Organisateurs et participants de l'atelier sont parvenus à des conclusions intéressantes assorties de recommandations
Comme évoqué dans un précédent article, Ouagadougou a abrité du 2 au 4 juin 2021 une table ronde intitulée «Table ronde d’acteurs et leaders locaux sur l’eau comme vecteur de paix au Sahel». Voici les principales recommandations de cette table ronde organisée conjointement par l’ONG Eau Vive Internationale, le Pôle Eau de Genève ; l’Autorité de développement intégré des Etats du Liptako-Gourma ; et l’Observatoire Citoyen sur la Gouvernance et la Sécurité (OCGS) :
Organisateurs et participants de l’atelier sont parvenus à des conclusions intéressantes assorties de recommandations
Récommandations
1-Accorder plus d’importance à l’eau, ce don précieux à l’Humanité et au monde qu’il faut en prendre soin, protéger car, c’est elle qui rend possible toute vie sur terre, toute activité humaine, toute pratique culturelle ;
2-Promouvoir le dialogue, le partage, la solidarité, la bonne gouvernance autour des points d’eau ou des aménagements hydrauliques (barrages) pour favoriser la paix ; le développement et prévenir les conflits d’eau qui se multiplient à la faveur de la crise sécuritaire, avec notamment des milliers de déplacés internes de part et d’autre des frontières qui viennent augmenter la pression sur les ressources hydrauliques dans un contexte de rareté du fait de l’ensablement, cause de la sécheresse précoce des points et aménagements d’eau ;
3 Assurer (les bailleurs de fonds du secteur de l’eau) un meilleur accompagnement des communautés en les impliquant directement à travers des mécanismes de financements souples et directs qui tiennent compte des spécificités des communautés afin que celles- ci continuent véritablement de jouer leur rôle d’acteurs du développement local en cette période de crise sécuritaire exacerbée où les Etats éprouvent du mal à assurer leurs missions régaliennes du fait du terrorisme ;
4-Créer une meilleure coordination entre les différents intervenants du secteur de l’eau (Communautés-Etats-Bailleurs) pour plus d’efficacité dans les actions sur le terrain, ce qui aura l’avantage de réduire les investissements fictifs au Sahel et de favoriser son réel développement ;
5-Prendre en compte les jeunes et les femmes dans les projets de développement au Sahel puisque que c’est ces deux catégories de populations qui constituent la majorité des personnes déplacées internes. Il faut trouver les voies et moyens de créer des emplois pour ces femmes et jeunes afin qu’ils puissent se prendre convenablement en charge, ainsi que leurs familles ;
6-Tenir compte de l’aspect sécuritaire dans l’élaboration et la planification des projets de développement pour éviter qu’ils restent lettres mortes après du fait de l’insécurité.
7- Elaborer et financer un projet global pour la stabilisation du Liptako Gourma.
Le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale a approuvé, ce mardi 15 juin à Washington, un nouveau projet de 352,5 millions de dollars conçu dans un cadre régional pour lutter contre le cercle vicieux de la fragilité qui sévit de longue date dans la zone «des trois frontières» partagée par le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Plus de détails dans ce communiqué de presse.
«Une approche régionale pour une action locale : un nouveau projet de 350 millions de dollars soutient la relance et la stabilité dans le Sahel en misant sur le développement communautaire
WASHINGTON, 15 juin 2021 — Plus de huit millions d’habitants du Liptako-Gourma, zone frontalière du Sahel partagée par le Burkina Faso, le Mali et le Niger, bénéficieront d’un nouveau projet de 352,5 millions de dollars conçu dans un cadre régional pour lutter contre le cercle vicieux de la fragilité qui sévit de longue date dans cette région — la zone « des trois frontières » considérée comme l’une des plus pauvres, des plus vulnérables aux facteurs climatiques et des plus marginalisés au monde. Le Projet communautaire de relance et de stabilisation au Sahel approuvé aujourd’hui par le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale soutiendra la mise en place d’infrastructures et de services socio-économiques intégrés, la création de moyens de subsistance et le développement territorial, la collecte de données à l’échelle de la région et la coordination d’activités pour faire face à des risques multidimensionnels et étroitement liés.
