Il est des rencontres qui ne relèvent point du professionnalisme, ni de la scène internationale, mais d’un dessein plus haut, où l’art devient passage d’âme à âme. Tel fut, maintes fois, en qualité d’artiste, le privilège qui m’échut auprès de Gabriel Kinsa. Par Yé Lassina Coulibaly.

Lors des tournées des Jeunesses Musicales de France, je l’appelai à mes côtés, conteur au verbe limpide, pour illuminer ma création Contes enchantés d’Afrique. Sur d’autres scènes encore — privées ou institutionnelles —, ses paroles se firent source, son souffle se fit mémoire, et chaque récit ouvrait des horizons que la simple érudition ne saurait atteindre.
Car en lui se conjuguent la connaissance des civilisations africaines, la rigueur du poète et l’incandescence du comédien. Ses prestations ne sont point de simples spectacles : elles élèvent, éveillent et rappellent à chacun la noblesse du patrimoine commun.
Ainsi, en ma qualité d’auteur-compositeur et de directeur artistique de l’Ensemble Yan Kadi Faso, je tiens à offrir cet hommage. Non point par flatterie, mais par valeur profonde : honorer en lui la fidélité à l’art, la dignité de l’homme et la grandeur d’âme qui, comme l’enseignaient les sages d’autrefois, seule donne sens à la beauté.
Ô vous, qui cherchez dans les bibliothèques l’éclat des civilisations, prêtez l’oreille au nom de Gabriel Kinsa, penseur de la terre rouge, enfant du village devenu héraut du continent ! Car dès son berceau, il sut écouter : écouter la voix tendre de sa mère, la parole ferme de son père, le rire de ses frères et sœurs, les récits de son village, et, au-delà, le chœur puissant de sa nation. De cette écoute, il fit un art, et de cet art, une science : la science de vivre « africaine ment » pour le bien-être universel de l’homme.
Très tôt initié à la civilisation africaine, il en devint le messager infatigable. Il comprit que les valeurs — solidarité, coopération, pardon, respect des anciens, amour partagé — ne sont pas de simples coutumes, mais des forces invisibles, capables d’ériger des empires et d’éclairer l’avenir. Ainsi, dans ses écrits, dans ses conférences, dans ses voyages aux tribunes nationales et internationales, il fit résonner la voix de l’Afrique, non comme un écho lointain, mais comme une parole vive et souveraine.
Mais l’homme n’est point seulement penseur, il est bâtisseur : il rêve et fonde des écoles, il projette des infrastructures, non pour imiter l’étranger, mais pour transmettre à la jeunesse africaine la quintessence des savoirs ancestraux. Là où d’autres élèvent des murs, lui élève des consciences. Là où d’autres amassent des pierres, lui recueille les proverbes et les tisse dans la mémoire collective.
Et toujours, à l’écoute des dignitaires, des chefs coutumiers, des gardiens de tradition, il honore les cérémonies annuelles, il siège aux grandes palabres, et recueille comme un fleuve les enseignements de vie destinés au groupe, au village, à la communauté. Car il sait — et tout le peuple africain le sait — que l’Afrique est aussi vieille que le monde, et qu’elle contient, comme une bibliothèque infinie, des trésors de connaissance que nul pillage ne saurait épuiser.
Dans cet empire de valeurs, la femme garde sa place sacrée, égale en dignité, source et gardienne de la vie. L’homme y tient son rôle honorable, protecteur et bâtisseur. Ensemble, ils incarnent la complémentarité, non la rivalité. La famille devient ainsi l’école première : entraide, solidarité, coopération y sont enseignées non par des discours, mais par les gestes quotidiens — partager l’eau, cultiver la terre, danser la joie, guérir les blessures.
Telle est la force du message de Gabriel Kinsa : rappeler à l’Afrique qu’elle n’est point seulement dépositaire d’un passé, mais actrice d’un présent et éclaireuse d’un avenir. Que ses valeurs ne sont pas poussière, mais lumière. Qu’en chaque enfant africain sommeille un héritier et un inventeur, à condition qu’il soit relié à la sagesse des anciens comme à l’audace du monde moderne.
Et nous, spectateurs de cette scène universelle, entendons-le nous dire : L’Afrique n’est point un chapitre clos, mais un livre vivant. Elle n’est point un vestige, mais une promesse. Et dans l’alliance du savoir ancien et de la jeunesse nouvelle, dans l’amitié du village et la solidarité du peuple, naît l’espérance d’un monde où l’homme, qu’il soit noir, blanc ou métissé, marche enfin vers sa dignité universelle»
Ô Afrique, matrice de songes et de savoirs, où les femmes, mères de l’aube, sont les premières bibliothèques vivantes ! Dans leur bouche se tissent les proverbes, ces diamants polis par mille saisons ; dans leurs mains patientes naissent les contes, où les animaux parlent, où les arbres écoutent, où les esprits se penchent sur les destinées humaines. Elles sont l’argile et le souffle : elles engendrent la chair et instruisent l’âme.
Car l’imaginaire africain n’est point chimère vaine : il est pédagogie sublime. Le conte ne distrait pas seulement, il enseigne ; la métaphore ne voile pas, elle révèle. Quand l’araignée rusée défie l’éléphant puissant, ce n’est pas fable frivole : c’est le miroir de l’intelligence qui surpasse la brute force. Quand le lion sommeille dans la savane, l’enfant apprend que la puissance véritable sait se vêtir de silence.
