses, je renouvelle la gratitude de la nation pour toutes leurs initiatives en faveur de la paix et de la cohésion sociale et les exhorte à continuer à porter le Burkina Faso dans leurs prières.
A quelques jours de l’ouverture de la Coupe d’Afrique des Nations au Gabon, tous mes vœux de plein succès accompagnent les Etalons. Je sais pouvoir compter sur le sens de l’honneur et du bien commun des Burkinabè pour offrir à la Nation toutes ses chances de réussite.
Puisse l’année nouvelle voir se concrétiser nos attentes pour notre plein épanouissement individuel et collectif et pour la prospérité et la grandeur de notre Nation.
Ils sont tous des personnages bien connus des Burkinabè
Ce sont tous des personnages publics burkinabè bien connus que l’on ne présente plus. Au cours de cette année 2016 qui s’achève ils auront été plus ou moins actifs. Tant en actions qu’en paroles. Mais, ce que l’on pourrait justement retenir d’eux en termes de paroles au cours des douze derniers mois, c’est certains de leurs propos qui ont fait jaser et fait le buzz sur les réseaux sociaux, tant ces propos ont choqué dans certains milieux, compte tenu du contexte de renouveau démocratique auxquels gouvernants et gouvernés burkinabè semblent aspirer sous l’ère Roch Marc Christian Kaboré. Mais, qui sont-ils et qu’ont-ils dit au juste ?
Ils sont tous des personnages bien connus des Burkinabè
BoukaryKaboré dit le ‘’Le Lion’’ : «Si l’État est contre la population, alors nous n’avons plus besoin de cet État”
Boukary Kaboré, dit le Lion
Alors que le débat sur les Koglweogo faisait rage, avec à la clef un bras-de-fer qui se dessinait entre le ministre de l’Administration territoriale, de la décentralisation et de la sécurité intérieure et eux ; le groupe d’auto-défense sonna le rassemblement de ses troupes à Kombissiri dans le Centre-sud du pays. Fait marquant de cette grande assemblée, l’apparition à leurs côtés du bouillant BoukaryKaboré dit «Le Lion». Surnommé sur-le-champ Wibga (épervier en mooré), le président du Parti de l’unité nationale et du développement (PUND) apporte sans réserve son soutien aux Koglweogo qui voient en lui une sorte d’officier supérieur sur lequel ils pouvaient compter en cas de missions difficiles. Dans son soutien sans borne au groupe d’auto-défense parce qu’il contribuerait à la sécurité des Burkinabè, chose que les forces régulières avaient du mal, à son sens, à assurer ; le Lion lâche : «Si l’État est contre la population, alors nous n’avons plus besoin de cet État». En d’autres temps, cette sortie quelque peu musclée de l’ex-capitaine et commandant du Bataillon d’Intervention Aéroporté (BIA) sous la révolution lui aurait valu au moins une audition. Le Lion lui-même est bien placé pour le savoir. En effet, c’est une phrase du genre au lendemain de l’avènement du Front populairequi serait à l’origine de l’attaque menée par l’armée en octobre 1987 contre son ex-Bataillon, ce qui a entraîné des massacres dans la cité du Cavalier rouge. Heureusement qu’une telle réaction excessive n’a pas été enregistrée du côté du nouveau pouvoir. Mais, toujours est-il que cette apparition surprise du Lion aux côtés des Koglweogo a amené les autorités sécuritaires à prendre plus au sérieux la question du groupe d’auto-défense.