Plus de 80 % des 17 millions d’habitants de la région du Liptako-Gourma vivent dans des zones rurales sans accès à des services de base ou encore à des débouchés économiques, et tirent essentiellement leurs moyens d’existence de l’agriculture et de l’élevage. L’escalade de la violence et des conflits observée au cours des dernières années menace de déstabiliser la région dans son ensemble et de compromettre les progrès du développement. La profonde crise humanitaire, l’insécurité alimentaire et les déplacements forcés provoqués par l’accroissement de la violence sont encore exacerbés par le changement climatique et la pandémie de COVID-19.
Le projet répond à la nécessité de suivre une approche du bas vers le haut, mais aussi une démarche d’envergure régionale pour faire face simultanément aux besoins engendrés par une situation d’urgence et le changement climatique, l’intensification des pressions exercées par les déplacements forcés, la concurrence pour l’accès aux ressources naturelles (y compris les terres et les ressources en eau) et les lacunes de suivi des données régionales.
« Ce projet combine une approche régionale à une action locale, souligne Deborah Wetzel, directrice de la Banque mondiale pour l’intégration régionale en Afrique, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Le dialogue entre les principaux acteurs gouvernementaux et les responsables des actions humanitaires et de développement dans la région servira de base à l’élaboration d’une stratégie concertée ciblant les causes communes de la vulnérabilité face au changement climatique, de la fragilité, des conflits et de la violence. Par la suite, nous collaborerons à la mise en place de plateformes de développement communautaire à l’échelle des différents pays, conçues pour adapter la mise en œuvre du projet aux conditions locales tout en tenant compte des enseignements du dialogue régional. »
Les investissements prioritaires concernent le financement du rétablissement des moyens de subsistance et la création d’activités génératrices de revenus résilientes face au changement climatique, la fourniture de biens ménagers et la mise en place de petits équipements de base dans les collectivités touchées par les conflits. Les communes accueillant une forte proportion de personnes déplacées recevront une attention particulière ; elles bénéficieront notamment d’investissements plurisectoriels visant à élargir l’accès à des équipements et à des services socio-économiques (en particulier pour l’approvisionnement en eau et l’assainissement), d’initiatives pour le développement économique local et d’interventions en faveur de la gestion des ressources environnementales et naturelles. La collecte et le suivi des données nationales et régionales, ainsi que la collaboration et la coordination à l’échelle régionale bénéficieront également d’un appui qui permettra de préparer la voie à l’établissement de futurs programmes régionaux et d’investissements à plus grande échelle.
« Le projet a été conçu dans une optique régionale, selon une démarche qui tient compte des enjeux liés à la situation de conflit et avec une stratégie territoriale intégrée ; il complète ainsi le portefeuille du Groupe de la Banque mondiale dans la région du Liptako-Gourma en fournissant aux parties prenantes régionales, nationales et locales un cadre commun pour renforcer la résilience et appuyer la transition d’une action humanitaire à une action de développement », explique Soukeyna Kane, directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Tchad.
Cette approche s’appuie sur le projet de relèvement et de développement du lac Tchad (PROLAC) de 170 millions de dollars approuvé en juin 2020, qui s’appuie sur une approche de dialogue de développement régional et communautaire pour lutter contre les effets conjugués de la récession socio-économique et des défis de la fragilité, des conflits et de la violence (FCV) en Afrique de l’Ouest et du Centre. Conformément à la stratégie du Groupe de la Banque mondiale pour les FCV, le nouveau projet cible également des interventions pour lutter contre les facteurs de FCV et se concentre sur les populations les plus vulnérables, y compris les personnes déplacées de force.
Le modèle retenu pour ce projet, qui place la communauté au centre des activités, vise à rétablir le contrat social entre les administrations locales et les populations en veillant à ce que les investissements répondent aux besoins les plus pressants des habitants et en favorisant le développement économique local. À l’échelle de la région, environ 8,1 millions de personnes, dont 800 000 personnes déplacées, bénéficieront des interventions menées dans le cadre du projet. Une attention particulière sera portée aux populations vulnérables, qui comprennent les femmes, les jeunes, les personnes déplacées et les personnes handicapées, dans les zones couvertes par ces interventions.