Et dans ce théâtre du monde, le cerveau africain resplendit. Non point cerveau isolé dans la cage d’ivoire, mais cerveau collectif, cerveau cosmique, où chaque mémoire individuelle devient neurone du grand village. Ainsi le message circule : de la bouche du sage à l’oreille de l’enfant, des mains du forgeron aux pieds du danseur, des tambours de la nuit jusqu’aux palabres du jour.
Même le couscous, humble mets partagé, s’inscrit dans cette cosmogonie : chaque grain, minuscule et fragile, n’est rien seul ; mais rassemblé dans la calebasse, il nourrit des familles entières. Ainsi en est-il de l’homme africain : fragment dérisoire s’il se coupe du cercle, force nourricière s’il s’unit au groupe.
Quant à l’enfant, depuis la nuit des temps, il est sacré. Ses droits ne s’écrivent point seulement sur le parchemin moderne, mais dans les gestes immémoriaux : droit d’être porté sur le dos de la mère, droit d’entendre les proverbes au clair de lune, droit de danser avant même de savoir marcher, droit de questionner les anciens sans craindre le courroux. L’enfant est roi non par la couronne, mais parce qu’il incarne demain, et demain n’a pas de prix.
Et la famille, qu’est-elle au village ? Elle est bien plus qu’un sang partagé : elle est une architecture spirituelle. Oncles, tantes, voisins et aïeux forment la grande maison sans murs, où chacun est frère, où chaque sœur est mère, où chaque enfant appartient à tous. Là se tisse l’empire de la connaissance, empire sans armées, mais aux armes invisibles : la bouche qui transmet, la main qui façonne, le pied qui trace les chemins de la danse et du labeur.
Ainsi se dresse l’Afrique, sublime et puissante, non pas vestige d’hier mais promesse d’aujourd’hui : un continent où la sagesse se boit comme l’eau fraîche, où les valeurs ne meurent pas mais renaissent, et où l’individu, par la magie du cercle, s’élève à l’universel.
Au sein de la vaste et généreuse matrice africaine, où la sagesse des anciens s’unit au frémissement des aubes nouvelles, l’individu n’est point un astre isolé, mais une étincelle qui ne brille qu’au miroir du cercle et du groupe. Car, en Afrique, le savoir ne s’érige point sur la vaine tour de l’orgueil solitaire : il circule, comme une sève, de génération en génération, enrobé d’histoires, de proverbes et de rites, qui confèrent à l’homme non seulement la science, mais dignité et existence.
Le cercle, figure sacrée et immuable, est la première école, le premier sanctuaire : on y enseigne que le centre n’existe que par la périphérie, et la périphérie que par le centre. Le groupe, pareil à une grande respiration, accueille l’enfant, l’élève, l’adulte, et lui rappelle sans cesse que la force de l’un n’est rien sans la force de l’ensemble. Ainsi, le travail prend racine dans la coopération, la santé dans l’entraide, l’éducation dans la transmission patiente et respectueuse des anciens aux plus jeunes.
Là réside la majesté de la civilisation africaine : savoir et être ne se se dissocient point. La connaissance n’est pas simple collection de faits, mais art de vivre, art de soigner, art de bâtir et d’aimer. Elle se vêt des valeurs inhérentes qui, de siècle en siècle, sculptent la mémoire et la vigueur des peuples. La solidarité, la justice, la réciprocité et la quête d’équilibre ne sont pas des points accessoires ; elles sont l’ossature invisible qui fait tenir l’homme debout, fier et serein, face aux épreuves du temps.
De ce mariage sacré entre l’individu et le groupe, naît un bien-être profond, où chacun trouve place et honneur. L’homme, soutenu par ses pairs, s’élève au-dessus de ses propres limites. La femme, porteuse de vie et de sagesse, relève les mondes et enseigne la constance. Les enfants, témoins de demain, s’abreuvent à cette source et deviennent les gardiens d’un patrimoine que nul vent ne saurait disperser.
Voilà donc, dans la ronde éternelle du cercle africain, la puissance du savoir : une force qui ne détruit point, mais qui élève ; un feu qui ne consomme point, mais qui éclaire. Ici, le développement personnel ne se pense point comme isolement, mais comme croissance partagée. L’homme y devient grand non pas en se séparant de ses semblables, mais en s’unissant à eux, en travaillant pour la santé commune, en s’instruisant pour l’élévation de tous.
C’est en cela que réside la gloire, la majesté et la promesse de l’Afrique : un continent où la science se fait fraternelle, où l’éducation devient libération, où l’individu trouve sa vérité non dans la solitude de l’ego, mais dans l’harmonie du cercle et la magnificence du groupe.
Dans la forêt profonde, là où le souffle des ancêtres se mêle au bruissement des feuilles, la parole sacrée s’élève comme un chant de vie et de mort. Le Congo, nation façonnée par mille peuples, garde en son sein le secret d’un pacte immémorial : celui qui unit la science des hommes à la sagesse des traditions.
Là, l’arbre n’est pas seulement un bois, mais un livre ; ses racines plongent dans la mémoire des disparus, et ses branches accueillent les esprits des vivants. Le droit de l’homme, avant d’être écrit sur des parchemins étrangers, fut gravé dans le cercle du feu, transmis par la voix grave des anciens. La justice ne se proclamait pas, elle se respirait ; elle naissait du regard du sage, de la main tendue, de la sanction équilibrée.
Les sociétés secrètes, gardiennes du Verbe, n’avaient rien d’occulte : elles protégeaient la parole comme un fleuve qu’il ne faut ni tarir ni détourner. Gabriel Kinsa, en maître des chants et des symboles, rappelle que l’enseignement n’est pas un savoir mort, mais une sève : elle irrigue, elle nourrit, elle éclaire. Dans cette école du mystère, l’homme apprend que nul n’est seul, car le défunt veille sur le vivant, et le vivant prépare la voie du défunt.