Safiatou Lopez/Zongo : «Le palais de justice pourrait connaître le même sort que l’Assemblée nationale le 30 octobre 2014 si…»
Safiatou Lopez Zongo
Le 2 juin 2016, la présidente d’honneur du Cadre de concertation nationale des organisations de la société civile (CNCOSC), Safiatou Lopez/Zongo qui n’a rien perdu de son activisme, laisse entendre au cours d’un meeting au Palais de Justice de Ouagadougou, que l’institution pourrait connaître le même sort que l’Assemblée nationale le 30 octobre 2014 si elle ne se montre pas à la hauteur des attentes du peuple. En clair, Lopez menace de mettre le feu au Palais de justice si la justice n’est pas rendue conformément aux attentes du peuple. Dans les rangs du monde judiciaire, c’est l’émoi. Safiatou est d’abord convoquée le 28 juillet 2016 au Service régional de la Police judiciaire à Wemtenga pour s’expliquer sur ses propos incendiaires. Si la police judiciaire avait par cette première audition intimider la jeune dame, c’était peine perdu puisqu’elle martèlera au cours de cette au cours de cette audition : ««Si nous n’avons pas reculé devant les balles du RSP, ce ne sont pas les robes noires des magistrats qui vont nous faire reculer». Avec la même détermination, forte du soutien de ses partisans, Lopez fera par la suite l’objet d’un procès en bonne et due forme au Palais de justice qu’il menaçait d’incendier. A ce jour, le verdict n’est pas encore connu.
Roch Marc Christian Kaboré : «Si vous avez un Etat où la magistrature est son propre patron, cela peut créer beaucoup de problèmes»
Roch Marc Christian Kaboré
Lors de son investiture le 29 décembre 2015, le nouveau président élu du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, promet entre autre la réconciliation nationale à son peuple. Une réconciliation nationale qui doit en son sens passer par la justice. Mais, trois-quatre mois après, les choses ne bougent pas du côté de la justice comme l’aurait voulu le président. Pire, contrairement à sa promesse de mettre fin à l’impunité dans le pays, il assiste comme son peuple à des libérations provisoires de personnes inculpées. Et le comble, c’est que le président du Faso et son ministre de la justice qui ne sont plus membres du conseil supérieur de la magistrature depuis les états généraux de 2015, n’ont aucun pouvoir légal d’imprimer un rythme politique à la justice. Or, les conséquences politiques des décisions judiciaires à l’heure actuelle, c’est le pouvoir Kaboré qui doit, à l’entendre, supporter. Et le chef de l’Etat semblait vivre une sorte d’injustice qu’il voudrait bien voir corriger dans le cadre du projet de Constitution de la 5e République. Il était comme victime d’une situation dont il n’est pas comptable. Et cela devenait de plus en plus difficile à supporter pour Roch Marc Christian Kaboré.
Visiblement excédé par les lenteurs de la justice héritée de la Transition de 2015, le président fait le 3 juin 2016 cette déclaration aux Burkinabè du Sénégal : «je voudrais simplement vous dire que lors de la transition, il a été décidé de réformer la justice pour la rendre indépendante, en retirant du Conseil supérieur de la magistrature le président de Faso et le ministre de la justice, parce qu’on considère que la présence de ces deux- là empêche l’indépendance de la justice. Aujourd’hui, au plan de la justice, les décisions qui se prennent là-bas, nous n’y sommes pas impliquées.
Malheureusement, lorsqu’on a des gens en liberté provisoire, la tendance c’est de dire que c’est le gouvernement qui a dit de les libérer, or, nous-mêmes, on apprend les décisions comme tout le monde. C’est dire que sur le plan de l’application de ce que nous avons appelé l’indépendance de la justice, je crois qu’aujourd’hui, chaque burkinabè comprend pourquoi il est nécessaire que le Président du Faso et le ministre de la justice soient au Conseil supérieur de la magistrature. Parce que si vous avez un Etat où la magistrature est son propre patron, cela peut créer beaucoup de problèmes. Et je crois que lors des discussions constitutionnelles pour le passage à la 5ème République, ce seront des questions qui seront revues, au regard de la réalité et l’applicabilité sur le terrain».
Mais, cette sortie du président ne tarda pas à susciter l’inquiétude des juges qui n’entendent pas perdre leur indépendance nouvellement acquise. Dès leur lors, ils se mobilisent à travers leurs syndicats et crient à une cabale présidentielle. A ce jour, l’on semble s’acheminer vers le maintien du principe de l’indépendance de la magistrature. Si le chef de l’Etat se dit favorable à l’indépendance de la justice, il ne manque pas l’occasion pour rappeler aux juges leurs obligations vis-à-vis du peuple, c’est-à-dire celles de rendre justice conformément aux attentes des populations.