– L’Association internationale de développement (IDA) est l’institution de la Banque mondiale qui aide les pays les plus pauvres de la planète. Fondée en 1960, elle accorde des dons et des prêts à taux faible ou nul pour financer des projets et des programmes de nature à stimuler la croissance économique, réduire la pauvreté et améliorer la vie des plus démunis. L’IDA figure parmi les principaux bailleurs de fonds des 76 pays les plus pauvres de la planète, dont 39 se trouvent en Afrique. Ses ressources bénéficient concrètement à 1,5 milliard de personnes. Depuis sa création, l’IDA a soutenu des activités de développement dans 113 pays. Le volume annuel de ses engagements s’est élevé en moyenne à 18 milliards de dollars au cours des trois dernières années, 54 % environ de ce montant étant destinés à l’Afrique.
Les représentants des communautés ont plaidé pour un système financier plus efficace et inclusif
L’actuel système de soutien financier international caractérisé par d’énormes lourdeurs administratives et peu adapté aux réalités du terrain, ne permet pas la mise œuvre d’actions effaces et réalistes et surtout profitables au développement des communautés de la zone des trois frontières.
Les représentants des communautés ont plaidé pour un système financier plus efficace et inclusif
Les représentants de ces communautés l’ont fait savoir lors de la «Table ronde d’acteurs et leaders locaux sur le thème « l’eau comme vecteur de paix au Sahel», organisée du 2 au 4 juin 2021 à Ouagadougou conjointement par l’ONG Eau Vive Internationale, l’Autorité de développement intégré des Etats du Liptako-Gourma ; le Pôle Eau de Genève représenté et l’Observatoire citoyen sur la Gouvernance et la sécurité (OCGS).
Après avoir fait la preuve de leur résilience pendant cette crise sécuritaire sans précédent au Sahel, les communautés plaident désormais pour un nouvel ordre financier international plus souple qui leur permette d’accéder facilement au financement.
Les communautés du Sahel se présentent désormais comme les remparts efficaces contre les investissements fictifs dans leurs zones. Elles ne veulent plus que les fonds destinés à des actions de développement dans la zone des 3 frontières restent à Bamako, Niamey ou Ouagadougou ; pendant que les populations ciblées continuent de croupir dans la misère.
«Le Sahel est devenu comme le SIDA. Des acteurs indélicats en profitent pour s’enrichir sur le dos des pauvres populations», a caricaturé un représentant de la communauté.
Des centaines de millions d’euros d’investissements répertoriés
Jean Willemin de Pôle de l’eau de Genève a dressé une cartographie des financements de la région
A ce niveau, les résultats de l’étude réalisée par le chargé de projet Jean Willemin de Pôle de l’eau de Genève, montre en effet que la région fait partie des zones de prédilection des investisseurs avec plusieurs centaines de millions d’euros d’investissements répertoriés, alors que sur le terrain, c’est les fonds qui manquent le plus aux acteurs locaux pour sortir de l’ornière.
Des représentants de bailleurs de fonds ou responsables de projets ont assisté à la table ronde
C’est pourquoi, les représentants des trois pays en appellent à une prise de conscience au niveau des bailleurs de fonds en vue de l’instauration d’un nouveau système financier international souple, moins protocolaire, et accessible pour les communautés.
«Il est très important que la Communauté internationale construise nos communautés» avec nos communautés, a conclu à ce propos, l’Emir du Liptako, Ousmane Amirou Dicko.
Le Burkina Faso mise sur Hugues Fabrice Zango et Marthe Koala pour remporter des médailles de JO de Tokyo
Alors des voix s’élèvent de plus en plus contre la tenue des Jeux Olympiques (JO) prévus du 24 juillet au 8 août 2021 ; les dirigeants mondiaux à l’issue du sommet du G7 en Angleterre, se sont prononcés pour l’évènement sportif d’envergure internationale. Un soutien de taille pour les organisateurs, le gouvernement nippon.
Le Burkina Faso mise sur Hugues Fabrice Zango et Marthe Koala pour remporter des médailles de JO de Tokyo
Les membres du G7 ont invoqué l’argument d’ »un symbole d’unité mondial pour surmonter le Covid-19″ pour justifier leur décision, alors que l’état d’urgence a été déclaré dans plusieurs îles du Japon, à quelques semaines seulement du début des JO de Tokyo, compte tenu d’un rebond de l’épidémie à coronavirus.