Ainsi, la science moderne, orgueilleuse de ses chiffres, se penche devant la science première : celle qui ne compte pas, mais qui relie. Celle qui fait du mot une arme, du silence un rempart, de la mémoire un socle.
Ô Congo ! Forêt, matrice des voix mêlées, tes enfants portent encore la torche sacrée : qu’ils sachent que l’homme qui oublie ses ancêtres devient plus pauvre que l’homme sans toit. Et que la parole, quand elle est juste et brûlante, vaut plus qu’une bibliothèque de lois.
Car l’enseignement véritable n’est pas d’accumuler, mais de se souvenir ; n’est pas de dominer, mais de transmettre. La vie, dans son mystère, n’est qu’une longue initiation où la tradition dialogue avec l’avenir.
Au cœur de la forêt sacrée, du Congo au Burkina Faso, du Mali à la Côte d’Ivoire, du Bénin au Togo et au Nigéria, l’expression humaine s’élève et se révèle comme un art vivant. Ici, le temps n’est pas pressé : les grands-mères, les aînés, les pères et les grands-pères savent que chaque geste, chaque souffle, chaque note a sa place. Ils enseignent avec patience, comme des gardiens de la mémoire, et transmettent aux jeunes générations les valeurs qui font la force et la beauté de l’Afrique.
La jeunesse africaine apprend que chaque rituel, chaque danse, chaque chant, chaque geste sculpté ou peint est une science appliquée au service du peuple et du monde. L’art n’est pas un luxe : il est cœur, souffle et regard sur l’existence. La nuit et le jour deviennent pages d’un même livre, et l’espace public devient scène et salle de classe, symbole vivant des alliances inter générationnelles.
Au croisement des civilisations, l’Afrique se révèle laboratoire du savoir universel. Elle inscrit son héritage, ses rituels et ses pratiques artistiques dans la mémoire de l’Humanité, rappelant que la beauté et la sagesse ne connaissent ni frontière, ni âge. Chaque peinture, chaque danse, chaque conte, chaque tambour transmet l’écho des ancêtres et prépare le futur : une école vivante, un musée de gestes, un laboratoire de l’âme humaine.
Ainsi, l’expression artistique en Afrique profonde n’est pas seulement culture : elle est science, elle est vie, elle est alliance, et elle élève l’homme au-dessus du temps, tout en le reliant à l’éternité.
Ô vous qui écoutez, qui marchez dans le monde sans voir parfois les fils qui le lient, sachez que l’Afrique ne parle pas seulement par ses mots : elle respire dans ses tambours, chante dans ses flûtes, danse dans ses gestes, et s’épanouit dans chaque souffle du vent qui traverse ses savanes et ses cités.
Depuis la naissance jusqu’au dernier souffle, l’homme porte en lui ce patrimoine invisible, ce savoir que seuls les initiés connaissent vraiment. La parole sacrée circule, et même sans que l’on sache, elle nourrit le cœur, éclaire l’esprit et équilibre le corps. Les instruments vibrent, les pas résonnent, les mains accompagnent les mouvements, et chaque cercle, chaque danse, chaque geste fait tourner l’univers entier.
Dans les festivals, sur les scènes, dans les lieux de programmation culturelle, dans les conférences et rencontres interculturelles, la culture africaine se fait pont : elle relie les peuples du monde, elle transmet l’histoire et le savoir de générations invisibles, elle fait naître l’émerveillement et la conscience de l’homme. Le théâtre, la danse, la musique et le conte deviennent alors science de l’âme, instrument de mémoire et de beauté.
Ô vous, enfants du monde, sachez que tout ceci vous appartient autant qu’aux villages d’Afrique, que le tambour et la flûte, le geste et le chant, parlent à chacun de vous dès votre premier souffle. Car ce patrimoine, ce trésor de sagesse et de beauté, est un souffle vivant, un cercle éternel, un univers en mouvement qui façonne l’homme et l’humanité.
Et Gabriel Kinsa, maître de la parole, veille sur ce trésor : il le transmet, l’incarne, le partage avec la puissance des gestes, la force des mots et la grâce de la danse, sur toutes les scènes du monde. Ainsi, l’Afrique contemporaine, moderne et éternelle, devient le théâtre du vivant, un poème en mouvement, un souffle sacré qui unit le passé, le présent et le futur.
Au cœur de la terre africaine, là où la lumière du jour caresse les savanes et les montagnes, résonnent des signes anciens, gravés dans la pierre et peints dans les grottes — témoins d’une civilisation scientifique, artistique et humaine, née avant même l’écriture. La cosmogonie africaine éclaire le monde de l’enseignement et de la formation, elle fonde le respect de l’art, de la culture et du travail sous toutes ses formes.
Le berger, l’artisan, le forgeron, le pêcheur, le semeur et le bâtisseur : chacun, par son métier, participe à cette grande symphonie de savoirs. Tous sont portés par la science de l’art africaine, qui élève le geste quotidien en œuvre et le geste créatif en sagesse. Chaque travail devient hymne à la vie, chaque métier une contribution au patrimoine de l’humanité.
Au centre de cette lumière, Gabriel Kinsa se tient comme écrivain, maître de la parole et passeur de connaissance. Il partage, enseigne et forme toutes les générations, sur la scène nationale comme sur la scène internationale. Sa parole éclaire la culture africaine, révèle la richesse des savoirs et fait dialoguer les traditions avec le monde contemporain.
