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Municipales 2016 : le CDP entend reprendre les commandes avec ces élections

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Le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) a lancé sa campagne électorale, ce samedi 7 mai 2016 à Bobo-Dioulasso, en présence des autorités coutumières et des leaders du parti.
CDP

A l’occasion, le Président par intérim du parti, Achille Joseph Marie Tapsoba, a attaqué les dirigeants du MPP, en arguant qu’ils ne conduisent pas le changement tant souhaité. De ses explications, ils sont en train de réchauffer la marmite de Blaise Compaoré. Raison pourquoi, il a dit compter sur la vigilance du peuple pour faire son choix.

La représentante des femmes, Fatoumata Ziba, a invité les jeunes, les anciens et les femmes à voter massivement pour le parti de Blaise Compaoré. Ils nous ont chassés par la rue, nous reviendrons par les urnes dans les municipalités », a-t-elle martelé.
Le représentant des jeunes a relevé que la fidélité aux idéaux du père fondateur du parti reste un engagement qui augure de la victoire au soir du 22 mai.

« Le CDP peut et doit bel et bien donner des leçons. Celui qui n’a jamais eu de leçon ne peut en donner », parole de Achille Tapsoba en référence à l’histoire récente du Burkina Faso.
M. Tapsoba a demandé le blanchiment de ses camarades détenus et ceux en liberté provisoire, parce qu’ils sont inquiétés, argue-t-il, arbitrairement.

« Nous disons aux pécheurs qui demandent aux autres de reconnaitre leurs péchés que l’heure du changement a sonné », a-t-il lancé en soutenant qu’après la transmission, c’est la rémission.

Moussa Traoré
Burkina Demain

Football: le camerounais Patrick Ekeng du Dinamo meurt sur un terrain

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Le milieu de terrain camerounais Patrick Ekeng est mort, le 7 mai 2016, après un malaise lors d’un match du Championnat de Roumanie. Agé de 26 ans, il jouait au Dinamo Bucarest depuis janvier dernier, mais avant il a joué dans le championnat français, notamment avec le club du Mans.
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« Des tentatives de réanimation ont été faites durant une heure et demie sans réussite », a expliqué le médecin de Dinamo Bucarest Liviu Batineanu aux journalistes.

Il était entré sur le terrain contre Viitorul Constanta depuis sept minutes au moment où il a chuté soudainement sur le gazon, sans aucun contact préalable avec un autre joueur.

« Je n’arrive pas à y croire. C’est un cauchemar. Pour moi, pour l’équipe et pour tous les supporteurs de Dinamo. C’est trop, c’est comme si on était maudit », a réagi Ionel Danciulescu, directeur général du club qui a fait allusion au décès d’un autre joueur du club, Catalin Haldan, en octobre 2000 à Oltenita au cours d’un match amical contre l’équipe locale de Santierul Naval.
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« Nous t’aimerons toujours, Patrick Ekeng! » a écrit Dinamo Bucarest sur Facebook, affirmant que le joueur « est parti, en portant le T-shirt blanc-rouge, pour rejoindre Catalin Haldan » et d’autres joueurs qui ont « écrit l’Histoire » du club.

Avant lui, un autre camerounais, Marc-Vivien Foé, était décédé le 26 juin 2003 des suites d’un malaise, en plein match.

Anderson Koné
Burkina Demain

Le fils d’un immigré pakistanais élu à la tête de la mairie de Londres

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Selon les résultats officiels publiés vendredi 6 mai, Sadiq Khan, 45 ans, succède au conservateur Boris Johnson. Il a obtenu 1 310 143 voix contre 994 614 pour son adversaire Zac Goldsmith.
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Une victoire sans conteste avec 57% des suffrages et plus d’un million de voix pour celui qui était encore quasiment inconnu il y a quelques mois.
M. Khan devient le premier maire musulman d’une grande capitale occidentale. Il succède ainsi au charismatique conservateur Boris Johnson.