Le Burkina Faso qui a des chances certaines de remporter des médailles à ces JO avec des athlètes sûrs comme Hugues Fabrice Zango et Marthe Koala, suit naturellement cette actualité sportive avec une grande attention.
Jamais, la paix n’a été aussi menacée au Sahel que ces dernières années avec la persistance de la crise sécuritaire qui s’est installée, avec des conséquences sur des secteurs vitaux comme celui de l’eau. Des acteurs venus des Etats (Burkina-Mali-Niger) de la zone des 3 frontières ont planché du 2 au 4 juin 2021 à Ouagadougou sur l’avenir du secteur de l’eau en lien avec la problématique de la paix et de la sécurité.
Le présidium de l’ouverture de la table ronde, de gauche à droite : Jean Bosco Bazié d’EVI, Saidou Oua de l’ALG ; François Munger et Ibrahim Ag Youssoufou de PEG et le modérateur Thomas Ouédraogo du CGD
C’est un fait indiscutable. La paix est depuis quelque temps menacée dans la zone des trois frontières, avec la multiplication des attaques terroristes (cas de Solhan avec 132 morts et 40 blessés), des conflits communautaires. Ces derniers surviennent souvent autour de la question de l’accès ou de l’exploitation des ressources vitales telle l’eau, autrefois facteur de paix et d’entente entre communautés.
Jean Bosco Bazié, délégué général d’Eau Vive Internationale, expliquant les vertus de l’eau
«Jadis, dans nos villages, l’eau ne se refusait pas, même pas à un étranger de passage, elle était généreusement offerte à toute personne qui avait soif et en exprimait le besoin», se souvient Jean Bosco Bazié, délégué général d’Eau Vive Internationale.
L’insécurité a changé la donne…
Aujourd’hui, la crise sécuritaire a changé la donne. Le nombre sans cesse croissant des déplacés internes (plus d’un million au Burkina) a contribué à augmenter la pression sur les points ou aménagements hydrauliques au Sahel, générant ainsi de plus en plus des conflits, les menaces à la paix.
Alors, comment trouver des solutions idoines à la fois à ces conflits autour de l’eau mais aussi à cette crise sécuritaire qui les a engendrés ? En d’autres termes, comment, en partant de notre patrimoine ou potentiel culturel, envisager des actions pour un meilleur avenir du secteur de l’eau dans le contexte sécuritaire actuel de la zone des trois frontières ?
C’est là tout l’esprit de la table ronde intitulée «Table ronde d’acteurs et leaders locaux sur l’eau comme vecteur de paix au Sahel», organisée conjointement du 2 au 4 juin 2021 à Ouagadougou par Eau Vive Internationale, l’Autorité de développement intégré des Etats du Liptako-Gourma ; le Pôle Eau de Genève représenté par une délégation conduite par le directeur général François Munger et l’Observatoire citoyen sur la Gouvernance et la sécurité (OCGS).
‘’Faillite des mécanismes traditionnels de prévention des conflits’’
Dressant un état des lieux de la situation sécuritaire dans la zone ; Baba Dakono, secrétaire exécutif de l’Observatoire citoyen sur la gouvernance et la sécurité (OCGS), a relevé une faillite des mécanismes traditionnels de prévention des conflits.
Et d’en appeler à un renouvellement du contrat social avec les communautés des Hommes.
Un nouveau contrat social qui doit faire une part belle, dit-il, au dialogue qui n’exclut pas l’action militaire et des échanges qui permettent de tirer des enseignements des mauvaises expériences pour construire un mieux-vivre ensemble autour des questions de l’eau.
«Si l’eau, c’est la vie, il n’y a pas de vie sans paix durable»
«L’eau ne provoque pas la guerre, mais ce sont les Hommes qui provoquent la guerre, qui polluent l’eau, la gaspillent», rappelle à juste titre le conseiller de Pôle Eau de Genève Ibrahim Ag Issoufou.