Ainsi, l’Afrique n’est pas seulement un continent de mémoire : elle est laboratoire vivant de l’art et de la science, lieu où chaque souffle, chaque geste, chaque couleur porte la promesse d’un avenir éclairé, nourri par la sagesse des ancêtres et la créativité des vivants.
Au cœur de la vie africaine, dans la pulsation ancestrale de Guinée Conakry, de Gambie, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso, du Mali, du Niger, du Togo et du Bénin, résonne une mémoire qui traverse les âges. Depuis la nuit des temps, les galaxies et les astres, témoins silencieux de la genèse, ont versé sur l’Afrique une connaissance immense, faisant de ce continent la première université de l’humanité — une université sans murs, sans frontières, où l’homme apprend à être homme, au contact de la Terre, de l’Eau, du Ciel et du Feu.
C’est dans cette matrice que surgit Gabriel Kinsa, maître de la parole, héritier des chants millénaires et penseur du temps. En portant le bâton du pèlerin, il fait le tour du monde non comme voyageur ordinaire, mais comme messager d’une vérité : l’Afrique n’est pas périphérie, elle est source. Source de l’histoire, source des cultures, source de l’esprit qui a façonné l’homme depuis Lucie en Éthiopie, berceau de l’humanité, jusqu’à Toumaï au Tchad, témoins des origines premières.
À travers son art, Gabriel redonne à l’Afrique son visage premier : non point celui que déforment les miroirs de l’oubli ou du mépris, mais celui d’une civilisation debout, riche de ses valeurs et de ses sciences. Sa parole est une architecture invisible, qui relie le monde visible et l’invisible, le territoire et l’universel, la tradition et le futur.
Par ses récits, l’Afrique ne parle pas seulement d’elle-même : elle parle pour l’humanité entière. Elle rappelle que le progrès ne peut se fonder sur l’oubli des origines, que la modernité véritable est alliance entre mémoire et invention, entre racines et avenir. De ce pacte jaillit la fierté d’une culture, symbole fort qui unit les continents, éclaire les consciences et révèle le rôle civilisationnel de l’Afrique depuis l’aube des temps.
Ainsi, l’homme moderne qui se croit isolé découvre, par la voix de Gabriel Kinsa, qu’il est fils d’une même histoire, héritier d’un même commencement. Et l’Afrique, loin de n’être qu’un espace géographique, redevient l’universel laboratoire de l’humain — un continent-pilier qui, par la parole et la science, porte la promesse d’une humanité réconciliée avec elle-même.
Au cœur de l’Afrique, là où les racines plongent dans la mémoire des ancêtres et où les rivières chantent la continuité de la vie, se lève une voix qui embrasse le passé, le présent et l’avenir. Gabriel Kinsa, penseur du temps, porte la science de la parole comme d’autres portent la torche du feu sacré.
Sa parole est linguistique et universelle : elle s’élève dans la diversité culturelle des peuples, du Congo à l’Afrique du Sud, du Botswana au Zimbabwe, de la Tanzanie au Kenya, de l’Ouganda au Cameroun, du Ghana jusqu’aux confins de la diaspora. Elle franchit les frontières et, par résonance, s’étend jusqu’en Russie et au-delà, rappelant que l’humanité n’est qu’une seule famille, qu’un seul village.
Là où d’autres dressent des murailles, il bâtit des ponts. Sa parole est outil de purification : elle lave les villages des rancunes, des violences, des déséquilibres, et rétablit l’équilibre vital. Elle n’est pas seulement conseil, mais fondement de civilisation. Elle fait de chaque groupe humain une communauté de destin, unie par la dignité, la solidarité et le progrès.
Dans l’alliance sublime de la Terre et de l’Eau se dévoile la vérité de son enseignement. La Terre, mémoire des ancêtres, socle des cultures, gardienne de la fécondité. L’Eau, souffle en mouvement, fluidité des langues, mémoire en voyage qui abreuve les vivants et relie les peuples. Ensemble, elles forment un pacte cosmique : la Terre sans l’Eau s’assèche, l’Eau sans la Terre s’égare ; mais unies, elles donnent naissance à la civilisation.
Gabriel Kinsa en est l’interprète et le témoin. Par son art de la parole, il réconcilie l’homme avec sa communauté, la communauté avec la nature, la nature avec le cosmos. Ainsi, l’Afrique moderne se révèle non comme une périphérie du monde, mais comme matrice d’un avenir universel : une Afrique qui, par la science de la parole et la puissance de ses symboles, s’élève en guide pour l’humanité.
Issu de Boko, dans le cœur vivant du Royaume Kongo (République du Congo), Gabriel Kinsa est un conteur, comédien, metteur en scène, auteur jeunesse, compositeur musical, et artiste de scène, profondément enraciné dans l’esprit Kongo .
Né et élevé dans l’arbre millénaire de la tradition Kongo, il porte en lui l’écho des ancêtres, transmettant ce patrimoine par des récits au pouvoir initiatique. Depuis Boko à quelques pas du fleuve Congo il a puisé dans la terre et les forêts kongos pour nourrir ses créations.
Fondateur du Théâtre de l’Amitié à Brazzaville (1978), puis installé en France depuis 1981, il n’a jamais rompu ce « fil ancestral » : il crée, conte, compose et transmet, en milieu francophone, la mémoire des esprits, des rites, des forêts… .
