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CSC : Femina FM et France 24 mises en demeure

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Le Conseil supérieur de la communication (CSC) au cours de sa délibération du 6 février 2023, a mis en demeure la radio «Femina FM » et la télévision France 24, de respecter les principes professionnels de traitement de l’information, suite à l’observation de manquements.

La radio «Femina FM » a été mise en demeure suite à une auto-saisine du CSC après que le Régulateur a relevé des manquements dans les propos tenus par un auditeur intervenu à l’émission «Nékré» de ladite radio émettant à Ouagadougou sur la fréquence 102.8 Mhz, le mercredi 4 janvier 2023. Pour plus de détails, consultez la Décision.

Quant à la télévision France 24, elle a été mise en demeure suite à une interpellation du CSC par le gouvernement par rapport à la diffusion le 16 janvier 2023 par ladite chaîne de télévision à travers sa bande défilante d’une information comportant des manquements.

«…cette information a été diffusée par la télévision «France 24 » à travers une image caricaturale présentant trois (03) personnages tenant chacun une arme de guerre à la main accompagnée par la bande défilante suivante : «Des rebelles islamiques ont enlevé une cinquantaine de femmes jeudi et vendredi dans le Nord du pays (Gouvernement burkinabè). (…) il est clair que la qualification utilisée par la télévision France 24 tend à donner une certaine reconnaissance à une lutte éventuelle menée par un groupe de rebelles pour une cause connue…alors que le Communiqué du Gouverneur du Sahel précise qu’il s’agit de «Groupes Armées Terroristes» dont les modes d’action et opératoire sur le terrain ne sont pas à confondre avec des rebelles», peut-on lire dans cette Décision du CSC portant mise en demeure de la télévision France 24.

Et le CSC de prévenir à l’article 2 de sa décision : «En cas de manquement similaire (…) la télévision France 24 s’expose à des sanctions de degré supérieur notamment la suspension de la diffusion de ses programmes au Burkina Faso».

Avertissement de même nature en cas de récidive à l’encontre de la radio Femina FM dont la promotrice a été auditionnée le 24 janvier dernier par le régulateur.

Burkina Demain

Le Premier ministre au président de la BOAD : « Ce que nous attendons de vous, c’est la construction de routes dans notre pays »

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Le Premier ministre, Me Apollinaire Joachimson Kyelem de Tambela, a reçu en audience, ce lundi 6 février 2023 à Ouagadougou, le président de la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD), Serges Ekué. Accompagné de ses collaborateurs, ce dernier a dit être venu témoigner au peuple burkinabè, la compassion et la solidarité de la banque qu’il dirige, après les attaques terroristes qui ont fait de nombreuses victimes.

Au cours de cette rencontre, le premier responsable de la BOAD, a par ailleurs annoncé au Chef du Gouvernement, la célébration, le 14 novembre 2023, du 50e anniversaire de son institution.

Me Apollinaire Joachimson Kyelem de Tambela a, de son côté, souhaité que cette institution spécialisée de l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA), chargée du financement du développement des Etats membres, accompagne le Burkina Faso, dans la réalisation d’infrastructures routières.

«Ce que nous attendons principalement de la BOAD, c’est la construction de routes dans notre pays, parce que les routes sont le moteur du développement, avant même l’éducation et la santé », a dit le Premier ministre, à son interlocuteur, au cours de l’audience qu’il lui a accordée, ce lundi 6 février 2023, en fin de matinée.

Selon le Chef du Gouvernement, même dans la lutte que mène notre pays contre le terrorisme, la réalisation de routes s’avère nécessaire.

« Parfois, nous n’avons pas de routes pour poursuivre les terroristes, alors qu’eux, viennent nous attaquer, à travers les sentiers. Vous devez faire en sorte que notre sous-région décolle, parce que cela fait 50 ans que nous sommes toujours dans la misère. Peut-être que les projets sont mal financés, ou mal exécutés. Dans le monde, l’Afrique noire est la partie la moins développée. Votre institution doit servir de levier, pour que le Noir puisse relever la tête », a-t-il soutenu.