Salif Diallo : «On s’en fou, on n’a même pas regardé la marque des tablettes»
Salifou Diallo
On est en debut décembre2016. L’affaire des 130 tablettes de la société Huawei offertes aux députés bat son plein. Au cours d’une conférence de presse de son parti, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), le président intérimaire Salif Diallo, par ailleurs président de l’Assemblée nationale, aborde la question. Il sous-estime alors le problème et perçoit dans cette affaire une manœuvre d’officines politiques adverses qui tenteraient de l’instrumentaliser pour décrédibiliser les parlementaires. Excédé, il lâche au cours de la conférence de presse : «On s’en fou, on n’a même pas regardé la marque des tablettes». Pour ces soutiens, ces propos étaient surtout adressés à ces officines politiques. Mais, mal lui en a pris. Les réseaux sociaux s’enflamment. Le président de l’Assemblée nationale est considéré comme un irresponsable. C’est désormais la crédibilité de son institution et celle du régime qui est menacée. Salif Diallo finit par réaliser la menace et annonce lui-même le 5 décembre au cours d’une session plénière du Parlement la restitution des tablettes incriminées au ministère de l’économie numérique.
Simon Compaoré :«Nous avions pour la plupart des kalachnikovs. La puissance de feu était supérieure à la nôtre».
Simon Compaoré
Suite à l’attaque terroriste du 16 décembre 2016 à Nassoumbou ayant fait au total 12 morts et 4 blessés dans les rangs de l’armée nationale ; Simon Compaoré est sur le plateau du JT de 20 h de la Télévision nationale du Burkina. Le ministre de la Sécurité intérieure y était invité pour parler de l’attaque, des circonstances dans lesquelles elle s’est produite. Les assaillants «étaient suffisamment équipés. Ce sont des armes lourdes, des 12,7 mm. (…) Ce sont des armes qui font mal et qui tirent à distance. Nous, nous avions pour la plupart des kalachnikovs. La puissance de feu était supérieure à la nôtre».
Cette explication du ministre Compaoré a déplu dans plusieurs milieux. Ses détracteurs y voient un aveu d’impuissance et de culpabilité du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation. Du coup, l’idée,long temps rejetée, d’un éclatement de son super ministère, avec un département entièrement dédié à la sécurité, a progressé. Le président kaboré a annoncé sa prise en compte dans le cadre du prochain gouvernement.
Au sortir,en fin juillet 2016,des travaux de la session du cinquième Traité d’amitié et de coopération (TAC) Côte d’Ivoire – Burkina Faso, tout le monde se félicite des résultats enregistrés avec des protocoles d’accord de coopération signés dans plusieurs domaines. Cette satisfaction exprimée de part et d’autre se justifiait à plus d’un titre, cela d’autant que le TAC V intervient après une période de brouille politico-judiciaire. Et c’est dans cette euphorie légitime que naît une banale affaire d’appel téléphonique entre le président Roch Kaboré et son prédécesseur Blaise Compaoré. L’appel aurait eu lieu à Yamoussoukro en marge des travaux du TAC V. Alors que les uns et les autres s’interrogeaient sur la véracité de l’information ; c’est le ministre des Affaires étrangères et des Burkinabè de l’étranger, Alpha Mamadou Barry, qui s’est chargé de démentir le fait à la télévision nationale. «Il n’y a eu aucun appel entre Blaise Compaoréet Roch Kaboré. C’est complètement faux», soutient-il. Mais, ce démenti ne convainc pas. Les réseaux sociaux et les politiques s’en mêlent. L’affaire va alimenter la chronique pendant plusieurs jours, voire semaine. Cette affaire a quelque peu terni les résultats du TAC V et l’action de ses artisans, notamment celle du ministre Barry qui s’est beaucoup défoncé dans ce rapprochement ivoiro-burkinabè.
A l’occasion des fêtes de fin d’année, le directeur général du CHU-Yalgado Ouédraogo invite la population à davantage de civisme ainsi qu’à l’observance des règles en matière de circulation routière en vue de limiter les accidents. C’est la teneur du présent communiqué.