Sadiq Khan a d’abord tenu à remercier sa ville et ses habitants. « Merci Londres, je suis profondément touché par l’espoir et la confiance que vous avez placés en moi. Et je suis si fier que Londres ait choisi aujourd’hui l’espoir plutôt que la peur, l’unité plutôt que la division. Je promets d’être toujours un maire pour tous les Londoniens, de travailler dur pour rendre la vie meilleure à chaque Londonien quelle que soit leur origine et de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour faire en sorte que vous ayez les opportunités que notre incroyable ville m’a données », a-t-il déclaré.

Les Londoniens ont donc préféré le fils de chauffeur de bus au fils de milliardaire. Le député travailliste, aux origines modestes et ancien avocat spécialisé dans la défense des droits de l’homme, a également résisté à la controverse qui a secoué son parti ces derniers jours après la suspension de plusieurs membres accusés de propos antisémites.

Sadiq Khan avait d’ailleurs pris rapidement ses distances avec l’équipe dirigeante de Jeremy Corbyn.
Au-delà, Sadiq Khan devient le troisième maire de Londres après Ken Livingstone et Boris Johnson, mais le premier d’origine pakistanaise et de confession musulmane, ce qui en dit long sur le chemin parcouru au Royaume-Uni en terme d’intégration. L’homme de 45 ans défend des idées résolument modernes. Il a même reçu des menaces de mort pour avoir pris position pour le mariage homosexuel.

Sadiq Khan aura désormais autorité sur les transports dont il veut geler les tarifs, le maintien de l’ordre, les logements et l’environnement, avec à sa disposition un budget de plus de 20 milliards d’euros, ce qui en fait l’une des figures politiques les plus puissantes du pays.

Sadiq Khan grandit dans une cité HLM du sud de la capitale, avec ses six frères et sa sœur. Ses parents ont quitté le Pakistan pour Londres dans les années 1960. Son père était chauffeur de bus et sa mère couturière3.
Sadiq Khan effectue sa scolarité dans le quartier populaire londonien de Tooting. Il étudie le droit à l’Université du Nord de Londres puis intègre la Law School de Guidford pour devenir avocat de profession, spécialisé dans les droits de l’homme.

Membre du Parti travailliste, il est élu en 2005 à la Chambre des Communes comme député pour la circonscription de Tooting. Il est secrétaire d’État aux Communautés entre 2008 et 2009 puis aux Transports entre 2009 et 2010 dans le gouvernement du Premier ministre Gordon Brown ; il est le premier musulman ministre du Royaume-Uni. Il est réélu député en 2010 et 2015.

Le Parti travailliste a été fondé en 1900 par les syndicats. À partir des années 1920, il devance le Parti libéral et devient l’un des deux partis principaux du Royaume-Uni avec le Parti conservateur.
Martin Coulibaly
Burkina Demain

Vie des partis : Louis Armand Ouali et Bruno Kafando exclus de l’UPC

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A l’issue d’une réunion du Bureau politique, le 5 mai 2016, le Bureau politique national (BPN) de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), a décidé d’exclure le deuxième vice-président Louis Armand Ouali et Bruno Kafando, ancien député et membre fondateur de l’UPC.
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Le député Louis Armand Ouali avait été suspendu par le Secrétariat exécutif national. Bruno Kafando, lui, était sous le coup d’une procédure disciplinaire.

L’UPC leur reprochait d’avoir violé ses textes, en se répandant négativement par des écrits dans la presse .

Anderson Koné
Burkina Demain

SEERA 2016 : Le gouvernement burkinabè réaffirme son option pour les énergies vertes

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C’est parti depuis ce vendredi 6 mai pour la première édition de la Semaine des énergies et énergies renouvelables d’Afrique (SEERA). C’est le ministre de l’Energie, des Mines et des Carrières, le Pr Alfa Dissa, qui a présidé au nom du Premier ministre Paul Kaba Thièba, l’ouverture de la Semaine, devant de nombreux acteurs du secteur.

