Djibril Fofana et ses camarades nourrissent des regrets

4 ans après l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014, l’association des blessés de l’insurrection populaire de Bobo se disent déçus quant à leur prise en charge et aussi de la gouvernance du pouvoir pour le régime Kaboré. Certains d’entre eux estiment qu’ils sont délaissés et ne savent plus à quel saint se vouer. Et en ce 4e anniversaire de l’insurrection populaire certains blessés affichent des regrets.

Djibril Fofana

« … il y a un regret car aux premières heures, le gouvernement a décidé de nous accompagner, des actions ont été menées et des promesses faites. Mais ces promesses n’ont pas suivi réellement» soutient Djibril Fofana, le président de  l’association des victimes de l’insurrection populaire  du Houet d’octobre 2014. 4 ans après, l’insurrection populaire, Djibril Fofana et ses camarades nourrissent des regrets après avoir donnés leur poitrine pour exiger le départ de Blaise Compaoré et le système mis en place depuis 27 ans.

Pour ces blessés que nous avons rencontrés à quelques jours de la commémoration de l’an 4 de l’insurrection populaire, plusieurs raisons ont acté leur présence dans la rue les 30 et 31 octobre 2014. Parmi ces raisons on note l’impunité, les pillages des deniers publics, le détournement et le favoritisme. Mais 4 ans le départ de l’ex-president du Faso « rien n’a vraiment bougé», à en croire les blessés de Bobo. Le problème du foncier, les questions de justice, la morosité économique constituent entre le quotidien de nombreux Burkinabé.

À la question de savoir s’ils étaient prêts à descendre de nouveau dans la rue, Djibril Fofana et ses camarades laissent transmettre un sourire d’amertume.  Et Djibril Fofana président de l’association des victimes de l’insurrection populaire du Houet de répondre « C’est difficile de répondre … Il y a plusieurs d’entre nous qui ne vont pas ressortir. Ils ne vont pas aller se sacrifier pour que d’autres se sucrent après car c’est cette situation que nous remarquons. Ceux qui sont sortis, on ne pense même pas  à eux. » et d’ajouter que « c’est pendant l’anniversaire qu’on se souvient des blessés et des ayants droit ». Il ajoute que «  Nous sommes déçus car nous ne nous sentons pas les choses bougées, nous sentons que les choses n’ont pas bougé » se répète-t-il.

Oumar Ouattara

«On ne sait pas aussi quel est notre avenir aujourd’hui en tant Burkinabé » affirme désespérément Oumar Ouattara, l’homme qui a plus 30 plombs dans son corps reçus lors de l’insurrection populaire.

Le désespoir de Oumar Ouattara est grande. L’homme a reçu plus d’une trentaine de plombs dans son corps. Les médecins avaient affirmé qu’avec le temps les plombs sortiraient d’eux-mêmes. Mais 4 ans après, Oumar Ouattara possède toujours les 34 plombs dans son corps. « ça va un peu mais moralement et mentalement, toutes les fois que Dieu fait, je me sens un peu délaissé, je suis inquiet, j’ai peur. » «  je ne peux pas travailler comme avant, j’ai une famille, mentalement, je souffre. » affirme désespérément Oumar Ouattara le visage fermé.

Djibril Fofana et ses camarades nourrissent des regrets

4 ans après l’insurrection populaire d’octobre 2014 qui a mis fin à 27 années de règne de Blaise Compaoré au pouvoir, Oumar Ouattara et ses camarades se demandent à quel saint se vouer. Ils disent être délaissés par le gouvernement car des promesses faites « rien n’est fait et nous on ne sait pas s’il y a une vérité au Burkina. » Clame Oumar Ouattara

Les blessés de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 à Bobo-Dioulasso ne participeraient pas aux commémorations de l’an 4 de l’insurrection, ce 31 octobre 2018. Une manière pour eux disent-ils de traduire leur mécontentement vis-à-vis de leur accompagnement et de leur prise en charge.

Sotouo Justin Dabiré / Bobo

Burkina Demain

 

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