En réaction aux publications faisant état d’une affaire de fraude dans l’exportation de l’or, le Ministère des Mines et des Carrières fait cette mise au point. «Le Ministère des Mines et des Carrières voudrait d’emblée rassurer l’opinion qu’il n’y a pas fraude de l’or. Le transport et l’exportation du charbon fin est conforme à la législation en vigueur. Il  ne s’agit nullement de complicité entre compagnies minières et l’Etat encore moins de pillage au sommet de l’Etat ». L’intégralité de la mise au point.

Le Ministère des Mines et des Carrières voudrait d’emblée rassurer l’opinion qu’il n’y a pas fraude de l’or

«Ministère des Mines et des Carrières

MISE AU POINT AU SUJET DU POST DE LADJI BAMA SUR SA PAGE FACEBOOK ET LE SITE WEB DU JOURNAL « LE REPORTER ».

Le 31 Décembre 2018 aux environs de 16 heures, le journaliste Ladji Bama du bimensuel « Le Reporter » s’est délecté d’une affaire faisant l’objet d’une enquête judiciaire en diffusant des informations tendancieuses sur sa page Facebook. Le post de Ladji Bama aussitôt relayé par des webactivistes et d’autres médias de la place est truffé d’affirmations de nature à jeter un discrédit sur les Autorités au plus haut sommet de l’Etat. Ces morceaux choisis en témoignent : « encore un scandale de pillage au sommet de l’Etat », « plus de 7 milliards de francs CFA, c’est la valeur d’un minerai suspect actuellement aux mains des services de douanes », « une importante compagnie minière a manifestement bénéficié d’une complicité au sommet de l’Etat ».

Face à une telle attitude plus proche du populisme que du journalisme, le Ministère des Mines et des Carrières voudrait d’emblée rassurer l’opinion qu’il n’y a pas fraude de l’or. Le transport et l’exportation du charbon fin est conforme à la législation en vigueur. Il  ne s’agit nullement de complicité entre compagnies minières et l’Etat encore moins de pillage au sommet de l’Etat.

Par la présente mise au point, le Ministère voudrait simplement éclairer l’opinion d’une part sur ce qu’est le charbon fin, sa procédure d’exportation et d’autre part restituer les faits dans leur réalité.

S’agissant de la définition, il faut retenir essentiellement que le charbon fin est un résidu du charbon actif utilisé dans le traitement du minerai d’or pour sa haute capacité d’absorption et de fixation de l’or. Plusieurs mines au Burkina rejettent le charbon fin dans leurs parcs à résidu. En 2015, la mine d’Essakane a fait des analyses de ce charbon fin et y a trouvé des teneurs en or. Elle a pris contact avec une fonderie au Canada qui est disposée à récupérer l’or contenu dans ce charbon fin dans la mesure où au Burkina Faso, il n’existe pas de fonderie capable de calciner et d’extraire l’or du charbon fin. Des rencontres ont été organisées entre la Direction Générale des Mines et de la Géologie (DGMG), le Bureau des Mines et de Géologie du Burkina (BUMIGEB) et Essakane SA pour s’accorder sur la méthode d’évaluation de l’or contenu dans ce charbon fin et sur les modalités de conditionnement et d’exportation.

La société IamGOLD Essakane SA a déjà expédié à la fonderie au Canada 447 tonnes de charbon fin. Au cours de cette expédition, les techniciens du ministère des mines ont visité du 5 au 12 Mars 2016 la fonderie HORNE qui traite ce charbon fin à Rouyn-Noranda au Canada. Une visite destinée à connaître la méthode utilisée pour récupérer l’or contenu dans le charbon fin et de s’assurer de la transparence dans le processus.

IamGOLD Essakane SA a entrepris de construire une fonderie pour le traitement du charbon fin sur son site à Essakane. En attendant l’opérationnalisation de cette fonderie, Iam Gold Essakane SA a demandé à nouveau en 2018, l’autorisation d’exporter son stock de charbon fin pour traitement au Canada.