Au lancement officiel de SEERA 2016 ce vendredi au salon de la créativité du SIAO, à Ouagadougou
Au lancement officiel de SEERA 2016 ce vendredi au salon de la créativité du SIAO, à Ouagadougou

«Au Burkina Faso, le gouvernement a fait l’option claire d’une transition énergétique vers les énergies vertes et renouvelables avec singulièrement une orientation vers l’énergie solaire et l’efficacité énergétique conformément aux engagements pris par Son Excellence, Monsieur le président du Faso dans son programme quinquennal, pour apporter une réponse au déficit structurel de l’offre et réduire les prix.
Dans ce sens, il s’agira d’accroître la capacité de production d’électricité à travers notamment la construction de centrales solaires, la promotion d’installation solaires par les particuliers et la poursuite des projets en cours dans le domaine de la production hydroélectrique et de l’interconnexion avec le Ghana».
Ainsi, s’est exprimé ce vendredi le ministre de l’Energie, des Mines et des Carrière, le Professeur Alfa Dissa, à l’ouverture de la première édition de la Semaine des énergies et énergies renouvelables d’Afrique qui se tienne ce week-end à Ouagadougou.
L’objectif visé à terme, ajoutera le ministre Dissa, est d’accroître le taux de couverture national en électricité et le porter à 80% à l’horizon 2020, tout en mettant fin aux délestages.

Le présidium de la cérémonie de SEERA , on reconnaît à l'extrême droite, le coordonnateur du SIERO, Cheick Omar Yéyé ; à sa droite le ministre Alfa Dissa.
Le présidium de la cérémonie d’ouverture de la SEERA  2016, on reconnaît à l’extrême droite, le coordonnateur du SIERO, Cheick Omar Yéyé ; à sa droite le ministre Alfa Dissa.

La SEERA, une fusion des JPEE et du SIERO

Cette première édition de la SEERA consacre l’union d’actions entre les Journées de promotion des économies d’énergies (JPEE), une initiative du ministère et le Salon international de l’environnement et des énergies renouvelables de Ouagadougou, une initiative privée.
Placés respectivement sous les thèmes «Efficacité Energétique : Défis et Opportunités pour le Burkina Faso» et Financement des systèmes énergétiques durables pour l’Afrique en développement», les JPEE et le SIERO s’inscrivent en droite ligne de la vision du gouvernement burkinabè pour la promotion de l’énergie durable pour tous à travers l’accroissement de la disponibilité et de l’accessibilité de l’Energie.
La présente SEERA est parrainée par le secrétaire général du WAPP, Apollinaire Ki Siengui.

Grégoire B. Bazié
Burkina Demain

Le premier ministre Paul Kaba devant la représentation nationale demain

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Le Premier ministre Paul Kaba Thiéba sera devant l’Assemblée nationale, ce vendredi 6 mai 2016 à 10 h à Ouagadougou, pour son Discours sur la situation de la nation (DSN) ; ce, conformément aux exigences de la Constitution.
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Le 5 février, dernier, le chef du gouvernement était devant la représentation nationale pour son premier grand oral, relatif à sa Déclaration de politique générale (DPG). Si le fonds du discours avait été apprécié par les observateurs de la saynète politique, la forme, elle avait été jugée décevante. On fonde espoir qu’il rattrapera le coup, cette fois!

