Maimouna Déné, présidente de l’Association des femmes albinos du Burkina

Ouagadougou vibrera du 10 au 15 juin 2019 au rythme de ‘’Albi Week’’, la Semaine des albinos au Burkina placée sous le thème de l’inclusion sociale. Dans cet entretien exclusif, Maimouna Déné, présidente de l’Association des femmes albinos du Burkina (AFAB), par ailleurs co-organisatrice avec la présidente de la Fondation Slamazone Malika la Slameuse, nous situe sur les tenants et les aboutissants de cet évènement inédit de grande portée sociale.

Maimouna Déné, présidente de l’Association des femmes albinos du Burkina

Vous organisez avec la Fondation Slamazone  Albi Week du 10 au 15 juin. Comment vous est venue  l’idée de cette initiative ?

Maimouna Déné : L’idée est partie de deux faits majeurs. Le premier fait tient du constat que les albinos au Burkina vivent une sorte d’exclusion sociale. En tout cas, rarement on les voit dans les activités sociales ou publiques. Alors qu’ils constituent aussi une partie de la population qui devrait, normalement en démocratie, pouvoir jouir des mêmes droits que les autres citoyens du pays. On s’est dit au niveau de notre association qu’il fallait initier quelque chose pour contribuer à faire changer la donne, à faire en sorte que les albinos se sentent bien dans leur peau aussi bien en privé qu’en public.

L’autre fait majeur qui a été très décisif dans cette initiative, c’est la rencontre heureuse avec Malika La Slameuse qui a très sensible à cette situation des albinos burkinabè. En effet, avec ses tournées  à l’extérieur, elle a fait la remarque que les albinos dans certains pays étaient publiquement plus visibles, moins complexés que nous. L’heureuse l’idée lui est venue aussi de nous accompagner pour la réalisation de cette semaine en vue de contribuer à  une meilleure insertion sociale de la personne albinos au Burkina Faso. Nous rendons grâce à Dieu d’avoir favorisé cela.

Quelle  est l’importance de cette Semaine pour votre association ?

Pour nous, elle constitue une grande tribune, une première dans l’histoire de notre jeune association. Nous espérons que ce premier contact avec le public, nos partenaires permettra de briser la glace, le mur de méfiance ou de peur entre nous et les autres frères et sœurs qui ne sont pas albinos. Nous attendons qu’elle contribue à l’amélioration de nos difficiles conditions de vie. Que l’on assiste à une ère où nous nous sentirons tout simplement citoyens à part entière au même titre que les autres burkinabè, sans aucun complexe de discrimination ou d’exclusion. Ce que nous souhaitons, c’est qu’à l’avenir, nos jeunes frères et sœurs, nos enfants ne vivent pas nos mauvaises expériences. D’où tout l’intérêt du thème de la Semaine qui est : «Inclusion sociale des Albinos au Burkina Faso : Mythe ou Réalité ?

Quels sont les principaux problèmes auxquels sont confrontées les femmes albinos au Burkina ?

La majorité d’entre nous ne sont pas scolarisés. Beaucoup d’entre nous n’ont pas de travail et ne peuvent pas mener des activités génératrices de revenus.  Certaines se sont retrouvées mères célibataires par rejet des belles familles  ou croyances à certains préjugés de leurs partenaires. Nous vivons vraiment des situations difficiles.

Avez-vous une idée du nombre des femmes albinos au Burkina ?

Maimouna Déné : En l’absence d’étude, c’est difficile pour nous d’avoir un nombre exact des femmes albinos au Burkina. Mais, nous savons juste qu’il y a des régions du pays où vivent beaucoup de femmes albinos par rapport à d’autres régions. C’est par exemple le cas des régions du Centre, des Hauts Bassins, des Cascades, du Centre-Est et de l’Est.

Parlez-nous un peu de votre association…

L’Association des femmes albinos du Burkina a été créée en 2008, avec comme objectif principal d’œuvrer pour l’insertion des personnes albinos en général et des femmes albinos en particulier.

Quels sont ses rapports  avec les  autres associations œuvrant pour la défense des intérêts des personnes vivant avec un handicap en général et les albinos en particulier ?

Nous entretenons de bonnes relations avec les autres associations qui œuvrent pour l’inclusion sociale et l’épanouissement des personnes vivant avec un handicap y compris les femmes albinos.

Quelles sont les activités au programme de cette Albi Week ?

Albi Week s’étale sur 3 grandes dates. Nous aurons une conférence publique le 11 juin à l’IAM. Suivront le 12 juin une projection de film et une communication assurée par un dermatologue, toujours à l’IAM. Enfin il y aura le 15 juin une soirée culturelle, suivie d’un levé de fonds  destiné à soutenir les personnes albinos.

Quelles sont les personnalités attendues à ces différentes activités ?

La Semaine est placée sous le haut patronage du ministre de la femme, Marie Laurence Ilboudo/Marshal, le co-parrainage du Larlé Naaba Tigré et de Carime Igo, opérateur économique et président de la chambre de commerce  franco-burkinabè du Sud. Nous attendons naturellement la population à nos côtés. Nous avons besoin de leur soutien.

Avez-vous un message à lancer au public ?

C’est vraiment lancer un cri de cœur aux uns et autres pour qu’ils aient toujours un regard positif envers les personnes Albinos et à nous soutenir.

Entretien réalisé par Ousmane Bichara Tichero

Burkina Demain

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