Le DG de CHU Yalgado Ouédraogo, Robert B. Sangaré
«COMMUNIQUE DU DIRECTEUR GENERAL DU CHU-YAlGADO OUEDRAOGO
A l’occasion des fêtes de fin de l’année 2016, le Directeur Général du CHU-YalgadoOUEDRAOGO voudrait inviter la population à davantage de civisme ainsi qu’à l’observance la plus stricte des règles en matière de circulation routière.
Nous devons d’ores et déjà saluer les actions du ministère en charge de la sécurité sur les voies publiques et qui ont contribué à faire baisser de près de la moitié le nombre d’accidentés reçus dans nos services d’urgences au cours de l’année 2016.
Toutefois, il convient de réitérer cet appel à la prudence au regard des conséquences socio-économiques parfois dramatiques qu’engendrent nombre d’accidents fort bien souvent évitables, si un minimum de civisme était respecté.
Bonne fête à toutes et à tous dans l’amour et la paix des cœurs !
«Votre santé, notre raison d’être !»
B. Robert SANGARE,
Officier de l’ordre national
A l’occasion du premier anniversaire de son installation au pouvoir, le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a échangé 1h 44 min durant, ce 29 décembre 2016 à Ouagadougou, avec des journalistes burkinabè pour faire le bilan de son action.
A la question de savoir ce qu’il en est avec le manque d’un général à l’appel, le président du Faso a répondu en ces termes: « Comme vous le constatez il n’est pas rentré. Il sera rayé des effectifs de l’armée. C’est clair. Il a été passé en conseil de discipline.».
A noter le président Roch Kaboré lui avait demandé de rentrer le 5 juin dernier pour élucider sa responsabilité sur les malversations financières lors de sa gestion. Mais face au refus de Zida de rentrer de son exil canadien, le chef de l’État avait menacé de le considérer comme un déserteur. Et l’officier supérieur avait plutôt demandé une mise en situation d’« évacuation sanitaire ». Demande rejetée par le président Roch Kaboré qui exige préalablement la présentation d’un dossier médical selon l’usage en la matière.
Le gouvernement burkinabè et le Syndicat autonome des travailleurs de l’information et de la culture (SYNATIC) ont signé un protocole d’accord, le 29 décembre 2016 à Ouagadougou.
Les termes de l’accord portent sur le principe de l’harmonisation, du relèvement et de l’extension de l’indemnité de code vestimentaire à 30 000 FCFA pour les Journalistes, techniciens de reportage, techniciens des médias publics, du SIG, des directions chargées de la communication des ministères et des institutions, de l’ISTIC et du ministère chargé de la Communication et de 11 000 FCFA pour le personnel administratif et de soutien; l’adoption d’un décret portant création, organisation et fonctionnement du Service d’information du gouvernement (SIG) d’ici à la fin du mois de janvier 2017; la transformation des Etablissements publics de l’Etat (EPE), RTB et Editions Sidwaya en sociétés d’Etat.
A cet effet, les deux parties ont décidé de mettre en place une commission mixte composée d’une part de membres du gouvernement, des ministères en charge de la Communication, des Finances, de la Fonction publique et du Commerce, et d’autre part, du SYNATIC. Chaque EPE recrutera un Cabinet d’étude chargé de faire des études techniques préalables à la mise en œuvre du passage à la société d’Etat. Les résultats de ces études seront soumis à l’appréciation de ladite commission mixte. Le recrutement des cabinets d’étude interviendra au cours du premier trimestre 2017. A noter que la date d’effet de cette revalorisation indemnitaire est fixée au 1er janvier 2017.
En outre, le syndicat a obtenu la reconstitution de carrière des agents des médias publics, avec des compensations de cotisations à la CNSS et à la CARFO pour les agents de la RTB et de Sidwaya. Ce qui permettra à ces derniers de bénéficier d’une retraite proportionnelle. Quant au rétablissement des rémunérations, coupées depuis 2012, (frais de production, primes RFI, frais de pylônes), le gouvernement a marqué sa volonté de les rétablir, à travers des arrêtés conjoints (ministère de la communication et ministère de l’Economie). Au plus tard le 05 janvier 2017, le SYNATIC s’engage à transmettre ses observations sur le projet d’arrêté conjoint. Et le gouvernement de s’engager à tout mettre en œuvre pour que la question soit résolue au cours du premier trimestre 2017.