Anderson Koné
Burkina Demain

Inauguration de la nouvelle ambassade du Burkina en Arabie Saoudite

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Le Président du Faso, S.E.M. Roch Marc Christian KABORE, a inauguré la nouvelle Ambassade du Burkina à Riyad. La coupure du ruban est intervenue dans l’après-midi du mercredi 04 mai 2016 en présence de plusieurs Ambassadeurs accrédités en Arabie Saoudite et d’autres diplomates.
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Située dans la cité diplomatique de Riyad, la nouvelle chancellerie est un bâtiment à deux niveaux et abrite la résidence de l’Ambassadeur. Construite sur financement de l’Etat burkinabè à hauteur de 3, 150 milliards de F CFA, la nouvelle Ambassade qui est bâtie sur une superficie de 4444 mètres carrés compte plus de 30 bureaux.
Selon l’Ambassadeur Mansa OUNTANA, le nouvel édifice sera équipé et intégré très rapidement sur instruction du Président du Faso.

Le Président Roch Marc Christian KABORE a eu droit à une visite guidée des nouveaux locaux avant de prendre congé des différentes personnalités qui s’y trouvaient.

Direction de la communication de la Présidence du Faso

Mali: deux militaires condamnés à 5 ans ferme pour tentative de coup d’état

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La Cour d’assises de Bamako, en son audience du mercredi 4 mai, a condamné le lieutenant Mohamed Ouattara et le sergent-chef Amara Sylla à cinq ans de prison ferme pour tentative de coup d’état, a rapporté l’AFP, qui se fonde sur un communiqué du tribunal de première instance de Bamako.
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Selon l’arrêt de renvoi, « le 3 juin 2014, le lieutenant Mohamed Ouattara, officier du 333e régiment des commandos parachutistes et le sergent-chef Amara Sylla, ont eu un entretien qui a porté sur un coup d’état militaire contre le régime du président Ibrahim Boubacar Keïta ».

Selon ce même document, des militaires qui ont témoigné lors du procès, avaient affirmé durant l’instruction que « le lieutenant Mohamed Ouattara « les avaient approchés afin d’attaquer le domicile du président Ibrahim Boubacar Keïta afin de le capturer, ou au besoin de le tuer ».

Cet arrêt de renvoi décrit des lieux de rendez-vous et le mode d’action présumé pour réaliser ce coup de force. Me Magatte Seye, avocat de la défense, a dit avoir « insisté » lors du procès sur le fait que « le dossier était vide » et qu’il n’y avait pas eu « le moindre commencement d’exécution » du coup d’état.

Un autre militaire également accusé d’être impliqué dans l’exécution du coup d’état a lui été acquitté.
Les accusés auraient fomenté une « tentative de coup d’état » en 2014 contre le président malien Ibrahim Boubacar Keïta.

Burkina Demain
Source: AFP

Burkina : les grandes oreilles du lieutenant-colonel Zida

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Le Premier ministre de la transition avait mis sur pied un système d’écoutes qui l’a aidé à déjouer le putsch du général Diendéré et à piéger Djibrill Bassolé et Guillaume Soro, rapporte Jeune Afrique.
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Le mystère entourant l’origine des enregistrements Soro -Bassolé tout comme la manière dont ils ont été réalisés ont en effet longtemps laissé planer le doute sur leur authenticité. Mais après plusieurs semaines d’enquête, J.A. a pu reconstituer la genèse cachée de ces écoutes, dont tout laisse désormais penser qu’elles sont réelles.
L’histoire remonte aux débuts du régime de transition. Le lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida, Premier ministre, et son bras droit, le colonel Auguste Denise Barry, ministre de l’Administration territoriale et de la Sécurité, sont alors les deux hommes forts du pays. Ces deux militaires, rompus aux techniques du renseignement, savent que les capacités de surveillance nationale sont, pour l’essentiel, concentrées à l’état-major particulier de la présidence, contrôlé par le général Gilbert Diendéré et le RSP.

Sur fond de rivalité naissante avec l’ancienne garde prétorienne de Compaoré, ils décident en catimini de monter leur propre système de renseignement. Dans le dos de Diendéré, ils acquièrent du matériel sophistiqué auprès d’une firme étrangère et remettent en service une vieille table d’écoutes du ministère de l’Administration territoriale et de la Sécurité, basée dans le quartier populaire de Gounghin, à Ouagadougou.

