Pr. Alfa Oumar Dissa, le Monsieur Energie du président Kabore, tient enfin son ANEREE

Au sortir du conseil des ministres de ce mercredi 5 octobre 2016 à Kossyam, l’on n’a pas entendu Alfa Oumar Dissa s’exprimer sur ce qui pourrait être considérée comme une victoire pour lui. Car il en avait fait depuis son arrivée à la tête du département de l’énergie, son cheval de bataille. Il s’agit de l’adoption en conseil des ministres des statuts de l’Agence nationale des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (ANEREE).

Pr. Alfa Oumar Dissa, le Monsieur Energie du président Kabore, tient enfin son ANEREE
Pr. Alfa Oumar Dissa, le Monsieur Energie du président Kaboré, tient enfin son ANEREE

«Au titre du ministère de l’énergie, des mines et des carrières, le Conseil a adopté un décret portant adoption des statuts de l’Agence nationale des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (ANEREE).L’adoption de ce décret permet de doter l’Agence d’un cadre juridique lui permettant d’accomplir efficacement ses missions». C’était là le cinquième et dernier dossier sur lequel le conseil des ministres burkinabè a délibéré en sa séance du 5 octobre 2016.

L’ANEREE : l’alpha et l’oméga de la nouvelle politique énergétique du Burkina

Pour le ministre de l’Energie, des mines et des carrières, Alfa Oumar Dissa, l’adoption du décret portant création de l’ANEREE devait être la plus importante décision de la séance de l’exécutif, tellement la création de l’agence le tenait à cœur. A l’entendre parler, l’ANEREE devait être l’alpha et l’oméga de la nouvelle politique énergétique du pays, notamment en matière de développement des énergies renouvelables.
«Le président Kaboré a pris une option claire pour le solaire, une source d’énergie abondante au Burkina Faso. Nous allons d’abord réglementer le secteur et créer d’ici à la fin de l’année une agence nationale des énergies renouvelables», confiait-il déjà en mi-janvier 2016, au lendemain de sa nomination, à nos confrères de Jeune Afrique.

«Lever des fonds pour les porteurs de projets solaires »

Quelques mois plus tard, en début mars 2016, c’est à nos confrères du quotidien Sidwaya qu’il expliquait sa vision de l’agence à créer :
«Dans le nouvel organigramme du ministère de l’Energie, il est prévu la création d’une agence nationale des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. Celle-ci permettra de recentrer le programme solaire au plan national, de réorganiser les installations solaires dans les ménages, de mettre en œuvre des programmes d’installation d’équipements solaires dans les zones périurbaines et rurales. (…) Elle devra permettre de lever des fonds qui seront mis à la disposition des porteurs de projets solaires»»
Le Pr. Alfa Oumar Dissa a enfin l’accord de l’exécutif pour mettre en place, en bonne et due forme, et en toute légalité, l’ANEREE. On le voit, le quitus n’a pas été facile à obtenir. Il a dû batailler environ dix mois pour y parvenir. Et l’on peut s’étonner d’ailleurs qu’il n’ait pas encore pris, jusque-là, l’initiative de la communication, comme il en a souvent l’habitude, pour expliquer les tenants et les aboutissants  de l’agence qu’il va enfin pouvoir mettre sur pied. Cela ne devrait peut-être pas tarder.

Vers une redistribution des cartes dans la gestion du secteur

La création de cette agence devrait entraîner une redistribution des cartes dans la gestion du domaine des énergies renouvelables. Certains acteurs y voyaient déjà des empiètements des prérogatives du ministère, se demandant si elle allait se substituer au ministère. Et quand l’on ajoutait à cela des enjeux économiques, l’équation ANEREE était devenue compliquée à résoudre. D’où ce long accouchement. Faut-il le rappeler, la question de l’agence des énergies renouvelables ne date pas d’aujourd’hui.
L’idée avait germé du temps de Salif L. Kaboré mais n’avait pas, par la suite, prospéré parce que l’ancien argentier l’avait trouvée très coûteuse pour le budget de l’Etat. Aujourd’hui, si le projet a enfin l’aval de l’exécutif, peut-être que les préoccupations qu’elle soulevait, a trouvé maintenant des réponses satisfaisantes.

Grégoire B. Bazié
Burkina Demain

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