Pour sa part, le Délégué Général d’Eau Vive Internationale Jean Bosco Bazié pense que la mise en commun des efforts et moyens des Etat pour réaliser des infrastructures d’eau peut favoriser la paix autour de ces ouvrages, à l’image du barrage de Manantali au Mali qui profite à plusieurs pays voisins sans problèmes.
«Si on a mis ensemble nos ressources pour réaliser une infrastructure, il y a moins de risques pour que l’on se fasse la guerre autour de cela». «Si l’eau, c’est la vie, il n’y a pas de vie sans paix durable», a-t-il conclu.
«Si on a l’eau et la paix, on a tout»
La présente table ronde a connu la participation d’éminents responsables coutumiers et religieux
La présente table ronde a connu la participation d’éminents responsables coutumiers et religieux, à l’image de l’Emir de Liptako Ousmane Amirou Dicko dans la région du Sahel Burkina et du Chef Hamidou Niandou, Chef du Canton de Tera, dans la région de Tillaberi. Leur participation a été d’une grande utilité.
En effet, du haut de leur sagesse et expérience, les deux éminentes personnalités morales ont prôné le dialogue à tous les niveaux et entre les intervenants du secteur de l’eau (Communautés, Etat-Bailleurs de fonds, etc.) ; le respect des valeurs culturelles comme la tolérance, de la compréhension mutuelle, la solidarité ; le partage, etc. qui sont gages de paix, de sécurité mais aussi de développement.
«Si on a l’eau et la paix, on a tout», a conclu un intervenant, étant entendu que sans eau, aucune vie, aucun développement n’est possible : pas d’agriculture, pas d’aquaculture, pas d’élevage, pas d’hydroélectricité, pas d’industrie.
Initiative saluée par l’ALG
C’est le secrétaire exécutif de l’ALG Saidou Oua qui a présidé la cérémonie de clôture comme celle de l’ouverture
Par la voix de son secrétaire exécutif Saidou Oua, l’Autorité de développement intégré des Etats du Liptako-Gourma (ALG) a salué à sa juste valeur l’initiative de la présente table ronde qui tombe à pic et a permis de réunir autour de la problématique des participants issus de sa juridiction c’est-à-dire du Mali, du Burkina Faso et du Niger.
«En tant qu’agence de proximité, de développement, nous sommes ouverts à ce genre d’initiative qui permet de redonner espoir à nos populations que nous devons abandonner à elles-mêmes», a assuré le secrétaire exécutif Oua, souhaitant que cette table ronde ne soit pas une table ronde de plus.
Le projet qui était en gestation depuis de longs mois est désormais acté. Le conseil des ministres du 10 juin dernier a décidé de la création de forces spéciales au sein de l’armée nationale pour une meilleure lutte contre le terrorisme. Il était grand temps ! Contrairement aux niaiseries et élucubrations d’un certain Vincent Hervouet de la radio Europe1, l’armée burkinabè regorge de valeureux et redoutables combattants. Ils ont toujours su faire leurs preuves à l’intérieur et à l’extérieur de nos frontières. Avec cette unité, la lutte contre le terrorisme amorce une nouvelle trajectoire au Burkina Faso.
La décision est patriotique. Elle concrétise la vision du Président du Faso en matière de lutte contre le terrorisme. « En tant qu’africains, nous devons comprendre que personne ne viendra se battre contre le terrorisme à notre place. C’est à nous de nous assumer ». Depuis le début des attaques terroristes, l’armée burkinabè est sur le front. Elle bénéficie parfois de l’appui stratégique et tactique de certains alliés mais les boys sont toujours en première ligne.
Des victoires significatives ont été engrangées depuis plus de 06 ans. Si le pays tient toujours, si l’intégrité territoriale est toujours intacte en dépit des escarmouches, c’est parce que la riposte est à la mesure de la menace. N’eût été l’efficacité de la stratégie et des hommes en place, l’ensemble du pays aurait sombré depuis longtemps dans le chaos et entre les mains des terroristes. Le Burkina Faso est comme le roseau. Il se plie parfois mais ne rompt pas. Aucune stratégie n’étant jamais parfaite dans l’absolu, l’enjeu aujourd’hui, c’est d’envisager de nouvelles options au regard de la nature de l’ennemi et de ses modes opératoires.