Les autres points qui n’ont pas trouvé d’accord portent sur la dotation des organes publics (RTB et SIDWAYA) en infrastructures et équipements modernes ; le reclassement des agents des catégories B1, A2 et A3 bloqués dans leur carrière ; la revalorisation des grilles salariale et indemnitaire (octroi de l’indemnité de risque et prime de panier et relèvement des taux des indemnités d’astreinte, de logement et de technicité) en attendant le passage à la société d’Etat ; le remboursement des frais liés à l’acquisition des verres correcteurs.
« Nous disons que les travailleurs des médias publics restent mobilisés parce qu’il y a des points qui n’ont pas été satisfaits », a lancé le Secrétaire général du SYNATIC, Siriki Dramé, qui a annoncé qu’ une journée syndicale sera organisée par le SYNATIC dès ce vendredi 30 décembre 2016 pour faire le bilan de la lutte et analyser les acquis.
Le chef du gouvernement dont Paul Kaba Thiéba, affichant sa satisfaction a salué l’élan de patriotisme qui a prévalu dans les discussions . Puis, il a invité le SYNATIC à toujours mettre en avant l’intérêt supérieur de la nation.
Le ministre de l'Urbanisme et de l'Habitat a donné des éclaircissements par la rapport à la suite du rapport d'enquête parlementaire sur le foncier urbain
Le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat était sur le plateau du JT de 20h de la Télévision nationale du Burkina (TNB) de ce mercredi 28 décembre. Maurice Dieudonné Bonanet y était invité pour expliciter les mesures prises par le conseil des ministres du jour sur le foncier urbain au Burkina Faso (1995-2015), suite notamment au rapport d’enquête parlementaire y relatif.
Le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat a donné des éclaircissements par la rapport à la suite du rapport d’enquête parlementaire sur le foncier urbain
Le ministre Bonanet a été on ne peut plus clair : des mesures fermes seront prises à l’encontre des agents du privé ou du public impliqués dans les malversations du foncier urbain relevées par le rapport d’enquête parlementaire. Pour ce qui concerne les agents du public, «ils seront sanctionnés conformément à leur statut d’agent public ».
Pour les citoyens qui auraient acquis ces parcelles incriminées, le ministre Bonanet rassure et indique qu’ils ne connaîtront pas d’expropriation s’ils ont en leur possession les documents requis.
Les dispositions prises en conseil des ministres
Au regard des recommandations formulées par la Commission d’enquête parlementaire sur le foncier urbain de 1995 au 2015, le Conseil des ministres de ce 28 décembre a décidé des dispositions suivantes ; tout en précisant que «le ministre en charge de la justice a transmis le rapport de ladite Commission d’enquête parlementaire aux procureurs généraux près les Cours d’appel de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso pour les suites judiciaires éventuelles à réserver à ce rapport» :
-le retrait des terrains illégalement acquis, avec à la charge des sociétés de promotion immobilières concernées l’obligation de rembourser intégralement les fonds irrégulièrement perçus ;
-la mise en place d’une commission interministérielle chargée de superviser les opérations d’apurement du passif du foncier urbain ;
-la mise en place de commissions ad’hoc au niveau régional qui seront chargées de superviser les travaux des commissions communales et d’arrondissements ;
-la mise en place des commissions au niveau communal et d’arrondissement qui seront chargées de l’apurement du passif dans le domaine du foncier urbain ;
-l’ouverture immédiate de poursuites disciplinaires à l’encontre des agents incriminés dans le rapport d’enquête parlementaire.
Pour le Pr Jacques Batiéno, le Général Bassolé est l'objet d'un acharnement judiciaire
Ceci est une analyse du Professeur Jacques Batiéno sur l’affaire Djibrill Bassolé. «Appliqué à l’affaire BASSOLE, l’acharnement judiciaire se définit comme l’utilisation excessive de la loi afin de justifier l’accusation de monsieur BASSOLE qui, sinon, doit bénéficier d’une liberté immédiate et certaine, en plus d’un non lieu», soutient le Professeur de philosophie à Paris.