À la mi-mars, sur ordre de Barry, le colonel Amadou Thera, coordonnateur du renseignement intérieur, qui remettait jusque-là ses rapports au général Diendéré, est remplacé par un officier de confiance : le lieutenant Zongo (son nom et son grade ont été volontairement changés). « Diendéré se doutait sûrement que nous avions des moyens, mais il ignorait qu’un tel système parallèle avait été mis sur pied », raconte un cadre du régime transitaire.

Au fil du premier semestre 2015, les clashs entre Isaac Zida et le RSP, son ancien régiment qu’il entend dissoudre, se multiplient. Plusieurs fois, la transition est menacée. En juillet, après une énième altercation entre le Premier ministre et ses anciens frères d’armes, qu’il a accusés de vouloir l’arrêter à son retour d’un voyage à Taiwan, son fidèle ministre de la Sécurité est limogé par le président, Michel Kafando.
« Diendéré et ses hommes considéraient Barry comme la principale menace. Ils ont fini par avoir sa tête », poursuit le cadre de la transition. Remercié, ce dernier s’absente régulièrement du pays, mais a conservé ses relais et ses capacités de renseignement.

Le 16 septembre, à trois semaines des élections devant mettre un terme à la transition, un commando du RSP fait irruption en plein Conseil des ministres pour arrêter Michel Kafando et Isaac Zida. Le lendemain, le général Diendéré endosse la responsabilité de ce coup d’État. Dans le camp d’en face, la résistance s’organise. En province, plusieurs jeunes officiers se coordonnent pour encercler la capitale et contraindre le RSP à déposer les armes. Parmi ces loyalistes figure le lieutenant Zongo.

Les capacités d’écoutes de son service sont rapidement mises à la disposition de l’offensive contre les putschistes. « Tous les numéros connus des membres du RSP et de leurs proches, civils comme militaires, ont été mis sur écoute. Même leurs SMS pouvaient être lus », explique un gradé placé au cœur de l’opération. En tout, plus d’une centaine de conversations seront enregistrées.

Elles seront exploitées durant toute la crise par le centre de commandement loyaliste installé au camp Sangoulé Lamizana et par la cellule de coordination créée par Auguste Denise Barry et Isaac Zida, une fois celui-ci libéré par les éléments du RSP, le 22 septembre à l’aube.

Le système est efficace : une fois qu’un numéro d’appel est « branché », la table d’écoute retient le numéro Imei de ce téléphone. Si bien que même en changeant de carte SIM, la personne visée continue d’être écoutée. Le système capte aussi les numéros des appels entrants ou sortants, ce qui permet d’identifier d’éventuels complices.

Les nombreuses conversations interceptées par les services loyalistes se sont révélées également utiles pour déjouer le coup d’État.

Parmi les premières cibles de ce dispositif, le général Diendéré, surnommé Golf, qui, malgré son expérience et ses précautions (il changera de puce à plusieurs reprises pendant le putsch), se fera surprendre. « Dans certaines écoutes, Golf affirme à son interlocuteur qu’il peut parler tranquillement et qu’ils ne sont pas surveillés », ironise un second officier loyaliste.

Après ses déclarations ambiguës sur le putsch, Djibrill Bassolé, qui possède plusieurs numéros, est lui aussi rapidement placé sur écoute. À la surprise des officiers de renseignement, ses communications permettent de remonter jusqu’à Guillaume Soro, avec qui Bassolé évoque un plan de soutien au RSP. En coulisses, l’étau se resserre autour de l’ancien ministre de Blaise Compaoré, désormais considéré comme une menace et non plus comme un potentiel sympathisant putschiste.

C’est sur la base de ces écoutes qu’il sera officiellement accusé de comploter avec des forces étrangères, puis interpellé à son domicile ouagalais, le 29 septembre. « L’état-major général a décidé de procéder à son arrestation après avoir pris connaissance de ces enregistrements », confirme une source sécuritaire.

