Professeur Joseph Kaudjhis, Directeur Général du CAMPC entend garder le cap des réformes en cette année 2020

Avec à  son actif plus de 30 000 professionnels africains formés, le Centre africain de management et de perfectionnement des cadres (CAMPC) est assurément l’une des plus vieilles mais dynamiques institutions de formation de compétences africaines. A l’orée de cette décennie 2020, le CAMPC entend plus que jamais garder le cap des réformes engagées depuis quelque temps avec l’arrivée de son nouveau directeur général, Joseph Kaudjhis. Des tenants et aboutissants de ces nouvelles réformes destinées à permettre à l’établissement panafricain de jouer pleinement son rôle dans un environnement en pleine mutation, des perspectives pour 2020 et, bien sûr, du CAMPC dont les débuts remontent déjà en 1975 ; le professeur Kaudjhis en parle avec conviction et détermination dans cet entretien exclusif, à nous accordé,  lors de notre dernier passage dans la capitale économique ivoirienne, Abidjan.

Professeur Joseph Kaudjhis, Directeur Général du CAMPC entend garder le cap des réformes en cette année 2020

Burkina Demain : Présenter nous votre institution ?

Professeur Joseph Kaudjhis : Le CAMPC est le Centre africain de management et de perfectionnement des cadres. C’est une institution inter-gouvernementale créée en 1975 à l’initiative des pays membres de l’Organisation Commune Africaine et Malgache. Il regroupe à ce jour 6 Etats : à savoir le Benin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Gabon,  le Togo et le Niger. La présidence du conseil d’administration est actuellement assurée par le Niger à travers le ministère de la fonction publique et de la réforme administrative. La Côte d’Ivoire assure de manière permanente la vice-présidence à travers son ministère chargé de la formation professionnelle. Au Conseil d’administration siègent deux représentants par Etat membre (1 au titre du gouvernement et 1 au titre du patronat). Au niveau opérationnel, nous avons une direction générale que j’assure depuis un an et demi et des directions techniques qui, quotidiennement, travaillent pour le fonctionnement du Centre. Le CAMPC a 3 missions essentielles : la formation, l’assistance conseil et  la recherche. Nous avons un collège professoral essentiellement constitué de vacataires estimés aujourd’hui à près de 300 consultants formateurs repartis  en Côte d’Ivoire, en Afrique et dans le monde. Le CAMPC a une audience internationale. Nous faisons des formations aussi bien en Côte d’Ivoire qu’à l’étranger dans les pays membres ou en dehors des pays membres. En 44 ans d’existence,  notre Centre a formé plus de 30 000 professionnels africains. Voilà ce que je peux dire en termes de présentation du CAMPC.

Cela  fait déjà quelque mois que vous avez hérité de la direction générale de l’institution. Vous avez entrepris, à votre arrivée à la tête de la direction générale, un certain nombre de réformes pour insuffler  un dynamisme au CAMPC. Pouvez-vous nous en parler et avec  déjà quels résultats ?

Professeur Joseph Kaudjhis : Avant de parler de réformes, il faut que je vous fasse un bref aperçu de la situation dans laquelle le Centre était à ma prise de fonction. C’était un centre qui traversait beaucoup de difficultés liées essentiellement à des problèmes de gouvernance. C’est après avoir constaté cette situation que le Conseil d’administration nous a demandé de redynamiser le centre. La première action que nous avons mise en œuvre, était de doter  le centre d’un plan stratégique qui a été validé par le conseil d’administration et ce plan stratégique est décliné en 5 axes majeurs. Le premier axe concerne la formation qui est la mission principale du CAMPC. A ce niveau, nous avons lancé la réforme LMD qui est effective depuis janvier 2019. Tous les diplômes ou curricula du CAMPC ont basculé au système LMD parce qu’auparavant le CAMPC était resté sur ses anciennes appellations de diplôme, ce qui posait quelques difficultés en termes de mobilité de ses auditeurs. Il était alors important de faire cette réforme. Aujourd’hui, nous avons des licences, des masters et bientôt des doctorats. Ensuite, il fallait diversifier l’offre de formations. Nous avons ouvert alors la filière protocole-diplomatie et relations internationales ; une autre en management des établissements scolaires. Puis également nous avons ouvert les classes préparatoires du CAMPC. Voilà les 3 nouvelles filières créées et qui ont porté l’ensemble des filières à 11, au lieu de 8. Aussi, compte tenu des nouvelles technologies de l’information et de la communication qui aujourd’hui sont implémentées dans la plupart des établissements d’enseignement supérieur, il était important également pour que le CAMPC de basculer sur les formations ouvertes à distance. Dans ce cadre, nous avons développé 2 nouveaux outils qui sont le e-learning et le télé-enseignement. Aujourd’hui, nous avons une partie de nos auditeurs qui sont formés essentiellement en ligne. Nos auditeurs se retrouvent dans tous les pays de l’Afrique et à Madagascar. La mise en place de cette réforme nous a permis de renforcer l’audience du CAMPC à l’échelle du continent.