En ce sens, le recours à des forces spéciales est tout à fait indiqué. Nous l’écrivions déjà en septembre 2019 dans la tribune : « privilégier l’option de forces spéciales aux opérations d’envergure ». Extrait :« (…) L’utilisation de la puissance a complètement évolué. L’armée qui a la plus grande puissance de feu a toutes les chances de l’emporter en cas de confrontation directe. Mais les mouvements terroristes ne sont pas du tout dans ce registre. Ils ne cherchent pas à s’opposer en puissance. Ils cherchent la déstabilisation.
Grâce à leur fluidité, leur fulgurance et leur ubiquité, les forces spéciales sont donc bien adaptées aux menaces émergentes, en nombre croissant, qui sont extrêmement furtives. Mais elles ne peuvent pas le faire seules. Pour agir, elles ont besoin de l’appui des autres forces, dites conventionnelles, de l’armée de terre et de l’armée de l’air. Il faut les voir au milieu d’un tout (…) Aujourd’hui, la réponse appropriée au terrorisme réside dans les unités spéciales, le renseignement et l’organisation de la résistance populaire.
A ce sujet, il ne serait pas contre indiqué de doter l’ANR d’une unité spéciale qui pourra exploiter judicieusement les différents renseignements pour démanteler les groupes terroristes et leurs suppôts. Il ne faut pas se leurrer. La solution est interne. Nul ne viendra se battre à notre place». Aucun iota ne change de cette analyse.
Le renseignement pour anticiper, planifier et agir
Selon des sources sécuritaires, le projet de création des forces spéciales date de plusieurs mois. Le décret qui l’officialise donne juste un coup d’accélérateur au processus. Il ne s’agit pas d’une exhumation du RSP mais bien de forces spéciales qui mèneront des opérations d’intérêt stratégique pour le Burkina Faso.
Au moment où Macron annonce la fin Barkhane au Sahel, il revient aux États Africains de prendre les dispositions idoines pour contrer les hordes de terroristes qui voudraient profiter de la situation pour infester davantage les différents pays. Dans une guerre asymétrique, le combat ne saurait être classique avec des équipements lourds (blindés, canons d’artillerie,…).
Il faut absolument des forces spéciales bien entraînées et mobiles, une stratégie de renseignement efficace et une action civilo- militaire efficiente. Les forces spéciales sont particulièrement adaptées à la lutte contre le terrorisme car elles sont capables d’associer souplesse, discrétion et réactivité à l’utilisation de technologies de pointe (drones pour l’imagerie, matériels d’interception électromagnétique,…).
Quand le chef d’état-major général des armées leur assigne un objectif, elles doivent être en mesure de l’atteindre vite, fort et bien. Il faut combattre les réseaux terroristes dans la profondeur, là où ils sont vulnérables. Il s’agit notamment des zones refuges ou des lignes de communication. Dans ce cadre, de nouveaux moyens sont nécessaires pour mener ce qui est d’abord, « une guerre du renseignement ». Il en est ainsi des avions légers de reconnaissance ainsi que des moyens de communication à très longue distance par satellite.
Il faut aussi investir dans des drones de moyenne endurance (100 kilomètres de portée et six heures de vol) capables d’emporter des armements de faible charge. Les commandos doivent agir comme forces de réaction rapide « frapper comme la foudre et disparaître comme l’éclair» quand les unités conventionnelles déploient des opérations planifiées. La lutte contre le terrorisme doit être un tremplin pour un commandement intégré au sein de l’armée. Avec les Forces Spéciales, de nouvelles lueurs d’espoirs pointent à l’horizon.
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Photo de famille des famille à l'issue du cross populaire
Ce vendredi 11 juin était la deuxième journée d’Albi Week. Un cross populaire à travers les artères de Ouagadougou se terminant par une remise de message de plaidoyer au ministre de la santé Pr Charlemagne Ouédraogo, a marqué cette deuxième journée de la semaine de l’albinos.
Le ministre de la santé et la présidente de l’AFABPhoto de famille des famille à l’issue du cross populaire
«Tout s’est bien déroulé avec l’arrivée un message de plaidoyer au ministre santé Pr Ouédraogo pour lui demander de nous aider à traiter les personnes albinos qui souffrent de cancer de la peau ; de nous aider à le prévenir et de nous inclure dans le programme gouvernemental».