L’exportation du charbon fin trouve sa base légale dans l’article 46 du Code minier qui dispose que « Le permis d’exploitation industrielle de grande ou de petite mine donne droit, sous réserve de la réglementation en vigueur :

–              de posséder, détenir, transporter ou faire transporter les substances minérales extraites, leurs concentrés ou dérivés primaires ainsi que les métaux et alliages qui sont produits jusqu’au lieu de stockage, de traitement ou de chargement ;

–              de disposer de ces produits sur les marchés intérieurs et extérieurs aux cours mondiaux établis par les marchés libres et de les exporter.

Le permis d’exploitation industrielle de grande ou de petite mine comporte également l’autorisation d’établir au Burkina Faso, des installations d’extraction et de conditionnement, de traitement, de raffinage, d’affinage et de transformation de substances minérales  … ».

S’agissant des faits, il faut dire que par une correspondance en date du 26 Août 2018, Essakane SA a demandé au Ministre en charge des mines l’autorisation pour exporter son stock de charbon fin au Canada pour traitement. Par correspondance en date du 10 Octobre 2018, le Ministre en charge des mines a marqué son accord de principe et a invité la société demanderesse à lui communiquer le tableau récapitulatif des échantillons et les dates probables pour les pesées et colisages afin de permettre le suivi par ses services techniques (DGMG et BUMIGEB). La correspondance indique également qu’une autorisation de sortie sera délivrée ainsi qu’un bulletin de liquidation représentant les royalties à hauteur de 70% et à titre d’acompte de la valeur de l’or estimée dans le charbon. La correspondance précise enfin qu’une conciliation des quantités et des valeurs sera faite après résultat du traitement final.

Par correspondance en date du 14 Décembre 2018, le ministre en charge des mines marquait son accord pour l’exportation du charbon fin après que ses services techniques (BUMIGEB et DGMG) aient assisté aux pesées et colisages du 4 au 8 Octobre 2018 et du 27 Novembre au 4 Décembre 2018.

Six cent quarante (640) échantillons de ce charbon fin ont été prélevés par les services techniques notamment  le BUMIGEB aux fins d’analyse. L’estimation de l’or et de l’argent contenus dans ce charbon est de trois cent quatre virgule deux cent soixante-treize (304,273) kilogrammes pour l’or et cent trente-cinq mille virgule huit cent quatre-vingt-onze (135,891) kilogrammes pour l’argent. La valeur totale estimée est de sept milliards cent vingt-huit millions six cent vingt milles deux quatre-vingt-dix-sept ( 7 128 620 297) francs CFA. Les royalties à hauteur de 4% de la valeur totale sont de Deux cent quatre-vingt-cinq millions cent-quarante-quatre mille huit-cent-douze (285 144 812) francs CFA et les royalties calculées sur la base des 70% s’élèvent à cent-quatre-vingt-dix-neuf millions six cent-un mille trois-cent-soixante-dix (199 601 370) francs CFA.

A la suite des autorisations du Ministre en charge des mines, le Directeur Général des Douanes a par correspondance en date du 18 Décembre 2018 autorisé l’exportation du charbon fin. Toutes les autorisations nécessaires ont été acquises. Essakane SA est à sa deuxième expédition.

De ce qui précède, il est évident que nous sommes loin d’une situation de fraude de l’or. Mieux, le dossier est suivi au jour le jour par les services compétents de l’Etat. Le Ministère des Mines et des Carrières rassure l’opinion publique que l’exportation du charbon fin est conforme à la législation en vigueur et a respecté toutes les procédures.

Les informations diffusées par le journaliste qui n’a contacté à aucun moment le Ministère en charge des mines, ne sont pas fondées. Il est même regrettable qu’un journaliste distille de telles informations de nature à nuire à la réputation du Burkina Faso et à celle des investisseurs. Nous appelons les journalistes et précisément l’auteur de cette information à plus de professionnalisme plutôt qu’à la recherche systématique du sensationnel sans vérification et recoupement au préalable des faits qui sont sacrés en journalisme.

Ouagadougou, le 2 Janvier 2018 ».

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