Le patriarche Nébilbié Bazongo est décédé ce jeudi 23 mars 2023 à Mousséo à l'âge de 103 ans

Né vers 1920, le patriarche Nébilbié Bazongo était l’un des derniers centenaires de Mousséo, dans la commune de Didyr. Il est décédé ce jeudi 23 mars 2023 à Melapoum, quartier où il a vécu sans histoires, ni trompettes ces nombreuses dernières décennies. Mais, qui était-il ? Comment a-t-il vécu pour traverser toutes ces longues années jusqu’à franchir la barre des 100 ans ? Que peut-on retenir de lui. Retour sur la vie d’un centenaire qui nous a quitté jeudi matin.

Un homme modeste, humble, réservé, travailleur et généreux à qui Dieu le Tout-puissant a accordé 103 ans sur notre planète terre ; plus précisément à Mousséo, dans la commune de Didyr, province du Sanguié, dans la région du Centre Ouest du Burkina Faso. L’on peut résumer ainsi la vie du patriarche Nébilbié Bazongo décédé le 23 mars 2023 dans son village natal de Mousséo. C’était un voltaïque, un Burkinabè lambda qui en 100 ans d’existence, n’a jamais quitté le sol communal, encore moins le pays. Le centenaire dont on pleure aujourd’hui la disparition était né vers 1920.

« Naissance à Mousséo, jeunesse à Didyr »

Les 86 ans bien sonnés, Dédougou a bien connu le défunt patriarche

«Nébilbié est né précisément dans la zone où est implantée la modernité de Mousséo. Les parents y vivaient avant de se retrouver ensuite à Guissolo, puis à Melapoum. Sa mère est originaire de Doudoulcy, un village voisin. Pendant sa jeunesse, il a vécu un temps à Didyr», témoigne Dédougou (86 ans) qui a bien connu le défunt de son vivant.  Homonyme du défunt, Nébilbié Théodore Bazié, historien, spécialiste de la zone a aussi côtoyé ces dernières années le patriarche Nébilbié Bazongo qu’il a d’ailleurs interviewé le 20 juillet 2022 à son domicile à Melapoum. «Il était resté  actif jusqu’à la veille de sa mort. Il a cessé les travaux champêtres probablement en 2020 », a-t-il confié. Théodore Bazié est Doctorant au Laboratoire d’Archéologie, d’Histoire des Arts et des Techniques (LAHAT), Spécialité, Archéologie africaine.

«Il avait toujours la mémoire, la voix claire»

Le Doctorant N. Théodore Bazié a eu un entretien avec le défunt en juillet 2022

Le Doctorant Bazié de poursuivre son témoignage sur la vie du regretté : «C’était un grand éleveur : il avait des bœufs, des chèvres. Il fabriquait aussi des cordes pour vendre. Il faisait du tout, toujours actif». «Par ailleurs, c’était quelqu’un de très réservé et évitait au maximum le public. Il était moins présent dans les cérémonies. C’est quand il était concerné directement qu’il participait. Il partait au marché, lorsqu’il avait besoin de quelque chose. Lors de l’entretien, je sentais qu’il avait toujours la mémoire, la voix claire. Mais le poids de l’âge se faisait déjà sentir en lui. Toujours assis, il avait des difficultés à se mouvoir. Il fallait toujours l’aide de quelqu’un pour l’emmener devant sa porte. Humain et généreux, il conseillait de faire le bien, de toujours donner à ceux et celles qui sollicitaient car celui ou celle qui donne, ne manque de rien. C’est ce que je retiens vraiment de lui.

«Il aurait pu vivre encore quelques année, si… »

Le patriarche Nébilbié Bazongo laisse derrière lui une veuve, 3 hommes, des filles et de nombreux petits enfants

Lors de l’entretien avec l’historien Bazié en juillet 2022, le vieux Bazongo avoua n’avoir été qu’une seule fois dans une formation sanitaire. Il ne fréquentait pas les dispensaires et ne prenait pas des produits pharmaceutiques pour se soigner. Quand il ne se sentait pas, il se soignait traditionnellement à base de plantes locales. C’est pourquoi Nébilbié Théodore pense qu’il pouvait peut-être vivre encore quelques années s’il avait bénéficié d’un environnement plus favorable et de soins appropriés. Nébilbié Bazongo s’est marié un peu tardivement et a partagé sa vie avec au total 3 femmes, les deux premières étant décédées avant lui. Son premier fils est né en 1969. Il laisse aujourd’hui derrière lui une veuve, 3 hommes, des filles, de nombreux petits enfants. Que la terre libre de Mousséo et du Burkina Faso lui soit légère ! Nébilbié Bazongo a été enterré dans une tombe hypogée ce samedi 25 mars 2023, dans la pure tradition familiale.

Martin Philippe

Burkina Demain

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