Aux responsables de la BOAD, Me Apollinaire Joachimson Kyelem de Tambela a également suggéré de ne pas mettre les huit pays membres de l’UEMOA, sur le même pied, dans le financement de leurs projets.

Il a cité le cas de la Côte d’Ivoire (pays côtier, producteur de café et de cacao), qui ne doit pas bénéficier des mêmes taux de financement que des pays enclavés comme le Burkina Faso, le Mali, ou le Niger.

A sa sortie d’audience, le président de la BOAD, Serges Ekué, a déclaré avoir fait au Premier ministre, le point de l’actualité de son institution.

Il a également exprimé les condoléances et la solidarité de la Banque au peuple burkinabè, dans cette période difficile que traverse notre pays.

Il a dit avoir évoqué avec le Chef du Gouvernement burkinabè, les sujets de développement qui tiennent à cœur sa banque.

DCRP/Primature

Fabrice Zango s’offre une deuxième médaille d’or en l’espace d’une semaine

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Grâce à ce saut à 17,48 m, Fabrice Zango s’en tire avec la médaille d’or du meeting de l’Eure

Deux médailles d’or en l’espace d’une semaine seulement. C’est ce que vient de réaliser l’athlète burkinabè Hugues Fabrice Zango en s’imposant de fort belle manière ce samedi 4 février 2023 au meeting de l’Eure en France grâce à un saut à 17,48 m.

Grâce à ce saut à 17,48 m, Fabrice Zango s’en tire avec la médaille d’or du meeting de l’Eure

Ce qui lui a valu naturellement la médaille d’or de cette compétition internationale de triple saut.

Pour rappel, le 26 janvier dernier le même Zango faisait parler de lui en décrochant sa première médaille d’or de l’année 2023 en remportant une autre compétition internationale den triple saut à Valence en Espagne.

Comme quoi, cette année 2023 s’annonce sur de bons auspices pour le recordman Burkinabè.

Aziz Nonkane

Burkina Demain

CHAN 2023 : ça passe pour les Lions de la Teranga face aux Fennecs

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Les Lions locaux remportent ainsi leur premier titre continental

Les Lions de la Teranga du Sénégal ont inscrit ce samedi 4 février 2023 à Alger leur nom sur le palmarès du Championnat d’Afrique des Nations (CHAN) en remportant l’édition 2023 de cette compétition internationale de football devant les Fennecs d’Algérie, défaits aux tirs 4-5.

Près d’un an après le sacre des Lions de la Teranga à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN)-c’était le 6 février 2022 à Yaoundé-, le Sénégal s’offre un nouveau trophée continental en football. Les représentants sénégalais à l’édition 2023 du Championnat d’Afrique des Nations (CHAN) ont terminé sur la plus haute marche du podium en se débarrassant aux tirs aux buts des Fennecs d’Algériens coiffés sur le fil 5-4.

Le tir au but raté a coûté le trophée aux Fennecs

Au terme des 120 mn d’explication, aucune sélection n’était parvenue à prendre le meilleur sur l’autre, malgré les occasions de but enregistrées de part et d’autre. Score final : 0-0. Et il a fallu recourir aux buts pour désigner l’équipe gagnante. A ce jeu, ce les Lions de la Teranga qui se sont montrés les plus adroits en réussissant tous les tirs. Bravo à eux et bon courage aux Fennecs qui sont loin d’avoir démérité !

Aziz Nonkané

Burkina Demain

ONEA_ URGENT : Report des travaux de maintenance des ouvrages de production

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Report des travaux de maintenance initialement programmés sur les installations de Ouagadougou au samedi au 11 février 2023

L’Office National de l’Eau et de l’Assainissement (ONEA) informe son aimable clientèle de Ouagadougou, Ziniaré, Loumbila et Pabré que les travaux de maintenance qui devraient être effectués le samedi 4 février 2023 ont été reportés au samedi 11 février 2023.

L’ONEA remercie son aimable clientèle pour la compréhension tout en encourageant chaque ménage à cultiver le réflexe de toujours disposer de réserve d’eau minimales.