Kinsa est ce gardien vivant des récits kongos, ce conteur-mémoire qui donne voix aux mythes, met en scène les rites, incarne les fables, et transpose la parole ancestrale pour les nouvelles générations. À travers ses spectacles et ses livres, il est la voix de la forêt, des femmes, des guerriers et des esprits, un véritable souffle culturel confronté à la modernité.
Inspirations et œuvres majeures
« Les secrets de la colline bleue » (2016) : un conte romanesque et poétique, où un jeune garçon initié devient nganga, maître des esprits .
« Sur la route du Lemba » (2022) : un roman initiatique au cœur des rites du Royaume Kongo, aux frontières entre mort et vie, tradition et mystère.
« Lubambu. L’ivresse de la mémoire » (2023) : revisite la mémoire collective à travers l’histoire d’un enseignant modèle en lutte contre l’oubli.
« Dipanda » (2025) : épopée mythique d’un héros initiatique brandissant un sabre sacré pour libérer et bâtir des cités libres, dans un souffle poétique et spirituel.
Gabriel Kinsa, tel un souffle ancestral sorti des forêts du Kongo, est plus qu’un auteur : il est le « conteur », le gardien des récits, le tisseur de mythes qui unit le souffle des ancêtres avec la modernité. Il puise dans le mystère des rites du lemba, dans la mémoire des anciens royaumes, dans la voix de la forêt, pour raconter, à travers des contes, des romans et des spectacles, la résistance de l’identité, l’appel de la liberté, la force des valeurs ancestrales.
Il conte pour réveiller la mémoire vive celle qui danse, qui rit, qui attend, à l’ombre des arbres, au bord du fleuve, sous la terre riche de Boko, de Malebo, de Mayombe. Sa parole est un pont entre générations, un réservoir de sagesse, un combat contre la disparition. À chaque œuvre, il réinvente la légende, conserve les voix invisibles, imagine l’utopie où traditions et modernité dansent ensemble, où la justice prend racine dans l’héritage des ancêtres.
Au sein des terres africaines, où les arbres sont des bibliothèques vivantes et où la mémoire circule dans le souffle des tambours, Gabriel Kinsa incarne un chemin initiatique qui transcende les frontières du temps et de l’espace. Son œuvre n’est pas seulement une parole, mais une respiration où se rencontrent les enfants, les adolescents, les adultes, les vivants et les morts, unis dans une même quête : la dignité humaine et le progrès partagé.
Dans une Afrique moderne, tournée vers la science, l’éducation et la créativité, la parole initiatique retrouve sa fonction première : celle d’ordonner le chaos, d’ouvrir la voie de la connaissance et d’apaiser les blessures visibles et invisibles. Chaque conte, chaque récit, est une molécule d’espérance, un atome de sagesse qui s’assemble comme une architecture subtile au service du bien-être collectif.
Là où l’Occident a bâti ses cathédrales de pierre, l’Afrique profonde élève ses cathédrales intérieures : la mémoire, la parole, le geste rituel. Gabriel Kinsa se fait architecte de ces édifices invisibles. Ses contes initient les enfants à la beauté de l’imaginaire, offrent aux adolescents des repères pour traverser l’épreuve de la croissance, rappellent aux adultes leur responsabilité éthique, et guident les morts vers le repos en reliant les vivants à la chaîne ininterrompue des ancêtres.
Cet art initiatique ne se contente pas d’orner : il soigne. Il est une science des équilibres, un dialogue permanent entre le corps, l’esprit et la communauté. Il inscrit l’Afrique moderne dans une dynamique universelle : celle d’une humanité consciente que son avenir dépend autant de la technologie que de la mémoire, autant de la raison que de la poésie.
Par le souffle de Gabriel Kinsa, l’Afrique n’est pas seulement une géographie : elle devient laboratoire spirituel, espace d’innovation, et matrice d’une humanité réconciliée. L’art initiatique s’y fait science de la vie, pont entre les générations et ferment d’un progrès durable.
Ô vous qui prêtez l’oreille, sachez qu’il est en Afrique profonde un homme qui manie la Parole comme d’autres manient l’épée. Mais son fer n’est point de guerre : il est de lumière. Gabriel Kinsa, héritier des voix immémoriales, se dresse en maître de la sagesse, et par ses récits, fait commerce d’humanité entre le monde visible et l’invisible
Que l’on soit enfant ou vieillard, père, mère, époux ou épouse, il n’est cœur qu’il ne touche, esprit qu’il ne guide, famille qu’il ne console. Car il connaît l’art délicat de joindre le passé au présent, le présent à l’avenir, et d’élever chacun, du plus humble au plus grand, à la dignité de héros.
N’allez pas croire que ce ne soit là qu’ornement ou divertissement ! Non point : c’est science de l’âme, c’est médecine du cœur, c’est architecture de la paix. Sa parole est conseil pour le couple, baume pour l’enfant, appui pour l’adolescent, sagesse pour l’adulte. Elle est la clef qui ouvre la maison intérieure où réside l’équilibre de la famille.
Dans un monde empressé, qui court sans mesure et s’étourdit de vanités, Gabriel Kinsa rappelle que l’homme moderne n’est grand qu’autant qu’il écoute la voix de ses ancêtres et se fait digne du futur. Sa parole, tantôt douce, tantôt ferme, s’élève comme un chant noble : elle met en scène nos faiblesses, nos folies, nos passions, et toujours nous ramène vers la clarté de l’entendement.
