Pour Laurent Bado, l'actionnariat populaire est l'une des voies royales pour assurer le financement des projets publics

« Oser inventer l’avenir » ! C’est le challenge que se sont donné des jeunes Burkinabè de l’Amicale des jeunes commerçants et entrepreneurs du Burkina Faso (AJCEB) afin d’investir dans l’économie nationale en créant la Société coopérative avec Conseil d’administration/Bâtir l’avenir (SCOOP-CA/BA) fait dans la promotion de l’actionnariat populaire. On se rappelle, Pr Laurent Bado faisait cas de l’actionnariat populaire comme moyen de financement de nos industries. Cette conception idéologique « Grégarisme africain » faisant partie de son programme politique, se traduit par le constat d’échec des concepts politiques économiques importés en Afrique que sont le capitalisme privé et le socialisme. Cette doctrine défend la nécessité de puiser dans les ressources et les valeurs culturelles africaines et de proposer comme alternative, « l’actionnariat populaire».

L’actionnariat populaire ou le financement participatif, désigne un échange de fonds entre individus en dehors des circuits financiers institutionnels. L’appel de fonds se fait à partir de la description d’un projet précis (artistique, humanitaire, entrepreneurial…), au moyen d’une plate-forme en ligne ou autre, permettant de recueillir de nombreux apports de petits montants.

Le financement peut prendre la forme d’un don, d’un prêt avec ou sans intérêts, ou encore d’un investissement en capital. Il est généralement utilisé en complément d’autres outils de financement comme les prêts d’honneur, les emprunts bancaires, les micro-crédits, etc.

Une stratégie de développement industriel adoptée en 1998

Une stratégie de développement industriel a été adoptée en 1998. Cette stratégie fait une grande place à la transformation locale des matières premières en vue de créer plus de valeur ajoutée et d’emplois.

Le gouvernement burkinabé a l’époque sa volonté de faire du secteur privé le moteur de la croissance économique en adoptant le 22 mars 1999 par décret une stratégie pour le développement du secteur privé.

Depuis lors, le développement industriel attendu ne répond pas aux attentes ; Le PNDES prévoit en son axe 3 « la Dynamisation des secteurs porteurs pour l’économie et les emplois ».

A travers cet axe, le Gouvernement actuel marque une forte volonté d’influer positivement sur la dynamique de l’économie à travers les secteurs qui regorgent de fortes potentialités comme celui de l’industrie de transformation.

Définir le mode de financement de la stratégie d’industrialisation

Avant SCOOP-CA/BA, l’actionnariat populaire avait été expérimenté dans une moindre mesure au Burkina avec la privatisation de l’ONATEL

Le problème qui se pose, c’est que le programme ne définit pas clairement le mode de financement de la stratégie d’industrialisation du pays. Au lieu de passer notre temps à s’endetter au près des PTF, l’actionnariat populaire pourrait être la solution pour une industrialisation rapide du secteur secondaire de notre pays.

Son développement au Burkina Faso serait sans doute un des meilleurs moyens de démocratiser le capital des sociétés, d’acheter des actions et de participer au développement et aux bénéfices des entreprises, de créer des emplois. Favoriser l’élargissement de l’actionnariat populaire revient donc à favoriser une meilleure distribution des richesses.

Avant SCOOP-CA/BA, l’actionnariat populaire avait été expérimenté dans une certaine mesure dans le cadre de la privatisation de l’ONATEL.

D’autres africains comme le Sénégal, le Kenya et le Ghana l’ont également expérimenté. Alors, l’actionnariat populaire va-t-il s’imposer ?

Amir Théophane Tiendrébéogo

Burkina Demain

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