L’ONEA à votre service

Situation Nationale : L’appel au sursaut patriotique du RDN 

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Pouswendé Michel Béré, président du Rassemblement pour le développement national

Le Rassemblement pour le développement national (RDN) fait sienne cette citation de Martin Luther King :  «Chaque fois que des hommes et des femmes redressent l’échine, ils peuvent aller où ils veulent, car personne ne peut monter sur votre dos tant que vous vous tenez droits».

Dans cette Déclaration parvenue à notre Rédaction, le président du RDN Pouswendé Michel Béré, appelle le peuple burkinabè à un sursaut patriotique.

Pouswendé Michel Béré, président du Rassemblement pour le développement national

«DECLARATION

REFLEXION EN SOUTIEN A LA TRANSITION POUR UN SURSAUT PATRIOTIQUE VERS UNE SOUVERAINETE EFFECTIVE DE LA NATION ET LA SECURITE DU PAYS

Filles et fils du Burkina,

Burkinabè d’ici et de l’étranger,

Militantes, militants et sympathisants,

Peuple du Burkina Faso.

 

L’heure est venue de nous réveiller du coma où l’impérialisme nous avais plongé. Le néo-colonialisme est révolu et il est temps pour nous de nous arracher à cette domination en vue de nous occuper de nos propres intérêts. Le Burkina appartient aux burkinabè ; il n’est pas la propriété d’autres personnes et nous nous battrons jusqu’au dernier souffle pour défendre cet idéal.

Frères et sœurs,

Comme le disait Martin Luther King :

«Et chaque fois que des hommes et des femmes redressent l’échine, ils peuvent aller où ils veulent, car personne ne peut monter sur votre dos tant que vous vous tenez droits. »

Voilà qui nous exhorte tous à dire à la France :

-que les temps ont changé et que le Burkina défendra désormais ses intérêts ongles et becs tout comme la France l’a toujours fait.

-d’arrêter de s’entêter à vouloir nous imposer son ambassadeur Luc Hallal indésirable sur le sol burkinabè.

-que nous ne voulons plus de ses soldats envahissant et conquérant sur notre territoire.

-de prendre conscience que sa stratégie de lutte contre le terrorisme est un échec lamentable, indigne d’une grande puissance.

Depuis 2013, le terrorisme sévissant au Mali, un pays frère de par notre histoire et notre culture, a gangrené et s’est propagé au Burkina, au Niger etc. ; malgré que ces pays ont un accord d’intervention militaire notamment l’opération Barkhane dirigée par une grande puissance qui est la France, la crise sécuritaire s’est au contraire enfoncé dans ces pays.

Il est clair que la politique française appliquée au Burkina Faso de Thomas SANKARA, et au reste de l’Afrique fait perdre à ces nations leur destin. Heureusement nul ne peut anéantir la volonté d’un peuple décidé à défendre ses intérêts notamment sa souveraineté.

Bien entendu la lutte ne sera pas du tout facile mais nous y arriverons car le Burkina Faso est un pays qui vient de loin de par son histoire et sa culture.

Peuple du Burkina Faso, l’heure n’est pas à l’illusion et notre chère patrie ne mérite pas cette situation actuelle du pays. L’Afrique entière doit se lever pour faire honneur aux pères nationalistes, panafricaniste que sont, je cite : Kwame Nkrumah, Nelson Mandela, Edward W Blyden, etc. qui, grâce à leur résistance héroïque nous ont fait bénéficier l’abolition de l’esclavage, du colonialisme, de l’apartheid et de l’indépendance de nos Etats africains.

C’est pourquoi je lance un vibrant appel patriotique à tout burkinabè, pour une mobilisation nationale dans les différentes régions et localités du pays afin de faire face à cette domination française et à toute domination face à l’intérêt suprême de la nation.

Vive le Burkina Faso !

Vive l’Afrique !

Dieu bénisse le Burkina Faso !

Ouagadougou, le 31 janvier 2023

Le Président

Pouswendé Michel BERE

« Chevalier de l’Ordre d’Etalon»»

Alerte_info_ONEA: Perturbation de la desserte en eau à Ouaga, Ziniaré, Loumbila, Pabré le samedi 04 février 2023. Rétablissement le 05 février 2023. L’ONEA, s’excuse pour les désagréments.