Pour le Pr Jacques Batiéno, le Général Bassolé est l’objet d’un acharnement judiciaire
«L’AFFAIRE DJIBRILL BASSOLE, UN CAS D’ACHARNEMENT JUDICIAIRE
Il est devenu difficile pour tout esprit bien pensant de rester insensible au traitement judiciaire inacceptable qui est fait à monsieur BASSOLE. De fait, il y a dans cette affaire BASSOLE, un acharnement judiciaire comparable à l’acharnement thérapeutique que l’on trouve dans le monde médical. Dans ce dernier cas, il s’agit de l’utilisation excessive de thérapies lourdes afin d’améliorer l’état de santé d’un malade qui, sinon, est voué à une mort immédiate et certaine.
Appliqué à l’affaire BASSOLE, l’acharnement judiciaire se définit comme l’utilisation excessive de la loi afin de justifier l’accusation de monsieur BASSOLE qui, sinon, doit bénéficier d’une liberté immédiate et certaine, en plus d’un non lieu. Comment pourrait-on encore douter du fait d’un acharnement judiciaire contre l’ancien chef de la diplomatie burkinabè ? Il suffit, pour s’en rendre compte, de constater la tentative de blanchiment des prétendues écoutes téléphoniques entre Guillaume SORO et Djibrill BASSOLE.
En effet, dans cette affaire dont la dimension politique n’est plus à démontrer, le Tribunal militaire a voulu contourner la question liée à l’illégalité et à l’origine douteuse de ces écoutes en sollicitant l’expertise de l’allemand KUNZEL afin d’attester que l’enregistrement est judiciairement exploitable et recevable. Même si l’expert allemand conclut qu’il n’a pas pu détecter un trucage ou un montage selon la méthode qu’il a utilisée, il affirme dans son rapport que l’enregistrement en question va de 100hz à 3700hz, surpassant donc nettement le standard téléphonique international pour mobile GSM (250hz à 3200hz). Par conséquent, il dit la même chose que l’expert français PHEULPIN qui, dans son rapport, concluait que cet enregistrement ne peut être présenté comme étant l’enregistrement intègre d’une interception téléphonique classique.
Ainsi, par des procédés différents, les deux experts démontrent que l’enregistrement en question n’est pas un enregistrement téléphonique authentique.
Dès lors, les questions importantes qui se posent sont celles que les avocats de BASSOLE ont toujours posées, et ce dès le début de cette affaire :
-Qui est l’auteur de l’interception et de l’enregistrement téléphonique supposé ?
-Qui l’a fait diffuser sur internet et les médias ?
Mais une troisième question s’impose logiquement aussi : pourquoi avoir attendu une année avant de demander l’expertise d’une bande sonore qui constitue l’élément nodal de l’accusation ?
Ces questions sont d’autant plus importantes que l’expert allemand, désigné par le juge d’instruction militaire, qui aurait dû logiquement recevoir l’original de l’enregistrement, ne reçoit du juge qu’une copie. D’où une quatrième question tout aussi logique : où est l’original de la bande sonore ? Mieux, existe-t-il un original ? Au regard des informations que l’on a, le doute est permis à ce sujet.
Toujours est-il que l’expert allemand démontre scientifiquement qu’il ne s’agit pas de l’enregistrement d’une interception téléphonique classique, mais plutôt d’une transmission via internet (VOIP). En clair, si le juge d’instruction avait du mal à accepter l’origine douteuse de ces écoutes (dont on sait qu’il ne les a pas ordonnées), il sait à présent que la copie qu’il a détenue sous scellé pendant plus d’une année provient d’internet et ne peut, de ce fait, être considéré comme étant authentique. En cette occurrence, elle ne peut être versée au dossier.