Ce sont là des propos de la présidente de l’Association des femmes albinos au Burkina Faso, Maimouna Déné, au sortir du cross populaire organisé ce vendredi 11 juin 2021 à Ouagadougou, à l’occasion, de la troisième édition de Albi Week placée sous le patronage du ministre de la femme, de la solidarité nationale, de la famille et de l’action humanitaire et le parrainage du ministre de l’industrie du commerce et de l’artisanat.
Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré a accordé, ce vendredi, une audience au ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian
Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré a accordé, ce vendredi après-midi, une audience au ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, venu présenter au président Kaboré, les condoléances de la France, et l’empathie au peuple burkinabè à la suite de l’attaque terroriste de Solhan. Plus de précision dans ce communiqué de la Présidence du Faso.
Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré a accordé, ce vendredi, une audience au ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian
«Lutte contre le terrorisme : la France réaffirme sa volonté d’agir avec les forces burkinabè pour combattre l’ennemi commun
(Ouagadougou, 11 juin 2021). Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré a accordé, ce vendredi après-midi, une audience au ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, venu présenter au président Kaboré, les condoléances de la France, et l’empathie au peuple burkinabè à la suite de l’attaque terroriste de Solhan.
« Nous voulons dire aux autorités notre amitié, notre affection, notre volonté de continuer à agir ensemble contre ce poison qui est le terrorisme » a déclaré le chef de la diplomate française à sa sortie d’audience.
Réagissant au retrait annoncé de la force Barkhane, le ministre français en charge des affaires étrangères a reconnu que « le modèle de Barkhane n’est pas le modèle adapté ».
C’est pourquoi, «nous voulons engager des consultations pour essayer de transformer ce modèle dans un modèle qui soit moins un modèle d’emprunt territorial des forces françaises qu’un modèle de coopération et de soutien à l’égard des forces qui sont des pays concernés» , a-t-il soutenu.
Selon Jean-Yves Le Drian, la transformation de la force Barkhane va épouser les priorités qui ont été définies au sommet de Pau en janvier 2020 et au sommet de N’Djamena en février 2020. Ces priorités reposent sur quatre axes majeurs que sont la poursuite de la lutte contre le terrorisme, le renforcement de la Force conjointe du G5 Sahel, le sursaut civique et politique des Etats pour reconquérir leur propre territoire et le développement des pays du Sahel avec le soutien d’autres partenaires internationaux.
Direction de la communication de la présidence du Faso»
Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré a reçu en audience ce vendredi 11 juin, le nouveau Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Mahamat Saleh Annadif
Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré a reçu en audience cet après-midi, le nouveau Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Mahamat Saleh Annadif. «Sécurité au Sahel : le président du Faso échange avec le nouveau Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel.
Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré a reçu en audience ce vendredi 11 juin, le nouveau Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Mahamat Saleh Annadif
(Ouagadougou, 11 juin 2021). Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré a reçu en audience cet après-midi, le nouveau Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Mahamat Saleh Annadif.
« J’ai pris fonction il y a de cela un mois et j’ai commencé une tournée au niveau des pays membres de la CEDEAO pour me présenter aux différents chefs d’Etat, surtout recueillir leurs sentiments, comprendre les défis, le rôle que les Nations unies peuvent jouer pour aider ces pays », a indiqué Mahamat Saleh Annadif à sa sortie d’audience.
Selon lui, cette rencontre de prise de contact avec le chef de l’Etat, en tant que Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, a été surtout une occasion pour « présenter mes condoléances les plus attristées pour ce drame que le pays vient de connaitre il y a à peine une semaine ».
« J’ai marqué au président du Faso, notre solidarité, nos compassions et les condoléances du Secrétaire général des Nations unies et nous avons échangé sur la façon de faire pour améliorer la situation sécuritaire », a ajouté Mahamat Saleh Annadif.
Il a loué la résilience des populations burkinabè, « qui malgré ce qui s’est passé arrivent encore à tenir débout, il y a de quoi les féliciter, les encourager et leur dire qu’elles ne sont pas seules dans cette épreuve » a-t-il conclu.
Direction de la communication de la présidence du Faso»