Burkina Demain : Vous avez parlé du LMD dont l’implémentation pose problème parce que les structures ne sont pas adaptées. Qu’est-ce qu’il en est  à votre niveau ?

Professeur Joseph Kaudjhis : Ici, nous n’avons pas de problème dans la mise en place de cette réforme parce qu’elle a été bien murie. Le CAMPC dispose d’un conseil pédagogique et scientifique qui nous accompagne dans la mise en œuvre de cette réforme et moi-même en tant que enseignant-chercheur, je suis un pur produit du LMD. C’est une réforme qui a été faite sans grande difficulté. Le CAMPC fonctionne sans problème avec le LMD. C’est vrai que cela a entrainé un surcroît de travail et un coût supplémentaire en termes de prise en charge des heures de vacation des enseignants, mais c’était nécessaire pour repositionner le Centre au sein des établissements de renforcement de capacités.

Pr Joseph Kaudjhis : “Le CAMPC fonctionne sans problème avec le LMD”

Est-ce dans ce cadre de repositionnement du CAMPC que vous avez fait récemment une tournée dans les pays de la sous-région ?

Professeur Joseph Kaudjhis : C’était pour redynamiser nos partenariats.

Cette tournée nous a effectivement permis de ressusciter les partenariats que nous avons avec certaines structures au sein des pays membres. Ces missions se sont dans l’ensemble bien déroulées. Nous avons eu des contacts assez fermes avec certaines entreprises aussi bien du secteur public que du secteur privé. Nous espérons que ces entreprises vont renouveler leur confiance au CAMPC pour l’année 2020.

 

Justement, quelles vos perspectives pour 2020 ?

Professeur Joseph Kaudjhis : Les perspectives de 2020 sont prometteuses. Aujourd’hui, le CAMPC a besoin de s’étendre spécialement parce que les demandes d’admission commencent à être de plus en plus importantes. Il est nécessaire d’accroître les capacités d’accueil au niveau du Centre. Nous avons un projet d’extension des infrastructures par la construction de nouveaux bâtiments. Nous allons aussi créer de nouvelles filières encore plus adaptées au monde professionnel africain. Nous avons également en projet d’ouvrir des représentations du CAMPC dans les pays membres. Voilà quelques projets qui sont en train d’être muris dans le Centre et nous espérons que très bientôt, nous allons avoir les possibilités les mettre en œuvre. Le dernier projet majeur porte sur l’ouverture du Doctorat. Nous sommes en discussion avec des établissements supérieurs européens pour ouvrir très prochainement ce niveau au CAMPC.

Quelque chose vous est-il resté sur le cœur et que vous voudriez exprimer ici ?

Professeur Joseph Kaudjhis : Vous dire merci et encourager les entreprises privées et publiques africaines à faire confiance au CAMPC en nous envoyant leurs travailleurs afin que nous renforcions leurs capacités. Nous allons également lancer un appel à l’endroit de nos autorités pour bénéficier de leur appui qui continuellement nous aide à améliorer nos performances. Voilà ce que nous espérons pour Notre Centre en 2020. Nous pensons que 2020 sera une très bonne année pour le CAMPC.

Enfin, je voudrais dire un mot sur le  pays frère, le Burkina Faso, qui connaît quelques difficultés sur le plan sécuritaire. Nous faisons confiance aux autorités burkinabè pour surmonter ces difficultés. Nous prions le Tout-puissant afin qu’il accorde sa protection au peuple burkinabè pour que cette situation déplorable puisse cesser. Nous prions également le Tout-puissant pour qu’il apaise le cœur de ceux qui mènent ces attaques terroristes, qu’il les anime de sa sagesse et que cette situation ne puisse pas se reproduire pour l’année 2020.

Entretien réalisé par Martin Philippe

Burkina Demain

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