La construction du tronçon routier Sembé-Souanké-Ntam s’affirme pour les populations de cet axe « comme un facteur important de renforcement d’appartenance à l’ensemble de la République».

Certains fils du terroir dont le vénérable Daniel Abibi, s’est exprimé ainsi à la tribune de la cérémonie d’ouverture de la route, le 6 mars dernier, pour souligner l’intérêt de cette route qui va apporter beaucoup de mutation mutations sociales dans les localités desservies par cette route.

De lointains souvenirs

Le témoignage du sénateur Daniel Abibi a été poignant. Il a, par exemple, révélé que beaucoup d’enfants de cette contrée ont abandonné les études à cause de la distance et des difficultés de transport entre Souanké ou Ntam et Ouesso, chef-lieu du département. En effet, les élèves obligés de revenir à leurs villages pour se ressourcer, parce que n’ayant pas de parents à Ouesso, devaient passer au minimum une semaine en route, en aller simple. Nombreux sont, ceux qui dans ces conditions, n’ont pas pu poursuivre les études.

Mais, il n’y avait pas que les élèves qui en pâtissaient, puisque les parents des districts voisins ne se fréquentaient presque pas. Les 80 kilomètres qui séparent les localités Sembé et de Souanké apparaissaient comme un vrai parcours de combattant, au point de décourager toute initiative de fréquentation des habitants qui, eux, s’approvisionnaient au Cameroun. Dans une vidéo projetée pendant la cérémonie d’inauguration de la route, un habitant de Souanké révélait que parfois, les malades évacués à Ouesso n’atteignaient pas la destination, à cause de l’état de la route.

Le glas de l’isolement

La route est facteur de développement. C’est une réalité qui est désormais palpable dans le département de la Sangha, notamment à travers la route Ketta-Sembé-Souanké-Ntam. Outre, cette route bitumée sort les districts de Sembé et de Souanké de l’enclavement, elle s’affirme, selon le sénateur Daniel Abibi, comme « un facteur important de mixage des habitants du département [de la Sangha] et de renforcement d’appartenance à l’ensemble de la République ». Le sénateur Daniel Abibi saluait la construction de cette route, en remerciant le président de la République, au nom des habitants des districts de Sembé, Souanké et Ngbala. Grâce à la route, les mouvements des populations s’observeront désormais dans les deux sens : du Congo vers le Cameroun et vice-versa. C’est le sentiment d’appartenance à leur pays qui renait chez les habitants de cet axe routier.

La route inaugurée sonne donc, le glas de l’isolement des populations de cette partie du Congo et devrait ralentir, à défaut de l’arrêter, le dépeuplement des villes moyennes au profit des grands centres urbains. La nouvelle donne est telle que l’affectation d’un fonctionnaire dans ces localités ne devraient plus être perçu comme une sanction.

Par ailleurs, facilitant le mouvement des populations, le bitumage de cette route donne à Souanké le rôle de grand centre du département de la Sangha, notamment en matière de santé, grâce l’existence d’un centre de santé tenu par les catholiques.

Wilfrid LAWILLA / Brazzaville

Burkina Demain

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