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📣Alerte_info_ONEA: Perturbation de la desserte en eau à Ouaga, Ziniaré, Loumbila, Pabré le samedi 04 février 2023. Rétablissement le 05 février 2023. Faire des réserves d’eau. L’ONEA, s’excuse pour les désagréments.

Perturbation de la desserte à Ouagadougou, Ziniaré, Loumbila et Pabré

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L’Office National de l’Eau et de l’Assainissement (ONEA) informe son aimable clientèle de Ouagadougou, Ziniaré, Loumbila et Pabré qu’en raison de travaux importants de maintenance des ouvrages de production, la fourniture d’eau potable connaîtra des perturbations le samedi 04 février 2023. Cette intervention nécessite un arrêt total des installations. Communiqué.

«TRAVAUX DE MAINTENANCE DES OUVRAGES DE PRODUCTION

Perturbation de la desserte à Ouagadougou, Ziniaré, Loumbila et Pabré

L’Office National de l’Eau et de l’Assainissement (ONEA) informe son aimable clientèle de Ouagadougou, Ziniaré, Loumbila et Pabré qu’en raison de travaux importants de maintenance des ouvrages de production, la fourniture d’eau potable connaîtra des perturbations le samedi 04 février 2023. Cette intervention nécessite un arrêt total des installations.

L’ONEA vous invite à faire des réserves d’eau pour vos besoins en attendant le rétablissement de la situation le dimanche 05 février 2023.

L’ONEA s’excuse pour les désagréments occasionnés et remercie son aimable clientèle pour la compréhension.

L’ONEA à votre service.

 

Département Communication

220, Avenue de l’ONEA, Pissy

Centre d’appels ONEA VENEGRE : 80 00 11 11 »

Développement des infrastructures en Afrique : Le 2e Sommet sur le financement s’ouvre ce 2 février à Dakar  

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C’est un évènement important destiné à faciliter la mise en œuvre efficace de la deuxième phase du Programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA) qui se tient du 1er au 3 février 2023 dans la capitale sénégalaise.

Il s’agit du deuxième Sommet de Dakar sur le financement du développement des infrastructures en Afrique. Et c’est le président sénégalais Macky Sal, himself, président en exercice de l’Union africaine, qui va présider l’ouverture de ce sommet prévue pour ce jeudi 2 février 2023 à la salle de conférences internationales Abdou Diouf.

Plusieurs thématiques au programme

Au menu du programme deuxième Sommet de Dakar sur le financement du développement des infrastructures en Afrique, plusieurs thématiques dont les plus importantes sont :

-Tendance en matière de financement des infrastructures

-Structuration de solutions durables pour le financement de la souveraineté énergétique de l’Afrique : Plan directeur du système énergétique continental (CMP) et Marché unique africain de l’énergie (AfSEM) ;

-Création des solutions de financement nationales et régionales pour les investissements dans la transformation numérique de l’Afrique ;

-Infrastructure verte et résiliente au climat ;

-Structurer les mécanismes de financement pour le développement des corridors économiques afin d’accélérer la mise en œuvre de la ZLECAf et l’industrialisation inclusive du continent.

Grégoire B. Bazié

Burkina Demain

Liberté de la presse : La sonnette d’alarme des OPM sur les graves menaces

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Ceci est un éditorial des Organisations professionnelles des médias (OPM) du Burkina Faso par rapport à la situation actuelle de la liberté de presse dans le pays.  «Au regard de la gravité de cette situation, il est apparu impératif aux acteurs des médias que nous sommes, de tirer la sonnette d’alarme et d’interpeller les autorités de la Transition, à commencer par le Chef de l’Etat, son Premier ministre et son gouvernement ainsi que le pouvoir législatif de Transition, sur les graves risques d’atteintes à la liberté de la presse et surtout à la sécurité des hommes et femmes de médias dans notre pays».