En outre, pour des raisons que l’on ignore, l’expert allemand n’a pas procédé à la comparaison des voix. On est alors en droit de conclure que, selon toute vraisemblance, le tribunal militaire n’a pas voulu ramener Guillaume SORO dans le dossier. Ce qui, plus que jamais, vide le dossier BASSOLE de sa substance. Néanmoins, en poussant plus loin la réflexion, on peut être enclin à considérer que la justice militaire, à l’endroit de Monsieur SORO et pour des raisons politiques et diplomatiques évidentes, s’abstient de faire le minimum (audition) qui serait justifié de la recherche d’éléments pertinents, et, quand il s’agit de Monsieur BASSOLE, s’acharne à faire le maximum par le refus injustifié de la libération provisoire. Comment s’empêcher alors de penser que c’est aussi pour des raisons politiques ?
En tout état de cause, en voulant faire disparaître l’origine douteuse des écoutes, ce qu’il espérait en commandant l’expertise de celles-ci, le Tribunal militaire, à ses dépends, a permis d’établir la preuve scientifique que l’enregistrement détenu par le juge d’instruction militaire ne répond pas aux caractéristiques de l’enregistrement d’une communication classique. Ainsi, par ricochet, il apparait que des incertitudes importantes pèsent non seulement sur l’origine des écoutes, mais aussi sur leur authenticité. Or, est-il encore besoin de le rappeler ici, en matière de justice le doute profite à l’accusé.
Le caractère arbitraire et illégal de la détention de Djibrill BASSOLE ne fait que se confirmer à mesure que l’instruction avance, et les faits nous obligent à constater que BASSOLE est victime d’un acharnement judiciaire. Il s’agit désormais de savoir si c’est la justice qui, en toute indépendance, s’acharne ainsi sur l’homme. C’est moins sûr, car tout magistrat digne de ce nom verrait que cette affaire est vide. Est-ce le pouvoir politique qui, instrumentalisant l’institution judiciaire, l’utilise comme bras armé pour ainsi s’acharner sur l’homme ? C’est ce que l’on serait tenté de penser. La solution viendra donc du pouvoir politique qui, comme Pilate, devra décider une fois pour toute de se laver les mains de cette affaire, et laisser la justice faire son travail en toute indépendance. L’issue de l’affaire, au vue des éléments, coïnciderait alors avec une libération et un non lieu. Mais j’estime également opportun que le pouvoir politique se rapproche de BASSOLE lui-même afin de parler politique et lever tout équivoque sur ce plan.
15 mois de détention pour trouver ou établir des preuves de culpabilité basées exclusivement (Je dis bien exclusivement) sur des prétendues interceptions téléphoniques sur lesquelles pèsent un lourd soupçon concernant leur intégrité technique, n’honore ni la justice ni la démocratie du Burkina Faso.»
Jacques BATIENO, Professeur de philosophie, Paris (France)
A l’occasion du premier anniversaire de son investiture, le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a échangé 90 min durant, ce 28 décembre 2016, via twitter avec les internautes sur plusieurs questions, en l’occurrence la sécurité, la santé, l’éducation et l’économie.
A la question de savoir comment va le Burkina Faso?, voici ce qu’il a dit: « Le Burkina est dans la bonne voie . Avec plus de travail , de détermination , d’engagement collectif nous réussirons ».
Il a expliqué que la nomination d’un nouveau chef d’état-major général « s’inscrit dans le cadre de la réorganisation des forces armée burkinabè » . Abordant les questions de sécurité, il a soutenu que le refus des koglweogo d’intégrer la police de proximité dans son format actuel relève d’un malentendu; que « les kogolweogo intégreront la police de proximité ».
Il y aura un remaniement gouvernemental, a-t-il annoncé, sans précisions. Et de poursuivre:« La question du ministère plein de la sécurité sera prise en compte dans la réorganisation gouvernementale ».
Concernant l’ex-Premier ministre, le lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida, le président Kaboré a fait savoir que le dossier est en cours de traitement au niveau de la hiérarchie militaire pour » l’aspect disciplinaire » et à la justice militaire pour » l’aspect judiciaire ».
Au terme des échanges, le président du Faso a promis de renouveler l’expérience qu’il estime « très utiles », car selon lui, les réseaux sociaux sont « des vigies « .