Ainsi se dresse en Afrique moderne un théâtre plus vaste que celui de nos villes, où le rideau est le ciel et la scène, la vie des hommes. Et sur ce théâtre universel, Gabriel Kinsa joue le rôle du passeur, du guide et du sage — maître de la parole, serviteur du bien-être, architecte d’un avenir commun
Ô vous qui écoutez, qui marchez sur cette Terre ancienne et sacrée, sachez que la parole n’est point simple bruit des lèvres ! Elle est souffle, elle est rythme, elle est danse et chant ; elle est le théâtre où les ancêtres dialoguent avec le présent et annoncent le futur. Dans chaque village, dans chaque cité, de Guinée à la Tanzanie, du Sénégal au Cameroun, du Ghana au Zimbabwe, la parole tisse les liens de la civilisation africaine.
Le conteur, le musicien, le danseur, l’acteur : tous sont serviteurs d’un même temple invisible. Par eux, la parole devient art, science et médecine. Elle guérit les blessures de l’âme, restaure l’équilibre des communautés et élève l’esprit. Elle transporte les savoirs ancestraux vers les cinq continents, et l’Afrique, dans sa sagesse, offre au monde non seulement l’espoir mais la dignité : celle qui fait que l’homme se reconnaît dans son histoire et dans celle des autres.
Et n’allez point croire que cette parole soit un simple plaisir des oreilles ! Non, c’est une force vivante, qui protège la Terre et l’Eau, qui enseigne le respect des forêts et des rivières, qui garde la mémoire des étoiles et des saisons. Elle unit le passé, le présent et le futur, et montre que l’Afrique n’est pas un continent isolé, mais un phare universel pour tous ceux qui partagent la cause sacrée de la vie et de l’écologie.
Ô vous, peuples du monde, écoutez ! Car la parole africaine ne se contente pas de raconter : elle élève, elle guide, elle relie. Elle est le souffle des ancêtres, le cœur battant de chaque village, le feu qui éclaire le chemin des hommes et des femmes vers un avenir commun.
Ainsi, quand Gabriel Kinsa prend le bâton de la parole, il ne parle pas pour lui seul : il parle pour l’humanité entière, et fait de l’Afrique le lieu où se conjuguent la mémoire et la promesse, le rêve et l’action, la beauté et la sagesse.
Sur la terre rouge d’Afrique, où le soleil allume des braises dans la poussière des chemins, le métier n’est point seulement travail : il est mémoire, il est fil d’or reliant les vivants aux ancêtres. Chaque geste du forgeron, chaque semence confiée à la terre, chaque chant des tisserands devient chronique silencieuse, inscrite dans la bibliothèque invisible du continent. Car l’Afrique est histoire avant d’être marchandise ; elle est auteur avant d’être objet d’étude.
Et pourtant, ô monde contemporain, voici l’Afrique bousculée ! Elle est convoquée au grand marché planétaire, où le numérique dévore les distances et où l’industrie des matières premières aspire ses richesses comme un gouffre insatiable. Le coltan nourrit les écrans, le cacao adoucit les festins, le pétrole embrase les machines — mais quelle part demeure aux fils premiers de la terre noire, aux peuples autochtones, gardiens originels des forêts, des fleuves et des savanes ? Trop souvent, leurs voix se perdent dans le tumulte du profit, comme le tam-tam qu’étouffe le vacarme des armes.
Mais l’Afrique ne saurait être réduite au rôle de mine exploitée, ni de champ pillé. Elle est cerveau, elle est matrice d’intelligence. Le numérique, s’il n’est qu’importé, aliène ; mais s’il est conquis, transformé et façonné par les mains africaines, alors il devient outil de libération, pont vers un avenir souverain. De même, l’industrie, si elle ne se contente plus de briser la roche et d’exporter les minerais bruts, mais si elle forge, crée, et invente sur la terre même, alors l’Afrique n’est plus spectatrice : elle devient actrice et maîtresse de son destin.
C’est là que surgit la mission des notables, des chefs de village, des sages coutumiers, gardiens de la tradition et de la science humaine. Ils ne sont point vestiges d’un âge éteint, mais piliers d’une modernité enracinée. Leur rôle n’est pas d’opposer l’ancien au nouveau, mais de greffer la mémoire au présent, d’insuffler au numérique la sagesse des proverbes, et de rappeler à l’industrie que l’homme n’est pas esclave de la machine, mais son maître.
Conserver le savoir africain, ce n’est point l’enfermer dans des musées, ni le figer dans des livres que nul ne lit. C’est le vivre, le dire, le transmettre : que l’enfant entende au soir, sous la case, le conte du sage ; que le jeune étudiant, même devant son écran, se souvienne des mots de sa grand-mère ; que l’ingénieur et le médecin sachent que leur science est sœur de la tradition, et non son ennemie.
Ainsi seulement l’Afrique pourra conjuguer ses deux forces : la puissance de son héritage et l’audace de sa modernité. Le cercle et le marché, la palabre et le numérique, la terre rouge et la fibre optique, tous unis dans une même cosmogonie vivante. Alors, oui, l’Afrique ne sera plus simple fournisseur, mais source d’invention. Non plus simple spectatrice, mais protagoniste de l’histoire mondiale.
Car, au fond, le trésor de l’Afrique n’est pas sous son sol : il est dans son peuple, dans son esprit, dans cette dignité inaltérable qui résiste aux vents de l’Histoire. Et si les notables, les chefs coutumiers, les gardiens de la tradition s’unissent aux chercheurs, aux écrivains, aux penseurs modernes, alors naîtra un empire non pas de conquête, mais de connaissance — empire sublime, où la voix africaine portera haut, non pour supplier, mais pour enseigner.
