31 octobre 2014, c’est à cette date précise que l’ancien Président Blaise Compaoré, suite à une insurrection populaire qui se traduisait par « trop c’est trop », quittait illico presto, le Burkina Faso qu’il a dirigé de 1987 à 2014, soit 27 ans de pouvoir sans partage, 27 ans de règne bref, 27 ans de gloire. Hier 31 octobre 2019 dont 5 ans après, le balai citoyen a jugé bon d’organiser un panel dans la ville de Ouagadougou, question de faire une rétrospective sur ce qui s’est passé il y a cinq ans et de dresser des perspectives, à l’occasion de cette date commémorative.

« An 5 de l’insurrection populaire, les aspirations au changement et devoir de redevabilité des autorités : Bilan et perspectives». C’est sous ce thème que les panélistes comme Luc Marius Ibriga, enseignant à l’université de Ouagadougou, Saïdou Abdoul Karim, politologue et Me Guy Hervé Kam, avocat à la cour, se sont entretenus avec le public, le 31 octobre 2019, au Centre cardinal Paul Zoungrana de Ouagadougou. Pour Luc Marius Ibriga, le bilan de l’insurrection populaire est positif, vu que le Burkina Faso a reçu une prouesse que d’autres peuples tentent de produire.

Et d’ajouter qu’un piège avait été tendu au moment de la démission de l’homme fort. Ce piège selon lui était que les burkinabé suspendent la constitution, car Blaise Compaoré en démissionnant est parti avec son premier ministre et président de l’Assemblée nationale, laissant un vide.

Ce qui permet de soutenir qu’on avait à faire à un départ calculé en termes de démission, parce que ceux qui ont occupé les premiers lieux après ledit départ ont été choisi par le Président lui-même, d’où l’apparition du Régiment de sécurité présidentiel (RSP) avec à sa tête le général Gilbert Diendéré et le lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida.

Echec d’un changement

«Nous devons avoir à l’esprit que l’insurrection n’était pas un mouvement homogène mais hétérogène », a souhaité Marius Ibriga, affirmant que les aspirations du peuple n’ont pas été atteintes comme par exemple la non satisfaction de la démocratie sociale. « Malheureusement après la transition nous nous sommes démobilisés », a-t-il déploré.

Néanmoins, selon son propos, même si le changement que le peuple attendait a été illusoire, il faut reconnaitre qu’il y a eu quand même de grands acquis post insurrectionnels. En effet, à l’heure actuelle, dit-il, des gouvernants rendent comptent de leurs gestions. Ce qui veut dire qu’on peut parler de transparence.

Des jeunes engagés

Pour ce qui est du rôle et de la place de la jeunesse, pour le défi sécuritaire et socioéconomique post insurrectionnel, Saidou Abdoul Karim, a laissé entendre que les jeunes occupent des places importantes dans la vie socioéconomique du pays. En d’autres, après l’insurrection, les jeunes ont décidé de s’impliquer un peu partout même s’ils sont peu représentés dans les institutions. Donc ils sont majoritairement recrutés parmi les Forces de défense et de sécurité pour combattre l’insécurité et font aussi des initiatives comme dans la province du Bam pour contrer les terroristes. Ils apportent également leur soutien aux personnes déplacés et par-dessus tout, ils demandent des comptes à l’Etat quand il s’agit des questions d’économie, de sécurité, etc…

Comment donc pousser la jeunesse dans sa quête de lendemain meilleur ? A cette question, Me Guy Hervé Kam croit que ce que les jeunes peuvent faire, c’est de changement de perspectives à partir des espoirs suscités par l’insurrection.

Il a conseil aussi de résoudre le problème de « les uns mangent les autres regardent », le problème des politiques ‘’prêts à porter’’, de respecter l’égalité de tous devant la loi, la liberté d’expression, d’opinion, et que la justice sociale et la solidarité soient une réalité au Burkina. Si on arrive à tous ceux-ci on peut rester tranquille, a-t-il affirmé.

Il a avoué dans son intervention que l’insurrection était un cours de droit constitutionnel en plein air. Un cours de droit que chaque Burkinabè a appris sur le terrain grâce au départ sous pression des anciens dignitaires du pays. 

Nicolas Bazié

Burkina Demain

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