«ÉDITORIAL DES ORGANISATIONS PROFESSIONNELLES DES MÉDIAS DU BURKINA FASO  

Non, les médias burkinabè ne sont pas la « Radio mille collines»

Le 23 janvier 2023, la Direction de la communication et des relations publique de la primature, a publié sur la page Facebook de l’institution, le compte rendu d’une audience que le maître des lieux, Apollinaire Kyelem de Tambéla, a accordée au Président du Conseil supérieur de la communication (CSC), accompagné des membres du collège des conseillers. De ce compte rendu, il ressort des propos attribués au Premier ministre et qui suscitent des inquiétudes et incompréhensions des acteurs et organisations professionnelles des médias que nous sommes. En effet, on peut y lire ceci: « On ne construit rien sans la discipline. Il est plus que nécessaire de recadrer la communication au niveau des médias pour éviter la pagaille. L’on se rappelle toujours de la Radio Mille Collines au Rwanda qui a joué un rôle déterminant dans le génocide dans ce pays. Ce n’est pas parce que l’on est sur un plateau de télévision ou dans un studio avec un micro que l’on doit se croire tout permis ».

Cette sortie du Premier ministre intervient après une série d’actes dénoncés par les organisations professionnelles des médias, visant notamment au musèlement de la presse depuis le retour des pouvoirs militaires le 24 janvier 2022. Ces propos attribués au Premier ministre interviennent également au moment où des individus se revendiquant comme des soutiens du président de la Transition, le Capitaine Ibrahim Traoré, appellent au meurtre de journalistes et à des attaques contre des organes de presse. Elle intervient surtout dans un contexte où des groupuscules en voie de radicalisation, multiplient des actes de défiance de la République et de remise en cause progressive des fondements historiques, sociologiques et républicaines, qui ont jusque-là maintenu l’édifice Burkina débout, et ce malgré les vagues répétitives de tourbillons qui menacent de l’emporter.

A en croire le compte rendu qui a été fait de cette rencontre, le Premier ministre insinue qu’il y a de la pagaille dans les médias et fait une allusion dangereuse à la Radio mille collines du Rwanda, invitant de ce fait, le CSC à y mettre de l’ordre.

Cette démarche est évidemment contraire à l’esprit d’indépendance du CSC qui ne doit recevoir d’injonction ni du gouvernement ni d’aucune autre structure ou pouvoir, dans sa mission de régulation.

Cette sortie du Premier ministre jette en pâture nos médias, surtout dans un contexte national où émergent « des patriotes de la 25ème heure », disons, des adeptes de la pensée unique, qui n’hésitent pas à traiter tous ceux qui n’épousent pas leur conception et leur « nouvel ordre » politico-religieux et sociétal, « d’apatrides ou d’ennemis de la Transition qu’il faut, soit éliminer physiquement, soit expatrier ou encore jeter en prison ».

Ces ‘’inquisiteurs’’ des temps modernes s’arrogent même le droit et le pouvoir de choisir les « bons journalistes », les « médias patriotes » et les « médias suppôts de la France à fermer ». D’autres vont plus loin, en traitant les organisations professionnelles des médias de « groupes terroristes », « à décoloniser».

Notre Premier ministre, sans peut-être le savoir, apporte ainsi de l’eau au moulin de ces nouveaux « révolutionnaires », se croyant sortis de la cuisse de Jupiter et qui se sont investis de la mission messianique de libérer le Burkina « des intellectuels apatrides et chiens de la France ». Il donne à ces « supers citoyens » qui, au nom de leur liberté d’expression, s’arrogent tous les droits, y compris celui de choisir ceux qui méritent de vivre ou non, des raisons supplémentaires de poursuivre dans leurs errements.

Jusque-là, et face à nos dénonciations, le gouvernement s’est contenté de timides communiqués, dénonçant du bout des lèvres ces menaces qui pèsent sur la liberté de la presse, sur les droits humains et sur la sécurité des professionnels des médias ainsi que des organes et des entreprises de presse. Mais cette sortie de celui qui jusqu’à une date récente, écumait nos plateaux de télévision, nous donne des raisons supplémentaires de nous inquiéter.

Au regard de la gravité de cette situation, il est apparu impératif aux acteurs des médias que nous sommes, de tirer la sonnette d’alarme et d’interpeller les autorités de la Transition, à commencer par le Chef de l’Etat, son Premier ministre et son gouvernement ainsi que le pouvoir législatif de Transition, sur les graves risques d’atteintes à la liberté de la presse et surtout à la sécurité des hommes et femmes de médias dans notre pays.