L’Afrique, terre de mémoire et d’avenir, n’a jamais cessé d’être le laboratoire de la valeur humaine. Au cœur du village, chaque geste, chaque lien, chaque symbole devient enseignement. Ainsi, l’amitié n’est pas seulement inclination du cœur : elle est architecture sociale, ciment qui relie les êtres au-delà du sang. Le voisinage, lui, constitue la première forme de cité, école silencieuse de solidarité où l’on partage le feu, l’eau et la parole. Et le pardon, enfin, s’impose comme science morale : il n’est pas faiblesse, mais sagesse, car il guérit les blessures du temps et permet à la communauté de continuer sa marche.
La transmission du savoir, quant à elle, ne s’écrit pas seulement dans les livres, mais dans la bouche du conteur, dans la danse de l’initié, dans les tresses traditionnelles qui dessinent sur la tête des jeunes filles les cartographies secrètes du lignage. Le tissu, par ses couleurs et ses motifs, devient langage, archive vivante des peuples, mémoire que l’on porte sur soi.
Car la matière elle-même est sacrée : le feu purifie et éclaire, l’eau relie et fertilise, l’air chante et transmet, la terre nourrit et ensevelit, les minéraux étincellent comme les premiers alphabets du monde. L’univers africain est une cosmogonie où la nature est complice, non ennemie, et où l’homme apprend que science et sacré ne sont point contraires, mais deux faces d’une même vérité.
Dans ce patrimoine culturel, l’art et la culture ne se contentent pas d’orner : ils instruisent. Ils sont pédagogie esthétique, science de l’âme. La musique devient mathématique des émotions ; la danse, géométrie des corps en mouvement ; la sculpture, anthropologie de la mémoire figée dans le bois ou la pierre. L’enseignement intergénérationnel, nourri de ces arts, assure que l’enfant ne naît jamais dans le néant, mais dans une bibliothèque invisible de gestes, de récits et de symboles.
Or, la civilisation est conquête, mais toute conquête a son prix. Les nations qui ont oublié l’amitié ont payé en guerres fratricides. Celles qui ont méprisé le pardon se sont éteintes dans la rancune. Celles qui ont rompu avec la transmission ont vu leur génie s’éparpiller comme sable au vent. Mais les peuples qui ont préservé l’amour entre l’homme et la femme, comme matrice de vie et de respect, ont bâti des empires durables. Ceux qui ont protégé leurs messagers et leurs sages ont inscrit leur nom dans l’histoire.
Aujourd’hui, au croisement de l’Afrique moderne et du monde globalisé, ces valeurs ne sont point reliques : elles sont leviers. L’amitié devient diplomatie, le voisinage devient urbanisme, le pardon devient justice transitionnelle, la transmission devient éducation numérique, l’amour devient droit, le tissu devient économie créative, et les éléments — feu, eau, air, terre — deviennent sciences écologiques pour sauver la planète.
Ainsi, l’Afrique, en affirmant ses propres valeurs, ne parle pas seulement d’elle-même : elle parle à l’humanité. Car le croisement de ces valeurs n’est autre que la définition même de la civilisation : l’art de transformer la mémoire en avenir, l’art d’ériger le particulier en universel.
Ô vaste Afrique, terre de trônes et de palabres, où le pouvoir n’est pas tyrannie mais service, l’organisation des sociétés n’est point hasard : elle est symphonie réglée, héritée des anciens. Chaque trône, loin d’être privilège, est autel de responsabilité. Car le chef, qu’il soit roi, notable ou doyen, ne règne point pour lui seul : il garde la mémoire, il arbitre la justice, il transmet le savoir comme on transmet le feu sacré, d’une torche à l’autre, sans jamais l’éteindre.
La passation du savoir est le premier sacre : l’initiation de l’enfant, l’écoute des jeunes, l’enseignement des maîtres. Nulle communauté ne prospère sans règles, et ces règles, loin d’opprimer, élèvent. Elles disent : « Tu es homme, tu es femme, tu es enfant, et chacun de tes droits est sacré.» Ainsi l’homme n’est point au-dessus de la femme, ni l’enfant sous l’ombre de l’oubli. Chacun porte une dignité inviolable, et le travail, fruit de la terre et de l’esprit, devient lui-même un droit, car il nourrit le corps et affermit l’âme.
Mais que serait un village sans poumons ? Ces poumons sont l’enseignement. Car l’école n’est point simple salle de murs et de bancs : elle est souffle, respiration commune. Elle garde les mémoires pour qu’elles ne s’envolent pas en poussière, mais qu’elles demeurent éternelles dans le cœur de tous les hommes et bâtissent la nation. Celui qui enseigne ne grave pas seulement des mots sur une ardoise : il grave des chemins de lumière dans les esprits, il sculpte les citoyens de demain.
Et les droits humains, ah ! qu’ils ne soient point seulement proclamés comme des discours d’estrade, mais vécus comme une liturgie quotidienne. Car la dignité humaine est jumelle de la dignité de la nature. Les animaux, compagnons de l’homme, les minéraux, veines de la terre, l’écologie, souffle vital de la planète — tout cela fait partie du même ordre sacré. Profaner la terre, c’est profaner l’homme ; mépriser l’animal, c’est amoindrir la conscience ; détruire la forêt, c’est mutiler le futur.
Ainsi, la civilisation africaine enseigne au monde que l’homme n’est pas maître absolu, mais gardien. Gardien de ses semblables, gardien de la femme, gardien de l’enfant, gardien des eaux, des feux, des vents et des minéraux. Le trône n’est pas un siège de gloire, mais une charge de mémoire et de soin. Et l’organisation du village, loin d’être archaïque, est modèle : elle dit à l’humanité entière que la vraie grandeur ne réside pas dans l’accumulation, mais dans la solidarité.
