Avec la présence d'éminents acteurs, la journée a été particulièrement riche en réflexions sur la problématique de la gestion des eaux usées et excrétas dans nos communes

Eau Vive Internationale a organisé le 20 Mars 2017 en prélude de la 25e Journée mondiale de l’eau (JME) prévue le 22 mars 2017, un panel à Boromo autour de la thématique «Rôle des communes dans la gestion des eaux usées et excrétas».

Avec la présence d'éminents acteurs, la journée a été particulièrement riche en réflexions sur la problématique de la gestion des eaux usées et excrétas dans nos communes
Avec la présence d’éminents acteurs, la journée a été particulièrement riche en réflexions sur la problématique de la gestion des eaux usées et excrétas dans nos communes

Boromo, 20 mars 2017 : premier jour d’activités consacré au panel sur la thématique « Rôle des communes dans la gestion des eaux usées et excrétas ». Ce choix n’est pas anodin, puisqu’Eau Vive Internationale est, depuis plusieurs années, dans une synergie d’action avec les communes dans lesquelles elle intervient.

Le coup d’envoi des activités a été donné en présence de Ouo Bibata Bamouni/Traoré, haut-commissaire de la province des Balés, de M. le maire de la commune de Boromo, des représentants de IRC, de WaterAid, de l’ONEA, de la Direction régionale de l’eau et de l’Assainissement, des maires et représentants de plus d’une vingtaine de communes du Burkina Faso et d’une délégation venue de Eau Vive Tchad.

Suite aux mots de bienvenue de la haut-commissaire Traoré et du maire de Boromo, trois panélistes bien aguerris des questions d’eau et d’assainissement ont chacun fait une communication de 10 minutes, sur une thématique en adéquation avec celle retenue au plan Mondial « Eaux usées », sous la modération du directeur Pays de WaiterAid, Halidou Koanda.

Mariam Sou de 2IE Burkina, au cours de son exposé
Mariam Sou de 2IE Burkina, au cours de son exposé

«La problématique de la valorisation des Eaux usées»

Mariam Sou, enseignante à 2IE Burkina, a exposé sur la problématique de la valorisation des Eaux usées. Elle a démontré que la pollution des eaux provient des eaux industrielles, domestiques et agricoles, et par la suite cerné les enjeux et les problématiques qui en découlent.

Ceux-ci se trouvent principalement dans l’évacuation des eaux usées qui sont en grande majorité déversées dans la nature.

Elle a par ailleurs souligné le lien entre l’eau et la sécurité alimentaire des populations et parlé du stress hydrique qui est la situation où chaque personne ne dispose pas d’au moins 1700m3 d’eau par an. De fait, des techniques ont été mises en place pour le traitement et la valorisation des eaux usées. Il s’agit de système autonome de filtrage d’eau grise utilisé en milieu rural et surtout l’adoption d’un cadre législatif impliquant tous les ministères et donnant l’opportunité aux communes pour une autre vision de l’assainissement.

« 2O16, 33 413 062 m3 d’eaux usées produites à Ouagadougou. »

«Eaux usées et villes»

Hortense Damiba de la Direction l’assainissement de l’ONEA lie la problématique de la gestion des eaux usées dans les villes à un manque d’ouvrages d’évacuation des eaux usées des ménages et des lieux publics qui conduit à l’évacuation dans les rues.

A ce sujet, elle affirme que « plus d’une trentaine de m3 d’eaux usées est rejetée dans la nature dans la seule ville de Ouagadougou ».

S’il est vrai que l’ONEA, à travers son Plan stratégie d’assainissement dans l’esprit  du Code général des Collectivités territoriales (CGCT), contribue à responsabiliser les communes dans la gestion de l’assainissement, beaucoup reste à faire.

Elle propose alors que les ménages soient équipés d’ouvrages d’assainissement adaptés et de mettre l’accent sur le changement de comportement des individus et groupes, d’appliquer les règles d’assainissement et de renforcer les capacités des agents communaux. Enfin, l’implication des leaders devra permettre de réduire les maladies liées à l’insalubrité, qui cause plus de 100 000 décès par an au Burkina Faso.

« Eaux usées, excrétas, environnement et citoyenneté»

Le dernier Communicateur, Zakari Bouraima, directeur Pays de Eau Vive Burkina a, quant à lui, parlé de la corrélation  entre « Eaux usées, excrétas, environnement et citoyenneté ». Pour lui, dans les pays à faible revenu comme le Burkina Faso ou à revenu intermédiaire, chaque année, plus de 840 000 personnes par an meurent par manque d’eau, d’assainissement et d’hygiène, soit 58% du total des décès par diarrhée. La cause principale réside dans les mauvaises conditions d’assainissement. Il ajoute qu’un des impacts environnementaux des eaux usées au Burkina est principalement issu de l’activité minière, notamment l’extraction artisanale de l’or. Les populations ajoutent de la saleté à la saleté comme une forme de défiance et d’instrumentalisation des déchets face à des municipalités en manque de ressources financières et humaines pour faire face à leur mission.

Suite à ces différentes communications, place a été faite aux échanges avec quatre panélistes : Hilaire Dongobada(IRC), André Patindé Nonguierma (Direction générale de l’assainissement), Fidèle Hien (Cabinet EME) et Ambasda Sandwidi (maire de Tensobentenga).

Pour André Nonguierma, on peut parler d’assainissement si un ménage dispose d’un bac à laver, d’un WC, d’une toilette et d’un bac à ordure.

Le maire de Tensobentenga, a, pour sa part, dépeint la dure réalité des communes qui, pour la plupart, n’arrivent pas à faire respecter les règles d’assainissement au sein des communautés, et qui sont en manque de ressources aussi bien financières que matérielles.

Mais qu’à cela ne tienne ! Durant les échanges, Mme la Haut-Commissaire a insisté sur le pouvoir dont dispose la commune pour faire respecter les règles d’assainissement. Tout n’est pas que coercitif ! « Vous pouvez faire respecter les règles d’assainissement à travers une communication en insistant sur le comportement à avoir » dit à son tour le modérateur Halidou Koanda.

Les échanges avec les participants ont permis d’enrichir la réflexion en montrant toute la richesse de la thématique abordée.

Dans la soirée, une projection cinématographique sur les réalisations de feu Hama Arba Diallo en matière d’eau et d’assainissement dans la ville de Dori, et des témoignages ont permis de mieux connaitre le charisme et le dévouement de ce leader pour l’approvisionnement en eau potable et un meilleur assainissement de sa commune.

Correspondance particulière de Gisèle Benjamine Minougou

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