La lutte contre le terrorisme ne saurait aucunement être un prétexte pour mettre la presse indépendante sous coupe réglée. D’autant plus que depuis le début de cette guerre injuste imposée au Burkina Faso et à d’autres pays de la sous-région, les médias burkinabè assument globalement leur responsabilité sociale, en se positionnant à des niveaux divers, comme des artisans de la construction de la paix, de la formation d’opinions publiques soucieuses de la préservation du climat et de la cohésion sociale et de communion entre les communautés.

Conscients de cette responsabilité sociale, les médias burkinabè, à travers des éditoriaux et divers contenus, participent au désarmement psychologique et sociologique, à la promotion d’un vivre-ensemble apaisé partout sur le territoire national. Malgré la modestie de leurs moyens, nos médias travaillent avec rigueur et professionnalisme à dénoncer la mauvaise gouvernance et à constituer des relais de l’action de nos gouvernants ainsi que des porte-voix de notre peuple.

Les médias burkinabè n’ont jamais été et ne seront jamais un obstacle à la lutte contre le terrorisme. Chaque fois que le pays les appelle, ils ont toujours répondu présents avec honneur et dévouement. Loin de nous toute prétention de dire que tout est parfait ! Mais les fautes ou les manquements (avérés ou ressentis comme tels) de quelques acteurs ne doivent pas autoriser nos autorités à jeter tous les médias et leurs acteurs à la vindicte populaire.

Dans cette guerre, tout le monde sait où se trouvent les responsabilités réelles du drame que vivent les Burkinabè. Et ce n’est certainement pas au niveau des médias qu’il faudrait les rechercher. Il faut surtout éviter de faire des médias les boucs émissaires dans cette tragédie que vit le pays. Nous croyons plutôt que nous sommes une partie de la solution, et nous voyons notre responsabilité et notre engagement comme tels.

Les acteurs des médias voudraient, par cet éditorial commun, réaffirmer leur soutien sans faille aux Forces de défense et de sécurité (FDS), aux volontaires pour la défense de la patrie (VDP), aux autorités de la Transition et à tous les Burkinabè engagés d’une manière ou d’une autre dans ce combat pour la restauration de la dignité du peuple burkinabè et de l’intégrité du territoire national. Ils saluent les contributions des partenaires du Burkina Faso qui apportent leur soutien sincère à notre peuple dans ces moments de grande incertitude.

Les acteurs des médias tiennent à réaffirmer leur attachement au professionnalisme et à l’indépendance comme sève nourricière de notre métier.

C’est pourquoi, nous élevons à travers ces lignes de vives protestations contre cette escalade dangereuse à laquelle nous sommes de plus en plus exposés.  Il y a assurément urgence à bâtir ensemble l’unité nationale autour du défi majeur du moment, celui de préserver l’Etat de droit et du vivre-ensemble démocratique, garantissant et protégeant les libertés face aux dérives, d’où qu’elles viennent.

Les acteurs des médias lancent un appel au gouvernement afin qu’il crée les conditions permettant aux médias professionnels de continuer à assurer le rôle de service public d’information sans toutefois compromettre les actions des forces de défense et de sécurité ni violer les principes éthiques et déontologiques des métiers de l’information.

Ils appellent les autorités à se ressaisir et à se concentrer sur l’essentiel des missions de la Transition contenues dans la charte qui leur confère la légitimité ou la légalité de diriger ce pays.

Ils les tiendront pour responsables de toutes atteintes à l’intégrité physique des professionnels des médias et à la sécurité des locaux des entreprises de presse ainsi que les domiciles et autres propriétés privés des acteurs médiatiques.

Ils prennent enfin l’opinion nationale et internationale à témoin sur les graves menaces qui pèsent sur la presse au Burkina Faso et sur la nécessité de ne pas briser ce rempart si cher à la démocratie et à l’Etat de droit.

Pour une presse professionnelle, libre et responsable au service de la cohésion sociale, de la paix, du développement, maintenons le cap et restons débout et fidèles à notre sacerdoce d’informer vrai, juste et utile, de former et d’éduquer !

Les Organisations professionnelles des médias du Burkina Faso»