Les nombreuses conversations interceptées par les services loyalistes se sont révélées également utiles pour déjouer le coup d’État. Selon plusieurs officiers qui ont dirigé la contre-offensive, elles les auraient incités à accélérer le mouvement de leurs troupes vers Ouagadougou et aidés à coordonner l’encerclement du RSP dans son camp de Naaba Koom, situé derrière la présidence.

« Chaque jour, un camarade me remettait une clé USB avec des écoutes intéressantes pour le déroulement de nos opérations », témoigne l’un de ces gradés. Enfin, d’après une source au cœur de l’exécutif transitaire, une soixantaine de lignes téléphoniques appartenant à des putschistes auraient été brouillées lors de l’offensive finale sur Naaba Koom, permettant de couper les communications entre les derniers éléments réfractaires du RSP.
Qu’ils soient proches d’Isaac Zida ou non – voire, pour certains, très critiques envers l’ancien Premier ministre -, tous les militaires et civils interrogés qui ont participé à ces opérations sont unanimes : les écoutes sont authentiques. « Elles sont réelles. Il n’y a que Bassolé et Soro pour le démentir », assure un officier loyaliste.

Le premier, inculpé pour son implication présumée dans le coup d’État, devrait être jugé. Le second est, lui, visé par un mandat d’arrêt international émis par la justice burkinabè. Mais tout le monde, à Ouaga comme à Abidjan, sait qu’il ne risque pas d’être entendu par les juges de sitôt…
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SUIVIS À LA TRACE

Le système d’écoute n’a pas seulement permis aux forces loyalistes de suivre les conversations des putschistes ou de leurs alliés. Il les a également aidés à les localiser. À chaque appel, leur téléphone « bornait » en effet sur l’antenne relais la plus proche. Diendéré a ainsi été suivi quasi quotidiennement à la trace, tout comme ses lieutenants. Son épouse, Fatoumata, a longtemps été repérée dans le quartier ouagalais huppé de la Zone du Bois.

Après avoir tenté de se réfugier à l’ambassade des États-Unis – comme son mari, qui, trouvant porte close, se réfugiera finalement à la Nonciature apostolique le 30 septembre 2015 -, elle parviendra à déjouer la surveillance et à quitter le pays.

Anderson Koné

Source: Jeune Afrique

Le procureur élucide les conditions d’arrestation du bâtonnier Traoré

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Le procureur général près la Cour d’appel de Ouagadougou, Laurent Poda, a animé une conférence de presse portant sur l’inculpation et l’incarcération de l’ancien bâtonnier Me Mamadou Traoré.
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Selon Laurent Poda, son action a été guidée par le respect de la légalité, notamment l’alinéa 2 de l’article 6 du règlement UEMOA, relatif à l’harmonisation des règles régissant la profession d’avocat dans l’espace UEMOA, et sa conviction que nul n’est au-dessus de la loi. A l’en croire, cette disposition oblige simplement à consulter le bâtonnier sans toutefois que sa réponse ne puisse lier sa décision.

« Pour moi, lorsqu’un citoyen est mis en cause, l’utilité et la nécessité de s’expliquer devant la justice, commandent qu’il réponde et cela, quel que soit sa qualité », s’est-il exprimé.

« Je lui ai fait savoir mon opinion sur l’indépendance du juge lorsque celui-ci est saisi d’un dossier », a avancé M. Poda qui a laissé entendre: « Me Traoré est poursuivi pour attentat à la sûreté de l’Etat, association de malfaiteurs, complicité d’enlèvement et de séquestration, complicité d’actes de terrorisme, complicité de crime contre l’humanité. Il est clair que cela n’a rien à voir avec sa fonction. On ne peut pas être plus clair que ça ».

Mathias Lompo
Burkina Demain