Ces ex-combattants réclament à l'Etat ivoirien leur part du gâteau

Après les mutins qui ont obtenu gain de cause, c’est le tour des ex-rebelles démobilisés de tenter un autre bras-de-fer avec les autorités ivoiriennes dans l’espoir d’avoir leur part du gâteau. Mais, les choses ne se passent pas sans heurts. Refusant les propositions de projets de réinsertion sociale, ces démobilisés avaient pris lundi le contrôle de axes routiers à Bouaké et Korhogo avaient de faire face ce mardi à une réaction violente  de la police.

L’on dénombre plusieurs morts suite à l’assaut de la police : quatre morts et une dizaine de blessés, selon des sources hospitalières

Hier lundi, ils avaient pris le contrôle du corridor sud de la ville pour obliger les autorités ivoiriennes à leurs accorder les mêmes avantages que les mutins, c’est-à-dire 12 millions de francs CFA à chacun, voire plus (18 millions, selon certaines sources)  des 6877 ex-combattants démobilisés. Ils exigent également  leur intégration dans les corps militaires et para-militaires ainsi que dans les administrations publiques. Les mutins avaient utilisé la même  méthode de contrôle des axes routiers pour obtenir le paiement du  restant de leurs primes (7 millions de francs CFA).

Malheureusement pour les démobilisés de Bouaké, puisque c’est d’eux qu’il est question, les choses ne se passent pas sans heurts. Ce mardi matin des policiers en charge du rétablissement de l’ordre ont violemment pris d’assaut leurs positions. Un premier bilan ferait état de 3 morts et 3 blessés.

Cette réaction violente des policiers avec apparemment usage d’armes suffira-t-elle à dissuader les démobilisés de leur épreuve de bras-de-fer engagée avec le pouvoir ivoirien pour obtenir leur part du gâteau ? Rien n’est moins sûr. Mais, en tout état de cause, les différents protagonistes de cette nouvelle crise devraient pour l’intérêt supérieur de leur pays, privilégier le dialogue, la concertation. La Côte d’Ivoire ne peut se permettre de continuer dans cette voie de crises à répétition qui nuit gravement à la paix, au développement et à l’image du pays. Bien sûr, pour qu’un tel dialogue puisse prospérer avec ces démobilisés, il est nécessaire que les représentants de l’Etat de Côte d’Ivoire fassent preuve de bonne foi et les ex-rebelles démobilisés fassent de leurs côtés, un peu  preuve de patience.

Mathias Lompo

Burkina Demain

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