Voilà pourquoi, du plus humble hameau jusqu’aux grandes nations, il faut écrire à nouveau dans le ciel et dans la terre :
«Les droits de l’homme, les droits de la femme, les droits de l’enfant, les droits du travail, les droits de la nature sont indivisibles et éternels. »
Ô siècle de fer et de lumière mêlée,
où la machine s’enivre de nos songes,
où l’algorithme, fils bâtard de Prométhée,
se dresse en juge des mémoires humaines !
Savants et chercheurs, dans leurs laboratoires,
disséquent l’homme comme on déchiffre un code.
Anthropologues, sociologues, philosophes,
ils scrutent les ruines vivantes de la tradition,
craignant que le patrimoine, poussière sacrée,
ne s’évapore sous l’ardeur numérique.
Mais qu’est-ce que le progrès,
si le cœur de l’homme s’y trouve exilé ?
Qu’est-ce que l’intelligence artificielle,
si elle oublie la sagesse des anciens ?
Le maître de l’univers,
dont la parole circule comme un feu souterrain,
ne saurait être réduit au langage des machines.
Il faut écouter la tradition,
non comme un fardeau, mais comme un chant,
non comme une chaîne, mais comme une étoile.
Car un peuple qui renie ses racines
devient un arbre arraché au sol,
feuillage éclatant mais tronc creux,
proie facile du premier vent
Le progrès n’est pas d’écraser l’ancestral,
mais de le transmuer, de le féconder,
d’unir le souffle des ancêtres
à l’audace des enfants à naître.
Ainsi, que l’intelligence des hommes
reste plus vaste que celle des machines,
que le patrimoine soit mémoire et non relique,
et que dans la tempête des temps modernes,
la dignité demeure le flambeau de l’humanité.
Artiste international, auteur compositeur et musico-thérapeute (auteur d’un livre-témoignage « L’art des sons, l’art du soin »), ancré sur les rives de la Seine et ouvert sur le monde, je suis à l’écoute des réalités contemporaines en Afrique, en Europe et au-delà. Mon travail s’inscrit dans une démarche engagée, où les arts vivants deviennent un langage universel au service des peuples.
Mon expertise dans le domaine des arts vivants s’est construite au fil de nombreuses expériences à travers le continent africain. J’ai parcouru le Mali, le Ghana, la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso avec une seule ambition : partager mon art et défendre ma vision d’une culture vivante, au cœur des sociétés. À travers ces voyages, j’ai rencontré des publics variés, témoins d’un art qui valorise les traditions africaines et rend hommage à nos ancêtres.
Mes créations, notamment autour des polyphonies de balafons et du projet « Yan Kadi Faso », ainsi que mon travail avec un orchestre afro-jazz, reposent sur un dialogue fécond entre sonorités africaines et européennes. Cette fusion musicale incarne une véritable rencontre des cultures. J’ai eu l’opportunité de présenter ce travail dans divers cadres : festivals, maisons de la culture, théâtres de la ville, maisons des jeunes, fondations culturelles, écoles de musique, écoles des Beaux-Arts et festivals de cinéma.
Sur le plan professionnel, j’ai eu l’honneur de collaborer avec des chefs d’orchestre et des musiciens talentueux: Gérard Hiéronimus, André Cecarelli, Michel Portal, Michel Moglio, Valentin Clastrier, Bertrand Renaudin, Manu Dibango, Mory Kanté, Salif Keita, Lamine Konté, Kassé Mady Diabaté…
Au cours de toutes ces années, j’ai donné des concerts et spectacles – où nous avons porté haut les couleurs de l’Afrique – dans plusieurs pays : la Suisse, l’Angleterre, l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne et les Pays-Bas, ainsi que dans des territoires tels que La Réunion, Mayotte et Saint-Domingue.
Chaque scène traversée a été un espace de célébration de l’art musical, un lieu où paroles et mélodies tissent des liens entre les peuples. Du Maroc à la Tunisie, le public a toujours répondu présent, confirmant la puissance de la musique comme vecteur d’unité.
Je suis profondément convaincu qu’aller à la rencontre des autres à travers la musique, c’est offrir aux peuples l’opportunité de se reconnaître, de se rassembler et de construire ensemble un chemin vers la paix. L’art et la culture sont des moyens essentiels pour accepter la différence comme une richesse.
Yé Lassina Coulibaly est musicothérapeute, artiste international et observateur attentif du monde.
Entre l’Afrique et l’Europe, il prête sa plume comme une passerelle entre les cultures, afin que l’art, la connaissance et la parole demeurent un langage vivant et universel de l’ Art et culture. 00336 76 03 71 66,yelassocoul@yahoo.fr
Artiste auteur-compositeur interprète
Musicothérapie sociétaire de la SACEM, ADAMI, SPEDIDAM, Union des Artistes Burkinabés
Chevalier de l’ordre du mérite, des lettres et de la communication (agrafe musique et danse) du Burkina-Faso.
Yé Lassina Coulibaly art et culture,
Artiste auteur-compositeur interprète
Musicothérapie sociétaire de la SACEM, ADAMI, SPEDIDAM, Union des Artistes Burkinabés
Chevalier de l’ordre du mérite, des lettres et de la communication (agrafe musique et danse) du Burkina-Faso. concert, spectacle, pédagogie 00 336 76 03 71 66

































